BON CHIC MAUVAIS GENRE #58: spécial "PERVERS PEPERE VS. PERVERSE MEMERE"

Publié le par Dr Devo

Affiche réalisée par Lammakian Samsenesena. Cliquer pour agrandir.

Affiche réalisée par Lammakian Samsenesena. Cliquer pour agrandir.

 

Ce 9 octobre 2015, à 19h30, au cinéma Majestic de Lille, BON CHIC MAUVAIS GENRE, votre belle soirée consacrée au cinéma rare, oublié, beau ou bizarre (et toujours programmée par les projectionnistes du Majestic, en partenariat avec le magazine Distorsion !) revient avec une 58éme édition qui marquera les débuts de notre 6éme saison.

Et cette année de "gouleyance" cinématographique commence sur les chapeaux de roue. Car derrière l'élégante thématique de cette soirée, "Pervers Pépére Vs Perverse Mémére", se cachent deux films  absolument magnifiques.

Tout d'abord, le choc absolu: BAD BOY BUBBY de l'excellent réalisateur australien Rolf De Heer, un film qui n'a aucun équivalent et qui secoua durablement le festival de Venise en 1993 (5 prix dont le Prix du Jury) et ceux qui ont la chance de le voir lors de sa modeste sortie française. On y suit les pas d'un homme de 35 ans séquestré depuis de sa naissance dans sa découverte du vrai monde.  Réalisé avec un budget famélique le long-métrage est d'une beauté phénoménale, ose toutes les trouvailles, et est porté par un acteur en pleine extase. Un film dur, hypnotisant, mais aussi lumineux, fou et libérateur. Sans conteste, ça pourrait être pour certains d'entre vous qui ne le connaissent pas et tenteront, le film de l'année (je pése mes mots, et croyez-moi bien c'est une litote).

 

Puis à 21h30, vous pourrez redécouvrir LES NERS A VIFS, thriller complètement déjanté  de Martin Scorcese, souvent sous-estimé ou oublié par les cinéphiles. Là aussi, la folie est au programme à l'image et dans le scénario, et on découvre un DeNiro en super-forme quii ose à peu près  tout et prend des risques vraiment, vraiment (non, mais vraiment je vous assure !) inconsidérés pour faire vivre son personnage de tueur psychotique, dangereux et Fou de la Messe. A ses côtés une Juliette Lewis elle aussi complétement borderline, et une Jessica Lange au top dans un de ses meilleurs rôles.  C'est un film jouissif, à la mise en scène maniaque et barrée qui nous rappelle qu'à cette époque Scorcese était un réalisateur vraiment hors-norme qui avait encore gardé "le slip sur la tête", comme disent les jeunes.

 

Cerise sur le gâteau, ces deux films vous seront présentés en copie numérique restaurée !

 

 

 

[Bon, pour être honnête, l'ancienne bande-annonce montrait beaucoup mieux la magnificence de la chose mais en dévoilait trop. Ici, on dévoile toujours trop, mais c'est moins beau... Allez, je vous la mets quand même, bande de drogués !]

 

19H30: BAD BOY BUBBY de Rolf De Heer, Australie/Italie – 1993. Durée: 1h54. Version originale sous-titrée – Interdit aux moins de 12 ans - Copie numérique restaurée.

Avec : Nicholas Hope, Claire Benito, Ralph Cotterill, Syd Brisbane, Natalie Carr...

Elevé dans un taudis fermé à double tour depuis sa naissance par une mère qui le maltraite physiquement, psychiquement et sexuellement, Bubby, 35 ans, n'a jamais connu le monde réel. Il vit dans un état de terreur religieuse sous la pression de cette génitrice qui le maintient dans un état infantile. Lorsque le père de Bubby, un prêtre,  débarque de manière impromptue après de longues années d'absence, l'univers de l'homme-enfant est bouleversé. Mais ce n'est rien à côté de ce qui l'attend lorsqu'un un événement imprévu et dramatique apparait...

Il faut s'imaginer le choc que fut BAD BOY BUBBY pour ceux le découvrirent en 1993 au festival de Venise ou à l'excellent étrange Festival de Paris: un réalisateur alors inconnu sur notre continent, un acteur sorti de nulle part, un sujet plus qu'atypique et un budget famélique (ce qui ne voit pas du tout) qui pourtant marquèrent de manière indélébile les cinéphiles lors de sa discrète sortie.

Evidement, la simple lecture du sujet du film pourrait en décourager plus d'un. BAD BOY BUBBY est un film dur, malade, très cru auquel rien ne nous prépare, traversé par des thématiques souvent trés implicantes telles que la religion, le handicap, le regard de l'autre et le langage. Mais BAD BOY BUBBY est aussi bien plus qu'il ne le laisse présager. C'est le portrait terrible et passionné d'une libération possible. A traver la quête de Bubby, c'est un portrait certes sans concession de notre monde qui se détache, vu par le prisme de "l'enfant" inadapté,  mais c'est le récit d'une expérience extatique, généreuse, et étrangement, très étrangement humaniste.  Et c'est grâce à la mise en scène irradiante et innovatrice de Rolf De Heer (réalisateur de DANCE ME TO MY SONG, du ténébreux ALEXANDRA'S PROJECT et du récent mais hyper-classique CHARLIE'S COUNTRY).

De Heer signe une mise en scène superbe qui utilise tous les leviers de la mise en scène: un montage extraordinaire qui ose mettre des plans ou des scènes hétérogènes en rapport et innerve le film d'un rythme passionnant,  un travail sonore de toute beauté et une photographie hallucinante (dûe à un dispositif étonnant: un directeur de la photo par décor, soit 32 en tout!), et de superbes cadrages et mouvements d'appareil (cf. La scène de l'usine et son long plan phénoménale qui est sans doute une des plus belles choses qu'on ait pu voir au cinéma). Une telle soif d'expérimentation et de fougue cinématographiques font de BAD BOY BUBBY une expérience  en salle totalement unique et sensuelle !

Mais, le film doit aussi énormément à son acteur pirncipal, Nicholas Hope, comédien radieux, enfiévré, ici totalement en état de grâce qui porte et décuple l'énergie et la puisance du film.

 

BAD BOY BUBBY, film que nous cherchons à programmer depuis 6 ans (!) est une expérience unique et bouleversante,  paradoxalement sombre et radieuse, innervée de ténèbres et de joie, d'une beauté toute simplement à couper le souffle. Et l'émotion immense qui le parcourt pourrait marquer votre coeur sensible de cinéphile à vie.

 

[Pour être honnête, je renonce à vous proposer la bande-annonce qui est trop longue d'une part et surtout qui racontre TOUT le film, notamment le final. Il faudra me croire sur parole !]

[Pour être honnête, je renonce à vous proposer la bande-annonce qui est trop longue d'une part et surtout qui racontre TOUT le film, notamment le final. Il faudra me croire sur parole !]

21H30: LES NERFS A VIFS (Cape Fear) de Martin Scorcese. USA – 1991. Durée: 2h08. Version originale sous-titrée – Interdit aux moins de 12 ans - Copie numérique restaurée.

 Avec: Robert De Niro, Nick Nolte, Juliette Lewis, Jessica Lange, Illeana Douglas, Edgar Allan Poe IV...

 

Le dangereux psychopathes Max Cady (R. DeNiro) vient de purger sa peine de 14 ans de prison, et il n'est pas content-content ! Pendant tout sa détention, il a ruminé sa veangeance contre Sam Bowden, son ancien avocat. Le démoniaque Cady se met à harceler Bowden et toute sa famille. Et bientôt, l'avocat se rend compte avec horreur que le Systéme ne pourra pas le protéger. L'enfer peut commencer !

 

LES NERFS A VIF est le remake du film homonyme de Jack Lee Thompson avec Gregory Peck et Robert Mitchum (réalisé en 1962, fort bien interprété et un peu mollasson sur les bords). C'est donc un film de commande pour Scorcese mais ce qu'il va en faire est vraiment renversant...

Si on ne peut que louer la période "classique" du réalisateur (TAXI DRIVER, RAGGING BULL...), on oublie parfois un peu vite la très belle décade qu'il entame juste après avec LA VALSE DES PANTINS, AFTER HOURS, etc..., période souvent aussi riche et qui se conclue avec ce film de manière complètement folle.

Scorcese transcende largement son matériau d'origine  de fort belle manière en se lançant dans une mise en scène et un traitement plein de suspens, souvent drôle ou jouissif, et pour tout dire avec un ton très foufou. Sur une base convenue, le réalisateur italo-américain lâche complètement les chiens avec une mise en scène ultra-graphique, assez expérimentale (pour l'époque !) avec effets visuels iconoclastes en pagaille, moult mouvements de caméras tordus et des cadrages aussi soignés que torturés. Un excellent montage, précis et vif, finit de faire de ce film un divertissement de première classe qui parfois fait preuve d'une virtuosité totalement bluffante et prenante (par exemple, un plan ultra-anxiogène sur un simple ours en peluche vous glacera le sang, c'est une promesse!), et on pense parfois à DePalma auquel Scorcese semble rendre hommage ou, au moins, citer avec malice.

Pour incarner ce film à la fois drôle, fou et prenant, il fallait un casting à la hauteur de cette démesure. DeNiro est hystérique, toujours sur le fil du rasoir, et il ose tout ! A ses côtés une Juliette Lewis qui n'y va pas non plus par le dos du tractopelle, un Nick Nolte impeccable et solide comme d'habitude et enfin Jessica Lange, vraiment très en forme qui trouve ici sans doute un de ces meilleurs rôles.

Une descente aux enfers drôle et perverse, un portrait au vitriol de la famille américaine et un Scorcese débridé... Que faut-il de plus ?

Ha si, le film est projeté en copie numérique restaurée ce qui devrait rendre justice à la formidable photographe du grand Freddie Francis !

 

Dr Devo.

 

Dress-code de la soirée (1 DVD à gagner pour le meilleur déguisement !): Fou, psychopathe, prêtre, infirmier(e), gardien de prison, policiers, avocat (ou juriste ou juge), rockeur, australien, style hawaïen, chat, Guy Béart ou spectateur du Majestic.


Réservations fortement conseillées (possible à la caisse du Majestic dés aujourd'hui) : possibles dés à présent à la caisse du Cinéma Le Majestic. Soirée proposée par  le site Matière Focale.com et les projectionnistes du cinéma Majestic. Tarifs: 13 euros les deux films / 1 film aux tarifs habituels. Cartes illimitées ugc acceptées pour les deux films.

 

Prochaine soirée BON CHIC MAUVAIS GENRE : vendredi 21 novembre 2015.

 

 

 


Vous pouvez inviter vos amis à cette soirée, via la page Facebook dédié à cet événement: cliquez ici !

  

Publié dans Mon Général

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