(Photo : Affiche de THE PLOTCH, film fictif produit par le Dr Devo dans le cadre d'un jeu sur le site Cinéjeu, et premier film virtuel produit par Matiere Focale Prod ! Affiche réalisée par Dr Devo.)
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(Photo : Affiche de THE PLOTCH, film fictif produit par le Dr Devo dans le cadre d'un jeu sur le site Cinéjeu, et premier film virtuel produit par Matiere Focale Prod ! Affiche réalisée par Dr Devo.)
(Photo : "En vérité, On s'en Fout !" par Dr Devo)
(Photo : "Peuple Heureux de sa Propre Présence" par Dr Devo)
Chères Focaliennes, Chers Focaliens,
(Photo : "L'ignomineux Dr Devo (conférence du Dr Devo à la FEMIS en 1999)" par Dr Devo)
Mark 13, reviens, ils sont devenus fous !
Les robots font partie de notre quotidien en 2035, ne pas en avoir un, c’est pire que de ne pas avoir de téléphone portable en 2005, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si un robot n’était pas un jour soupçonné du meurtre de son créateur. Chaud devant, la révolution des robots est en marche.
Scénarisé par les auteurs respectifs des scripts de FINAL FANTASY et de PERDUS DANS L’ESPACE (tout un programme), I ROBOT vient retourner le couteau dans la plaie après le calamiteux L’HOMME BICENTENAIRE dans l’adaptation de l’oeuvre d’Isaac Asimov au cinéma, mais sous un autre angle d’attaque. Alors que la guimauve du film interprété par Robin Williams se vautrait dans le mélo pseudo-philosophique, le dernier film d’Alex Proyas fonce tête baissée dans le film d’action bourrin, mais pseudo-philosophique aussi.
Mille fois moins abouti qu’un MINORITY REPORT pourtant pas exempt de défauts, I ROBOT pointe avant tout la chute un peu prévisible de son réalisateur, brièvement considéré comme un cinéaste prometteur avec l’exécrable THE CROW, film culte auto-proclamé (c’était écrit sur l’affiche lors de la sortie en salles, ça, ça me plaît beaucoup, ce concept de film déjà culte avant même d’avoir été distribué). On s’en souvient, Proyas avait enchaîné avec DARK CITY, film hybride aux multiples influences. Un film souvent intéressant d’ailleurs, hélas en partie désamorcé par un trop plein de musique pompière, par un montage épileptique (particulièrement dans la première partie du film, indigeste) et par de nombreuses fautes de goût. Un potentiel pourtant, et des qualités qui auraient éventuellement pu déboucher sur l’affirmation d’une personnalité. Après une tentative plus intimiste (GARAGE DAYS), Alex Proyas risque fort de décevoir les attentes, s’il y en avait, avec un film aussi impersonnel et formaté que ce I ROBOT distrayant, parfois intrigant, mais malheureusement tout aussi laid et sans âme, qui aurait au fond pu être réalisé par n’importe quel yes-man désœuvré. Bien entendu, tout ça est très distrayant, avec derrière cette volonté de nous en mettre plein la vue, et sur ce registre, le film n’est ni meilleur, ni pire que le défilé des mastodontes blockbusterisés. Une façon polie de dire qu’on nage en pleine médiocrité. Pour ce qui est de la mise en scène, ces nombreuses séquences d’action « filmées » comme des animatiques de jeux vidéos m’ont paru aussi tonitruantes qu’elles sont laides à faire s’arrêter une horloge – je pense en particulier à cette séquence montrant Will Smith agressé dans un tunnel par deux camions pleins à craquer de robots malveillants : ça explose de partout, la voiture de Will Smith fonce et tourne comme une toupie, ce qui est à couper le souffle, surtout si on étouffe un bâillement. A vouloir avoir recours aux effets digitaux pour permettre à sa caméra d’effectuer des loopings à 360° autour de l’action, Alex Proyas néglige totalement sa mise en scène et confond mouvement et attraction de foire. Exit la trop grande densité de son montage pour DARK CITY, assommante mais un peu audacieuse, exit en réalité le moindre soupçon de point de vue, tout nous est donné à voir, jusqu’à la nausée, mais ces séquences épate-con ne dégagent pourtant pas une once d’énergie. Du reste, faut-il leur préférer ces séquences « à la MATRIX » - suis-je le seul à trouver qu’elles sentent le réchauffé depuis déjà un bon moment, et qu’elles relèvent de la facilité, du renoncement à s’essayer à de la mise en scène, à un brin de montage, d’inventivité ?
Pour ce qui est des robots, rien ne fait retomber mon agacement. Leur conception est résolument pompée sur celle, brillante, du clip « All is full of love » de Bjork, mais curieusement, le résultat à l’écran est très nettement inférieur, sans texture, purement infographique, froid – comme une armada blanche de spidermen escaladant les buildings et défonçant les pare brises. Les effets peuvent leur faire pratiquer les pirouettes les plus acrobatiques, mais échouent à leur conférer une présence matérielle, tangible, à l’écran – souffrant en conséquence cruellement des quelques rares plans accordés aux effets plus classiques réalisés sur le plateau (voir le plan sur la main métallique lors de la destruction du faux Sonny).
Esthétiquement invisible et sans saveur, I ROBOT échoue également en partie à nous intéresser à son enquête. Que le scénario soit adapté très librement des écrits d’Isaac Asimov n’a au fond pas la moindre importance. Il est bien plus gênant de constater ce que le récit peut avoir de prévisible et de lassant – les enjeux ne se traduisant à l’écran que par un surplus de scènes à effets spéciaux reposant sur un script usé jusqu’à la corde. Lors de sa sortie en salles, les amateurs d’Asimov ont beaucoup grincé des dents sur l’ajout de séquences comiques visant à mettre en valeur un Will Smith dont la tête ne passe plus les portes. La production a nié avoir réécrit le scénario autour du nombril de sa star, naturellement. Il est pourtant évident que Will Smith achève littéralement un film déjà bien déséquilibré. Est-il bon ou mauvais acteur ? Très franchement, je n’en sais rien, je me prononcerai quand je l’aurai vu se fondre dans un personnage, et ce n’est absolument pas plus le cas ici que dans MEN IN BLACK ou WILD WILD WEST. Will Smith apporte au film (qui s’en serait bien passé) sa cool attitude, son humour au second degré et tous ces détails scénaristiques qui visent à conformer le personnage qu’il interprète à son image de marque. Un désastre absolu (vise mes baskets, mec ! T’es un chat et moi je suis un black, alors c’est chacun pour soi – ha ha ha) qui semble pourtant s’affirmer comme le premier gage d’un succès populaire aux yeux de la production.
S’il faut prendre I ROBOT pour un bon divertissement décontracté et fun, il faudra alors fermer les yeux sur sa laideur et son absence de rythme. D’un autre côté, il est tout aussi difficile d’envisager un film aussi quelconque, un scénario flemmard bâclant un sujet à la base passionnant (bien mieux servi par Mamoru Oshii dans ses deux GHOST IN THE SHELL), comme une œuvre de science-fiction ambitieuse et pertinente.
Le Marquis (va encore se faire des amis)
(Photo : "The fittest shall survive yet the unfit may live" par Dr Devo)
(Photo : "La seule question qui vale" par Dr Devo).
(Photo : "The star is a freak (c'est chic)" par Dr Devo, d'après une photo du film MOLLY de John Duigan)
(Photo : "Genre Mineur Publicité" par Le Marquis et Dr Devo)
(Photo : "The Moment of Bliss" par Dr Devo)
Sirène ?
Effectuons un petit retour en arrière vers l’année 1973, un an avant le triomphe du groupe Abba à l’Eurovision. Cette année-là, le cinéaste Nicolas Roeg signe une œuvre singulière, troisième film d’une carrière étrange, un parcours extrêmement original, marqué par des œuvres fascinantes comme L’HOMME QUI VENAIT D’AILLEURS ou le superbe WALKABOUT. Nicolas Roeg s’est hélas depuis détourné du cinéma, suite à l’insuccès de ses derniers longs-métrages, peu montrés et maintenus dans un anonymat totalement incompréhensible – TRACK 29, CASTAWAY, TWO DEATHS restent dans l’ombre… Il s’attaque ici à une (libre) adaptation d’un roman de Daphné du Maurier (déjà adaptée auparavant par des films comme LES OISEAUX ou REBECCA).
Suite à la noyade accidentelle de leur fille, un couple (Donald Sutherland & Julie Christie) effectue un séjour à Venise où le mari, architecte, a accepté de prendre en charge la restauration d’une église. Sur place, la femme fait la connaissance d’une médium aveugle qui lui dit avoir eu une vision de sa fille décédée, cherchant à rentrer en contact avec son époux.
NE VOUS RETOURNEZ PAS joue avec le thème de la prescience et de la prémonition avec une rare subtilité. Rien à voir donc avec un film aussi « calibré » et prévisible que le SIXIEME SENS de Shyamalan. Non pas que ce film, très représentatif du genre dans la production récente, soit excessivement mauvais. Mais l’ennui avec ce genre de récits est toujours un peu le même : les scénarios distillent tout au long de l’action des indices qui prennent toute leur lumière lors d’une révélation finale, des balises en somme, qui tracent trop souvent un parcours rectiligne et un peu simpliste lorsqu’il est considéré avec un peu de recul. Des énigmes, qui trouvent leur solution lors d’un dénouement plus ou moins habile qui ferme le récit et engonce la perception que l’on peut s’en faire rétrospectivement dans une relecture parfois ludique, mais qui a le revers de n’être qu’une réponse mécanique, pré-formatée, asséchant totalement la saveur et l’attrait initialement ressentis.
A l’énigme, Nicolas Roeg préfère le mystère, et n’esquive jamais les incidents qui vont permettre à son scénario de respirer, d’échapper au registre de la pure démonstration. Son film comporte pourtant des séquences de révélation, de compréhension soudaine, mais qui viennent plutôt confirmer ce que le cinéaste a su préparer par petites touches, progressivement. Seule la séquence finale confrontant Donald Sutherland à sa propre vérité, à travers une découverte imprévisible, absurde et d’une violence étrangement libératrice, se permet, par le biais du montage, une relecture des signes qui ont émaillé le développement du récit. Mais cette séquence, à laquelle Dario Argento rendra un très bel hommage dans son film PHENOMENA en 1984, est mise en scène et montée de façon presque compulsive, insérant dans ce bout-à-bout fulgurant de flashes-back des éléments qui dépassent la stricte relecture explicative en amenant un peu de subjectivité, d’opacité. Un travail de mise en scène admirable, soutenu par une composition lyrique écrite par le musicien Pino Donaggio : c’est en voyant le film de Nicolas Roeg que le réalisateur Brian De Palma allait décider d’engager le compositeur pour son film CARRIE en 1976, suite au décès de Bernard Herrmann.
Le récit s’inscrit ainsi comme un jeu sur le concept du labyrinthe. Labyrinthe d’une Venise hors saison, désertée, à l’architecture superbement exploitée dans ce qu’elle a de ténébreux, de tortueux – on reconnaîtra au passage l’influence qu’a exercé la mise en scène de Nicolas Roeg sur le film ETRANGE SEDUCTION de Paul Schrader. Dans cet enchevêtrement de ruelles et de passerelles au sein duquel s’égare le couple, une silhouette mystérieuse rôde, un assassin insaisissable qui nourrit dans la ville une atmosphère de tension, de méfiance et d’inquiétude. Curieuse destination que s’est choisi le couple pour oublier la noyade de leur fillette que cette ville s’enfonçant dans les eaux. Si d’emblée, Julie Christie accepte les visions de la voyante aveugle (interprétée par Hilary Mason, sorcière adorable et inquiétante des POUPEES de Stuart Gordon), c’est en grande partie parce qu’elle y trouve matière à affronter son deuil de façon détournée en y puisant des certitudes. Plus prosaïque, Donald Sutherland ne voit pas d’un bon œil l’engouement de sa femme pour les contacts avec l’au-delà. Pas plus, du reste, qu’il ne verra du bon œil le labyrinthe de signes, d’indices, de présages, détails accumulés par le cinéaste tout au long d’un récit dense caractérisé par un montage précis et foisonnant, s’adressant autant au spectateur qu’aux personnages de la fiction. En entremêlant dans son récit le passé, le présent et le futur, à la fois dans sa narration et dans les perceptions de ses personnages principaux, Nicolas Roeg nous égare, comme il le fait souvent du reste dans ses autres longs-métrages (ENQUETE SUR UNE PASSION, EUREKA…), mais avec cette différence notable que dans NE VOUS RETOURNEZ PAS, ces balancements constants entre perception et narration sont inscrits dans le projet du récit, dans le thème même de ces visions surnaturelles. Le personnage de Donald Sutherland, méfiant et sceptique quant aux relations qu’entretient sa femme avec le médium, a lui-même un don de prescience, dont il prend peu à peu conscience, mais qui ne lui sera pas d’une grande utilité du fait de son incapacité à comprendre ses propres visions. Belle façon d’aborder un sujet par essence fantastique, surnaturel, en y insufflant un sens aigu de l’abstraction, une distance qui est celle du personnage de Donald Sutherland, et qui peut être la nôtre : si le film évite le piège de la démonstration plus virtuose qu’inspirée, Nicolas Roeg parvient également à ne pas sombrer dans un travers fréquent des œuvres à la mode dans les années 70 (et dont les pires exemples sont sans doute AUDREY ROSE et AMITYVILLE) qui consiste à vouloir traiter les éléments fantastiques comme des réalités tangibles, des faits scientifiques mesurables et vérifiables – ce qui est encore la meilleure façon de priver ce genre d’approches du moindre soupçon de poésie et d’imagination. Tout le contraire, donc, d’un film comme NE VOUS RETOURNEZ PAS, abordant son sujet avec un sens très personnel de l’angoisse, de l’abstraction et de l’humain.
Le Marquis.
(Photo : "Plus jamais ça !" par Dr Devo)
Mode d’emploi de l’article. En gras, les phrases issues du prospectus. En normal, mes phrases.
(Photo : amateurs de jeu de go, et non pas de GO ! qui par ailleurs est un très beau film)
J’espère bien, vu le nombre de subventions avec mes impôts !
(Photo : malgré les apparences, il ne s'agit pas des acteurs du prochain film de Matthew Barney (voir plus bas) mais de deux amateurs de Lutte.)
Mr Mort.
(Photo : ben voilà ! Les voilà les vrais amateurs ! Ils ont tout pour réussir. Je n'en doute pas une minute.)
(Photo : "T'as pas tout Dit !" par Dr Devo)
[Photo : "Page 100 (Hommage à Peter Sotos)" par Dr Devo]
(Photo : "The Mysterious Marlboro Man", l'acteur interprétant Siman, par Dr Devo)
(Photo : "Camarade" par Dr Devo)
Chers Amis,
Aujourd'hui encore, pas le temps de faire un bel article complet.
Et vous savez comment ça se passe dans ces cas-là. On va jouer.
Oui, mais c'est pas juste! avec des fêlés de ciné, genre Le Marquis ou Bernard RAPP, j'ai aucune chance de gagner, moi! Rassure-toi, gentil lecteur qui se sous-estime, le jeu est aussi pour toi. On adore tous spéculer et rêver. Alors lâchez-vous! Essayez d'imaginer à quelle époque a été tourné le film, dans quel pays? Essayez d'inventer des courtes histoires, des synopsis, ou des résumés de films imaginaires où ce plan irait parfaitement bien? Allez-y par déduction, posez-moi des questions pour avoir des indices, etc. Comme disait un groupe de poètes célèbres: "No, No, No, No, No, No, There's No Limit!".
(diapo 2001: Odieusement facile ! Les vrais joueurs se refuseront d'utiliser imdb !)
(Diapo 2002: Bah, ça ressemble quand même, même si ça demande un peu de recherche...)
(Diapo 2003: ça parait ultra-facile, mais en fait c'est odieusement dur ! On va reconnaître les pervers à coup sûr !)
Ben, c'est à vous de jouer les amis ! Bonne chance !
Dr Devo.
Encore
Nous ne reviendrons pas sur certaines fâcheuses manies du Docteur Devo, et son syndrôme maladif de l’inachèvement déjà évoqué à l’époque de la série des VENDREDI 13. Malgré mes relances régulières, le tour de visite de la série SAN KU KAI semblait être sur une voie de garage depuis déjà un bon moment. Allions-nous nous arrêter en si bon chemin ? Il faut te battre, Marquis…
Retournons donc quelques instants dans le 15e système solaire organisé autour du soleil Gloria, en cet an 70 du calendrier spatial…
Nous remettons doucement les pieds dans ces contrées si longtemps laissées à l’abandon pour y trouver un calme absolu. Laissés pour compte, nos héros sont plongés dans un profond sommeil à bord du San Ku Kai, en orbite autour de la planète Analis… Seul le robot Sidéro (je répète, Sidéro) reste éveillé, et cette si longue solitude semble l’avoir plongé dans un état méditatif teinté de mélancolie : « Ils sont quand même bizarres, ces êtres humains… S’ils ne dorment pas, ils meurent. S’ils ne mangent pas, ils meurent. Ceci dit, j’aurais bien aimé rêver une fois dans ma vie… » Celui qui n’a jamais rêvé seul, au moins une fois dans sa vie… Des propos empreints de poésie, un peu comme si Garou interprétait un texte d’Isaac Asimov.
Ce si long sommeil est interrompu en douceur par l’irruption de l’Azuris, vaisseau enchanté de la si douce, si blonde Eolia, toujours baignée dans une lumière onirique et savonneuse à la David Hamilton – la nef des flous, en somme.
Allez, debout là-dedans. Nos amis s’ébrouent et jouent les gros durs, pffff, on dormait même pas – ouah l’autre hey ! il arrêtait pas de ronfler. Les mines empâtées vont pourtant vite se faire grises. Et ô surprise, cette fois-ci, Eolia n’a pas traversé les confins de l’univers pour venir dire à Ayato qu’il faut se battre. Elle vient pour Siman l’homme-singe, qu’elle souhaite avertir d’une chose terrible : les Stressos ont investi sa planète, Sheta, et ont entrepris d’en exterminer la population. Siman est bouleversé ; il est aussi doublé par un autre acteur en VF, mais juste pour les dix premières minutes, pause syndicale oblige ?
Les propos d’Eolia sont bien vite confirmés par des images de la planète Sheta. Les Stressos menés par le commandant Volkor envahissent un village et embarquent ses habitants, papas singes, mamans singes et enfants singes avec rubans roses dans les poils, un festival du masque rudimentaire des plus délectables. Une fois de plus, SAN KU KAI se fait l’écho de tristes pages de notre Histoire, comme le souligne l’échange du général Koménor et du roi Golem XIII à bord du Cosmosaur qui plane au-dessus de Sheta :
GOLEM XIII : « Je t’ordonne de faire disparaître ces êtres inférieurs de la planète.
KOMENOR : J’ai l’honneur de te dire que la déportation a déjà commencé ! »
Comme ça, les choses sont claires…
Le San Ku Kai arrive sur Sheta sur les chapeaux de roue. A son bord, Ryu se lamente : « Les Stressos sont impitoyables : aujourd’hui ils s’en prennent à eux, et demain à qui ? ». Siman, lui, s’inquiète pour son meilleur ami, qui, il faut le souligner, n’aura pas l’honneur de voir son prénom mentionné par la VF sur la durée de l’épisode.
Et il fait bien de s’inquiéter, le singe ! Son ami a bien échappé à la déportation de son village avec sa femme et son fils, mais c’est pour mieux tomber entre les mains de Furia et de son nouvel acolyte, qui lui n’est pas anonyme : c’est Démonior, l’homme arbre ! De la tentacule végétale qui lui tient parfois lieu de bras, il s’empare du fiston velu et pose un ultimatum à papa singe : la vie de son fils contre celle de son ami Siman. « Tu es fou, c’est ridicule ! », s’exclame-t-il en exhibant une double rangée de dents – celle de l’homme singe et celle de l’acteur qui transpire sous le masque. Le pauvre est bien dégoûté par le principe, mais c’est son fils, sa bataille, le fruit de ses entrailles : il accepte bien à contrecœur.
Et c’est ainsi que lorsque Siman le retrouve dans son village désert, il lui fait boire un vin drogué afin de le livrer à l’ennemi. Démonior surgit lorsque Siman est tombé dans les pommes. « Allez, rend moi mon fils », lance le traître malgré lui. « Mais oui ! Le voilà ! », rétorque Démonior en le tuant à coups de sabre. Le monstre s’apprête à faire subir le même sort à Siman, mais sa main est arrêtée par la stratège Furia, qui voit là une nouvelle occasion de tenter de capturer nos héros.
Non loin de là, la déportation suit son cours, et je peux vous dire que les simiens n’ont pas le cœur à manger des kiwis : ça va mal ! Révoltés par ce spectacle, Ayato et Ryu décident de s’introduire dans le poste de garde stressos : mais comment éviter les deux soldats qui en surveillent l’entrée ? « Pourquoi les éviter, murmure Ryu avec suffisance, on va les assommer ! » Ce qu’ils font.
À l’intérieur du poste de garde, Volkor est plutôt relaxé, les pieds confortablement posés sur le tableau de bord. Furia et Démonior arrivent avec à leurs côtés le pauvre Siman enchaîné. Deux gardes (mmmmm, je me demande qui c’est…) s’apprêtent à l’emprisonner, mais le sadique Volkor l’invite à assister au spectacle de son peuple entassé dans des cargos qui décollent avec pour mission sommaire de larguer les primates dans l’espace. Siman tente de se rebeller, mais il est calmé par les deux gardes, qui ne sont autres, je vous le donne dans le mille, que Ryu et Ayato déguisés.
Et comme les choses vont toujours très vite dans SAN KU KAI, dès la scène suivante nous les voyons s’enfuir à bord d’un véhicule blindé en défonçant un barrage, avant de fuir à pied à travers une plaine tranquille. Enfin bon, tranquille quelques instants, avant qu’ils ne soient interceptés par Furia et Démonior. Dans un seul mouvement surréaliste, ce sont Staros et le Fantôme qui jettent au sol leurs casques stressos. Staros déclame sa formule classique (je viens du fond de la galaxie, etc.). Par contre, Ayato semble une fois de plus hésiter sur le nom approprié à son identité secrète et s’exclame fièrement : « Et moi je suis Shen ! » Passons. C’est la bataille, classique, sans surprises. Au point attendu où nos deux héros masqués se préparent à exécuter Démonior, Siman s’interpose : il veut le tuer lui-même pour venger machin-chose. Soit. Démonior succombe, pas dans un pouf de fumée mais en s’auto-consumant dans les convulsions de l’agonie, sous le regard dépité de Furia.
C’est pas tout ça, mais pendant ce temps-là, un cargo flotte dans l’espace avec de sombres desseins. Les simiens se lamentent douloureusement, moqués par les mesquins soldats stressos : « Qu’est-ce que vous avez à protester comme ça ? On vous offre un voyage gratuit et vous n’êtes pas contents ? » Heureusement, le San Ku Kai vient à la rescousse. Siman blessé, c’est à Ayato que revient le devoir d’assister Ryu à bord des deux modules de combat. Tout le monde semble en faire grand cas – tu es sûr ? – mais si, tu vas voir, tu vas y arriver – alors qu’Ayato a pourtant bien souvent eu l’occasion de piloter cet engin auparavant : y aurait-il une confusion dans l’ordre de diffusion des épisodes ?
Quoiqu’il en soit, il faut faire vite : le cargo a ouvert ses portes, et comme la dépressurisation ne semble pas exister dans le 15e système solaire, les Stressos entreprennent de pousser leur cargaison velue dans le vide interstellaire à l’aide d’un mur orné de dents de métal qui accule les simiens vers la sortie. Ryu et Ayato ont beau faire de leur mieux, ils doivent aussi se défendre contre les tirs des lazerolabes stressos. Un appareil en flamme vient à ce stade palpitant du récit heurter le flanc du cargo : ça va encore plus mal !
C’est compter sans la blonde, douce Eolia qui décide, une fois n’est pas coutume, de mettre la main à la pâte, et éteint l’incendie à l’aide de son vaisseau magique : « Il ne faut pas que les innocents soient massacrés, Ayato. », dit-elle fort à propos. Le cargo est donc contraint à faire demi-tour et à revenir se poser sur Sheta, à la consternation générale au poste de garde stressos, où un soldat manifestement égaré avertit Volkor en l’appelant Koménor. Leurs tirs de barrage n’y font rien, le San Ku Kai fait exploser la base stressos (Volkor va bien) et le cargo se pose.
Sur Sheta, la joie règne, et Siman décide bravement de taire la trahison de son meilleur ami trucmuche pour préserver son honneur. « Siman, tu es formidable ! », dit Ayato alors qu’ils reprennent la route. L’homme singe, confus, balbutie : « Rrrooololo ! Il va falloir que j’aille chez le coiffeur, moi ! » La voix-off, rabat-joie, conclut alors que nos amis repartent vers de nouvelles aventures en déclamant que des amis d’enfance, ils vont en perdre bien d’autres dans la lutte acharnée contre Golem XIII…
La suite au prochain épisode, n’est-ce pas docteur ?
Episode 1 : Un vaisseau dans l'espace
Episode 2 : Les Ninjas
Episode 3 : L'envoyée de la Terre
Episode 4 : Le Camp
Episode 5 : L'école abandonnée
Episode 6 : Le Roi Golem
Episode 7 : Une lueur d’espoir
Le Marquis
(Photo : "Adaptation" par Dr Devo d'après une photo du film J'ADORE HUCKABEES)