(photo: "Demi-deuil/C'est quoi dégueulasse?/Der tod ist ein Skandal" par Dr Devo)

Chers Amis,
 
 
Ça faisait bien longtemps qu’on n’avait pas eu de nouvelles de Gregg Araki, et bon dieu, ça fait du bien d'en avoir. Après avoir aperçu sa photo dans le journal à l'occasion de la sortie de MYSTERIOUS SKIN, on découvre un Araki usé, âgé de 46 ans, et on se dit que le temps passe à une vitesse phénoménale.
 
 
Pour ceux qui ne connaissent pas, Araki fut un petit cinéaste indépendant américain, considéré ici, dans notre beau pays la France, comme surdoué, dans les années 1990. Comme tous les chouchous de l'époque qui avaient un peu de talent (Ferrara, Hal Hartley, etc.), tout ceux qui l'ont acclamé (parfois à tort), dans ces années-là l'ont majestueusement ignoré par la suite. Son premier film, THE DOOM GENERATION, est aussi foutraque que potache, un certain moment de série Z, assez mal réalisé, mais à l'énergie destroy. Pas un bon film, mais quand même quelque chose d'ovniesque. Et puis, il y eu NOWHERE, trouvable encore de nos jours pour cinq euros ou moins en DVD, film au branchouillisme assumé, certes, sorte de pochade pop-art-film-de-college-soap-opera-destroy qui s'envolait du coup beaucoup plus loin que le précédent, et qui dévoilait, sous ses velléités iconoclastes, un cœur d'or, très sentimental et pas bête. Ça délirait sec, évidemment, mais la maîtrise totale était au rendez-vous. L'année dernière, après avoir revu le film en salle (accident industriel, sans doute), mes appréhensions furent balayées. Contre toute attente, le film vieillit très bien, et ne souffre d'aucune branchitude désormais désuète. Le film tient tout seul et n'a rien perdu de sa vigueur. Et même les mamies égarées dans la salle trouvaient du charme et de la volonté à ce film qui, de toute évidence, ne s'adressait pas à elles (véridique!). NOWHERE est une petite perle... baroque bien évidemment.
 
 
Il y a quatre ou cinq ans, SPLENDOR, nouvel opus de Araki, sortait en catimini. Pas de pub, pas de couverture médiatique, une poignée de salles et une semaine à l'affiche, et adieu! Le hasard faisait que j'étais en vacances sur la capitale, et Bernard RAPP (dont les commentaires judicieux émaillent ce site) et moi nous précipitions voir la chose qui arrivait comme un cheveu sur la soupe, puisque annoncée nulle part. Le résultat était une petite comédie indépendante, sans doute à faible budget, mais fort joliment éclairée, beaucoup plus classique que NOWHERE, et donc beaucoup moins impressionnante. Une petite chose sympathique, mais une petite chose, bien loin de l'impact du film précédent! Reste la fierté d'avoir vu SLENDOR, et en salle en plus... Sommes-nous seulement une centaine à l'avoir vu en France ? C'est bien honteux, car SPLENDOR, en tant que film populaire sans prétention, était quand même bien mieux que les divers téléfilms qu'on nous passe au ciné, à grands renforts de pubs, dans l'art et essai comme dans le commercial. Passons.
 
 
Donc, retrouver Gregg Araki  est une bonne nouvelle, comme un vieil ami, pas con en plus, qui redébarque à l'improviste. MYSTERIOUS SKIN raconte l'histoire de Brian. Dans les années 80 (of course), alors qu'il n'a que huit ans, Brian se retrouve seul dans la cave de sa maison avec le nez qui saigne. C'est le blackout : il est incapable de se souvenir de ces deux  heures qui viennent de se passer. Le dernier truc dont il se rappelle : le match de base-ball interrompu par la pluie, puis le noir de la cave. Entre les deux, rien! La même année, Neil a huit ans. Sa mère l'inscrit dans un club de base-ball. Neil, plutôt précoce, a une fascination quasi-amoureuse pour l'entraîneur (Bill Sage, formidable, rescapé de chez Hal Hartley), et cet entraîneur, plutôt manipulateur, lui, il aime les petits garçons. Neil est abusé, sans pouvoir trop analyser le geste, même s'il a conscience de ce qui s'est passé (je vous laisse découvrir ça). Les années passent. Brian, garçon timide et rangé, saigne régulièrement du nez à la moindre émotion, tombe de temps en temps dans les vapes à brûle-pourpoint, et cherche toujours à savoir ce qui s'est passé ce jour-là, ce jour où manquent à l'appel deux heures de sa vie. Un soir, une soucoupe extra-terrestre (!?!) passe au-dessus de la maison familiale. Brian relie les deux événements (black-out et E.Ts). Dans ses rêves étranges et récurrents, qu'il note scrupuleusement, Brian affabule des souvenirs d'abductions extra-terrestres.
Plus tard. Les deux garçons ont dix-huit ans. Neil est homo et se prostitue régulièrement avec des hommes plus âgés pour 50$. Brian note toujours ses rêves, est toujours obsédé par ses deux heures manquantes, et est toujours le garçon renfermé, bizarre et discret qu'il était. Il se met en contact avec une gentille plouc de la campagne (Mary Lynn Rajskub, très bien, également co-productrice du film), âgée de 30 ans, qui sait, elle, qu'elle a été abductée par les ETs. Suite à leur discussion, il est évident alors que Brian doit se mettre à la recherche de cet étrange petit garçon qu'il voit sans cesse dans ses rêves d'extra-terrestres. Ce petit garçon, c'est Neil. La quête commence...
 
 
On l'aura compris, malgré ce désastreux résumé, le film met en parallèle les destinées respectives de Brian et Neil, garçons tout à fait opposés : l'un jeune gay prostitué, l'autre adolescent timide. On comprend dès le départ que le film n'aura pas la tonalité délirante et speedée de NOWHERE, certes, mais que ce début est beau et maniéré! Voix-off, montage rapide et elliptique et cascade d'effets de mise en scène sublimes et naïfs : scènes réelles filmées comme des scènes de film fantastique (une des grandes références d’Araki qui nous cite même le plan du calendrier du JOUR DES MORTS-VIVANTS de Romero, et encore plus tard avec extraits), ralentis de la mort, verre de lait qui se brise sur le carrelage de la cuisine en plan-douche et au ralenti (!), etc. C'est très beau et ça a du rythme. Une ambiance fantastique et impressionniste s'installe. Les deux parcours d'abord séparés se rejoignent à vitesse très lente. Les deux garçons mettent un film à essayer de se rencontrer. Au fur et à mesure, le film quitte cette allure fantastique en trompe-l'œil, puisque tout cela est trop évidemment subjectif (regard de l'enfant) pour être vrai. Araki utilise cette nuance comme un moyen de décrire un univers sensuel et subjectif, où la réalité est également très présente, suivant en cela les préoccupations du personnage de Brian, un peu illuminé avec ces machins d'aliens, mais en même temps très à l'écoute et très terre à terre. Au fil des bobines, le film quitte cet axe. On est prévenu, de la même manière que ce qui est arrivé à Brian est un secret de polichinelle. On sait très bien ce que veut dire la naïve mise en parallèle. Il n'y a pas de suspense, à ce niveau. Peu à peu, MYSTERIOUS SKIN ressemble plus à un film US indépendant, gentiment art et essai. Mais tout cela est annoncé mille fois, et ça marche relativement bien. A mesure que l'on s'approche d'une éventuelle rencontre entre les deux héros, le film, qui approche son climax virtuel, s'appesantit, ralentit et rampe. Tactique bizarre mais qui a du charme. Et qui désamorce curieusement l'hollywoodisme et le pathos que l'on pouvait craindre. En tout cas, le choix étant annoncé, volontaire et assumé, il est clair qu'Araki à penser à sa structure.
 
 
Drôle d'effet. Le film "délire" de moins en moins, et se mécanise au fur et à mesure. Les très beaux plans du début, le montage haletant, muent progressivement vers un filmage au cadre plus indigent (le cadre n'est pas, dans la deuxième partie du film, et en d'autres endroits, le point fort du métrage), mais toujours avec des petits axes sympathiques, voire avec de belles ruptures (lorsque Neil s'échappe de la chambre de Zek).  Il y a beaucoup de goût dans la direction d'acteurs, tous remarquables, dans le montage parfois, et surtout dans la lumière, simple mais très soignée, presque luxueuse à mes yeux. Le son, souvent tout en rupture, est très beau, avec deux séquences musicales courtes légèrement sur-mixées et magnifiques. Quelques scènes fantastiques émaillent la deuxième partie, du côté de Neil, dans sa drague féroce et dans la chambre de Zek, scène d'une naïveté confondante et d'une beauté vraiment touchante.
 
 
Bizarre donc, d'assister à ce film qui mue, s'appesantit et qui démonte à mesure le suspense et le ton promis. Là encore, c'est dans les interstices que finalement ça se passe. Dans les rencontres un peu absurdes (Eric, la mère de Neil, ce copain de Neil, etc.). Au final, la catastrophe "art et essayiste" n'a pas lieu, et on se retrouve avec entre les doigts un film tendre, structuré, émouvant et froid, bien loin de l'indignité d'un Almodovar post-KIKA ou du sentimentalisme total et politique de cette vieille baudruche d'Eastwood (voire photo ci-dessus et article sur MILLION DOLLAR BABY. Vous avez vu, quand on y repense j'ai eu du nez avec Eastwood... Le cinéma et le manque de pensée tuent. CQFD.) Il y a un vrai projet de cinéaste derrière ce film un peu modeste mais maîtrisé, qui fait le pari, curieusement, et même paradoxalement, d'être sentimental et cérébral.
 
 
J'ai beaucoup de mal à vous mettre dans l'ambiance de ce beau film. Aussi vais-je m'arrêter là. On retiendra les acteurs tous très bons. Elizabeth Shue, dont je vous parlais à l'occasion de TROUBLE JEU (film honteux), trouve un rôle formidable. Second rôle, certes, mais qui lui donne le temps et la matière de montrer qu'elle est bouleversante, malgré un  rôle très carré. Le passage avec Billy Drago est également superbe, de ce point de vue.
 
 
La seule petite réticence que l'on peut émettre concerne le sentiment évident, qui crève les yeux, que Araki en a largement sous le pied, et que ce film de réveil pourrait augurer quelque chose de dix mille fois plus somptueux encore. Heureusement, Araki prépare déjà un nouveau film (teenager movie avec aliens! chic!), ce qui est bon signe. On n’aimerait pas avoir à se priver du bonhomme encore quelques années. Les plus chanceux d'entre vous (le film est assez mal distribué) pourront aller tenter cette expérience touchante dont on peut dire, avec un peu de culpabilité, je le reconnais, qu'il est absolument bouleversant, et sobre à sa manière. Dépêchez-vous car le film va sûrement se planter et quitter les salles à la vitesse de la lumière. Et ne vous laissez pas effrayer par le sujet, dur certes, mais sentimental au sens noble du terme, et qui, heureusement, a d'autres justifications que celle de choquer le bourgeois. Un beau film de metteur en scène, tout simplement qui s'enchaîne très bien avec la belle série, mais petite quantitativement, de films beaux vus cette année (THE MACHINIST, INNOCENCE, LA VIE AQUATIQUE, PALINDROMES).
 
 
Passionnément Vôtre,
 
 
 
 
 
Dr Devo.
 
 
 
 
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Vendredi 1 avril 2005

recommander publié dans : Corpus Filmi

(photo: "Du Beau et Rien d'Autre (lettre à Loou, réponse No1)" par Dr Devo

Chers Lecteurs,
Il y a quelques jours, je vous proposais de voter pour élire NOS PLUS GRANDS FRANCAIS DE TOUS LES TEMPS, et je proposais dans cette liste iconoclaste, et je l'espère drôle, une série de héros et d'anti-héros français qui par leur mauvaise ou bonne influence ont marqué notre beau pays.
Dans cette liste, on trouvait le nom du réalisateur Jean Renoir. Je rappelais le fait que celui-ci avait été un antisémite notoire. Le fait est peu connu et quelques uns parmi vous ont été, à juste titre, choqués.
Il est tout à fait normal qu'on m'ait demandé alors de préciser mes sources. Non sans mal, je les ai retrouvées, et je crois qu'il était assez important de consacrer un article à la chose.
 
C'est Henri Jeanson qui rappelle l'anecdote dans le journal L'AURORE, le 5 Novembre 1968. La scène se passe en 1940, à Lisbonne. Renoir attend le bateau qui le mènera aux USA, pays que le cinéaste a choisi pour son exil. Voici un extrait de l'interview, rapporté par Jeanson.
 
LE JOURNALISTE : "Alors, M. Renoir, vous quittez l'Europe? Vous quittez la France?"
JEAN RENOIR: "Hélas oui... Et ce n'est pas sans regrets. Mais je suis un homme d'humeur, et souvent irréfléchi, et j'ai commis quelques imprudences. Je me suis stupidement compromis avec le Parti Communiste et les gens de gauche. Mais le temps travaille pour moi. Je reviendrai en France. Hitler est un homme à ma main, je suis sûr que nous nous entendrons très bien tous les deux, car nous sommes confrères. J'ai été victime des Juifs qui nous empêchaient de travailler et qui nous exploitaient. Quand je reviendrai, je serai dans une France désenjuivée, où l'homme aura retrouvé sa noblesse et sa raison de vivre."
 
Voilà, c'était en 1940. Allez jeter un œil par exemple sur l'article Jean Renoir de l'encyclopédie Wikipédia, par exemple, ou tapez "JEAN RENOIR + ANTISEMITISME" sur un moteur de recherche, et vous verrez qu'il n'est pas inutile de rappeler cette anecdote que tout le monde ignore, ou presque. En farfouillant vous-même sur le net, vous verrez le décalage qui, malheureusement, existe entre l'image actuelle de Jean Renoir et les propos de l'époque. L'Histoire peut se réécrire, et c'est bien triste...
Mon collègue Zohiloloff, qui mène d'une main d'expert KÜHE IN HALBTRAUER, superbe blog sur le cinéma, me fait parvenir un extrait d'un autre de ses blogs où sont consignés les chroniques de Louis Skorecki, critique iconoclaste au journal LIBERATION. Vous y trouverez ce très bel article sur Renoir.
On reparlera sans doute, un de ces quatre matins, de Jean Renoir sur ce site, et cette fois, on parlera de cinéma. Mais n'ayons pas une mémoire trop courte.
 
Cordialement,
 
Dr Devo
 
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Jeudi 31 mars 2005

recommander publié dans : Mon Général

(Photo: "Muse du Cinéma, Essai #2" par Dr Devo)

Chers Gens,
 
Aujourd'hui on s'attaque à du lourd, si j'ose dire, puisque nous allons parler du nouveau film de Clint Eastwood, MILLION DOLLAR BABY. Et s'il y a un pays qui aime bien Clint Eastwood, le réalisateur, c'est bien la France où, assez curieusement, il fait figure de chouchou toute catégorie. Voilà quelque chose qui m'a toujours un peu étonné. Il m'est toujours difficile de comprendre pourquoi, dans notre beau pays, Eastwood jouit d'une telle aura. Tous ses films, ou quasiment, sont salués de tous, spectateurs ou journalistes, les professionnels de la profession l'adorent, et de Télé-Star au Cahiers du Cinéma, tout le monde salue le Maître. Voilà ce que j'appelle un réalisateur populaire, qu'on le veuille ou non. Et pourtant, la perspective d'aller voir MILLION DOLLAR BABY ne m'excitait a priori pas plus que ça, et sans ma carte illimitée Pathugmont, j'aurais sans doute passé mon tour. Il est en effet assez incompréhensible pour moi que Clint Eastwood soit considéré comme un maître. Pour moi, l'animal, malgré l'aura mythique qu'il dégage (grâce à son travail d'acteur, d'ailleurs), n'est qu'un petit faiseur, et la moindre des choses que je puisse dire, c'est que, cinématographiquement parlant, dans les meilleurs des cas, ses films ne cassent pas trois pattes à un canard. Et d'une. Ce sont, je pense, des petits machins classiques au possible, sans fantaisie, sans inventivité, et dont les scénarios sont, en général, tellement pépères que si le réalisateur n'avait pas cette aura mythique justement, ses films resteraient complètement anonymes!  Et encore, ça c'est l'hypothèse haute. Le dernier Eastwood que j'avais vu était CREANCES DE SANG, qui était quand même un mauvais téléfilm à la mise en scène inexistante et au sujet des plus poussifs. Un vrai film de grand-père. Dans le genre, on préfère cent fois Derrick. Donc, vous l'aurez compris, Docteur échaudé craint l'eau froide, et on s'avançait vers MILLION DOLLAR BABY sans illusion et sans enthousiasme.
 
Et bien, petite surprise, ça commence assez joliment. L'histoire est simple. Eastwood, ancien soigneur, tient maintenant une salle de boxe, quelque part dans une ville du Texas. Une toute vieille salle, très classique, mais cela n'empêche pas les mecs du coin de venir s'entraîner. Il fait tourner la boîte avec Morgan Freeman (également narrateur), ancien boxeur, qui sert un peu d'homme à tout faire. Les deux se connaissent bien, et s'entendent bien. Eastwood entraîne aussi un petit gars prometteur, et tous les jours, en bon américain d'origine irlandaise, il va à l'église où, après la messe, il va gentiment faire chier le prêtre (je vous laisse voir ça). Une vie bien réglée. Eastwood espère quand même qu'elle finira en apothéose, en quelque sorte, et que son jeune poulain de boxer black le mènera à un titre. Mais justement, à force d'hésitation (Eastwood ne pense pas qu'il soit prêt et retarde les matchs importants), le jeune boxer décide de changer d'entraîneur. C'est la catastrophe pour Eastwood. Ses espoirs, notamment financiers, s'effondrent. Or, depuis quelques temps, une jeune fille, Hilary Swank, squatte la salle d'entraînement. Serveuse trentenaire, sans avenir et sans le sou, elle n'a qu'une ambition : convaincre Eastwood de devenir son entraîneur. C’est une obsession sans qu'on sache très bien pourquoi. Eastwood refuse une centaine de fois, mais finit par craquer et décide d'entraîner sans illusion, cette "vieille" boxeuse autodidacte, et sans vraiment de technique. Curieusement, il mènera sa boxeuse au plus haut niveau. Des liens très forts commencent à se nouer entre les deux solitaires...
 
Ben oui, c'est ça la boxe, c'est toujours un peu la même histoire. Fort heureusement, on évite ici la mise en scène à la ROCKY ou ALI. [ROCKY, ALI, MILLION DOLLAR BABY… Est-ce que tous les films de boxe ont des titres en -i- ? Ndc] Ouf! Et ça commence très joliment. Montage lent, ellipses gentilles mais ellipses quand même, lumière correcte (encore des teintes vertes, symptômes de mauvais tirages de la copie, un classique dans nos contrées), petit cadre sympathique... Ça respire une certaine sobriété. De temps en temps, il y a même un peu de son. Ça sent le soigné, et ça sent le cordeau, ou la retenue. On entre du coup dans l'histoire comme dans du beurre. Eastwood arrive à imposer une espèce de faux rythme qui marche bien, et à présenter un contexte et une histoire bêtes comme chou, avec charme. Les ellipses sportives (je m'entraîne, je m'améliore, je gagne des combats) sont plutôt rapides et sèches. C’est un soulagement, le film sportif étant en général horriblement répétitif et monotone quand on aborde ce cycle. Les combats sont filmés de manière très sèche, sans effets, assez calmement, comme une espèce de slowburn qui fonctionne pas mal. Et surtout, ces combats ne sont pas dramatisés et scénarisés (j'ai le dessus, je me fais frapper comme une bête, je serre les dents, je reprends le dessus, etc., à la mode ROCKY justement). Déjà, c'est un petit exploit. Et du coup, il y a beaucoup plus de suspense. Dans les films de boxe, dès le premier plan d'un combat, on sait ce qui va se passer. Ici, c'est sec comme un coup de trique, les combats ne racontent aucune histoire. Pas de ralentis, peu de musique, etc. On est gentiment surpris. C'est assez modeste et curieusement, ça fonctionne plutôt bien. Eastwood  aurait-il fait un film qui ne soit pas anonyme ? Bonne surprise.
 
Malheureusement l'éclaircie ne va pas durer...
 
Si tu aimes Clint Eastwood, gentil lecteur, et si tu n'as pas encore vu le film, arrête de lire cet article. Si tu penses, sans être grand fan de Eastwood, que tu as une chance de voir le film MILLION DOLLAR BABY, demain au cinéma ou dans trois ans en DVD ou à la télé, par pitié, ne lis pas la suite. Je vais être obligé de parler de certaines choses qui vont te gâcher le plaisir de spectateur. Si vous êtes dans ce cas, fermez cette fenêtre, allez lire une autre critique sur ce site, et revenez lire la suite de celle-ci demain ou quand vous aurez vu ce film.  ON NE POURRA PAS DIRE QUE JE NE VOUS AI PAS PREVENUS SI VOUS NE RESPECTEZ PAS CETTE PETITE CONSIGNE PLEINE DE BON SENS!!!
 
 
 
Bon, maintenant que les fans d'Eastwood sont partis (héhé, je plaisante!), ou plutôt que ceux qui n'ont pas vu le film sont partis, abordons la suite. Ben oui, les amis, ça se gâte, et pas qu'un peu. Et pour une fois, je ne vais pas pouvoir user de langage codé pour parler de la deuxième partie du film. Il va falloir que je dévoile un peu la tonalité de ce deuxième acte. On disait donc, une certaine modestie, un petit style assez surprenant pendant une bonne heure. Hilary Swank (plutôt sobre) gravit les échelons, et entre dans le circuit professionnel. Malheureusement, on sent le vent tourner un peu lors du combat pour le titre de champion du monde. Tout à coup, on sait dès le premier plan sur l'adversaire de Hilary, que le combat va être très stallonien et complètement scénarisé. Adieu le filmage sec et sans fioriture. En dix secondes, on a tout compris, le combat va être une catastrophe, et c'est effectivement le cas. On se dit que ce retournement de chemise ne sent pas bon, et c'est vrai. Mais ce qui arrive derrière dépasse l'entendement! Car c'est après ce dernier combat que ça se gâte. Et là, c'est l'arnaque. Le film de boxe se transforme en film de maladie. Les plus vieux lecteurs parmi vous savent ce que je pense des films de maladie. Ce sont toujours des films dégueulasses et mauvais... à une exception près, le fabuleux LORENZO de George Miller, qui n'est peut-être pas tout à fait un film sur la maladie mais un film sur le raisonnement scientifique. On ne va pas chipoter! Mais je vous mets au défi de me trouver un film de maladie (véritable sous-genre du mélo) qui ne soit pas une immonde bouse manipulatrice. Passons.
 
Et donc, dis-je, nous voilà en plein film de maladie! Portrait du Dr Devo, la jambe coincée dans les griffes du piège à loups, sous la neige, à la tombée de la nuit, seul dans la steppe! Mais si cette deuxième partie s'annonce mal, c'est parce qu'en plus d'être un film de maladie, le film s'enfonce dans un système ordurier que, certes, il n'est pas le premier à utiliser, mais qui fleure tellement l'arnaque et la manipulation, qu'on ressort du film avec un immense sentiment d'agression.
 
Je m'explique. Eastwood nous pond une heure ou plus de film sobre, sans message particulier. Et c'est soigné en plus. Et, lorsque le film bascule, c'est l'inverse : mise en scène de plus en plus feignasse (merci le chef-op'), montage au rythme pachydermique, et surtout prévisibilité complète de la galerie des sentiments exposés. Eastwood engueule Freeman, Eastwood considère Hilary comme sa fille, Eastwood se bat pour la sortir de là face au corps médical, et la famille crasse de Hilary débarque, etc. Le film passe à dix à l'heure, sans ne plus faire aucun effort de construction. C'est là le pêché principal du film!! Outre la tromperie sur la marchandise, bien sûr. Le film donc se délite, et Eastwood n'en a plus rien à foutre de la mise en scène : il est là pour asséner un message, et encore plus pour faire pleurer Margot.
 
Et on comprend, du coup, tout le bazar avec le prêtre, etc. Eastwood nous promettait une histoire naïve certes, mais vivante, et il la transforme en gros pamphlet. Abandonnant une démarche "d'auteur", Eastwood se transforme en Mr Hollywood, et n'hésite devant aucun effet pour nous vendre sa camelote d'euthanasie à trois balles. On passe soudainement, sans aucune justification, à LOVE STORY. Et je vous assure que le niveau baisse, et pas seulement dans la mise en scène. C'est con la maladie, c'est con la mort, c'est dur de souffrir, etc. Que des scoops! Que du subtil! Eastwood trahit tout le monde, cède à la facilité la plus honteuse. Il broie son personnage principal (Hilary Swank), son histoire, sa mise en scène (le plus grand des pêchés comme je le disais, la chose la plus terrible pour un artiste, en principe...), et notre cerveau désormais sera prié de se tenir bien tranquille. Rien dans la première partie n'était vraiment expliqué, ou alors par la petite bande (j'exagère un peu). Dans la deuxième partie, tout a un but. Et même deux. Un : ramasser le plus de dollars possibles en faisant pleurer tout le monde, même le chef des pompiers. Deux : faire un plaidoyer sur l'euthanasie.
 
Pour moi, trahir sa mise en scène est la faute impardonnable de Eastwood, surtout qu'il ne le fait pas par maladresse, et que tout ça est prémédité depuis le début. Soit. Pour moi, cet argument suffit à classer ce film comme totalitaire, artistiquement, bien sûr. Ce type est un manipulateur cynique, c'est évident.
 
Personnellement, l'euthanasie n'est pas vraiment un sujet tabou, et ne heurte aucun sentiment religieux ou autre. C'est bien un sujet sur lequel je n'ai pas vraiment d'avis arrêté. Je ne suis ni pour ni contre, et j'observe toujours avec intérêt les réflexions des uns et des autres sur le sujet. Bon, ceci dit, ma position sur l'euthanasie, ça n'a aucun rapport avec le cinéma, bien sûr. Je précise et vous allez comprendre pourquoi.
 
Où est l'enjeu dans ce film ? Où est le dilemme ? Nulle part! Car le personnage de l'entraîneur joué par Eastwood n'a aucune alternative, dans la logique du film. Swank a eu une vie de merde, a effleuré son rêve, s'est battue toujours dans la souffrance et la solitude... Et elle demande sans sourciller qu'on la débranche ? Vous savez quel est l'enjeu d'euthanasier la jeune fille dans le film ? L'émotion. Point final. Voilà un personnage qui a souffert toute sa vie, et qui sur décision du scénario, abandonne sans se battre tout à coup... C'est le scénario qui a tué Hilary, comme c'est la Mort qui a assassiné Marcia, comme disait la poète. Il n'y a aucune réflexion, aucun sentiment, aucune ambivalence ne se dégage de la fin de ce film. Ici, c'est tes larmes qu'on veut, et ta signature au bas de la pétition. Tout est automatisé et lissé pour ne laisser aucune prise à ton cerveau.
 
Quand on substitue la réflexion, et qu'on la bloque volontairement pour ne laisser passer que l'émotion, ça s'appelle comment ? Quand on te présente un truc et qu’en fait, il s'agit carrément du contraire, on appelle ça comment ? Quand on te dit qu'il n'y a pas d'alternative, et que les choses doivent se passer comme ça, ça s'appelle comment ? Quand on défend quelque chose avec absolument les mêmes arguments que si on avait défendu la thèse adverse, ça s'appelle comment ? Et quand un "artiste" fait une œuvre "à message", ça s'appelle comment ?
 
Clint Eastwood est sans doute un type très réactionnaire. Certes. Je ne lui demande pas d'être un mec bien, je n'en ai rien à faire. Par contre, on peut sans aucun doute comprendre avec ce film que ce type n'a jamais été un artiste (je veux dire un réalisateur). Dans ses méthodes, on reconnaît très bien l'expression d'une pensée totale, manipulatrice, et dont les enjeux sont hors du cinéma. Parce que le Clint a trahi tout ce qui pouvait faire sa dignité d'artiste, parce qu'il a agi de manière manipulatrice, parce qu'il nous a empêchés d'utiliser notre cerveau, ne soyons pas étonnés qu'il ait emprunté la forme du mélo le plus pourri. Sous des dehors humanistes, et "forcément émouvants", MILLION DOLLAR BABY apparaît comme un film absolument cynique et totalitaire, utilisant tous les moyens pour atteindre un but qui dépasse le cadre du cinéma (visée mercantile et/ou politique).
 
Je n'ai jamais aimé les petits fachos ou ceux qui utilisent les mêmes méthodes qu'eux et de la même manière, et je tends mon poing en l'air "à la face" (et non pas dans la face, je suis non-violent!) de Clint Eastwood, dont la fascination sur les masses, avec ce film et le précédent, me paraît plus qu'inquiétante. Nous sommes décidément prêts à toutes les manipulations. Voilà qui ne laisse rien présager de bon. Mais là, cher lecteur, on sort du cadre du cinéma, je sais bien... La faute à qui ? MILLION DOLLAR BABY est un film abject, et il fallait que ce soit dit.
 
 
 
Cérébralement Vôtre,
 
Dr Devo.
 
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Mercredi 30 mars 2005

recommander publié dans : Corpus Filmi

(photo: "Gothico YOU! (gouvernement décrit en patates écrasées)" par Dr Devo

Chers Concitoyens,
 
Par où on va commencer, là? Bah, restons pros! Elmore Leonard écrit des livres, plutôt pas mal si ma mémoire est bonne. Souvent, ils sont adaptés au cinéma, comme par exemple "Punch Créole" qui deviendra à l'écran JACKIE BROWN, de qui-vous-savez. Il y a cinq ou six ans, je ne sais plus très bien, j'ai la mémoire qui flanche et des baguouzes à chaque doigt, il y a dix ans en fait (le temps passe à une vitesse hallucinante, c'est le tourbillon de la vie, c'est dit, c'est fait), il y a dix ans, dis-je,  Abel Ferrara voulait faire une adaptation du roman de Leonard, "Get Shorty", où un ancien prêteur sur gage, un peu minable mais malin, décide, plus ou moins malgré lui, d'investir dans le cinéma, où il fait fortune. Comme par hasard, au dernier moment, un grand studio fait monter le prix des droits d'adaptation. Ferrara ne peut plus se les offrir, et le studio en question engage un scribouilleux, des stars et l'horrible Barry Sonnenfeld, et emballez, c'est pesé : GET SHORTY devient un film. A l'époque, j'apprends l'anecdote sur Ferrara qui dit qu'il a vu le film un an plus tard dans un avion, et qu'il a été malade pendant tout le trajet, après 20 minutes de visionnage. Je lis le livre, très bien fichu, je regarde le film, et effectivement, Ferrara a raison : ils ont réussi à enlever tout la subtilité, toute la nervosité et tout l'humour du film pour en faire un polar de plus. C'est nul, et surtout c'est du gâchis. Le moindre petit réalisateur, le moins doué aurait, en suivant laborieusement le livre, fait un film acceptable. Hollywood, c'est un commando terroriste cagoulé qui débarque sur la scène d'un spectacle de danse de fillettes de 6 ans. C'est une succession de mauvais renseignements et d'erreurs diverses qui mènent à une bourde monumentale ou à un projet contre-nature, c'est n'importe quoi, mais ce n’est pas grave, on massacre toujours tout le monde à la fin, et on verra après! Des brutes, je vous dis.
 
Et bien nous voilà en 2005, et on remet ça. On fait une suite à GET SHORTY. Et votre Docteur Devo, ben, comme une poire, il ne remarque pas que c'est la suite de ce triste film. BE COOL, que ça dit, et non pas GET SHORTY 2, alors, il y va, pauvre de lui.
 
Evidemment, on reprend le personnage de Travolta, ex-prêteur sur gage très intelligent mais sans envergure qui, bon gré mal gré, atterrit dans le milieu du cinéma, y investit de l'argent et ça rapporte. Il casse la baraque. Sa double connaissance des milieux mafieux et de la psychologie humaine sont ses meilleurs atouts dans le bizness. Comme le Travolta, c'est un malin, avec énormément d'aplomb, il est comme un poisson dans l'eau. Et ça marche. BE COOL se passe quelques années après. Travolta en a marre du cinéma, qui, selon lui, brasse trop de fric, est trop contrôlé, et surtout produit n'importe quoi et nivelle tout par le bas. Le tout saupoudré par des mœurs décadentes, souvent mafieuses. Y'en a marre. Il décide alors de se lancer dans la chanson. Il va voir la femme de James Woods (qui vient de mourir assassiné), sa veuve donc, Uma Thurman, qui justement a un label. Et surtout, Travolta repère une jeune chanteuse (genre Janet Jackson), Christina Milian. Thurman est d'accord avec Travolta : cette petite, c'est de la bombe, il faut lui faire faire un disque. Malheureusement, la belle petite chanteuse est sous contrat, chez le minable Harvey Keitel, producteur ringard, et son manager Vince Vaughn, un autre minable qui parle, vit et s'habille comme un noir du Bronx, n'entend pas laisser filer la chanteuse aussi facilement. Quelques quiproquos finissent de s'emmêler les uns aux autres : tueurs à gages, dettes, rappeurs-gangsters, etc... Et Travolta se retrouve plongé dans ce qu'il voulait éviter : les histoires mafieuses!
 
 Bon, ben voilà. Get Shorty 2, quoi! C'est assez marrant quand même de constater que Hollywood a réussi à engager pour cette suite un réalisateur encore plus nul que Barry Sonnenfeld, ancien opérateur des frères Cohen, mais aussi réalisateur d'un des plus mauvais film de l'histoire : WILD WILD WEST! C'est clair, un étudiant en première année de n'importe quelle école de cinéma du monde aurait eu honte de rendre une telle copie. C'est minable! Axes contrariés, échelle de plans absurde et absolument interchangeable, photo hallucinante de médiocrité, etc. Un festival de ce qu’il ne faut pas faire au cinéma. Les simples champs/contrechamps font mal aux yeux. Coté montage, c'est absolument sans rythme, et on a l'impression de voir un premier montage, une copie de travail pas encore dégrossie, avec des tunnels de plusieurs minutes pour des petites scènes de rien du tout, et des scènes plus importantes envoyées en cinq secondes. Rien qu'en remontant un peu le film, on aurait pu avoir plus de rythme et un ton un peu plus alerte. Bref, de ce côté là, c'est le vide cosmique, et comme c'est une comédie, le film ne vise même pas l'esbroufe (débile, c'est sûr, mais esbroufe quand même) d'un ELEKTRA ou de tout autre grosse production américaine. Une horreur, ou bien, comme le disait Ferrara, un film pour endormir les passagers un peu nerveux d'un avion! Oui, c'est peut-être ça, un film pour avion! On passe.
 
Côté acteurs, c'est mieux mais c'est aussi le gros malaise. Que faire, même avec de bons acteurs bien motivés, dans un film nullosse, sans réalisateur et sans scénario valable ? Ben, rien ou presque! Et pourtant, il y a du monde. Travolta est plutôt sobre, c'est-à-dire mieux, sauf sur un plan (quand il suit le type de l'agence de voitures, ses mains le trahissent! Si si! Je vous assure! J'aurais fait un chouette producteur, non ?). Malheureusement, le Travolta, il a regrossi. Du coup, sur toute la longueur du film, il n'a qu'un plan moyen qui ne soit pas de face (quand il entre pour la première fois dans la boutique des russes), et il est énorme. De fait, le réalisateur s’attache à faire le plus de gros plans possibles ou de le filmer de face le plus possible. Première hypothèse. Ou alors, deuxième hypothèse, le réalisateur n'a même pas remarqué qu'il était gros du bide, et le filme n'importe comment, naturellement, sans se forcer! Je vous laisse choisir la bonne solution. En tout cas, ça nous donne une des scènes de danse les moins sexy et les plus minables de toute l'histoire du cinéma. Cette scène arrête le film pendant trois bonnes minutes, en essayant de refaire une scène culte entre Thurman et Travolta! Involontairement, c'est une des scènes les plus drôles du film : on ne sait pas du tout quelle est la chorégraphie! C'est tellement mal cadré et monté que je vous mets au défi d'essayer de deviner la chorégraphie de cette scène! C'est drôle (si ce n'était pas triste), et je sens qu'un jour on arrivera à réaliser mon fantasme ultime de cinéma : faire une comédie musicale sans musique!!! En tout cas, moi, tant qu'à faire, j'aurais coupé la bande-son pendant cette scène! Bien sûr, le pompage de PULP FICTION est honteusement visible. Sinon, Thurman est plutôt bien en début de film, toute en rides naturelles, un peu vieillie, un peu touchante. Très vite, elle s'avère être complètement perdue et à côté de la plaque, chose qu'on ne saurait lui reprocher. Son rôle est fade, fade, fade. Apportez-moi la tête du scénariste sur un plateau! Vince Vaughn met beaucoup d'entrain à jouer son rôle de "nègre-blanc" stupide. J'aime bien cet acteur, à mon avis sous-estimé. Revoir DODGEBALL, par exemple, pour s'en rendre compte. Malheureusement, il est massacré par la VF, et le montage lui donne des scènes très longues et qui, à force, fatiguent. Il semble être très bien, mais si vous voyez le film en VO, c'est vous qui pourrez confirmer. En tout cas, Vince Vaughn, avec ce film, entre dans le clan fermé des imitateurs de Christopher Walken (ce qu'il fait avec plus de discrétion que Johnny Depp!). C'est rigolo. The Rock a sans doute un joli rôle, ou plutôt on devine le joli rôle si le bouquin était un peu respecté. Le personnage a tellement de contradictions dans le film (c'est-à-dire, il est tellement mal écrit) que là aussi, la performance est dure à juger. En tout cas, Harvey Keitel est minable et vient ici payer ses impôts, et James Wood n'a qu'une scène et demie. Je passe. Cedric The Entertainer, en PDG de groupe de rap mafieux, est plutôt pas mal, et là aussi en filigrane, on devine les intentions de Leonard, notamment lors de sa tirade dans le bureau de Harvey Keitel, hymne à la tolérance, pourtant presque raciste, et, en tout cas, très ambigüe. Ça doit être quelque chose... dans le bouquin. Quant à Christina Milian, la petite cendrillon de la pop, que dire, sans être grossier ? Une petite chanteuse à deux balles de plus? Une petite gamine arriviste de plus ? Une petite bourgeoise de Beverly Hills dans le show-biz de plus ?
 
C'est bien là qu'est le problème. Ce film parle d'abord de la fabrication d'un album, de la découverte d'un nouveau talent, et des mœurs dans les métiers de la production. Le personnage de Travolta en a marre de produire des films débiles et décide de se lancer dans  la musique, en produisant celle qui lui tient à cœur. Et il flashe sur quelle artiste ? Une Janet Jackson No 22, un clone, et chanteuse dans la vraie vie bien sûr, bien qu'ici elle soit déguisée en Cendrillon pourrie de talent! De qui se moque-t-on ? Ce film, très friqué, incarne exactement ce qu'il dénonce : un projet mercantile débile de plus, fait par des incapables et des incultes qui pourrissent tout ce qu'ils touchent. Et tout ça pour quoi? Pour nous vendre Christina Milian!!!! Un énième clone de Mariah Jackson Huston Madonna Lopez!  Au secours! La belle n'a sûrement jamais connu le Bronx, comme cela nous est montré dans le film (cliché à mon sens raciste, du talent caché dans cette école de rap de banlieue ; ces noirs, ils sont tellement doués pour le hip hop, le jazz et le basket!). La belle n'a aucun talent, et évitons de parler de son travail d'actrice. A quoi sert le film ? A vendre de la soupe, et c'est tout. Le contraire de ce que dit le scénario. Et que dire de l'utilisation du groupe Aerosmith dans le film ? Qu'elle confirme que pour les producteurs de BE COOL, c'est le nec plus ultra, le vrai rock, quoi! De l'émotion vraie. Au secours!
 
Bref, vous l'aurez compris, un film bourgeoisiste, dont la seule destinée est de vous piquer votre fric deux fois (ciné+musique), en détruisant une histoire intéressante et arty, en la transformant en un WILD WILD WEST 2. Et surtout un film qui fait preuve, avec force,  de ce qu'il dénonce : les professionnels de la production, ciné+musique, sont de gros incultes qui ne connaissent à peu près rien à leur métier, comme l'avait bien compris le personnage principal du bouquin. Mais, pire que tout, c'est ce sentiment d'être pris pour un connard (pauvre) de dernière zone qui est désagréable, et devant tant de trahison, à la vie comme à l'écran, on a envie de dire aux responsables de ce film : soyez honnêtes!
 
Honnêtes, c'est déjà ça, c'est déjà ça, comme disait le poète...
 
En attendant, dénonçons le scandale de ce film qui nous crache à la gueule, en encaissant notre argent, et qui exige, en plus, qu'on dise merci!
 
 
 
Furieusement Vôtre,
 
 
 
Dr Devo
 
 
 
PS: on est quand même très triste pour Vince Vaughn! A signaler aussi dans le film, les apparitions de deux plus ou moins  inconnus (vus quelque part mais je sais plus où!): Robert Pastorelli (le tueur à gage) et Debi Mazar, tout deux très biens.  D'ailleurs, j'apprends en préparant cet article que Debi Mazar sera à l'affiche du prochain film de Stuart Gordon (REANIMATOR, FROM BEYOND), film scénarisé par David Mamet!!!! Un peu comme si Alain Corneau écrivait le prochain David Lynch! Voilà un mélange improbable, très excitant et qu'on a hâte de voir!
 
 
 
 
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Mardi 29 mars 2005

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(photo: "Les Doigts Croisés" par Dr Devo)

Chers Amis,
 
Quel plaisir de vous retrouver après quelques jours passés à manger du chocolat, pour moi, et de crise de Foi, pour vous, qui étiez confrontés pendant ce temps aux diaboliques photos du film mystérieux.
 
Avant de partir pour Chocoland, j'ai eu le temps de me glisser dans une salle de cinéma et d'aller voir, dîtes-donc ma chère, encore un film français. Ça faisait longtemps que je ne n'en avais pas vu deux à la suite qui ne soient pas des comédies à 1000 copies, genre CAMERA CAFE ou IZNOGOUD. Deux films de chez nous, donc, et deux films plutôt visibles : LE COUPERET de Costa-Gavras qui ne casse pas trois pattes  à un canard, mais qui, par la petite bande, est assez angoissant, et donc DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRÊTE de notre ami Jacques Audiard, que j'ai eu la chance de rencontrer un soir, quand j'étais petit, il y a déjà assez longtemps, genre quand j'étais au lycée, et genre quand il écrivait encore des scénarios avec Jérôme Boivin, également présent ce jour-là, et qui depuis disparaît régulièrement dans l'univers impitoyable et médiocre de la télévision... J'ai rencontré les deux en 1992 ou quelque chose comme ça, ça ne nous rajeunit pas, bon sang. Allez reprend un peu de chocolat, ça passera mieux...
 
Romain Duris (Brrrr, j'y reviens), est un petit gars assez nerveux, mais plutôt malin. C'est une sorte de Dédé l'Embrouille, version contemporaine. Duris, il est dans l'immobilier, et avec deux amis (dont l'excellent Jonathan Zaccaï), il rachète des immeubles entiers, les vide, les revend, ramasse encore plus de fric, etc... Bref, ils spéculent, le Duris et ses amis... Et quand ils ne peuvent pas faire une affaire, et bien, ils font en sorte de la faire quand même! Et que je te mets des rats dans les escaliers pour pousser le proprio à vendre, et que je te déloge les squatters sans le sou avec batte de base-ball, etc... Je vous laisse découvrir ça. Et puis, on s'arrange avec les notaires, les services municipaux, et tout le toutim. Au total, on achète, on vend, et on survend, par immeubles entiers. Petites combines, certes, mais habiles, bien soutenues par un réseau de connaissances et  de savoir-faire. Et ça rapporte un maximum, crise de l'immobilier parisien oblige. De temps en temps, faut balancer quelques coups de poings, mais bon... On n'a rien sans rien. Tout le système, Duris l'a appris auprès de son père, Niels Arestrup. Et les combines semblent s'être transmises comme un petit commerce familial. Les deux ne bossent pas ensemble, mais quand le père a besoin du fiston pour faire le coup de poing, Arestrup peut compter sur Duris. Drôle de paire ces deux-là : père-fils, mais aussi deux faux "potes"... On joue sur plusieurs registres, et les petites rancunes s'accumulent. Parmi les sujets tabous entre les deux petits arnaqueurs : la mère de Duris (ex-femme d'Arestrup donc), morte il y a quelques années et qui était pianiste virtuose, ce qui, on le devine, causa sa perte. Voilà le quotidien de Duris, qui, un jour, par hasard, rencontre son ancien professeur de piano (un célèbre impresario dans le classique) qui lui propose une audition. Duris accepte alors qu'il n'a pas touché un clavier depuis la mort de sa mère. Il se remet à l'instrument non sans mal, avec l'aide d'une chinoise virtuose qui va le faire bosser à fond. Pendant ce temps-là, Arestrup connaît de plus en plus de soucis avec ses affaires et a besoin de son fils. Duris hésite et perd pied au fur et à mesure que sa passion pour le piano rejaillit et qu'il s'éloigne malgré lui du milieu des "affaires"... Y a-t-il un deuxième acte dans la vie des (anti-) héros français ?
Si Jacques Audiard ne m'était pas relativement sympathique, sans doute ne serais-je pas allé voir ce film, et ce pour une raison très simple : j'ai un gros problème avec Romain Duris. Voilà, c'est dit, c'est fait. Malgré sa grande popularité, et malgré le fait que, pour la plupart des spectateurs, il paraît être un petit gars très sympathique, rien n'y fait, pour moi, le Duris me donne quasiment de l'urticaire. Il ne m'a rien fait personnellement, mais voilà exactement le gars qui pour moi symbolise la frime, la prétention, le systématisme, le manque d'intelligence, etc.. Vous l'aurez compris, c'est physique, je ne peux pas encadrer l'animal. Bah, ça arrive, on a tous nos têtes de turc, et peut-être l'essentiel est de s'en rendre compte, d'en être conscient. Sur le plan artistique, je ne suis pas fan, loin de là, de ses films, notamment ceux de Cedric Klapisch, et ça, à ma décharge, ça aide, ça aggrave le symptôme. Donc, sans Audiard, la perspective de passer plus de 100 minutes avec Duris m'aurait fait passer mon chemin probablement. Discutant il y a peu avec Bernard RAPP, un habitué de ce site, qui laisse souvent de très splendouillets commentaires, celui-ci (Bernard RAPP) me disait que, malgré notre aversion commune pour Romain Duris, et malgré "l'immonde bouse" (je cite de mémoire), qu'était ARSENE LUPIN, il avait apprécié Duris dans ce très mauvais film, qualifiant sa performance de "relatif état de grâce". Connaissant mon confrère RAPP assez bien maintenant, le doute se fit, et j'en déduisis que pour apprécier un tant soit peu le plus populaire des jeunes acteurs français, le Bernard, il avait dû être très surpris par quelque chose. Le film étant mauvais, il fallait sans doute trouver les raisons de ce revirement partiel dans le jeu même de l'acteur. Surprenant. Malgré tout, en voilà une de raison supplémentaire, d'aller voir DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRÊTE. Même sans trop y croire. De toute façon, un Jacques Audiard, fut-ce avec Duris, ça vaudra toujours plus qu'un Jugnot avec Catherine Frot.
 
À l'heure du bilan, que dire ? On ne passe pas vraiment un mauvais moment. C'est du classique, tout ça, mais ça a un peu de gueule, on ne peut pas le nier. Romain Duris, désolé les gens, n'est, selon mon point de vue, pas "en état de grâce". Ça joue relativement, mais pour moi, ça pue encore bien la frime et le rouleau compresseur. Oune poquito attendu, la performance. Je crois qu'un journaliste de Libération a osé dire que sa performance est proche de celle, mythique, qui marque un acteur, et qu'on pouvait comparer le Duris d'ici au Robert De Niro de TAXI DRIVER! Oh No! Faut quand même pas déconner. On sait que je ne porte plus beaucoup De Niro dans mon cœur (encore que le film sur la carte AMERICAN EXPRESS... Jetez un œil sur MON BEAU-PERE, MES PARENTS ET MOI vous comprendrez), mais là je dis halte au sketch, ou si vous préférez, il faut savoir raison garder.  Je pense que si on ressortait à ce journaliste sa critique dans cinq ans, il aurait très honte! Je passe. Donc, le Duris se supporte tant bien que mal, rien d'infamant (à part la scène du téléphone: "I fucking kill you!", qui, là, de fait, ressemble à du De Niro mal compris et hors-sujet... L'idée de ce journaliste n'était même pas vraiment originale... La classe!), et surtout rien d'extraordinaire non plus. Pas mal, je suppose, mais dans mon cas (voir ci-dessus), c'est dur à juger. On supporte, disons. Côté second rôle, ça assure drôlement à certains endroits. Arestrup est vraiment formidable, et, HALLELUYAH !, est capable de dire un texte sans réciter, avec une facilité et une absence de calculs hyper-rare en France (même chez les bons acteurs). Ça fait du bien. Rien que pour lui, on peut se déplacer. C'est quand même autre chose que les Podalydes ou les Torreton. La grande classe. Jonathan Zaccaï me paraît très honnête, comme dit plus haut. Lin Dan Pham est bien. Mélanie Laurent, que je ne connais pas, a une superbe scène (dans les vestiaires de l’hôtel, avec un son très joliment utilisé).
 
Là où je serais plus frileux, curieusement, c'est plutôt sur la mise en scène. Le parti pris de montage est très marqué. Caméra à l'épaule, impression de prise sur le vif, montage chahuté et très cut, temporalité flottante, etc... Pendant ce temps, le scénario louche sur une histoire en deux teintes, thriller quotidien mais noir d'un côté, et redécouverte de la musique de l'autre. De ce point de vue, l'ignoble bande-annonce en dit beaucoup trop, privilégiant le côté film noir, alors que, je suppose, découvrir le film sans avoir vu ce piteux montage commercial doit être quelque chose de bien plus troublant, parce que, justement, on ne sait pas de quel côté le film va basculer, et parce que, justement, le film n'est que progressivement émaillé de tâches noires sur la musique. Dans ces conditions, mon innocence de spectateur cesse de battre, elle aussi.
 
Et puis, au final, votre bon docteur est un peu gêné. Beaucoup de gros plans, encore une fois, nourris au sein naïf de cette idée reçue qui veut que plus ton plan est serré, plus tu es proche de l'émotion des acteurs. Le cadre n'est pas gourmand une seconde, ce qui alourdit sans doute pas mal le montage. Le scénario sent bon la rédemption à 1000 lieues à la ronde, et pourquoi pas au fond ? On ressort relativement déçu quand même. Le film reste vraiment trop sage, loin de l'esthétisme travaillé auquel on s'attendait. Comme un joli morceau, gentiment triste, mais  dont on devine plusieurs minutes à l'avance sur quel accord et de quelle manière il va se résoudre. On baille donc gentiment. Le tout n'est pas assez iconoclaste (à l'intérieur même du film), trop proche du scénario, et sans doute pas assez dans l'errance que ce type de dispositif aurait pu rendre si créative au montage. [Un petit mot sur le son très feignant, je trouve, et perturbé par une musique electro abominable.] Et d'ailleurs servons nous de cette parenthèse. Et si, à la place du piano, il s'était s'agit d'un tubiste virtuose ? Et si, à la place de l'electro, on avait mis de la musique industrielle des années 80 ? Il exagère le docteur ? Pas vraiment, il est juste un peu taquin. Car curieusement, dans ce film, c'est l'impression de préciosité et de bon goût qui bouffe un peu le reste, au détriment du rythme même du film et de son "ambition" esthétique. Audiard n'est pas le premier à sombrer dans une espèce de fétichisme du PI-A-NO et du VI-O-LON (prononcez avec l'accent de Fanny Ardant). C'est sûr, c'est plus classe que le trombone. Mais la musique indus, combinée au tuba, n'aurait aucunement empêché de montrer longuement le Duris torse-poil en train de répéter.
 
Il s'en est fallu de peu, mais c'est dommage, on reste dans une ambiance feutrée et charmante, bien comme il faut, et finalement sans la folie et le déboussolage qui nourrissent le scénario. Dans le même processus de filmage et de montage, on pourra comparer le film de Audiard à VENDREDI SOIR de Claire Denis qui, dans la même veine de mise en scène, était bien plus gourmand et bien plus abouti. Là, au moins, la mise en scène, elle avait une autre gueule. 
 
Gentiment Vôtre,
Dr Devo
 
PS : en fait, deux jours après, je lis ça et je suis d'accord!
 
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Lundi 28 mars 2005

recommander publié dans : Corpus Filmi

Chers Amis,

Bon allez, encore un petit effort. Sera-ce plus dur encore?

Voici la suite de notre grand jeu...

Le Docteur Devo s'offre quelques jours de vacances et il sera absent jusqu'à lundi. Ceci dit, non ne pleurez pas, tout va bien se passer, et vous ne serez pas seul. Je vous ai concocté un petit jeu rigolo ou plutôt quatre petits jeux rigolos, un par jour. et il n'y a rien à gagner, sauf la gloire bien entendu.

Alors voilà, tous les jours jusqu'à dimanche, je vais vous proposer trois photos issues de trois films différents. Le jeu consiste à reconnaître le film dont chaque photo est extraite. Pas compliqué, hein? Un vrai jeu de vacances pour le week-end de Pâques!

Pour répondre, utilisez les commentaires.

Oui, mais bon, moi je suis nul, j'ai pas vu tant de films que ça, et patatati et patatata. c'est pas grave, tu peux jouer quand même. Même si on n'a pas reconnu le film, on peut faire des estimations comme des experts. Ce serait un film de quelle année? De quelle nationnalité? C'est qui ces acteurs? Ce serait un film de quel genre, qui raconterait quel type d'histoires? Ça pourrait être un plan filmé par quel réalisateur? etc..

Ce qui veut dire qu'en cherchant tous ensemble, vous allez pouvoir bien vous marrer, sans doute (je ris souvent en lisant vos délicieux commentaires), et surtout peut-être réfléchir ensemble et faire des réponses collégiales, comme on dit sur certaines radios.

Les réponses seront données en commentaire dans quelques jours, à mon retour.

Attention, ces photos sont issues de DVD que j'ai dans ma petite collection. Il se peut qu'il y ait autre chose que des films de fictions, voire autre chose que des films. Documentaires, séries, etc... S'il s'agit d'une série, n'hésitez pas à trouver le titre de l'épisode... Enfin, dernière consigne, pour corser un peu le tout, les photos ne sont pas forcément au format original du film, et je me garde la possibilité de recadrer dans l'image. Je passerai voir comment tout cela évolue si j'en ai la possibilité sur mon lieu de vacances.

On peut jouer en mangeant des oeufs en chocolat.

Voici la quatrième série de photos mystères. Et comme il y avait des restes, je vous les ai mis...

 

 

Diapositive No10 : bonjour madame! Je croyais que c'était dur mais mon petit cobaye, qui a testé ce jeu, a trouvé du premier coup... Saurez-vous en faire autant?

 

 

 

Diapositive No11: un peu plus dur, déjà....

 

 

 

Diapostive No13: dure mais iconoclaste, n'est-ce pas? Qui oserait faire ça? Le Marquis, pape de toutes les cinéphilies, je vous le rappelle, et grand spécialiste des films avec nains, n'a bien entendu pas le droit de jouer...

 

 

 

Diapositive No14: allez, un petit peu d'exotisme... Avouez que vous avez envie de le voir ce film, pas vrai? C'est vrai que ça a l'air bien. Un indice: ce n'est pas un film de Jean Renoir, ni de Regis Wargnier. Marquis, vous n'avez pas le droit de jouer ici non plus!

 

 

 

Diapositive No15: Très dur de trouver de quel film il s'agit, sans nul doute. Par contre, le(la) réalisateur(trice) est vraiment trouvable, par déduction. Si, si...

 

Et bien, les amis, ça y est on fait le tour. Un petit aspro? En tout cas, je commence à donner les réponses demain, dans les commentaires de chaque article...

 

Dr Devo.

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Dimanche 27 mars 2005

recommander publié dans : Ethicus Universalis

Chers Amis,

Je pense que ceux qui sont encore là aujourd'hui, après deux jours de jeu, sont  des sado-masochistes. Personnellement, ça ne me dérange pas. Par ici les coups de fouet. Si vous voulez bien me suivre.

 Voici la suite de notre grand jeu...

Le Docteur Devo s'offre quelques jours de vacances et il sera absent jusqu'à lundi. Ceci dit, non ne pleurez pas, tout va bien se passer, et vous ne serez pas seul. Je vous ai concocté un petit jeu rigolo ou plutôt quatre petits jeux rigolos, un par jour. et il n'y a rien à gagner, sauf la gloire bien entendu.

Alors voilà, tous les jours jusqu'à dimanche, je vais vous proposer trois photos issues de trois films différents. Le jeu consiste à reconnaître le film dont chaque photo est extraite. Pas compliqué, hein? Un vrai jeu de vacances pour le week-end de Pâques!

Pour répondre, utilisez les commentaires.

Oui, mais bon, moi je suis nul, j'ai pas vu tant de films que ça, et patatati et patatata. c'est pas grave, tu peux jouer quand même. Même si on n'a pas reconnu le film, on peut faire des estimations comme des experts. Ce serait un film de quelle année? De quelle nationnalité? C'est qui ces acteurs? Ce serait un film de quel genre, qui raconterait quel type d'histoires? Ça pourrait être un plan filmé par quel réalisateur? etc..

Ce qui veut dire qu'en cherchant tous ensemble, vous allez pouvoir bien vous marrer, sans doute (je ris souvent en lisant vos délicieux commentaires), et surtout peut-être réfléchir ensemble et faire des réponses collégiales, comme on dit sur certaines radios.

Les réponses seront données en commentaire dans quelques jours, à mon retour.

Attention, ces photos sont issues de DVD que j'ai dans ma petite collection. Il se peut qu'il y ait autre chose que des films de fictions, voire autre chose que des films. Documentaires, séries, etc... S'il s'agit d'une série, n'hésitez pas à trouver le titre de l'épisode... enfin, dernière consigne, pour corser un peu le tout, les photos ne sont pas forcément au format original du film, et je me garde la possibilité de recadrer dans l'image. Je passerai voir comment tout cela évolue si j'en ai la possibilité sur mon lieu de vacances.

Voici la troisième série de photos mystères.

 

Diapositive No7: Très trouvable. Jouez en famille.

 

Diapositive No8: ça n'a pas l'air facile, mais pour la plupart d'entre vous, en réfléchissant ensemble via les commentaires, vous allez y arriver j'en  suis sûr.

 

 

Diapositive No9: très dur, mais le Marquis n'a pas le droit de jouer...

 

Dormez cette nuit, vous serez plus en forme demain pour la dernière série dîte "Série de la Mort"...

 

Dr Devo

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Samedi 26 mars 2005

recommander publié dans : Ethicus Universalis

Chers Amis,

Alors, on n'a pas eu trop mal à la tête hier? Voici la suite de notre grand jeu...

Le Docteur Devo s'offre quelques jours de vacances et il sera absent jusqu'à lundi. Ceci dit, non ne pleurez pas, tout va bien se passer, et vous ne serez pas seul. Je vous ai concocté un petit jeu rigolo ou plutôt quatre petits jeux rigolos, un par jour. et il n'y a rien à gagner, sauf la gloire bien entendu.

Alors voilà, tous les jours jusqu'à dimanche, je vais vous proposer trois photos issues de trois films différents. Le jeu consiste à reconnaître le film dont chaque photo est extraite. Pas compliqué, hein? Un vrai jeu de vacances pour le week-end de Pâques!

Pour répondre, utilisez les commentaires.

Oui, mais bon, moi je suis nul, j'ai pas vu tant de films que ça, et patatati et patatata. c'est pas grave, tu peux jouer quand même. Même si on n'a pas reconnu le film, on peut faire des estimations comme des experts. Ce serait un film de quelle année? Quelle nationnalité? C'est qui ces acteurs? Ce serait un film de quel genre, qui raconterait quel type d'histoires? Ça pourrait être un plan filmé par quel réalisateur? etc..

Ce qui veut dire qu'en cherchant tous ensemble, vous allez pouvoir bien vous marrer, sans doute (je ris souvent en lisant vos délicieux commentaires), et surtout peut-être réfléchir ensemble et faire des réponses collégiales, comme on dit sur certaines radios.

Les réponses seront données en commentaire dans quelques jours, à mon retour.

Attention, ces photos sont issues de DVD que j'ai dans ma petite collection. il se peut qu'il y ait autre chose que des films de fictions, voire autre chose que des films. Documentaires, séries, etc... S'il s'agit d'une série, n'hésitez pas à trouver le titre de l'épisode... enfin, dernière consigne, pour corser un peu le tout, les photos ne sont pas forcément au format original du film, et je me garde la possibilité de recadrer dans l'image. Je passerais voir comment tout cela évolue si j'en ai la possibilité sur mon lieu de vacances.

Voici la deuxième série de photos mystères.

 

Diapositive 4. Pas trop dur ça, non?

 

 

 

 

diapositive No666. Ultra-méga dur, une chance sur 300 ou 400,000 films. Non, allez je blague, diapo suivante...

 

 

Diapositive No5. pas facile facile, mais avec un peu de jugeote, on peut s'en sortir. Je pense qu'ils vont s'embrasser.

 

 

 

Diapositive No5: ...où l'on découvre que le Dr Devo est un peu vicieux...

 

 

 

Bon, ben c'est déjà pas mal. On remet ça demain.

 

Dr Devo

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Vendredi 25 mars 2005

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Chers Amis,

le Docteur Devo s'offre quelques jours de vacances et il sera absent jusqu'à lundi. Ceci dit, non ne pleurez pas, tout va bien se passer, et vous ne serez pas seul. Je vous ai concocté un petit jeu rigolo ou plutôt quatre petits jeux rigolos, un par jour. et il n'y a rien à gagner, sauf la gloire bien entendu.

Alors voilà, tous les jours jusqu'à dimanche, je vais vous proposer trois photos issues de trois films différents. Le jeu consiste à reconnaître le film dont chaque photo est extraite. Pas compliqué, hein? Un vrai jeu de vacances pour le week-end de Pâques!

Pour répondre, utilisez les commentaires.

Oui, mais bon, moi je suis nul, j'ai pas vu tant de films que ça, et patatati et patatata. c'est pas grave, tu peux jouer quand même. Même si on n'a pas reconnu le film, on peut faire des estimations comme des experts. Ce serait un film de quelle année ? Quelle nationalité ? C'est qui ces acteurs ? Ce serait un film de quel genre, qui raconterait quel type d'histoires ? Ça pourrait être un plan filmé par quel réalisateur ? etc..

Ce qui veut dire qu'en cherchant tous ensemble, vous allez pouvoir bien vous marrer, sans doute (je ris souvent en lisant vos délicieux commentaires), et surtout peut-être réfléchir ensemble et faire des réponses collégiales, comme on dit sur certaines radios.

Les réponses seront données en commentaire dans quelques jours, à mon retour.

Attention, ces photos sont issues de DVD que j'ai dans ma petite collection. Il se peut qu'il y ait autre chose que des films de fictions, voire autre chose que des films. Documentaires, séries, etc... S'il s'agit d'une série, n'hésitez pas à trouver le titre de l'épisode... enfin, dernière consigne, pour corser un peu le tout, les photos ne sont pas forcément au format original du film, et je me garde la possibilité de recadrer dans l'image. Je passerai voir comment tout cela évolue si j'en ai la possibilité sur mon lieu de vacances.

 

C'est parti pour la première série.

 

 

Diapositive No1  difficulté: assez facile. Voilà qui ne devrait pas vous poser de problème.

 

 

 

Diapositive No2  difficulté: un peu difficile, mais le plan m'avait bizarrement marqué quand j'avais vu le film en salle, et donc sans doute vous aussi. De toute façon on peut s'en sortir.

 

 

 

Diapositive No3 difficulté: difficile. Mais certains pourront situer à peu près, je pense.

 

 

Et bien voilà les amis. Bonne prise de tête et à demain pour de nouvelles photos...

 

Dr Devo.

 

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Jeudi 24 mars 2005

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(Photo: autoportrait par Dr Devo)

Chers Amis,
Le hasard réserve parfois de belles surprises (voir photo, héhéhéhé), et au hasard d'une reprogrammation, je redécouvre, en salle s'il vous plaît, LES YEUX SANS VISAGE de Georges Franju, des années après l'avoir vu en VHS. J'en vois déjà d'ici qui se désespèrent : "Pourquoi lui et pas moi ?" Il faut les comprendre, c'est une belle occasion. Et sachez que bien qu'habitant dans une métropole de 500.000 habitants, nous n'étions même pas 25 dans la salle. Très belle salle d'ailleurs. Ah oui, j'allais oublier : c'était gratuit!
Parmi les plus jeunes d'entre vous, il y en a peut-être certains qui n'ont jamais vu LES YEUX SANS VISAGE. J'espère sincèrement qu'ils auront l'occasion de voir ce film le plus vite possible. Si vous ne connaissez pas, précipitez-vous.
Ça se passe en France en 1960. Pierre Brasseur est directeur d'une splendouillette clinique, toute en couloirs blancs et en hauts plafonds. C'est un médecin réputé et c'est aussi un spécialiste en chirurgie réparatrice. Il est également chercheur dans le domaine de la greffe de tissus humains, ce qui lui vaut une très belle réputation. Chacune de ses conférences est très largement suivie. Un matin, on l'appelle pour aller à la morgue afin d'identifier celle qui pourrait être sa fille, récemment disparue. Le cadavre est atrocement défiguré, mais pour le Professeur Pierre Brasseur, pas de doute, c'est bien elle. En fait, les choses sont bien plus compliquées que ça. Brasseur vit avec une étrange femme, Alida Valli (qu'on retrouvera quelques années après dans les splendides SUSPIRIA et INFERNO de Dario Argento) qui est à la fois une ancienne patiente, une collaboratrice, et peut-être la maîtresse de Pierre Brasseur, veuf depuis quelques années. Parce qu'il lui a redonné un visage normal il y a quelques années, Alida Valli lui voue une reconnaissance sans bornes, et s'est dévouée entièrement à son service. Elle est aussi son assistante pour ses expériences secrètes. En effet, la fille de Brasseur, Edith Scob, n'est pas du tout morte. Le professeur Brasseur est l'auteur de tout un simulacre. Edith Scob étant défigurée d'une atroce manière suite à un accident, Brasseur s'est mis un point d'honneur à faire avancer ses recherches de manière spectaculaire, et à rendre son visage à sa fille. L'opération n'a encore jamais été tentée. Et tous les jours, avec l'aide de la fidèle Alida Valli, Brasseur attire dans son château une jeune fille, la drogue, et lui découpe l'épiderme du visage dans son laboratoire secret. Et chaque jour, il essaie de greffer l'énorme greffon sur le visage de sa propre fille. À chaque fois la greffe est rejetée, à chaque fois la malheureuse donatrice meurt et on la balance dans le canal ou dans le caveau familial, ni vu ni connu. Edith Scob est témoin des efforts de son père, cloîtrée chez elle, et effrayée par la brutalité du principe. Maintenant qu'elle est déclarée morte aux yeux de tous, la solitude est totale derrière le masque blanc et neutre qui cache son insupportable visage mutilé...
Et oui, les amis, ça ne rigole pas. Et j'allais ajouter, surtout pour l'époque (1959). C'est pour ça qu'on aime Franju, grand amoureux du fantastique et qui s'essaya de nombreuses fois au genre dans notre beau pays qui, à l'époque, n'en était pas du tout amateur. Et le père Franju, dans cette morne terre cinématographique de l'après-guerre et de la fameuse "qualité française", en cette très morne période, le Franju, dis-je, c'est un sacré lascar, un petit gars qui n'a pas froid aux yeux.
Tourné en noir et blanc, LES YEUX SANS VISAGE, malgré l'étrangeté du titre et du début du film (conférence avec un Brasseur antipathique et cynique, séquence dans la morgue), ça démarre assez plan-plan, ou, pour être plus exact, de manière plutôt calme. L'histoire est très narrative, la présentation du système pour piéger les jeunes filles est très académique et pour tout dire, c'est assez lente, voire même pesante. L'image n'est pas infamante, mais rien ne se passe véritablement. Pas de gourmandise.
Bien sûr, dès l