Ethicus Universalis

 

 

 

[Photo: "Mek-Ouyodrome (le XXIème siécle sera Mek-ouyiste ou ne sera pas)" par Mek-Ouyes]

 

"Merci pour sept dernière photo, beaucoup d' entre nous ont grandi avec la photographie, et je pense que sept dernière photographie clos aussi une époque, la nouvelle géneration ne comprendra peut être pas le sens de cette oeuvre, mais n'oublions pas qu'a l'origine la photographie est un drame pas un art d' action.
Je sais que pour certain se n'est qu'un art, mais pour d'autres sa montre la réalitée de la vie, même si ont ne fais pas tous de la Création, la vie est comme sa, de la naissance à la mort ont est tous dans le même train ou se n'est pas les Km qui passent mais les années.
N' oublions pas la leçon de respect qui se deroule dans cette photographie.
Slyforever ton commentaire est genial esperont que le message sera passé, et qu'enfin le monde vas se réveillé, aidé les autres même s' ils ne vous ont jamais aidé.
Pour le commentaire de la photographie, quand il parle à son fils, quoi de plus vrai que sa, garder confiance en soi, ne pas être un lache.
Sur se je laisse méditer les autres sur les photopgraphies
"

Texte de Michael M., internaute, re-construit par Mek-Ouyes, sur une idée de Dr Devo.


 

 

 

 

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Dimanche 4 mars 2007 7 04 /03 /Mars /2007 13:32

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[de gauche à droite, de haut en bas: La connaissance, le commercial, l'art et essai (en vert). Photo: "Philadelphie, mon Amour (le syndrome Rocky)" par Mek-Ouyes.]

 

"L'histoire de rocky est incroyable et il nous est permis de le regarder de deux manières. Soit à travers le prisme politique et alors on peux voir l'idéologie américaine se manifesté à travers ce boxeur, ou bien, de voir l'HOMME qu'il est, les valeurs et principes de vie qu'il incarne. Balboa est un homme froncièrement bon, il a l'âme d'un guerrier tel un samouraï, jamais il ne plis, ni ne déchoit pour défendre ceux qu'il aime, et les préserver du besoin. C'est pour cette bonne raison qu'il est le meilleur, car il combat avec son coeur et ses trippes et non avec ses muscles (bien qu'il doive les travailler pour manifester son incroyable force), ce qu'il lui confère une énergie hors du commun. La boxe n'est qu'un moyen pour lui de déployer sa force de vie comme d'autres le feraient dans une autre activité. Rocky, en boxant se sent vivant et à travers tout ses combattants, c'est avant tout lui-meme qu'il défit, ainsi que la vie. Dans une société où chacun de nous ne pense qu'a gagner de l'argent, trouver une sécurité et vivre comme dans nos petits bien-être égoiste. Rocky lui, se défit lui-meme, se met en danger, ne cherche pas la sécurité, va toujours plus loin. A travers la boxe, sa vie n'est qu'une quête pour savoir QUI IL EST, bien au-delà des biens matériels, du confort ( Il s'est fait éblouir les yeux dans la saga n°3, mais a su se ressaissir), il aspire au fond au repos du guerrier, cette petite paix que nous recherchons tous. Rocky, n'est pas cultivé, il a une petite intelligence intellectuelle mais une grande intelligence du coeur, qui le rend à mes yeux plus grand encore. Rocky est philosophe sans le savoir. il sait qu'aujourd'hui on gagne, demain on perd. dans le 3 et le 4 il a la fortune, puis dans le 5, il perd tout. Mais il reste lui-meme, inébranlable, ne deviens pas amer, il sait que la vie est faite d'épreuves, que rien n'est permanent. c'est sa grande sagesse. Il n'oublie pas d'où il vient, jamais. Il reste simple et modeste. Rocky m'a appris l'humilité, le respect de son prochain, la non violence, (car c'est le dernier a vouloir se battre dans la provoc,). Rocky t'es grand, mais pas par tes poings. Tu fait honneur à la vie en la prenant comme une quête de soi. Rocky, à 59 ans est toujours au top. T'as jamais perdu l'oeil du tigre, grace à toi, je ne m'empate pas, je reste fort dans l'adversité et comme toi je veux garder ma jeunesse dans le coeur... dans ce monde de vieux."

Texte trouvé sur le blog AUX DETRACTEURS DE ROCKY BALBOA.

 


Pour lire l'article de Dr Devo sur ROCKY BALBOA: cliquez ici.

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Samedi 3 mars 2007 6 03 /03 /Mars /2007 11:11

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[photo: "Le Diable porte un jean Diesel à 649 euros (éloge de la cohésion sociale)" par Mek-Ouyes]

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Jeudi 1 mars 2007 4 01 /03 /Mars /2007 11:56

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Chers Focaliens,

Voilà qui tombe bien mal ! C'est la meilleure période de l'année pour aller voir des films, et je suis dans l'extrême impossibilité de pouvoir écrire des articles, faute de temps. Pour une fois, il me faut admettre ma défaite contre Cronos et ses légions maléfiques. Ceci dit, si vous n'avez pas encore vu BUG de William Friedkin, vous pouvez y courir : malgré la rumeur de film simpliste et ennuyeux, c'est absolument magnifique. Allez voir aussi ce qui sera sans doute le film le plus important de la décennie : LE DIREKTOR de Lars Von Trier. C'est un bonheur extraordinaire. C'est absurde et bondissant, extrêmement drôle, et c'est une façon étrange mais certaine de mettre en place des principes focaliens dans le cadre de la mise en scène d'un film. Je ne vous en dis pas plus, et vous laisse la surprise.

En attendant des jours prochains et meilleurs pour mes activités d'écriture (ce qu ne devrait pas tarder), j'accueille Mek-Ouyes, fidèle camarade, dont je vous encourage à voir le site (le site de photos le plus absurde que je connaisse, mais en même temps c'est le seul que je fréquente) qui pendant l'interlude vous fera patienter et méditer grâce à ses photos bizarres. [C'est le seul photographe que je connaisse qui ait fait une expo en gallerie sur le thème du télé-achat !]

En attendant de vous retrouver sous peu, je vous laisse entre de bonnes mains, et vous souhaite plein de beaux films...

[Pendant mon exil focalien, vous pouvez envoyer vos impressions, vos questions et votre courrier en cliquant sur la pin-up avec le biniou. Si j'ai assez de courrier, je ferai un article spécial...]

Dr Devo.



[photo: "le public a toujours raison" par Mek-Ouyes]

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Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /Fév /2007 10:23

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[Photo : "Soutien Scolastique #1 (le seul fauteuil d'académicien, c'est le vôtre)"

ou "Emmèfe stands for Woman" par Dr Devo, d'après une photo de la comédienne Adele Stephens.]

 

AVANT-PROPOS
Chers Amis, les réjouissances focaliennes s'organisent, les textes affluent (un peu..., et sont encore les bienvenues), et nous continuons ensemble l'anniversaire de Matière Focale ! Mesdames Messieurs, levons-nous et applaudissons Rub, vieux lecteur du site, assez discret, mais qui, vous allez le voir, quand il l'ouvre, a quelque chose à dire, et c'est de fort belle manière. Merci à lui pour ce texte magnifique qui vient combler une lacune focalienne : parler des livres sur le cinéma (qui en général sont quand même insignifiants, mais ici ça n'est pas le cas !). Merci encore à Rub, donc.
Je signale à tous ceux qui ont la gentillesse de m'envoyer quelque chose que je ne publie pas vos articles dans l'ordre. Rien n'est perdu, rassurez-vous, et il y aura, comme d'habitude, de la place pour tout le monde !
Dr Devo.
 
 
"Fragments are the only form I trust", (Donald Barthelme, Unspeakable Practices, 1968).

Non, je ne suis pas un érudit. Je suis tombé par hasard un jour sur cette sentence, qui me marqua vivement par la – me semble-t-il – vérité de son propos, en dehors même du contexte dans lequel elle était énoncée et qui n'avait rien à voir avec le cinéma. Je me suis depuis informé sur la provenance de cette phrase, pour toi lecteur, sans en savoir cependant plus sur ses conditions d'énonciation. Car cette phrase-là, pour moi, parle, et très bien, de cinéma, du cinéma. Ici, à Matière Focale (MF dirons-nous par la suite), on l'a assez dit : le cinéma, c'est avant tout du montage. Et si mon esprit embrumé ne se trompe pas trop, le montage et la fragmentation, c'est un peu du même tonneau. Toutes les valeurs défendues sur Emmèfe comme étant spécifiques au cinématographe peuvent être abordées en termes de fragmentation : fragmentation qu'est le cadre dans le vaste champ de la vision humaine, fragmentations que sont bien entendu le découpage et la multiplicité des points de vue, fragmentation de l'échelle de plans, fragmentation de la narration qu'est la non-linéarité, fragmentations que sont les incrustations dans le plan, les transparences, split-screen et autres délicieuseries surcadrantes, fragmentation qu'est le jeu sur les différentes pistes sonores et visuelles, etc. La fragmentation, c'est un des plus puissants moteurs de l'émotion esthétique potentielle du cinéma. Et la fragmentation, c'est, bien plus que ne le serait la captation documentaire, le moyen de faire jaillir le vrai du matériau brut qu'est la réalité filmée.

Et cela, beaucoup de "grands" l'avaient compris, de Pasolini et sa fameuse Observation sur le plan-séquence où il dit qu' "ayant l'intuition de la vérité – à partir des différents fragments. naturalistes, constitués par les différents petits films – il [le réalisateur] serait en mesure de la reconstituer. Comment ? En choisissant les moments vraiment significatifs des différents plans-séquence subjectifs et en trouvant par conséquent leur véritable enchaînement. Il s'agirait tout simplement d'un montage. À la suite d'un tel travail de sélection et de coordination, les différents angles de vue se dissoudraient, et la subjectivité, existentielle, céderait la place à l'objectivité." À Tarkovski affirmant dans LE TEMPS SCELLÉ : "Je pense qu'il est impossible de parvenir à l'authenticité, à la vérité intérieure, ne serait-ce même qu'à une véritable ressemblance extérieure, s'il n'y a pas un rapport organique entre les impressions subjectives de l'auteur et la représentation objective de la réalité. Sinon, une séquence peut être filmée comme un documentaire, les personnages habillés avec un soin naturaliste, la vie même reconstituée artificiellement, le film sera loin encore de la réalité : il paraîtra parfaitement conventionnel, donc sans ressemblance littérale avec la réalité, bien que l'auteur ait essayé justement de sortir d'une représentation trop conventionnelle. Il peut donc paraître étrange d'appeler conventionnelle en art une perception trop immédiate de la réalité. Pourtant, la vie a une organisation bien plus poétique que ne veulent nous le faire croire les partisans d'un naturalisme absolu. Nos émotions, nos pensées, ne sont-elles pas toujours comme des allusions inachevées ? Quand, dans certains films, est réussie la ressemblance avec la vie, l'approche documentaire n'est pas respectée. Elle est même remplacée par une vision très orientée." Voilà des thèses bien chères aux oreilles focaliennes ! [Je ne saurais en aucun cas couper dans ces textes, d'autant plus que sont abordés en filigrane des thèmes fondamentaux comme la poésie, la subjectivité, la (re)création artistique, etc.]

"Fragments are the only form I trust". Il faudrait donc briser le miroir pour pouvoir se voir en vérité dans les milliers de facettes ainsi créées ! Délicieuse perspective !

Le cinéma n'est pas question d'histoire, cela a déjà été dit. Les petits tracas freudiens des auteurs/personnages sont d'un intérêt tellement en deçà de ce que peut procurer une véritable émotion artistique qu'il en devient criminel de les mettre au premier plan de sa volonté monstratrice ou de sa thèse critique. Mettez votre pointeur devant un U et vous aurez un psy. Non, la vérité est ailleurs. Où, me direz-vous, petits chenapans que vous êtes ? Eh bien, une partie en tout cas, peut-être dans ce Temps scellé. Voilà en effet seulement quelques pages que je le lis, et j'ai déjà envie d'en noter comme citation/maxime/règle de vie/vérité universelle la moitié. La délectation que peut produire la lecture d'un tel ouvrage en rentrant désespéré de la séance d'un quelconque film (le choix est large en ce moment), les sublimes envolées théoriques et la profonde foi en l'art (sans majuscules vous le noterez, on est pas là pour frimer) du gars Andreï, tout ça me faisait me dire que, non, vraiment, il fallait en parler de ce bouquin. Alors quel plus sublime cadeau que de sacrifier sa pauvre prose (respectivement pensée) au service d'une autre ô combien plus enrichissante ? Comment mieux remercier le docteur, son équipe et toute l'idéologie focalienne qui me nourrirent au berceau, qu'en invitant tout un chacun à aller voir du côté de chez Tarkovski comment quelqu'un peut avoir une vision du cinéma d'une réelle beauté et d'une grandeur nécessaire, comme on les aime ici ? Quel plus flagrant et flamboyant témoignage de reconnaissance porter à cette institution, à ces personnes qui lui donnent vie ?

L'union de l'absurde et de l'absolu.

Bon anniversaire,
 
Le Père Noël, focalien lambda (alias Rub).
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Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /Déc /2006 11:27

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[Photo: "Essai de préparation de casting pour un biopic
sur le groupe MANOWAR par Martin Scorsese" par Dr Devo]
 
AVANT-PROPOS
Cet article a été écrit pour le N°3 de LA REVUE DU CINEMA qui consacrait un dossier spécial au thème "Pourquoi Le Cinéma ?" (si si !). Il reprend deux articles déjà parus sur Matière Focale. Vous trouverez donc les éléments inédits sur cette page et les parties déjà parues sous forme de liens afin que nos lecteurs les plus récents puissent y accéder et se noyer de plaisir ! [Et puis sinon l'article présent aurait été trop long aux yeux de notre hébergeur ! 12 pages, c'est trop long !]
Pourquoi le Cinéma ?
 
Euh…
 
Après moult tergiversations, il a bien fallu se rendre à l'évidence, le problème n'était pas de savoir si la question était pertinente ou non, mais bel et bien d'y répondre le plus justement possible. Car après tout, voilà qui nous renvoyait, avec une certaine beauté et aussi une certaine idiotie, dans le sens dostoïevskien du terme, bien entendu, à la fameuse théorie Steedienne : "Faire les choses désinvoltes avec le plus grand sérieux, et faire les choses les plus sérieuses avec désinvolture." Si la question de départ renvoie à ce fameux axiome anglais, il n'y avait dès lors plus de doute possible : la dite question était de la plus grande importance. Fallait-il pour cela avoir recours à une infinité de surréalistes ?
 
Notre premier problème face à cette question idiote et difficile est donc résolu : il faut y répondre avec la plus grande précision possible. Dans la simplicité de son énonciation, nous remarquons qu'elle s'adresse à un public extrêmement varié, et encore mieux à nous tous. La première directive que nous avons à adopter est donc de prendre résolument le parti d'y répondre pour tous. On essaiera alors de faire en sorte que les réflexions qui vont suivre soit aussi intelligibles pour le professionnel de la Profession que pour l'expert-comptable, et que l'ouvrier, l'enfant, la femme au foyer puissent également y trouver leur compte.
 
Je note déjà quelque chose d'important. Répondre à cette question, c'est se poser la question suivante : "pourquoi nous l'a-t-on posée ?" Par un étrange mécanisme de conséquences, on remarquera que cette question du "Pourquoi" a immédiatement été suivie du "Comment". En conclusion, on ne saurait répondre au pourquoi du sujet sans le transformer en comment. Les deux sont liés, et je vous prie de garder cela à l'esprit.
 
Ainsi, la volonté de l'exposé suivant est de se montrer précis, mais aussi accessible. Mais encore plus, on le voudrait exhaustif, ce qui, vous dites-vous, semble difficile dans le cadre d'une revue de cinéma où, par définition, si la question a définitivement sa place, l'espace investi est forcément limité, et pas qu'un peu. Néanmoins, nous pensons pouvoir faire le tour de la question efficacement dans l'espace imparti. C'est pourquoi nous avons sélectionné un certain nombre de thématiques dont la disposition et l'évolution parallèles permettent non seulement de répondre aux premières grandes questions qui viennent à l'esprit une fois le problème posé, mais peuvent également être intrinsèquement assez riches pour pouvoir répondre, à la lumière de ces réflexions, à d'autres questions qui ne seront pas traitées directement dans ces pages, faute d'espace. Ainsi, comme le psaume, le credo ou les dix commandements permettent au Chrétien déboussolé de retrouver son nord magnétique et spirituel, les chapitres ici abordés serviront aussi de code-source, en quelque sorte, un Digest comme diraient les Anglo-saxons, permettant de trouver suffisamment de pistes pour répondre à une question plus précise.
 
Maintenant que les présentations sont faites et les points de méthodologie précisés, entrons dans le vif du sujet, si vous le voulez bien.
 
CHAPITRE 1 : Pourquoi l’invention du cinéma ?
 
Très bonne question, par laquelle il semble logique de commencer. Certains esprits facétieux, et d'autres moins bien intentionnés, vous gageront sur la vie de leur génitrice que le cinéma fut inventé au XVIIème ou au XVIIIème (il faudrait savoir, d'ailleurs), grâce au ancêtres des flip-books de notre enfance. Bon. Soyons sérieux. Il y aura toujours un vieillard ou un jeune loup dans les parages pour vous expliquer que le jazz fut inventé par Jean-Sébastien Bach.
 
Une revue telle que celle que vous tenez entre les mains n'ira pas, même si c'est très chic, alimenter des hypothèses aussi farfelues. Si le flip-book est l'ancêtre du cinéma, alors on se méprend bien, et ce n'est pas ce procédé qu'il faut désigner comme "inventeur", mais notre œil lui-même, pendant qu'on y est. De la même manière, le hip-hop ne trouve pas son origine dans la musique baroque, bien que les deux soit liés par leur moyen d'expression – enfin, en théorie – et ce n'est pas non plus la voix qui a inventé lesdeux. La persistance rétinienne n'est elle-même pour rien dans l'invention. Autre mythe régulièrement dispensé dans nos écoles : le cinéma a été inventé par Balzac, puisque c'est lui qui a le plus utilisé, et de quelle manière, une espèce "d'échelle des plans" dans ses introductions descriptives. Je sais, ça fait rire. Mais il n'empêche que je l'ai entendu au moins trois fois pendant ma scolarité, dont deux fois en terminale !
Mais puisque nous sommes à ces légendes urbaines, concentrons-nous sur l’une des plus répandues, et l’une de celles qui sont les plus crédibles.
Le cinéma aurait été inventé par les frères Lumière ! N'existe-t-il pas un musée qui leur est dédié en France et qu'on appelle Musée du Cinéma ? Un grand réalisateur comme l'Américain Woody Allen ne s'y est-il pas rendu lors d'un récent passage en France, déclarant dans une prononciation et une syntaxe approximatives toute l'émotion qu'il ressentait devant ceux qui avaient inventé l'Art auquel il a consacré quasiment toute sa vie ?
Certes. Nous mettons là le doigt sur un paradoxe certain. Il y a d'un côté l'histoire du cinéma, de l'autre le cinéma lui-même, et nous le verrons plus loin, curieusement, l'un ne se confond pas toujours avec l'autre.
Il ne s'agit pas là de dire que les Lumière n'ont aucune voix dans le chapitre qui nous concerne, ce n'est pas tout à fait vrai. Mais, encore une fois, soyons justes et rigoureux. Les Lumière ont effectivement inventé la machine ‘cinématographe’, c'est-à-dire le rigoureux assemblage qui permet de capter puis de projeter des images en mouvement. Bien sûr, ils ont effectué des essais suite à cette découverte. De la même manière que les scientifiques, lorsqu'ils eurent entre les mains les premiers microscopes modernes, firent passer tous les objets de la vie quotidienne sous la précieuse lentille (une goutte de lait, un bout de laine, un poil de l'avant-bras), les Lumière ont largement utilisé leur invention. Et hop ! La sortie de l'usine, et hop ! Le cheval qui sort du village, etc. Bien fiers d'eux-mêmes, et qui ne l'aurait pas été à leur place, les deux frères ont montré leurs films à la population médusée. Et il y avait de quoi… En découvrant le phénomène, les gens s'écartaient pour ne pas se faire écraser par le train dans la gare de la Ciotat ! [C'est une réaction très humaine. Un ami qui a aujourd'hui une cinquantaine d'années me racontait la réaction d'une de ses aïeules, possiblement son arrière-grand-mère, lorsqu'on alluma pour la première fois dans son living-room un poste de télé. La vieille aurait déclaré devant un journal d'informations : "Mais qu'est-ce que ces gens-là font dans mon salon ?"]
 
Malgré tout, les frères Lumière étaient aussi bornés qu’ils étaient fiers, et pour eux, la conclusion était formelle : le cinématographe était un procédé mort-né duquel rien ne devait jamais sortir, un phénomène de foire et rien de plus. Comment considérer dès lors qu'ils sont les inventeurs du Cinéma ? Soyons sérieux, là aussi. Si vous tenez absolument à mettre un nom sur l'invention, alors choisissez Méliès. Georges Méliès garda la tête froide. Personnalité très sérieuse mais extrêmement désinvolte, Méliès fit rapidement l'estimation de la nouvelle invention, et la rapprocha tout de suite de son ancêtre, l'appareil photo. Le cinématographe était un appareil d'enregistrement photographique génial, et fort de son expérience dans le domaine des spectacles comme dans celui de la photo, il vit l'incroyable monde qui s'ouvrait à lui. Il utilisa à fond le montage, les trucages et les procédés narratifs tous plus fous les uns que les autres. Ça y est, c'était fait, le cinéma était né. Les Lumière ont inventé le film de vacances, Vidéogag ou le home-movie, comme vous voulez, mais ils n'ont pas inventé le Cinéma. Le cinéma, c'est Méliès.
 
CHAPITRE 2 : Pourquoi le Cinéma serait-il forcément un Art ? (La difficile question de la définition du Cinéma).
 
On pourrait s'attendre à ce que cette question ne figure pas dans ce dossier. Néanmoins, il faut bien admettre qu'elle est fondamentale pour quiconque voudrait se poser la question du Pourquoi. Une bonne définition n'a jamais fait de mal, d'autant plus qu'elle va nous permettre de mettre en avant quelques savants paradoxes dont nous avons le secret.
 
Lorsque je regarde le journal télévisé, est-ce du cinéma ? Lorsque je filme le mariage de ma Tata Jeannette, est-ce du cinéma ? Et lorsque j'assiste à un diaporama sonorisé, est-ce du cinéma ?
 
Bon, mettons de l'ordre. Le mariage de la Tata ne fait pas office de cinéma. Non pas parce que c’est un vrai mariage qui est filmé, ni parce que le Cinéma de Mariage n'existe pas. (J'ai récemment vu un superbe moyen-métrage de l'énigmatique réalisateur underground français, Jean-Christophe Sanchez, intitulé CARRÉMENT AUTRE CHOSE, et qui est d'une splendeur phénoménale, comme en témoignent les images que vous trouverez sur ce site). Si on peut faire un film sublime à partir d'un mariage, alors pourquoi les millions de français qui ont en leur possession un caméscope ou une caméra super-huit ne font-ils pas de cinéma ? Oui, je sais, c'est assez à la mode dans les Institutions s'occupant du 7ème Art ou encore dans la presse spécialisée de dire que là aussi, il y a des pistes à explorer pour le Cinéma, et que les films (les vrais) devraient pouvoir se nourrir de cette forme d'expression, c'est certain.
 
Bon, soyons clairs, là aussi, c'est un mensonge, nous allons le voir. Pour l'instant, on serait tenté de dire que le Cinéma, c'est tout bêtement, et pourquoi pas d'ailleurs, le résultat de l'impression de pellicules par voie d'utilisation de la machine des frères Lumière.
C'est un argument fort réfutable. D'abord, nous l'avons vu, les frères Lumière, très bons techniciens puisqu'ils inventèrent la machine, n'ont jamais fait de cinéma, puisqu'ils ont fait ce que 10 millions de français font de nos jours : ils ont simplement filmé l'anniversaire de Tata Jeannette ! (Ils n'ont pas fait de cinéma pour une autre raison, mais je vais y venir.) De plus, ne prend-on pas plaisir à regarder un film à la télévision, c'est-à-dire sur un support complètement différent du vrai support de diffusion (la pellicule 35mm) et ayant un rendu monstrueux en termes de son (le grain du son, sa propagation) et d'image (le grain de l'image et son étalonnage). Cette différence se creuse encore depuis l'arrivée du DVD, dont on s'aperçoit souvent que la photo et le son, même si vous avez un home-cinéma dernier cri, sont complètement différents de ce que vous avez vu en salles. De plus, évoquons au hasard la série CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR. Voilà une série dont un grand nombre de réalisateurs furent aussi en salles des cinéastes hors pair (Roy Ward Baker, par exemple). Et en plus, même chez soi en charentaises, même sur un petit écran minuscule, ne prend-on pas un plaisir analogue à celui qu'on a devant un bon film de cinéma lorsque nous regardons un chouette épisode de la dite série ? Vous baissez les yeux et vous avouez d'une voix enfantine : "Oui !" Et vous avez raison, n'ayez pas honte ! Pour avoir vu un épisode excellent projeté (en vidéo) lors d'un festival, je peux vous assurer que c'était bien là une formidable expérience de cinéma, parmi les plus jouissives que j'ai connues.
 
On le voit, l’utilisation de pellicule et de caméras 35mm, quelque peu mise à mal par l’utilisation grandissante de la vidéo Haute-Définition et par la promesse future d’un parc de salles où les projections ne se feront qu’au format numérique (adieu la pellicule), ne suffit pas à définir cet art. L’endroit de la diffusion non plus, d’ailleurs. On peut regarder des programmes de télévision (rares, il est vrai), qui sont, dans leur mode de fabrication et de narration ou dans le langage utilisé, des films de cinéma.
 
Enregistrer et utiliser des sons et des images, quel que soit le support, ne suffit pas non plus. Ce serait donc, par voie de conséquences, et parce que tous les autres moyens sont épuisés, dans le langage de l’image qu’il faudrait, bien sûr, chercher la définition. Après réflexion, nous sommes arrivés à cette conclusion.
 
Le cinéma se définit par l’utilisation de sons et d’images disparates que l’on assemble dans un but de narration ou de dis-narration. Ces sons et ses images disparates sont collés entre eux dans un ensemble qui rendra le produit fini non pas homogène, mais lui-même disparate et artificiel. Ainsi, on peut considérer qu’il y a cinéma lorsqu’il y a MONTAGE. Faire du cinéma, c’est construire un ensemble d’images et de sons de manière absurde et arbitraire afin de créer un sens qui ne puisse se comprendre QUE par l’utilisation des points de montage eux-mêmes, c'est-à-dire par l’assemblage inter-dépendant de ces différents éléments.
 
On l’a compris, le cinéma, c’est le montage, et c’est le sens créé par le montage, en dehors des éléments verbaux qui pourraient amener à expliciter ce que l’on voit à l’image (ce que fait le journal télévisé, par exemple). Le sens se fait dans l’architecture unissant les divers éléments qui la composent, et ne peut justement, et paradoxalement, se construire que dans leur juxtaposition gratuite. Il y a là assez d’éléments pour faire du cinéma. On pourra cependant compliquer la donne en utilisant dans cette expression basique un jeu plus complexe d’éléments secondaires qui viendront compléter/contredire cette architecture, à savoir : l’utilisation de l’échelle de plans conçue comme élément signifiant, jeu d’axes, jeu de cadrages, et photographie. On notera que si l’on veut faire un ensemble cohérent, le choix du cadrage, du type de plans et des axes constitue déjà un élément de montage, mystérieusement pré-existant à l’opération de montage elle-même.
On voit bien dans cette définition que l’utilisation des sons et des images seules ne suffit pas, et que le montage, enfin, le montage digne de ce nom, doit pouvoir constituer lui-même une base de narration suffisante à la compréhension (ou mal-compréhension) du film lui-même. Là encore, il y a cinéma lorsque le montage arrive à faire sens par lui-même, c'est-à-dire sans avoir recours au langage parlé ou écrit, qui n’en est qu’un élément subalterne. De fait, un film dont les dialogues et les actions des comédiens seraient l’unique façon d’appréhender la narration, sans que le montage ou les choix de plans n’interviennent, ne peut être simplement pas considéré comme du cinéma, et s’apparente de façon beaucoup plus proche au Journal Télévisé, par exemple, ou au simple processus de captation.
 
Ce n’était pas si difficile, au final. Vous découvrez alors que les films des Lumière, qui ne sont que captation et qui excluent le montage, puisqu’il s’agit toujours de plans-séquences, ne peuvent être considérés raisonnablement comme étant du cinéma. Si l’on peut investir, par nostalgie ou parce que nous sommes le fruit de notre éducation, leurs films d’une émotion esthétique qui nous pousserait à y voir du cinéma, il faut bien admettre que c’est une complète vue de l’esprit, car l’utilisation même du médium en l’état (l’absence de montage) condamne ces films à n’être que de la photographie en mouvement. Il n’y a là aucune expression artistique. Je rajouterais même que la question de savoir si la démarche de faire ou de ne pas faire un travail à expression esthétique et artistique était volontaire ou non n’a aucune importance. Les faits sont là, intrinsèquement.
 
On notera également que la définition est forcément légitime, parce qu’elle permet d’envisager le cinéma comme un art indépendant (ce qui n’exclut pas l’interpénétration, via la musique par exemple), disposant de son langage et de ses outils propres. D’où la formidable invective de Peter Greenaway, qui résume avec humour le propos : « Si vous voulez raconter des histoires, écrivez un livre ! »
 
CHAPITRE 3 : Pourquoi faire du cinéma ? Pourquoi aller voir des films ?
 
C’est la question la plus difficile, et la plus absurde. À la première, nous pouvons répondre, « bon qu’à ça ». C’était la réponse que donnait Peckinpah, et bien d’autres. Je ne trouve pas de meilleure explication. On retrouve là la pertinence exprimée dans le chapitre précédent : le cinéma est un acte, par nature, hétérogène et absurde.
 
Quant à la deuxième question, elle pose problème. Alors que le cinéma est devenu un sport de luxe, comme qui dirait (avec des places honteusement onéreuses), il n’a jamais été aussi populaire. Que ce soit en salles ou sur le marché des DVD, la consommation de films ne s’est jamais aussi bien portée. Or, quand on recueille ici et là des témoignages de spectateurs (cinéphiles avertis compris), on s’aperçoit que ceux-ci, majoritairement, cherchent dans le cinéma un moyen de se divertir (fut-ce par de choses graves…), et/ou de se voir raconter des « histoires ». Rares sont ceux qui, au contraire, admettent qu’ils vont au cinéma pour chercher une émotion esthétique ou plastique EN PREMIER LIEU !
Fichtre ! Voilà qui ne nous aide pas. Car, me direz-vous, n’y aurait-il pas là une contradiction avec le chapitre suivant ? Bien sûr. Les conséquences de cet intérêt spécieux vis-à-vis du cinéma (l’amour des histoires, l’art verbal du Conte) ont conduit, je pense, aussi bien dans le circuit commercial que le circuit art et essai, à une uniformisation des codes de narration, bâtis principalement non sur l’Image, mais sur le Verbe, ainsi qu’à une volonté de plus en plus forte de faire des films dont les langages sonore et visuel ne se contredisent plus (encore une violation du chapitre précédent), et à une glorification du Comédien et du Réalisateur lui-même (sa personne), qui sont considérés comme les éléments les plus importants dans le processus créatif d’un film !
 
Et on constate, par voie de conséquence, que le Cinéma ne s’est jamais aussi bien porté, n’a jamais été aussi populaire (sans compter qu’il réunit les couches les plus opposées de la société, ce qui arrive de moins en moins ; l’ouvrier est assis à côté du cadre supérieur), en dépit du prix. Il n’y a jamais eu autant de films et autant de spectateurs ! Le cinéma étant le seul art qui, dès le début (et c’est là que se joue la différence), a aussi été une industrie, il est logique de se retrouver avec des films de moins en moins « cinématographiques », et de plus en plus uniformes, même dans le cinéma dit « d’auteur ». C’est pourquoi, il faut absolument remédier à ces pratiques d’affadissement, voire d’annihilation en masse du langage cinématographique. Pour sauvegarder cet art, il convient de prendre des mesures urgentes. Vous me permettrez donc d’ouvrir un appendice à cet article.
 
 
 
 
CHAPITRE 4 : Pourquoi écrire sur le cinéma ?
 
Il est évident que le cinéma, dès sa création, enfin, disons plutôt dès que se sont dégagées des formes artistiques et des formes de narration, a provoqué moult écrits. On n’a jamais cessé de noircir du papier sur le Cinéma. De plus, dans les premiers âges, le cinéma populaire a eu bien du mal à s’affranchir de la littérature.
Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, la popularité grandissante du médium. Il est absolument normal que le cinéma, en devenant un art de masse, ait engendré beaucoup de commentaires, pour des raisons critiques ou de promotion. En France, rien n’est plus pareil depuis la Nouvelle Vague, dont on peut dire beaucoup, mais qui fut une fracture historique indéniable. Et les gens qui l’ont construite, étrangement, furent critiques aussi bien que réalisateurs. De plus, en s’affranchissant et en devenant un art à part entière, le cinéma a engendré de nombreuses études, universitaires notamment. Pour toutes ces raisons très simples, une des activités principales autour du cinéma est l’écriture.
 
Il en résulte que certaines chapelles de spectateurs et différents cercles critiques se sont naturellement créés, et que le cinéma a engendré des formes quelquefois antagonistes. On constate également que l’écriture sur le cinéma, et c’est bien logique, suit l’appauvrissement des formes cinématographiques dont nous avons parlé, ainsi que la principale motivation du spectateur lambda : découvrir une histoire.
 
Poser la question de l’écriture sur le cinéma, bien souvent, c’est poser la question de la critique, activité étrange qui, à toute époque, fut également plus ou moins liée à la promotion des films. [Heureusement, le cinéma ayant acquis son indépendance et ayant fait l’objet d’études, ce carcan promotionnel n’est plus le seul, et le cinéma est aussi un peu sorti des pages spectacles.]
 
Comment faire de la critique ? C’est la question la plus difficile que nous aborderons ici. Et c’est une question délicate, les clivages entre spectateurs, les clivages entre critiques, et les clivages entre critiques et spectateurs étant souvent assez violents. Etant invité dans cette belle Revue du Cinéma à faire acte critique, j’en suis venu à la conclusion de devoir adopter un code de conduite que je vais vous présenter ci-dessous. Son but est à la fois de se tenir en dehors des guerres entre partisans de tel ou tel cinéma, et aussi de rendre compte de la manière la plus pertinente possible des spécificités mêmes du médium (voir plus haut). Enfin, cette charte nous incite à ne pas oublier que le cinéma est aussi un objet d’émotion (fut-elle intellectuelle) et de subjectivité, comme tout autre forme d’Art.
 
 
[Nota Bene :  Cliquez sur le titre pour ouvrir l'appendice. Certains points paraîtront peut-être redondants, mais en fait, il n'en est absolument rien. Quelques-uns sont reliés entre eux, mais développent à chaque fois un problème et une nuance différents. À l'instar de l’appendice SI J'ÉTAIS PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE..., cette charte en est à sa première version. Elle est donc amenée à évoluer.]
Dr Devo.
 
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Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /Déc /2006 10:29

Publié dans : Ethicus Universalis
[Photo : "What makes Mona Lisa Smile ? (The Call of the Wild)" par Dr Devo]


Chers Focaliens,
 
 
 

C'est Samedi et le week-end, synonyme d'ennui, de peur et de doute. Voici pourquoi un petit article "Soyez Devo Chez Vous" n'est jamais perdu ! La preuve....

 

Je fais mon grand retour à la radio cet après-midi entre 14 heures et 15 heures. Ça s'appelle LES AVENTURIERS DES SALLES OBSCURES, et c'est sur Radio Campus, dans la région lilloise sur le 106.6 de la bande F.M. Si tu es trop loin ou que tu as autre chose à faire, tu pourras écouter l'émission sur le net, ou encore la télécharger à partir de demain dimanche, grâce au Podcast du site LE QUOTIDIEN DU CINEMA ! Je résume :

 
Pour écouter l'émission en direct, c'est ici.
Pour la télécharger (à partir du dimanche seulement et pendant une semaine) : c'est là.
Comme j'ai vu beaucoup de films cette semaine, je pense que les discutions vont être animées ! Miam miam !
 
Des fois, pendant Michel Drucker, le dimanche, vous vous dites : "Ce qu'il faudrait à la France, c'est une revue de cinéma qui soit l'équivalent papier de Matière Focale !"
 

Ça y est ! C'est fait ! Vous savez que le Marquis et moi-même écrivons dans la REVUE DU CINÉMA, revue distribuée en kiosques dans toute la France. La REVUE... nous a proposé la chose suivante : sortir un numéro hors-série dont TOUT le contenu, je dis bien tout Messieurs Dames, serait écrit par la rédaction de Matière Focale. On a accepté, bien entendu, à condition que nous ayons le contrôle complet du contenu, ce qui a été accepté sans problème. Et donc, depuis 15 jours, le numéro hors-série N°1 de la REVUE DU CINÉMA  est sorti. C'est consacré au cinéma français. [Comme nous n'avons pas eu de contrôle sur la couverture, la présentation et l'intitulé du numéro ne sont pas de nous ("Le Renouveau du Cinéma Français") et disent quasiment le contraire de ce nous disons dans les articles... Donc, ne soyez pas effrayés par la couverture, ce qui est à l'intérieur est absolument punk. C'est sans doute la plus belle chose écrite sur le cinéma depuis des siècles ! C'est bon, mangez-en.
Vous retrouverez des Articles de moi-même et d'Invisible éminence grise de ce site qui signera d'ailleurs je l'espère tout bientôt des articles pour Matière Focale. Son travail est succulent. Bon, voilà ce qu'on trouve dans le numéro :
-une interview génialissime de Bruno Dumont : une grosse claque, de quoi méditer pendant deux ou trois décennies sur le cinéma. C'est beau à pleurer.

 

-des interviews exclusives de Benoît Delépine et Jean-Claude Brisseau (les interviews de Brisseau et Dumont sont très longues en plus ! Yummy !)

 

-une interview exclusive de Lucille Hadzihalilovic, réalisatrice du superbe INNOCENCE, par Le Marquis. Croyez moi, il lui a offert une série de questions sublimissimes ! Ce n'est pas des trucs que vous trouverez chez la concurrence !

 
-une introduction très longue écrite à la tronçonneuse.
 

-une critique du nouveau film du seul réalisateur punk de France : F.J. Ossang. Nous avons retrouvé sa trace et l'avons interviewé.

 

-Nous proposons aussi un dossier sur les grands réalisateurs de demain. Nous faisons le pari que ces trois inconnus seront les meilleurs réalisateurs français en 2009 ! Ce n'est pas compliqué, ils sont déjà géniaux. Venez les découvrir. Il s'agit de Jean-Christophe Sanchez, Benoît Forgeard et l'immense Antonin Peretjatko, l'homme qui a créé le scandale sans le vouloir dans un récent festival de Clermont-Ferrand ! Tous ces gens ont été interviewés, en plus des articles qui leur sont consacrés, par Bernard Rapp (entre autre ?).

 

-dans ce numéro, découvrez le Questionnaire des Michel, le questionnaire qui va remplacer à jamais le Questionnaire de Proust !

 
-En exclusivité, le palmarès du Festival de Cannes 2006.
 

- et plein d'autres surprises remplies d'émotions et de rire. C'est le cadeau parfait pour un mois de novembre.

 
 
 

Alors on a voulu fêter cet événement incroyable, le plus important depuis la découverte du Monolithe Lunaire. Dans un des articles, Invisible nous parle du concept de « pitch » que lui et Serge Toubiana appellent « piche » et qu'ici nous appelons, sur ce site, « brioche ». C'est un article très drôle où Invisible propose à la France d'abandonner le Sudoku. Les français, très bientôt, méditeront dans le bus sur des « piches » de films imaginaires ou non. On les verra réfléchir dans le métro en lisant des résumés laconiques de films qu'il s'agira de visionner dans sa tête en extrapolant des sensations par ces quelques phrases et ce titre. Je vous jure, il a fait un brillant article sur ce seul et unique sujet. C'est très beau.

 

Voilà qui nous a donné des idées. Matière Focale organise son premier grand concours. Il y a trois numéros hors-série de la REVUE... à gagner ! [C'est quand même un très luxueux cadeau...]. En fait, j'organise trois concours et voici comment participer.

 

Il y a trois concours. On peut participer aux trois, mais une seule fois pour chaque. Pour participer il faut envoyer sa réponse à cette adresse email et seulement celle-là : jecrasetoutlemonde@matierefocale.com. (C'est vraiment une vraie véritable authentique adresse email ! Les réponses envoyées directement à moi ou mises dans les commentaires ne seront pas prises en compte). Dans ce mail, vous devez indiquer votre adresse physique (pour vous envoyer le cadeau si vous gagnez !), et votre âge. Précisez dans le titre du mail à quel concours vous participez ! On peut participer jusqu'au 29 Novembre 2006, à 23h58. Tous les e-mails reçus après cette date ne seront pas comptés !

 
 
 
1er Concours : Concours de Brioches.
 

Toi aussi, crée tes propres pitchs ! Ils peuvent être drôles, surréalistes, poétiques, parodiques, originaux. Voici quelques exemples. Le pich est précédé du titre du film, qui est bien sûr obligatoire.

LA FRONDE
Afin de motiver ses coureurs pendant le Tour de France, le directeur sportif d’une équipe cycliste leur diffuse en boucle dans l’oreillette, la musique du film Shaft.
TICKET GAGNANT
Hantée par la parité, la compagne d’un dirigeant du parti égalitaire propose à son compagnon de se faire greffer l’un de ses seins. L’opération se passe à merveille et séduit les militants. Les échéances électorales se rapprochent et le couple multiplie alors les échanges de membres, déclenchant la liesse du peuple. Parvenus à un degré de symétrie parfaite, ils s’affrontent au second tour de l’élection présidentielle.


L'ORIGINE DU MONDE
Confronté à la chute de la fréquentation de son parc consacré aux hommes préhistoriques, le directeur de « Cro-Mignon » recentre son activité sur les attractions ayant pour thème le mammoutheau.

ZARBI PROD.
Stupéfait, Roger Corman découvre qu’en passant à l’envers son dernier film de zombies, il obtient un film de bisons.

NOUVELLE DONNE
Afin de relancer l'activité de son pays, un premier ministre s'inspire du guide de rédémarrage Windows XP.

Chaque participant peut proposer quatre « piches ». Les « piches » seront notés sur 10 par le Marquis, Invisible, Bernard Rapp, Isaac Allendo, Epidémia (qui est une proche du site, sa caution morale et technique, un personnage de l'ombre mais terriblement actif de la cause focale) et moi-même. On fait la moyenne, et hop, le plus fort a gagné une revue. Les meilleurs pitchs (et les pires) seront bien entendu publiés (sous pseudo bien sûr) et feront l'objet d'un article !

 
 
 
 
 
2ème concours : Concours de Aillequoux
 

De temps en temps sur ce site, on fait des Aillequoux. Vous trouverez des exemples . Le Aillequoux consistent à faire une critique de film en respectant l'art du haïku japonais, le célèbre micro-poème nippon ! C'est du sport et c'est très drôle. Vous trouverez les règles du haïku un peu partout sur Internet. Chaque participant peut envoyer 4 ailllequoux.

 

3ème concours : Le Concours Des Sales Petits Privilégiés.

 

Il s'agit d'un concours uniquement réservé aux abonnés à la newsletter de Matière Focale. La newsletter vous permet de recevoir un e-mail à chaque fois qu'un article est mis en ligne. Je vais préparer également quelques surprises prochainement pour les abonnés, mais pour l'instant chut, je ne dis rien ! Pour s'inscrire (et se désinscrire) c'est très simple. Il suffit  d'entrer son adresse email dans le module « newsletter » de la colonne de droite. Les abonnés seront informés de la manière de participer à leur concours réservé par une newsletter justement, le vendredi 17 novembre. [Il s'agit là d'une manoeuvre de propagande  destinée à inciter la jeunesse à s'abonner à la newsletter de Matière Focale, vous l'aurez remarqué.] 

 
 
 
4ème concours : Concours Alsacien
 

Ça n'a rien à voir avec la choucroute, mais bon... J'ai gagné une place pour le film LA CALIFORNIE, film avec Nathalie Baye (Yummy ! Whip It !). Le film ne passe plus beaucoup car ça a fait un four apparemment. Quoi qu'il en soit, j'offre la place à qui la veut. Pour cela, cliquez sur la pin-up au biniou dans la colonne de droite, et envoyez-moi un mail. Premier arrivé, premier servi !

 

[Tiens, ça serait cool que de temps en temps des distributeurs nous envoient des places à gagner. Après tout, ça fait un moment que le site existe, et l'audience est importante...]

 
 
 

Et bien voilà ! Vous avez de quoi vous occuper. À vos stylos et bon week-end.

 
 
 
Ludiquement Vôtre,
 
 
 
Dr Devo
 
 
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Samedi 11 novembre 2006 6 11 /11 /Nov /2006 12:16

Publié dans : Ethicus Universalis
[Photo : "Notre Père Ce Héros (no conton-tige, no cry)" par Dr Devo]



Chers Habituels,

Le week-end est à peine commencé que c'est déjà Dimanche et Noël réunis !

Pas assez d'articles, et puis, ils sont pas assez longs, et même qu''il devrait y en avoir trois par jour ! On en veut toujours plus, c'est certain !
Mais, Dieu soit loué, c'est désormais la fin de votre calvaire, car dès demain, soyez Devo chez vous !

Votre serviteur sera en effet, pour la première fois de sa carrière, invité à une émission de radio pour discuter de l'actualité cinématographique avec des collègues journalistes. Le Casque et l'Enclume, mais avec du Devo et des vrais morceaux focaliens dedans, c'est bon mangez-en.

Ça s'appelle LES AVENTURIERS DES SALLES OBSCURES, ce sera ce samedi 16 septembre, de 14h à 15h sur 
Radio Campus, radio située à Lille et qui s'écoute sur  le 106.6 de la bande FM. Pour ceux qui sont trop loin "ou autres", l'émission sera disponible sur la section podcast du site de cinéma Le QUOTIDIEN DU CINEMA, et ce dès le lendemain, dimanche 17 ! Enfin une alternative à Michel Drucker !

Pour visiter Le Quotidien du Cinéma :
clique ici !
Pour écouter (à partir du dimanche 17) l'émission : clique ici !


Habituellement Vôtre,

Dr Devo
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Vendredi 15 septembre 2006 5 15 /09 /Sep /2006 23:01

Publié dans : Ethicus Universalis

 (Photo : "Critiques Evaluant Leur Pertinence" par Dr Devo)



Chers Focaliens,

Voilà un peu plus d'un an et demi que nous parcourons ensemble les terres cinématographiques les plus diverses. Nous avançons quelquefois dans des territoires à peine défrichés, où l'homme ne met quasiment jamais les pieds, et nous explorons de la même manière les endroits les plus surpeuplés, tout ça dans un bel élan de générosité. Rien que pour vous. Bon.

À votre disposition, Mesdames et Messieurs, votre serviteur, créateur de la chose. Et bien entouré, le bougre ! Le Marquis d'abord, co-directeur de l'agence, homme de sagesse, passionné de la cinématographie naniste (avec des nains ; pas de jeux de mots, s'il vous plait !) et directeur de la Dévédéthèque Nationale. Mr Mort, esprit totémique, Dieu de la réconciliation par le chaos, plume acerbe et toujours passionnante, conscience anarchiste de la Geste Focaliseur. Tournevis, l'homme de l'intérieur, féru de cinéma de genre et héritier indirect de la lignée Starfix. [Ici, arrêtez-vous et faîtes hommage aux années 80, déjà défuntes...] Le Sheriff, théologien, puissant analyste de la chose politique et vecteur d'une lecture saine de la chose audiovisuelle, qui nous gratifia de superbes analyses métaphysiques et morales sur Koh-Lanta, et qui très sûrement recommencera cette année. Anne Archy, celle qu'on appelle quand plus rien n'est possible, dans les situations les plus désespérées, et qui, sur ce site, hérite des articles dont personne ne veut. Ce qui l'a propulsée comme spécialiste du cinéma kung-fu, elle qui ne jure que par celui de Marguerite Duras. Tchoulkatourine, enfin, impériale magnificence du commentaire en bas de pages qui se révèle toujours être d'une splendide beauté intellectuelle et littéraire (voir son premier article ici). La classe. Enfin, en coulisse, Bernard RAPP, esprit fin, cappeloesque parfois, juste comme le couperet de la guillotine toujours, esprit unique dont on a cassé le moule, mais néanmoins ne refusant jamais une bonne joute en forme de fritage. Guerrier sanguinaire pour les uns, mais chirurgien de l'Amour et de l'Esthétique pour les esprits bien nés.

Tant de talents, si peu de temps. On me demande souvent, par sacs postaux entiers : "Quel est votre secret ?" C'est vrai, quand on y pense, ce n’est pas évident, la chose. Le talent ne fait pas tout. Le travail en fait encore moins. Ce qu'il faut pour faire d'un site critique une chose sublime et merveilleuse, c'est... de la morale ! La critique est affaire de morale !

Nous avons beaucoup esquinté les professionnels de la profession dans ces pages. Tout le monde en a pris un peu pour son grade, toujours avec pertinence et justesse. Et sans colère, malgré ce qu'ont pu penser quelques visiteurs. À l'exercice pratique, nous avons souvent également ajouté l'exercice fondamental, la recherche quoi, notamment dans cet article, toujours en cours de réécriture et d'approfondissement, dont il se trouve que je suis, humblement, l'auteur.

Producteurs, acteurs, réalisateurs, distributeurs, exploitants de salles, tout le monde en a pris pour son grade. Quand cela se méritait, bien entendu. Par contre, si dans l'article sus-évoqué, j'ai proposé à toute la profession (sur le plan universel) une solution pour améliorer durablement et de manière très tangible la qualité du Cinéma Mondial (ici pour les distraits), nous ne nous étions pas intéressés à la Critique. Peur de fâcher le confrère ? Peur de se critiquer soi-même ? Peur de dévoiler les recettes du succès ?
Il fallait que le trou soit comblé. Nous avons ici largement démontré que, à 98,57% du temps, le travail des critiques professionnels et amateurs était complètement lamentable. Si ces gens-là étaient architectes, sans conteste, la cause de décès la plus populaire dans le monde serait la mort sous effondrement d'immeubles.

Maintenant que cela est dit, il est temps d'arrêter le massacre. C'est ce que propose ce texte, qui est en fait une charte. En 69 points, voici un guide pour tous, amateurs, professionnels, critiques de comptoir ou de merguez-party. Celui ou celle qui respecte ce code est sûr de devenir l’un des meilleurs critiques au monde. Pourquoi ? Parce que le niveau est tellement bas que la marge de progression ne peut qu'être énorme. Parce que seulement 1,43% des critiques font leur boulot, non pas de manière génialissime, mais décemment. Ce n'est pas un jugement, ce n'est pas non plus de la voyance (je ne suis pas marabout), ce n'est pas une révélation religieuse, c'est du bon sens, de la morale. En suivant ces commandements et en ne les trahissant jamais, on devient possiblement un critique digne de ce nom, et avec un peu de chance et d'indépendance, un Grand Critique.

Mesdames et Messieurs, voici la Charte Devo de la Critique et ses 69 Points Grandioses (C.D.C.69.Points.G).


[Nota Bene : Certains points paraîtront peut-être redondants, mais en fait, il n'en est absolument rien. En fait, quelques uns sont reliés entre eux mais développent à chaque fois un problème et une nuance différents. Le CDC 69 Points G ne contient pas 69 points. C’est normal. Il y a sûrement des choses oubliées ou auxquelles nous allons penser en discutant de cet article. À l'instar de mon article SI J'ÉTAIS PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE..., cette charte en est à sa première version. Elle évoluera.]

AVANT LA PROJECTION

1) Ne jamais accepter de cadeau de la part de l'équipe de production ou de collègues critiques ! À la limite, les repas et tout ce qui se mange. Mais alors, concentrez-vous sur la nourriture.


2) Dans la salle, placez-vous de manière à être au centre de l'écran et prenez garde à pouvoir embrasser d'un seul regard la totalité de la toile. Comment allez-vous parler de mise en scène ou de cadrage sinon ?

3) Allez aux toilettes juste avant que le film démarre. Là aussi, c'est l'expérience des projections de presse qui parle. Le nombre de journalistes qui s’absentent cinq minutes est hallucinant. De la même manière, si vous êtes fumeur, allez vous en grillez une avant le film.

4) Évitez de regarder quelle est la longueur du film avant de le voir. Le cinéma est un jeu sur le temps. Laissez-vous surprendre en bien ou en mal. Mettez votre montre dans votre poche.


5) Ne jamais entrer dans une salle si le film est déjà commencé. Vous viendrez à la prochaine projection.

6) Allez voir des films de tous genres, de toutes époques et de toutes nationalités. Un critique est avant tout un spectateur. Alors aiguisez votre esprit et sortez des sentiers battus.

7) Ne jamais lire de critiques, résumés ou autres articles concernant le film avant de l'avoir vu. Le critique amateur pourra éventuellement écouter les avis de ses amis ayant vu le film, et ne choisira le métrage à voir qu'en fonction de l'affiche et des noms qui y sont inscrits. Ou alors il choisira au hasard, méthode que le critique professionnel s'efforcera de suivre également. Par exemple, il ne se battra pas pendant les conférences de rédaction pour avoir le droit d'écrire sur tel film. Qu'il laisse le hasard décider pour lui. L'adage selon lequel plus on choisit ses films de manière sélective, plus on en voit de bons n'est pas forcément vrai. De la même manière, le choix au hasard, couplé à une fréquentation assidue des salles, est excellent pour l'acuité du regard, et favorise l'esprit critique, justement.

8) Ne jamais s'estimer ignorant. Vous n'avez pas vu tous les films de Dreyer ? C’est dommage, car en général, c'est très bon ! Mais ce n'est pas un péché, et de toute façon, un bon film tient tout seul. Pas besoin d'avoir une thèse en Histoire du Cinéma. L'indépendance face au film est de toute façon toujours un atout. [Ceci dit, attendez-vous à ce qu'on vous reproche de ne pas avoir cette thèse.]

9) Approchez toujours les Classiques de manière circonspecte, toujours avec méfiance. Quitte à être surpris que ce soit si bon. Mais a priori, soyez soupçonneux envers les Classiques.


PENDANT LA PROJECTION

10) Un Critique est un spectateur avant d'être critique. Dans la salle, soyez un spectateur, n'essayez pas d'analyser outre mesure, n'élargissez pas votre point de vue pour embrasser une vision mondiale et historique du cinéma, et n'essayez pas de présélectionner ce qui est important. Un film s'apprécie subjectivement, comme une source de plaisir potentiel. Si le film a quelque chose à dire, il en restera quelque chose quand vous rédigerez votre article quelques heures après. Le critique n'est pas un marabout ni un sorcier, c’est un type qui regarde un film, un spectateur, et dans ce cadre, il doit faire son travail de spectateur, c'est-à-dire ne rien faire, et de se laisser aller.

11) Ne jamais partir avant la fin du film. Jamais ! [Cette maladie est également très répandue chez les critiques, et en général les fauteuils claquent en projection de presse !]

12) Interdiction de parler pendant les génériques  de début et de fin. [Vous êtes critiques, bon sang ! Ne faites pas comme le client lambda !]

13) Interdiction de prendre des notes pendant la projection. Le critique est d'abord un spectateur. Un film est justement un défilement de sons et d'images qu'on ne peut arrêter et dans lequel on peut et doit se perdre. Un spectateur normal ne prend pas de note. Vous, critiques, non plus ! Encore une fois, le critique n'est pas au-dessus de la masse et ce n'est pas un prêtre vaudou. Et puis, on n'écrit que des conneries dans le noir. Louper un point de montage est plus gênant que d'oublier tel ou tel élément prétendument important. Encore une fois, on ne dissèque pas le film pendant la projection. Laissez-le vivre, bon sang ! [Le nombre de journalistes prenant des notes pendant la projection est absolument effarant. Quiconque est déjà allé à une projection de presse sait que cette note sent le vécu. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai vu un journaliste prendre des notes pendant le film ! Il faut vraiment ne pas être sûr de soi !]

14) S'habiller en noir. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que c'est important.

RENCONTRER L'ÉQUIPE DU FILM

15) Si vous êtes invité à une fête ou à une réception pour la promotion d'un film, surtout ne parlez pas du film avec vos hôtes. Ou alors parlez leur de films qui sont le plus opposés possibles au film défendu par cette fête. Vous apprendrez sûrement des choses intéressantes en observant la réaction de vos interlocuteurs. En général, concentrez-vous sur le buffet et les petits fours. Mangez le plus possible. Un bon critique écrit le ventre plein.

16) Toujours vouvoyer l'équipe du film. Toujours !

17) Évitez au maximum l'attaché(e) de presse et le distributeur. Ces gens-là sont des marchands et font leur boulot, mais à l'instar du dossier de presse, ils ne vous serviront à rien dans votre travail. Sauf pour demander un petit café pendant l'interview. Ou demander un cendrier pour pouvoir fumer.

18) Si, pendant une interview, l'acteur ou le réalisateur vous dit quelque chose qui semble contrarier votre vision du film, faites le lui remarquer impérativement. Non pas dans un esprit guerrier, mais pour observer sa réaction et sa réponse. C'est dans celle-ci que vous aurez les réponses les plus originales et surtout les plus significatives.

19) Ne faites une interview que si vous y êtes obligés.

DANS L'ARTICLE

20) Interdiction de discuter longuement du film avec ses collègues critiques avant d'avoir écrit l'article. Fuyez les influences !

21) Interdiction d'écrire l'article tout de suite après la projection. Laissez mariner. Incubez. Allez faire vos courses d'abord. Ne jamais écrire moins de trois heures après avoir vu le film.

22) Interdiction d'écrire un article plus de 48 heures après avoir vu un film. Il faut se jeter à l'eau.

23) Utiliser au moins une fois dans l'article le mot « je ».

24) Si possible, dire toujours un mot dans votre article sur les conditions de projection.

25) Ne jamais prétendre à la Beauté Universelle. Cela n'existe pas, à l'instar des fourmis de 15,000 kilomètres. Quelqu'un, et encore plus un critique, qui vous somme de vous agenouiller devant une œuvre est un menteur, un malfaisant ou un imbécile. Par exemple : je vous bassine en vous répétant que les films de Greenaway sont sublimissimes. Si vous trouvez que c'est d'une laideur épouvantable, et bien dites-le. Vous voyez, c'est simple. [Pensez aux films encensés unanimement par la critique et qui sont des étrons : AUTANT EN EMPORTE LE VENT, LE PETIT LIEUTENANT, SIDEWAYS, SCARFACE de De Palma, etc.] Il n'y a pas de Beauté Incontestable et Intrinsèque. C’est un mythe, certes répandu, mais c'est un mythe !

26) Interdiction de lire les dossiers de presse. C'est la plaie de l'industrie cinématographique contemporaine. En plus de vanter les films sur le même mode et sur les mêmes arguments, le dossier de presse pré-mâche le travail et distille la substantifique moelle du film. En théorie ! Car en fait, il sert bien souvent à formater la vision du film et à vous persuader que le film a telle ou telle thématique, telles ou telles intentions, qui de fait, à 97,58%, sont concrètement absentes du film. De plus, le dossier de presse est la pire matrice pour les "critiques dialectiques" (voir plus bas), et ça c'est mal ! Vous êtes assez grands pour avoir votre propre avis. Et un film ne mène pas à une univocité de points de vue. Chaque spectateur peut avoir une vision du film. [Souvent pourtant, tout le monde est d'accord pour dire la même chose.] En évitant les dossiers de presse comme la peste, vous vous apercevrez que TOUS les journalistes ou presque puisent leurs idées dans ces dossiers, et logiquement recrachent tous ou presque la même copie, avec diverses nuances de j'aime/j'aime pas.

27) Interdiction de regarder les bonus des DVD. Soyez indépendants !

28) Toujours citer le nom du directeur de la photographie ou du monteur.

29) Toujours mettre ou le mot "sublimissime" ou "médiocre" ou "mauvais" dans un article.


30) Ne faites pas de critiques exhaustives. Vous courez à l'échec. Ça n'existe pas. C'est un mythe. Ne soyez pas paniqué par l'oubli, au contraire. Voyez cela comme une chance, comme un filtre subjectif. Il faudrait vraiment qu'un film soit médiocrissime pour qu'on puisse le faire entrer en entier dans un article.

31) Chaque critique doit contenir un ou plusieurs des mots suivants : montage, ellipses, photographie, échelle de plans, axe, son, coupe. Dans l'idéal, on doit retrouver tous ces mots ! Si ça n'est pas le cas, c'est que votre article n'a aucun intérêt. Refaites-le !

32) Éviter le plus possible de parler des acteurs. Ou alors autorisez-vous ce bonus uniquement si vous avez utilisé TOUS les mots du point précédent. Les acteurs sont les éléments les moins intéressants dans le processus de mise en scène.

33) Résumez l'histoire au maximum. Et surtout, ne basez pas votre analyse sur l'histoire du film. Un film, ce n'est pas en premier lieu un endroit où l’on raconte une histoire ! Si votre article est basé sur l'histoire du film et ses conséquences, c'est que votre article est mauvais et sans intérêt. Refaites-le.

34) Si votre article ne parle que de l'histoire, des thématiques abordées et des acteurs, c'est sans appel : jetez-le à la poubelle. N'essayez pas de le modifier, reprenez tout à zéro. C'EST UN MAUVAIS ARTICLE ! Un article de cinéma doit d'abord et avant tout parler de mise en scène. Le reste vient après.

35) Interdiction de faire de la Dialectique. Alors là, c'est le plus gros défaut du monde. La plupart des critiques font des articles dialectiques. La dialectique consiste à écrire une critique qui se base principalement sur les relevés topographiques des sujets abordés dans le film, de l'histoire et des éléments symboliques censés faire sens. Il est souvent de bon ton d'y ajouter une référence hors-cinéma (c'est mieux : philosophie, littérature, etc.) pour élargir l'analyse. Un réseau d'idées théoriques, de symboles, bref un réseau sémantique n'a jamais fait un bon film ! Ce n'est pas parce qu'un film est cohérent sur le plan thématique qu'il est un bon film. [Et ce n'est pas parce que vous avez dégagé un réseau sémantique du film que votre vision correspond à sa réalité !] Au contraire, 96,68% des mauvais et très mauvais films ont une cohérence thématique exemplaire. Par exemple, la plupart des bouses les plus infâmes du cinéma hollywoodien (Michael Bay, Ron Howard, Pedro Almodovar par exemple) sont extrêmement cohérents dans leur thématique et dans le réseau d'idées et de sens. POSÉÏDON est un film extrêmement construit et cohérent thématiquement ! Et c'est un étron ! Quel que soit le genre du film, son époque, son style, etc., la cohérence sémantique de son propos n'a jamais rien prouvé. La plupart des navets sont construits ! Un article qui ne fait qu'exprimer le maillage des idées du film est un mauvais article. Un film logique est loin d'être un bon film. Ça peut l'être, mais ça ne prouve rien !

36) N'essayez pas de prouver que le film est bon. Il n'y a jamais de preuve qu'un film soit bon ou mauvais. C'est votre avis qui est intéressant.

37) N'essayez pas de plaire ou de ménager le lecteur. Un bon critique est un critique dont l'article attire l'attention du spectateur potentiel, pique sa curiosité sur des éléments positifs ou non. Le spectateur potentiel doit avoir envie de se positionner par rapport à votre critique (par envie ou par réaction), à l'aune de son expérience passée en salle. Traitez-le spectateur comme un bel inconnu. Soyez aimable, ouvert. Mais n'écrivez pas pour lui plaire.

38) Écrivez des critiques lisibles à la fois pour un lecteur de Première, pour un lecteur des Cahiers ou de Positif et pour un prof de philo en fac... et pour ceux qui ne lisent jamais de critiques !

39) Écrivez des articles qui soient plus intéressants à lire après avoir vu le film qu'avant.

40) Ménagez la surprise des spectateurs. On ne raconte pas la fin. On ne raconte pas le milieu. Juste les prémisses. Si vous voulez parler d'une scène centrale du film qui dévoile des éléments importants, utilisez des métaphores et des formulations qui soient compréhensibles par ceux qui ont vu le film. ["Parler en codé" dit-on sur ce site.] Le spectateur qui ne l'a pas vu pourra vous comprendre sans savoir de quoi il s'agit précisément, si c'est bien écrit. Si vous devez parler de quelque chose qui pourrait dévoiler des éléments importants du film, et bien tant pis, n'en parlez pas. Sois vous parlez en codé, soit vous trouvez une image abstraite, soit vous éliminez de votre article cet élément crucial. Pensez au spectateur !

41) Glissez toujours dans votre article un trait d'humour ou un trait d'esprit. Ou un peu de désinvolture. Même si vous parlez du CHOIX DE SOPHIE ou de VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER. [Oh mon dieu, qu'est-ce qu'il m'arrive ? MERYL STREEP, SORS DE CE CORPS !] Voilà un bon moyen de descendre de son piédestal et de se rappeler qu'on n'est pas des gourous. Et de prendre conscience qu'un article n'est pas gravé dans le marbre, mais qu’il n’est qu’un témoignage d'un instant T sur un film.

42) Toujours glisser dans votre article quelque chose de totalement faux ou d'inventé. Que ce soit un détail ou pas. Voilà qui devrait calmer les défenseurs de la Beauté universelle.

APRÈS L'ARTICLE

43) Ne jamais se justifier sur le fond quand on critique un de vos articles. Si on vous attaque et que votre article est bien fait (s'il respecte cette charte), on ne doit pouvoir l'attaquer que sur la forme. Votre jugement ne sera jamais, mais alors jamais, indigne. Ceux qui le prétendent se trompent ou sont malhonnêtes. Mais avant tout, respectez cette Charte.

Dr Devo.

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Mercredi 21 juin 2006 3 21 /06 /Juin /2006 12:32

Publié dans : Ethicus Universalis
(photo: "Anger with Love" par Dr Devo)



Alain Chabat, Chantal Lauby, Dominique Farrugia, Pascal Legitimus, Didier Bourdon, Bernard Campan, Patrick Sébastien, Jean-Marie Bigard, Smaïn, Laurent Baffie, Michel Muller, Benoît Delepine, Gustave Kervern, Antoine De Caunes, Maurice Bathelemy, Pierre-François Martin-Laval, Les Quiches, Valérie Lemercier, François Desagnat, Charlotte De Turckheim, Isabelle Nanty, Isabelle Mergault, Albert Dupontel, Edouard Baer, Shirley et Dino, Dany Boon. J’en oublie sûrement…

Connaissez vous le point commun entre ces "humoristes" ? Réponse : ils ont tous réalisé au moins un long-métrage de cinéma. Comment ? Plaît-il ? Je répète : ILS ONT TOUS RÉALISÉ AU MOINS UN LONG-MÉTRAGE DE CINÉMA ! Oui, on a confié à ces zozos notoires un budget confortable (le budget moyen d’un film français est de 5 millions d'euros environ), une équipe technique de haut vol (conseiller technique inclus), une caméra 35mn avec série d’objectifs Zeiss, des décors en studios, une post-production onéreuse et certainement même de jolis effets spéciaux numériques comme Peter Jackson ! Certains d’entre eux ont sûrement porté autour du cou un chercheur de champ pour se la péter grave devant un photographe du magazine Première. Rendez-vous compte ? Dans quel monde vivons-nous, ma pauvre dame !
Bref, vous voyez très bien où je veux en venir : au constat lamentable qu'aujourd'hui pour faire du cinéma, il faut "être dans la télé", ou mieux "être dans la télé et faire rire". Depuis une dizaine d’années, pour devenir metteur en scène, plus besoin de s’inscrire à une école de cinéma, d’être assistant réalisateur durant des années, de devenir critique avisé, d’enquiller les courts-métrages primés ou, plus simplement, d’être cinéphile et d’aimer viscéralement le 7ème Art comme on l’entend sur Matière Focale par exemple. Non, rien de tout cela. La solution ? Postulez à M6, fréquentez Arthur, sortez avec une miss météo de Canal+ ou écrivez votre one man show. Vous l’aurez compris tout cela, comme dit un de mes meilleurs amis, "pue sérieusement du cul". Je sais, j’ai des amis grossiers…

Deux raisons principales à cette prolifération de comiques troupiers sur les plateaux de tournage. Tout d'abord le système pitoyable de production du cinéma de notre beau pays aux 1.000 fromages. En France, la télévision produit le cinéma. C'est comme ça. Absurde. La finalité d'un film pour les chaînes hertziennes (ou du satellite) étant de remplir leur catalogue et leurs cases de diffusion (de préférence à 20h50 et pour un publique familial). Pour résumer les choses, le cinéma français est produit par les télévisions pour les téléspectateurs et, in fine, pour réaliser le meilleur audimat possible afin d’élever le tarif de la minute de pub avant, pendant et après le film. Hier, Claude Berri produisait Polanski, aujourd'hui il produit Dany Boon et Les Inconnus. Les temps changent. La façon de produire un film change. Le problème fondamental est qu'aujourd'hui les producteurs français ne produisent plus ce qu'ils veulent produire, mais plutôt ce qu'ils peuvent produire... ou ce que les chaînes de télé leur laissent produire. Quelques années avant sa mort, Maurice Pialat préconisait de dynamiter le CNC (Centre National de la Cinématographie, responsable des attributions de l’avance sur recettes, du compte de soutien aux sociétés de productions, des autorisations de tournage, etc.) pour redonner des couleurs à notre cinéma national. Si ce vieux râleur était encore en vie aujourd’hui, il demanderait probablement à ses troupes de kidnapper les décideurs des chaînes de télé, ces jeunes trouducs de quarante berges à peine, sapés comme des princes et très satisfaits d'eux-mêmes de raconter à leur délicieuse femme le soir venu quand ils rentrent chez eux qu'ils ont déjeuné avec Franck Dubosc et que son scénario est super poilant et regorge de répliques déjà cultissimes.
Deuxième raison. La promo est déjà faite. Ces amuseurs publics jouissent en effet d’une popularité extraordinaire auprès des téléspectateurs. Le calcul des producteurs et des télévisions devient alors très simple. Simple, mais totalement stupide. Dialogue. Le Producteur : "Et si j’envoyais les acteurs du film que j’ai produit faire la promo dans toutes les émissions populaires de la télé ?". La Télévision : "Et si j’invitais les acteurs du film que notre chaîne a co-produit dans mes émissions du prime time ?". Echange d’intérêts communs. La pute et le maquereau. Le hic, c’est que le public de télévision n’est évidemment pas le même que celui qui craque 10 euros le week-end pour aller voir les films en salles. On ne peut pas être chez soi devant sa télé et dans les multiplexes en même temps. Le pire, c’est que malgré une promo d’enfer, les films des réalisateurs dont on parle ici font souvent une piètre carrière. Mais alléluia, il y a les DVD en guise de cavalerie (le plus souvent commercialisés d’ailleurs par la boîte de distribution vidéo des chaînes productrices). Ils pensent à tout, les cons !

Dernier paradoxe. Même si la majorité des films réalisés par les personnalités sus citées font des bides lors de leur sortie, artistiquement (bien évidemment j'allais dire), mais surtout commercialement, certains de nos "amis réalisateurs" enchaînent allégrement les films à la vitesse d'un cheval au galop (petit clin d'œil au premier film de Fabien Oteniente, le chouchou des chaînes de télé justement). Exemples : Maurice Barthelemy (qui ça ? ah oui, le nouveau mec de Judith Godreche) va bientôt réaliser son troisième long sur l’histoire de Human Bomb, le preneur d’otages de Neuilly, Charlotte De Turckheim fignole son ARISTOS (avec Cauet, s’il vous plaît !), etc… N’en jetez plus, je vais vomir !

Allez, moi, en attendant le premier long de Lagaffe, de Maïté ou de Bertrand Renard des "Chiffres et des Lettres", je vais me repasser un PECKINPAH tiens…


Tournevis



PS : Suis pas tout à fait couillon non plus. Tous les chemins mènent au cinéma et sont parfois pavés de bonnes intentions. Je ne mets évidemment pas dans le même sac les Dupontel, Delepine et De Kervern et les autres que vous reconnaîtrez (ou qui se reconnaîtront) aisément…
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Lundi 12 juin 2006 1 12 /06 /Juin /2006 10:16

Publié dans : Ethicus Universalis
Avant-Propos
Chers Focaliens,
Je vous ai rebattu les oreilles dernièrement avec le Palmarès Tanaka du Festival de Cannes 2006, palmarès que moi et mes connaissances, aux goûts très éclectiques, établissons chaque année, avant que le Festival ne commence et bien sûr sans avoir vu les films. Nous vérifions ensuite pendant l'année qui suit si notre palmarès amateur et théorique est meilleur que l'officiel, le vrai, celui de Wong-Kar-Waï cette année par exemple. Le jeu dure depuis quatre ou cinq ans, et oui, il faut bien le dire, le Palmarès Tanaka est sublime chaque année, une fois les vérifications d’usage faites en salles !
J'invite les participants à commenter leur choix. Le Palmarès Tanaka étant un concours (on peut gagner un DVD d'un beau film, choisi par mes soins), il y a donc compétition, et deux façons de gagner, donc deux prix. Chaque joueur ne vote qu'une fois, et ne rend donc qu'un palmarès. On peut gagner de deux façons. Soit en votant avec le cœur, c'est-à-dire en faisant son palmarès-passion et en espérant ainsi gagner le Prix Tanaka (c'est-à-dire en essayant d'être celui qui se rapproche le plus du Palmarès Tanaka, qui est la somme de tous les votes de tous les participants). Le deuxième prix s'appelle Prix Toscan : il récompense celui qui aura voté de la manière la plus proche du Palmarès Cannois Officiel. Si on vise le Prix Toscan, on ne vote plus par le cœur, mais on vote par calcul et anticipation des vrais jurés de Cannes ! C’est cynique, mais c'est rigolo.
Tchoulkatourine, focalien pertinent et ami, qui laisse souvent ici des commentaires très beaux, a commenté son palmarès longuement, comme quelques autres des participants d'ailleurs. Ces commentaires, je les rassemble en principe dans un mail que j'envoie à tous ceux qui ont joué. [Ce mail est en cours de préparation, les amis !] Mais aujourd'hui, je fais une exception et rend public le vote commenté de Tchoulkatourine. pour deux raisons. D'abord, lire le Monsieur est toujours un plaisir immense. Deuxièmement, son palmarès visait clairement le Prix Toscan et le Prix Tanaka, et à travers son analyse et cette fameuse "théorie du cinéma du NOUS", je trouve qu'il a su saisir complètement la sclérose en plaques tectoniques qui anime les milieux du cinéma, que ce soit du côté des "faisant", du côté des "critiquant", du côté des professionnels de la profession ou du côté des amateurs. Ce texte est donc furieusement indispensable. En mélangeant ce pamphlet gracieux à son palmarès de cœur, il a su prendre des risques et rejoindre les extrêmes qui agitent le petit  monde du Cinéma, sans sacrifier à ses propres jugements. La classe !
Attention : double langage présent. Read my lips. Speak my language. Comprend qui peut. Les Focaliens parlent aux Focaliens. Advienne que pourra.

Dr Devo.




(Photo : extrait de la carte du Room Service de l'hôtel Langham de Boston, par Tchoulkatourine.)


Cher Docteur,

Je rentre de chez le docteur et j'ai mal à la tête...
Il y avait un oiseau faisait des ronds au dessus de ma tête, un oiseau noir. J'ai senti quelque chose au dessus de ma tête comme une pluie de boue un peu acide et chloroformée, et puis plus rien. Mon père m'a retrouvé sans connaissance, a juste eu le temps de voir partir le volatile. Il m'a dit que c'était un Toscan.
Au moment de l'incident, je devais, je pense, écrire mon palmarès pour le prix Tanaka car il y avait aussi cet article à côté de moi.
Mon père, qui connaît bien les Toscan, m'a dit que ce genre d'articles, comme les pies avec l'or, les attiraient, les rendaient fous. Il y avait aussi une page avec mon écriture, mais avec une étrange signature : "Nous".
Je ne peux rien contre le principe de réalité. Je suis un scientifique, tu le sais. Je suis raisonnable, tu le sais aussi. C'est donc bien mon palmarès, la preuve graphologique est indiscutable. Enfin, j'aurai plus le temps de m'interroger sur la signification de ce "nous" pendant mon voyage...
Note d'intention du Palmarès :
Il faut saluer l'extraordinaire cohérence de la sélection concoctée de main de maître, de main d'auteur pourrait-on dire, par Thierry Frémont et l'excellent Gilles Jacob. Bien sûr, on ne peut pas plaire à tout le monde. Bien sûr, il y aura des esprits chagrins pour regretter l'absence d'un tel ou d'un tel. Laissons les râleurs et les pinailleurs pleurer dans leur coin sur l'absence du dernier Lynch (place au jeunes !) . Saluons alors comme il se doit le cinéma que NOUS aimons, aimons NOS auteurs, ces artisans qui ne cessent de polir des grains de réel pour interroger avec ces nouvelles boules de cristal (en haute définition, comme il se doit) le fracas du monde dans sa vérité la plus nue. On se souvient tous de NOTRE Musique de Godard , cette sublime sélection est aussi notre musique (celle de la meule qui écrase des grains de réel, la seule image vraie du fracas du monde) et pourquoi pas, tenez, un hommage à l'héritage de la Nouvelle Vague de Godard par son exigence éthique et sa grande responsabilité.

Oui, il y a quelque chose de neuf (du sang neuf et pas du Mauvais Sang à la Carax), dans cette sélection, un souffle nouveau bénéficiant de la technologie HD révélée par la norme HDMI. Une Vraie Nouvelle Vague comme le témoigne le très attendu VOLVER de Pedro Almodovar. Soulignons, félicitons au passage, l'esprit franc tireur, le grand courage curratorial et la clairvoyance patrimoniale de la cinémathèque Française dirigée par Jules Berry, de la cinémathèque de Toulouse, sans oublier l'Institut Lumière (de notre ami Bertrand Tavernier) d'organiser toutes trois une rétrospective sur le plus européen (je m'avancerai presque à dire : de chez nous) des réalisateurs catalans.
Le cinéma que nous aimons est fait d'urgences. Le monde va mal. Sans boussole, en pleine confusion, en perte de repères, après la chute de toutes les idéologies, l'abandon du religieux, il est grand temps que des auteurs se lèvent et donnent un sens au monde pour les générations futures, et surtout à nos enfants (les miens et les vôtres). Il est temps donc qu'avec des pierres de réel (polies) ils réaniment le monde (n'est-ce pas le sens profond du cinéma ?), que, pour tout dire, ces maîtres redonnent du sens aux signes.
C'est aussi avec plaisir que nous saluons le retour en force du cinéma français à Cannes. À l'instar de Bertrand Tavernier (qui aurait pu avoir sa place dans cette sélection), on notera la réussite de la politique volontariste d'aide et de soutien à la création, tout comme le travail formidable du tissu associatif (on pense à nos amis de l'Exception). Malgré la sinistrose et le refus de certains de voir le monde tel qu'il est et de le suivre dans son mouvement (le referendum l'a bien montré, en dépit de l'appel désespéré et citoyen des 250), de nouveaux auteurs comme Bouchareb ou Belvaux réinvestissent les salles pour interroger notre mémoire (et ses zones d'ombres). Puisse être tenu encore longtemps ce pari de l'intelligence et de la culture face aux produits sans saveur et standardisés venus d'outre atlantique (on pense bien sûr à Richard Kelly, qui fait appel aux ficelles les plus basses dans SOUTHLAND STORIES en faisant figurer un ex-catcheur star de la TV poubelle dans sa distribution...).
Palmarès de "Nous"
Palme d'Or : VOLVER.
Dans cette fable humaniste, Almodovar interroge le sens de Vivre Ensemble, le notion de l'Autre pour notre plus grand plaisir. Un film coloré, tantôt dramatique, tantôt drôle : avec verve, l'auteur, un peu comme Brigitte Rouan, renoue avec les fils perdus du néo-réalisme italien , on pense aux films de De Sica : il était temps ! Attention, chef d'œuvre !
Grand Prix : MARIE-ANTOINETTE.
La jeune réalisatrice est souvent trop hâtivement comparée à Wes Anderson ou à Gondry. À leur différence pourtant, son cinéma est tout sauf tape à l'œil, voyant, clinquant : il lorgne vers l'Europe (l'hommage à LA DOLCE VITA dans LOST IN TRANSLATION en est la preuve), il lorgne vers le Nous, l'universel. Dans ce magnifique soufflé aux fraises d'une grande maturité, Coppola peint et interroge en profondeur le terrible destin de cette femme aux joues roses (la magnifique Kirsten Dunst) emportée dans une histoire qui n'est pas la sienne et qu'elle ne voulait pas. À la différence du déclinant et peu nuancé L’ANGLAISE ET LE DUC de Rohmer, Coppola, signe là un chef d'œuvre !
Prix Spécial du Jury. IlKELMER.
La Turquie est au cœur de la collision de deux plaques tectoniques : celle de Notre civilisation et celle de l'Islam. Et Ceylan a le grand mérite d'être là. Tel Haroun Tazzief, Bertrand Bonello et les époux Kraft sur leurs volcans, le réalisateur sonde la lave du réel avec une photographie et une maîtrise du temps impeccable. Un film brûlant.
Prix de la mise en scène : Nicole Garcia, SELON CHARLIE.
À la manière de Claude Sautet, Garcia parle des hommes pris dans la solitude de leur quarante ans, de leur questions sur le sens de leur vie sentimentale et de leur travail dans le tertiaire (hommage en nuance à Despleschin ?). Garcia réussit à donner un sens par sa mise en scène, servie par de formidables acteurs (il faut souligner leur importance : sans acteurs, pas de mise en scène) , à ces hommes tel Cassavetes dans LOVE STREAMS, perdus devant l'océan et leurs questions.
Prix du Scénario : Guillermo Arriaga (BABEL.)
Le Philip Kaufman mexicain signe après 21 GRAMMES un scénario à tiroir, moderne, porté par un sens philosophique (ce qui a permis à l'époque de souligner le rôle crucial et éclairant de Nos nouveaux critiques-philosophes), à deux cent à l'heure (on aurait envie de dire rock). C'est tout l'avantage du cinéma parlant et de la puissance du scénario dont BABEL est le plus bel exemple : il nous parle car cette tension/moteur dépeint notre trouble devant la difficulté à exister et à représenter le monde.
Meilleur acteur : Samuel Boidin (FLANDRES). Ce jeune acteur sauvage et impulsif, malheureusement inconnu au bataillon, sauve le film de Dumont du désastre (annoncé). On se demande ce qu'un tel matériau aurait donné dans les mains de Doillon !
Meilleur actrice : Nathalie Press (RED ROAD) .
L'actrice fétiche d'Andrea Arnold, déjà remarquée dans WASP est criante de vérité.
Prix de la commission technique : LE CAÏMAN
Nous l'aimons, ce film. Ce film c'est nous. C'est tout notre secret, il mérite le prix le plus Rare.
Pour tout dire, mieux vaut une bonne note d'intention qu'un long film :
Producteur en faillite professionnelle et sentimentale, Bruno Bonomo, ayant beaucoup lutté contre la "dictature" du cinéma d'auteur avec ses films de série Z, n'arrive pas à financer une nouvelle superproduction fauchée, "Le Retour de Christophe Colomb".
Empêtré dans ses dettes, ses faiblesses, son mariage en fin de course, ses enfants sans repères, Bruno perd pied. Son chemin va croiser celui d'une jeune réalisatrice qui lui apporte un scénario, "Le Caïman". Il s'aperçoit bientôt qu'il s'agit d'une biographie de Berlusconi.
Il doit monter l'affaire, trouver l'acteur principal tout en essayant de recoller les morceaux de son couple. Commence alors à naître en lui un nouvel élan vital : celui de l'affirmation de sa dignité. Comme par enchantement, ce faiseur de navets va se battre avec pour seules armes les convictions d'une cinéaste débutante et ses ultimes biens matériels.
(c) -2006- Nanni Morreti, tous droits reservés
NOUS

PS : Toutes nos excuses à Ken Loach, qu'il revienne l'année prochaine, cela nous fait toujours plaisir de l'avoir à NOS côtés (il est toujours mieux ici qu'entre de mauvaises mains, ailleurs) peut-être nous aurons quelque chose pour lui cette fois-ci...
Tchoulkatourine.

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Vendredi 9 juin 2006 5 09 /06 /Juin /2006 11:44

Publié dans : Ethicus Universalis


(Photo de tournage de INLAND EMPIRE de David Lynch)

Chers Focaliens,
 
Je vous en avais déjà parlé l'année dernière, chaque année j'organise un concours, le Palmarès Tanaka. Il revient chaque année depuis 4 ou 5 ans, à l'époque du Festival de Cannes. La liste des films en compétition ayant paru hier, le Palmarès Tanaka revient donc comme un bon marronnier focalien.
 
Qu'est-ce que le Palmarès Tanaka ? C'est assez simple. Il se base d'abord sur un constat. Chaque année, au Festival de Cannes, un nombre impressionnant de films est sélectionné en compétition officielle, et un certain nombre de films hors-compétition. Nous avions constaté, Bernard RAPP, le Marquis et moi-même, chaque année, à l'annonce des résultats officiels, quand les prix et la Palme d'Or sont décernés, l'incroyable conservatisme, et souvent l'absolue médiocrité du palmarès. Des auteurs cotés mais faisant des films médiocres sont bien souvent récompensés, des films qui ne marqueront rien ni personne (et pour cause !), et encore plus, des films qui ne doivent leur prix qu'à des circonstances d'ordre politique (du style, "donnons à cette irakienne un prix pour protester contre les USA !"), c'est-à-dire des films primés pour des raisons tout sauf artistiques.
 
Voici les règles du Palmarès Tanaka. Il s'agit d'établir un palmarès alternatif. Notre palmarès Tanaka doit prouver que si les jurés faisaient bien leur boulot, et si leurs goûts n'étaient pas aussi conservateurs ou mus par des intérêts qui n'ont rien à voir avec l'art, nous verrions de bien meilleurs films en salles. Le palmarès Tanaka de l'année dernière a prouvé une fois de plus que nous avions fait les meilleurs choix ! Car oui, une fois les prix cannois officiels établis, et une fois décernés nos Prix Tanaka, nous allons en salles. Et nous allons voir tous les films de la sélection pendant l'année qui suit (enfin, ceux qui sortent en salles, car un grand nombre d’entre eux, comme THE MOAB STORY de Greenaway, absolu chef-d'œuvre, ou TAURUS de Sokourov, n'ont même pas droit à une sortie française, ne serait-ce qu’à trois copies pour toute la France ! Là aussi, c'est un scandale qui confère au Prix Tanaka toute sa légitimité). Nous allons voir donc tous les films, et on est bien obligé de le dire : chaque année, notre palmarès est carrément meilleur que le palmarès officiel ! Ce qui est aussi scandaleux, car nous votons sans avoir vu les films, et d'une, et avant que le Festival ne commence !
 
Voici comment je fais jouer mes amis (car on est invité à participer). Il y a deux façons de gagner, et donc deux gagnants chaque année. La première tactique est de faire le palmarès de son cœur. On vote pour les projets et les gens qui nous semblent intéressants. La deuxième façon de jouer est des plus vicieuses, puisqu'il s'agit de prévoir le Palmarès Officiel du festival de Cannes, c'est-à-dire de deviner qui va recevoir des prix ! Ludique, non ?
En général, les heureux participants à mon jeu utilisent une troisième technique. Non seulement ils font un palmarès du cœur, mais ils glissent ça et là quelques prévisions du Palmarès Officiel de Cannes !
À l'issue des votes, je fais un décompte pour chacun des prix. Pour chaque prix, je vois le film ou les acteurs qui ont reçu le plus de suffrages. Et le résultat, c'est le Palmarès Tanaka. Un palmarès complètement focalien et en général très beau.
Ça, c'est pour la vitrine (je vous avertirai bien sûr, chers lecteurs, des résultats cette année, comme l'année dernière !). Côté coulisses, les tanakiens (les gens qui ont participé au jeu) peuvent gagner un prix ! Je m'explique. Celui qui a donné le palmarès le plus proche du Palmarès Tanaka gagne un dévédé. Il est alors lauréat du Prix Tanaka. Celui qui a donné le palmarès le plus proche de celui du Festival de Cannes (donc le plus proche du palmarès du jury présidé cette année par Wong Kar-Waï) gagne aussi un DVD, choisi par mes soins. Ce dernier prix s'appelle le Prix Toscan !
Un élément important : mes joueurs doivent voter à partir d'aujourd'hui, jour de publication des films en compétition, jusqu'au premier jour du festival (le jour d'ouverture, où en général est présenté un film hors-compétition, DA VINCI CODE cette année). De ce fait, les tanakiens votent sans avoir été influencés par la presse et la rumeur, en totale indépendance et mauvaise / bonne foi !
Un jeu très dévolutionniste, qui permet de démontrer l'incroyable manque de jugeote des professionnels de la profession, puisque nous, amateurs éclairés, avons chaque année un meilleur Palmarès qu’eux, et de très loin.
 
L'année dernière, le vrai Jury du festival de Cannes a récompensé : L'ENFANT des frères Dardenne (très moyen, mais palme d'or), BROKEN FLOWERS de Jarmusch (moyen, mais Grand Prix), SHANGHAI DREAMS de Wang Xiachuai (aucun intérêt, mais Prix du Jury), CACHÉ de Haneke (Prix de la Mise en Scène, mérité celui-là), Tommy Lee Jones (Monsieur Bûche, comme diraient les Monty Python, un des acteurs les plus inexpressifs du monde) pour 3 ENTERREMENTS, meilleur acteur donc, et Hanna Laslo, meilleur actrice pour FREE ZONE, film sans intérêt aucun.
 
Nous, jury Tanaka, vous avions proposé le palmarès suivant : A HISTORY OF VIOLENCE de Cronenberg (Palme d'Or), LA VÉRITÉ NUE de Egoyan (Prix du Jury), MANDERLAY de Lars Von Trier (Prix de la mise en scène), LEMMING (prix du scénario et seule ombre au tableau, le film étant une catastrophe), Maria Bello (A HISTORY OF VIOLENCE) meilleure actrice, et Bill Murray (BROKEN FLOWERS) meilleur acteur.
 
Je ne sais pas si vous êtes allés voir ces films au cinéma cette année, mais je vous assure : il n'y pas photo ! C'est quasiment un sans faute  pour nous. [En même temps, c'est facile, car il est quand même absolument scandaleux que le Jury cannois n'ait donné aucun prix à Von Trier et à Cronenberg, qui ont signé les plus beaux films de l'année, comme par hasard !).
 
Cette année, voici la sélection officielle du festival de Cannes 2006, en compétition (par ordre alphabétique inverse des prénoms des réalisateurs, comme c’est la tradition pour le Palmarès Tanaka) :
PALAIS D’ÉTÉ de Lou Ye (Chine)
QUAND J’ÉTAIS CHANTEUR de Xavier Giannoli (France)
MARIE-ANTOINETTE de Sofia Coppola (USA)
FAST FOOD NATION de Richard Linklater (USA)
SOUTHLAND TALES de Richard Kelly (USA)
INDIGÈNES de Rachid Bouchareb (France)
EN AVANT JEUNESSE ! de Pedro Costa (Portugal)
VOLVER de Pedro Almodovar (Espagne)
L’AMI DE LA FAMILLE de Paolo Sorrentino (Italien)
IKLIMLER (LES CLIMATS) de Nuri Bilge Ceylan (Turquie)
SELON CHARLIE de Nicole Garcia (France)
LE CAÏMAN de Nanni Moretti (Italie)
LA RAISON DU PLUS FAIBLE de Lucas Belvaux (France)
LE VENT SE LÈVE de Ken Loach (UK)
LE LABYRINTHE DE PAN de Guillermo Del Toro (Espagne)
FLANDRES de Bruno Dumont (France)
RED ROAD de Andrea Arnold (UK)
BABEL de Alejandro Gonzalez Inarritu (Mexique-USA)
LES LUMIÈRES DU FAUBOURG de Aki Kaurismaki (Finlande)
 
Voilà. J’ai déjà bien des commentaires à faire sur cette liste, mais je n’en ferai point pour ne pas influencer mes votants. Notons contre toute attente l’absence de David Lynch. Bizarre… Disons simplement que la sélection est beaucoup moins clinquante que les années précédentes, et que le Prix Tanaka en ressort, quand c'est le cas, toujours plus punk ! On verra.
 
[Les années précédentes, les votants pouvaient voter pour les films hors-compétition de la sélection officielle mais pas cette année, cette liste étant mille fois trop longue !
Deuxièmement, nous attribuons les mêmes prix que le Jury Cannois Officiel (JCO, tiens !), certes, mais nous avons gardé un prix supplémentaire qui existait encore il y a quelques années à Cannes : le Prix de la Commission Supérieure Technique, prix qui en général servait à donner des médailles en chocolat ! Un des derniers fut TAURUS de Sokourov !]
 
Quant à moi, je vous prends tous à témoin, chers lecteurs, de l'incroyable perspicacité de ce jeu, et vous donne rendez-vous le lendemain du Palmarès, pour la comparaison des prix Cannois et Tanakiens. On va encore beaucoup s'amuser !
 
Ludiquement Vôtre,
 
Dr Devo.
 
PS : Je dois dire que, chaque année, j'envoie une invitation à jouer à ce concours aux journalistes professionnels. Je n'ai en cinq ans de Palmarès Tanaka jamais reçu ne serait-ce qu'une réponse !
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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /Avr /2006 10:38

Publié dans : Ethicus Universalis

(Photo : "Il est venu le temps de détruire les cathédrales" par Dr Devo)

 

Chers Focaliens,
 
Quel plaisir de vous retrouver après une si longue absence (6 jours !). Ne croyez pas que je boude, ou que ce site vit ses dernières heures, usé jusqu'à la corde, et que nous aurions, le Marquis, moi-même et nos autres collaborateurs, jeté l'éponge, vidés de notre suc par ce sacerdoce cinéphilique rien que pour vous (car c'est un sacerdoce). Non, rien de tout cela. La semaine a été chargée, sur le plan professionnel, tout d'abord. Puis, Matière Focale est sur le point de vivre une extraordinaire aventure, dont je vous parlerai dans 15 jours, le premier avril. Et je vous promets que ça va décoiffer. Mais pour préparer cet "événement", il a fallu y consacrer beaucoup de temps, ce qui m'a tenu éloigné de vous... Tu la sens, l'émotion qui monte ?
 
Et je ne fus pas seulement éloigné de vous. J'avais fait une allusion la semaine dernière sur le fait que j'allais voir, cette présente semaine, quelques petits bijoux filmiques en salles ! Malheureusement, pour les mêmes raisons que je viens d'expliquer, je n'ai pas pu, là non plus, jouer la fouine et vous dégotter les petites perles qui étaient programmées... Je m'explique. Je devais aller cette semaine au Festival du Film de Valenciennes, et je dois le confesser, non pas pour voir la compétition officielle, mais pour aller jeter un œil sur la toujours intéressante "rétrospective" qui, cette année, était consacrée au cinéma de genre italien des années 60-80, c'est-à-dire les westerns bis et le "giallo" principalement. Fichtre ! Quelle bonne idée ! Et quel exploit que d'avoir réussi à trouver la copie de certains films ! Je ne sais pas comment les programmateurs du festival ont fait, mais on peut leur tirer notre chapeau ! Bravo !
 
Je n'ai malheureusement pas pu, pour les raisons susmentionnées, aller voir ces films jeudi, jour où la programmation était la plus dense. Mais ce vendredi soir, j'étais enfin libre, et allais affronter la fleur au fusil et sourire aux lèvres un alléchant double programme !
Bon, la soirée ne fut pas aussi délicieuse que prévu, mais avant toute chose, il ne faut pas voir dans les critiques qui vont pleuvoir comme des obus de 35 ci-dessous une critique féroce du festival qui, répétons-le, a vraiment bien bossé pour construire cette rétrospective formidable. Premier film de la soirée : LA BAIE SANGLANTE de Mario Bava. Mes informateurs en cabine de projection m'avaient prévenu qu'il s'agissait d'une copie VO ! Yummy ! Si Mario Bava, dont nous parlons régulièrement sur ce site (ici par exemple), a eu la chance d'être largement édité en DVD, il y a un hic avec LA BAIE SANGLANTE, qui n'a jamais été édité en VO ! C'est le seul, du reste. Ayant vu la chose il y a une dizaine d'année sur une VHS pourrite (si je veux) de vidéoclub, et pas vraiment dans le format, vous comprendrez ma joie en achetant mon ticket.
 
Avant le film, présentation des invités, et vous allez voir, c'est impressionnant : Tonino Valeri, Enzo G. Castellari, Luigi Cozzi, Alberto De Martino, Sergio Martino, Claudio Simonetti, et Lamberto Bava (fils de !). Rien que ça. Il n'y avait que quatre absents : Lucio Fulci, pour cause de mort prématurée quelques années avant hier soir ; Ruggero Deodato, et c'est bien dommage car j'avais plein de questions à lui poser sur son fabuleux WASHING MACHINE ; Michele Soavi ; et Dario Argento ! C'était un beau plateau, ceci dit. Le présentateur a choisi une drôle d'option devant la salle modestement remplie (une quarantaine de personnes). Il leur a posé deux questions auxquelles ils ont tous répondu à tour de rôle, à savoir "Parmi tous les genres que vous avez abordés, lequel préférez-vous ?", suivi de "Quand vous voyez Tarantino ou Scorsese se réclamer de vos films, ça vous fait quel effet ?". Voilà. Ça répond. Et puis, projection de LA BAIE SANGLANTE !
Comme on disait quand j'étais petit, là j'ai fait un peu trois fois le tour de mon caleçon sans toucher l'élastique. Nous avons eu, certes, le plaisir de voir cette brochette de réalisateurs / collaborateurs très copieuse, et ça, c'est assez incroyable (surtout que la plupart sont des papys avec des looks variés mais impressionnants ! On a l'impression de croiser les Douze Salopards 45 ans après, et je vous assure que c'est un spectacle assez fascinant !). Ceci posé, nous avions quand même la chance d'avoir Lamberto Bava dans la salle ! Et au final, on ne lui a pas demandé de présenter le film de son père. Quelle erreur ! Avoir voulu nous faire profiter de l'incroyable plateau d'invités était très généreux de la part du festival, mais dieu qu'il aurait été intéressant de faire parler Lamberto Bava ! Un peu déçu, l'animal était, en s'apercevant que le calcul n'était pas intégral.
Malheureusement, il n'y a plus en France de copie 35mm de LA BAIE SANGLANTE. [La conservation des copies en France est un scandale, et je ne vois pas pourquoi les institutions, comme le CNC par exemple, dépensent, et pourquoi pas, des fortunes pour restaurer des films anciens, si en même temps on ne fait rien pour lutter contre la disparition de copies. Tout un pan du cinéma récent est en train de disparaître, sans qu'il n'y ait de trace ni en DVD ni en 35mm. Et vous seriez surpris de voir quels sont les titres qui disparaissent ! Par exemple, des films très populaires comme LA MOUCHE de Cronenberg ou LE LOUP-GAROU DE LONDRES de John Landis, films qui, à l'époque, furent distribués largement, ont été sauvés de justesse par la Cinémathèque Française. Il ne reste en France qu'une copie des deux films, et dans les deux cas, c'est une VF ! La copie de LA MOUCHE, qui a juste 20 ans (ce qui n'est pas énorme), est dans un état limite qui plus est ! Mieux encore, il y a quelques années, j'essayais de monter une mini-rétrospective dans un petit cinéma art et essai de Province bien sympathique, pour la fête du cinéma (histoire de passer des choses sublimes à cette occasion, et surtout des choses rares ou oubliées de la distribution). Le Marquis, Bernard RAPP et Mr Plonévez (mes fidèles collaborateurs) et moi-même avions choisi de beaux films. Parmi eux, un Ken Russell parmi les plus connus : LES JOURS ET LES NUITS DE CHINA BLUE, avec Kathleen Turner et Anthony Perkins. Film produit et distribué par la Warner en 1984, et qui à l'époque n'est pas du tout sorti dans l'anonymat, et a même été très bien distribué. La presse en avait beaucoup parlé, etc.
Nous appelons le CNC pour voir qui avait les droits du film de Russell de nos jours. Ils regardent dans la base de données des visas d'exploitation. Pas de trace. Dernier distributeur connu (à l'époque) : Warner, bien sûr. Très bien, nous appelons Warner. La réponse fut assez cocasse. On n'a plus les droits. Bien, à qui vous avez vendu les droits de distribution ? Je ne sais pas. Avez-vous encore une copie dans votre stock ? C'est possible, mais je ne peux pas vous le dire, on ne sait pas trop ! Voilà comment ça se passe, chers Focaliens. Et voilà comment des films disparaissent. Notez bien que nous parlons, dans cet exemple, d'un réalisateur très connu comme Ken Russell. Imaginez ce que c'est pour trouver un film de Werner Schroeter ! Et imaginez ce que c'est pour un de ces chouettes films art et essai ou commerciaux très bien fichus, qui font une petite sortie en France, qui vous font pleurer de joie, et qui après disparaissent à tout jamais.
Nous avions aussi cherché une copie de BREAKFAST CLUB de John Hugues, un des films les plus populaires au monde. Tous les adolescents anglo-saxons ont vu ce film dix fois ! Là encore, la cinémathèque n'a pu sauver qu'une copie, et c'est de la VF. Tu la sens, la tristesse qui monte ?...
 
Si un généreux mécène passe par là, sachez que j'ai dans mes cartons un moyen de sauver tout ce patrimoine culturel mondial ! Et pour pas très cher, d'ailleurs. J'ai besoin de trois ou quatre personnes (au hasard, moi, Le Marquis et RAPP), plus deux manutentionnaires cinéphiles, plus une (ou un) secrétaire, plus un grand hangar quelque part en Province (pour que ça coûte moins cher) avec un bon système de climatisation et un bon système anti-incendie... Et c'est tout, le reste, c'est mon génie personnel qui vous le fournit. Grâce à ce système, que je garderai secret car c'est tellement bête que personne n'y a pensé, je peux : sauver énormément de films superbes, donc réduire des coûts de recherche de copies et de travail de restauration lorsque l'heure de la restauration, justement, sera venue ; sauver des films qui ne seront jamais restaurés, et qui pourtant sont géniaux, en faire profiter tous les petits cinémas qui ne peuvent jamais se payer des copies de cinémathèque qui coûtent les yeux de la tête à louer ; générer un système qui permette que la "Cinémathèque Matière Focale" ne perde pas d'argent, mais soit, en plus, largement rentable. Bref, j'ai dans mes cartons un système complet de sauvegarde du patrimoine mondial, qui coûte très peu cher (contrairement à toutes les institutions de cinéma), qui rapporte assez d'argent pour rendre le système viable, et qui, cerise sur le gâteau, permet de rendre ces films largement diffusables à un large public, à un faible coût là aussi. Enfin, le système permet d'économiser de l'argent sur les restaurations de films à venir, et permet de disposer d'un fond mondial de copies en bon état, pour des restaurations qui peuvent avoir lieu dans le monde entier ! Je sauve le cinéma mondial, je ne coûte pas grand chose, et je deviens la plus grosse cinémathèque du monde. Et surtout, surtout, j'empêche que des milliers de livres brûlent !
Imaginez le scandale si on perdait la trace de milliers de livres par an, sans jamais avoir d'espoir d'en retrouver ne serait-ce qu'une copie... Tout le monde hurlerait, bien sûr. Et bien, c'est ce qui est en train de se passer avec le cinéma, et personne n'agit.
Monsieur le Mécène ou Mr le Politique, donnez moi trois salaires, prêtez moi un local, et pour une somme modique égale à un millième du budget yoghourt des cuisines de l'Assemblée Nationale, et j'imprime votre nom dans l'histoire, et je fais de vous le plus grand Sauveur d'Art Galactique de Tous les Temps.
 
Bon, j'arrête là, et je garde le système (très bête, mais très malin) dans ma petite tête. Mais je ne comprendrai jamais, sur les milliers de personnes qui vivent en travaillant dans le cinéma en France, comment se fait-il que personne ne soit jamais parvenu à établir un système similaire au mien ! C'est du Monty Python, c'est inconcevable ! Et je peux même dire que les distributeurs de films nous remercieraient à genoux, car l'opération leur ferait gagner beaucoup d'argent !
 
Ceci dit, on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux. Maintenant, vous savez que dans un coin reculé de France, le Dr Devo a un moyen génial de conserver le patrimoine cinématographique mondial, pour le prix d'un régime de bananes. À bon entendeur, salut ! Comprend qui peut et qui veut !
 
[Il y aurait un superbe documentaire à faire sur ce projet et sur moi. En toute modestie ! Un peu dans la veine du premier et excellent Michael Moore (qui n'a jamais fait mieux), ROGER ET MOI.
On me suivrait en train de proposer ce projet aux décideurs et grands acteurs du monde du cinéma et autres responsables de la vie culturelle française (le patron du CNC, le ministre de la culture, les distributeurs, les réalisateurs, les producteurs et tout ce que le monde du cinéma compte d'institutionnel). Ça serait passionnant !
J'ajoute également que ce projet ne se substituerait pas le moins du monde à la Cinémathèque telle qu'elle existe, mais au contraire, complèterait son travail et développerait des synergies étonnantes. Je dirais même plus, que mon projet n’est possible qu'avec une Cinémathèque efficace]
 
Revenons-en à LA BAIE SANGLANTE. Il n'y a donc plus de copie 35 mm du film. On nous a donc projeté le DVD, idée généreuse, mais qui se transforma pour le coup en rendez-vous manqué. Je pensais a priori que j'allais vous pondre un article sympa sur ce film passionnant, mais non. Le DVD, comme je l'ai dit, n'existe en France qu'en VF. Et le visionnage de la chose, malgré la bonne volonté du festival de Valenciennes, s'est transformé en coïtus interruptus. Je m'explique. LA BAIE SANGLANTE est un film très incongru, comme souvent chez Mario Bava, et c'est tant mieux, donc la narration est exceptionnellement bizarre. De ce fait, le film se construit sur deux vecteurs : la photographie sublime de Mario Bava lui-même, et le son. Ce qui en fait un film complètement ébouriffant et iconoclaste. L'histoire n'avance pas à cause du metteur en scène ou du scénario, mais à cause de la photo et du son ! Etonnant, non ?
Or donc, nous avons vu le film en VF, et elle est désastreuse. Déjà, le doublage a été fait à la truelle nucléaire, avec la finesse et la virtuosité d'un B-52 chargé jusqu'aux dents des explosifs les plus grossiers. Ce n'est pas bien traduit (des phrases entières défient la compréhension, même pour un français de souche), c'est horriblement mal joué, et comme souvent, ça a sûrement dû se faire en cinq sets, et par dessus la jambe. Mes années de visionnages de VHS à boîtiers thermoformés m'auraient permis de passer outre. Mais ce n'est malheureusement pas tout. Le plus gênant dans cette VF, c'est la gestion du son en général. On entend clairement le changement des sons d'ambiance entre la VO et la VF. Et le film de Bava est truffé de sons, et encore une fois, ce sont eux qui font avancer le film. Malheureusement, les trois quarts des sons d'ambiance sont également issus du doublage, et quand le paysage sonore est en VF, on n'entend plus rien, excepté des bruits de pas quand les personnages se déplacent, et leurs voix ridicules quand ils parlent, le tout baignant dans un silence de mort. Quand on passe sur des plans sonorisés en VO (parce que sans dialogue), la bande-son est truffée de belles choses et mixée de main de maître). Le son étant le principal vecteur signifiant, le visionnage du film devient impossible, et d'autant plus que sans ce son, le métrage n'est qu'une chose loufoque et sans queue ni tête.
L'étalonnage du DVD n'est pas formidable non plus, et avale toutes les nuances, mais avec un peu d'expérience, on peut imaginer, ce qui n'est pas désagréable, ce qu'était la photographie d'origine. C’est un exercice intello-sensoriel très rigolo, mais c’est pour ces raisons que je peux dire que mon rendez-vous avec LA BAIE SANGLANTE a été un rendez-vous manqué. Je crois donc que je vais finir par acheter une édition étrangère en DVD, et là, enfin, je pourrai apprécier ce film à sa juste valeur (ou plutôt, voir le vrai film !), et vous faire un article digne de ce nom, article qui, si je l'écrivais maintenant, à l'aune de ce que j'ai vu hier soir, serait un article sur un autre film ! Je prends donc rendez-vous avec vous dans les prochains mois pour reparler de ce superbe métrage.
 
Et puis, après LA BAIE SANGLANTE, on a vu un film totalement splendouillet... Mais ça, je vous en parlerai demain !
 
Passionnément Vôtre,
 
Dr Devo.
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Samedi 18 mars 2006 6 18 /03 /Mars /2006 12:17

Publié dans : Ethicus Universalis

(Photo : "Ideas are beautiful !" par Dr Devo)

Chers Focaliens du Week-End,
 
Ça m'apprendra à ouvrir ma grande bouche, ça m’apprendra dit-il ! Bah, en même temps, c’est pour offrir, et c’est pour faire plaisir à nos amis du site CECI EST UN TEST (clique sur le nom pour aller voir), qui arrive toujours à dégotter des choses à droite à gauche qui sont très surprenantes, comme cette étrange analyse du dessin animé AEON FLUX, qui fit les beaux jours de MTV et de L’œil du Cyclone il y a quelques années. Très bel article, allez voir, même si vous ne connaissez pas le dessin animé (pour adultes) en questions.
 
J’ai accepté de répondre à ce questionnaire, un des nombreux qui circulent parmi la communauté bloggesque, un peu parce qu’ici, on aime les listes et les questionnaires, mais aussi, surtout, parce qu’Abie, la blogmeistre de Ceci est un test, a utilisé la psychologie inversée, procédé qui marche toujours sur les esprits faibles ! "Ah oui, c’est vrai, un de mes rêves les plus fous serait que Dr Devo réponde à ce questionnaire, mais il le fera pas…" Donc, voici mes réponses, qui vont être bien mièvres sans doute, ou bien banales. Mr Mort a accepté également de répondre (puisque je dois ensuite passer le questionnaire à d’autres personnes, voilà qui est fait !).
 
J’espère que ça vous détendra pendant le Week-End. C’est comme les suppléments week-end de vos journaux, qui n’ont rien à voir avec leurs propos habituels…
 
LE QUESTIONNAIRE DES SEPT TRUCS
 
7 choses que vous voulez faire avant de mourir :
 
Dr Devo :
1) Trouver un travail !
2) Refaire un voyage aux USA, parce que le premier, très court, je ne suis pas du tout sûr de l’avoir fait, à la réflexion, ce qui est beaucoup trop troublant.
3) Boire un godet avec un artiste BDS que j’aime bien, même si je ne suis pas fan hardcore. Pour la notion de Stars BDS, aller voir cet article.
4) Tourner ce fameux scénario, CARBON RIVER, avec que des pointures, en dépensant un fric fou dans des choses qui ne se verraient pas à l’écran (par exemple, en filant du caviar aux costumières), et humilier des stars sur le tournage en leur faisant faire des trucs oulipiens, ou en leur faisant respecter des consignes très techniques et concrètes (comme de la musique contemporaine). Puis, au montage, balancer tout ce que les stars ont tourné à la poubelle, ou utilisez ces rushes pour faire une émission de télé ! Il ne doit pas y avoir de stars dans CARBON RIVER car sinon, on ne peut que se douter de qui va mourir. CARBON RIVER est un slasher du type VENDREDI 13, mais avec une rigueur de mise en scène et de structure de scénario proche des époux Straub. Il y est beaucoup question des années 80 et de la définition du terme Misseuz-Dejonge.
5) Ecouter l’intégrale des émissions de feu le regretté Gérard de Suresnes, ouvrier somacotra que Fun Radio avait embauché (accident industriel), puis viré comme un malpropre.
6) Me laisser, au moins une année, soit : 1) sélectionner les films du Festival de Cannes avec une équipe que j’aurais choisie, ou 2) me faire président du jury, choisir mes jurés, et surtout filmer toute nos délibérations et réunions pendant quinze jours. Qu’une bonne fois pour toutes, les choses soit dites, et que les gens sachent comment ça se passe, et qu’on voit la coco et les petits fours ! Et qu’on parle de cinéma ! Ça ferait au final un documentaire exceptionnel, ou une émission de télé-réalité sublimissime !
7) Me raser le crâne, juste une fois, pour voir ce que ça ne donne pas !
 
Mr Mort :
1-regarder l’intégrale d’Ozu en japonais non sous-titré.
2-gagner au loto !
3-me faire refaire entièrement les dents, quitte à porter un dentier !
4-faire un documentaire sur les bals de fins d’année aux USA.
5-Obliger le gouvernement à ne mettre que des handicapés à la télé à la place des présentateurs actuels. Et attention, avec parité : 50% de handicapés physiques, et 50 % de handicapés mentaux. Avec obligation de les payer au même tarif. On verrait comment la France réagirait, ce serait très surprenant, j’en suis sûr !
6-faire une conférence à la FEMIS, diffusée à la télé en Mondovision.
7-jouer à un concert en live !
 
7 choses que vous faîtes bien :
 
Dr Devo
1) Camoufler le son.
2) Investir du temps dans des concepts dérisoires.
3) Le café !
4) Développer les concepts conçus pour peu de gens, mais qui mettent le doigt sur certains paradoxes (le bluastro, le misseuz-dejonge, le syndrome du Van Gogh à 3 Oreilles, les stars BDS, etc.)
5) Améliorer le cinéma mondial sur le plan qualitatif.
6) Cadrer sans viser dans l’œilleton de la caméra.
7) Les articles sur SAN KU KAÏ (chose que je partage avec le Marquis).
 
Mr Mort :
1-prendre des douches.
2- le café aussi !
3-écouter un album de Bernard Minet en entier, assis sur une chaise, d’ailleurs j’en ai un, ça tombe bien !
4-tirer au Famas.
5-m’endormir en moins de trois minutes, tout le temps, fatigué ou pas !
6- tirer le Yi-King.
7-coucher avec Angelina Jolie, mais j’ai pas envie…
 
7 choses que vous ne pouvez / savez pas faire :
 
Dr Devo :
1) gagner au loto.
2) parler anglais fluently.
3) me coiffer.
4) éviter les fautes d’orthographes.
5) travailler en musique.
6) donner des sous au Téléthon ou aux Enfoirés !
7) les soldes.
 
Mr Mort :
1-Le foot : je peux mais je ne veux point !
2-porter un T-shirt avec le nom d’un groupe !
3- adhérer à la fédération anarchiste : c’est débile !
4-le hip-hop.
5-le sexe sans les mains.
6-des questionnaires inter-blogs.
7-faire pitié !
 
7 choses qui vous attirent dans le sexe opposé
 
Dr Devo :
1) de quoi je me mêle ?
2) le mental.
3) le physique.
4) les kickers.
5) la voix.
6) ma mère ! (nonononon, je blague)
7) c’est bon, j’ai bon ?
 
Mr Mort :
1-le sein gauche.
2- le nez.
3- l’odeur.
4- le sein droit.
5- l’écartement entre les deux yeux.
6- ma grand-mère.
7- ta sœur !
 
7 choses que vous dîtes souvent :
 
Dr Devo :
1) Montage !!!!! En général sur le ton de l’entraîneur de foot sur le banc de touche, hurlé en pleine salle dans le noir.
2) Il est où le [mettre le nom de l’objet cherché] ?
3) Complètement baroque ! (Réponse soufflée par Madame, tic dont je ne me rends pas compte).
4) C’est la peau du Z.b ! Revient souvent.
5) Venez nombreux mais seul ! (Devise de l’Institut Drahomira !)
6) Que le monde aille à sa perte : « c’est la seule politique possible », d’après Duras Marguerite, qu’on peut dire d’une autre façon (c’est pas tout à fait la même nuance, mais bon…) : « On ne fait pas le bonheur des gens malgré eux ! ». Toutes ces phrases, je les ai apprises à L’Institut !
7) Petit Porcinet ! Belle expression désignant quelqu’un qui profite du système à mort pour se vautrer dans le bourgeoisisme total et l’abus de pouvoir, jouant le cynisme pour mieux se dégager de ses responsabilités envers l’Universel, ou l’Autre !
 
Mr Mort :
1)Z.bi !
2) Va mourir !
3) C’est comme ça que ça a commencé en 1933 !
4) Je suis vivant, vous êtes tous morts !
5) Je ne sais pas.
6) Je peux pas, mon chat est mort ce matin ! (en pleurant, très utile pour éloigner les télé-marketeurs !)
7) I Love Chineese. 
 
7 béguins pour des célébrités :
 
Dr Devo :
1) Ça y est, ça recommence… Hey, c’est pas ma réponse !!!
2) Jennifer Jason Leigh.
3) Toni Collette.
4) Jennifer Connelly, à n’importe quel âge !
5) Tilda Swinton : carrément la classe, mais là, c’est plus une admiration de type divin, je n’oserais jamais l’inviter au Bar Des Sports boire un verre ! Alors à la place, je dirais Emma Suarez ! Oui, oui, oui !
6) Ségolène Royale…
7) Hey, non, je déconnais, c’est de l’humour !
8) Olivia Williams.
9) Kate Winslett. Bon là, je crois que ça frise la perfection. Je pense que certains auraient mis des Jennifer Lopez ou des Angelina Jolie, mais bon, comme on dit, "on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux !"
 
Mr Mort :
1) Kathleen Turner jeune.
2) Oui, Emma Suarez, et oui, j’ai copié sur le docteur. Il faut savoir s’inspirer des choses insurpassables !
3) Ségolène Royale vieille, ou alors Ana Torrent. [Sympa pour Ana ! NdC]
4) Alice Kridge.
5) Diana Rigg.
6) Linda Thorson.
7) Joanna Lumley, maintenant.
 
 
7 personnes dont vous aimeriez qu’ils répondent à ce questionnaire :
Réponses collégiales de Moi-Même et Mr Mort…
 
1) La collaboratrice à ce site, Anne Archy, qui vient d’ailleurs d’ouvrir un sublime site : cliquez ici !
2) Bertrand, du site NadjaLover.
3) Er-Töshtük, qui fait de très loin le meilleur blog du monde, et qui nous écrase tous, pauvres vermisseaux
4) Mr Plonévez, habitué du site, grand parleur et ami !
5) Proctoman, même motif, même punition.
6) Mr Mort, collaborateur à ce site ! (C'est fait !)
 
Ben je suis bien content de m’être débarrassé du bébé ! Ceux qui ont un site répondent sur leur site, et les autres ici en commentaires, mais tout le monde peut jouer bien sûr !
 
Ça sent vraiment le WE !
 
Dr Devo.
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Samedi 14 janvier 2006 6 14 /01 /Jan /2006 16:07

Publié dans : Ethicus Universalis
Superbes Focaliennes, Puissants Focaliens,

Après qu'elle eût expiré, et pas qu'un peu, tout le monde s'est précipité sur le cadavre encore chaud de l'année 2005 pour établir listes et comptes-rendus. Point de cela à Matière Focale. Nous nous sommes laissés le temps de la réflexion.
En fait, non, pas du tout. Mes collaborateurs et moi-même adorons participer aux listes et autres questionnaires, mais malheureusement, nous mettons souvent des millions d'années à répondre, et l'établissement du moindre classement nous plonge dans d'étonnantes affres. Quoi qu'il en soit, le voici, notre beau palmarès cinéma de l'année 2005, et vous allez voir, c'est du précis (et comme dirait la chanteuse : quand c'est précis, j'apprécie).

Nous sommes cinq à avoir répondu à ce stupide défi de faire un palmarès.  Et on a été assez étonné, quoique Bernard RAPP et Mr Mort aient senti le coup venir dès Septembre : c'est pour le cinéma une très bonne année ! Certes, les salles françaises ont connu du -10% de fréquentation, et du coup, tout le monde pleure (les Gentils sans doute). Nous, les Méchants, on rit. Je me souviens de mon Palmarès de l'année 2004. Dur, dur. Et celui de 2003, bien avant la  naissance de ce blog, fut plus terrible encore. Je n'avais cette année-là même pas dix titres de films un peu exceptionnels à proposer, et dès la place N°8, j'avais des petits métrages sympas mais sans envergure. 2005 brise largement le cercle, et inverse la tendance. Il y a eu quand même à nos yeux pas mal de bons films, et même beaucoup de films exceptionnels. On n'est pas forcément gâté de la sorte tout le temps.

Tiens puisqu'on on y est, je crois qu'il n'est pas inutile, non dans un but de moquerie, mais dans un but informatif, de jeter un œil sur les films que sont allés voir les Français en 2005. Voici donc le Box-Office 2005, avec ses entrées données ici en millions.

1-
STAR WARS III de George Lucas (USA) : 7.2 millions
2-HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU de Mike Newell (USA) : 6.7 M
3-BRICE DE NICE de James Huth (France) : 4.4 M
4-CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE de Tim Burton (USA) : 4.1 M
5-MADAGASCAR de  Eric Darnell et Tom McGrath (USA) : 3.2M
6-LA GUERRE DES MONDES de Steven Spielberg : 3.9 M
7-MILLION DOLLAR BABY de Clint Eastwood : 3.2 M
8-MR ET MRS SMITH de Doug Liman : 3M
9-LES POUPEES RUSSES de Cédric Clapish : 2.9 M
10-IZNOGOOD de Patrick Braoudé : 2.5 M
11-KING KONG de Peter Jackson : 2.3 M
12-PALAIS ROYAL de Valérie Lemercier : 2.2 M
13-LES 4 FANTASTIQUES de Tim Story : 2.2 M
14-WALLACE ET GROMIT: LE MYSTERE DU LAPIN GAROU de Nick Park et Steve Box: 2.2 M
15-LA LEGENDE DE ZORRO de Martin Campbell : 2.1 M
16-HITCH de Andy Tennant : 2.1 M
17-LA MARCHE DE L'EMPEREUR de Luc Jaquet : 1.9 M
18-LE MONDE DE NARNIA de Andrew Adamson : 1.8M
19-JOYEUX NOEL de Christian Carion : 1.8m
20-ESPACE DETENTE de Bruno Solo et Yvan Le Bolloc'h : 1.8M
 
Voilà pour la Vox Dei. Le peuple a voté avec ses propres sous. Voyons maintenant ce que les collaborateurs de Matière Focale en ont conclu. Les règles sont simples : il s'agissait d'établir un top 10 ou un top 20 des meilleurs films, et aussi des plus mauvais. On pouvait commenter ou non son palmarès. J'ai demandé aussi à ce qu'on vote pour le Meilleur Acteur et la Meilleure Actrice. Voici ce que nous avons répondu. [Si j'interviens dans les différents palmarès, j'écrirai en italique afin de ne pas  confondre ma voix et celle du votant !].
 

PALMARES DE BERNARD RAPP

(Photo extraite du cycle TULSE LUPPER SUITCASES de Peter Greenawway)

Pas de commentaire chez Bernard RAPP.

Les 10 meilleurs films 2005

1- LIFE IN SUITCASES de Peter Greenaway (UK) : RAPP a eu la chance de voir le film dans la seule projection française, à Beaubourg. Gageons que comme les films de la même série, ce Greenaway ne sera jamais distribué en salles ! Vous ne verrez jamais ce film, sans doute...
2-MANDERLAY de Lars Von Trier (Danemark)
3-LA VIE AQUATIQUE de Wes Anderson (USA)
4-A HISTORY OF VIOLENCE de David Cronenberg (Canada-USA)
5- ex æquo : J'ADORE HUCKABEES de David O'Russel (USA) et PALINDROMES de Todd Solondz (USA)
7-INNOCENCE de Lucille Hadzihalilovic (France)
8- COMBIEN TU M'AIMES de Bertrand Blier (France)
9-CACHÉ de Michael Haneke (France- Autriche)
10- LE COURAGE D'AIMER de Claude Lelouch (France)

Les dix plus mauvais films 2005

1- CALVAIRE de Fabrice Du Welz (Belgique)
2- FLIGHT PLAN de Robert Schwentke (USA)
3- LES INVISIBLES de Thierry Jousse (FRANCE)
4- GARDEN STATE de Zach Braff (USA)
5- REVOLVER de Guy Ritchie (USA)
6- GABRIELLE de Patrice Chereau (France)
7- MA SORCIERE BIEN AIMEE de Norah Ephron (USA)
8- SIDEWAYS de Alexander Payne (USA)
9- UN VRAI BONHEUR de Didier Caron (France)
10- LE CERCLE II de Hideo Nakata (USA)

MEILLEUR ACTEUR : Gilles Gaston-Dreyfus dans AKOIBON de Edouard Baer.
MEILLEURE ACTRICE : Lily Tomlin dans J'ADORE HUCKABEES de David O. Russell

Bernard RAPP tenait également à signaler que certains films ne pouvaient figurer dans son classement des tout meilleurs, malgré leur exceptionnelle qualité. Il s'agit des films UNITED TRASH et HITLER, 100 JAHRE, deux films allemands de Christoph Schlingensief, et aussi L'EMPEREUR TOMATO KETCHUP du japonais Shuji Terayama. Ces trois films ont été présentés à l'Etrange Festival en septembre dernier à Paris. Non seulement ils n'ont jamais été distribués en France, mais en plus, ce ne sont pas des films de cette année, ce qui les exclue du classement. Par contre, RAPP tient à préciser qu'ils furent parmi les grandes choses de cette année. Même chose d'ailleurs pour THE CARD PLAYER de Dario Argento, qu'aucun distributeur français n'a voulu sortir en salles, et que nous n'avons pu voir qu’en DVD. This were the results from the RAPP jury !
 


LE PALMARES DE TOURNEVIS

(Jennifer Jason Leigh : photo extraite de THE MACHINIST par Brad Anderson)

LES MEILLEURS FILMS 2005:

1- THE MACHINIST, de Brad Anderson (USA/Espagne).

2- DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE, de Jacques Audiard (France).

3- CLOSER, de Mike Nichols (USA/UK).

4- CALVAIRE, de Fabrice du Welt (Belgique).

5- KINSEY, de Bill Condon (USA).

6- SIN CITY, de Robert Rodriguez, Frank Miller & Quentin Tarantino (USA).

7- LA GUERRE DES MONDES, de Steven Spielberg (USA).

8- THE DESCENT, de Neil Marshall (UK).

9- A HISTORY OF VIOLENCE, de David Cronenberg (Canada/USA).

10- LADY VENGEANCE, de Park Chan-Wook (Corée du Sud).

LES PLUS MAUVAIS FILMS 2005:

1- 9 SONGS, de Michael Winterbottom (UK).

2- HAIR HIGH, de Bill Plympton (USA).

3- LES QUATRE FANTASTIQUES, de Tim Story (USA).

4- A DIRTY SHAME, de John Waters (USA).

5- BROKEN FLOWERS, de Jim Jarmusch (USA).

Meilleurs acteurs :

- Christian Bale dans THE MACHINIST.

- Liam Neeson dans KINSEY.

Meilleures actrices :

- Natalie Portman dans CLOSER.

- Laurent Lucas dans CALVAIRE (arf!)

Tournevis

LE PALMARES DU Dr DEVO


(Bryce Dallas Howard dans MANDERLAY de Lars Von Trier)


Quelques remarques tout d’abord. Oui, je le dis et le redis, l’année fut bonne, et je dirais même plus, ma théorie selon laquelle on voit plus de bons films en allant au hasard au cinéma et / ou sans lire les critiques et / ou en choisissant son film selon le numéro de la salle où il est projeté, c’est une bonne méthode ! Ça Marche ! J’ai vu 144 films cette année en salles. À ma grande surprise, la Répartition Progressive du Plaisir (indice RPP) est très élevée, jugez plutôt :
10,4% des films vus me semblent être des films pas très aboutis, plutôt maladroits ou qui ne décollent pas, mais sans être honteusement ratés ni bâclés. Ce sont ce que j’appelle les films MEDIUMS. Ils ont raté leur cible, mais il y avait du travail, en quelque sorte, ou plutôt il y avait de l’intérêt. C’est une Zone Grise que cette catégorie de film. Exemple : MON PETIT DOIGT M’A DIT, pas laid, pas sans talent mais grippé.
43% des films vus sont mauvais ou ratés. De manière ludique ou sérieuse, ils semblent être une perte de temps pour certains (les plus énervants) ou ne valent tout simplement pas le prix du ticket pour les autres. Certains de ces films ont fait de mauvais choix, mais je remarque que pour la plupart, ce ne sont pas des films ratés, mais des films d’une insondable médiocrité, dont le projet entier marche à l’envers, ou ils sont d’une bêtise insoupçonnée (je parle pas seulement des sujets de ces films, mais surtout de leur mise en scène).
46,6% des films vus sont bons !!!! C’est absolument énorme. Ils sont bons, ils provoquent du plaisir, ce sont parfois de grands films marquants ou des films divertissants. Ce sont des films pour lesquels, enfin, on se dit qu’on a bien fait d’y aller plutôt que d’aller boire une bière ou faire les soldes. Ce sont des films enthousiasmants, pendant lesquels on a l’impression d’avoir ressenti et partagé quelque chose.
Cette répartition est excellente et montre bien que globalement, l’année française de cinéma n’a pas été si catastrophique. Le nombre d’entrées ni changera rien.

Voici mon top10.

1-MANDERLAY de Lars Von Trier (Danemark) : articles ici et ici
2-LA VIE AQUATIQUE de Wes Anderson (USA) : pour l’avoir revu récemment, je me suis encore frappé la tête devant la complexité narrative du film, son équilibre pas si solide que ça et son univers très peu référentiel et très premier degré, contrairement à la réputation de "décalage" des films d’Anderson, qui sont quand même, en général, des drames. LA VIE AQUATIQUE est le film de sa montée en puissance.
3-CREMASTER 1 de Matthew Barney : tout ne marche pas complètement chez Barney, mais la démarche est sublime. Faire les films les plus fragiles possibles et faire en sorte que la porte d’entrée au film soit la moins aguicheuse possible, mais qu’une fois à l’intérieur, ce ne soit que baroque, luxe et gourmandise. Ses films sont sur le fil extrême entre le tout et le reste, mais travaillent sur des pistes manifestement très concrètes : le montage et sa vitesse, le timing, l’intention, etc. Ce CREMASTER, spécifiquement, est sublime avec ses deux ballons dirigeables au-dessus d’un stade de foot américain où défilent des Girls. Quand une hôtesse joue avec les raisins à disposition dans les dirigeables, la forme ainsi créée est aussi dansée par les Girls sur le terrain de foot ! C’est complètement KAVALIERE. Le début du CREAMSTER 5 (avec Ursula Andress et une très belle musique) m’avait également très ému, avant que nous ne soyons rattrapés par l’esthétique barneysienne elle-même. Dommage. Si jamais il envoie bouler sa propre esthétique, le travail de Barney pourrait être, d’une autre manière, drôlement intéressant. On aurait également pu inonder ce classement avec les films de la série CREMASTER mais je n’en garde qu’un.
4-INNOCENCE de Lucille Hadzihalilovic (France) : film vraiment sublime, complètement surprenant et inattendu. Tout le monde l’a oublié un an après, mais il faudra rendre justice à Mlle Lucille. La carrière en salles du film me semble désastreuse et largement injuste. Autre question : comment ce film a pu échapper à une présentation en festival ? Pourquoi choisit-on LEMMING à Cannes plutôt que ça ? C’est un scandale.
5-A HISTORY OF VIOLENCE de David Cronenberg (CANADA-USA) : ça se joue à peu, un classement comme celui-ci. Ne pas croire que cette cinquième place soit le signe d’un Cronenberg mineur. Jusqu’ici dans le classement, en fait, tous les films se valent et sont à tomber ! Un des tous meilleurs Cronenberg.
6- J’ADORE HUCKABEES de David O.Russell (USA) : film bousillé par la critique, dans un mépris total et meurtrier. Grand film populaire et complexe, …HUCKABEES avait tout pour casser la baraque et devenir une date… Mais les journalistes ont préféré nous vendre pour les mêmes raisons GARDEN STATE, COLLISION ou RENCONTRES À ELIZABETHTOWN, films formidablement maladroits (surtout le premier) et médiocres (les deux autres), des films sans ambition, très putassiers, et qui ne jouent rien d’autre que l’air des copains. Comme LES BRONZÉS, des films-cultes immédiats, du moins vendus comme tels, et que le public mange avec sourire sans même se poser la question du goût. Une étiquette sur un DVD de la Fnac n’a jamais été la marque de quelque chose de sérieux, et bien souvent c’est le contraire. Le public n’a que ce qu’il mérite. Après tout, s’il veut manger du carton plutôt que du foie gras, très bien. On se revoit à l’hôpital pour le cancer de l’estomac !
Mais pour la critique, c’est impardonnable. En plus d’être corrompus et ignares (ce qui est très grave, contrairement au fait d’être inculte, rappelons le), ils condamnent la France à la médiocrité et à la bêtise. Au final, la France est le pays des BRIGADES DU TIGRE, de MAGUY (avec Rosy Varte), ou de Carlos, quand l’Angleterre est le pays de CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR et de Joy Division. Pas la peine de se demander pourquoi…. Il y a toujours une raison de reporter la vision de I LOVE HUCKABEES, mais si vous me le permettez, chers amis, si vous n’y êtes pas allés, vous avez eu tort.
Enfin, honte à la distribution, qui là aussi, a dangereusement fragilisé le film… Relire l’article à ce propos.
7-COMBIEN TU M’AIMES de Bertrand Blier (France)
8-PALINDROMES de Todd Solondz (USA)
9 ex-aequo- CACHÉ de Michael Haneke (France-Autriche) et LAND OF THE DEAD de George Romero (USA)
10- LE COURAGE D’AIMER de Claude Lelouch (France).

Je note que derrière arrivent en rangs serrés : THE MACHINIST, MYSTERIOUS SKIN, REVOLVER, LA GUERRE DES MONDES, DEAR WENDY, LA VERITE NUE, LE FILMEUR, et un peu plus loin encore A DIRTY SHAME, LE CRIME FARPAIT, BLACK / WHITE, IN HER SHOES, THE JACKET, etc.

TOP des NULS

1-TRAVAUX, ON SAIT QUAND ÇA COMMENCE de Brigitte Roüan (France)
2-BRICE DE NICE de James Huth (France)
3-FOON (France)
4-LES SŒURS FACHÉES de Alexandra Leclère (France) et TOUT POUR PLAIRE de Cecile Telerman (France), L’ANNIVERSAIRE de Diane Kurys (France)
5- THE CONSTANT GARDENER de Fernando Mereilles (UK-Brésil)
6-COLLISION de Paul Haggis (USA)
7-STAR WARS III de George Lucas (USA)
8-SIDEWAYS de Alexander Payne (USA)
9-RENCONTRES À ELIZABETHTOWN de Cameron Crowe (USA)
10-THE AVIATOR de Martin Scorsese (USA)

Oui, là, géographiquement c’est plus concentré. Dieu merci, il y a un film anglais ! Et enfin pour terminer :
MEILLEURE ACTRICE : Lily Tomlin dans I LOVE HUCKABEES (sans concertation avec Bernard RAPP, malgré les apparences) et Jennifer Jason Leigh dans THE JACKET.
MEILLEUR ACTEUR : Jason Schwartzman dan
J’ADORE HUCKABEES.
S’il y avait une catégorie meilleur espoir, je donnerais le prix à Alison Pil (DEAR WENDY).

Je passe la parole à Mr Mort.


LE PALMARES DE MR MORT

(Kitten Nattividad et Udo Kier dans UNITED TRASH de Christoph Schlingensief)

Je ne suis pas du tout d’accord avec Dr Devo. Nous avons découvert les films de Schlingensief cette année, faute à un système de distribution vérolé. Ce palmarès reflète selon moi, non les meilleurs films réalisés en 2005, mais les meilleurs films vus en salles pour la première fois du 1er janvier au 31 décembre 2005. Je désobéis par conséquent à la consigne.

LES  MEILLEURS FILMS 2005

1- LIFE IN SUITCASES de Peter Greenaway (UK) : que fait la police ? Les films de Greenaway en salles, c’est désormais du passé. Comme si on interdisait Picasso d’exposition. Bravo la France ! C’est un des plus beaux films de l’Histoire du Cinéma.
2- MANDERLAY de Lars Von Trier (Danemark)
3- LE COURAGE D’AIMER de Claude Lelouch (France)
4- CREMASTER 1 de Matthew Barney (USA)
5- LES CHUTES, DISENT-ILS de Dr Devo (France)
6- 100 JHARE ADOLF HITER de Christoph Schlingensief (Allemagne)
7- INNOCENCE de Lucille Haldzihalilovic (France)
8- UNITED TRASH de Christoph Schlingensief (Allemagne)
9- Les 10 premières minutes de THE JACKET de John Maybury (USA) : le reste n’est pas infamant, mais ne vaut pas d’être dans le classement. Pourquoi ne pas avoir continué ?
10- FREAKSTARS 3000 de Christoph Schlingensief (Allemagne)

Suivis de près par REVOLVER de Guy Ritchie (USA), MOI, TOI ET TOUS LES AUTRES de Miranda Richardson (USA), LES JOURS DE BOTTROP de Schlingensief (Allemagne), CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE, etc.
Je constate l’incroyable domination européenne…

LES PIRES FILMS 2005 : pour les classer, je propose l’ordre alphabétique :

1-THE AVIATOR de Martin Scorsese (USA) : la preuve que les journalistes n’aimaient pas Scorsese, puisqu’ils peuvent défendre ça au même nom que le reste ! Si ce film est bon, ALEXANDRE d’Oliver Stone et KINGDOM OF HEAVEN de Ridley Scott aussi, car c’est exactement la même chose. Copinage, là encore.
2-A BITTERSWEET LIFE de Kim Ji-Woon (Corée du Sud) : Ah oui, ça, on l’envoie direct à Cannes. Ça fait un film sublimissime en premier  (DEUX SŒURS) et après de la merde art et essai européenne. La seule hypothèse possible : il n’a pas réalisé son premier film lui-même. Il faut interdire à ce mec de faire de nouveau film : sale hypocrite !
3- COLLISION de Paul Haggis (USA) : bourgeoisisme encore, mais réactionnaire cette fois. Prône la haine des peuples comme réaction normale, et tout est dans tout, et réciproquement. Les bourgeois s’ennuient du peu de mouvements et de contacts dans leur vie. Qu’ils commencent par aller filer une clope au clodo à l’entrée du métro, et qu’ils constatent que ses doigts sont tellement gelés qu’il ne peut plus actionner le briquet. Et qu’ils commencent, s’ils veulent un monde meilleur, par ne pas appeler « Nounou », la femme qui garde leurs enfants…
4-THE CONSTANT GARDENER de Fernando Mereilles (UK-Bresil)
5-DANS TES REVES de Denys Thybaud (France) : oui, le rap est une culture minoritaire, oui, on les censure…. Je conseille, pour se guérir une fois pour toutes des faux rebelles (vrais petits bourgeois en fait) la visite dangereuse d’une Fnuck ou de tout autre mégastore. Ces rappeurs « sans le sou » ont le pouvoir, bien évidemment. Film opportuniste.
6-EN BONNE COMPAGNIE de Paul Weitz (USA) : film pour petit bourgeois entre deux passages de polish sur l’espace Chrysler. Ne pas oublier de tondre le gazon. Racheter du papier toilette.
7-GABRIELLE de Patrice Chéreau (France) : formellement, ce n’est pas le plus mauvais film de Chéreau, loin de là, mais c’est typique : le type a toutes les cartes en main, et réfute son propre film de peur de perdre son public. La logique marchande que s’impose tout seul le réalisateur détruit les quelques qualités formelles du film. Lâche et… petit-bourgeois !! Encore gagné !
8-LEMMING de Dominik Moll (France) : ah oui, ça bien sûr, ça va direct à Cannes.
9-LE PETIT LIEUTENANT de Xavier Beauvois (France) : les pires rêves d’André Bazin se sont réalisés ! Dr Devo, sors de la DS et règle son compte à Dogville !
10- TRAVAUX, ON SAIT QUAND ÇA COMMENCE  de Brigitte Roüan (France) : si les petits-bourgeois comme Brigitte sont pour la parité des sexes, qu’ils confient leurs enfants à un homme pour les baby-sitter !
 
MEILLEUR ACTEUR : Gérard Depardieu dans COMBIEN TU M’AIMES.
MEILLEURE ACTRICE : Brigitte Lahaie dans CALVAIRE.
Si elle pleure quand le bébé meurt, actionne la mitraillette.
La parole est au Marquis !

Mr Mort




LE PALMARES 2005 DU MARQUIS


(photo extraite de KRYZAR de Jiri Barta)

Triste réalité, je n'ai pas assez fréquenté les salles obscures cette année pour pouvoir proposer un Top Ten (mais je mentionne, pour le sport, A DIRTY SHAME de John Waters ainsi que LAND OF THE DEAD de Romero et SHAUN OF THE DEAD). Pour ne pas me laisser sur le carreau, le bon docteur me propose donc de pondre un Top Ten DVD. Comme c'est trop aimable de sa part, et comme cela me paraît assez difficile de réduire les quelques 600 acquisitions de l'année 2005 à 10 misérables petits titres, c'est donc deux Top Ten qui lui seront livrés. Pas de classement préférentiel de 1 à 10, je ne suis jamais très à l'aise avec le format par classement.

Le premier concerne les meilleures découvertes de l'année, ainsi que certains titres longtemps attendus. Tous ne sont pas forcément sortis cette année, mais c'est la partie subjective de ce classement que d'intégrer les éditions qui ont franchi les portes de mon manoir entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année qui vient de s'écouler. Par ailleurs, et dans la mesure où je n'ai pas envie de singer un best-of style Années Laser (visez un peu les Bônusses du Coffret Star Wars, slurp), les titres mentionnés le sont avant tout pour les qualités du film proposé, et non pas pour un travail éditorial spécifiquement soigné (mais, là aussi pour le sport, je félicite les éditeurs Wild Side Video et Néo Publishing pour le soin porté à leur catalogue et à leurs éditions, ainsi que Prism Leisure (alias Intégral Vidéo, alias Initial Vidéo, alias Lazer Films, alias ad lib) pour leur folie furieuse, leurs fautes d'orthographe, leurs titres fantaisistes, leur catalogue surréaliste, leurs résumés ineptes et leur malhonnêteté comique). Voici donc 10 titres que vous vous devez de présenter sur vos étagères.

CARD PLAYER, de Dario Argento (Italie, 2003) : une fois de plus, le dernier opus de Dario Argento n'a pas connu les honneurs d'une sortie en salles. Pour plus de détails, lire
l'article ici.

CE JOUR-LA, de Raoul Ruiz (France/Suisse, 2003) : Raoul Ruiz en grande forme avec ce film étrange, cauchemardesque et très, très drôle.

LA COMPAGNIE DES LOUPS, de Neil Jordan (GB/USA, 1984) : on aura attendu longtemps l'occasion de découvrir ce film superbe, l'un des meilleurs de Neil Jordan, enfin dans une copie de qualité et en version originale. Lire
l'article ici.

EUROPE TRILOGY, de Lars Von Trier (Danemark, 1984/1987/1991) : OK, je triche en casant trois films dans la foulée (ELEMENT OF CRIME, EPIDEMIC et EUROPA), mais dans la mesure où ils forment une trilogie et sont vendus en coffret, c'est permis. Excellente édition.

KRYSAR, LE JOUEUR DE FLÛTE DE HAMELIN, de Jiri Barta (Tchécoslovaquie/Allemagne, 1985) : discrètement sorti en DVD, cette petite merveille d'animation image par image n'est pas destinée à un public enfantin. Sa tonalité sombre, son abstraction et sa beauté à couper le souffle en font une acquisition indispensable, même si le film est court (environ une heure) et n'est hélas accompagné d'aucun complément de programme (d'autres courts-métrages du cinéaste auraient été les bienvenus, d'autant plus que son travail est aussi réputé qu'il est méconnu). A vos portefeuilles, c'est un ordre.

LES MONSTRES DE L'ESPACE, de Roy Ward Baker (GB, 1967) : ne vous fiez pas à ce titre français peu appétissant. Le film de Roy Ward Baker (QUATERMASS AND THE PIT en vo), le troisième, dernier et meilleur opus de la trilogie Quatermass est une des plus belles réussites de la Hammer, un film fascinant et très impressionnant.

UZUMAKI, de Higuchinsky (Japon, 2000) : tristement inédit en salles, le film est vendu en double programme avec l'exécrable St.JOHN'S WORT (HIRoKu THE GOBELIN de Tsukamoto aurait offert au film une réponse plus cohérente et plus intéressante). Lire l'article ici.

SERIAL KILLERS, de Mike Mendez (USA, 1996) : le premier long-métrage du réalisateur du grotesque (mais plaisant) LE COUVENT, hélas disponible en VF uniquement, ne vous coûtera presque rien et vous apportera beaucoup. Synthèse étrange entre LE SOUS-SOL DE LA PEUR de Wes Craven et FUNNY GAMES de Michael Haneke, le film trouve sa voie dans le développement d'un humour absurde qui rend le film passionnant et totalement imprévisible.

WALKER, d'Alex Cox (USA/Mexique/Espagne, 1987) : si je ne suis pas, personnellement, très amateur de son REPO MAN, le WALKER d'Alex Cox m'a complètement soufflé. Intelligent, dense, et particulièrement bon marché.

THE WASHING MACHINE, de Ruggero Deodato (Italie/France/Hongrie, 1993) : il avait été question de ce film sur Matière Focale (lire l'article ici) ; la révélation a été d'autant plus frappante et inattendue que je m'attendais à visionner une série Z - Deodato n'étant pas repéré comme un esthète, sans parler de la laideur de l'affiche. Pas de vost, mais le film vaut très largement le détour. Plutôt que d'investir 20 euros dans le piètre CREEP, lâchez deux euros pour découvrir cette petite perle, vous ne serez pas déçus du voyage.

Pour compléter cette liste, voici quelques titres qui méritent au moins une mention (dix, c'est trop court) : GOTHIC, de Ken Russell,
KUNG POW de Steve Oedekerk, LIMBO de John Sayles, MILLENIUM ACTRESS de Satoshi Kon, LE MORT-VIVANT de Bob Clark, NAKED de Mike Leigh, NECRONOMICON de Brian Yuzna, Christophe Gans et Shusuke Kaneko, THE NIGHT FLIER de Mark Pavia, PIEGE A HONG-KONG de Tsui Hark, SLASHERS de Maurice Devereaux, TEAM AMERICA de Trey Parker, THIS IS SPINAL TAP de Rob Cohen, TOURIST TRAP de David Schmoeller, VACAS de Julio Medem, LA VENGEANCE DES MONSTRES de Larry Cohen, LA VIE AQUATIQUE de Wes Anderson.

Nous en arrivons à un second Top Ten qui traite plus spécifiquement de la série Z. J'achète des navets au kilo dans l'espoir de mettre la main sur des oeuvres de cette trempe, au-delà du bien et du mal. Et en plus, j'ai la générosité de partager mes meilleures prises avec vous : je devrais vraiment me faire sponsoriser... Evidemment, la plupart de ces films sont proposés en DVD dans des copies médiocres et en VF uniquement (même si la VF contribue souvent à augmenter le plaisir, il faut bien l'avouer).

AU PAYS DE LA MAGIE NOIRE, de Lu Chin-Ku & To Man Fo (HK/Philippines, 1977) : le film est proprement indescriptible, mais il a pourtant été décrit dans ces pages.

LES AVENTURES GALANTES DE ZORRO, de William Russell (France/Belgique, 1972) : un obscur film de Zorro remonté et truffé de séquences érotiques softcore pour un résultat particulièrement débile, la palme revenant probablement à cette vieille femme hideuse errant dans le métrage en se lamentant ("Où il est, mon Zorro ?").

BEVERLY HILLS VAMP, de Fred Olen Ray (USA, 1988) : petit classique des vidéo-clubs, cette comédie débile met en vedette l'acteur Eddie Deezen. C'est profondément idiot et ça ferait passer Benny Hill pour du Bergman.

LE CLANDESTIN, de Greydon Clark (USA, 1987) : le film est disponible en double programme avec LE BATEAU DES TENEBRES, petite série B morne et sans saveur. Par comparaison, les aventures de ces Bimbos sur un yacht de dealers, confrontés à un chat mutant qui renvoie aux meilleures moments du Muppet Show - le tout avec un sérieux papal - nous permettent de mesurer la nuance de taille entre médiocrité à mourir d'ennui et nullité à en mourir de rire.

DRAGON BALL LE FILM, de Joe Chan & Leung Chung (Philippines, Taïwan, 1989) : cette tentative d'adapter en live le célèbre anime japonais (dont je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout client) accouche d'un navet hystérique assez désarmant et franchement cocasse. Lire
l'article ici.

ECORCHE VIF, de Gabe Bartalos (USA, 2003) : difficile de dire que ce film surréaliste proche dans l'esprit de la filmographie de Frank Henenlotter est vraiment une série Z. Les moyens et la mise en scène relèvent indiscutablement du bis, mais le récit est en totale rupture avec les poncifs du cinéma de genre, et accumule les idées les plus bizarres avec une certaine poésie punk - pas de vost, et pour ce film, c'est quand même un peu regrettable.

MAC ET MOI, de Stewart Raffill (USA, 1988) : ce classique, remake officieux de E.T. produit par McDonald, ressemble à une publicité pour coca-cola d'une heure trente, c'est un film tout bonnement indispensable. Lire
ici et ici.

LA MAISON HANTEE, de John & Mark Polonia (USA, 2000) : le fait qu'un film aussi empreint d'amateurisme fauché puisse avoir été édité en DVD jusque dans nos contrées demeure un mystère impénétrable. Un remake d'
AMITYVILLE mâtiné d'EVIL DEAD et tourné dans une cuisine, ça vous tente?

LA REVANCHE DE SAMSON, de Sisworo Gautama Putra (Indonésie, 1987) : le film reste une des acquisitions dont je suis le plus fier. Ne vous fiez pas à sa jaquette qui le ferait passer pour un péplum télévisé à dormir debout, vous passeriez à côté d'un des pires films de l'univers, et vous vous priveriez de la séquence érotique la plus vulgaire et la plus drôle de l'Histoire du Cinéma (notez bien les majuscules, qui s'imposent).

LA REVANCHE DES MORTES-VIVANTES, de Pierre B.Reinhard (France, 1987) : en plein déclin du genre gore du film de mort-vivants, cet opus tardif et français en reste probablement l'illustration la plus désopilante. Je vous promets de francs éclats de rires et de grandes plages de perplexité insondable et zen. Et je souligne que ce film nul, nul, nul et re-nul est sorti (chez Néo Publishing) dans une édition d'un luxe surréaliste, qui pousse le bouchon jusqu'à proposer parmi ses bonus l'intégralité de la bande originale Bontempi. Mais à ce stade, il faut savoir que même les filmographies sont hilarantes. Incontournable.

Là aussi, une mention s'impose pour les titres n'ayant pas pu être intégrés à ce Worst Of : ATTENTION ENFANTS, de Mik Cribben, DEATH MASK, de Steve Latshaw, KING KONG II de John Guillermin, HOUSE IV de Lewis Abernathy, MEURTRE SANGLANT II, de Rob Spera, SHARK ATTACK III, de David Worth, méritent votre attention la plus poussée.

Un dernier Top Ten, à la demande du Docteur Devo, et celui-là sera plus expéditif. Comment économiser de l'argent ? En évitant d'investir, même presque rien, dans les films suivants.

BATTLE ROYALE II, de Kenta Fukasaku (Japon, 2003) : qui restera peut-être l'une des pires suites jamais réalisées. Jamais réalisée ? Si seulement...
Article ici.

BROCELIANDE, de Doug Headline (France, 2002) : revoyez un Argento, n'importe lequel, plutôt que cette soupe qui lui rend un hommage de la pire espèce (voir
article ici).

CUBE II, d'Andrzej Sekula (Canada, 2002) : le film apporte enfin des réponses dont on n'avait aucun besoin et propose une solution stupide au mystère soulevé par le film de Vincenzo Natali. Douloureux.

DE L'AMOUR A LA FOLIE, d'Antonia Bird (USA, 1995) : la déception rend sévère. Cette bluette mélo est totalement indigne de la réalisatrice de FACE et de VORACE. Aucun intérêt.

INDIANA JONES ET LA DERNIERE CROISADE, de Steven Spielberg (USA, 1989) : si vous appréciez les deux premières aventures du mec au chapeau, vous devrez malheureusement aussi faire l'acquisition de ce troisième volet perclu d'arthrite. Je préfère encore revoir LA GRANDE VADROUILLE, tiens.
Article ici.

I, ROBOT, de Alex Proyas (USA, 2004) : à moins d'être un fan de Will Smith, ça peut très largement s'éviter.
Article ici.

PREDATOR I et II, de John McTiernan/Stephen Hopkins (USA, 1987/1990) : je vais encore faire grincer des dents, mais tant pis, j'assume ma détestation pour ces deux médiocrités luxueuses que j'ai revues en 2005 pour m'assurer que je n'avais pas rêvé. Je préfère de très loin ALIEN vs PREDATOR.

RETROACTION, de Louis Morneau (USA, 1997) : ce film réitère une des expériences de cinéma les plus pénibles, celle de traiter d'un sujet prometteur en optant systématiquement pour les choix narratifs et esthétiques les plus désastreux.
Article ici.

SUBTERANO, d'Esben Storm (Australie/Allemagne, 2003) : un inédit qui aurait mieux fait de le rester. Pour une fois, ne soyez pas curieux, croyez-moi sur parole.
Article ici.

LES TEMOINS, de Brian Gilbert (USA/GB, 2002) : quand le réalisateur de JAMAIS SANS MA FILLE tente de faire du M.Night Shyamalan, ça fait vraiment mal au cul.
 
Le Marquis
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Mardi 10 janvier 2006 2 10 /01 /Jan /2006 13:29

Publié dans : Ethicus Universalis
Bonjour les Focaliens, salutations les Focaliennes !
 
A défaut d'un nouvel article (les journées sont trop courtes dans le moment), nous allons jouer pour débuter cette année à notre célèbre Jeu du Film Mystérieux, vingt-quatrième du nom. Il s'agit de reconnaître les photos, c'est-à-dire de savoir de quels films elle sont extraites. Pour cela, appuyez sur le lien commentaire, là, juste en bas, et donnez vos réponses.
 
J'ai remis en jeu les photos qui n'avaient pas été trouvées lors du précédent jeu. J'ai changé les diapos, mais il s'agit bien de films que vous n'aviez pas trouvés ! Il y a notamment un film (première diapo ci dessous) qui est ici à son quatrième passage ! C'est rare qu'un film vous résiste autant !
 
Oui, mais c'est pas juste ! avec des fêlés de ciné, genre Le Marquis ou Bernard RAPP, j'ai aucune chance de gagner, moi ! Rassure-toi, gentil lecteur qui se sous-estime, le jeu est aussi pour toi. On adore tous spéculer et rêver. Alors lâchez-vous ! Essayez d'imaginer à quelle époque a été tourné le film, dans quel pays ? Essayez d'inventer des courtes histoires, des synopsis, ou des résumés de films imaginaires où ce plan irait parfaitement bien ? Allez-y par déduction, posez-moi des questions pour avoir des indices, etc. Comme disait un groupe de poètes célèbres : "No, No, No, No, No, No, There's No Limit !".
 
Les photos des films non trouvés seront reproposées au prochain jeu. N'hésitez pas à me poser des questions, et à demander des indices...
C'est parti !

(Diapo 2401 : Quatrième passage pour ce film mystérieux... Lors du dernier jeu, vous aviez vu un autre plan, à savoir la diapo N° 2301 , et encore avant la diapo N° 2204, et encore avant la diapo N° 2102 ! Por l'instant, vous n'avez pas découvert énormément d'indices. On sait que Michael Ironside joue dedans,et que le film a des têtes de chapitres assez belles. Ici, l'actrice blonde devrait vous aider, vous la connaissez sûrement... Courage.


(Diapo No 2402 : Deuxième passage pour ce film  dont on avait déjà vu la
diapo N° 2303. On retrouve l'homme en peignoir, dont je m'étonne encore que vous ne l'ayez pas reconnu. Là aussi, la blonde vous sauve, non ?)


(Diapo 2403 : Assez dur, mais c'est le deuxième passage. On avait vu, lors du précédent jeu, un étrange chinois sur la
diapo N°2304 ! Allez, regardez bien cette photo. Puis cliquez pour voir la N°2304, histoire de se remémorer un peu le visage de ce chinoix mystérieux, et écoutez cet indice fourrassien : "Ce chinois n'est pas ce qu'il a l'air !". Le réalisateur de ce film est très célèbre (second indice), voire même culte.


(Diapo 2404 : Ah enfin, un film nouveau ! Ça n'a l'air de rien, mais, même si c'est assez pointu, c'est trouvable...)

Et bien voilà, c'est à vous de jouer, et de risquer les hypothèses les plus loufoques ou les plus pointues dans les commentaires. Amusez-vous bien !


Dr Devo.

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Mardi 3 janvier 2006 2 03 /01 /Jan /2006 11:52

Publié dans : Ethicus Universalis

(Photo : "Ideal Rapport" par Dr Devo, d'après le thème astral de Herbert Léonard !)

Chers Focaliens,
Il n'y a pas que le sexe dans la vie, il y a aussi le désir ! Et avec un titre d'article comme ça, si Télérama ne m'engage pas, je ne comprends plus rien !
Il y a quelques temps, presque un mois et demi en fait, le blogmeistre Pierrot lançait une vaste enquête sur le cinéma et l'érotisme. Il s'agissait de convoquer d'autres blogs amis et de leur demander de faire une liste des dix films les plus érotiques au monde ! Rien que ça. Evidemment, Pierrot, qui n'est pas né de la dernière pluie, a précisé que la notion d'érotisme posait problème, et donc, dans une sagesse extrême, il nous a incités à prendre le terme dans son acception la plus large, afin de délivrer des palmarès plus riches et surtout plus subjectifs que ce qu'auraient pu être des classements ne prenant en compte que des films érotiques ou pornographiques stricto sensu.
L'équipe de Matière Focale, toujours dévouée, s'est donc penchée sur ce gros problème. [Pour des raisons techniques, Tournevis n'a pas pu me faire parvenir son palmarès, mais je le publierai ultérieurement et je vous tiendrai au courant !]
Voici donc mon palmarès, ainsi que celui du Marquis, de Bernard RAPP et de Mr Mort (attention, ça décape !). Il est évident qu'en matière d'érotisme cinématographique, les opinions et les goûts divergent, et pas qu'un peu. Cependant, je constate un point commun entre nous tous. Le cinéma pornographique ne nous plaît pas, ni de près ni de loin. Et tous, nous avons une conception plus qu'étendue de la notion. Après en avoir discuté entre nous par téléphone, nous nous sommes également rendus compte qu'il suffisait de peu pour qu'un film entre dans le classement et que, certaines fois, nous avions choisi tel ou tel film, effectivement réputé érotique, pour des raisons autres que leur réputation, comme l'explique très bien par exemple le Marquis à propos de HELLRAISER. Enfin, nous avons tous trouvé qu'une telle liste était bien difficile à établir !
Sans plus attendre, voici les résultats par ordre alphabétique. [Nous avions la possibilité de commenter notre liste, mais tout le monde ne l'a pas fait. Les commentaires au sein de chaque liste ne sont pas de moi mais du collaborateur en question, sauf si indiqué.]
Dr Devo.
 
 
LA LISTE DE BERNARD RAPP
[Note du Dr : notre ami Bernard avoue n'avoir pas à rougir de sa liste, mais il la propose, je cite, "sans conviction" !]
Voici sa liste :
MATADOR, de Pedro Almodovar (Espagne-1985)
BOUND, d’Andy et Larry Wachowski (USA-1996)
LES JOURS ET LES NUITS DE CHINA BLUE, de Ken Russell (UK/USA-1984)
TIERRA, de Julio Medem (Espagne-1996)
AN ARIA ON GAZE (THE BEDROOM), film inédit de Hisayasu Sato (Japon-1992)
LES VIES DE LOULOU, de Bigas Lunas (Espagne-1990)
BODY DOUBLE, de Brian De Palma (USA-1984)
POSSESSION, d’Andrezj Zulawski (Pologne-1981)
SOCIETY, de Brian Yuzna (USA-1989)
 
LA LISTE DU DR DEVO (liste par ordre d'importance décroissante)
 
LES JOURS ET LES NUITS DE CHINA BLUE, de Ken Russell (UK/USA-1984) :
Très grand film d'un énorme réalisateur, sans doute celui dont je me sens le plus proche. Une réflexion iconoclaste sur les fantasmes, un portrait dur et triste, ce qui n'exclue pas une certaine tendresse. Film très vaste sur le sujet, et qui n'est pas érotique de la manière dont on pense forcément. Beaucoup d'abstraction également, ce qui compte pour ces choses-là.
CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR (La série, et surtout pas le film !) : Ben oui. Parce que cette série, même si elle passe à la télé, c'est du cinéma. Et puis parce qu'elle repose sur le fait qu'on ne peut pas être sûr que Steed soit (ou ne soit pas !) l'amant d’Emma Peel ou de Tara King. La séduction à son top, la classe à son zénith, CHAPEAU MELON… est forcément érotique. L'homme parfait a existé, Mesdames, et il s'appelait John Steed. Ces gens sont parfaits. Note : il m'a toujours semblé imbécile de dire qu’Emma Peel était la meilleure compagne de Steed, et qu'elle incarne le meilleur de la série. Tara King et Purdey sont différentes bien sûr, mais sont complètement irrésistibles. Sur ce plan là, ou sur le plan cinématographique en général, la série, contrairement à la légende (qui est extrêmement répandue même chez les fans !) de cet âge d'or peelien, me paraît d'un niveau aussi constant. Si, Mesdames, vous n'avez jamais vu un épisode en VO, vous ne savez pas ce qu'est la séduction, la classe et la sensualité !
L'ECUREUIL ROUGE, de Julio Medem (Espagne-1993) : Le Marquis a raison (voir ci-dessous), l’œuvre de Medem est extrêmement sensuelle, mais là en plus, comme dans TIERRA d'ailleurs, on retrouve Emma Suarez, immense actrice, peut-être une des deux ou trois meilleurs actrices vivantes, et femme sublimissime. Beau film d'amour qui plus est.
SOCIETY, de Brian Yuzna (USA-1989) : Un brûlot ! Joué entièrement avec des acteurs de soap-opéras auquel Yuzna a caché la véritable teneur du film (en tronquant les scènes finales de parties fines monstrueuses, conçues par le génial maquilleur Screaming Mad George, un japonais travesti (!) qui s'est beaucoup inspiré de Dali notamment). Un film drôle, anxiogène, d'une cruauté invraisemblable, et qui joue sur nos peurs les plus enfouies. Socialement, c'est une bombe ! On trouve ça pour deux ou trois euros en DVD, précipitez-vous. Grand film.
 
THE WASHING MACHINE, de Ruggero Deodato (Italie-Hongrie - 1993) : Se reporter à l'article en cliquant sur le titre.
GLISSEMENTS PROGRESSIFS DU PLAISIR, d'Alain Robbe-Grillet (France-1974) : Parce que ces choses-là marchent aussi avec le cerveau.
UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS, de Jess Franco (Espagne-1973) : Ah, voilà un réalisateur qui a fait aussi du porno. Dans ce film, l'héroïne n'est non seulement pas vierge, mais en plus, il n'y a aucun zombie ! Reste que j'ai choisi ce film bizarre (où tous les plans commencent et se terminent par un zoom ! Vous êtes prévenus), car j'aime cet érotisme 1er degré et presque prude, un peu à la mode M6 (dont les porno-softs italiens seront toujours plus beaux que n'importe lequel des films pornos), un sentiment désuet d'érotisme dont on s'aperçoit avec surprise qu'il est bel et bien efficace, et qu'il est toujours lié à une dose, même infime, d'onirisme.
HOLY SMOKE, de Jane Campion (Nouvelle-Zélande - 1998) : Beau sujet, beau film d'amour, superbe film sur la Société contre l'Individu (comme SOCIETY, tiens !), et film très charnel, notamment grâce à Kate Winslet, qu'il aurait été difficile d'oublier dans cette liste. Harvey Keitel arrive en contre-point et fait bizarrement remonter la sensualité du film encore plus haut. Un érotisme du quotidien en quelque sorte.
RUSHMORE, de Wes Anderson (USA-1998) : Voilà un film absolument pas érotique. Mais Wes Anderson réussit l'exploit de rendre son actrice Olivia Williams (très belle femme, mais ça n'explique pas tout), absolument irrésistible. Son cerveau semble directement connecté à son corps, et on a envie de pleurer tout le temps en la voyant. Elle semble idéale. Je retiens le film pour un plan (quand Jason Schwartzman l'observe dans sa salle de classe), et aussi pour la petite scène des "carottes", où Bill Murray vient sonner chez elle pour lui proposer de se balader. Ils ne s'embrassent pas, ils ne se touchent pas, et on sent le désir d'une façon incroyable : ces deux-là ont envie de se prendre dans les bras l'un de l'autre, ils ont envie de faire l'amour comme jamais. Très grande scène (et deux acteurs sublimes, ça aide !). Le meilleur moment de l'amour n'est pas, contrairement à la légende, quand on monte l'escalier, mais encore avant, quand on mange des petites carottes ! Qu'on se le dise !
LA SECRETAIRE, de Steven Shainberg (USA-2002) : Film avec un sujet érotique effectivement, mais qui l'est moins qu'on pourrait le penser. Par contre, il y a un champ / contrechamp d'anthologie, et ce grâce aux acteurs. Maggie Gyllenhaal, dehors sous la pluie, regarde James Spader (incroyablement sensuel dans ce film) qui est dans son salon, où il vient de faire du vélo d'appartement. Il dégouline de sueur, et elle de pluie. Ils viennent de courir et se regardent. Dans ce champ / contrechamp, j'ai rarement eu une impression que deux acteurs pouvaient être si "évidemment" physiques. On croit ressentir la chaleur de la sueur et la fraîcheur de la pluie directement sur notre peau, et tous deux expriment parfaitement leur état physique. C'est bouleversant. Film très tendre sinon, en général.
 
LA LISTE DU MARQUIS
 
Hem. Les 10 films les plus érotiques du cinéma : en quantité ? En nombre de pénétrations ? De partenaires ? Comme j'ai toujours oublié de compter, ça ne va pas être de la tarte.
L'ANGE DE LA VENGEANCE, d'Abel Ferrara (USA-1981), qui formerait un beau duo avec L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL de Dario Argento – l'érotisation de l'arme. Mémorable séquence montrant l'actrice Zoe Tamerlis déguisée en nonne devant son miroir, embrassant chacune des balles qu'elle glisse dans son revolver.
BELLE DE JOUR, de Luis Buñuel (Espagne/France-1966) – qu'y a-t-il dans la boîte du chinois...
BLUE VELVET, de David Lynch (USA-1986).
 
LA FELINE, de Jacques Tourneur (USA-1942), même si son remake est plus explicite. C'est souvent dans le cinéma fantastique le moins démonstratif que me reviennent des séquences puissamment érotiques - je pourrais également citer LE CAUCHEMAR DE DRACULA (UK-1958) de Terence Fisher pour la scène montrant Lucy seule dans sa chambre, attendant fiévreusement la visite du comte D.
 
FRISSONS, de David Cronenberg (Canada-1974).
GLISSEMENTS PROGRESSIFS DU PLAISIR, d'Alain Robbe-Grillet (France-1974).
HELLRAISER, de Clive Barker (UK-1988), pas forcément pour ses thèmes sadomasochistes (auxquels on a trop tendance à vouloir le réduire), mais surtout pour le personnage de Julia – jusqu'où peut-on aller trop loin ?
LES JOURS ET LES NUITS DE CHINA BLUE, de Ken Russell (UK-1984).
 
LUCIA Y EL SEXO, de Julio Medem (Espagne-2001), pour ne citer qu'un des très beaux films du cinéaste, tous très sensuels.
SOCIETY, de Brian Yuzna (USA-1989) : l'érotisme, ce n'est pas que dans la tête, c'est aussi dans le corps, et on le voit encore mieux quand on retourne ce corps comme un gant.
Zut ! Plus de place pour parler du LAGON BLEU ! Dix, c'est trop court (pourvu qu'elles soient douze !).
 
LA LISTE DE Mr MORT
BABY OF MACON, de Peter Greenaway (UK-1993) : sans commentaire. Allez voir le film et revenez mettre un commentaire ! Héhé !
LUCIE AUBRAC, de Claude Berri (France-1996) : rien que d'y repenser, j’en ai des frissons dans le dos !
PERE, FILS, d’Alexandre Sokourov (Russie-2003) : érotisme diffus et ambigu, mais rien à faire, c'est là !
PERE ET FILS, de Michel Boujenah (France-2002) : même raison ! Et puis Berling et Noiret, c'est le top de l'érotisme, non ?
LES CHORISTES, de Christophe Barratier (France-2003) : pour les lettres d'insultes, écrire à Dr Devo qui transmettra.
LE JOUR ET LA NUIT, de Bernard-Henry Lévy (France-1996) : grand film majeur, et surtout sublime cambrure indépassable d’Arielle Dombasle !
UN PETIT CAS DE CONSCIENCE, de Marie-Claude Treihlou (France-2002) : le cervelet en connexion directe avec tout le corps, et avec la société ! Indispensable ! Superbe voix qui plus est. Oubliez Ava Gardner.
MONEY FOR NOTHING (clip de Dire Straits) : c'est l'évidence.
STAR TREK : FIRST CONTACT, de Jonathan Frakes (USA-1996), ex aequo avec LES YEUX NE VEULENT PAS DE TOUT TEMPS SE FERMER OU PEUT-ÊTRE QU'UN JOUR ROME SE PERMETTRA DE CHOISIR  À SON TOUR (OTHON) de Jean-Marie Straub et Danielle Huillet (France-1969) : durs à départager. Une question d'exigence, probablement. Superbe titre (3 en 1 quand même !) en ce qui concerne le Straub !
LES NUITS FAUVES, de Cyril Collard (France-1992), ex aequo avec T'AIME de Patrick Sébastien (France-1999) : parce que j'en ai marre qu'on critique ce film de Sébastien, qui est aussi beau, exactement, que l'autre. Et puis la Romane, c'est quand même autre chose que Diana Rigg ! Tiens, j'ai même pas mis un film récent avec Jeanne Moreau !
 
 
Et bien, voilà. It was the results of the jury of Focal Matter.
 
Dr Devo.
 
PS : Réactions bienvenues dans les commentaires. Je vous en prie !
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 00:00

Publié dans : Ethicus Universalis
Bonjour les Focaliens, salutations les Focaliennes !
 
Donc, voici le Grand Jeu du Film Mystérieux N°23, déjà, quand je vous dis que le temps passe vite. Il s'agit de reconnaître les photos, c'est-à-dire de dire de quels films elle sont extraites. Pour cela, appuie sur le lien commentaire, là, juste en bas, et donne ta réponse.
 
 
J'ai remis en jeu les photos qui n'avaient pas été trouvées lors du précédent jeu. J'ai changé les diapos, mais il s'agit bien de films que vous n'aviez pas trouvés ! Il y a notammment un film qui est ici à son troisième passage !
 
 
Oui, mais c'est pas juste ! avec des fêlés de ciné, genre Le Marquis ou Bernard RAPP, j'ai aucune chance de gagner, moi ! Rassure-toi, gentil lecteur qui se sous-estime, le jeu est aussi pour toi. On adore tous spéculer et rêver. Alors lâchez-vous ! Essayez d'imaginer à quelle époque a été tourné le film, dans quel pays ? Essayez d'inventer des courtes histoires, des synopsis, ou des résumés de films imaginaires où ce plan irait parfaitement bien ? Allez-y par déduction, posez-moi des questions pour avoir des indices, etc. Comme disait un groupe de poètes célèbres : "No, No, No, No, No, No, There's No Limit !". 
 
Les photos des films non trouvés seront reproposées au prochain jeu. N'hésitez pas à me poser des questions, et à demander des indices...
C'est parti !
 
 
Diapo 2301 : Ohlalala, c'est très joli ça ! C'est déjà le troisième passage pour ce film décidément très mystérieux ! La dernière fois, je vous avez proposé un autre plan du film. C'était la Diapo  N°2204. N'hésitez pas à cliquer pour vous rafraîchir la mémoire...
 
 
Diapo 2302 : Deuxième passage pour ce film. La dernière fois, je vous avais proposé la diapo N° 2202, mais c'était très dur. Ça devrait s'éclaircir, cette fois-ci...
 
Diapo 2303 : Ah oui, je m'en souviens bien de cette scène... C'est un peu dur, mais on reconnaît quand même le bonhomme, non ?
 
Diapo 2304 : Oui, là, je suis d'accord, ça se corse. C'est très dur. Mais avec vous, on ne sait jamais, vous êtes capables de me reconnaître ça les yeux fermés...
 
Bonne chance, et amusez-vous bien !
Dr Devo. 
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Jeudi 1 décembre 2005 4 01 /12 /Déc /2005 12:53

Publié dans : Ethicus Universalis
Bonjour les Focaliens, salutations les Focaliennes !
 
Ça faisait longtemps, et donc voici le Grand Jeu du Film Mystérieux N°22. Il s'agit de reconnaître les photos, c'est-à-dire de dire de quels films elle sont extraites. Pour cela, appuie sur le lien commentaire, là, juste en bas, et donne ta réponse.
 
J'ai remis en jeu les photos qui n'avaient pas été trouvées lors du précédent jeu. J'ai changé les diapo, mais il s'agit bien de films que vous n'aviez pas trouvés !
 
Oui, mais c'est pas juste ! avec des fêlés de ciné, genre Le Marquis ou Bernard RAPP, j'ai aucune chance de gagner, moi ! Rassure-toi, gentil lecteur qui se sous-estime, le jeu est aussi pour toi. On adore tous spéculer et rêver. Alors lâchez-vous ! Essayez d'imaginer à quelle époque a été tourné le film, dans quel pays ? Essayez d'inventer des courtes histoires, des synopsis, ou des résumés de films imaginaires où ce plan irait parfaitement bien ? Allez-y par déduction, posez-moi des questions pour avoir des indices, etc. Comme disait un groupe de poètes célèbres : "No, No, No, No, No, No, There's No Limit !".
 
Les photos des films non trouvés seront reproposées au prochain jeu. C'est une nouveauté. Dans ce cas, n'hésitez pas à me poser des questions, et à demander des indices...
C'est parti !
 
 
 
Diapo N°2201 : Bon, là, il s'agit d'une photo du film que vous n'aviez pas trouvée la dernière fois, soit la photo 2101 du jeu précedent : pour vous rafraichir la mémoire, cliquez ici ! Avec cette deuxième photo, ça devrait être plus facile, non ?
 
 
 
 
Diapo N°o2202: Oops! Ça n'a pas l'air facile, ça ! En même temps, il y a des indices....



Diapo 2203 : Ah ben oui ! Là, on voit très bien de quoi il s'agit ! Piège ou pas piège ?


Diapo 2204 : Là aussi il s'agit d'un film que vous n'aviez pas trouvé lors du jeu N°21. Pour vous rafraîchir la mémoire, allez jeter un oeil sur la photo 2102 du jeu précédent : cliquez ici ! Est-ce plus facile maintenant ?

 
Et bien voilà, on a fait le tour. Amusez vous bien !
Dr Devo.
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Lundi 21 novembre 2005 1 21 /11 /Nov /2005 10:40

Publié dans : Ethicus Universalis

Bonjour les Focaliens, salutations les Focaliennes !

Bon, ben le docteur a été au cinéma hier, mais il a été voir A HISTORY OF VIOLENCE, le film de David Cronenberg dont vous pouvez aller lire la belle critique de notre ami Tournevis. Et il n'a rien vu d'autre... Résultat, on va se faire un petit jeu.

Donc, voici le Grand Jeu du Film Mystérieux N°21. Il s'agit de reconnaître les photos, c'est-à-dire de dire de quels films elle sont extraites. Pour cela, appuie sur le lien commentaire, là, juste en bas, et donne ta réponse.
Oui, mais c'est pas juste ! avec des fêlés de ciné, genre Le Marquis ou Bernard RAPP, j'ai aucune chance de gagner, moi ! Rassure-toi, gentil lecteur qui se sous-estime, le jeu est aussi pour toi. On adore tous spéculer et rêver. Alors lâchez-vous ! Essayez d'imaginer à quelle époque a été tourné le film, dans quel pays ? Essayez d'inventer des courtes histoires, des synopsis, ou des résumés de films imaginaires où ce plan irait parfaitement bien ? Allez-y par déduction, posez-moi des questions pour avoir des indices, etc. Comme disait un groupe de poètes célèbres : "No, No, No, No, No, No, There's No Limit !".

Les photos des films non trouvés seront reproposées au prochain jeu. C'est une nouveauté. Dans ce cas, n'hésitez pas à me poser des questions, et à demander des indices...

C'est parti !

 

 

Diapo N°2101 : Bizarre, ce plan, je me demande comment il a été coupé... Ce visage, pas un visage de super-star mais un visage qu'on croise de temps en temps, peut vous mettre la puce à l'oreille... Difficulté moyenne, disons.

Diapo N°2102 : Tiens, c'est marrant, on dirait pas, mais il y a comme qui dirait un piège ! Un peu plus dur déjà ! Carrément même ! Mais vous êtes très forts, et vous allez me démonter ça en trois coups de cuillères à pot, comme d'habitude !

Diapo n°2103 : Bon pour le Marquis, c'est très facile. Peut-être Bernard RAPP s'en souviendra aussi... Ils laisseront le temps de répondre aux autres, j'en suis sûr. Jolie image en tout cas... Difficulté assez prononcée !

Et bien voilà ! On a fait le tour ! Amusez-vous bien !

Dr Devo.

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Jeudi 3 novembre 2005 4 03 /11 /Nov /2005 00:00

Publié dans : Ethicus Universalis

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