(Photo: "Valeur Actuelle, Image d'Immonde" par Dr Devo et Le Marquis)




Tambours rageurs, éclairs jaunes, fanions rouges, grimaçant totem d'acajou, l'épopée Koh-Lanta revient sur Matière Focale. Tendre lectrice, farouche lecteur, le prochain épisode de la saga mélanésienne, c'est mardi ! L'aventure des deux dernières semaines, c'est quatre épisodes, beaucoup de labeur pour le Shériff. Et le temps est compté. Laisse moi, petit, te conter l'aventure, avant que ta jeunesse ne passe. Petit artifice, écran de fumée, je vais me substituer à la voix off si familière. Entre Théogonie et Testament, viens lire entre les lignes… Dieu confère le Verbe à son humble prêtre. Voici la Paraphrase.

Les naufragés ont quitté leurs campements respectifs, emportant les "chaudrons de feu". Sentiers à peine balisés le long des précipices, jungle hantée par les mystérieux et coléreux cochons sauvages, les ailes nues des Flying Fox se faufilent entre les lianes. Chute de MIKA, le feu rouge s'éteint dans une nuée de vapeur. Ses larmes se perdent sur la terre sombre, diamants brillants sur le basalt. Les deux équipes recueillent les colliers de dents de cochon sauvage, amulettes témoignant de la valeur de leur propriétaire. Les Tana sont les plus vaillants, c'est la vérité : SEB se rallie à eux et les Vanuatais les célèbrent en leur offrant de goûter au Lap-lap, réservé aux grands chefs. Les Mosso digèrent le retour de NATHALIE ; ALAIN n'a pas de remords, il imagine qu'elle ne lui en veut pas. Les seniors imaginent que le Destin favorise injustement leurs adversaires. Mise au point avant l'épreuve d'Immunité : "Je vous invite à vous concentrer sur l'épreuve, d'accord ?" La divinité se fâche, et semble réclamer la construction d'un temple. 40kg de basalt à rapporter sur le rivage, offrande destinée à calmer le courroux des dieux. Efforts inutiles, les Rouges ne sont pas les élus. Ils reçoivent la visite de JEAN, médecin, qui leur porte la bonne parole et les invite à lutter contre "l'effervescence bactériologique". Plan noir et blanc sur feu NICOLAS, émotion. Son périple le mène ensuite chez les Mosso pour voir MARIE et lui appliquer trois points de suture. "Ca va piquer !" Il ne s'est pas trompé. Au Conseil, on évoque la cohésion chez les Mosso ; MIKA et ESTELLE demandent pardon. ALAIN, "excessivement introverti" selon NATHALIE, ne demande pas pardon à la "grande prêtresse". Diabolique, persévérant, il est chassé par les siens, mais ne laisse rien paraître.

L'Epreuve suivante, c'est la traversée du désert nautique. Les Rouges, pourtant conseillés par MIKA, piétinent sur l'eau. MIKA, touche à tout impulsif, est ébéniste, pas charpentier. Les Jaunes, c'est la pure vérité, peuvent donc entendre les voix de leurs proches, si loin. Nouveau coup du sort contre les malheureux seniors ; JEAN-CLAUDE s'est blessé : l'index enflé, il succombe à une surinfection et quitte la tribu des Mosso. MIKA, accablé par les calamités, décide de se faire pêcheur. Mais la Plaie s'abat également sur les Tana. Pourtant GAELLE, qui semble bénie par on ne sait quelle sainte onction, survit aux nuées de guêpes. Epreuve d'Immunité. Aide-toi… Une procession est organisée pour conjurer le mauvais sort. On s'encorde pour passer les obstacles, danse macabre et nouvelle débâcle pour les Mosso. Au Conseil, on apprend l'abandon de JEAN-CLAUDE ; le fils maudit ALAIN revient. Les femmes chassent MIKA.


La huitième Roue de Feu est embrasée. La Roue de la Fortune bascule légèrement, nouveau cycle ; les compteurs seront-ils mis à zéro ? Pas de remords chez les Mosso, mais ALAIN donne des signes de bonne volonté. Un être olympien enjoint aux survivants de s'emparer des anneaux, amulettes protectrices. SEB utilise son libre arbitre pour rester en équilibre sur la voie, les Tana gagnent leur pain pour la journée. Mais la Réunification est en vue, GAELLE exploite la fragilité calculatrice de NATHALIE . Conviction et faux-discours, les Tana avalent les Mosso dans une vague syncrétique tout-sourire. On partage le pain avec un rictus. C'est le baiser de Judas, comme on dit. GAELLE se perche et gagne l'immunité. Les Mosso apportent leur art de la pêche dans les lagons, la nutrition fait des progrès. Gagnera-t-on en longévité ? ESTELLE esquisse un testament, la fin la surprend. Pas si vite… Cette fois, c'est son étoile qui pâlit, elle part dans le sombre firmament, nimbée d'autosatisfaction.

Agriculture et épilation progressent de paire, la tentation du cannibalisme s'éloigne lors des temps d'opulence. NATHALIE cherche la faille, CATHERINE ne veut pas passer dans l'interstice. Crises de larmes, gospels, abandons. On se couvre de boue et de cendres. FD se vautre dans la luxure et se fait masser. Embrouilles pas mini, NATHALIE cherche les dominants. SEB seul est immunisé contre l'inquiétude. Au Conseil, après trois jours de douleur, NATHALIE assume ses actes.

Mysticisme, abus de substances hallucinatoires ? Pas de réponse(s). Je fais le Pari d'approcher de la Vérité. Je regarde Koh-Lanta. Mais sache que le Shériff, la main sur le colt, ne se laissera jamais "soigner". Bon lecteur, fidèle lectrice, tu veux ton étoile ? Mardi, tu sais où la trouver…


Le Shériff
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Lundi 21 août 2006

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(Photo : "Tu ferais mieux de revoir tes vieux amis" par Dr Devo et Proctoman)




Hello les Squaws ! Salut les Cow-boys !

Bon. Ce n'est pas le tout. On quitte le cabinet et on va au choral choisir la meilleure monture afin de rattraper le retard et le temps perdu.

Ce sera vidéo aujourd'hui. Mon docteur m'autorise une petite incursion sur son domaine de chasse, et me voilà, chic, à regarder HAECKEL'S TALE, épisode 12 et dernier de la série MASTERS OF HORRORS, enfin, dernier épisode si on ne compte pas le film de Takashi Miike, plus ou moins censuré.

Le film raconte l'histoire de Haeckel, jeune docteur du début XVIIIème, enfin, étudiant en médecine, qui a récupéré les notes d'un certain Docteur F., ce qui devrait permettre de l'aider à percer le secret des Mystères de la Vie. Haeckel n'a qu'une obsession : délivrer l'homme de la Mort, et prouver qu'on peut ramener un cadavre de trépas à vie. Libre penseur, impétueux, passionné, fort peu aimable et d'une assurance qui peut le faire passer pour un jeune con, Haeckel s'attire les foudres de ses professeurs à l'Université de Médecine, et sa passion dévorante lui vaut le mépris de ses camarades d'étude. Là où tous voient le mystère de Dieu, Haeckel voit juste un problème scientifique à comprendre et à surmonter. Ses recherches n'avancent pas, chaque tentative de résurrection est un échec cuisant. Il finit par essayer d'approcher un nécromancien (Jon Polito), mettant ainsi en jeu sa foi dans la science, mais le bonhomme ne le convainc pas.
Notre héros bizarre reçoit une lettre fort triste. Son père est en train de mourir. Haeckel se met donc en chemin. Au bout de quelques jours de voyage, il doit s'arrêter dans un petit hameau et dormir à la belle étoile. Il est recueilli par un autochtone qui l'invite chez lui afin que le jeune homme soit en sécurité, le village n'étant pas sûr la nuit, et surtout cette nuit en particulier. Haeckel accepte l'hospitalité de son hôte inquiet. Une fois dans la maison du villageois, le jeune docteur découvre la belle mais mutique femme du vieux paysan : c'est une sublime jeune femme, d'une beauté et d'une tristesse à couper le souffle. Le couple, mal assorti (lui a 50 ans et elle un petit 25/30), est visiblement plus qu'inquiet et guette sans cesse ce qui se passe dans les rues désertes du village... Il y a Ang Lee sous France Roche, visiblement. Dans la nuit, Haeckel surprend son hôte en train de parler avec Jon Polito le nécromancien.... Voilà qui est bien étrange...

C'est apparemment George Romero qui devait réaliser ce film, mais il en fut empêché par la promotion titanesque de LAND OF THE DEAD (ici l'article du Dr Devo, ici l'article du Marquis). John McNaughton, réalisateur talentueux de HENRY, PORTRAIT OF A SERIAL KILLER (et dont on ne peut pas dire qu'il ait fait grand chose depuis, à part le sympathique SEXCRIMES ; je n'ai pas vu THE BORROWER...[Docteur, vous oubliez MAD DOG AND GLORY ! NdC]) reprend le flambeau pour adapter ce scénario de Mick Garris. Ach ! Voilà qui est fâcheux... Garris, on en a déjà parlé : c'est l'instigateur de la série, d'une part, et c'est le réalisateur d'un des épisodes (CHOCOLATE) dont on avait parlé et qui est un des plus médiocres, assez nettement, de toute la saison. [Le DANCE OF THE DEAD de Hooper est complètement raté et vaut  également son pesant de cigarillos cubains, mais loin du classicisme terne de l'épisode de Garris. Le Tobe n'a pas fait dans la dentelle et a préféré le baroque. Si son film n'est pas tellement meilleur que celui de Garris, il est dix fois plus drôle et donc, beaucoup moins ennuyeux. C’est l'avantage de faire à peu près n'importe quoi !] Garris a donc signé le scénario de ce film qui est en fait l’adaptation d'une nouvelle de l'écrivain cinéaste Clive Barker, dont, au passage, on ne peut que conseiller le fabuleux HELLRAISER, classique de l'époque, un peu oublié désormais (tout est relatif). En tout cas, voir Garris le petit classique adapter avec son maigre talent du Barker, dont les textes sont excessivement bizarres, voilà qui est inattendu.

Comme dans quasiment tous les épisodes de la série, HAECKEL'S TALE est doté de jolis moyens et la facture globale est bougrement soignée. Sans atteindre des sommets divins, la photo est léchée, les repérages (surtout en décors naturels) sont très bons. C'est bien monté et correctement cadré. Le récit est introduit par un prologue où, en fait, c'est une nécromancienne qui raconte l'histoire de Haeckel à un jeune veuf qui lui supplie de ressusciter sa défunte femme. La structure enchâssée (à peine) est très classique et annonce une prévisible conclusion à laquelle, effectivement, on n'échappe pas. Cependant, on note une différence de ton entre le gros du film (l'histoire de Haeckel donc, assez sérieuse et emprunte de gravité) et ce prologue. La nécromancienne semble bien baroque tout de même, l'actrice n'y va pas avec le dos de la cuillère.

Fort logiquement, le film se concentre sur l'omniprésence de la mort, et la cruauté de la période. C'est ce qui marche le mieux, avec le portrait de notre héros docteur. Les scènes avec Jon Polito vantant ses résurrections comme un phénomène de foire intriguent comme il faut. Et Haeckel apparaît à la fois énervé, déterminé, mais aussi libre par rapport à son époque en quelque sorte. Ça fonctionne. Le fait que l'intrigue principale (aller rejoindre le papa mourant) n'arrive pas tout de suite a du charme. On note également une très belle distribution en ce qui concerne les seconds rôles, notamment le professeur de médecine et le récupérateur de cadavres, tous les deux très bien interprétés.

En s'arrêtant au village, on sent bien que le récit va finir par suivre une piste et devenir plus classique. C'est effectivement le cas.
Et c'est bien là le problème. HAECKEL'S TALE ne soulève pas grand chose, malgré un soin certain et une jolie entame. Le film se déroule, jamais infamant mais sans vraiment de rythme, et il arrive un moment où l’on commence à attendre les événements (qu'on pressent parfaitement, qui plus est). C’est vrai que si le rôle de la jeune villageoise n'avait pas été confié à Leela Savasta, ça serait sans doute mieux passé. Si la demoiselle est fort jolie, elle est aussi sans saveur aucune et son physique de poupée de Beverly Hills dessert bien le film. Quand on la voit débarquer, on se dit que si un soin aussi précis a été effectué dans le choix d'une femme à la plastique parfaite et dans l'air du temps (comprendre : une petite bimbo bien "canon"), c'est que le film s'arrête ici. Le sentiment assez joli selon lequel "tout peut arriver" fait alors place à une stabilisation sans vraiment de suspense. On attend, dès lors. Ce n'est pas qu'elle joue comme une patate, c'est qu'elle est sans saveur, surtout que son vieux mari, lui, est drôlement bien interprété, même s'il n'y va pas avec le dos de la cuillère.
Le film se déroule tranquillement, sans heurt et sans grosse faiblesse... Il se termine sans qu'on s'en aperçoive, pour ainsi dire. Au final, on finit par deviner ce que pouvait être la nouvelle de Clive Barker. On est assez étonné de voir que le film, en son milieu, devient si peu ambigu, ce qui est assez contraire à ce que fait l'auteur anglais. L'épisode ne retient au final qu'une chose, le tabou principal de l'intrigue (chut !) dont la supposée délectation est justement la "fameuse scène" qui l'incarne, ce tabou. C’est rigolo, mais à peine. Et surtout on a la désagréable sensation que la chose s'est effectivement arrêtée en route. Que la moitié du film avance en roue libre, dans le sens de la descente.

Pas de quoi en faire un drame, bien entendu. Encore une fois, la première partie du film marche bien, et le soin général est agréable. Mais on se retrouve fort marri, au final, quand on doit rédiger un article (pauvre de moi ! vicieux docteur !). Le film, dès son générique commencé, est quasiment oublié. Bizarrement, sans qu'on ait contre lui de griefs particuliers, HAECKEL'S TALE, joli mais sans prise de risque à l'image de son héroïne, est plutôt anonyme. Le fantastique du dimanche soir, en quelque sorte.

Bill Yeleuze.
 
Retrouvez d'autres articles sur d'autres films, en accédant à l'Index des Films Abordés : cliquez ici !
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Jeudi 10 août 2006

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(photo: "Pendant ce Temps-Là dans les Atomes du Grain de Beauté" par Dr Devo et Proctoman d'après une photo de Proctoman)

Avant Propos
Vous retrouvez ci-dessous le compte-rendu fidèle, précis et métaphysique du Shériff sur l'excellente double diffusion des deux derniers épisodes de KOH-LANTA. Notez que les épisodes sont rediffusés le jeudi (à vous magnétoscopes, car ceux de Vendredi font partie des tout meilleurs jamais diffusés).
Enfin, je tenais à signaler l'excellent article LE ESHONNEUR ET LA GUERRE, sous un angle totalement différent, de notre collaboratrice épisodique maais appréciée Anne Archy sur son blog: cliquez ici!
Enjoy!

Dr Devo.




Voici venue la troisième gorgée, et c'est fois à double dose, 2h10 de jeu, une densité exceptionnelle de retournements. Pas besoin d'élément naturels, l'administration Ludiciaire suffit amplement cette semaine. La première séquence reste consacrée à la présentation des équipes. Chez les Mosso, "on" note une paire de comploteuses, NATHALIE et CATHERINE. Plus généralement, les points communs et les oppositions permettent des transitions, autant d'indices et de fausses pistes. Le feu, lui, permet une transition familière entre les équipes. Qui s'arrange avec qui, contre qui, qui dort près de qui, qui travaille ou pas, etc. L'élimination de SEBASTIEN apporte une amorce à l'épisode XL de cette semaine. On embraye aussitôt sur une alliance féminine chez les Tana. FRANCOIS-DAVID, séduit par EMILIE, s'allie aux "suffragettes", les copinages avec les autres garçons lui sont anecdotiques. On le voit aussitôt en pleine chamaillerie avec NICO, "les nerfs sont à vif " chez les Tana. Sourires condescendants de GAELLE, cette année les requins sont des femmes.

Plans aériens sur des dauphins et la faune marine. Visite matinale d'une tortue marine pondeuse, JEAN-CLAUDE imagine qu'un prélèvement d'un œuf sur cinq leur irait très bien. Amis des animaux, il est trop tard pour agir ! Mais peut-être les aventuriers s'entre-dévoreront-ils : "Nous sommes tous des prédateurs, c'est une chaîne sans fin." Regard de NATHALIE, à la dérobée. C'est le "truisme" de SARRAUTE, un coup de tam-tam et le doute s'installe, NATHALIE est-elle une femme humaine ou une prédatrice tueuse ?

L'appel à la danse, la bouteille échouée prévient les naufragés, par une formule à peine énigmatique, qu'il va falloir y aller. Jeu de confort dans la mangrove de Meten River. Ciel bleu, arbres verts, vers blancs ; hommage format mini à FEAR FACTOR. "Festin, dégustation", les formules pince-sans-rire se succèdent, pour une épreuve devenue incontournable. Round d'observation, CATHERINE est soupçonnée de bluff : elle est de Marseille. Connivence entre les filles Rouges et Jaunes, exil de la peur. GAELLE, véritable héroïne souterraine du match, encourage en négatif EMILIE ("Elle va vomir"). Mais ESTELLE au nez rose se rattrape au poteau et vide la première les dix vers, jusqu'à la lie. Hallali, les Mosso repartent avec un harpon.
Retour victorieux mais piques violentes, MIKA s'emporte contre la reine-mère. Séquence confession inter équipes, une société secrète s'est formée, "quoi qu'il arrive", une femme gagnera. Les femmes au pouvoir, c'est le rationnement, tous doivent marcher droit ; les pompes, "rayon de soleil" matinal des sportifs NICO et FD, doivent cesser. C'est, nous rappelle la voix off, l'éternelle lutte des "jeunes mamans responsables" contre "l'immaturité des fougueux célibataires". Leçon d'Histoire, de Philosophie, la psychologie Koh-lantesque donne à réfléchir, et c'est très bien.
Le juvénile NICOLAS, chez les Mosso, gagné par l'euphorie de la chasse victorieuse, tarde à revenir vers les adultes de son groupe. Son butin de poisson recueille les suffrages Rouges. Ils arrivent en position idéale pour l'épreuve d'immunité à Namosso Pass. Background historique avec les épaves de la dernière guerre mondiale officielle. Les naufragés devront eux se contenter de relever quatre pirogues immergées. GAELLE s'énerve, c'est conforme à son portrait, NICO bosse très bien, MIKA fait des merveilles (musique synthé sur ses efforts, est-ce là un indice "à long terme" ?) Les croupes féminines permettent des transitions efficaces, le montage est, comment dit-on, nerveux. Les Tana l'emportent grâce à NICO. L'occasion d'un portrait… Retour au camp, il déclare : "Les filles m'ont félicité un minimum". Suivent des répliques aigres de GAELLE et EMILIE sur un candidat en danger qui consent quelques efforts.

Chez les Mosso, polémiques sur les pinces de crabes ; CATHERINE soutient NATHALIE en lui répétant que MIKA est un "frustré de la vie" ? Ca commence où un frustré de la vie ? Au nord de Marseille ? En tout cas, l'équipe secret-girls dans et hors de l'équipe est soudée. Portrait de NATHALIE. "Icône à vénérer", elle prend l'ascendant par le biais de relations fusionnelles. La voix off évoque le "torrent de violence verbale" qu'elle vient de subir, elle part pleurer dans la jungle. Les mots "mensonges, hypocrite, feignasse" sont lâchés tous azimuts. NATHALIE déclare "On ne peut pas faire confiance à une femme", la sincérité de la crise est indéniable. Tu l'as compris cher lecteur, adorable lectrice, le Conseil lui est fatal. MAMA, mission accomplie, tire alors sa révérence, les nerfs et les cuisses ont abandonné la partie.
Les Tana eux, rendent "héroïquement" devant l'objectif les vivres apportés depuis leur lointain village par des Vanuatais. GAELLE lâche un compliment sur les autochtones ; SEBASTIEN, s'il avait été là, aurait exulté, ou pleuré. Les Mosso eux, chassent, cueillent et pêchent avec efficacité. Arrive l'épreuve de confort avec à la clé une pizza cuite sur pierrade volcanique. LUDO mène les siens, en aveugle, vers la victoire, malgré l'emportement percutant de FD. Les Jaunes déposent leurs yeux sur d'artistiques totems.
Mais les yeux restent plus gros que les ventres. NICOLAS tombe "malade peuchère", tout comme MIKA. La "courante" emporte les deux naufragés dans ses flots boueux, NATHALIE fait sa maline. GAELLE, qui vient des Alpes, découvre la vigueur de l'Océan, et se blesse à la jambe. Gros plan sur les mouches.

Epreuve d'Immunité, il faut se mouiller et pratiquer l'apnée ; GAELLE est dispensée, MARIE échoue, les seniors l'emportent grâe à ESTELLE, qui termine élégamment échouée sur la barge.
Au camp des juniors, FD avoue son allégeance à l'alliance des dames, au grand dam des garçons.

Les Tana retrouvent NATHALIE, ramenée par le sort ; ESTELLE, conformément au portrait qu'on brosse d'elle, fait la girouette, les aînés s'engagent sur la voie de la réconciliation. MIKA, de retour, fait allégeance à NATHALIE ! La famille réconciliée, NICOLAS peut alors faire sereinement ses adieux sur son lit d'hôpital. Le sort, une nouvelle fois, relance les dés, et SEBASTIEN peut trouver sa place parmi les Mosso.
Résurrection ! Métempsycose ! Allelujah !


Le Shériff

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Mercredi 9 août 2006

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("Lourde(s) Gym(s)" par Dr Devo d'après une photo originale de Proctoman)



Les candidats sont identifiés au sein de leur équipe désormais. Les Tana et les Mosso forment maintenant deux équipes, dans lesquelles évoluent des individus compétiteurs. Et la compétition reprend avec les larmes de Gaëlle : "mes enfants vont me prendre pour une grosse nulle". La voix off cultive sans scrupule la litote : elle est en fait secouée par "l'impressionnant cérémonial" du Conseil. N'empêche, les mots "gaudriole, farniente, vacances tranquilles" sont prononcés. Portrait de Gaëlle, frémissement des consciences, elle est peut être la suivante. Crinière énergique, caractère raidi par la vie, on se demande comment elle va gérer, ou créer, les conflits.

_ Qui est "on" ? Se demande le lecteur attentif. Le spectateur ?
_ Oui, Cancrelat, et notamment le téléspectateur averti. Le Maître philosophique de mon Maître philosophique disait souvent : "On est un con". Passe à ton voisin. "On", dans Koh-Lanta, c'est aussi une intelligence artificielle à multiples cerveaux, qui maîtrise le temps, scrute de son œil pervers des bobines entières, découpe la pellicule, réécrit l'histoire, montre et cache ce qu'elle veut. C'est au choix une divinité suprême, ou un collectif d'artistes. Son travail apparaît par petites touches. Les transitions par exemple, toujours très léchées, se font notamment autour des thèmes du feu et de l'eau. La mécanique est bourrée d'engrenages ciselés.

Retour de MARIE, du Pays des noisettes vertes. Cuivres triomphaux en fond sonore. GAELLE est, en effet, très expansive. Il faut dire qu'elles semblent bonnes camarades, promesses de retrouvailles dans l'au-delà, hors-du-jeu, si ce monde-là existe. Puis, donc, séquence érotique autour d'une tentative pour activer une flamme. "Il faut bourrer la fente". Si si, tout comme je vous le dit. Pas d'allusion de la voix off, étrangement. On se calme, on va chez les seniors : corvée d'eau contrariée par la houle, CATHERINE prend les rênes, JEAN-CLAUDE fait valoir une certaine "sagesse acquise", NICOLAS et MIKA sont prudents. Malgré tout, les Mosso n'ont pas d'inquiétude à propos du cyclone.
LIONEL, du staff de sécurisation, nous montre un schéma pourtant inquiétant. Belle transition "Même pas peur" chez les Tana. Les garçons restent couchés, GAELLE, contremaître, évoque pourtant des objectifs à atteindre. Unique attendrissement pour SEBASTIEN : "un plaisir d'être à ses côtés". Sabotage moralisateur tout juste réprimé, la reposante boussole statique des gars restera en place. GAELLE et EMILIE forment un beau duo, mais il en faut davantage pour former une sainte Trinité.
Et puis le jeu de confort arrive. C'est l'histoire d'un coffre lesté qu'il faut sortir de l'eau. Sans doute un reliquat du naufrage fictif et fondateur. Les enfants subissent-ils l'illusion romanesque ? Quoiqu'il en soit, Les jaunes gagnent un tutorat salvateur, SEBASTIEN assure un max. Chez les Mosso, MAMA soupçonne NATHALIE de la mettre hors du coup avec sa stratégie mystérieuse. ALAIN fait tout le boulot.
SAMSON l'habile cultivateur (tam-tam) va aider les Tana à s'en sortir. Plans sur son village, géographie de comptoir (deux saisons : une humide et une autre très humide… C'est très Parisien tout ça) puis confection de natte avec des feuilles de Natangura, de piège à animal avec une pyramide. MARIE admire. NICO sait que les poules vivent en troupeau ; SEB sait bien plus encore, il élargit le débat en réfléchissant sur leur culture citadine, qui les paralyse dans cet environnement. Bien vu. Mais "big cyclone" JIM approche, tout s'accélère, attention.
Séquence spécial Mosso, "on" évoque le "coup tordu" (ai-je bien compris ?) de NATHALIE. C'est mauvais pour la santé de MAMA, on veut la rendre dingue ? Retour du style "pendant ce temps" chez les jaunes ; MARIE, esthète, apprécie un feu obtenu de "belle manière". On rebascule chez les seniors : MAMA accapare le feu moribond, écarte GEORGES CLOONEY. Portrait de NICOLAS, naïf et spontané, plagiste reconverti. A Port Vila, le camion des pompiers exhibe son gros gyrophare. Chez les Tana, FD, défaitiste, pense perdre le feu ; SEBASTIEN est plus combatif. LUDOVIC, anxieux ou prévoyant, pense creuser un tunnel, le fromage s'y développe mieux ? Déménagements successifs, il a partiellement convaincu. Chez les Mosso, simple corvée d'eau. Epreuve d'immunité à Namosso Pass, il faut faire vite. Oui, mais Chef, il faut rester le plus longtemps possible pour gagner… A Port Vila, la pression monte, interview de technicien et d'officier très British. LUDOVIC a un gros nœud qui le gêne. NICOLAS CLOONEY sauve MAMA de la noyade, il l'emporte pour les siens. On a tenu le plus possible, mais on ne peut plus tenir. Le Plan Cyclonique d'Urgence (P.C.U) est activé.

Le rythme ralentit. L'école de Meten fournit un abri idéal aux naufragés seuls aux monde. La leçon est encore au tableau. Mais la simple vue de la Tour Eiffel et le sourire de l'ingénieur de Météo-France nous réconfortent doublement, c'est fini. Retrait du C.P.U. Musique triomphale, beaucoup de bruit pour rien. Soupçons.
Soupçons aussi chez les Mosso. La "reine" NATHALIE fait gonfler les joues de MIKA, qui prévoit un Conseil "jubilatoire", un de ces jours. Après MAMA, ESTELLE a souffert de la stratégie mystérieuse de la "reine" au balconnet d'argent. Séquence pornographique cette fois chez les jeunes, quatre volontaires pour, entre autres, "se frotter le bâton". Le feu prend, MARIE se donne à bloc. NICO en veut constamment à EMILIE. Ce coup-ci, elle regrette une pince à épiler. Portrait : elle fait les gros yeux aux clients. NICO ajoute qu'ils ne vont pas éliminer un mâle, dont la force est indispensable. "Chacun à sa place". NICO votera contre EMILIE. FD déclare en riant : "Je vote contre SEB, il a cassé notre auvent".
Le Conseil, DENIS BROGNIART évoque un bilan calamiteux. Il faut parler sans retenue. Ses questions vont aider… MARIE trouve que c'est fantastique de savoir se débrouiller. Duel orchestré au sujet du feu entre SEBASTIEN et FD ; explications. DENIS BROGNIART : "J'en veux d'autres". huile sur le feu, GAELLE doit vider son sac à propos du partage des tâches. Selon elle, seul SEBASTIEN prend des initiatives. NICO est supposé dénoncer la prétendue paresse de FD. SEBASTIEN prend l'initiative d'appeler à briser les "non-dits". Pourquoi tu le dis, semble demander EMILIE, qui fait les gros yeux. Coups de canons, fondu au noir.

SEBASTIEN fut, de l'avis de tous, un aventurier juste, courageux, ouvert et avisé. Mais SEBASTIEN était condamné par "on", implacable destin qui le rattrape sur la fin. "On", racaille complice, le point d'vue gliss' : animateur gentiment perfide, Prod', joueurs, éléments déchaînés, spectateurs avertis, même notre bon Docteur, même toi, gentille Lectrice, bon Lecteur. Glissades, chutes et cabrioles, c'est la comédie humaine. Vendredi est un jour sanglant, Tous au Festin !

Le Shériff
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Mercredi 2 août 2006

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(Photo : "Adhésion Princière dans le No Man's Land" par le Marquis
d'après des photos du film PREY de Norman J. Warren)


Chers Focaliens,

C'est bien beau, l'esprit de curiosité, mais ça ne suffit pas, et quelquefois, il faut que l'esprit de rigueur reprenne un peu le dessus et réorganise les choses de manière plus rationnelle. Je me suis aperçu hier, avec Madame, que je n'avais pas vu tous les épisodes de la collection MASTERS OF HORROR, jolie série TV américaine qui ne va d’ailleurs pas tarder à débarquer à la vente en France, et qui doit même être disponible dans les bonnes boucheries à la location.

Bon, me suis-je dit, sur les 12+1 épisodes, il t'en manque 3, c'est pas la mer à boire. On commence, dans tous les sens du terme, par le plus petit numéro, avec l'épisode N°9, réalisé par William Malone. Alors ça, c'est rigolo. Je comprends soudain pourquoi j'avais abandonné, malgré un avis plutôt positif, la collection MASTERS OF HORROR ! Allez, hop, un John Landis, le Carpenter et le Argento ! Là, on se précipite, bien sûr. Par contre, après, les petits réalisateurs, tout le monde s'en fout et la série prend la poussière dans un tiroir.

William Malone ! Quel poème, ce mec ! Loin d'être un grand maître, voilà un réalisateur qui, à son meilleur, est quelqu'un de tout à fait capable, et qui peut vous trousser des films fantastiques assez malins, toujours très soignés techniquement et souvent un peu bizarres malgré le "classicisme" des sujets abordés. Quand c'est bon, ça donne LA MAISON DE L'HORREUR, série B tout à fait ironique, au casting soigné, au ton décalé, drôle, et angoissant, et qui se terminait, si ma mémoire est bonne, par une terreur abstraite d'une noirceur absolue. Et puis, au pire, c'est TERREUR.COM, un des films les plus pénibles de la Terre, et encore, je dis peut-être ça car rien qu'en repensant à l'ennui éprouvé en salle, j'ai de nouveau envie de me suicider ! Bref, je n'attends plus rien du Malone, même si on le sait capable. [En plus, dans TERREUR.COM, le rôle principal était tenu par Natasha McElhone, une actrice bien au-dessus de mes forces !]

De nos jours, "chez nous" en Amérique. Lindsay Pulsipher (une inconnue au bataillon, sorte de mélange entre Angela Bettis (voir ici) et Reese Whiterspoon, plutôt bien) est une lycéenne comme les autres, sauf qu'elle est minée par la timidité et passe pour une asociale. Une "freak" comme dirait l'autre. Alors qu'elle rentre chez elle en vélo après les cours, en passant par la forêt, elle a un accident. À son réveil quelques minutes plus tard, elle appelle à l'aide, avant de s'apercevoir qu'elle est en train de se faire kidnapper ! Son agresseur la shoote au chloroforme.
Elle se réveille bien plus tard dans la chambre d'une clinique privée, incapable d'expliquer ce qui s'est passé. La voilà sauvée, en tout cas, même si cette infirmière (Lori Petty) a l'air bien étrange...

Je ne vais pas en dire trop, car non seulement l'intrigue de FAIR-HAIRED CHILD est de celles qu'on déflore plus facilement qu'on ne le pense (ça me rappelle quelqu'un, aurait dit malicieusement Mr Mort), mais bien plus, le début du film étant pour moi la partie la plus étonnante, je préfère qu'on en reste là pour le résumé.

Après quelques plans énigmatiques mais orientant le sujet, un classique dans ce genre d'exercice, FAIR-HAIRED CHILD commence véritablement, et de manière plutôt jolie, en troussant une espèce de film de college en dix plans dont le réalisateur ne marquera qu'à peine, sans le dire, dans une autre scène (l'appel téléphonique), les liens que celle-ci possède avec le reste de l'histoire. Pour l'instant, on n'en sait rien. Le déroulé de cette séquence de début étant un peu bouleversé par l'arrivée de la photographie de Lindsay Pulsipher sur fond de 7e de Beethoven.
On va causer un peu de Beethoven, voulez-vous ?
Ha-ha, que cela est fort joliment fait, me dis-je dans les premières secondes où j'entends la musique de Ludwig. Tiens, c’est marrant, là il fait tomber le mixage, on n’entend plus rien. Tiens, là ça reprend ! Et là, encore plus fort : tandis que l'héroïne à vélo entre dans la forêt, il sous-mixe ostensiblement Beethoven pour le faire passer sous le bruit du pneu de vélo qui roule sur les feuilles d'automne ! Joli ! Et là, bing, il re-balancera la musique à fond, et là, il baisse le volume pour laisser passer un thème moderne de film d'horreur (en superposant, miam miam), et là, il coupe la musique de Ludwig presque à fond, juste en laissant un tout petit peu, à peine audible. Etc.
Ça découpe, ça joue avec les axes, et c'est guidé par Beethoven ! Et j'étais sur les fesses, les amis. Car la mise en scène, et donc la musique, annoncent complètement ce qui est en train de se passer. Bien plus que l'image encore. Et quand, au détour d'un point de montage, la musique s'éclipse, je vous assure qu'on a, l'espace de deux secondes, la trouille de sa vie et qu'on se dit : "Oh-oh, là, il y a quelque chose qui ne va pas du tout !" On sent la peur, mais pas le temps de formuler la chose : l'accident a lieu et là, vous avez l'impression de faire le grand huit ! Ce n'est rien, juste deux secondes, mais ça fait très peur. Ça commence donc par une très belle idée de mise en scène sonore, utilisée avec énormément de savoir-faire et d'intuition, et d'une manière qui plus est très peu commune, ce qui ne gâche rien. C'est même sans doute l’une des plus belles scènes de toute la série. [J'adore les sous-mixages, ça marche toujours, et là, évidemment, j'ai marché à fond.] La scène n'est d'ailleurs pas finie, une fois Lindsay Pulsipher à terre, le découpage est encore très bon, sous Beethoven qui se déchaîne. Tout cela est très bien amené, affreusement plausible et d'une grande violence. Brrr...

Évidemment, quand ça part comme ça, la barre est placée bien haut. Et on peut le dire, malgré de très bonnes choses par la suite, cela reste ma séquence préférée.
Qu'importe. En tout cas, voilà trois minutes formidablement efficaces et perspicaces qui vous plongent dans le film de manière irrémédiable et en deux coups de cuillère à pot. FAIR-HAIRED CHILD fera partie des épisodes de MOH pas drôles du tout, et relativement glauques, malgré un sujet non pas classique (certains développements ou certaines idées sont assez personnelles) mais disons, malgré un sujet remplissant complètement le cahier des charges basique de la série, et qui ne la prend pas à contre-pied comme le HOMECOMING de Joe Dante, par exemple.
Un épisode de fort belle facture, donc. La lumière, signée Brian Pearson, est très bonne. La direction artistique est particulièrement soignée : très beaux décors, parfois inventifs à peu de frais (le poêle), costumes surprenants, etc. Voilà qui donne une impression de luxe tout à fait adéquate.

Malone découpe bien en général, malgré une ou deux maladresses (une espèce de jump-cut avant l'apparition du personnage de Johnny). Le gars sait utiliser le montage et ne rechigne pas, par exemple, à faire des ruptures de rythme ou à utiliser la répétition d'un même plan (l'héroïne observée entre deux planches, répétition anti-naturelle qui fait très peur), tactique assez peu commune, peu à la mode pour ainsi dire. Le cadre est rigoureux également. Le son suit, et devient un élément plus simple de narration par la suite, mais il continue, ceci dit, de faire partie des nombreux éléments non verbaux qui constituent malgré tout des facteurs importants de narration, voire de thématique (par exemple, sans le dire, la musique classique des parents provoque le chaos concret chez les enfants ; cf. les thèmes ressemblant à du faux Arvo Part).
Car c'est cela qui étonne chez Malone. La trame, en fait, est classique. Mais le réalisateur sait broder quelques thèmes qu'il mélange et développe tout au long du film, sans jamais s'arrêter. Ces thèmes pris individuellement sont assez simples, mais ensemble, et du fait que Malone ne cesse jamais de les tisser, ils finissent par créer une trame, certes très symbolique, mais assez riche. Ce qui sert d'autant mieux son propos que FAIR-HAIRED CHILD est, tel qu'il est réalisé (il aurait pu en être autrement), complètement un conte merveilleux, au sens littéraire du terme, et donc incroyablement noir et violent. [Le Marquis rappelait hier la noirceur sans fond des contes merveilleux originaux, quasiment toujours mal adaptés et édulcorés, à propos du film CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE.] FAIR-HAIRED CHILD est sous le patronage évident de Hans Christian Andersen, et on retrouve ça et là des motifs du genre (traversée de la forêt, transformations, le poêle (allusion directe à un conte célèbre), etc.). On peut dès lors reprocher au film un côté un peu carré, mais l'enchevêtrement de thématiques est suffisamment riche. En racontant une histoire, Malone en raconte en fait plusieurs : celle des parents, celle du couple d'enfants, celle de Johnny, etc. En filigrane, sans insister, Malone trace des liens symboliques forts, là aussi proches de l'esprit du conte, comme par exemple l'ironie distillée dans des détails infimes sur le choix de la jeune Lindsay comme victime (qui la lie déjà à Johnny avant qu'ils ne se rencontrent, et malgré l'expérience qu'ils vont vivre ensemble).

Des idées, Malone en a de belles : la poursuite dans les conduits est très maline, le passage sous l'espèce d'arcade végétale dans le jardin (malheureusement un peu défiguré par un morphing ; j'aurais fait deux plans ostensiblement découpés...), les ignobles graffitis sur les murs de la cave (qui changent de statut au fur et à mesure), la corde, le bris de verre qui mène à la sous-couche de peinture, les prémisses telluriques de l'arrivée du monstre, etc. Tout cela est opposé à un "geste d'amour", tel qu'il est souvent employé dans le cinéma ou la littérature fantastique, que Malone dénonce ici largement comme un geste de mort, envoyant ainsi balader les romantismes potentiels de l'histoire et celui des personnages à Winnipeg ! Très bonne tactique.

Signalons aussi la séquence de flash-back, la première du moins, tout à fait scotchante. Elle commence en noir et blanc, dans le pire des clichés, et finit par un délire graphique assez phénoménal, et d'autant plus jouissif qu'il ne se pose jamais la question d'être ou non ridicule. Ça aussi, c'est ahurissant et magnifique. Du coup, la convention du flash-back (dans la série) est largement explosée, et ce qui aurait dû être le plus cliché devient un des passages les plus iconoclastes du film. C’est très étonnant. Le deuxième est forcément moins réussi, mais Malone semble le faire pour jouer avec la photo, un peu à la Dreyer ! Impossible de vendre la mèche plus avant en ce qui concerne ce fameux flash-back sans vous gâcher le plaisir.

Enfin, un dernier mot pour saluer la belle utilisation du monstre, volontairement gauche et enfantin, mais précis et effrayant. Il devrait rappeler, outre son look, des souvenirs à ceux qui ont vu la MAISON DE L'HORREUR. En tout cas, son utilisation est largement maline là aussi, et je pense que Peter Jackson peut-être largement jaloux !

Évidemment, on peut être légèrement déçu par la fin que, personnellement, j'aurais développée avec une idée, la plus simple et la plus sombre, idée que d'ailleurs Malone dévoile lui-même. Il choisit pourtant la pirouette rebondissante, souvent présente dans la série, qu'il exécute d'ailleurs de façon fort logique et avec une distance assez belle (la réplique sur Brahms, le jeu de Johnny, et l'effet gore final presque ridicule et qui fonctionne parfaitement). Entre le retour de bâton, et le refus de jouer (ma solution), Malone choisit le retour de bâton. Pourquoi pas ? En tout cas, j'aurais carrément choisi la noirceur anarchique du refus de jouer (ceux qui ne voient pas, après visionnage, la fin que j'envisageais avec Malone, qui la refuse donc, peuvent m'envoyer un mail et je leur expliquerai ; impossible d'en dire plus ici sans dévoiler quoi que ce soit).

Mine de rien, donc, Malone signe ici ce qui pourrait être assez largement son meilleur film, pas le plus mauvais, en tout cas, de la série MOH. En attachant de manière déterminée son film à l'univers du conte (d'une manière plus premier degré que son aîné, mais qui rappelle la belle utilisation qu'en avait fait Wes Craven dans LE SOUS-SOL DE LA PEUR), Malone a choisi une option symbolique, marquée, mais largement travaillée, qui place son film sous le sceau d'une intelligence certaine, et d'une volonté de faire du cinéma personnel (plus qu'un SICK GIRL par exemple, c'est curieux). Deux séquences surnagent largement dans ce film de fort belle tenue, et font penser que 1) Malone en a largement sous le pied et hésite encore à lâcher complètement les chiens, et 2) s'il continue comme ça, il pourrait faire extrêmement mal ! Cerise sur le gâteau, les comédiens sont formidablement choisis. On retrouve une Lori Petty vieillie,  fardée, gothique mais aussi naturelle et précise. Bien que son personnage soit haut en couleur, elle refuse finalement tout pathos du syndrome "Maman du Petit Juju", choix subtil. L'idée géniale a été de lui associer un acteur pas glamour, un type que personne n'aurait choisi pour figurer à ses côtés : William Samples (excellent). Le couple fonctionne fabuleusement, et ce choix gonflé se révèle des plus pertinents.
On a hâte de voir Malone retourner aux affaires et au long-métrage, car à continuer dans cette nouvelle voie qu'il se trace, il peut gagner, avec un peu moins de timidité encore, des territoires exquis. Il faudra en tout cas surveiller le bonhomme. FAIR-HAIRED CHILD, quoi qu'il en soit, est peut-être la plus belle surprise de cette série. [Ce qui ne m'empêche pas de préférer les épisodes de Carpenter, Argento et Landis !]

Chaudement Vôtre,

Dr Devo.

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Dimanche 30 juillet 2006

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(Photo : "Naughty Bits" par Dr Devo)



AVANT-PROPOS
Comme chaque année, et aussi surprenant que cela puisse paraître, nous allons largement ouvrir nos pages à la dernière grande émission politique et religieuse de la Télévision : KOH-LANTA.
Chaque semaine, nous ferons un rapport subjectif mais détaillé de l'émission. Certains seront surpris de trouver de telles choses ici. Pour que les choses soient bien claires, nous détestons tous la Télé-Réalité, très sincèrement. Par contre, KOH-LANTA est pour nous une source inépuisable de questionnement moral, de portrait de la France en marche, etc. Regarder KOH-LANTA, c'est voir du DOGVILLE ou du MANDERLAY en "direct".
 Par son approche documentaire (peut-être la seule valable) et par la puissance des situations évoquées, l'émission nous paraît être sans équivalent.

Pour en parler, on accueille notre spécialiste : Le Shériff.
Amusez-vous bien.

Dr Devo.




Des dizaines de noms au générique, un réalisateur (FRANCOIS ROBIN) secondé par une demi-douzaine d'assistants, une bande-son réglée au dixième de seconde, pas de doute, l'été sera chaud. Sous la canicule, la couette ou près de la cheminée, la Une nous propose un nouvel opus, du plus grand des feuilletons de nos étés : KOH-LANTA est de retour, Allelujah ! Une année de silence, les aisselles de la belle CLEMENCE en pointillé, quelques après-midi de F1 par-ci par-là, seules quelques séquelles éparses ont jalonné sans grande cohérence ce trop long hiver. Le sieur Proctoman, rappelez-vous, avait flairé le nom de la dernière survivante, nous attendons donc sa prophétie. Les plus curieux ont bien appris que ce serait aux VANUATU, qu'il y aurait un realcyclone, et que DENIS BROGNIART a même emmené toute sa famille sur place. Mais qu'en est-il de la plainte déposée contre la prod' pour mise à mort illicite des bénitiers, fameux coquillages à la chair goûteuse ? Oui, l'émission est attendue au tournant par ses opposants, comme par ses inconditionnels. Je ne vais pas utiliser le terme d'aficionados, ces sauvages tuent des taureaux ! Ami focalien, amie focalienne, tu peux être surpris(e) par l'existence d'un article sur une telle émission, télévisée qui plus est. Sache que le Docteur t'autorise une petite descente dans l'enfer vert de la Real tv, prends ça comme une simple cure homéopathique.

Prégénérique, lumière style USHUAIA, en moins clinquant. Un chapelet d'îles Mélanésiennes. Evocation et survol du volcan MARAO, le vrai maître des lieux. Les Dieux ont déserté, semble-t-il, la contrée. La voix off, DENIS BROGNIART, le grand-prêtre : "Nous sommes sur les terres d'un peuple rude et courageux qui a longtemps terrifié les navigateurs" ; la situation est posée par le Conteur longiligne, 16 métropolitains intrus vont devoir se frotter à la vie sur les îles, au bout de quarante jours, un seul sortira du désert. La musique semi-ethnique, qui nous revient de très loin, gagne en puissance, oui, nos cœurs peuvent entrer en communion. Présentation des seize, en quelques secondes ; nous aurons bien le temps de nous familiariser avec eux ! Beaucoup de citadins et montagnards dans le casting, pas de Camarguais ou de Marais-Poitevin, sans doute trop favorisés par atavisme.

Les aventuriers se transmutent en naufragés lorsqu'ils dégringolent du modeste cargo rouillé qui les a menés à quelques encablures de la grand'île. L'équipage local sous-payé, qu'on imagine pirates lors des temps de disette, regarde se matérialiser sous ses yeux un équipement de survie dont il ne pourra jamais bénéficier : deux belles embarcations auto-gonflées destinées à symboliser le passage du monde quotidien aux péripéties. Sauts de l'ange pour se jeter à l'eau, voilà c'est fait, le Destin est en marche. Il ne se lasse jamais, celui-là.

Les intrus accostent après que le doyen JEAN-CLAUDE, Antillais senseï karateka, ait été sauvé de la noyade. Accueillis par les moustiques dans la mangrove, les naufragés pataugent et atteignent, maculés de boue dermoprotectrice, cette apparition d'un mètre-quatre-vingt-quatorze qui les divise en deux groupes (manque un éclair ici, à mon avis) :
Les seniors, les MOSSO, les Rouges VS les juniors, les TANA, les Jaunes. On reprend le schéma de la saison dernière, pourquoi pas ; il semblerait que les épreuves aient davantage évolué.
Le groupe divisé et affaibli, la première épreuve de confort se présente aussitôt. Les équipes doivent passer des obstacles, se hisser sur une corde à nœuds et s'y maintenir cinq secondes. J'attends avec impatience une hypothétique novellisation en Bd, pour voir comment les scénaristes pourraient mettre en lien toutes les péripéties ! Perches en bois, cordages, fanions, eau saumâtre, inégalé ! CATHERINE a du mal en apnée ; personne ne se moque. Elle vient de Marseille, soutient l'O.M (splendouillet plan dans les tribunes), elle est heureuse car elle a tout ce qu'elle veut dans la vie. Le compte à rebours est lancé, tictac, le vernis va bientôt craquer, ma cocotte ! RAHAN, son pagne et son collier. Pas besoin de crocos ou de tyrannosaure, on y croit plus qu'aux tigres de Vendée. Les cris des naufragés alternent avec la voix off qui se complaît en explications et observations, ludiquement pertinentes et dramatiquement amusantes. Le texte est travaillé, c'est visible ; et c'est d'autant plus réussi que le montage est couplé à la voix. C'est de l'art, y'a bon ! Les moments de "silence" sont dédiés à la musique (percus, cordes et synthé), classiquement dramatique, sans excès, elle reste légèrement en retrait au final. Voilà pour l'épreuve.
Trop difficile, elle est transformée après cinq tentatives en épreuve de course, entre deux champions. ALAIN, pompier volontaire "droit dans ses bottes", meunier dans la Marne, taciturne et patient, un mec bien quoi ! Tictactictac… Grands cris juvéniles, bousculade et gerbes d'eau, les Tana, représentés par FRANCOIS-DAVID (allez, FD…) l'emportent et empochent trois allumettes.
Après 25 mn, pirogue au sec sur l'île dévolue à chacune des équipes. Successions de séquences alternées, la narration n'est pas linéaire, ni chronologique (ça sert de regarder les maillots des filles). J'en retiens que les MOSSO ont repéré MAMA, mystique sociable aux chaussettes paranogéniques (qui donc avouera avoir délibérément "saboté" ses chaussettes lors de la nuit ?) ; c'est le seul point de tension révélé, pour l'instant. "MAMA a paniqué", déclare NATHALIE. Un Conseil se prépare toujours le plus tôt possible.

Chez les TANA, FD reporte le feu au lendemain, GAELLE, contremaître, suit son avis. SEBASTIEN, chef d'entreprise haut-normand, réserve sa sagacité pour les confessions "reality", histoire de ne pas trop se décaler du groupe. Celui-ci souffre de son inorganisation et de son indécision. Le fil rouge entre ces séquences est le Bernard-Lhermitte, mollusque decapode dont les pinces n'épargnent ni les Jaunes, ni les autres.
Le deuxième jour, épreuve d'immunité, pour désigner l'équipe qui devra se présenter au Conseil, et donc devra éliminer un de ses membres. Beau parallèle littéraire off entre le cycle éruption-fertilité et l'élimination-immunité. Après repérage du parcours, les Mosso décident une lenteur tactique qui leur permet une accélération finale décisive. Victoire un peu étrange, on leur permet de passer par le tunnel des adversaires !
Au troisième jour, le Conseil se tient dans un lieu historique, où s'est scellée, il y a trois cents ans, l'unité des peuples Mélanésiens. Sans doute contre les envahisseurs Européens. Maintenant qu'ils sont sages, on va vous en montrer quelques-uns, patientez un peu.
Questions choisies pour mettre mal à l'aise, confessions arrachées, la "question" est une boucherie. NICO "maximaculpa" s'en veut d'avoir perdu. Les votes au flambeau : c'est la jolie KARINE qui part, trop douce et sensible selon certains. Annonce du prochain épisode, Lord JIM approche, 80km de diamètre, il vient récupérer vos âmes. "Tous aux abris !" Splendide. Superbe séquence pré-apocalyptique, j'ai la chance d'en posséder un enregistrement, je ne m'en lasse pas. Je crois que l'épisode 2 sera un grand grand moment.
Par expérience, je sais que le survivant n'est pas dans la liste citée plus haut. Je parie sur EMILIE. Et toi ?

Le shériff.
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Jeudi 27 juillet 2006

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En rouge et noir (Le Marquis)

Ça va mal. Sur un laboratoire caché aux confins de la planète Sheita, les Stressos procèdent à une horrible expérience, visant à élaborer un virus mortel. Et attention, cette expérience semble bien valoir la présence des grands pontes, puisque Koménor, Volkor et Furia sont présents, assistés par un médecin et par une laborantine horrifiée. Et hop ! Un petit groupe de prisonniers sont gazés dans un violent éclair rouge, tandis que le montage place en insert un bref plan de Furia qui, curieusement, a rarement eu l’air aussi triste – bien qu’il s’agisse plus probablement d’un relâchement passager de la comédienne que d’un soudain élan de compassion. « L’expérience a réussi, s’exclame le médecin : quelques bouffées de ce gaz les ont tués ! » Quelques bouffées, quelques bouffées, il en a de bonnes, lui, on se serait cru dans un sauna turc… Bref, l’affaire est grave, les Stressos se lancent joyeusement dans la guerre bactériologique, qui est amorcée sur le champ, destination Belda. Cette mission délicate est confiée à Gorgon, surhomme monocorne équipé d’une jolie lame rétractile qui apparaît et disparaît avec un gracieux son de piccolo. En marge de ce fourbe complot, la laborantine, Leira, se rebelle en son fort intérieur, et décide en son fort extérieur de dérober le virus, son antidote et un lazérolabe pour « sauver l’univers », passe-temps louable, je trouve.
S’échappant donc du Cosmosaur en marche vers Belda (sauf qu’il vole), Leira est prise en chasse par une escadrille, et comme elle n’a jamais fait école de pilote interstellaire, son vaisseau est en flammes lorsqu’elle aborde les rivages de Belda (sauf que c’est une planète), et semble dangereusement proche de se détacher des ficelles qui le font évoluer, ficelles dont je souligne qu’elles ont rarement été à ce point visibles.
 
En contrebas, Ryu et Ayato ne chôment pas en l’absence de missions définies, et s’entraînent avec entrain au lancer de canif sur des assiettes lancées par leur sous-fifre velu, le brave Siman. Le jeu consiste, quand l’assiette prend son envol, à sauter en l’air et à trinquer à trois mètres au-dessus du sol avec les lames (tchin-tchin, ou devrais-je dire tjapon-tjapon ?). Dans la fougue de son excitation, Ayato a encore du mal à se contrôler, et l’admet courageusement lui-même : « J’ai lancé un peu trop tôt… » Mais son compagnon Ryu n’est pas dégoûté et l’encourage à réessayer en lui prodiguant ses conseils, car, le souligne-t-il avec son insupportable rire suffisant, « j’ai toujours raison ! » Ceci dit, il faut lui reconnaître que ça marche, ce qui satisfait autant l’élève que son maître, qui s’exclame : « Allez, j’ai une idée ! Je te paie un déjeuner à tout casser ! »
Ils devront hélas se contenter d’un sandwich acheté à la supérette du coin, car c’est à ce stade palpitant du récit que vient s’écraser non loin de là le vaisseau de Leira – et décidément, qu’ils ont de la chance, nos valeureux héros : tout événement déterminant se produit toujours à quelques centaines de mètres de l’endroit où ils s’exercent, mangent, dorment et font tout ce qu’un héros fait de son quotidien. Ayato va donc voir ce qui se passe pendant que Ryu fait les courses au Leader Price du coin, et découvre une Leira mal en point qui a juste le temps de lui confier la mallette contenant virus et antivirus avant que n’interviennent les malveillants Stressos menés par la toujours très cuissardée Furia, qui a retrouvé son sourire mauvais. Dans le bref combat qui s’ensuit, la montre à quartz-talkie-walkie toute neuve d’Ayato, avec laquelle il bidouillait depuis quelques épisodes, est cassée. Chose rare, Sidéro se lance bravement dans la mêlée en bombardant les soldats de ses deux seins jaunes amovibles et explosifs bonnet C, avant de se mesurer à Furia, qui l’abîme d’un cruel coup sur la tête. Entre le robot et la montre, j’espère que l’équipe du San Ku Kaï est solidement assurée.
De leur côté, étonnés de ne pas voir revenir Ayato, Ryu et Siman partent à sa recherche sur le lieu du crash, et secourent Sidéro, sans vraiment croire que leur attachant petit gadget ait réellement pu se battre. Mais d’Ayato, point de traces.
Le jeune homme s’est enfui avec Leira, et est secouru par Jil (j’aurais pu écrire « Gilles », mais ça ne fait pas aventures de l’espace, je trouve), un jeune bédouin comme il en pullule dans le 15e Système Solaire. Jil est très fier de son gros pistolet qu’il exhibe à un Ayato réservé mais curieux, et les conduit chez Lisa, une amie de Leira. C’est vraiment une très bonne idée, mais la maison est hélas vite cernée par Furia et sa troupe. Alors que Lisa voit son hospitalité payée par une contamination express, Leira supplie Ayato de s’enfuir par la porte de derrière, ce qu’il fait, car il est primordial qu’il apporte le virus et son vaccin au laboratoire de Belda – et là, elle n’a pas tort, car les lazérolabes ont déjà commencé leurs survols au-dessus des villages environnants, laissant derrière eux une traînée de fumée rouge mortelle. Abandonnée entre les mains des Stressos, Leira est en mauvaise posture. Furia profite de sa faiblesse pour lui recouvrir le visage de son slime protéiforme dépilatoire rose, qu’elle applique aussitôt sur le sien pour lui voler son identité. Et qu’advient-il de Leira, mystère ! On entend bien Furia dire « Je n’ai plus besoin de cette traîtresse, je ne veux plus la voir, j… », mais le montage coupe sa réplique avant la conclusion, et si Sidéro était présent dans la régie, il proférerait sans doute un cinglant « Malpoli ! Malpoli ! »
Lorsque Jil découvre Lisa malade à crever, il est un peu contrarié, et l’est encore davantage quand Leira/Furia lui fait croire qu’Ayato est un assassin, et qu’il est responsable de la propagation du virus. Regrettant amèrement de lui avoir montré son pistolet, Jil se lance à sa poursuite, et il va lui falloir courir vite, car de son côté, livré à lui-même avec une mission pour lui tout seul, Ayato trotte. Trotte, Ayato, trotte. Regarde Ayato trotter. Il tombe sur un village contaminé dont la population bédouine jonche le sol de ses ressortissants agonisants, et réalise qu’il est lui-même affecté par le virus. Un flash-back de sa première rencontre avec Leira l’amène soudain à réaliser que quand elle lui disait : « Tiens, prend cette mallette, elle contient le virus et son antidote », elle voulait en fait lui dire que la mallette contenait un antidote. Aaaaaah ! Un antidote !!! Bon sang mais c’est bien sûr ! Pas de temps à perdre : trotte, Ayato, trotte comme le vent ! Il court toujours, mais désormais, il sait pourquoi.
Plus au nord, à bord du Cosmosaur, Koménor fait son rapport, équipé de sa panoplie complète : cape sonore, sabre ornementé et chapelet, pourquoi pas. Le roi Golem XIII vient s’enquérir par micrâne interposé de la progression de ce projet de « Contamination de l’Univers par la Maladie » (CUM). On fait aller. « Et les flacons volés, ont-ils été retrouvés ? » « On y travaille d’arrache-pied », répond Volkor, à la place de son supérieur Koménor, ce qui semble exaspérer ce dernier (le personnage ou l’acteur, le mystère reste entier).
Sans transition, plan sur Jil, qui met enfin la main sur un Ayato hors-champ et le braque de son pistolet, sa fierté : « C’est toi qui les a tués ! » Ayato bondit d’un saut dans le plan pour s’écrier « Même pas vrai ! », ce qui évite astucieusement de tourner un contrechamps. Bang ! Bang !, rétorque Jil en tirant à bout portant sur Ayato. Il le manque ! (S’il ne lance pas trop tôt, Jil semblerait tirer un peu trop à gauche.) Ayato s’enfuit sur une distance de cinq mètres avant de tomber nez à nez avec Gorgon et Furia : il est cerné ! Mais la mascarade a assez duré, Furia tombe le masque exfoliant et jette aux pieds d’Ayato et d’un Jil consterné une capsule de fumigène rouge viral.
Ayato et Jil ont-ils péri dans les volutes empoisonnés du virus Stressos ? Non, car si c’est comme ça, Ayato aussi peut lancer des fumigènes, et toc. Et il ne s’en prive pas, profitant du petit pouf de fumée blanche pour s’enfuir avec Jil dans une carrière non loin de là. Mais Jil s’écroule, il ne peut aller plus loin. Ayato l’empoigne vigoureusement et lui crie : « Allez, sois un homme ! » Jil gémit, transpire, halète d’une voix rauque, mais Ayato réalise soudain que son jeune compagnon d’infortune n’est pas submergé par le désir : il est contaminé par le virus CUM ! Jil s’attache à convaincre Ayato de poursuivre une nouvelle fois son chemin en abandonnant derrière lui un comparse mal en point : Trotte, Ayato, trotte ! « Moi, je ne compte pas ! » « Il a raison », se dit en voix-off un Ayato bien volage, « et si je réussis, il sera sauvé ! » Avant son départ, Jil, dans un dernier souffle, lui offre son pistolet : « tu es le seul à qui je veux bien le donner ! » Long échange de regards – ils ont eu un moment, là, non ? Peut-être, mais il est terminé : trotte, Ayato, trotte !
Dans la série, il y a aussi Ryu et Siman, qui ont passé une majeure partie de l’épisode à chercher Ayato en marge du récit, et en vain. « Mais où il est ? » Soudain, un souffle féerique. Soudain, une douce mélodie jouée au piano synthétique. L’Azuris surgit majestueusement d’entre les cieux, et la si douce, si divinement blonde Eolia apparaît, implorant Ryu et Siman de sauver Ayato. « Merci pour lui ! », rétorque Siman, qui laisse à cet instant transparaître ce que lui, son glabre compagnon et nous-mêmes pensons tout bas : les villageois peuvent crever le CUM aux lèvres, il faut sauver Ayato. Parce que ça ne fait pas des heures qu’on le cherche partout, non non, on est là, assis sur notre derrière à éplucher des clémentines en chantant « Fernando ». Rien de nouveau sur Belda ou ailleurs, Ayato est le petit préféré de la déesse aux cheveux d’or. Allons, pas de mauvais esprit, continuons à chercher.
Et Ayato trotte, trotte, trotte encore, Marathon Man de l’an 70 du Calendrier Spatial se ruant sans le savoir vers une embuscade Stressos. Affaibli par le virus CUM, Ayato est sur le point de recevoir le coup fatal de la lame piccolo de Gorgon, quand la main de celui-ci est soudain stoppée par la réception douloureuse et impromptue d’une étoile ninja. « Qui a osé ??? », s’offusque-t-il. « C’est moi ! Et je vais même oser te battre ! », s’écrie fièrement Ryu grimé en Staros, qui a retrouvé la trace de son disciple après avoir rencontré un Jil faible mais bien disposé. Furieux, Gorgon regarde à ses pieds pour constater qu’Ayato a disparu ! « Mais où il est ? » Là-bas, tout en haut de la falaise, quelle vitesse fulgurante, Ayato en costume de Fantôme lui répond : « Ici ! Je descends ! ». Ce qui me plonge dans perplexité la plus complète : pourquoi alors est-il monté là haut ? Juste pour lui dire qu’il redescendait ? C’est un style…
S’ensuit une brève bagarre finale, occasion rêvée pour Ayato Fantôme et Ryu Staros d’inaugurer la technique du lancer de canif travaillée au début de l’épisode sur la personne de Gorgon, qui n’a que le temps de… Ah, non, il ne dit rien, il explose. Furia aussi, mais de rage, encore une journée foutue.
Notre épisode 15 s’achève dans le recueillement. Cette mystérieuse ellipse qui avait si grossièrement coupé la parole à Furia a donc été fatale à la pauvre Leira, qui a sacrifié sa vie pour le bien de tous, blablabla, etc., amen. Lisa est guérie, c’est super. Jil aussi, et Ayato lui rend son pistolet : merci mais non merci, je repars avec Ryu, Siman et Sidéro (lui-même sidéré de s’être fait appeler « Tonto », son nom dans la version originale, au détour d’un dialogue). Je ne sais pas pour vous, mais ce que j’en dis, c’est : vivement la suite.
 
Le Marquis
 
Il faut te battre pour mettre à jour les archives, Ayato.
 
Episode 2 : Les Ninjas
Episode 4 : Le Camp
Episode 6 : Le Roi Golem
Episode 8 : Du sang froid
Episode 11 : Princesse
Episode 12 : Le grand combat
Episode 13 : Le Miracle
Episode 14 : L’agent secret
 
Affaire classée (Le Marquis)
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Lundi 17 juillet 2006

recommander publié dans : Lucarnus Magica


[Photo : Wentworth Miller, ici au premier plan, n'a vraiment pas de chance : pété de thunes, un boulot en or, ultra-beau gosse, sensibilité exacerbée, et en plus un cerveau de génie ! A l'arrière plan, Dominic Purcell (dans le rôle de Lincoln), son frangin de série.]


Chers Focaliens,
 
Comme vous le savez, nous parlons de temps en temps de télévision sur ces pages, ce qui est bien paradoxal à vrai dire, car parmi tous les collaborateurs de Matière Focale, il faut bien le dire, nous sommes bien peu, sinon aucun, à regarder régulièrement la chose. Nous avons consacré une série de 13 articles, déjà, et ce n'est pas terminé, à la série expérimentale japonaise SAN KU KAI, la série qui explique le totalitarisme aux enfants. L'été dernier, et ce sera encore le cas dans quelques semaines, nous consacrerons un article par semaine à l'émission formidable KOH-LANTA, la seule émission politique digne de ce nom sur les petits écrans, et qui fait également office de magazine religieux et théologique. [Evidemment, ces remarques sont faites dans un absolu premier degré. Nous ré-expliquerons tout cela le moment venu.]
 
Par contre, vous l'aurez remarqué, nous n'avons jamais parlé de séries télés contemporaines. Et allez, on peut vous le dire, moi, j'ai un peu de mal avec ces séries. J'ai certes regardé pas mal LES SOPRANOS, plutôt sympathique d'ailleurs, et je n'ai découvert la saison 1 de 24 HEURES que cette année ! [Ouais, ça se regarde...] Il y a une raison à cette semi-désaffection. Je suis admirateur sans borne de CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR, série évolutive dont j'apprécie absolument chaque saison (et non pas seulement celles ou apparaît Emma Peel, car il y a des choses sublimes avant et après la dame), même la dernière, dite NEW AVENGERS, généralement décriée par les fans pur jus. Alors que cette série m'ennuyait à mourir lorsque que j'étais enfant, maintenant, adulte, je les regarde quasiment sans cesse. Il faut bien le dire : pour moi, THE AVENGERS, c'est du cinéma, fait à la télévision certes, mais c'est du cinéma. La mise en scène est en général très gourmande, et bien plus riche que ce qu'on voit, encore aujourd'hui, en salles.
Inconsciemment, donc, CHAPEAU MELON... a placé la barre très haut, et bien souvent, le reste me semble fade. Il y a eu de superbes choses plus récemment : TWIN PEAKS bien sûr, et PARKER LEWIS NE PERD JAMAIS. [Je note que MALCOM IN THE MIDDLE (MALCOM en VF), marche un tout petit peu sur les pas de son aîné Parker !] Mais bon, il faut s'y résoudre, la série étant devenu un business ultra-lucratif, impliquant des moyens très importants, elles se sont multipliées, mais sans que cela ne m’émeuve outre mesure.
 
Jusqu'à ce que... De retour d'un voyage récent aux USA, Bernard RAPP me parla d'un drôle de truc qu'il avait vu à la télé là-bas. Intrigué, je demande à l'Ami Américain (qui m'avait déjà magnétoscopé la série MASTERS OF HORROR), un fan du site, s'il serait possible de me faire des copies de la chose. Et grâce lui soit rendue, j'ai pu voir cet objet merveilleux qu'est PRISON BREAK ! Halleluyah !
 
Michael Scofield est un gars dans la petite trentaine (ou juste avant) qui n’a vraiment pas de chance : il est un brillant architecte, il a un appartement grand comme un hangar, il gagne très bien sa vie, il est super beau gosse, etc. N'en jetez plus, la cour est pleine. Tout va bien, merci. Il apprend néanmoins que son frère Lincoln, qui est plus âgé que lui et dont le parcours est nettement plus chaotique (deals et délinquances), est condamné à la chaise électrique pour meurtre. Les preuves sont accablantes (une vidéo de surveillance montrant Lincoln abattre la pauvre victime notamment) et le procès ne traîne pas. Dans un mois, Lincoln sera exécuté. Michael va voir son frère et lui pose une simple question, tout simple, à savoir : est-ce vraiment lui qui a tué cet homme... Ce à quoi le grand frère aussi simplement : non !
Bien. Michael n'insiste pas. Et quelques jours plus tard, il essaie de cambrioler une banque ! Oui, lui, le gars à qui tout réussi. Le garçon a une idée en tête. Il cambriole la banque en prenant le plus de temps possible afin d'être bien sûr d'être arrêté ! Et ça marche. Michael passe en comparution immédiate au tribunal, et il est condamné à 5 ans de prison ferme. Il est enfermé dans le même centre pénitencier que son frère.
Lorsque les deux frangins se rencontrent au parloir, vous pouvez imaginez que Lincoln est furieux de voir son petit frangin à qui tout réussi derrière les barreaux. Michael lui explique alors que... le cabinet d'architecture pour lequel il travaille a construit une partie de la prison ! Les yeux de Lincoln s'illuminent tout de suite. Il demande à son cadet : "Tu as vu les plans alors ?". Ce à quoi, très flegmatique, Michael répond : "Mieux que ça !". Il enlève sa chemise pour montrer alors l'énorme tatouage qui lui couvre le dos, le torse et les bras, tatouage complètement exubérant et très dense, avec cartes de poker, serpents, femmes à poil, aigles, slogans, etc. Lincoln s'aperçoit alors que l'énorme tatouage n'est rien d'autre qu'une version stylisée, codée et donc indétectable du plan de la prison dans ses moindres détails, même les plus techniques.
Michael a un plan pour délivrer son frère, et il sait parfaitement comment on peut sortir de l'établissement pénitencier !
 
 
Il faut bien le dire, même si vous avez compris que les séries me détendent et me font passer éventuellement un bon moment sans plus (en quelque sorte), PRISON BREAK se distingue du lot, et pas qu'un peu. Il faut avouer également que les Américains sont des gens très habiles en la matière. Et pas seulement parce que nous, Français, sommes complètement nuls dans le même domaine. [À part, peut-être, les DOCUMENTS INTERDITS, série sans équivalent au monde et tout à fait scotchante, dont je vous parlerai très certainement un de ces quatre.]
24 HEURES a un principe de base tout à fait original, du moins sur le papier, idéal pour le format série, et son rôle principal (Kiefer Sutherland) est très bien tenu. LES SOPRANOS, malgré un genre rebattu au cinéma, est absolument consciencieux et d'une fort belle facture en ce qui concerne le casting qui, chose rare, est parfait de A à Z.
PRISON BREAK néanmoins place la barre nettement au-dessus. Et c'est dans son système de fonctionnement que la série se démarque.
Les scénaristes américains sont assez habiles. Ils ont un art consommé en ce qui concerne la compétence de "donnage des cartouches", expression que je viens de forger pour vous. Je m'explique. Des rebondissements, il y en a. On les garde consciencieusement, et on les place avec minutie. Parallèlement, il y a toujours des zones d'ombres dans l'intrigue, dans le passé des personnages, ou dans l'identité des personnages mystérieux. Et là aussi, on éclaire petit à petit, en général très lentement au fil des épisodes, ces fameuses zones d'ombre. Là aussi, on sait où placer ces révélations, on sait en user avec parcimonie, histoire de faire monter la pression et l'addiction chez le spectateur. LES SOPRANOS font ça très bien (malgré la relative décontraction de la série), ou encore LA CARAVANE DE L'ÉTRANGE (je préfère le CARNIVALE original ! Belle série très bien soignée, avec un formidable casting de luxe : Clea Duvall, Adrienne Barbeau, Patrick Bauchau, Michael Anderson). C'est un art que de savoir donner des cartouches à son spectateur : ni trop peu, sans quoi il ne peut que s'accrocher à la narration au risque de s'ennuyer ou de juger que tout cela avance trop lentement, ni trop, sans quoi on diminue l'addiction et on risque de nuire à la crédibilité de la série ou de rendre les épisodes suivants bien fadasses. Et pour ça, donc, nos amis Ricains, ils sont balèzes. C'est une question de dosage, et c'est une question de slowburn encore une fois, c'est-à-dire de rendre haletants et brûlants des événements qui, à notre goût, avancent trop lentement... Ça swingue, quoi !
Et bien mes petits amis, tous ces repères, vous allez vite les oublier avec PRISON BREAK, qui utilise une tactique complètement différente. Là où les concurrents utilisent cet art de la parcimonie haletante, cette série fait le contraire, et le résultat est ahurissant. PRISON BREAK donne tout, PRISON BREAK est aussi calculateur que les autres, certes, mais lâche les chiens constamment, et donne des cartouches à foison ! C'est bien simple : là où les autres lessives ménagent un bon cliffhanger par épisode, PRISON BREAK rebondit d'un événement formidable à peu près toutes les cinq minutes, et même parfois moins. Le suspense est complètement phénoménal, au point d'être absolument immonde ! Et je vous assure (même s'il va falloir me croire sur parole, car je ne vous dévoilerai rien) qu'on fait des bonds sur son siège, qu'on se lève devant son poste, en général cinq ou six fois par épisode. Et sans exagérer en plus. PRISON BREAK a un sujet suffisamment riche et original (et loufoque encore une fois) pour se permettre une générosité jusque-là inédite ! Et si la série, qui a bien marché aux USA, devait faire école, et bien, je vous assure qu'on assisterait alors à un véritable chamboulement dans la façon d'écrire ces choses-là. On passerait comme je l'ai dit à la tactique inverse.
Un sujet original donc. Un modus operandi (&c