BON CHIC MAUVAIS GENRE #75: spécial théma "Les Obsessions du Dr Devo"

Publié le par Dr Devo

[collage provisoire en attendant l'affiche officielle de la soirée...]

[collage provisoire en attendant l'affiche officielle de la soirée...]

BON CHIC MAUVAIS GENRE, votre soirée double programme consacré au cinéma transgressif, délirant, rare et précieux – programmée par les projectionnistes du cinéma Le Majestic de Lille en partenariat avec les sites Matière-Focale.com et la revue Distorsionrevient ce vendredi 5 mai, à partir de 19h30. Et on vous convie à la plus belle séance de rattrapage de l’histoire !

 

D’abord en vous présentant l’étonnant VACAS du très grand (et très oublié, hélas) réalisateur espagnol Julio Medem. Un film beau lyrique, et précis mêlant sensualité et mystique. Un film qui ne ressemble à aucun autre. Rien que pour ce film, ça vaut le déplacement.

Puis, nous vous proposerons un très grand film, complètement oublié par l’Histoire du Cinéma, et qui a marqué à jamais ceux qui ont la chance de le découvrir à sa sortie ou qui le verront quelques années plus tard en le louant, par hasard, en vidéoclub. Il s’agit de L’ENFANT MIROIR, grand chef-d’oeuvre de Philip Ridley. Un film esthétiquement sublimissime, d’un lyrisme dense, d’un suspens parfois intense et surtout totalement bouleversant.

Deux films très différents, mais où la Nature et la guerre joueront un très grand rôle, et où les enfants passent de manière étonnante et intense à l’âge adulte. C’est peut-être un des plus beaux BON CHIC MAUVAIS GENRE qu’on vous ait préparé…

 

Vous avez déjà fait totalement confiance à un inconnu ? Une seule fois dans vote vie ?

 

 

[Une bande-annonce comme je les aime... on comprend rien et c'est très bien !]

19H 30 : VACAS de Julio Medem – Espagne – 1992 – 96min – VOSTFR- copie numérique restaurée (dcp).

Avec : Emma Suarez, Carmelo Gomez, Ana Torrent, Kara Elejalde, Klara Badiola, Txema Blasco, Kandido Uranga, Pilar Bardem..

Dans un village reculé des montagnes du pays basque espagnol, nous suivons de 1875 à 1936, la rivalité qui opposent, pour des raisons très étranges, deux familles sur trois générations. Au fil des ans, ils discutent, se fâchent, se défient….Mais l’amour, les concours de bûcherons, la peinture, l’Histoire et surtout la Nature souvent s’en mêlent et font prendre à cette saga étrange des détours très inattendus.. Pour témoigner de cette singulière histoire, nous devons nous plonger dans le regard de plusieurs générations de vaches, principaux témoins des événements, qui elle  n’ont pas loupé une miette de toutes ces affaires !

L’Espagne est une grande terre pour le cinéphile averti, et elle a vu naître nombre d’excellents films. Malheureusement, peu se souviennent de Julio Medem, réalisateur doué et atypique, même s’il fût, dans les années 90 assez chouchouté par la critique et défendu par des distributeurs courageux (on le verra plusieurs fois à Cannes, et même en compétition officielle).

Comme L’ENFANT MIROIR (voir plus bas), VACAS est aussi un premier film. Et comme le film de Philip Ridley, celui de Julio Medem ne ressemble à rien de connu et marque par son originalité. Et tout d’abord par son histoire, assez ciselée, qui s’étend sur plusieurs générations et fait la part belle aux scènes étranges ou cocasses, pourtant sans s’adonner ouvertement au genre fantastique. Construite sur une base assez simple, son traitement est largement atypique. VACAS, en effet, n’est pas une chronique familiale comme les autres et ce n’est pas non plus, stricto sensu, un film historique. L’Histoire rattrape les personnages, certes, mais elle ne fait, bien souvent que frapper à la porte du village où se situe l’action. Ce premier long-métrage de Medem est donc très étonnant et remplie de malice. Avec un narration précise et audacieuse, où souvent les ellipses sont délicieuses et surprenantes (ce qui en fait d’ailleurs un film bien moderne et toujours subtil), VACAS est généreux, malicieux. L’histoire familiale étendue sur plusieurs générations nous surprend toujours, notamment par les péripéties imposées par des sentiment très forts. A l’aide d’images puissantes sans avoir l’air, des mouvements de caméra subtiles et un montage très dynamique et expressif, Medem déploie une série de symboles simples et déroutants qui dégagent une très grand empathie, entre une sensualité magnifique, des amours fortes et une vision proprement étonnante de la Nature, ici traité de façon quasi-mystique. Petit à petit, par touches drôlatiques, inattendues (les concours de bûcherons!!!) ou émouvantes, VACAS nous emporte, nous bouleverse et nous emmène bien plus loin qu’on ne pouvait le penser jusque des extrémités très émouvantes. Au final, le film surprend par son ampleur, à travers un lyrisme simple et très bouleversant. C’est une excellente introduction au travail du réalisateur de L’ECUREUIL ROUGE et de LUCIA Y EL SEXO. Et comme toujours, c’est très beau esthétiquement..

Et aussi bien joué ! Car pour les acteurs, c’est un sans faute. Carmelo Gomez, acteur qui tournera souvent avec le maître espagnol est parfait. Emma Suarez (elle aussi égérie de Medem et vue dans le dernier Almodovar), actrice beaucoup trop rare, montre qu’elle est sans doute un des plus grandes actrices européennes (et je pèse mes mots!). Enfin, on retrouve Ana Torrent, actrice que vous aviez vu à BCMG en octobre dernier dans L’ESPRIT DE LA RUCHE où elle tenait le rôle principal, ou encore dans le célèbre CRIA CUERVOS de Carlos Saura. Ici, elle est adulte, bien sûr, mais elle montre une fois de plus qu’elle est une redoutable actrice. Là aussi, voilà un cinéaste dont nous voulions vous montrer les films depuis longtemps ! Et on est très content de vous montrer ce film magnifique !

 

 

[Par pitié, ne regardez pas la bande-anonce de L'ENFANT MIROIR qui, si elle est sublime, spoile beaucoup trop le film... Ici, à la place une belle photo des 3 acteurs principaux!]

[Par pitié, ne regardez pas la bande-anonce de L'ENFANT MIROIR qui, si elle est sublime, spoile beaucoup trop le film... Ici, à la place une belle photo des 3 acteurs principaux!]

21H30 : L’ENFANT MIROIR (The Reflecting Skin) de Philip Ridley – UK/Canada – 1990 – 92min – copie numérique restaurée (dcp).

Avec: Viggo Mortensen, Jeremy Cooper, Lindsay Duncan, Sheila Moore, Duncan Fraser, David Longworth, Robert Koons, David Bloom, Eva Hall...

USA, dans le Dakota, au début des années 50. Seth, un petit garçon rêveur, farceur et parfois irritant, âgé d'une dizaine d'années, vit dans un tout petit village rural, entre un père effacé et une mère parfois sévère. Quand son père lui explique un jour ce qu’est un vampire, l’imagination de Seth s’emballe : il se persuade que leur plus proche voisine, une veuve, est une de ces créatures maléfiques assoiffées de sang ! C’est le début d’un enchaînement d’événements terribles -dont le retour de la guerre du grand frère de Seth (Viggo Mortensen)- qui vont changer à jamais l’existence du jeune garçon...

Amateurs de longue date de BON CHIC MAUVAIS GENRE ou nouveaux venus qui n’aviez jamais entendu parler de nous, comment vous décrire l’émotion que nous étreint à quelques jours de vous présenter L’ENFANT MIROIR ce sublimissime film de Philip Ridley ? Après 7 ans d’espoir, de recherche et de rebondissements multiples -ENFIN !- nous pouvons vous présenter ce film hallucinant qui, depuis la création de BCMG fait partie de la short-list des quelques films qu’on voulait passer d’abord et avant tout.

Réalisateur anglais peu prolifique, Philip Ridley signe ici un premier film intense épris de liberté et innervé de courage artistique. Oeuvre complètement atypique dans le fond et dans la forme, L’ENFANT MIROIR fut un choc terrible pour ceux qui purent le découvrir à sa sortie et fait, pour beaucoup, partie de ces films qui marquent un avant et un après. Esthétiquement, le film est complètement bouleversant. Les cadrages, les repérages, les jeux de changement d’axe et même les placements des acteurs dans le plan sont magnifiques et inventifs,et souvent ils innervent le métrage d’une énergie à couper le souffle, entre saillies dangereuses et moments plus posés dans lesquels on se réfugie. Le montage est très précis et toujours inspiré par des idées très fortes (en cela bien aidé par une musique magnifique). La lumière est partout, baigne le film, en change parfois le ton et est peut-être un des personnages principaux. En tout cas, elle contribue grandement à en faire une œuvre d’une grande sensualité (par un très beau travail sur le toucher notamment). THE REFLECTING SKIN (beau titre original) se déroule, toujours avec émotion et sensibilité, pour petit à petit monter en un lent crescendo au lyrisme échevelé qui mettra à nue les âmes et les coeurs des personnages et des spectateurs.

Et enfin notons le casting ébourrifant du film : les seconds rôles sont tous précis et magnifiques. On notera le premier grand rôle de Viggo Mortensen (qui fera deux films avec Ridley d’ailleurs), très bon, et l’étonnante prestation de la belle Lindsay Duncan, actrice beaucoup trop rare et bouleversante. Enfin, le jeune Jeremy Cooper est très étonnant et tiens la dragée haute à tout ce beau monde….

Alors oui, on essaie de vous passer, à BON CHIC MAUVAIS GENRE, de très beaux films. Et on les aime, ces films ! On les défend ! Mais comment vous inciter à ne pas louper ce film que vous n’aurez sans doute plus jamais la chance de voir en salle ? En vous disant que c’est un de nos préférés ? Un des plus beaux ? Un de ceux qui ont marqués de manière indélébile notre vie de cinéphile ? Et notre vie tout court ?

 

Vous avez déjà fait confiance à un total inconnu, une fois dans votre vie ? Allez, l’inconnu, disons que c’est moi. Faites-vous ce beau cadeau : offrez-vous ce film sur grand écran...

Dr Devo.

 

 

Dress-code de la soirée (1 dvd à gagner pour le meilleur déguisement !): tout ce qui a attrait à l'enfance, la guerre, la nature ou spectateur du Majestic. Les prix pour le concours de déguisement sont donnés au début de la deuxième séance !

Réservations possibles dés le lundi 1er mai à la caisse du Cinéma Majestic à Lille. Soirée proposée par le site Matière Focale.com, le magazine Distorsion et les projectionnistes du cinéma Majestic. Tarifs: 13 euros les deux films / 1 film aux tarifs habituels.

Les cartes UGC illimitées fonctionnent pour les deux films !

Invitez vos amis via la page-évenement facebook de la soirée: cliquez ici !

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