BOB L'EPONGE, LE FILM, de Stephen Hillenburg: il était temps de la passer!

Publié le par Dr Devo

Chers Amis,

 

 

Matière Focale est une terre de contrastes. Hier, nous parlions de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, les deux avant-gardistes têtes brûlées du cinéma français, qui en compte peu, et aujourd'hui on parle de Bob L'Eponge, le dessin animé humoristico-débilosse, adapté au cinéma et qui sort aujourd'hui. C'est bien, les mélanges, non?

 

 

Sans être un fan hardcore de Bob l'éponge, je dois avouer avoir déjà regardé quatre ou cinq épisodes dont je garde un assez bon souvenir. Il y a une dizaine de jours, si ma mémoire est bonne, je vous avais touché un mot de la superbe bande-annonce de ce film. Un souffle d'air frais soufflait gentiment dans la salle. On peut constater, en général, que les productions grand public qui s'adressent à nos gentils bambins, ne brillent pas en général par leur originalité et leur pertinence. Walt Picsou a renoncé depuis longtemps à tout effort de création, recyclant ad libitum les deux ou trois idées qu'il ait jamais eues (une sorte de remake permanent) et moi-même ayant beaucoup de mal à supporter l'esthétique des films en animation 3D, le paysage des films pour enfants et de l'animation me semble bien triste. Heureusement, de temps en temps, il y a un Hayao Miyazaki pour nous sortir de la grisaille et nous présenter des univers vraiment étonnants. Donc, si vous en avez marre des petits bébés égarés (qu'ils soient petits lions ou petits humains ou petits poissons) qui essaient de revenir à la maison et à leurs parents, essayez Bob l'Eponge!

 

 

L'action se déroule sous l'eau dans la ville de Bikini Bottoms. Bob l'éponge, notre héros, est un drôle de gugusse. Son humour, ses hobbies et sa façon de penser sont salutairement débiles. Il a deux occupations: travailler au fast-food de Mr Krabs et passer du temps avec son pote Patrick (bonjour le prénom pour un héros!), une très sympathique étoile de mer, encore plus débile. Les deux font la paire, et c'est très tant mieux. Au début de l'histoire, Bob s'apprête à prendre du galon. En effet, le patron du fast-food où il travaille ouvre un deuxième restaurant juste à côté du premier (??!), et il va nommer un de ses employés manager de ce second fast-food. [Quand la télévision locale lui demande pourquoi avoir ouvert, bizarrement, le deuxième fast-food juste à côté du premier, Mr Krabs déclare débilement et timidement "parce que j'aime l'argent". Quand on lui pose une autre question, même réponse!] Pour Bob, pas de doute, la promotion c'est lui qui va l'avoir. Il est employé du mois depuis 370 mois (mon dieu!), et ça ne peut pas lui échapper. Evidemment, ça foire, son patron arguant qu'il n'est pas assez mature. Dans le même temps, un méchant plancton (marié à une femme-écran sarcastique, très bonne idée) met au point une machination diabolique. Faire accuser Mr Krabs du vol de la couronne du roi Neptune (souverain colérique et totalitaire) et ainsi se débarrasser  de ce concurrent embêtant. Car le plancton a aussi un fast-food où personne ne va. La couronne est volée, Mr Krabs accusé, le plancton vole une recette secrète de hamburger au crabe, et, sans concurrence, se fait des amibes en or massif! De son côté, Bob part à la recherche de la couronne. Il a 6 jours pour la remettre à Neptune, sans quoi son patron sera exécuté!

 

 

Alors, évidemment, c'est encore une histoire de quête qui est ici montrée. Et ça commence plutôt bien, avec une intro, non pas en animation, mais en film "live" avec des pirates qui repèrent un naufragé avec une malle au trésor. Ils récupèrent la malle et dans la malle, miracle, des places pour aller voir "Bob l'Eponge le Film"! Très bien, même si les pirates se mettent à chanter une chanson pendant le générique, ce qui est toujours un peu problématique quand on voit le film en VF. Une fois que les pirates se sont assis dans la salle de cinéma le film peut commencer. Alors, évidemment, dans ce genre d'entreprises, la difficulté consiste à passe du format télé (à vue de nez, les épisodes TV de Bob l'éponge font 15 minutes à peu près) au long-métrage de 1h30. Les auteurs ne s'en sont pas mal sortis, mais pas tout à fait. Le film a quelques baisses de régime dans des passages pas forcément mal troussés d'ailleurs. Par exemple, lors de la transformation de Bob, piégé sous une lampe trop calorique, en vrai éponge carrée (et redevenant ainsi une éponge pour faire la vaisselle). Dans ce passage qui caricature extrêmement bien les passages tire-larmes des productions populaires, malgré cette très bonne idée, ça traîne beaucoup. Et ici et là, on a souvent cette impression de flottement. C’est sans doute dû à un montage qui, dans ces moments-là, traînasse sans doute pour bien faire comprendre à nos chers petites têtes blondes ce qui se passe. Ça se joue donc à très peu. Quelques petites secondes en moins sur tel ou tel plan, et le tout aurait acquis un vrai dynamisme, quitte à faire plus court au final. Un peu dommage donc, mais il reste de très bonne chose comme la monstrueuse cuite de Bob et Patrick (trop de glaces, officiellement) qui précède une monstrueuse gueule de bois, le bar de Fish Angels mal famé, l'apparition d'images 3D (un passage obligatoire dans les films d'animations, ici bien détourné) avec l'arrivée du Cyclope, et le plancton qui transforme tout le monde en robot! Et puis, il y a l'apparition d'un acteur connu (et décidément de plus en plus sympathique dans ses rôles de cameo), passage qui est très long, même trop, ce qui donne un certain charme à cette idée.

 

 

Bref, on peut conseiller ce film à nos bambins sans problème, abreuvés qu'ils sont des mièvreries pour enfant habituelles. Bob L'Eponge, Le Film est une très bonne introduction à un humour non-sensique, vaguement camp, qui fera de nos têtes blondes, la comparaison est un peu exagérée mais pas complètement à côté de la plaque, de petits Monty Python en culottes courtes... et carrées!  Ne boudons pas notre plaisir: c'est déjà beaucoup!

 

 

Sympathiquement Vôtre,

 

 

Dr Devo.

 

 

 

PS: On remarquera l'intelligence des créateurs de la série pendant le générique. À la fin de l'aventure, Bob, ayant réussi sa mission, a effectivement été nommé manager du second fast-food. On le voit alors dans ces nouvelles attributions: laver les toilettes, faire les vitres, réparer le toit, etc... c'est-à-dire rien de plus que le travail qu'il faisait au début de l'aventure. Tandis que son patron continue à encaisser les dollars! Ils ne sont pas dupes ces gens là!

Publié dans Corpus Filmi

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Guile21 10/01/2007 00:03

Excellent dessin animé même si les faiblesses que tu as releevées sont evidentes.
Mais l'humour non-sensique de Bob l'eponge est d'autant plus savoureux qu'il ne verse pas dans le "tout réferentiel" (emprunt à tel film, plan culte, dialogue décalqué) qui semble gagner tout les films d'animations depuis Toy Story, histoire de flatter les connaisseurs en cinema. Non pas que la chose me gêne (une sorte de petit quizz dans le film, ça fait pas de mal), mais c'est bon de réaliser que l'on peut faire tout aussi bien avec un peu de céativité.

PS : à noter que le dernier Pixar, Cars, semble s'être un peu plus affranchi du "tout référentiel" que ses ainés. Où alors mes connaissances filmiques s'epuisent, ou c'est vraiment moins ostentatoire. En même temps, je n'ai jamais vu Jours de Tonerre.

Roxanne 03/09/2005 08:23

Et pas un mot sur les bas résilles et les bottes en cuir de Patrick (l'étoile de mer-meilleur ami)???

olivier 09/02/2005 21:15

BONJOUR
je viens sur ton site depuis longtemps et je l'apprecie. Je l'ai mis en lien sur le mien.
a bientot donc.

Dr Devo 09/02/2005 20:46

merci de mavoir prevenu daniel je vais aller voir ça!
Dr Devo

daniel 09/02/2005 20:10

j'ai mis en ligne un article en pensant au petit con d'hier.

Et si le christ etait une femme ?