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[de gauche à droite: la vérité à l'avance]

 

 

 

Photographie par Mek-Ouyes.

 

 

 

 

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Vendredi 29 février 2008

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[Photo (de gauche à droite): ...de la distance jaillissait le doute des choses dérisoires, et les certitudes de celles plus importantes. Il s'apperçut alors qu'il avait oublié son gel, et qu'il faudrait en conséquence boire juste un peu plus si on voudrait passer, quelques heures plus tard, une bonne soirée. Les derniers échos des choses qui n'avaient jamais existé lui parurent, soudain, assourdissants.]

 

 

 

Photographie par Mek-Ouyes.

 

 

 

 

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Jeudi 28 février 2008

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[photo: la maman de Roger-Stéphanie soupira de soulagement à la vue des paraphes exhibés par son fils sur l'écran...]

 

 

 

Photographie par Mek-Ouyes.

 

 

 

 

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Mercredi 27 février 2008

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Chers Focaliens,

Puisqu'on m'a confié une mission de la plus haute importance pour le bien du Cinéma, je suis cette semaine noyé de travail et ne peut décemment écrire d'articles sur les beaux ou moins  beaux films que j'ai vus récemment. Je vous laisse donc en compagnie de Mek-Ouyes, et peut-être du Marquis qui signerai là son grand retour, et vous dis à la semaine prochaine... 

A bientôt!

Dr Devo.


 

 

 

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[de gauche à droite: Nicolas Hulot, Flicka cheval fidèle, Natasha Henstridge]

 

 

 

Photographie par Mek-Ouyes.

 

 

 

 

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Mardi 26 février 2008

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[Photo:...il se dit que, décidement, ils avaient bien fait de visiter Vulcania.]

 

 

 

 

Photographie par Mek-Ouyes.

 

 

 

 

 

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Samedi 23 février 2008

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[photo: "Du Théâtre (...des gémissements.)"]

 

 

 

 

Photographie par Mek-Ouyes.

 

 

 

 

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Mercredi 20 février 2008

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[Photo: "I can laugh but I should cry" par Dr Devo, d'après une photo d'Alain Robbe-Grillet]

 

 

 

 

Chers Focaliens,

C'est avec tristesse que nous avons appris lundi soir la mort d'Alain Robbe-Grillet, cinéaste et écrivain très cher à mon coeur. Depuis la création de ce site, beaucoup d'artistes que nous adorons nous ont quitté, mais ici c'est un figure importante de l'univers focalien qui meurt. On n'a pas eu l'opportunité de lui consacrer des articles, mais on faisait référence à lui tout le temps, et plus encore, découvrir ses films et ses livres ont ouvert des portes fabuleuses qui menaient à des trésors inédits. Sans lui et une minuscule poignée d'autres, nos esprits n'auraient jamais été aussi ouverts et nous aurions été condamné à stagner et à nous morfondre. C'est un des quatre ou cinq trés grand cerveaux du siècle qui nous quitte, c'est déjà triste, et c'est sûrement, avec la disparition de Gérard De Suresnes il ya deux ans et demi, la perte la plus lourde pour les concepteurs de ce site.On lui doit sans doute, et même si ce site n'a rien à voir avec son travail curieusement, l'ouverture de toutes les portes qui ont mené à notre indépendance. On perd aussi, accesoirement, un des 6 ou 7 des réalisateurs que nous considérions les plus importants parmi les vivants. Sa malice, son humour et sa fulgurance vont nous manquer.


Les commentaires font office de livre de condoléances.



Tristement Vôtre,

Dr Devo.

 

 

 

 

 

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Mardi 19 février 2008

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[photo: "... et la Foi suffit-elle à traverser la corruption du monde ?"]

 

 

 

 

Photographie par Mek-Ouyes.

 

 

 

 

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Dimanche 17 février 2008

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[Photo (de gauche à droite): ventilateur (hors-champ), confrontation au Mal, acceptation de la Beauté du Monde, sprinklers, persévérance, catharsis, volonté extatique de partage.]

 

 

 

 

Photographie par Mek-Ouyes et IronLeg.

 

 

 

 

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Samedi 16 février 2008

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[Photo (de gauche à droite): fond, doute, fraternité, amour, forme, refus des représailles.] 

 

 






Photographie par Mek-Ouyes et le Marquis, d'après une photo originale du Marquis.





 

 

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Vendredi 15 février 2008

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[de gauche à droite (à l'arrière-plan: Catherine, John, Emma, Tara, Joanna, Mike)]

 

 

 

Photographie par Mek-Ouyes.

 

 

 

 

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Jeudi 14 février 2008

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[Photo: "My face against the window pane" par Dr Devo, d'après une photo du comédien Roy Scheider]

 

 

 

 

Chers Focaliens,
 
Le camion du projectionniste arrive au village immédiatement suivi par une horde d'enfants espagnols des années 40. Cette fois, nous y sommes, mon cher Milou. Ce soir, on passe un très beau film: le FRANKENSTEIN de James Whale.
Monsieur a presque une cinquantaine d'année, et il est apiculteur. C'est un bourgeois aisé même si le village de campagne est modeste et paumé. Grande maison, un peu dégarnie, énorme jardin. Et Madame, plus jeune, la trentaine, amoureuse en secret, sans doute, d'un soldat quelque part sur le théâtre des opérations, à qui elle écrit régulièrement des lettres acheminées par train, quelque part en Europe donc. Le couple vit l'un à côté de l'autre, sans consommer quoique que ce soit et sans effusion d'aucune sorte. Ils cohabitent autour des enfants, deux petites filles autour des 6 ans, Isabel (la grande) et Ana (Ana Torrent). Cette dernière est très intriguée par le film de Whale et ne comprend pas deux choses: pourquoi le monstre tue la petite fille, et pourquoi on tue le monstre à la fin? Posant la question à sa soeur, celle-ci lui répond très vaguement, sans doute ne sait-elle pas, mais lui assure que de toute façon, tout ça c'est du cinéma et des trucages, et que le monstre et la petite fille sont toujours vivants. D’ailleurs elle a déjà vu le Monstre, c'est un esprit (spiritu), il vit pas loin, il ne sort que la nuit. Le lendemain, elle montre à sa soeur Ana la maison du monstre, une vieille bicoque abandonnée dans la morne plaine campagnarde à côté de laquelle se trouve un puit. Ana décide plus tard d'y retourner seule...
 
 

La vie de campagne, tranquille et un peu tristounette à nos yeux. Un couple qui n'en est plus un. Des fillettes à l'école. Et c'est tout. Ca commence naturaliste, me dis-je. Petits plans simples, pas mal cadrés, montage gentiment elliptique pour gagner du temps, scènes terre à terre, plans répétés pour exprimer le quotidien. C'est pépère. On remarque cependant des axes précis et un joli découpage. Souvent la caméra tente de répéter des plans, mais le fait en fait en variation en changeant un élément, comme la lumière, où en biaisant l'axe, ou en changeant l'échelle du plan ni vu ni connu, voire, dans les cas les plus extrêmes, choses qui sera plus présente à mesure que le film avance et acquiert son lyrisme étrange, en substituant le champs et le contrechamp. C'est pas trop mal, me disais-je donc, ça ressemble à la matrice des films art et essai actuels, avec plus de goût, moins de dialogue, sans le pathos ouvert du mélodrame qui baigne 95,23% d la production. Il se dit dans le même temps qu'il n'était pas sûr que tout cela, ce film je veux dire, soit complètement indispensable. C'était plutôt comme une chose langoureuse qui se suit. Des éléments un peu plus lyriques ou graphiques (dans un ensemble soigné quand même donc) viennent relever la chose ça et là et lui donner un aspect moins naturaliste, bien que cette expression soit un peu forte (moins vériste disons), comme s'il fallait de temps en temps pour Erice donner un peu de mou côté émotion, pour que le spectateur tire un peu la corde vers lui. Oh, ce n’est pas grand chose. Un train qui arrive en gare, des visages, de la fumée, tout cela reste calme et même un peu froid, tant mieux. C'est la pesanteur. Ce lyrisme froid et par touches microscopiques recadrent donc un peu le film vers la possibilité d'une fiction où "il se passe des trucs" comme dirait Kevin, originaire de Clermont-Ferrand, 13 ans. Voilà qui sauve de justesse le visionnage et ne le fait pas tomber dans le "descriptivisme" simple et soigné seulement. Pourquoi pas. Bon. Je note.

 

Et puis arrive la fameuse "maison du monstre", une bicoque de plus dans la campagne, mais cette fois au milieu de nulle part. Un joli plan d'ensemble très composé avec rien, mais un plan choisi, un axe et un emplacement de caméra un peu étrange et surtout les deux petites filles arrivant dans le plan et marchant sur les sillons (tracés dans le sens de la perspective) au sol. Les petites filles vont vers le puit, en traçant une ligne opposée, vers la droite du plan, ligne parfaitement droite et changeant la couleur et la géographie du plan, pourtant fixe. Tu la sens la montgolfière qui monte? Les deux petites actrices, toutes deux excellentes, bien loin des rois du casting en culottes courtes, bien loin des bambins actor's studio actuels qu'on nous propose ici ou ailleurs, s'en vont tranquilou vers ce puit, créent ce nouveau vecteur de direction dans le plan, c'est beau, simplement. Coupe pour reprendre le même plan et Ana arrive seule fait le même geste, se rapprocher du puit. C'est donc un ellipse temporelle (Ana revient seul visiter la maison), mais aussi une image presque fantastique (intuition largement confirmée plus tard par d'autres plans sur la maison, notamment, mais pas seulement) en ce sens où d'un coup, on met le doigt dessus, on se dit que, bah ouais, les cocos, c'est ça qui travaillait (en même temps on s'en doutait, on n'est pas idiot, mais dés lors, à ce moment, ça s'incarne, comme dirait l'autre, par un point de montage donc: la forme c'est la vie, le fond c'est la taxidermie), c'est ça qui était là: il va falloir s'approcher de ces personnages quand ils sont seuls.
A suivre: la même maison, la même Ana qui joue autour du puit et surtout un plan inédit dans une perspective qu'on retrouvera jamais dans le film (et donc extrêmement remarquable), celui sur Isabel, la grande soeur, cachée derrière le mur, dans l'angle, et qui observe Ana. Déjà, cette rupture, c'est sublime. Ca crie pas, il n'y a pas de musique, Isabel ne dit rien, mais ce point de montage là, ce renversement d'axe fait saillie bien entendu, et là, mon coco, là, ma chère lectrice, tu le sens passer le lyrisme. Il t'étreint avec force. Et pourtant que te dis cette image sinon: "Isabel observe sa soeur sans se faire voir d'elle"? Rien ou presque. C’est la saillie, la contrariété de ce plan dans la construction des autres qui fait sens. Approche-toi que je te murmure un truc à l'oreille. C'est ça le cinéma. Le reste, c'est du bla-bla. Contrechamp en caméra subjective peut-être (et donc axe et plan encore inédits) sur Ana autour du puit: elle parle toute seule, s'adresse à un personnage invisible. Les deux petites frangines dans deux plans différents, elles qu'on a vu ensembles dans le même plan presque tout le temps, ça parle plus qu'un dialogue. Evidement, on a le droit à l'émotion, c'est pas interdit, et la puissance phénoménale de la petite Torrent Ana, sa précision, son professionnalisme font le reste, et en deux coup de cuillère à pot (remarque valable pour tout le film d'ailleurs), elle t'incarne ça avec force, elle te donne du grain et de l'émotion et de la réflexion à moudre, sans rien forcer, sans même user de son visage étrange et pénétrant (et donc sublimissime). C’est du sobre mais c'est du puissant. Au fond du montage, tu la sens la solitude qui monte?
 
 
A partir de ce plan (Isabel observe sa soeur sans se faire voir d'elle), c'est terminé du film pépère en mode observatoire, c'est lancé, la rupture est dans l'oeuf qui regardait Caïn, attachez vos ceintures. Le reste, jouant portant sur le même mode, est complètement fou et sublime de bout en bout. Pas grand chose ne change pourtant, le modousse opérandaille est le même, mais la mise en scène s'accélère serait-on tenter de te dire, chère lectrice, si cela ne t'induirait pas en erreur. Le rythme reste posé et lent, mais chaque changement de plan, chaque collure, chaque son posé, et dieu sait s'il y en a, chaque choix d'emplacement pour la caméra est bougrement senti, essentiel même. Le montage joint des plans plus disparates, et donc jouera plus sur la rupture, quelquefois ostentatoire (des plans montés en montage parallèle qui associe une scène de jour et une scène de nuit, en faisant mine de ne rien faire de particulier! c'est beau!) ou quelque fois discrète comme un écho. L'ellipse, pas forcément de montage d'ailleurs puisque ici et là le champ sert aussi de cache (superbe idée de montrer/cacher, brutale comme la mort lors de la fusillade brève, à l'opposé de tout le champ de la cinématographie mondiale, art et essai ou commerciale), l'ellipse, dis-je, s'impose, déconstruit et reconstruit le film dans un ensemble de plus en plus précis, qui touche des sentiments de plus en plus clairs (dans le sens de lisibles), de plus en plus obscurs (dans le sens de ténébreux). Ana quitte les plans collectifs et se retrouve seule dans le champ quasiment tout le temps, comme la mère et le père au début, l'atmosphère et le sens du film vont une abstraction et une clarté (disais-je) subjuguantes, troublantes même, et on se retrouve en deux coups de cuillères à pot, sur les fesses! Comme chez Medem Julio, un des quatre ou cinq plus grands réalisateurs européens vivants, les éléments les plus symboliques changent parfois de sens ou change de sens selon les personnages. Quelle merveille. Comme rien n'est dit, c'est délicieux. [Exemple: la mère qui brule sa correspondance après la mort du fugitif.]
On se sera dit au début, dans la première partie calme du film, "ben mon coco, toi, t'es en train de placer des jalons, t'es en train de placer des symboles un peu lourdauds qui vont se révéler riches de sens dans la dernière partie", t'es en train de didactiser en sorte. Il n'en sera rien. Pas d'utilitarisme scénaristique, pas de métaphores tractopelliques riches en sens, mais bien le contraire: de la complexification du sentiment, toujours plus de fantastique (au sens noble, presque dans le sens de subjectif), toujours plus de sentiments précis et déchirants, te découpant au scalpel. Et aucune explication directe. Aucune justification. Le sens de tout ça se trouve entre les lattes du plancher, dans l'assemblage des lattes elle-même, dans un ensemble disparate, en patchwork presque. Prenez le détail ou la scène pour lui faire chanter du sens, et c'est l'échec. L'émotion grimpe à haute échelle. Et la puissance du film apparaît. Ana est en train de se perdre, se plonge dans l'océan du Monde, suit son intuition sublime, joue le jeu quitte à perdre, affronte le monstre, le vrai: la solitude. Et la Mort. Cette mort qui est un scandale auquel on ne se saurait et on ne saura (ahahaha!) jamais se résoudre. La douleur extrême de l'impossibilité de la rencontre ou plutôt sa brièveté, vite broyée (la rencontre) par le contexte du monde, c'est à dire peut-être par la société (plutôt absente du film qui là aussi fonctionne comme un cache cronenbergien) et surtout par la violence multiple: celle de la mort, de la solitude, de la souffrance insupportable. Ana est en train de partir sur les chemins de l'existence en toute conscience. Et ce sera le chemin, quasi-mythique (biblique allais-je dire) de la créature qui souffre. L’expérience de sidération, comme disait l'autre, elle se fait là, dans cette corde tendue entre Ana et moi (vous), dans cette rencontre entre elle et moi, entre sa souffrance et la mienne. Pas de pathos pourtant, pas de morale ni de conclusion, sinon que vivre c'est mourir, non pas un peu mais beaucoup. Le sentiment fraternel, cette soif de l'Autre que le film nous tend à la figure sont proprement bouleversants, et je pèse mes mots. Ana devient Esprit (grand E) dans tous les sens du terme, et après avoir observer la nuit sur le balcon du Monde, elle se retourne. Qui croyez-vous qu'elle regarde? Dans cette absence de dialogue, dans ce refus sublime de Erice de plaquer du discours, là, à ce moment précis où Ana se tient devant vous, ouvrez les mains, et prenez un kleenex: vous avez trouvé une soeur. Il est où le monstre maintenant? Vous la sentez la petite fille qui monte? ...en vous!
 
 
L'ESPRIT DE LA RUCHE est un film tout à fait important qui ressort en ce moment dans les salles. Sans équivalent mais avec un lien de parenté évident avec un chef-d'oeuvre oublié et désormais introuvable:  THE REFLECTING SKIN (USA/UK, 1990) réalisé par Philip Ridley qui très certaienement vu le film de Erice. Les deux films sont sublissimes. Le film de Ridley est sorti en salles en France sous le titre L'ENFANT MIRROIR, et on le trouvait autrefois en vhs sous le titre L'ENFANT CAUCHEMARD, déjà moins glamour! C'est (c'était, car à mon avis, on ne le reverra jamais) un film hallucinant. Quant à L'ESPRIT DE LA RUCHE, je l'ai vu dans une copie abjecte avec son grésillant, étalonnage pourrissime et absurde, des noirs qui sont verts notamment, mais malgré tout, le plaisir est là. Ceci dit, quel dommage et quel scandale de la part du distributeur, forcément malhonnête qui nous vend des rééditions là où il faudrait dire copie neuve, tant le master qui a servi à ce nouveau tirage est absolument abjecte! Dois-je rappeler que nous payons entre 7 euros et 9 euros la place. C’est infect! Honte sur vous, Carlotta! Malgré toute l'affection, réelle et non feinte, que je vous porte, je ne peux pas me résoudre à justifier un tel travail qui déshonore et réduit en cendres vos efforts, réels eux aussi, effectués lors de ces dernières années.
[Dernière minute: notre ami IronLeg qui a vu le film il y a quelques mois en festival, me dit, soyons honnêtes et transmettons l'information, que la copie qu'il a vue n'était pas si catastrophique.]
 
 
Fraternellement Vôtre,
 
 
Dr Devo.
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Mercredi 13 février 2008

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[Photo: "My face is a book, but it's not what it seems" par Dr Devo.]

 

 

 

Chers Focaliens,
 
Ha tiens, Mike Nichols! Capable du meilleur (et quel meilleur: CATCH 22, un des plus beaux films du monde, oh là j'en fais à peine trop comme disait l'autre malfaisant poète), capable du sympathique et bien goupillé (BILOXI BLUES) ou capable du brinquebalant (CLOSER). Allez hop, on y va, malgré Tom Hanks et Julia Roberts, élue Miss Romantico-Teenageuse 1996.
 
 
Il s'aperçut, en même temps que son acuité auditive particulièrement remarquable, pour une fois, face à cette langue étrangère, que c'était encore visuellement qu'il fut le plus surpris par l'arrivée inattendue de cette femme étrange et familière dont la tenue vestimentaire semblait sortir tout droit, mais toujours avec chic, même aujourd'hui, de l'année 1987. Il se demanda alors si les tissus en jean étaient conducteurs d'ondes sonores...
 
(extrait imposé par le Syndicat de la Critique Absurde)
 
 
Drôle de bonhomme que ce Charlie Wilson (Tom Hanks)! Depuis longtemps déjà, il est député au congrès américain. Homme assez malin et assez ordinaire, c'est aussi un célibataire endurci, grand amateur et consommateur de femmes (et très apprécié par elles, malgré ce physique hanksien!), et tout bonnement un bon vivant, aimant boire et faire la fête. Avec son air niaiseux et sa vue basse, il cache un gros malin. Il a en effet bâti sa carrière politique au congrès sur un système très simple. Contrairement à ses collègues qui n'arrêtent pas de demander au congrès et à ses diverses commissions des aides financières et des projets de réformes qui permettront de ramener de l'argent dans leur état, Wilson, lui, ne demande rien! Il ne quémande jamais d'argent ni de dérogations favorable à son électorat! Par contre, il vote "oui" à toutes les lois et n'est jamais absent du Congrès. Ses collègues députés de tout bord viennent le voir quand ils ont besoin d'un service pour faire avancer un projet devant telle commission, ou quand ils sont un peu court en voix quand ils proposent une loi. Ca n'a l'air de rien mais, du coup, Wilson a des "amis" partout dans le congrès, et surtout il a plein d'ascenseurs à se faire renvoyer, ce qui lui donne les coudées très franches quand il doit mener à bien un projet! Vu que tout le monde lui doit un service, c'est un homme important et courtisé malgré, encore une fois, sa grande discrétion professionnelle.
Parmi ses amis (et maîtresses), il y a la texane richissime Julia Roberts, femme entre deux âges, de droite traditionnelle, et lobbyiste affûtée. Cette dernière est inquiète de la guerre entre russes et afghans. Elle pense que les russes sont en train de la gagner à plat de coutures et que, de là, ils pourraient étendre leur influence dans la région de manière dramatiquement efficace. Et Roberts n'aime pas les russes! Le mur de Berlin n'est pas encore tombé, après tout, et il fait encore un peu froid! Hors, la commission du congrès qui finance les opérations de la CIA en Afghanistan, région jugée sans importance par les USA, dote ces célèbres services secrets d'un budget ridicule (quelques millions de dollars). Résultat: le soutien pro-afghan et anti-russe n'a quasiment aucune influence, et les méchants bolcheviks gagnent la guerre les doigts dans le nez!
Exaspérée, Roberts piège Hanks! Elle lui obtient, alors que Hanks n'a rien demandé, un rendez-vous avec le président pakistanais! Hanks y va, se fait remonter les bretelles par le président devant sa connaissance vague de la situation sur place et surtout accepte son invitation très calculée: visiter un camps de réfugiés afghans sur le territoire pakistanais. Hanks va voir les malheureux et revient aux USA très motivé pour renverser la vapeur.
Et c'est ce qu'il va faire: il va user de son influence pour réorganiser le soutien américain dans la région, en toute discrétion, avec la CIA, réarmer la piètre résistance afghane et bouter les russes! Et comme tout le congrès lui doit des services, les résultats sont impressionnants: le budget de la CIA pour les opérations dans la région est multiplié par 40!
 
 
Euh… Oui…. Ha ! Le cinéma engagé ! Afganhistan… Irak…. See what I mean ? See what I mean ?
 
 
Bon, ben pour ceux qui veulent du CATCH 22, ou même du BILOXI BLUES, bah…. C’est raté. Commençons par les questions qui fâchent : la mise en scène. Et là, c’est assez comique. J’ai vu le film il y a une semaine ou un peu plus et je serais bien incapable de vous en parler ! Je ne me souviens de rien. Ou presque. Et je sais pourquoi ! En fait, de mise en scène, il n’y en avait quasiment pas. Comme ça, c’est réglé. Je crois que le film est en scope, mais je n’en suis même plus sûr, c’est peut-être du 1.85 ! [vérification faite, il s'agirait du 1.85!] C’est vous dire. Donc, tu l’auras deviné, chère lectrice, le cadrage, ce n’est pas folichon ! Personnages cadrés anonymement, utilisation des décors strictement illustrative, etc… Pas grand-chose, si ce n’est des personnages en amorce dans les contrechamps lors des dialogues qui prennent énormément de place dans le champ. Un de mes amis me faisait remarqué (mais lequel ? C’est la maladie de Hans Zimmer ! Déjà !) que c’était la mode en ce moment chez les réalisateurs-artisans que de mettre des personnages en amorce qui prennent énormément de place. Une tendance à vérifier sur le long terme, mais qui confirmerai, après l’atomisation du plan et du champ/contrechamp ou le montage mutant en mode "biohazard" (juste pour le plaisir, j'adore ce mot), que le cinéma est en train de se réduire en l’expression la plus simple qui soit : l’enregistrement visuelle et sonore de performances théâtrales brutes, c'est-à-dire la forme de grammaire cinématographique la plus dévêtue, la plus archaïque : enregistrer les actions et le dialogue, sans que le langage de la mise en scène viennent perturbé la lecture. Le style neutre, ou plutôt blanc, quoi ! Fermons la parenthèse.
Montage ? Connais pas. Longs tunnels de dialogues en champ/contrechamp avec le personnage qui parle à l’écran, et c’est tout.
 
Ceci dit, ce n’est pas plus infamant que la concurrence, mais Nichols qui a déjà fait mieux, voire qui a déjà fait du magnifique (euh… CATCH 22 !), surprend quand même un peu avec ce bidule anonymissime. Comme la photo signé Machin Bidule n’est pas du tout extraordinaire, bah, on peut le dire, la mise en scène de ce film est injugeable et elle était déjà entièrement dans le scénario. C’est bien du cinéma-artisan de la petite épicerie d’en face. Les amateurs d’Art, eux, vont soupirer à raison.
 
Curieusement, bah, le film se suit ! Rires ! Bon, je sais vous vous dîtes que le Dr Devo, il a perdu la main, il vieillit, etc… En fait, oui, je vieillis, comme vous, chère lectrice, mais en même temps, je suis dans le moment de très bonne humeur [je viens notamment d’apprendre par notre ami Bernard RAPP que le concert du siècle avait lieu en France dans quelques mois, ce qui va être un des grands moments de mon existence ! Mais pour l’instant, l’info est confidentielle et top secrète ! J’y reviendrais et vous tiendrais au courant !], et donc, la patate aidant, l’indulgence et/ou l’amusement sont un peu de la partie. Ceci dit, soyons clair : si vous n’avez pas de carte Pathugmont illimitée, passez votre chemin et attendez que Tata Jeannette vous offre par erreur le dvd à Noël (vous aviez demandé l’intégrale Greenaway !!!) ou que le film passe à la télé !
En fait, là où le film m’a surpris, c’est dans le parti-pris. On la sentait grosse comme une maison la métaphore sur l’Irak et sur les Républicains, surtout en ces temps de cinéma engagé (du bon côté du manche, c’est plus sûr !) ou plutôt de cinéma Dossier de l’Ecran lobbyiste, comme nous l’avons vu encore très récemment avec l’affreux DETENTION SECRETE. Ici, non ! Rires !
Pas de parti-pris partisan, ou plutôt le parti-pris de soulever des ambiguïtés. Charlie Wilson st un personnage malin et intelligent, et qui a conquis le pouvoir et l’influence de la manière la plus dévolutionniste qui soit : en votant oui à toutes les propositions de lois. Du coup sont réseau au sénat est immense, et il passe pour un chouette gars un peu simplet auprès de ces collègues. Il n’empêche, le bonhomme a du coup des tas de cartouches de côté, ce qui va lui permettre de changer tout seul, la destinée de toute une région du globe, en pensant bien faire. Si son émoi et sa foi dans la nécessité d’intervenir en Afghanistan est sincère mais basée sur la plus stupide et la plus humaine émotion (visite d’un camps de réfugiés, enfants qui pleurent…), le bonhomme effectuera un travail précis et compliqué en totale adéquation avec une équipe de professionnels en déstabilisation militaire et géopolitique ! Le personnage de Seymour-Hoffman fait le bon contrepoids : véritable bête de connaissances, fin limier, redoutable analyste politique, c’est le tandem parfait avec Hanks-Wilson. Et c’est là l’intérêt du film. Au lieu de dire que cette guerre financée par les USA était une horreur, ou alors le contraire, une bénédiction, Nichols nous montre, avec pas mal d’humour d’ailleurs, l’immense influence des pays occidentaux dans des pays pauvres et laminés par les conflits, la puissance de précision de la géopolitique et du lobbying, et surtout la difficulté qu’engendre l’interventionnisme, c'est-à-dire la difficulté à prévoir le moyen ou le long terme. De ce point de vue, le film est plutôt rigolo, d’autant plus qu’il renvoie tout le monde dos à dos, attitude toujours honnête et adulte. Si le personnage principale est sincère (ce qui ne pardonne rien), il est assez nuancé, et démontre bien son habileté à concentrer ensemble des forces antagoniste au nom de l’intérêt supérieure de la Nation. On voit par exemple les extraordinaires tractations (assez drôles) pour amener Israël a fournir les afghans (des arabes donc, dans un période délicate en plus) en armes (!!). C’est rigolo, et effarant. On voit que toutes les combinaisons et tous les efforts sont possibles, ce qui est à la fois drôle cynique et rageant : car si ces énergies allaient dans le sens d’efforts diplomatiques ou d’aide au développement, au lieu de ces immenses plans interventionnistes, on aurait sans doute des résultats assez extraordinaires, car tous ces gens, quoiqu'on en pense par ailleurs, sont des professionnels hallucinants. Marrant, non ?
 
Anonyme au possible dans sa mise en scène, mais assez rigolo et intéressant dans le propos, bien que le scénario soit de guingois (ils manquent énormément de scènes, notamment à la toute fin du film qui peine à enfoncer le clou du cynisme ou de la dévolution à mon goût et reste bizarrement en terrain trop neutre), LA GUERRE SELON CHARLIE WILSON est un téléfilm qui se suit en sirotant une bière, en caressant le chat, et en faisant quelques blagounettes pour faire rire Madame votre Promise, en lui rappelant le gars spirituel, drôle et fin que vous êtes, en tant que focalien accompli. Elle sera ravie de partager ce petit moment de complicité avec vous, sa soirée sera toute illuminée de tendresse, et vous vous coucherez dans l’allégresse d’un bonheur simple ! C’est bien, je trouve, mais attention à condition que vous fassiez des efforts.
 
 
Je vous fais des bisous à tous ! Bonne nuit !
 
 
 
Heureusement Vôtre,
 

Dr Devo.

 

 

 

 
 
 
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Lundi 11 février 2008

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Chers Focaliens,

Je suis très heureux, sinon ému, de vous livrer ici le troisème épisode de notre feuilleton illustré: POTENS, IRA ET ESCHATOLOGIA. Le premier épsiode a été écrit en 2005, le second en 2006, ce qui en fait, sans aucun doute possible le feuilleton le plus lent du monde.
Le plus lent, certes, mais aussi, le plus rapide, comme vous allez pouvoir le constater. En effet, je pense que vous allez constater en lisant cet épisode les profondes évolutions de la série, principalement dûes au fait de la participation exceptionnelle de notre ami Mek-Ouyes qui, il y a quelques jours, a découvert par accident (un mauvais clic) cette rubrique méconnue de Matière Focale, et qui a décrété que c'était les meilleurs articles de tout le site (avec deux autres que je ne citerais pas par modestie!). Mek-Ouyes a exigé de participer sur ce troisième épisode, et nous avons travaillé avec difficulté mais plaisir. Je pense que formellement la série rentre dans son âge adulte. Et il n'y a pas qu'elle. Des cerveaux sublimes, des clavicules tournées vers le ciel et l'avenir, de l'action et du suspens: Mesdames et Messieurs, nous vons donnons PIE épisode 3.

Dr Devo.

PS: pour ceux qui n'ont pas lu encore la série...


Cliquez ici pour lire l'épisode 1.


Cliquez ici pour lire l'épisode 2
(qui contient une immonde faute de frappe que je rectifierais dés que possible!).

 

 

 

Résumé des épisodes précédents:
James et Pélagie, après avoir douté des institutions et d'eux-mêmes ont finalement trouvé des ressources inattendues dans la philosophie pré-socratique, au détour d'une conversation sur la Consitution. Enfin, ils respirent... De son côté, Marcus qui doute de laisser une marque juste sur le Monde trouve en Bélinda,sa maîtresse et professeur de yoga, la fermeté et la tendresse nécessaires qui lui manquaient s'il voulait poursuivre sa quête.

 

Pendant ce temps-là, Clio qui vient de s'acheter des nouvelles lunettes décide de répondre positivement à l'invitation de la famille Auclerc qui habite la maison d'en face. Tout le monde se réunit donc pour jouer au scrabble, mais très vite, la conversation prend de gigantesques proportions... 

undefined[photo (de gauche à droite): Mme Auclerc, Mr Auclerc, Clio (notre héroïne), Hypérite (fille de M et MMe Auclerc)]

MME AUCLERC: "J'ai fait ce rêve étonnant cette nuit, où nous jouions tous au scrabble."
M. AUCLERC: "C'est pourquoi, je vous ai tous réuni cet après-midi autour de notre fille Hypérite,et également afin que le Monde soit plus semblable à nos désirs de bonheur..."
CLIO (le coupant): "... de Justesse!"
HYPERITE (la coupant, à elle-même): "...de Fraternité!!! et qu'elle puisse être toujours prés de notre main comme l'animal fidèle, et qu'elle puisse ne jamais être standard..."

 

 

 

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ARIES (à gauche, ex-petit ami de Hypérite, ami de la famille Auclerc): "Alors, Clio... Tu joues?"
CLIO (d'abord à elle-même...): "Comme si... tes mots me troublent, Hypérite, et correspondent à une réflexion que je me faisais
hier. Plus je cherche, et plus je sais que ce que tu dis est juste. Tout en cela me parle, et je sens dans chaque lettre... Je le sens dans chaque oiseau, chaque serpent, dans chaque créature rampant sur cette Terre, comme un couteau en pleine nuit... Ce Coeur béni qui est le nôtre, nos mots bénis, notre chair et nos os bénis. Dans tous cela je le ressens. Comme si ces lettres cherchaient à me dire quelque chose... Cet inconfortable sentiment d'avoir là la réponse sous mes yeux."

 

 

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CLIO (hors-champ, alors que les autres jouent): "Garmonbozia!"

 

 

 

 

 

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MME AUCLERC: "Chéri, faisons un pacte. Nous devons nous refuser aucune expérience, même choquante, même douloureuse. Embrasse-moi!"

 

 

 

 

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M. AUCLERC: "La petite Clio et notre fille Hypérite ont raison. Il ya plus que cela dans un baiser, et en fondant notre famille nous n'avons fait que reproduire le malheur du monde..."
MME AUCLERC: "Nous n'aurions construit qu'un monde d'apparences?"

 

 

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TOUT LE MONDE (sauf Clio): "Nous nous sommes follement  amusés (mot compte triple), mais il est déjà temps de partir." 

 

 

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CLIO (in peto, comme à elle -même): "La fraternité engendre-t-elle nécessairement la solitude. Mes yeux voient la chose, ma bouche ne sait plus que dire... Tout était là, il suffit toujours de s'assoir et de guetter... Que ton règne vienne... Douleur et chagrin."

 

 

 

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X: "Tout est accompli!"

 

 

 

A suivre...

 

 

Feuilleton réalisé et écrit par Dr Devo et Mek-Ouyes.
Photographies par Mek-Ouyes.

 

 

 

 

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Samedi 9 février 2008

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[Photo: "...curieusement l'approche du déjeuner provoquait chez lui des gaz qu'il parvenait toutefois, avec une certaine aisance, à réprimer classieusement sans que ses contemporains le remarquent, ce qui, presque à chaque fois, le remplissait d'une non moins discrète bonne humeur, bon enfant presque aurait-on pu dire, si encore nous le savions..."]


 

 

 

Photographie par Mek-Ouyes.

 

 

 

 

 

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Jeudi 7 février 2008

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[photo: "...et il se dit qu'au final, il ne prendrait pas l'ascenceur."]





 

 

 


Photographie par Mek-Ouyes.




 

 

 

 

 

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Mercredi 6 février 2008

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[Photo (de gauche à droite): " ...et l'échec patent de possibilités hyothétiques mais essentielles à la survie de l'âme et du coeur se refermant sur elle comme les portes d'un cerceuil ou d'un club dont elle savait qu'elle ne ferait jamais partie. L'impossibilité d'une Fraternité simple avec les beaux individus du Monde, même cette possibilité de secours pourtant essentielle, comme une bande d'arrêt d'urgence, l'impossibilité des liaisons passées et à venir, cette condamnation à laquelle elle se refusait de se résoudre, cette solitude absolue comme la fin défintive du Monde, jaillisaient sur elle, comme l'évidence pornographique, insupportable, d'un jeu de dés pipés à l'avance. "Le marché de la Viande me condamne" pensa-t-elle, in peto, "toute (r)évolution est impossible, et que le monde ou moi-même aille à sa perte." Elle ferma les yeux et acepta la Souffrance et l'Inconsolable.Le pire, et plus encore le Même, était devant elle.]

 

Autoportrait photographique par Mek-Ouyes.

 

 

 

 

 

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Mardi 5 février 2008

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[Photo: "J'ai passsé une très bonne soirée..." par Dr Devo et Bertrand d'après une photo du film THE DOOM GENERATION de Gregg Arakki (USA-1985).]

 

 

 

 

Chers Focaliens,
 
En attendant la grande surprise de demain Mardi, enfin pour moi, puisque pour vous et pour lire l'article, et croyez-moi que mon emploi du temps ne permet pas de faire autrement, il faudra attendre mercredi ou jeudi, en attendant, dis-je, cette belle surprise inopinée que j'ai très hâte de partager avec vous, et avant les mastodontes que j'annonçais en post-scriptum de mon article sur SWEENEY TODD ("le sosie diabolique de Christopher Walken", m'a soufflé l'ami Denver), le cinéma, et la vie accessoirement continuent bon gré mal gré.
 
[Tiens puisque j'y suis... J'annonçais notamment le nouveau Peter Greenaway, dont les quatre derniers films ont été jugé indignes de nous être montrer, à nous le public, si j'en juge les efforts surhumains des distributeurs français pour ne pas les distribuer, soutenus en cela par des critiques reconnaissant unanimement la nullité de ces films. (Libération avait écrit: "on a offert un Mac à Greenaway mais on ne lui a pas expliqué où était l'icône corbeille". Et c'est tout. Critique en une phrase! Très classe. Je rappelle que j'ai vu le premier THE TULSE LUPPER SUITCASES, PART 1 : THE MOAB STORY et que c'est un des plus beaux films de Greenaway et/ou que j'ai vu!). Mais là, ce nouveau film du Maître, tu comprends Coco, ça parle de Rembrandt, alors ça oui je distribue, c'est tellement formidaaaaaable! Bref... Soupirons, mais passons... En tout cas, j'annonçais Morgan Freeman au générique! Et bien non! Il s'agit en fait de Martin Freeman qu'on avait déjà vu dans SHAUN OF THE DEAD et HOT FUZZ, entre autres. Rires! Merci à au lecteur vigilant Nucleus (qui nous vient du Canada, pays que je salue et qui me vaut tout un tas de mails, enfin un ou deux toujours sympathiques!) et à l'ami Denver d'avoir rectifié mon erreur!]
 
André Dussolier est un ancien flic, désormais à le retraite, et le pauvre garçon, hélas, est atteint de la maladie de... Comment c'est déjà... La maladie de Faulkner! Comme vous le savez c'est tout un problème, et son fils, très attentionné (Julien Boisselier..., soupira-t-il), le place avec son accord dans une grande clinique privée, installée dans une espèce de manoir à la campagne, et qui est spécialisé dans la maladie de Oppenheimer, justement. Ce n'est pas la joie mais faudra faire avec. Dussollier s'installe rapidement. Comme son alka-setzer n'est pas encore totalement développé, l'ancien commissaire remarque des choses bien étranges... Il y a notamment beaucoup de morts dans cette clinique. Toujours pareil d'ailleurs: morts dans leur sommeil d'un arrêt cardiaque! Et le personnel médical, ou le médecin-chef (Pascal Elbé) refusent le plus souvent de communiquer là-dessus. L'esprit de Dussollier commence à s'échauffer comme un vieux réflexe, et voilà notre vieux bonhomme qui se met à farfouiller partout. Et la maladie gagne du terrain, bien sûr. Plus Dussollier avance dans l'enquête, plus sa mémoire le trahit! Et la morgue de la clinique n'arrête pas de se remplir...
 
Nicolas Boukhrief est déjà à son quatrième film, et pourtant je n’en avais pas vu jusqu’à CORTEX aucun, et ce malgré l’aura de sympathie du bonhomme, très subjective, car figurez-vous que le Monsieur faisait partie de l’équipe de la défunte mais magnifique revue Starfix à qui nous devons tant.
(C’était un communiqué de la Transition Line Association.)
 
Et bien, CORTEX démarre plutôt bien. On rentre très vite dans le lard, sans explication particulière, et l’histoire a (presque) déjà commencé quand on s’installe dans notre fauteuil, et très vite, après une brève scène introductive, on est déjà à la clinique. Pas d’effusion majeure dans la mise en scène. Un petit 1.85 des familles, on est en France, ça se voit tout de suite. L’idée de base de CORTEX est très sympathique. Un huis-clos en zone fermée, l’inquiéte famille du corps médical, la campagne la plus banale, voilà pour le décor. Pas grand-chose de grandiose. Et dans ce contexte, une seule bonne idée, et c’est très bien, un peu plus loufoque : l’enquête policière très difficile à faire avancer à cause des trous ou des imprécisions que la maladie de Bruckenheimer laisse dans la tête du pauvre Dussollier. Voilà qui rappelle me disait l’ami Denver, encore lui, le film LA MEMOIRE DU TUEUR de Erick Van Looy (bonjour Monsieur !), sorti en 2004 et de nationalité belge, écrivit-il en se gardant bien de taper l’expression "une fois" en gloussant. Mais qu’importe, après tout.
Du gros quotidien qui tâche, c'est-à-dire la maladie la plus tristement banale, hélas, mêlé à une licence poétique extraordinaire (l’ancien flic qui débarque pilepoil dans la clinique de la forêt noire), voilà une tactique qui marche toujours et qui promet des films dynamiques et un peu originaux, c’est tant mieux. Boukhrief ne s’y trompe pas, comme on dit chez les professionnels rémunérés de la critique cinématographique, et sait, non sans une certaine habileté, ou plutôt avec un charme certain, ne pas gaspiller ses cartouches et entretenir par petites touches l’ambivalence du climat banal-policier, sans effet ostentatoire. C’est très charmant, ça fonctionne. L’aspect campagnard français et le casting made in chez nous (j’y reviens) fonctionne très bien dans les grandes lignes, bien loin d’une mise en scène spectaculaire ou du cocktail french-americano insupportable des productions du type RIVIERES POURPRES ou EMPIRE DES LOUPS (j’ai vu ça ! Clap clap clap !) qui bien souvent montent en épingle plouc sur le mode américain des intrigues qui tiennent du timbre-poste, et ce sur son lit de casting à la crème de faisan. CORTEX, Dieu merci, ce n'est pas ça. Ca repose, c’est bien plus prenant comme ça. Certes, il y a la petite dose d’histoire familiale (les rapports de Dussollier avec son fils, les problèmes de celui-ci), un peu plus appuyé, mais là, ce n’est pas non plus la plus mauvaise des tactiques dans le sens où, du coup, ce petit pas de côté permet de renforcer l’aspect quotidien de la chose, et de servir de référent décalé en quelque sorte (cette expression veut-elle vraiment dire quelque chose, douta-t-il en allumant une cigarette), c'est-à-dire permettant curieusement et de manière assez délicieusement artificielle (de manière un peu trop écrite presque) de renforcer l’aspect de huis clos et de rendre plus étanche les mondes de la vie normale d’une part (le nôtre) et celui microcosmique de la maladie de Schopenhauer. Du coup, même si on est très loin de l’atmosphère d’un giallo italien par exemple (pour les plus jeunes de nos lectrices: le giallo est un sous-genre fantastique italien des années 60-70 et suivantes, qui mélange allégrement sans qu’on puisse le plus souvent le définir avec certitude les intrigues de type thriller et le fantastique. Cf. Mario Bava, le sublissime, et Argento, le magnificent, entre autres…), même si on est assez éloigné, dis-je, on y pense, car finalement là aussi on est entre deux eaux icic aussi: le banal-social et l’extravaguant-policier. Le tout étant teinté de mystère, et puisque nous suivons quasiment pas à pas le défaillant Dussollier, on y pense encore plus. D’ailleurs, c’est là aussi une bonne idée immersive : on apprend autant que Dussollier, puis on (le spectateur) finit par maîtriser la situation plus que lui (à cause de la maladie, on finit par avoir une longueur et une intuition d’avance) pour finir par nous faire gentiment rattraper et même dépasser par Dussollier de manière brusque, puisque dans la dernière partie du film, lui en sait plus que nous (ou il en a su plus), sa maladie faisant, par la magie du hors-champ, que nous soyons pour la première fois en panne d’information, comme si nous étions victime par rebond de cette dite maladie, ce qui est un joli retournement de situation, assez délicieux même, avouons-le.
[D’ailleurs, à ce propos, évitez comme la peste le film-annonce beaucoup trop narratif !]
 
Ca démarre donc très sympathiquement. On ne sait pas trop à quelle sauce on va être mangé. Va-t-on garder cette ambiance en demi-teinte largement baignée de banal, ou sombrer dans le policier plus brut ? Va-t-on peut-être basculer dans un univers plus oppressant presque fantastique ? Et quel part de fantasme contient cette histoire ?
Boukhrief, petit malin, et il a bien raison du reste, a plutôt soigné la chose, notamment grâce à un chouette casting. Dussollier assure très bien, tantôt mutique, tantôt ouvert, et dieu sait que son rôle forcément un peu répétitif n’est pas si facile à rendre lyrique ou nuancé. C’est la grande force du film. Pas de doute. On note aussi des petites idées très sympathiques et/ou formidables pour le casting des seconds rôles : Marthe Keller est vraiment très bien, la délicieuse Stéphane Audran en impose alors même qu’elle est judicieusement et stratégiquement (bravo !) placé en mode sotto voce dans l‘arrière plan. Bien. Il y a même là  Gilles Gaston-Dreyfus dans un rôle plus attendu, mais ce n’est pas une mauvaise idée non plus. [Une de ses scènes principales me parait bancale cependant, peut-être une mauvaise prise…] Côté infirmier ça fonctionne également sur un mode plus attendu qui offre un joli contrepoids. Elles sont toutes pas mal du tout et "charactérisées" juste un peu trop, comme il faut. Là aussi, ça fonctionne plutôt. J’ai par contre beaucoup plus de mal avec le fils de Dussollier, Julien Boisselier, acteur dont je ne comprends pas du tout la fascination qu’il exerce, mais bon… Pascal Elbé par contre, qui lui aussi a le vent en poupe, est très impersonnel comme d’habitude. Ces acteurs font, pour moi, très téléfilms franco-français et me semblent jouer sur des nuances monotones, alors que curieusement, ils n’ont peut-être pas les rôles les plus marqués (certaines infirmières le sont plus, je pense). Si donc le casting est soigné et bien vu, j’avoue que ces deux-là me paraissent des choix bizarres, même si pour être honnêtes, les deux comédiens patatent un peu moins qu’à leur habitude, c’est déjà ça.
 
Côté mise en scène, même si on n’est pas dans la flamboyance extrême, il y a vraiment des petites choses très jolies, et plutôt simples que j’ai trouvées très sympathiques. Certes, on n’échappe pas aux alternances classiques du champ/contrechamp dialogué, un peu présent, et encore une fois avec pas mal de plans rapprochés ou de gros plans. Mais malgré tout, Boukhrief ne se contente pas de ça, et joue gentiment mais sûrement, avec une certaine discrétion qui est plutôt une élégance (un poil timide mais appréciable et qui ne nuit pas à l’atmosphère banale du scénario), notamment avec le cadre (le plan sur le rétroviseur et le les reflets dans la scène d’arrivée à la clinique par exemple), ou la photo, légèrement biseautée. Une fois arrivée à la clinique, c’est plutôt sympathique, avec pas mal de plans moyens, pour une fois. Ca découpe gentiment dans le montage, quelquefois, quand il faut de manière ostentatoire (je pense aux premiers plans où il place la malade peintre, un peu marqués, mais bien fait), et par exemple les premières scènes de dialogues dans le réfectoire ne sont pas indigentes du tout. Bien. Et puis, il y a une très bonne série de scènes, vraiment au-dessus du lot à mon avis, dans cette première partie. C’est le passage où Dussollier un peu à l’aveugle, délimite le périmètre de la clinique en suivant son grillage extérieur, scène assez forte et astucieuse (et hop ni vu ni connu, je te sers le personnage en émotion, et je te présente le décor), assez émouvante aussi puisqu’elle présente bien le personnage et permet d’exclure par la suite, la campagne où se trouve la clinique, du champ du film. En plus, c’est plutôt bien photographié, ou plutôt suffisamment ré-étalonné (ou les deux!) pour que ça fonctionne. Le cadre de cette scène est joli en plus, et la situation brute doucement étrange. Beau passage. Il est précédé d’une belle idée de scénario puisque très vite le personnage de Marthe Keller jette son dévolu "amoureux" sur Dussollier sans explication. Ca marche bien aussi. C’est suivi de la scène du briquet, très bien fichue avec un superbe point de montage (son et image) lorsque qu’un malade se fait poursuivre dans le flou du contrechamp par deux infirmiers. Une péripétie qui arrive en double-talk dans une scène déjà chargée et qui donc s’articule sur deux "informations" ou événements en même temps. L’espace de cette scène, on voit très bien ce que le film peut avoir de passionnant. S’il continue les actions doubles, la dichotomie du cadre, et le jeu sur le son comme ça, le film va devenir étrange, voire absurde et bizarre, et cela va être très beau, me suis-je dit.
 

[Tiens je sais pas où le mettre alors je vais le mettre là: j'ai bien aimé la gestion des disparitions et réapparitions forcément absurdes du revolver dans le film. Belle idée de scènario!]
En fait, ce n’est pas vraiment le cas. Si on conserve les pré-requis de départ (banalité contre policier) et que Boukhrief n’en démord pas, le gros du film, peut-être les deux tiers seront moins flamboyants que les deux exemples précédents. Au fur et à mesure de l’évolution du film, malgré le charme de l’intrigue et notre bonne disposition à son égard, la mise en scène sera moins expressive. L’échelle de plan se réduit, assez bizarrement. L’exploration du laboratoire, judicieusement fermée par une grille codée, est visuellement plus pauvre que les scènes de clinique proprement dites. Boukhrief semble embêté pour cadrer. Ceci dit, soyons juste : on a vu largement plus infamant que ça, très largement, surtout dans le cinéma français, de genre ou pas. Mais, du coup, on reste quand même largement sur notre faim côté mis en scène, non pas parce que c’est absolument et expressément inexpressif, comme c’est généralement le cas au cinéma, mais parce qu’au contraire, dans les parties que j’ai décrites plus haut, Boukhrief nous a largement mis l’eau à la bouche. Du coup, logiquement, quand le reste de la mise en scène est plus calme, on a l’impression, assez juste, que ce gros du film a quand même beaucoup moins de saveur. Ach ! En tout cas les pérégrinations nocturnes de Dussollier sont assez calmes, semblent se répéter et surtout ont bien du mal à trouver un rythme. La première bobine du film était bien plus alerte avec pas tellement plus d’éléments. Conscient de la chose ou pas, l’ami Nicolas délocalise provisoirement le film sur le mode de la fugue. C’est un peu étrange. [Ca permet ceci dit à Dussollier le personnage d’accepter d’y retourner, dans la clinque de l’enfer, et par choix encore!] Moins de mise en scène, ou plutôt moins expressive et donc plus de scénario. Les astres malheureusement s’alignent. Le scénario dans sa dernière partie est plus maladroits, plus ouvert et a un peu de mal à faire fonctionner les ambiguïtés et le mélange des styles ou des nuances (film policier mais lent, presque rendu fantastique, et aussi banal et triste…). L’intrigue semble avancer au fur et à mesure plus maladroitement et sur le papier, et ce malgré quelques éléments sympathiques (la fête de départ, et dans cette séquence l’arrivée de points de vue extérieurs à Dussollier). Peut-être l’hypothèse du tableau volé, si j’ose, est un peu maladroite à l’écriture et le dénouement très simple là où on attendait u climax plus perturbé. Ou plus abstrait. Possible. Dur à dire en tout cas. Ce qui est sûr c’est que la mise en scène est largement trop calme et trop timide, trop suiviste du scénario aussi, et de toute manière largement éloignée des jolies petites audaces promises et même montrées. Le sentiment que c’est l’écriture qui domine dans ces deux derniers tiers de CORTEX, rend un peu "cartonneux" (si je veux !) le goût du film. Ca coince un peu dans les rouages, et on perd la gentille poésie de départ pour quelque chose de plus ouvert, moins mystérieux et surtout moins lyrique.
 
Voilà qui donne à l’ensemble un goût, malgré ma bonne volonté et celle de Nicolas Boukhrief, de rendez-vous raté, bien loin du flirt promis par certaines scènes et par un projet globalement intéressant. Le film ne trouvera pas complétement son souffle, et trimbalera son rythme et sa narration de guingois. C’est vraiment dommage. Malgré tout, cet excès de timidité ou cette petite perdition entre amis est vraiment encourageante, je trouve, et donne envie de voir un peu plus de Boukhrief ! On ira certainement voir le prochain, en espérant, et ça me parait complètement possible, de retrouver la belle facture de la séquence que je vous ai décrite plus haut et qui, espérons-le donc, appartient déjà, comme une preview étrange, à un des prochains films du réalisateur.
 

 

 

Gentiment Vôtre,
 
 
Dr Devo.
 
 

 

PS : j’apprends à l’instant, hélas, trois fois hélas, que le nouveau film d’Harmony Korine que je vous annonçais l’autre jour,  est reporté. On devrait le voir mais plus tard ! Pas de chance ! On se tient au courant quand on en sait plus !

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Lundi 4 février 2008

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[Photo: "...lorsqu'il s'apperçut, trop tard, qu'il avait loupé sa clavicule,  et que décidement la clavicule était la deuxième partie la plus sexy du corps."]