BON CHIC MAUVAIS GENRE #69 : "On Va Slasher !"

Publié le par Pete Pendulum et Dr Devo

[Affreux collage réalisé par mes soins. je remplace par l'affiche officielle dés que je l'ai !]

[Affreux collage réalisé par mes soins. je remplace par l'affiche officielle dés que je l'ai !]

 

Ce vendredi 4 novembre 2016, BON CHIC MAUVAIS GENRE, votre soirée consacrée au cinéma beau, rare, déviant, culte, oublié, surprenant revient à Lille avec un double-programme savoureux, choisis avec soin par les projectionnistes du Majestic, en collaboration avec la revue DISTORSION et le site matierefocale.com.

Pour ce 69éme numéro, point d’érotisme (ou alors très peu) mais plutôt une plongée dans le mode de la violence et des entrailles, à travers un hommage au genre « slasher ».

On démarrera avec un des maîtres du genre, l’excellent Wes Craven, dont on redécouvrira, en copie restaurée, LA COLLINE A DES YEUX, slasher brutal, sans concession et bien loin de nombreux films qui l’ont suivis ! C’est sans pitié, les tueurs sont totalement fous et dégénérés, et dans le désert new-mexicains, vous n’avez que peu de chance qu’on vous entende crier… Un film impressionnant qui devrait prendre une dimension et un force incroyables sur grand écran.

Ensuite, tout va changer et rien ne va changer avec le film TUCKER ET DALE FIGHTENT LE MAL (les distributeurs français sont des champions). Un groupe de jeunes, la forêt, un lac, des bières au coin du feu et un gros gros massacre sont au programme. Mais contrairement à Wes Craven, il s’agit ici d’une comédie horrifique qui revisitent les clichés du slasher et aussi les clichés tout court puis qu’il s’agira énormément de préjugés ( et d’une bande de jeunes irrémédiablement stupide). Un film drôle, tendu et bien fichu qui vaut beaucoup mieux que son titre. On va donc visiter le slasher à l’ancienne et le slasher moderne, la comédie et la descente aux enfers ! Un point commun : ca va saigner, et pas qu’un peu ! Amenez vos cirés et vos bottes : vous risquez d’être aspergés !

 

[Préférons l'affiche de la ressortie du film plutôt que de vous mettre un film-annonce long et qui montre tout le film !]

[Préférons l'affiche de la ressortie du film plutôt que de vous mettre un film-annonce long et qui montre tout le film !]

19H15 : LA COLLINE A DES YEUX (THE HILLS HAVE EYES) de Wes Craven – EU – 1977 – 89 min – Int -16 – Copie numérique restaurée.

Avec :  Michael Berryman, Dee Wallace, Robert Houston, Susan Lanier, John Steadman…

Les Carter décident de partir en voyage en Californie, une occasion pour eux de resserrer les liens familiaux. Alors qu'ils cherchent un raccourci sur une route du désert du Nouveau-Mexique (zone d'essais nucléaires dans les années 1950), ils ont un accident et les pneus de leur voiture sont crevés. C'est le début d'une longue descente aux enfers lorsqu’ une famille de cannibales consanguins défigurés les attaque…

En 1977, Wes Craven n’est pas encore le réalisateur admiré et vénéré que l’on regrette aujourd’hui, avec à son actif une unique réalisation en 1972, THE LAST HOUSE ON THE LEFT (et quelques autres sous pseudonymes dans l’industrie pornographique, un détail qui fait doucement sourire lorsque l’on sait que pour son second projet, Craven loua son matériel auprès d’un producteur de films X). LA COLLINE A DES YEUX connaît une lente gestation et le script subira de nombreux remaniements. Au départ inspiré de la douteuse histoire du clan Sawney Bean – famille incestueuse et cannibale qui arpentait la campagne écossaise au 16ème siècle jusqu’à l’exécution des derniers membres pour une série de crimes tous plus incroyables les uns que les autres – l’histoire a été déplacée dans un futur proche (les années 90) avant d’être replacée dans un contexte contemporain. Parmi les nombreux changements qui marquèrent le scénario de l’écriture jusqu’au tournage, l’âge des assaillants de la famille Carter (Mars, Pluto et Mercury) qui sont passés d’adolescents à adultes. Leur comportement conserve cependant de nombreuses caractéristiques enfantines qui les rendent d’autant plus dérangeants. THE HILLS HAVE EYES, dans la droite lignée de LAST HOUSE ON THE LEFT, est un « survival » rude et malsain qui refuse tout confort au spectateur en jouant constamment avec ses attentes, transformant ses personnages principaux, d’abord victimes de véritables monstres humains, en brutes sans pitié dans leur volonté de s’en sortir vivants. Au casting, si le nom de Dee Wallace (dont c’est le premier rôle en dehors du petit écran) ne nous est pas inconnu, c’est surtout celui de Michael Berryman qui s’est inscrit au panthéon des « gueules » du genre grâce au rôle de Pluto et qui a marqué les mémoires. Privilégiant souvent des plans d’ensemble qui rendent visible un horizon rocheux et abrupte contre un ciel aveuglant, la réalisation de Craven affiche un parti-pris quasi naturaliste dépouillé de tous ornements et visuellement aussi aride que les paysages du Nevada rendant encore plus écrasante une atmosphère sordide et morbide. Parent proche du MASSACRE A LA TRONCONNEUSE de Tobe Hooper, LA COLLINE A DES YEUX reste l’un des fleurons d’une horreur rurale typiquement américaine, un univers dans lequel il n’est jamais prudent d’ignorer les conseils d’un pompiste un peu fou… Pas plus, d’ailleurs, que de les écouter,  semble nous suggérer le remake d’Alexandre Aja : les voies du sud sont décidément sans issues.

Pete Pendulum.

 

 

21H15 : TUCKER ET DALE FGHTENT LE MAL (TUCKER AND DALE VS EVIL) de Eli Craig – EU/Canada/Inde/UK – 1977 – 89 min – Int -12 ans – Copie numérique.

Avec :  Tyler Labine, Alan Tudyk, Katrina Bowden, Jesse Moss, Philip Granger, Christie Laing…

Un bande de jeunes étudiants américains décident de passer le week-end en campant en forêt pour boire des bières, faire griller des marshmallows, se baigner dans le lac et passer du bon temps…

De leur côté, Tucker et Dale, jeunes quarantenaires, quitte leur ville et leur boulot pour, le temps d’un week-end, pêcher, boire des bières et surtout retaper la maison en bois cachée dans la forêt que Tucker vient d’acheter.

Quand la bande d’étudiants croisent Tucker et Dale à l’épicerie du village, un malentendu s’installe. Nos jeunes, qui ont sans doute vu trop de films d’horreur, prennent les deux quarantenaires bobos pour des furieux rednecks dégénérés.

Le week-end commence et les choses se gâtent très vite. Un simple quiproquo et la force tenace des préjugés vont plonger tout ce petit monde dans l’horreur la plus totale. Le bain de sang peut commencer…

 

Wes Craven aura connu la célébrité en utilisant le slasher, et quelques décénies plus tard, il aura disséquer, déconstruit, commenter,  analyser le genre, et même mis les derniers clous dans son cercueil  avec FREDDY SORT DE LA NUIT et la saga SCREAM. Et pourtant ce TUCKER ET DALE…, malgré son titre français idiotissime (encore une fois, chapeau les mecs, la classe, clap clap clap…) arrive à surprendre et vaut même largement le détour.

Plus qu’une parodie stricto sensu, TUCKER ET DALE… se veut plutôt une comédie horrifique et burlesque. Sous ses aspects rentre-dedans et "hénaurmissimes", il n’empêche que ce film propose un dispositif étonnant et bougrement efficace : il y a ici deux films pour le prix d’un.  Car il y a dans TUCKER ET DALE… -si vous le regardez du point de vue du groupe d’étudiant- un slasher classique, tout à fait dans les canons du genre. Mais, si vous le voyez du côté de Tucker et de son acolyte, c’est le contraire : un faux slasher qui dégénère en une comédie sociale et cinglante.

Eli Craig déploie ici avec malice et gourmandise une machinerie très étonnante. Un quiproquo, des tonnes et des tonnes de préjugés sociaux permettent à la violence d’exploser dans un jeu de massacre que rien ne semble pouvoir arrêter. Dans d’autres mains, le principe aurait donné un film simplement drôle mais aussi potache voire cynique. Ici, rien de tout cela : Craig adore et chérie le film de genre, et son film est une déclaration d’amour ni plus ni moins.

Le réalisateur déploie un mise en scène dynamique, plutôt soignée, qui met bien en valeur les petites pépites et les subtilités qui parsèment le scénario. Il est épaulé par des acteurs qui n’y vont pas par le dos du tractopelle mais qui savent rester précis et efficaces. Et au-delà de nos propres préjugés personnels , le film interroge aussi nos préjugés cinéphiliques. Bigre ! Il n’est pas étonnant dés lors que certains aient vu dans ce film un espèce de SHAUN OF THE DEAD du slasher. Et il est vrai qu’on retrouve ici une exigence, un amour du cinéma bis, et une vraie volonté de sortir  des routes déjà empruntées.

Bref, le film est aussi jouissif et bien troussé que son titre français est raccoleur et stupide !

Dr Devo.

 

Dress-code de la soirée (5 ou 6 dvds -je ne sais plus en fait-  à gagner pour le meilleur déguisement !): Tueur psychopathe, teenager naïf, jeune décérébé, freak, redneck, bûcheron, shérif ou policier, bimbo, garagiste, ouvrier du bâtiment, mutant radioactif, David Pujadas ou spectateur du Majestic. Les prix pour le concours de déguisement sont donnés au début de la deuxième séance !

Réservations possibles dés maintenant à la caisse du Cinéma Le Majestic. Soirée proposée par le site Matière Focale.com, le magazine Distorsion et les projectionnistes du cinéma Majestic. Tarifs: 13 euros les deux films / 1 film aux tarifs habituels. Cartes illimitées ugc acceptées pour les deux films.

Invitez vos amis via la page-évenement facebook de la soirée: cliquez ici !

Publié dans Mon Général

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