
[Photo : "Je suis pour, ils sont contre", par Bertrand, webmeistre du site Multa Paucis,
d'après une photo extraite de la série FREAKS AND GEEKS.]
AVANT-PROPOS
J’apprends à l’instant avant de mettre cet article en ligne que Jean Rollin, halleluyah, vient de terminer son nouveau film, LA NUIT DES HORLOGES ! Rollin sera en compagnie de son fidèle ami l’ineffable et passionnant Jean-Pierre Bouyxou (spécialiste du cinéma underground, homme de culture, animateur de l’émission « Mauvais Genre » sur France Culture, et co-auteur d’un ouvrage passionnant que j’ai eu entre les mains cette semaine sur le mouvement hippie, publié chez 10/18) ainsi que de Stéphane Du Mesnildot que je ne connais pas mais qui est très certainement quelqu’un de très bonne compagnie, critique cinéma et auteur d’un ouvrage sur Jess Franco, le mercredi 4 juillet prochain au vidéoclub-librairie Hors-Circuit, 4 rue de Nemours dans le XIème à Paris (métros : Parmentier et Oberkampf). A 19 heures, Stéphane Du Mesnildot interviewera les deux autres, et causerie sublime et passionnante il y aura ! Merci à Hors-Circuit de m’avoir informé de ces bonnes nouvelles, que je m’empresse de vous relayer !
J’apprends à l’instant avant de mettre cet article en ligne que Jean Rollin, halleluyah, vient de terminer son nouveau film, LA NUIT DES HORLOGES ! Rollin sera en compagnie de son fidèle ami l’ineffable et passionnant Jean-Pierre Bouyxou (spécialiste du cinéma underground, homme de culture, animateur de l’émission « Mauvais Genre » sur France Culture, et co-auteur d’un ouvrage passionnant que j’ai eu entre les mains cette semaine sur le mouvement hippie, publié chez 10/18) ainsi que de Stéphane Du Mesnildot que je ne connais pas mais qui est très certainement quelqu’un de très bonne compagnie, critique cinéma et auteur d’un ouvrage sur Jess Franco, le mercredi 4 juillet prochain au vidéoclub-librairie Hors-Circuit, 4 rue de Nemours dans le XIème à Paris (métros : Parmentier et Oberkampf). A 19 heures, Stéphane Du Mesnildot interviewera les deux autres, et causerie sublime et passionnante il y aura ! Merci à Hors-Circuit de m’avoir informé de ces bonnes nouvelles, que je m’empresse de vous relayer !
Dr Devo.
She came from Greece
She had a thirst for knowledge
She studied sculpture at St-Martin’s College
That’s where I caught her eye
She told me that her dad was loaded
I said : “then, in that case, I’ll have a rhum and coca-cola”
Pulp : "Common People"
Un(e) de vous a dû prononcer mon nom trois fois devant la glace ! Tel un Jean-Paul Belmondo, sans bichon et en pleine forme, me voilà, je déboule.
Alors décidément, voilà qui va réjouir les "puristes" (personnellement, c'est le titre que j'aurais choisi à la place des CHORISTES), car ce mercredi sort en salles PERSEPOLIS de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud. Champagne, petits fours, smoking même pas de chez Cardin, et applaudissements, et pour ceux qui étaient courageux, visionnage au Grand Palais, souvenez-vous, c'était à Cannes, pour défendre la France, Monsieur, La France !
Couverture médiatique énorme, couv' dans les beaux journaux, ventes des BDs originales à grand tirage (un secteur qui va aussi bien, c'est-à-dire mal, que le cinéma, et qui subit les mêmes contraintes économiques de concentration en matière de production et de distribution), artic's en veux-tu en voilà, c'était ce que notre beau pays avait de mieux à proposer. Et bien, on n'a pas été déçu du voyage.
C'est la mode, et c'est pas autrement, le cinéma se doit d'être "une fenêtre ouverte sur le monde", le reflet du monde comme il va. Premier point. Du coup, depuis deux ou trois ans, on se tape en salles un nombre fabuleux de films "à sujets de société contemporains", tels que le fasciste UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE, ou encore les SYRIANA, un des boucs-émissaires à très juste titre de ce site, ou encore pire, c'est possible, THE CONSTANT GARDENER, sombre épisode de la série CONNAISSANCE DU MONDE (série de conférences idiovisuelles avec présentation en salle du réalisateur, pour personnes du troisième âge), justement combattu par le Doc Devo, consacré aux petits n'enfants qu'on empoisonne en Afrique pour tester des médicaments expérimentaux et vraiment dangereux ! [N'importe quoi, d'ailleurs, et très hollywoodien, donc complètement déconnecté de la réalité comme sujet : on ne les empoisonne pas pour tester les médicaments, mais par pur plaisir sadique, ce qui est très facile car même leurs parents ne savent pas lire, et donneraient un rein pour une écuelle d'eau ou pour voir un épisode de LOST...]
Cinéma, cinémaaaaa, art du réel, art de la préoccupation contemporaine, j'écris ton nom. Sur les murs, tel le poète. Nous si privilégiés, nous qui avons la chance de faire ce métier de l'Art, c'est bien normal qu'on s'intéresse un peu à nos amis les pauvres, tandis que, engoncés dans notre confort petit-bourgeois, avec nos tongs de soirée en peau de daim de Scandinavie, un verre de cognac hors d’âge à la main, un gros cigare cubain fabriqué par une grand-mère cubaine mourante à la main, au milieu du tapis marocain fabriqué par une jeune adolescente de 14 ans déjà aveugle, quand nous regardons DES RACINES ET DES AILES, quelquefois, nous avons un pincement au cœur ! Il faut parler des problèmes des gens, des fameux "common people", parler de la terre qui va mal, poursuivant ainsi le flambeau d'un autre grand poète, Bernard Minet (cf. NOUS ALLONS CHANGER TOUT ÇA). Le soir, pendant la pub, notre petit cœur aurait presque mal sinon... Et le lendemain, voilà qui arrange bien mon producteur ! Evoquer le réchauffement climatique ou la prostitution des vieillardes bigoudènes qui ne touchent pas assez de retraite, c'est du bon, coco ! Ça rapporte un max', on en parlera partout, c'est du tout cuit. C’est ainsi que, comme le théâtre, la radio ou la littérature, le cinéma se pourrit de l'intérieur, et avec le sourire, en empoissonnant ses propres œuvres de préoccupations humanitaires, sociales ou universalistes. C'est un peu comme si on jetait du mercure dans une source fraîche. Et finalement, le véritable exploit, de nos jours, c'est de réussir à trouver un film ou une pièce qui ne soit pas un "portrait contemporain de la contemporanéité du monde comme il va". [Bien entendu, la fiction pure, c'est mal, c'est pas décent, et c'est un domaine que seuls les salauds pratiquent ! Et qui de surcroît n'exprime RIEN DU TOUT du monde comme il va !]
Commençons par le positif. Oui, effectivement, en respectant dans les grandes lignes la charte graphique des albums BD, PERSEPOLIS trouve un style bien sage mais assez différent de la concurrence, et pour ainsi dire, et c’est aussi un versant assez inattendu du côté « leçon de chose » du film dont je parlerai plus bas, le film se permet même de reprendre en une parodie softcore l’histoire riche de l’animation iranienne. Bon. Petit noir et blanc comme il faut, personnages ressemblants sans énormément de personnalité distincte entre les différents protagonistes je trouve (bien loin de la variété des personnages de AMER BETON par exemple), doublage de stars et donc d’acteurs, etc.
Si l’originalité se trouve là, elle est vite contredite par la mise en scène, bien plus tranquille et largement handicapée par le scénario, là aussi on va y revenir comme dirait le Docteur D., qui finit par faire émerger non pas une narration bondissante, mais bien au contraire un collage de petites vignettes juxtaposées et se suivant sans vraiment de perspicacité, suite de petits sketchs (dans tous les sens du terme, comme diraient nos amis anglo-saxons) qui n’ont de fil conducteur que chronologique. Les saynètes se succèdent dans une effrayante linéarité et sans réelle conséquence. Voilà qui est déjà assez décevant, d’une part, et qui minore le peu de personnalité à laquelle aurait pu prétendre le film, mais qui est encore aggravé par le fait que chaque scène se termine très souvent par une chute, quelquefois gaguesque, avec une régularité métronomique là aussi complètement impersonnelle. Sur le plan graphique aussi, on assiste à des répétitions constantes. Enfin, le doublage assez attendu finalement, malgré la présence de Chiara Mastroianni que j’ai plutôt à la bonne, ne décolle jamais vraiment et n’offre quasiment aucun contrepoint en faisant qu’appuyer là encore le scénario pourtant sans réelles surprises. Sans surprises et gommant systématiquement ce qui aurait pu présenter un minimum d’intérêt, à savoir les paradoxes d’une période troublée (ex : le fait que le shah fasse quand même entrer le pays dans la modernité, chose dite mais qui ne se sent jamais, et qui est foudroyé par l’arrivée dans le film de son fils, grand échant de l’(H)histoire, les deux événements ne se nourrissant pas du tout curieusement), les ambiguïtés d’une vie de jeune fille (à quoi servent finalement les personnages jeunes de la période autrichienne puisqu’ils n’existent pas et qu’ils ne sont commentés que par la voix-off, et jamais par le dispositif de mise en scène ou la narration ?). Bref, tout ce qui aurait pu rendre personnelle cette odyssée ou aurait pu mettre à jour une réalité au singulier relief, quitte à mettre le doigt sur certaines contradictions, ce qui est toujours passionnant, est gommé ou éludé. PERSEPOLIS déçoit d’abord par cette narration, et par l’illustrationnisme ultra de sa mise en scène inféodée au texte et à la chronologie, ce que le procédé narratif de flash-back en guise de cache-sexe n’arrivera pas à cacher. Satrapi & Paronnaud signent là un film bougrement linéaire et d’un classicisme absolu.
Thank you Margaret, et à la prochaine fois ? Non, car ce n’est pas tout. Là où le film quitte le domaine de l’insignifiant pour rejoindre les toilettes non-dickiennes et donc sans chercher de l’or (ce que le film n’a jamais l’ambition de faire, c’est bien le problème), c’est dans le propos et la démarche, qui là sont vraiment insupportables, pas autant dans le fond que dans la forme proprement et banalement scandaleuse, une fois de plus.
Une fois de plus, une fois de plus, une fois de plus, une fois de plus, les enfants je vais vous enseigner l’Iran, ou le Lichtenstein, ou ce que je voudrai ! Il y avait bien une raison, finalement, à ce que le scénario soit si clair dans sa ligne, soit si simple, que la moindre ambiguïté soit passée au karcher ou alors évoquée en une phrase (du texte bien sûr, CQFD). PERSEPOLIS s’adresse aux gens communs, au peuple de France, aux ploucs, à vous et surtout à moi ! Et pour nous toucher, il faut simplifier, bien délimiter le terrain, et surtout présenter l’(H)histoire en version reader’s digest, en quelque chose de court et de mémorisable. Pour paraphraser Woody Allen qui, comme disait le poète, n’a pas dit que des conneries, j’ai vu PERSEPOLIS et ça parle de l’Iran ! Ni plus ni moins. Le Shah avait ses mauvais côtés (lesquels, d’ailleurs ?), mais il a modernisé le pays. Le fils du Shah, lui, l’a fait rentrer du côté obscur. Depuis, l’Iran c’est le gentil peuple martyrisé par le diktat religieux, c’est le voile, la guerre, les méchants barbus, l’exil. L’occident, c’est là que je suis, mais ce n’est pas mon pays. Et… Et ? ET RIEN ! Certes, les choses étaient complexes, mais moi, je ne vais vous expliquer ça dans mon film, ça va vous dépasser, c’est un peu too much pour vous, et puis c’est mauvais pour les entrées sans doute. Ce qui compte, c’est de savoir que beaucoup de gentils iraniens ont été très oppressés par pas mal de barbus, qu’il y avait des méchants et des gentils.
Ainsi, une fois de plus, moi, vous et tous les autres ploucs de la Terre sommes pris encore pour des élèves de troisième à qui il s’agit de faire bien apprendre la leçon qui, au final, se résume à une énième (di)vision hollywoodienne d’un sujet forcément à thèse, c'est-à-dire dans la plus pure ligne DOSSIERS DE L’ÉCRAN. Méchants, Gentils, sketches et saynètes, petits enfants opprimés (je ne supporterai jamais qu’on puisse mettre en avant la mort ou le martyre d’un enfant devant ceux d’un autre homme adulte ! Ce genre de hiérarchie, je l’ai déjà dit et je re-signe, est proprement insupportable et anti-humaniste), de l’émotion mélodramatique omniprésente et exploitée exactement de la même manière qu’une comédie (romantique ou pas) avec Richard Gere, du rire doux-amer convenu tel qu’on en trouve dans 93% des films art et essai (encore une fois une preuve d’originalité), absence de paradoxe et d’humour (sur le fond, c'est-à-dire en dehors du processus scénaristique !), et cet incroyable moralisme, cette vision correcte, ce « voilà ce qu’il faut retenir », asséné comme de juste sur un ton d’instituteur ou de catéchisme, c’est proprement insupportable.
PERSEPOLIS n’est pas le premier film à utiliser ce genre de facilité, certes, car c’est la grande mode comme je le disais. Derrière l’humanisme de façade (et ce n’est pas ça, justement, l’humanisme), se cache un mépris double. Double mépris, comme deux faces d’une même médaille et qui sont des deux côtés aussi scandaleux. D’une part, la simplification de l’(H)histoire réduite à une simple histoire conflictuelle hollywoodienne. C’est proprement dégueulasse envers le public ! Aux producteurs et réalisateurs de PERSEPOLIS, on a envie de dire qu’on ne lit pas forcément des journaux gratuits fournis par le PPA, qu’on n’est pas gavé aux journaux télévisés, qu’on lit des livres, parfois même d’Histoire, qu’on lit le MONDE DIPLOMATIQUE, qu’on a reçu une éducation correcte nous permettant de nous faire notre jugement avec une relative indépendance, et qu’un paradoxe pour nous, outre le fait que c’est là qu’on comprend le mieux comprendre une situation et qu’on a là une chance d’apercevoir une parcelle de la vérité (toujours multiple), est complètement assimilable par nos petits cerveaux. On a vu aussi les grands films humanistes et historiques de Ken Russell, par exemple (là je lèche les bottes du patron !) comme LES DIABLES ou encore le téléfilm DREYFUSS, où le réalisateur résume paradoxalement et clairement (ce n’est pas incompatible, contrairement à ce que les gens impliqués dans la conception de PERSEPOLIS semblent croire !) la division durable de tout le peuple français en un simple plan de cinq secondes, clair comme de l’eau de roche et, tenez-vous bien, très touchant et drôle (oui, parce que nous, le peuple, on est aussi ému par un beau raisonnement intellectuel , pas seulement par les livres d’images disneyiens). Bref, on a vécu, on a nos idées et, aussi surprenant que cela puisse paraître, nos capacités d’apprentissage sont intactes, et on a envie d’apprendre quelque chose, on sait ouvrir un livre ou aller se renseigner ! Nous ne sommes pas trisomiques, bon sang ! Ce mépris sous couvert d’humanisme (concept qui peut servir de tronçonneuse sous la gorge et de chantage émotionnel) est proprement insupportable, et montre un mépris souverain pour le public qui va faire vivre et gagner de l’argent à tous ces gens de cinéma ! Pour un cinéma qui vante la tolérance, je trouve ça complètement dégueulasse. [Je passe sur le plan où on voit le Suisse, animal chafouin s’il en est, faire des saluts nazis sous fond de tyrolienne !] NOUS AVONS UN CERVEAU.
L’autre face de la même médaille, et on ne peut pas avoir une face sans avoir l’autre bien entendu, c’est le mépris total pour le travail de la forme. Et là, c’est une remarque générale sur la cinémort, et pas seulement sur ce film ou le cinéma dit « engagé » ou « à thèse ». Répéter une forme artistique est aussi un scandale. C’est une gifle donnée à l’art, c’est une manœuvre manipulatrice, souvent sinon toujours destinée à renflouer les caisses des concepteurs de l’œuvre ! Quand on respecte l’Art, qu’on se dit artiste, la moindre des choses est au moins d’essayer, je dis bien « essayer », de créer une forme nouvelle, de pousser un peu plus loin les outils du support, de sortir du registre de l’anecdote (PERSEPOLIS n’est qu’anecdotes !) pour essayer, je dis bien « essayer » de faire une œuvre qui ait un intérêt esthétique. Le simple fait de reprendre des schémas narratifs ou de mise en scène éculés jusqu’à la moelle et qu’on nous ressort à chaque fois depuis des décennies et des décennies, est aussi une forme de mépris, très hautain, du public, une forme d’arrivisme. Le petit pathos de chaque artiste n’a aucune espèce d’importance, la petite histoire de tel ou tel réalisateur, on s’en balance. Nous, spectateurs, avons encore une fois un beau cerveau en parfait état de marche. La vie personnelle en tant que telle, et aussi déchirante qu’elle soit, de Marjane Satrapi, de moi-même, de Brian DePalma ou de Einstein n’a aucune espèce d’importance, et surtout ne vaut rien, en ce sens qu’elle ne vaut pas plus qu’une autre. Croire que l’expérience personnelle puisse servir de leçon est d’une invraisemblable prétention et dit bien plus sur l’artiste incriminé que le film lui-même. Il est paradoxal, justement, mais tout à fait logique, que plus un film est noyé sous les petites préoccupations personnelles de son concepteur, plus il est absolument impersonnel. Et peut-être, très sûrement même, que faire une œuvre impersonnelle est le plus grand péché que puisse commettre un « artiste ». Au-delà de la bêtise personnelle de ce dernier quand il emprunte des chemins anecdotique (et là, on pourrait, nous public, dire aux artistes : « Allez lire un peu, allez dans une librairie, achetez les livres de Dali, lisez de la philosophie (de l’art notamment), achetez le MONDE DIPLOMATIQUE ! », et après, posez vous la question de savoir si vous devez réaliser un film !), faire des films centrés sur sa petite personne et son microscopique parcours insignifiant est aussi une forme de crachage de mollard à la gueule du public. Cher artiste, et en toute amitié je te le dis, moi, public, j’ai payé ma place huit euros ! HUIT EUROS !!!!! La moindre des choses quand on est « humaniste », qu’on a un peu d’éthique, est bien de proposer une forme narrative et une forme esthétique originales ! C’est même une règle, pourtant enfantine, à laquelle aucun artiste ne devrait déroger. On devrait, en principe, avoir honte d’écrire encore et encore de telles évidences.
Patrice Chéreau, lorsqu’il fut président du jury du festival de Cannes, poussa une gueulante célèbre contre les films cyniques, opposés aux films humanistes, qui piétinaient tout et proposaient une vision « horrible » du monde qui nous entoure. Ces films-là, il fallait les dégager ! Il visait par là, évidemment, Lars Von Trier, Blier et consorts ! Nous, public, en avons pris note, de cette déclaration. Quand on voit comment vous, Satrapi, Chéreau et les autres faites des films « humanistes » qui enferment le monde et le public dans la plus honteuse des caricatures, et utilisent l’argument pour rafler la mise au prix d’un chantage à l’émotion (hollywoodienne) et à l’humanisme, je ne sais même plus comment vous pouvez vous regarder dans la glace. A force de construire un monde où tout le monde il est beau et gentil, vous instaurez une espèce de vérité officielle du cœur, une espèce de censure (éminemment sociale et politique puisque vous êtes souvent au pouvoir, maîtres des leviers du pouvoir artistique), un oukase sur les libertés artistiques d’expression, une interdiction pure et simple de certaines formes d’expression, l’interdiction pure et simple de dire et créer certaines choses. Et bien, personnellement, sachez messieurs dames que je n’échange pas mon Humanité et plus important ma Justesse et ma Morale contre deux barils de votre humanisme.
Vous voulez être heureux, nous voulons être justes. Vous nous crachez à la figure, et nous, nous nous contenterons de vous adresser par cet article notre bisou barbu, comme dirait le Docteur, bisou rempli d’amour.
Mr Mort.
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Mercredi 27 juin 2007
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