[Photo: "In the garden, 'til the cake is cut" par Dr Devo]









Chers Focaliens,

Ca y est, je suis de retour de Mollywood où j'ai officié quelques temps, "pour le bien du cinéma mondial" comme disait Mr Mort qui a, entre-deux, assuré l'intérim. Qu'il en soit remercié! Moins de temps passé pour le cinéma, c'est plus de temps pour voir des films et faire des articles, paradoxalement. Dés le premier jour de sortie, on retourne donc goulûment en salle!


Balaguero, réalisateur espagnol de films fantastiques, est un petit gars très sympathique qui a bien profité du plan de son gouvernement, et par conséquent il a été un des réalisateurs intéressants qui ont permis ces dernières années de relancer la production de films fantastiques espagnols, et de qualité en plus. Accompagné par le réalisateur-producteur américain en exil volontaire Brian Yuzna (réalisateur du très beau SOCIETY, rappelons-le), Balaguero et ses collègues ont signé des films assez ambitieux et surtout d'un grand soin technique. Un souci de mise en scène rigoureuse qui fait plutôt plaisir à voir. Si LA SECTE SANS NOM m'avait paru bien mou à l'époque, je fus étonné dans le très bon sens du terme par le tenu DARKNESS, film assez abstrait et de très belle ambition et qui pourtant démarré sur une base très conventionnelle. Un très beau film. Vint ensuite FRAGILE plus balisé, moins surprenant mais pas infamant, même si on était assez loin de la personnalité étrange de DARKNESS justement. Malheureusement, FRAGILE dut se contenter en France d'une sortie directe en dvd, très bizarrement.


Ici, avec son nouveau film REC qui est coréalisé avec le jeune metteur en scène Paco Plaza que je ne connais pas, Balaguero revient sur le devant de la scène et dans les salles avec un joli principe qui était déjà celui de la grosse production récente CLOVERFIELD que j'ai loupé en salles et dont vous, chère jeunesse focalienne, m'avez dit par mails interposés et divers témoignages que c'était pas mal du tout. Alors, c'est quoi cette histoire d'enregistrement? Bah justement, j'y viens... Changement de paragraphe et résumé, hop hop.

 




Nous sommes en Espagne de nous jours. Une jeune présentatrice télé tourne cette nuit-là un reportage sur la vie des pompiers de la ville, avec son collègue caméraman. Malheureusement pour elle, il ne se passe pas grand chose. Pas d'appel d'urgence, pas d'incendie spectaculaire, rien. Notre héroïne filme donc la vie dans la caserne, gentiment ennuyeuse, lorsque tout d'un coup, enfin, une équipe est envoyée en intervention. Il s'agit de délivrer une vieille dame qui s'est enfermée par erreur dans son appartement et qui panique, dérangeant au passage les voisins. Bon, ce n'est pas la panacée quand on veut faire du ENVOYE SPECIAL mais c'et déjà ça, et notre équipe télé embarque en même temps que les pompiers dans le gros camion rouge. Arrivés sur place, c'est assez rock'n'roll! Les pompiers ouvrent l'appartement de la vieille et la découvre en nuisette et en petite culotte, complètement hagarde et couverte de sang. Alors qu'il s'apprête à l'amener vers l'ambulance qui attend dehors, un policier présent se fait attaqué par la vieille (méfiez-vous des vieux, on vous le répétera jamais assez) qui lui boulotte le visage en cinq set! Le policier est très amoché, perd beaucoup de sang dans la violence de l'attaque, et c'est parti pour une deuxième ambulance. Quelques minutes plus tard, c'est un des deux pompiers qui fait une chute de plusieurs mètres dans le vide de la cage d'escalier. Là aussi, le pauvre petit gars perd énormément de sang. Lorsque tout ce petit monde tente de sortir de l'immeuble, la situation vire au surréaliste: le bâtiment est encerclé par les forces de l'ordre, et personne n'a le droit de sortir! Voilà donc notre équipe télé, un policier un pompier et les autres habitants de l'immeuble, assignés à résidence alors que deux d'entre eux sont ostensiblement en train de mourir! Pourquoi les autorités ont bloqué le bâtiment? Pourquoi cette visite de routine tourne au carnage? Qu'est-il arrivé à la petite vieille? Autant de questions que nos pauvres hères devront se poser à mesure que les événements étranges et violents s'accumulent. Ce n'est pas gagné...

 

Un petit immeuble, des voisins, une équipe télé et hop, c'est parti pour ce film fantastique et confiné qui, disais-je plus haut, reprend le principe de CLOVERFIELD: faire du fantastique non pas dans le cadre d'une narration conventionnelle, mais à travers le témoignage de la vidéo. En effet, REC le film est en fait non pas le reportage tourné par l'équipe de télévision, mais les rushes de la soirée, consciencieusement filmé par le caméraman. On assiste donc au défilement en caméra reportage des événements sanglants de la soirée. La narration est en quelque sorte à la première personne. Un monstre attaque la ville, je le filme sur mon caméscope disait CLOVERFIELD. Une vieille dame se met à boulotter ses contemporains, je fais pareil, dit REC. Un joli principe, très séduisant en effet, le cinéma d'horreur et fantastique étant celui de l'artificiel par excellence (enfin sur le papier, hihi! regardez un Guediguian pour voir!) et donc de la mise en scène la moins naturaliste possible, et ne regardez pas de Guediguian, c'est une blague!


Un bien beau principe super chouettosse, mes petits loulous, me disais-je alors que le film démarre. Pendant 20 minutes, et le film est assez court (80 minutes générique compris), REC prend ses aises et se paye le luxe plutôt agréable qu'il ne se passe rien. Les pompiers jouent aux cartes, au basket et dorment, attendant que la sirène retentisse. La jeune présentatrice, elle, multiplie les points de vue gentiment stupides des reportages télés. Oki. Par contre dés qu'on rentre dans l'immeuble, la chose devient plus palpitante. Alors, évidement, le principe même de la chose implique un filmage un peu à l'arrache et brut de décoffrage. C'est le premier écueil, à peu près évité par Balaguero et Plaza que de ne pas faire que des plans tremblés à tout bout de champ, même s'il y en aura beaucoup. REC est quand même bien composé. Pas mal de plan sont regardable ou même assez jolis. Les plans qui s'approchent des fenêtres (le bâtiment est baché), nous donne quelques jolies choses dans l'éclairage trash et composé, définition vidéo oblige, et surtout ils mettent bien en avant l'élément qui est bizarrement le plus loufoque du film (dans sa logique): le bâtiment est encerclé de militaires et autres force de l'ordre qui apparaissent très menaçant dés que nos personnages tentent de sortir. Bon point.


Evidemment, vous l'aurez compris, tout ça tourne autour d'une histoire de zombies. Faire un film de zombies dans un univers confiné et surtout banal, c'est une bonne idée. L'impossibilité de sortir sonne comme une double menace et non pas un artifice scénaristique. Bon point là aussi. Les premiers événements sont en plus pas mal amenés (le premier pompier qui a un accident, un des trucs les plus immersifs du film) et les sorties dans les appartements, faites à tâtons sont assez anxiogènes. Bon, dans un article qui ne veut pas tout vous dévoiler ça ne fait que quelques phrases, mais à l'écran ça nous fait pas mal de moments bien troussés, même si le tout, hormis les plans prés des fenêtres comme je le disais, n'est pas d'une beauté transcendantale, ce qui aurait été d'ailleurs un beau défi si on considère le principe "à l'arrache" qui est le ferment du projet.

 



Car REC est un beau projet, essayant de marcher sur les plate-bande du PROJET BLAIR WITCH et en faisant quelque chose qui n'a rien à voir: montrer certes, mais aussi se placer entre deux chaises, à savoir le film d'horreur à la narration classique, plongé dans un univers fantastique de bon aloi, et la banalité de la violence des faits, ici envisagé au premier degré. Très bon parti, très bon projet. Le bât, ceci dit, blesse quand même pas mal, car, et ça en est presque fascinant, REC se plantouille gentiment ou gravement selon les moments, à peu prés autant qu'il est séduisant. Le film est très bancal. Et je vais, mes amis, vous dire pourquoi, en toute condescendance mais aussi en toute générosité! Fin du paragraphe de transition. Je saute deux lignes.



Ce ne sont pas de petites choses qui trahissent la fragilité de l'ensemble. Certaines scènes horrifiques marchent très bien, on l'a dit, et je vous laisse les découvrir. Par contre beaucoup de défauts s'accumulent aussi dans un mouvement paradoxal. Et ouvrez le bureau des pleurs...
Enfin de compte et malgré le principe beau et loufoque du film, on est assez peu dépaysé. La faute principalement est à incomber à notre vieil ennemi de toujours, le Vieux Satan des cinémas de tout genre: Scénario! Là encore tout n'est pas raté mais quand même certains parti pris font froid dans le dos. Tout d'abord, la populace de l'immeuble est très très "charactérisés". Les personnages sont très écrits et extrêmement typés: la mère de famille du type "c'est ma fille, ma bataille", la petite fille donc (devinez, devinez, devinez qui je suis, comme disaient les poètes), le vieux gay très folle et précieux, l'infirmier sérieux et avec la tête sur les épaules, la famille asiatique (dont seule la mère existe d'ailleurs, ça sentirait presque les scènes coupées tant le reste de sa famille est complètement ignoré par le film; on ne sait même pas ce qui leur arrive; ma théorie est qu'ils ont réussi à s'échapper!) et un couple de retraité qui ne savent plus où ils ont mis leurs lunettes et leurs dentiers, n'en jetez plus. Alors là par contre, on est pas dépaysé du tout. Si les pompiers et les policiers fonctionnent bien et sobrement (le pompier est bien joué d'ailleurs), pour le reste c'est vraiment too much. Les asiatiques font du textile. Le vieux gay dragouille le caméraman, etc... Le film distille un vrai sentiment de panique, et ça marche, mais malgré tout, cet échantillonnage Ifop d'un immeuble représentatif est un peu balourd et surtout, plus grave, nuit au sentiment de gratuité et donc d'angoisse insupportable et banale du film. Là, j'avais la puce à l'oreille. Les parties plus "sociales" comme dans tout film de zombies post-romerien, avec ses enjeux classiques (chercher le papy alité là haut, les personnages mordus qui s'isolent pour pas être un danger pour les autres, etc...) s'enclenchent dans des bruits de grincements, du coup, et passent assez artificiellement, sans qu'on soit dans l'urgence et le désespoir absolue des bons films du genre. Le scénario très construit finalement est énormément sur rails. Du coup, Balaguero et Plaza commettent des erreurs stratégiques qui n'ont l'air de rien, mais vont tranquillement éroder la puissance potentielle du film. Comme cette séquence où, pendant une pause (très destructrice pour le film du coup), l'héroïne interviewe les gens de l'immeuble! Que c'est artificiel! Tous les personnages ou presque (sauf l'infirmier qui a, à ce moment là, une fonction scénaristique d'information bien amenée d'ailleurs) sont mis en avant dans toute leur artificialité et là, pour le coup, il ne se passe rien, sauf de l'enfilade hollywoodienne classique: interview neuneu de la petite fille, interruption de la maman, comportement très balisé de la journaliste, pause détente avec le vieux gay, etc... Pour le rythme du film, une pause aurait pu être une idée déroutante et de bon aloi. Ici, bourrée de messages à caractères informatifs, pas passionnants en plus, la séquence parait simplement balourde et plombe malgré sa relative brièveté. Le film semble s'arrêter sans que ce soit justifié (enfin si c'est complètement ça, et c'est ça le problème en fait) ou sans que ce soit fulgurant. Premier indice: cette pause est bougrement contre-productive et coupe complètement le beau sentiment d'immersion jusque là présent. Quand le film redémarre sur les chapeaux de roue, nous ne sommes plus coincés avec eux, nous regardons un film, et ce malgré certaines bonnes idées dans la partie suivante. Cette séquence est donc un déséquilibre narratif et surtout rythmique qui va minimiser les efforts de mise en scène à suivre. [Une petite note: que le film s'arrête et qu'il ne se passe rien était une très bonne idée par contre. Se payer le luxe du vide aurait été très gonflé et surtout anxiogène. Ici, Scénario m'a tuer, donc.]


Deuxième défaut que cette séquence révèle sans en avoir l'air, c'est le problème de l'héroïne. Non seulement, le show must go on pour elle, ce qui est quand même un peu étonnant au vu de l'extraordinaire violence et l'angoisse extrême ambiante, mais en plus la donzelle ne surprend pas du tout. Je m'explique. Pourquoi le film doit encore à ce stade ressembler à un reportage? Les événements sont assez énormes pour que ça devienne autre chose, mais en fait non, journaliste un jour, journaliste toujours! Déjà le personnage de l'héroïne devient un personnage classique hollywoodien. En fait, le filmage va muter, et là pour une fois on peut dire "grâce" au scénario lorsque la caméra deviendra un élément de survie et un outil, très belle idée d'ailleurs. Et puis surtout... La journaliste, c'est l'élément de référence dans le film. On la suit, on est proche d'elle. Même si le personnage est maladroitement écrit, si on plonge, c'est avec elle. Or, elle se comporte comme... un personnage de film d'horreur! C'est très étonnant, mais si vous allez voir le film, observez bien, les cris, les attitudes, les réactions... Ce personnage est terriblement classique. Il ne fait jamais corps, et c'est un énorme paradoxe, le plus grand du métrage, avec le film lui-même. C'est un élément importé des autres films d'horreur. Cris, engueulade, panique, écroulement, c'est un personnage féminin d'un grand classicisme. Elle se comporte comme dans un film d'horreur normal. Bon, je crois que sans être infamante, l'actrice n'est pas excellente, mais il n'empêche pour des raisons d'écriture, elle rompt complètement le pacte romantique du film, si j'ose dire. Elle aussi, et même principalement, fait chavirer le bel exercice d'immersion en film classique. Le film, entre deux chaises pour le coup en pâtit énormément. Là aussi, gros défaut d'écriture qui prend une importance stratégique létale.


Et c'est peut-être ça qui rend REC bien en deçà de sa puissance de feu supposé ou possible. Il veut être dépaysant, sombre et inattendu, et se révèle être terriblement écrit, dans un style classique. Ce défaut est patent et dramatique dans la partie la plus désastreuse du film, le final, ou même là, il y a de bonnes choses! Bon sang de bois, mais que leur est-il passé par la tête? Le pêché majeur de REC c'est cette scène finale où toute la gratuité et donc la puissance du film s'écroule. Pourquoi Plaza et Balaguero, co-scénaristes d'ailleurs, ont voulu justifier leur film? Mais quel est donc cette piteuse et très attendue justification? Le film était bon parce qu'il nous plongeait un peu hors du cadre fantastique ou hollywoodien, et voilà que débarque une longue explication, très rébarbative et d'une banalité absolue, renforcée de manière destructrice par une direction artistique épouvantable à ce moment précis: l'appartement où a lieu la séquence, avec ses coupures de journaux et son ambiance à la SEVEN (on y est presque, même si je force le trait) font plonger le film dans un "gothique" (abus de langage) de mauvais aloi, complètement en contradiction avec l'ensemble. C'est le plus mauvais choix du film même si, je le répète, il y a une ou deux bonnes choses à cet endroit.

 


Et oui, REC est un film classique curieusement, et un peu maladroit. Grosse déception. Je finirais en disant qu'il y aussi des élégances belles (on ne verra jamais le caméraman, très belle idée), une sublime licence poétique absurde mais très mal placée (la journaliste demande à revoir une scène: on voit la cassette se rembobiner ce qui détruit le principe narratif mais était assez gouleyant sur le papier: malheureusement... 1. Ca arrive trop tôt, il aurait fallu garder cet épisode à la place de celui des boites aux lettres; imaginez la panique en plein couloir de prendre le temps de faire ça, ce qui s'articulerait bien avec mon... 2.une bonne idée aurait été que le caméraman remontre trop loin ou pas assez sur la bande, obligeant le spectateur à la répétition, et 3. la scène remontrée n'est pas assez longue: il aurait été gonflé et angoissant, car cela n'arrive jamais dans un film normal, de revoir tout de suite après la même scène deux fois! Très malpoli, ça aurait été! Deux fois quatre minutes! Mmmmmmm, je m'en léche les babines rien qu'à l'idée...), une grosse maladresse de son pourtant parent pauvre du film (quand le scientifique débarque, le zoom fait partir de la musique alors que le film est dépourvu: ce sont des nappes de bruit mais quand même; l'idée est bonne, mais le zoom est presque en trop et d'ailleurs, quand ça dézoome, il n'y a plus de musique), etc... Bref des petits machins très bons (le plan en plongée sur la cage d'escalier, très artificiel, mais qui fonctionne bien par rupture de ton), et pleins de petits machins plombant, sans doute du à une volonté de trop charactérisé le scénario. Malgré l'attachement au film, difficile de ne pas être déçu. Le sentiment de panique et d'immersion iconoclaste étant largement balayé par le sentiment de voir un film classique. Il manque à REC sans doute de la rigueur, mais il déçoit encore plus dans sa volonté de rentrer dans le rang, de faire un film qui ressemble à un film, et de minimiser les accidents. Il manque aussi le risque de vouloir pousser le film vers quelque chose de plus expérimental. En voulant éviter à tout pris le risque d'être austère ou REChe (hahahaha), dommage, REC prend encore le spectateur par la main et l'emmène dans des territoires pas si inconnus. En voulant assurer leurs arrières et garder un film séduisant, Balaguero et Plaza ont signé un film de plus. On a vu pire, certes, mais on est passé à côté de quelque chose de bien plus grand. REC est un film de plus, c'est décevant!

 

 

Calmement Vôtre,


Dr Devo.

 

 

 

 

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Mercredi 30 avril 2008

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(de haut en bas: graphologie, bioryhtmologie, astrologie, mek-ouyologie, numérologie,)








Photographie par Mek-Ouyes.






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Lundi 21 avril 2008

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[de gauche à droite, de haut en bas: Carpenter, Dawn, Huyck, DePalma, Honda, Carpenter]







Photographie par Mek-Ouyes.





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Jeudi 17 avril 2008

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[de gauche à droite: la victoire, la compétence, le chaos]






Photographie par Mek-Ouyes.







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Mercredi 16 avril 2008

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[de gauche à droite: le vieux Hulk, Nicolas Sarkozy]







Photographie par Mek-Ouyes.




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Mardi 15 avril 2008

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[photo: George sentit qu'il n'y avait pas là matière à discution...]










Photographie par Mek-Ouyes.







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Lundi 14 avril 2008

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[sur cette photo se cachent 13 grandes périodes ou événements de l'Histoire de France... Sauras-tu les reconnaître?]






Photographie par Mek-Ouyes.





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Dimanche 13 avril 2008

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[Photo: "Aime Est-Ce Haine" par Dr Devo.]



Ça pue les lottes! Ça pue les colins! Je ne sais pas si vous le saviez, mais dés qu'on publie un article sur un film ayant un rapport avec le rock et le roll, nous recevons à chaque fois des mails souvent enflammés. Et bien là, faîtes chauffer les mulots car j'ai vu le BERLIN de Julian Schnabel qui est carrément un concert filmé de Lou Reed qui ici, pendant quelques soirs à New-York, à repris plus de trente ans après son célébrissime album éponyme et culte, qui fut un échec commercial, nous rappelle un court carton, non sous-titré d’ailleurs, comme le reste d’ailleurs.

 

 

C’est la première fois que Reed joue BERLIN sur scène, et donc ces concerts ont un aura mythique. Et il a confié à Schnabel la scénographie de la chose. Autrement dit, Schnabel filme le concert qu’il a mis en scène. Lou Reed est entouré d’un guitariste, d’un bassiste, d’un batteur, de deux choristes, d’une petite section de cuivre, d'une petite section à corde, et d'un chœur d’adolescentes (avec un garçon !). Sur le rideau à l'arrière scène sont projetées des images  d'un film super-8 ou quelque chose qui y ressemble (avec pas mal d'effets), sur lequel on peut voir des mises en scène ou des scénettes dans lesquelles Emmanuel Seigner incarne la fameuse Caroline dont l'album BERLIN parle.

 

 

Voilà pour le dispositif. La première constatation est évidente. Schnabel a choisi le parti-pris de la stylisation avec des images très traitées photographiquement pour sembler dans une teinte assez homogène entre les petits films projetés (sur lesquels on a inscrit des vraies-fausses scories, comme un vieux film quoi!) et les prises de vues sur scène. Il s'agit de teintes jaunes-verdâtres. Bon, cela n'est pas extrêmement joli mais qu'importe se dit-on plein de la bonne volonté qui me caractérise, vous le savez. C'est Ellen Kuras, photographe sympathique ayant signé déjà les films de Michel Gondry et quelques récents Spike Lee (THE VERY BLACK SHOW par exemple) qui s'y colle, et croyez-moi, je vais m'occuper de son cas sérieusement ci-dessous.

 

Deuxième constatation, effectuée dans un réel effort cérébral pendant la projection: "Mais, punaise, ils sont combien sur scènes? Et bon sang de bois, ils sont où les uns par rapport aux autres??" Et c'est là la caractéristique principale de ce film. Impossible, même avec la meilleure volonté du monde et mes yeux d'excellent tacticien de la spatialisation cinématographique, de savoir comment tout cela est organisé. Ils sont  ou 9, ou ils sont 20. Mais, crébondieu, ils sont combien de choristes et ils sont où? Pourquoi il le chef d'orchestre donne des instructions au batteur qui a très bien l'air de se débrouiller tout seul, alors qu'il ne regarde jamais la chorale. Puis plus tard, on se dit: "tiens, y'a avait une section de cuivre" ou encore "c'est marrant ce contrebassiste qui joue dans une autre pièce que sur la scène". Etcetera... Vous l'aurez compris, et c'est le message essentiel de cet article: BERLIN est très très mal filmé, et le découpage est absolument illisible. Pourtant filmé avec 4 caméras, le film est indéchiffrable. Enfin, pour être précis, on y arrive avec le temps, à savoir qui est qui, qui fait quoi, et où sont ils tous. Le premier plan d'ensemble qui n'arrive qu'au bout de 20 minutes (rires) nous renseigne déjà pas mal. Au bout d'un moment, bon gré mal gré, on arrive donc à avoir une idée vague mais une idée quand même de comment tout cela est organisé et de l'effectif mobilisé. Et encore, on fait des découvertes, comme celle de la section à cordes (notamment une violoncelliste qui a une tronche absolument et galactiquement improbable!) qui n'apparaît devant nous qu'à l'avant-dernière bobine, produisant ainsi un effet de gag involontaire très réussi et franchement hilarant, les spectateurs étant avec moi dans la salle ayant éclaté de rire quand la violoncelliste a montré son minois venu de la planète Zarbi-du-Minotaure. (En fait, on croirait une séquence inédite du Monty Python's Flying Circus, et pendant la séance, j'étais sûr qu'un petit groupe d'inquisiteurs espagnols allaient faire leur apparition à la section "triangle, kazoo et guimbarde" !)

 

Troisièmement, et c'est logique, l'échelle de plans est complètement étriquée. Les axes s'enchaînent n'importe comment. Et le tout est fabuleusement mal cadré, avec des  moments là-aussi particulièrement comiques. Bien entendu, ce cadrage se dégrade a fur et à mesure. A moins que ce ne soit qu'une impression car dans la première moitié du film, on est quand même bien occupé à essayer de savoir qui fait quoi et où, comme je le disais! En tout cas, le cadre des dernières 25 minutes est hilarant, notamment ce nombre infernal de plans rapprochés ou de gros plans sur Lou Reed, où son visage disparaît de moitié du champ de l'image! Les plus stylistes d'entre nous remarqueront que bien souvent dans la dernière bobine, on s'aperçoit que la cadreur qui s’occupe de Lou Reed cadre en fait son oreille droite! Et là, je dis ça sans rire... Vous verrez.

 

 

Mal cadré, illisible, mal monté, sans rythme, etc... On peut se rattraper alors avec les images dramatisées qui passent sur le rideau dans le fond de la salle. On peut se dire, mais en fait non. Et par charité chrétienne, je ne vais pas m'étendre sur la stupéfiante bêtise de ces images (maman sur la balançoire, la rivière qui coule, etc..., que de l'original et de l'inédit). La mise en scène de ces images est sans intérêt, et c'est presque aussi bien cadré que le reste c'est à dire de manière épouvantable. Mais c'est en regardant la chose que j'ai compris ce que vous voulez faire Schnabel: il veut faire son Derek Jarman. Et bien voilà, me dis-je, cette fois,  nous y sommes mon cher Milou! C'était ça! Bien sûr... Jarman! Oh le petit cochon... Ca ose tout, ces artisans-modistes du son et de l'image! Alors pour ceux qui voudraient voir de quoi je parle, allez voir des extraits des clips de Jarman ou des extraits de LAST OF ENGLAND, un de ces chef-d’œuvres, et prenez des mouchoirs car là aussi, vous allez pleurer votre maman de rire.

 

Est-ce vraiment utile de dire que dans ces conditions, le film n'arrive pas du tout à rendre compte du travail sur scène et surtout des interactions entre musiciens? Non.... Gênant pour un concert filmé, n'est-il pas?

 

 

Bon, le son. Evidemment c'est moins salopé que le reste. Au moins c’est propre. Je ferias bien deux remarques cependant, qui sont des remarques de goûts. D’une part, curieusement et bien qu’ayant vu le film dans une très bonne salle au son numérique bien réglé, je trouve qu’on entend encore que difficilement certains instruments. Ainsi, il est par moment assez dur d’entendre clairement les accords de la section cordes ou de dire combien d’exécutants y sont présents. Je n’aime pas trop le son de la section de cuivres non plus, souvent mixé en retrait. Bien sûr, ce sont les guitares qui sont mises en avant, mais je suis resté sur ma faim parce que justement ce mixage ne permet d’entendre certains instruments, ce qui a tendance à rendre un peu simplette ou classique la construction des morceaux. D’autre part, je trouve la prise de son globalement trop propre. On dirait un son de studio, ce qui se constate particulièrement bien  sur la voix de Lou Reed. On ne l’entend quasiment pas prendre sa respiration (c’est vraiment dommage car la respiration fait intégralement partie du chant, et construit le rythme et l’attaque de la phrase chantée). Pas un bruit de manche qui traîne, aucune scorie, etc… Le son est clairement celui d’un album. On est très loin par exemple du vraiment joli son des reconstitutions de concerts dans CONTROL qui était vraiment impressionnantes. Ceci m’amène à une troisième remarque. Je ne connais pas l’album original mais j’en ai beaucoup entendu parlé, étant entouré de fans. On me vantait une écriture un peu folle, un disque baroque aux arrangements étranges. Une espèce de cri désespéré dans le fond et dans la forme, fait de frottements, de compositions iconoclastes et douloureuses, sur un lit d’arrangements non-conventionnels, beaux et inattendus. Bref, on me promettait du métal à chaud, une écriture subtile, complexe et déchirante. Mmmmmm… Je suis prêt à le croire, le petit père Reed m’étant d’emblée plutôt sympathique, mais en l’état, dans le film, on en est quand même trèèèèèèèès loin. Que tout cela est classique, pas forcément laid mais classique. On est très loin du grand bazar attendu. On me promettait du grand 8 et je fais une ballade à cheval. BERLIN l’album est il surcoté ou mal décrit par ses fans? Il faudra aller vérifier, car certaines chansons sont vraiment pas mal, notamment le passage où la chorale chante en clusters. Ca c’est vraiment bien. C’est marrant, car pendant  la projection, j’ai trouvé les tempos un peu lents, et quand les rappels arrivent Reed exécute quelques morceaux du Velvet Underground que là, par contre, je connais, je confirme, ça se traîne un poil !

 

 

Heureusement, il y a un plan magnifiquement cadré qui utilise le reflet de la cage du batteur, plutôt à la fin. On voit le chef d’orchestre en blouse blanche, Reed, le batteur, et leurs doubles dans le reflet de la cage, avec une image super posé. Pendant un plan, c’est magnifique et je le dis sans ironie, je l’ai trouvé magnifique. Sinon ? Bah, rien.

 

 

On s’ennuie un peu là, non ?

 

Il n’y aurait pas une drôle d’odeur dans la cuisine ?

 

 

 

Mr Mort.




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Dimanche 6 avril 2008

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