
(photo: "Un genre humain..." par Dr Devo)
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(photo: "Un genre humain..." par Dr Devo)

(Photo: "Anonymous Fine" par Dr Devo, d'après une photo de Karen Black)
Le nom ne vous dit peut-être rien. Larry Cohen est pourtant un hyperactif, concepteur de la série TV LES ENVAHISSEURS, un scénariste particulièrement côté (CELLULAR, PHONE BOOTH et bientôt CAPTIVITY) et un réalisateur longtemps prometteur. Longtemps prometteur… L’expression s’impose, car en plus du fait qu’il a un peu levé le pied dans sa carrière de cinéaste (rien de mémorable depuis L’AMBULANCE en 1990), il n’aura jamais vraiment su tirer parti de ses talents de scénariste, qui surpassent, très largement, ses capacités de metteur en scène. La faute en revient peut-être à son caractère libertaire qui l’a amené à travailler le plus souvent loin des studios auprès de producteurs indépendants : en conséquence, la plus grande partie de sa filmographie est composée de films à petit budget souvent tournés en très peu de temps et avec les moyens du bord. Il faut alors savoir-faire la balance entre l’audace, l’originalité et la personnalité du récit d’un côté, et de l’autre l’aspect bâclé, souvent maladroit, parfois terne, occasionnellement très ringard, de la réalisation.
Je pense cependant que les budgets ne font (et ne défont) pas tout, et qu’un cinéaste aussi productif aurait forcément développé une mise en scène personnelle s’il en avait eu l’inspiration. Peut-être ne souhaitait-il pas prendre le risque de voir ses sujets lui échapper en en confiant la réalisation à un tiers ? Peut-être aussi se fout-il pas mal de l’esthétique de ses films et qu’il a surtout voulu prendre du bon temps ? Quoi qu’il en soit, Larry Cohen a fait ses choix, et au terme de sa carrière, c’est donc une anonyme célébrité, souvent mise à contribution mais sans réelle renommée. Bref, c’est un créateur de concepts et un brillant scénariste. Sa série LES ENVAHISSEURS est finalement bien à l’image de sa carrière : si le thème abordé est pour le moins quelconque, l’écriture des épisodes est par contre remarquable, originale et impliquante, et si la série paraît aujourd’hui un rien désuète face à des classiques comme LE PRISONNIER ou CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR, c’est à la fois parce qu’elle a été fréquemment pompée depuis et parce qu’elle présente visuellement peu d’attraits, la mise en scène ayant assez mal vieilli.
Et pourtant, les films de Larry Cohen valent le coup d’œil. Malgré une petite réputation culte, son œuvre est l’objet de peu de considération. A ce sujet, je profite de ma tribune pour rectifier une contre-vérité qui m’avait contrarié à l’époque : lorsque l’actrice Bette Davis est morte, elle a eu droit, légitimement, à son petit hommage dans les médias, qui ont salué sa carrière et son dernier rôle dans le (joli) LES BALEINES DU MOIS D’AOUT de Lindsay Anderson ; c’est sûr que s’il avait fallu mentionner son dernier rôle effectif, celui qu’elle tenait dans WICKED STEPMOTHER (MA BELLE-MERE EST UNE SORCIERE) de Larry Cohen, ça aurait fait moins classe dans le journal de 20h…
Série B de bonne tenue (BONE, BLACK CAESAR, l’épatant GOD TOLD ME TO où, partout, des innocents pètent les plombs et tirent dans la foule avant de se donner la mort – tous ont un point commun : Dieu leur a ordonné de le faire !!! – ou plus récemment L’AMBULANCE et l’insolite LES ENFANTS DE SALEM – avec Samuel Fuller en chasseur de vampires !) et cinéma bis à deux doigts du Z pur et dur (EPOUVANTE SUR NEW YORK présentant New York sous les assauts du Serpent à Plumes des Incas, THE STUFF où pour une fois, c’est nous qui sommes mangés par notre yaourt et non l’inverse), ces films ont en commun leur véritable originalité, et ce petit pincement au cœur que nous laisse la certitude, quand on vient de visionner l’un d’entre eux qu’avec l’énergie d’un Carpenter ou la rigueur d’un Cronenberg, Larry Cohen aurait pu devenir, les doigts dans le nez, un cinéaste important et immensément populaire.
Je précise à ce point qu’il n’est pas encore mort, merci pour lui, et que si je vous parle de lui, c’est pour la simple et bonne raison que je viens de revoir sa trilogie des « Monstres ». Car, il faut le savoir, Larry Cohen a tout de même accouché en 1974 d’un classique du cinéma fantastique, dont le joli succès commercial l’aura amené à en signer deux suites. Oh, un petit classique, aujourd’hui retombé dans l’ombre, mais un film qui avait à sa sortie fait son petit effet et choqué la ménagère de moins de 50 ans. Ce film s’intitule LE MONSTRE EST VIVANT (IT'S ALIVE). Le sujet en est à la fois très simple et très compliqué. Une femme sur le point d’accoucher est accompagnée une nuit par son mari jusqu’à l’hôpital du coin. Tout se déroule dans un stress cotonneux et poussif (mais si : poussez ! poussez !). Problème : en sortant du ventre de sa mère, le bébé, mutant et monstrueux, massacre le personnel hospitalier et prend la poudre d’escampette. A leur retour de l’hôpital, leur fils, qui attendait impatiemment « un petit frère ou une petite sœur », est bouleversé de les voir revenir les mains vides avec une gueule d’enterrement. Si le concept du bébé-monstre est simple et en appelle à des ficelles attendues (un cocktail entre ROSEMARY’S BABY et la SF catastrophiste des années 70), le développement ne laisse filer aucune nuance du mélodrame, horrifique et viscéral, vécu par les parents du « monstre », médiatisés, auscultés, humiliés, emplis de culpabilité, d’angoisse et de répulsion, et n’occulte aucun angle de la réflexion proposée sur l’ambiguïté de ce couple torturé par ses instincts contradictoires et son penchant (illusoire ?) à assumer la «responsabilité», puis la paternité d’une créature meurtrière, aux réactions imprévisibles, qui cherche avant tout à rejoindre le nid familial – pour l’intégrer ou pour le consommer ? Dérangeant, n’est-ce pas ? C’est un film passionnant de ce point de vue ; le scénario est en tout point remarquable, ne cède ni à la démonstration (pas de « message » didactique – défaut de beaucoup de classiques SF des années 70) ni à la « monstration » : peu de scènes choc, des effets spéciaux le plus souvent suggestifs, Larry Cohen préférant se focaliser sur la psychologie des personnages, en particulier celle des parents – soutenu en ce sens par un casting solide dominé par le père, interprété avec conviction par John P.Ryan (un comédien excellent, ici sérieux comme un pape, mais auquel j’ai toujours trouvé des allures vaguement veules et perverses). La créature bricolée par un Rick Baker débutant est relativement bien conçue mais son animation reste assez rigide, une chance qu’elle soit finalement le plus souvent occultée par les cadrages ou la photographie. Le point fort du film, avec le scénario, reste cependant la superbe bande originale composée par le grand Bernard Herrmann, dans l’esprit de celle de SŒURS DE SANG de Brian de Palma, une musique magnifiée par un splendide générique d’ouverture. Hélas, et c’est probablement la raison pour laquelle le film est aujourd’hui un peu oublié, c’est sans surprise que l’on constate que la mise en scène médiocre ne suit pas – voir ici des séquences au cadrage hideux, certains plans étant parfois à moitié flous, un montage maladroit et une tonalité visuelle démodée et parfois télévisuelle. Reste que la musique de Bernard Herrmann, l’originalité du récit et la grande qualité de son exploitation contribuent à tirer le film vers le haut et à le hisser au niveau de petite réussite tout à fait estimable.
Dopé par le succès du film, distribué par Warner, Larry Cohen rempile en 1978 avec LES MONSTRES SONT TOUJOURS VIVANTS (IT LIVES AGAIN) – les titres français sont parfois redoutablement cons, vous ne trouvez pas ? L’enfant mutant du premier opus n’était pas un cas isolé mais le premier d’une série de naissances. Les autorités veillent à l’extermination des bébés-monstres, dépistés avant la naissance et exécutés lors de l’accouchement à l’insu des parents – on pourrait au passage se demander les raisons qui poussent ces mêmes autorités à attendre la naissance pour tuer les créatures au lieu de procéder à des avortements, mon hypothèse étant que les autorités adorent tuer des bébés. John P.Ryan, passablement traumatisé par la mort de son « bébé » dans LE MONSTRE EST VIVANT – mort à laquelle il n’est d’ailleurs pas totalement étranger – a organisé un groupe de résistance visant à récupérer les bébés-monstres et à leur sauver la vie, car il est persuadé que les créatures sont éducables et que leur agressivité n’est qu’une réaction de défense à l’hostilité, à la frayeur et au dégoût qu’ils provoquent. Larry Cohen prolonge intelligemment le propos entamé dans le premier film, et livre un film présentant sensiblement les mêmes qualités scénaristiques… et les mêmes défauts esthétiques que le précédent. On peut toutefois noter quelques légers progrès dans la mise en scène (le plan montrant le nouveau-né griffer frénétiquement le visage du médecin qui vient de l’accoucher est assez glaçant), mais il faudra tout de même fermer les yeux sur des tics 70’s, quelques fautes de goût et ponctuellement de vilains artefacts de montage et de photographie pour pouvoir apprécier à sa juste valeur un récit tendu, pessimiste et complexe, toujours brillamment soutenu par la partition de feu Bernard Herrmann, arrangée par Laurie Johnson (Note du Dr: la compositrice de la musique de CHAPEAU MELON..?). [Absolument ! NdC] Plus qu’une prolongation à vocation mercantile, IT LIVES AGAIN fait évoluer le propos et parvient à lui donner une ampleur accrue.
Vient la question délicate du troisième opus qui boucle la trilogie sur une note pour le moins… inattendue : le déraisonnable LA VENGEANCE DES MONSTRES (ISLAND OF THE ALIVE) réalisé tardivement en 1985. Les naissances se poursuivent et soulèvent la polémique. Le film débute par un prologue ahurissant : une femme accouche dans un taxi d’un mutant, et l’homme qui était venu lui porter secours sort un flingue et tire dans le tas avant de succomber sous les assauts du bébé, lequel, blessé à mort, se traîne jusqu’à une église (superbe travelling avant sur une flaque de sang remontant jusqu’à l’autel, dans laquelle se reflètent les vitraux) pour se baptiser lui-même avant de mourir – diantre ! On enchaîne sans transition sur une scène de procès au cours de laquelle doit se décider le sort des créatures : sont-elles encore humaines ? Doivent-elles être exterminées ou protégées ? L’avocat qui prône leur destruction (Gerrit Graham, échappé de PHANTOM OF THE PARADISE, en fait des caisses, mais il aura vite de la concurrence) espère confondre leurs défenseurs en confrontant un parent à sa progéniture. Le père en question, interprété par Michael Moriarty, est terrifié par son enfant, mais il reste convaincu de son droit à la vie. Au terme d’une brève scène de panique, il parvient à convaincre le juge de l’innocence de la créature, et celui-ci décide que les bébés mutants seront laissés en vie et isolés sur une île déserte. Débute alors un récit en totale rupture avec le ton sérieux et noir des deux films précédents. Larry Cohen, qui venait de réaliser les cocasses EPOUVANTE SUR NEW YORK et THE STUFF, se lâche complètement : le film, visuellement plus riche (beaux mouvements de caméra, créatures animées image par image pour changer) file à vive allure et enchaîne les péripéties les plus absurdes, baladant ses personnages des Etats-Unis jusqu’à l’île des Monstres en passant par les geôles de Cuba. Les créatures sont en train de mourir de la rougeole (eh oui) et décident de rejoindre le continent pour confier leur propre bébé à sa grand-mère, l’ex-femme de Michael Moriarty interprétée par une formidable Karen Black, toujours aussi sous-exploitée. Oscillant perpétuellement entre le kitsch involontaire et l’humour noir assumé, LA VENGEANCE DES MONSTRES est un film authentiquement bizarre, foireux et exaltant, ne reculant devant aucune idée stupide pour mener à terme son aventure, jusqu’à une scène finale de bonheur en famille qui risque d’en laisser plus d’un perplexe. Mais la Perplexité est de toute façon au cœur de ce métrage, puisqu’elle a trouvé ici son incarnation de chair et de sang, en la personne de l’acteur Michael Moriarty. Peu connu par chez nous, Moriarty a été remarqué pour ses rôles dans HOLOCAUSTE et la série «Law and Order». Il a également marqué les esprits au début des années 70 alors qu’il jouait au théâtre, à cause de cette représentation qu’il interrompit un soir en lançant au public, à la consternation générale, un tonitruant « je suis crevé, je me casse ». Michael Moriarty a souvent tenu le rôle principal chez Larry Cohen dans les années 80 ; Larry Cohen semble s’être entendu à merveille avec ce doux-dingue qui réclamait le droit à l’improvisation, mais aussi celui de jouer les séquences dialoguées en solitaire, s’adressant au vide autour de lui, sans que le reste du casting soit présent quand la scène le permettait. Je pense que pour atteindre une telle consistance de non-jeu, il lui a fallu beaucoup de travail et une grande concentration. Vous trouvez que je m’étale sur un seul acteur au lieu de parler du film ? Mais le film, c’est lui ! Imaginez un croisement poupin entre Klaus Kinski et David Hemmings, et vous aurez une vague idée des talents bizarres de ce comédien impossible, qui a perpétuellement l’air de se contre-foutre de ce qui se passe autour de lui – quand il n’a pas l’air shooté au somnifère, avec son accent qui tient à la fois du péquenaud, de l’alcoolique ou du mâcheur de coton compulsif. Michael Moriarty travaille à contre-courant du reste du casting (malaise palpable chez les acteurs qui l’entourent en VOST), balance des répliques qui n’ont strictement rien à voir avec la choucroute, il surjoue comme s’il était sur la planète Mars, mais avec un flegme éteint qui relève de ce que j’ai vu de plus drôle ses derniers temps. Si le film démarre avec le plus grand des sérieux (la séquence d’ouverture dans le taxi, montée en extrait, servira dans un DIRTY HARRY à démontrer la décadence du cinéma d’exploitation américain – belle preuve de culture et d’ouverture d’esprit, Clint), il part peu à peu en vrille vers un n’importe quoi débilissime, pas du tout déplaisant et passablement surréaliste. Que ce soit volontaire ou pas. Mais à moins d’être sourd et aveugle, Larry Cohen, qui l’avait découvert avec EPOUVANTE SUR NEW YORK, n’a certainement pas réemployé Michael Moriarty pour son charisme et la finesse de son jeu… Quelle part faut-il accorder à cette fascination pour l’acteur dans la teneur semi-parodique et hystériquement bis de la carrière de Larry Cohen dans les années 80, franchement, je n’en sais rien. Mais j’en connais deux qui ont bien dû se marrer. Alors avis aux amateurs, regardez ce film en version originale et poussez le son dès que Moriarty allonge deux lignes de dialogue, vous m’en direz des nouvelles. Une façon très youp-là-boum ! de conclure une trilogie sensible, intelligente et corrosive. C’est peut-être avec ce film que va peu à peu se développer dans le cinéma expérimental la… Je suis crevé, je me casse.
Le Marquis
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(photo: "Ivory" par Dr Devo d'après une photo du film "Vampire, vous avez dit Vampire?")
Charley Brewster mène une vie pépère d’étudiant américain dans une petite ville tranquille, une vie partagée entre sa mère divorcée, son ami faire-valoir, sa copine qui est pétrifiée à l’idée de « le faire » et sa passion pour les films d’épouvante. Particulièrement pour un show télévisé, « Fright Night », présenté par Peter Vincent, gloire (sur le déclin) du cinéma fantastique. Une existence insignifiante qui va être bousculée par l’apparition d’un nouveau voisin aux habitudes étranges et inquiétantes. Charlie en est convaincu, c’est un vampire. Devant le scepticisme de son entourage, il décide de faire appel à Peter Vincent, le « grand tueur de vampires ».
Années 80, bonjour. Voilà encore un petit classique des années 80 sur lequel il est extrêmement agréable de revenir. Joli succès en salles pour un film relativement modeste, FRIGHT NIGHT a tiré le meilleur parti d’une modernisation des clichés du genre. Mais attention : ici, modernisation n’implique en aucun cas une réinvention des règles, et de ce point de vue, il serait malvenu de le comparer à des films comme AUX FRONTIERES DE L’AUBE, LES PREDATEURS ou CRONOS. Tout au plus s’agit-il d’un dépoussiérage, qui tient avant tout au contexte : la maison du vampire Jerry Dandridge (interprété par l’excellent Chris Sarandon) a d’ailleurs des allures gothiques appuyées, mais qui naissent uniquement des effets, des décors et de la mise en scène – en soi, ce n’est qu’une maison de banlieue, semblable à toutes les autres, elle semble se transformer au fur et à mesure du métrage. Tous les clichés répondent donc présents (absence de reflets, pieu dans le cœur, canines, métamorphoses) mais sont introduits et utilisés avec une indéniable fraîcheur. Classique à la virgule près, le scénario n’a donc rien de révolutionnaire, mais aboutit à un résultat très séduisant. Contrairement à ce qu’implique le titre français (mémorable mais appuyé et un peu idiot), FRIGHT NIGHT, pas aussi potache qu’il en a l’air, malgré un humour à froid omniprésent, et ne relève pas de la parodie ou de la mise en boîte. Le soin apporté à l’écriture est payant, les personnages existent et s’avèrent parfois touchants, et, dans cette atmosphère ironique et convenue, les virages soudains vers des séquences inattendues, consistantes et parfois impressionnantes apportent au film une réelle personnalité. Une personnalité soutenue par un casting solide. Si l’acteur principal, William Ragsdale (Charley) est le plus souvent lamentable (ce qui n’est pas très gênant au fond, le côté crispant de son jeu collant bien à son personnage d’adolescent coincé), Roddy McDowall (Cornelius dans LA PLANETE DES SINGES – l’original), acteur souvent médiocre, s’avère ici quasiment parfait dans le rôle de Peter Vincent, vieille baderne orgueilleuse, lâche et aigrie. La petite amie de Charley, Amy (sa petite Amy alors ?) est interprétée par Amanda Bearse, qui s’en tire à merveille surtout si l’on considère qu’elle interprète le rôle d’une adolescente deux ans avant son rôle d’épouse nunuche, rigoriste et vaguement perverse dans le sitcom trash « Mariés, deux enfants ». Dans le rôle de l’ami de Charley, Stephen Geoffreys s’avère étonnant – et chanceux, car il est au centre de certaines des meilleures séquences du film – dont celle où il est littéralement séduit et contaminé par Chris Sarandon (scène très « gay » dans l’esprit, mais également assez pathétique et cruelle). Pour l’anecdote, Stephen Geoffreys essaiera par la suite de se faire un nom dans le cinéma fantastique avec des films comme MOON 44 ou 976-EVIL (tous les deux exécrables) avant de percer dans le porno gay, si vous me permettez l’expression. Puisqu’on y est, on peut ici souligner les aspects très sexuels du métrage (par une audace en soi puisqu’ils découlent du thème du vampirisme). Chris Sarandon interprète son rôle avec beaucoup de charisme, et semble exercer une forte attirance sur une bonne partie du casting. S’il emménage avec un autre homme, il est loin de laisser indifférents la mère de Charley… ou son meilleur ami. Mais il s’intéresse particulièrement à Amy pour sa ressemblance avec une femme aimée « il y a très, très longtemps » (on n’en saura jamais plus). Et celle-ci, alors qu’elle se refusait obstinément à William Ragsdale, alors qu’elle connaît la nature du voisin de ce dernier, s’offre à lui avec bien peu de résistances lors d’une hilarante séquence de séduction dans un night-club, puis lors de la scène délicate et assez touchante où elle se laisse mordre par le vampire – le parallèle avec la perte de la virginité ne pourrait être plus évident. C’est d’ailleurs sur les penchants voyeuristes de Charley, très intéressé par les call-girls débarquant chez son voisin pour ne plus jamais en ressortir, que démarre l’intrigue. FRIGHT NIGHT est une série B particulièrement attachante. C’est un film ancré dans son époque, aujourd’hui révolue, mais il vieillit fort bien (contrairement à des films comme VAMP ou GENERATION PERDUE), probablement grâce à la veine classique du récit, paradoxalement. Quelques séquences sont datées (dont la séquence du night-club, j’y reviens, avec ses chansons impayables, et la chorégraphie cocasse lorsqu’Amanda Bearse danse avec Chris Sarandon – il l’embrasse, et zou, elle est métamorphosée – littéralement, puisqu’elle présente soudain, dans le contrechamps, un brushing à paillettes à crever de rire) mais elles sont d’une telle drôlerie involontaire qu’elles contribuent pleinement à rendre le film irrésistible. Le budget très limité est exploité à merveille, notamment dans le soin porté aux décors et à la photographie, mais aussi dans la débauche d’effets spéciaux de la dernière partie du film : je radote, vous me direz, mais ces effets à l’ancienne n’ont pas pris une ride et leur souvenir donne envie de chialer quand on regarde VAN HELSING : le latex me manque à l’ère du digital. Tom Holland pratique un humour noir et signe un petit film plein de charme et de caractère, une réussite qu’il ne retrouvera pas par la suite (la comparaison avec son film suivant, le morne JEU D’ENFANT, me laisse vraiment perplexe). Et il soigne son récit, qu’il mène à bon port en ligne droite, réussissant quelques séquences brillantes et joliment interprétées, assez fortes en tout cas pour faire de son film un petit classique nostalgique, enthousiasmant et parfois même émouvant. Succès oblige, le film sera l’objet d’une suite réalisée par Tommy Lee Wallace (un proche de Carpenter qui semble s’être spécialisé dans les suites casse-gueule), dans laquelle la sœur de Jerry Dandrigde vient réclamer vengeance. Un bide, et pas vraiment un bon film dans mon souvenir – et pourtant, j’aimerais beaucoup le revoir, ne serait-ce que pour revoir Julie Carmen dans le rôle principal. Années 80, bonsoir.
Le Marquis
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(photo: "AVANT-GARDE (stille kavaliere! after all those years)" par Dr Devo)
Chers Amis,
Aujourd'hui encore, je vous propose de découvrir l'incroyable Captain Pangol' Inn, notre nouveau collaborateur à la plume acéré comme un oeil d'aigle. Il livre avec cette première critique, consacrée à MADAGASCAR, une saississante analyse, inspirée par la théorie cronenbergienne du hors-cadre (l'image comme un cache qui montre le contrechamp !). Où, sinon sur Matière Focale, pouvez-vous trouver pareille richesse ? Réservez un accueil triomphant à Captain Pangol' Inn !
Dr Devo.
Le Docteur m'a demandé de passer voir ses malades, c'est donc avec plaisir que je relève les thermomètres( Sous l'aisselle ce n'est pas très fiable mais faites comme vous voulez, Madame..) et vérifie les bassins...
J'ai décidé de vous entretenir de l'évènement de la semaine pour les fanatiques d'animation 3D qui aiment les animaux en pixels: MADAGASCAR.
Casting trois étoiles: Un lion, une girafe, un zèbre, un hippopotame, quatre pingouins et un nombre considérable de lémuriens...Je suis désolé mais Lars Von Trier n'a jamais réussi à les rassembler...Trop avant garde, pas assez dogme , tu parles! La trouille, ouais, la peur du challenge.
Bref, cette production Dreamworks joue sur le même registre que ses grands frères FOURMIZ et autres SHREK : On attire le gosse mais on ne laisse pas les parents repartir bredouilles: on glisse ici et là des allusions adultes, voire des références ciné. Ainsi, on sera amusé d'un petit pastiche de AMERICAN BEAUTY (Si, si, je vous jure), d'une référence aux bons vieux TWILIGHT ZONE, de la tentative assez louable de placer au passage des dialogues amusants façon FRIENDS (La girafe hypocondriaque est d'ailleurs doublée par David Schwimmer en V.O, "Ross" pour les fans) etc...
Le casting vocal est, puisqu'on en parle, très important, d'un point de vue marketing, c'est maintenant un passage obligé...Les stars sont castées bien en amont de la prod' et les personnages voient leurs traits et mimiques quasi calquées sur ceux de Ben Stiller (Le Lion), Chris Rock (Le Zèbre) etc.. Ce qui est parfois amusant ("Je connais cette tête, ah oui!, Starsky (ou Derek Zoolander, mais là y'a moins de gens qui crient dans leur tête)! mais en Lion et en poils!)...Le même procédé est repris pour la VF et on se retrouve avec un casting VIP, qui défile en gros au générique de début, José Garcia (notre Ben Stiller à nous: QUOI?!! PARDON?), Jean Paul Rouve, Marina Foïs etc.. Bémol, Cela viendra peut-être mais pour l'instant les traits des personnages calqués sur les physiques des stars US ne sont pas adaptés à ceux des doubleurs locaux, du coup ne perd-on pas quelque chose avec ce lion ben stiller qui parle comme J. Garcia ( Sûrement beaucoup moins bon)?
Parlons quand même un peu du film: l'histoire est simple (il faut pouvoir vendre des adaptation en bouquins illustrés écrits gros aux gosses dans la foulée) des animaux trop habitués à leur petit confort du zoo de Central Park se retrouvent éxilés sur une île sauvage par accident . Ils devront se dépatouiller avec leurs instincts surtout le lion si copain avec un zèbre qui prend des allures d'amuse- bouche loin des steaks distribués à heures fixes à Big Apple. Arriveront-ils à rester bons amis, le lion va-t-il dévorer son copain le zèbre en lacérant l'écran de son sang et de ses entrailles sous les yeux horrifiés des petits enfants? Bon, on s'ennuie un peu quand même parce que là c'est vraiment un film pour les enfants, pour enfants ricains qui plus est, souligné en gros et ne ménageant que de très rares surprises.
La présence des pingouins représente à mon sens l'intérêt majeur du métrage ( oui, à part le faaaaabuleux travail sur la texture des poils des animaux qui montre la supériorité technique de Dreamworks par rapport à Pixar dans ce domaine très précis, les informaticiens s'extasient, les gens normaux eux, attendent les pingouins).
Le pingouin est par essence un animal rigolo, d'une puissance comique considérable toute naturelle. S'il avait des poches, c'est mains dans les poches donc qu'il te ferait marrer sans rien faire sans suer beaucoup, parcequ'il est doué et c'est tout! Un pingouin, c'est une démarche, un aspect faussement pataud, un costard de serveur de brasserie perpétuel, la rencontre de la classe absolue et de l'incongru instantané. Les grands de ce monde l'ont compris et utilisent les ressources infinis du pingouin pour donner du sens à la vie de la drôlerie au monde: Tim Burton dans son BATMAN rêvé, BATMAN RETURNS, prouvait brillament que les mains libres, c'est le Pinguin et ses aides de camps palmés qui feraient, mieux que le Joker, mouche à l'écran. Le pingouin est drôle mais bizarre, il a de la ressource comme animal étrange qui cache, tout dodelinant qu'il soit, une réelle duplicité : Nick Park l'avait compris en opposant à Wallace et Gromit un pingouin inquiétant et manipulateur dans THE WRONG TROUSERS. Les scénaristes de MADAGASCAR ont tout compris aussi et nous servent du pingouin comploteur organisé, toujours dodelinant mais super déterminé et diablement efficace dans les scènes de combats!
Des scènes de combat avec des pingouins déterminés!! Vous attendez quoi d'autre du cinéma?!
Soulignons ici le principal défaut du film, il n'est pas un film de pingouins à part entière mais un film pour enfants avec quelques trop courtes séquences de drôlerie pingouine. L'occasion d'un vrai film de pingouin était belle et les auteurs la laissent échapper préférant un métrage assez convenu qui manque souvent de rythme (Soyons juste, il y a matière à quelques bons sourires quand même mais bon...Trop de lion pas assez de pingouin).
Voilà moi ce que j'en dis... Vous faites ce que vous voulez.
A votre place j'attendrai peut-être le DVD pour ne regarder que les scènes de pingouins en boucle ainsi que tous les bonus qui tourneront forcément autour d'eux, là dessus je parierais bien ma chemise et mon costard de serveur de brasserie.
CAPTAIN PANGOL' INN.
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Bonjour docteur, je suis en train de jouer dans AU PAYS DE LA MAGIE NOIRE, que dois-je faire ?
Chers Amis,
Vous le savez, en ces temps d'été caniculaires, les docteurs sont très occupés du point de vue professionel. Néanmoins, il convenait de vous offrir un service de qualité, quoi qu'il arrive. C'est ainsi que nous allons accueillir dans les jours qui viennent une sublime brochette de nouveaux collaborateurs. je les ai selectionnés avec soin, vérifiant de manière stricte leur CV respectif. En un mot, pour vous, je n'ai choisi que les meilleurs.
Aujourd'hui, nous accueillons avec fierté Aretha Wyat-Sends. Cette femme douée,vous le verrez, a plus d'un tour dans son sac et ne s'en laisse pas compter. Une femme de caractère, avec de solides compétences, que dis-je, avec un background des plus impressionants. Faites un accueil triomphal à Aretha Wyat-Sends, dont voici le premier d'une longue série d'articles, consacré à AU PAYS DE LA MAGIE NOIRE, film Z-issime et cultissime récemment ressorti en DVD dans une (pourtant) prestigieuse collection...
Dr Devo.
Trouvée dans un bac "tout à dix francs", cette vieille VHS a enchanté beaucoup de nos soirées entre amis de bon goût!...Pas facile de résumer l'histoire,tant elle part dans tous les sens L'action se situe aux Philippines, l'avion de l'oncle du héros s'écrase sur une île mystérieuse. Le-dit avion étant plein à rabord de miroitants joyaux, notre héros va partir à sa recherche et vivre de magnifiques aventures exotiques et passionnantes... Bon,ça c'est le point de départ,mais comme je l'ai dit plus haut, la suite est plus compliquée !!! Que dire sans dévoiler le meilleur tout en vous donnant envie de voir ce film même au prix de votre vie ?

Dans ce film, on trouve également beaucoup de magie noire.
L'intrigue foisonne de rebondissements en tous genres... De méchants lépreux à abattre (aux Philippines on sait que le lépreux est fourbe et cruel), un sorcier redoutable et hilare (il ponctue TOUTES ses phrases d'un rire sarcastique et tonitruant), une secte qui arbore avec fierté le diadème à crotte de chien (si,si...)... Et surtout Filola...

(des créatures mystérieuses!)
Ah Filola, belle et cruelle sorcière dont le héros tombe amoureux! Mais il doit quitter l'île et la magicienne, très jalouse et peu confiante, lui jette un sort... "Tu dois me rester fidèle ou toutes celles que tu toucheras mourront !" (...) "Mais, euh, enfin, Filola mon amour,tu sais bien que je n'aime que toi et je reviendrai te chercher... Promis, craché,juré... "Nous sommes d'accord,ce n'est pas juste... Mais, bon, c'est comme ça, ne chipotons pas... S'ensuit ce qui doit s'ensuivre, il trahit la promesse, et de terribles malédictions s'abattent sur les jolies demoiselles bien habillées et très joliment maquillées que le héros ne va pas manquer de séduire... ("Filola qui ça ?")

(de gauche à droite: Filola la Sorcière de la magie noire, quelqu'un)
Scénario abracadabrant, suite de scènes sans grand rapport les unes avec les autres... D'autres purement gratuites... Ah ! La métaphore dégustation de banane/castration... Ou le bain de ces demoiselles, poils pubiens très, très, très apparents (franchement rien pour cette scène, achetez le film !!!!). Je meurs d'envie de tout raconter, mais ce serait gâcher le plaisir !

(AU PAYS DE LA MAGIE NOIRE, c'est aussi du sexe, des poils pubiens et des baignades à plusieurs dans des cascades)
L'autre atout de ce film c'est la version française... Le doublage est à la limite de l'expérimental. Le héros change de nom à chaque nouvel interlocuteur (Li Moi Gné... Limonié... Ling Moné...). Les bruitages sont absolument épouvantables et donc très très drôles ! Bruits de pneus, de verres qui s'entrechoquent réalisés et enregistrés par la classe de CE2 de l'école publique de Neûchatel... Ou presque! De "Mais non, moi c'est Carole " à "Frère Jacques" la V.F est fabuleuse !

(Mais non, elle c'est Carole.)
J'ai vraiment beaucoup de tendresse pour ce film, c'est comme un bon vin ou une raclette, à déguster avec des copains dans un bon esprit... Et on ne s'ennuie pas une seconde, c'est impossible, il y a trop de choses ! Il y a de l'aventure, de l'amour, du sexe, du n'importe quoi, le meilleur des cocktails !

(un film définitivement plein d'effets spéciaux !)
Evidemment l'image n'est pas très belle, et le docteur serait plus prolixe que moi sur les détails de cadrages, d'angles, de prises de vue... Mais je n'ai pas ses compétences !!!
En farfouillant sur internet, j'ai vu que ce film était sorti en DVD dans la collection "grands maîtres" (HK mania, chez Bac Films) ; comme quoi tout est possible ! Si vous le trouvez, achetez-le, c'est du bonheur en plastique, promis juré craché, et si je mens que tous mes DVD soient dévorés par les serpents !!!
Aretha Wyat-Sends.

(photo: Limogné ou Lee Mon Nié ou Ling Moné. Un héros au regard très doux en tout cas. Les Dames apprécieront.
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(photo: "Examen des Echantillons au Laboratoire Focalien du Dr Devo", par Dr Devo, d'après une image du film L'ANNULAIRE de Diane Bertrand)

(photo: "Pink Pussycat" par Le Marquis)
Un écrivain à succès, auteur d'une série de romans à l'eau de rose, vient de terminer son dernier manuscrit. Victime d'un grave accident de voiture près du chalet qu'il occupait en montagne, il est secouru par une ancienne infirmière vivant seule non loin de là. Bonne nouvelle : c'est la Fan n°1 de l'écrivain. Mauvaise nouvelle : il vient de donner la mort au personnage principal de sa série Harlequin-like.
De la part de Rob Reiner, qui avait su tirer le meilleur parti de la nouvelle «The Body» de Stephen King avec le beau STAND BY ME, MISERY constitue une indéniable déception. C’est un film correct, à l’interprétation relativement solide (Oscar pour Kathy Bates, formidable pour elle), mais qui échoue dans le développement d'une mise en scène adéquate au sentiment de claustrophobie qu’implique le sujet. De ce fait, MISERY est à la fois une piètre adaptation du roman de Stephen King, et un huis-clos bien trop confortable et mécanique. Comprenez-moi bien, je n'ai absolument rien contre Kathy Bates; mais j'accuse Rob Reiner de s'être appuyé de tout son poids sur les épaules de l'actrice en
attendant que le film se fasse tout seul.
On est bien dans la série A : tout est professionnel et soigné, de la photo de Barry Sonnenfeld aux décors de Norman Garwood, mais de ce bout à bout de savoir-faire ne surgit pas une once d'atmosphère. A l’efficacité hollywoodienne, on aurait de très loin préféré une réalisation plus inventive, nous plongeant plus avant dans le cauchemar du personnage interprété par James Caan : or, lorsqu’il est drogué (et il l’est fréquemment dans le récit de Stephen King), la perception est évacuée par une ellipse, un fondu… Nous ne sommes pas avec le personnage, nous ne partageons pas ses délires, sa lutte intérieure, encore moins son implication en tant qu’écrivain, Reiner échouant totalement dans le traitement de la partie créatrice de son sujet. Ces "montages" (en anglais dans le texte) de James Caan tapant sur sa machine pendant que Kathy Bates lui apporte une limonade (elle arrive, il lui sourit, elle tourne le dos, il tire la tronche) "disent" au spectateur que l'écrivain écrit, mais ces séquences ne parviennent jamais à faire autre chose que de faire gagner du temps sur le métrage. Dès lors, que le personnage captif soit écrivain ou présentateur météo
n'a plus la moindre importance.
En outre, le scénariste introduit des personnages extérieurs au huis-clos que le cinéaste nous montre s’agiter à la recherche de l’écrivain disparu (l'agent Lauren «Qu’est-ce-que-je-fous-là?» Bacall, le shérif Richard Farnsworth) : c’est une énorme erreur, qui, en plus de ne déboucher sur rien de valable sur un plan narratif, déstabilise constamment le métrage, et ne permet pas au huis-clos de distiller le sentiment de claustrophobie qu'il est supposé mettre en scène. Pour Rob Reiner, le spectateur avait «besoin» de s’échapper parfois de la chambre au cœur du récit, «besoin» de souffler, de trouver de la chaleur humaine : voilà un
cinéaste qui s’attaque à un récit d’angoisse extrêmement noir, mais qui ne veut pas déstabiliser son audience, et ne veut surtout pas la mettre mal à l’aise, choisissant par ailleurs de voir l’infirmière psychotique casse