BON CHIC MAUVAIS GENRE #76: "Et Maintenant Quelque Chose de Carrément Différent.."

Publié le par Dr Devo

[Affiche réalisée par Lammakian Samsenesena.]

[Affiche réalisée par Lammakian Samsenesena.]

BON CHIC MAUVAIS GENRE, votre soirée double programme consacré au cinéma transgressif, délirant, rare et précieux – programmée par les projectionnistes du cinéma Le Majestic de Lille en partenariat avec les sites Matière-Focale.com et la revue Distorsion – revient ce vendredi 2 juin.

Après avoir démarabouté toute l’équipe, les malédictions sont toutes levées, et nous vous proposons une séance d’anthologie avec deux immenses chefs-d’oeuvres qui vont nous permettre de visiter la face la plus sombre, la plus vitriolée et la plus surprenante de l’Amérique.

On démarrera avec un des plus grands réalisateurs américains,et d’assez loin, en la personne de Russ Meyer, personnalité hors-norme du cinéma U.S, amateur de femmes sauvagement pulpeuses, maître absolu de l’Erotisme et de la Malice ! Il était temps qu’on présente ses films à Bon Chic Mauvais Genre. Il s’agira de son cultissime FASTER, PUSSYCAT ! KILL ! KILL !, roda movie et thriller hardboiled totalement hallucinant ; Et comme toujours chez Meyer : c’est de toute beauté !

Puis, nous vous proposerons un très grand film, complètement oublié par l’Histoire du Cinéma. On essauie de vous le passer depuis 7 ans ! On a essayé de vous le passer le mois dernier mais la Malédiction nous a empêché de le faire. Mais cette fois-ci, vous n’y couperez pas ! Ce film qui a marqué à jamais ceux qui ont la chance de le découvrir à sa sortie ou qui le verront quelques années plus tard en le louant par hasard en vidéoclub, il s’agit de L’ENFANT MIROIR, grand chef-d’oeuvre de Philip Ridley. Un film esthétiquement sublimissime, d’un lyrisme dense, d’un suspens parfois intense et surtout totalement bouleversant. Trés certainement, un des 4 ou 5 plus beaux films qu’on ai jamais passé à BCMG...

 

 

[NoteDuDr: essayer de voir une 40 de secondes du début et pareil pour la fin...Le film-annonce est un peu trop long sinon..]

19H30 : FASTER, PUSSYCAT ! KILL ! KILL ! de Russ Meyer – USA – 1965 – 83min – VOSTFR- copie numérique restaurée (dcp).

 

Avec : Tura Satana, Haji, Lori Williams, Ray Barlow, Sue Bernard, Michael Finn, Dennis Busch, Stuart Lancaster...

 

USA, années 60. Trois jeunes femmes superbes, strip-teaseuses de métier, cherchent le frisson et l'aventure. Elles mettent alors leurs forces en commun et prennent la route. Elles rencontrent un jeune couple. Après s'être débarrassé du mari, elle kidnappe la femme, puis se réfugient dans un ranch perdu dans le désert, où elles sont accueillies par le propriétaire, un vieux monsieur qui vit là avec ses deux fils. Persuadées que le vieux cache un gros magot quelque part dans le ranch, les 3 strip-teaseuses décident de séduire les deux fils de leur hôte... Un jeu très dangereux commence..

 

Réalisateur ultra-indépendant et désormais cultissime, Russ Meyer reste malgré tout souvent sous-estimé, même si ses films, toujours drôles et enlevés, sont très appréciés par des publics plutôt divers. Par bien des aspects, en plus d'être un réalisateur phare de la sexploitation, Meyer est aussi un personnage clé de la contre-culture américaine, et sans doute un avant-gardiste.

 

FASTER PUSSYCAT... est une merveilleuse introduction à son travail. Sous ses aspects de thriller érotique -très osé pour l'époque et dont la charge sensuelle est toujours impressionnante de nos jours-, thriller qu'on dirait adapté d'un roman de gare à deux sous vaguement graveleux, Meyer réalise un film certes direct, rentre-dedans et sans chichi, mais qui dépasse complétement le cadre dont il semble s'inspirer.

 

Meyer est fidèle à lui-même. Le réalisateur aimait les femmes à (très) fortes poitrines et c'est encore à elles qu'ils donnent les rôles principaux. Mais il ne faut pas se méprendre. : comme d'habitude chez le réalisateur américain, ces femmes sont fortes, intelligentes et surtout maîtresses totales de leurs destins, de leurs désirs, de leurs aspirations. Bref, les femmes dans FASTER PUSSYCAT..., et dans le reste des films de Meyer, sont tout ce que Hollywood ne leur propose pas. A cet égard, Meyer avait largement 20 ou 30 d'avance, et aujourd'hui encore, on reste stupéfait par la modernité et la puissance de ces femmes !

 

Et puis, Meyer, c'est aussi la valorisation du sytéme D, la malice dans la débrouilles et des films toujours beaux même quand les budgets sont des plus faméliques. Le cadrage en 1.37 est magnifique, le montage vif et très riche, et la bande-son diaboliquement efficace. FASTER PUSSYCAT... est un ode à la vitesse, à l'érotisme, au sexe et à la violence, totalement en avance sur son temps. C'est une bonne manière de redécouvrir Russ Meyer, cinéaste rock'n'roll certes, mais sans doute aussi un des plus grands cinéastes américains. Tout simplement...

 

 

[NdDr: Le film-annonce officiel en dit beaucoup trop... Ici, un petit clip promotionnel sur la restauration du film... Les quelques images dévoiléles sont assez belles pour vous convaincre cde voir ce film hallucinant... Enfin, j'espère !]

21H15 : L’ENFANT MIROIR (The Reflecting Skin) de Philip Ridley – UK/Canada – 1990 – 92min – copie numérique restaurée (dcp).

 

Avec: Viggo Mortensen, Jeremy Cooper, Lindsay Duncan, Sheila Moore, Duncan Fraser, David Longworth, Robert Koons, David Bloom, Eva Hall...

 

Dakota, au début des années 50. Seth, un petit garçon rêveur, farceur et parfois irritant, âgé de 10 ans, vit dans un tout petit village rural entre un père effacé et une mère parfois sévère. Quand son père lui explique un jour ce qu’est un vampire, l’imagination de Seth s’emballe : il se persuade que leur plus proche voisine, une veuve de guerre, est une de ces créatures maléfiques assoiffées de sang ! C’est le début d’un enchaînement d’événements terribles -dont le retour de la guerre du grand frère de Seth (Viggo Mortensen)- qui vont changer à jamais l’existence du jeune garçon...

 

Amateurs de longue date de BON CHIC MAUVAIS GENRE, ou nouveaux venus qui n’aviez jamais entendu parler de nous, comment vous décrire l’émotion que nous étreint à quelques jours de vous présenter L’ENFANT MIROIR ce sublimissime film de Philip Ridley ? Après 7 ans d’espoir, de recherche et de rebondissements multiples -ENFIN !- nous pouvons vous présenter ce film hallucinant qui, depuis la création de BCMG fait partie de la short-list de quelques films qu’on voulait passer d’abord et avant tout.

 

Réalisateur anglais peu prolifique, Philip Ridley signe ici un premier film intense épris de liberté et innervé de courage artistique. Oeuvre complètement atypique dans le fond et dans la forme, L’ENFANT MIROIR fut un choc terrible pour ceux qui purent le découvrir à sa sortie et fait, pour beaucoup, partie de ces films qui marquent un avant et un après. Esthétiquement, le film est complètement bouleversant. Les cadrages, les repérages, les jeux de changement d’axe et même les placements des acteurs dans le plan sont magnifiques et inventifs,et souvent ils innervent le métrage d’une énergie à couper le souffle, entre saillies dangereuses et moments plus posés dans lesquels on se réfugie. Le montage est très précis et toujours inspiré par des idées très fortes (en cela bien aidé par une musique magnifique). La lumière est partout, baigne le film, en change parfois le ton et est peut-être un des personnages du film. En tout cas, elle contribue grandement à en faire une œuvre d’une grande sensualité (par un très beau travail sur le toucher notamment) THE REFLECTING SKIN (beau titre original) se déroule, toujours avec émotion et sensibilité, pour petit à petit monter en un lent crescendo au lyrisme échevelé qui mettra à nue les âmes et les coeurs des personnages et des spectateurs.

 

Et enfin notons le casting ébourrifant du film : les seconds rôles sont tous précis et magnifiques. On notera le premier grand rôle de Viggo Mortensen (qui fera deux films avec Ridley d’ailleurs), très bon, et l’étonnante prestation de la belle Lindsay Duncan, actrice beaucoup trop rare et bouleversante. Enfin, le jeune Jeremy Cooper est très étonnant et tiens la dragée haute à tout ce beau monde….

 

Alors oui, on essaie de vous passer à BON CHIC MAUVAIS GENRE de très beaux films. Et on les aime ces films ! On les défend ! Mais comment vous inciter à ne pas louper ce film que vous n’aurez sans doute plus jamais la chance de voir en salle ? En vous disant que c’est un de nos préférés ? Un des plus beaux ? Un de ceux qui ont marqués de manière indélébile notre vie de cinéphile ? Et notre vie tout court ?

 

 

Vous avez déjà fait confiance à un total inconnu, une fois dans votre vie ? Allez, l’inconnu, disons que c’est moi. Faites-vous ce beau cadeau : offrez-vous ce film sur grand écran...

 

 

Dr Devo.

 

 

Dress-code de la soirée (1 dvd à gagner pour le meilleur déguisement !): Femme de caractère, voyou, stripper, vieux/vieille, redneck, biker, homme ou femme bcbg, policier, tout ce qui a attrait à l'enfance, la guerre, la nature, le rock'n'roll, la contre-culture américaine ou spectateur du Majestic. Les prix pour le concours de déguisement sont donnés au début de la deuxième séance !

Réservations possibles dés le lundi 29 mai à la caisse du Cinéma Majestic à Lille. Soirée proposée par le site Matière Focale.com, le magazine Distorsion et les projectionnistes du cinéma Majestic. Tarifs: 13 euros les deux films / 1 film aux tarifs habituels.

Les cartes UGC illimitées fonctionnent pour les deux films !

Invitez vos amis via la page-évenement facebook de la soirée: cliquez ici !

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