Sarkozy Nu sous ses Vêtements : pour en finir une fois pour toute avec le cinéma social...

Publié le par Mr Mort

(Photo : "Vedette" par Dr Devo, d'après une image du film LE SOUS-SOL DE LA PEUR de Wes Craven)

Cinémort,
 
On te consacre aujourd'hui, on fait le relevé de ta décomposition esthétique (belle ?), on compte les mouches qui voltigent autour de ta dépouille, pour essayer de dater l'heure du décès.
 
Pour se faire, un ami que je ne dénoncerai pas ici, mais qui est très sensible et toujours à l'affût de belles choses, m'envoie ceci. Il s'agit d'un mail envoyé aux abonnés d'un cinéma du 38 ! Je retranscris tel quel, et sans censure, le début de ce mail. La ponctuation et l'affichage des mots en gras sont d'origine. J'ai changé le nom du cinéma. Le but n'étant pas de dénoncer tel ou tel établissement, mais de voir la portée universelle (ou du moins nationale) de ce texte. Voici.
 
Bonjour à toutes et à tous,
 
Info de dernière minute :
Zaïda Ghorab-Volta, la scénariste du film DES ENFANTS QUI S'AIMENT, ne pourra pas être parmi nous mercredi soir.
Cependant la rencontre avec les intervenants invités pour débattre à propos de l'enfance maltraitée seront bien présents.
Venez nombreux découvrir ce film, car il touche à ce que nous avons de plus cher : les enfants. Quand le cinéma sait être social, il mérite ses lettres de noblesse... et votre soutien.
 
Vous êtes nombreux à attendre BE WITH ME. Dès sa présentation, notre cinéma s'est engagé à la programmer. Il vous faudra attendre encore un peu, jusqu'au 14 décembre, pour le savourer.
 
Bonne semaine à tous.
 
Ah oui, d'accord, je vois, merci. La Cinémort est un formidable décodeur, simple et fondé sur le bon sens. Ainsi, revenons sur ce texte, anodin en fait, et semblable à des centaines de textes écrits par les exploitants de cinémas art et essai en direction de leurs clients. Analysons. Voici ma réponse.
 
1) DES ENFANTS QUI S'AIMENT : Oh, vous savez, moi, la pédophilie, bof...
 
2) "...ce que nous avons de plus cher : les enfants" : Ça, je connais l'argument. Une vie d'enfant vaut plus que le reste, que la vie d'un homme de 40 ans par exemple. Ben NON ! Ce fantasme selon lequel une vie d'enfant vaut 10 (ou 100, ou 1000, je ne sais pas où en est le cours de l'enfant sur le marché) vies d'adulte, participe du même élan que les gens qui comptent les morts : un massacre qui fait 100 morts est aussi honteux qu'un massacre qui en fait 1000, pourtant, non ?
2-bis) Il y a quand même encore des gens qui, Dieu merci, n'ont pas d'enfants, de Safrane et de maison !
 
3) "Quand le cinéma sait être social..." : Ah bah oui, mais très souvent, il l'est, social, le cinoche. Malheureusement, en général, sont sociaux les films du genre LES ENFANTS QUI S'AIMENT (Quel titre ! Presque du roman Harlequin...), ou les films anglais de Ken Loach... Ben non les gars, le vrai social est ailleurs, comme dans les films de college par exemple (SLACKERS qui parle du marché de la viande et de l'intégration sociale), ou les films de certains réalisateurs (comme SEASON OF THE WITCH de Romero, sur la femme bourgeoise délaissée dans sa maison en plein essor de la société de consommation), MANDERLAY de Lars Von Trier, qui sort demain (sur la question de la communauté, et qui apporte sur le plan politique, une très belle réflexion sur les impasses de la démocratie), etc. Si faire du social, c'est dire "c'est con la misère" (beau scoop), ou "c'est pas juste les sans-papiers", alors je pense que ma petite cousine de 12 ans peut écrire et réaliser un film, et très social de surcroît !
 
Relire les critiques du patron de ce site sur BLACK / WHITE (sur les minorités victimes jadis d'ostracisme social et politique, et qui affrontent des décennies après les préjugés qu'ils ont dénoncés alors) ou A DIRTY SHAME (question des normes sexuelles, et de la tolérance de celles-ci) ou LE CRIME FARPAIT (traitant aussi du douloureux problème du "marché de la viande" (la discrimination beaux/moches), et d'ascension sociale, et du capitalisme dans la vie de couple). Ou bien, c'est le moment de revoir LE SOUS-SOL DE LA PEUR de Wes Craven, qui parle exactement des événements que la France vit en ce moment, à savoir les tensions sociales et les violences qu'elles engendrent. Tout ça, c'est social ! En conclusion, le cinéma ne sait jamais être social quand il prétend l'être, à quelques rares exceptions, et c'est, n'en déplaise à beaucoup, souvent dans le cinéma de genre qu'on a le plus de réflexions sur les questions sociales... Et les plus pertinentes en plus ! Les films qui se disent sociaux, dans 99% des cas, ne le sont jamais, pertinents (voir plus bas).
 
5) "Quand il sait être social, il mérite ses lettres de noblesses" : Ben les gars, faut arrêter de croire que le palmarès de Cannes est forcément la Panacée ! Ben non, désolé, le film irakien, très social, avec plein de "c'est con la maladie/la guerre/la mention inutile/la violence", qui a été primé la dernière fois, une fois de plus, est complètement nul !
RIEN ne justifie dans un film son caractère proprement "cinématographique",  je dis rien ne fait d'un film qu'il soit un "film de cinéma", rien ne fonde plus la "filmité filmique des films", si ce n'est cette unique mamelle : le MONTAGE ! Je vais faire simple pour nos amis... Couper son film, bouger et opposer tel son ou telle image, les modifier éventuellement, ça c'est faire du cinéma. Faire du bout à bout narratif, filmer des dialogues, ce que font toujours les films dits sociaux, ce n'est pas du cinéma, mais de la télé, ou je ne sais quoi... Disons que c'est de la Performance (au sens contemporain et plastique du terme) filmée sur un support audio et visuel !
 
Ceux qui essaient de mettre des fuckings messages (l'enfance  maltraitée, le massacre des bébés phoques, la pédophilie, les gorilles dans la brume, grosso modo tout ce qui touche les animaux, les enfants et les pauvres) dans leur film font du mauvais reportage télé, et font, au final, des films hollywoodiens qui n'ont rien à envier au dernier STAR WARS !
Ces gens-là font exactement la même chose que George Lucas ! Et encore, Lucas, il lui est arrivé de faire un peu de cinéma et un peu de mise en scène ! Tout ça, c'est pour gagner du flouze !
Non ? Pas d'accord ?  Mais alors, comment se fait-il que les films plus sociaux sont encore plus mal réalisés que les autres, et tout simplement toujours mal réalisés ???
LE CRIME FARPAIT, c'est bien réalisé !
Donc non, ce genre de film, c'est le viol du cinéma par le grand capital ! (comme dirait Straub !)
 
6) "...il mérite votre soutien" : Qu'est-ce que je disais ! CQFD !
 
Bravo les gars !
 
Et si on arrêtait de parler de cinéma social comme si c'était une réflexion en soi, et si on s'arrêtait de vendre ce "social" comme un argument publicitaire pour parler, enfin, de mise en scène, et pour voir des films de Cinématographe, comme disait l'autre ?
 
Mr Mort.
 
PS : Bizarre, ce cinéma art et essai passe l'ignoble RENCONTRES À ELIZABETHTOWN, mais pas A HISTORY OF VIOLENCE ou MANDERLAY...

Publié dans Cinémort

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Bernard RAPP 09/11/2005 22:39

Ca ne devrait pas.

jean-philippe 09/11/2005 21:02

à propos des enfants oui ça change quelque chose d'en avoir -
l'argument tel qu'annoncé dans l'article je n'en pense rien -
ce que j'ai dit sur la proscription immédiate a à voir avec l'expérience - salut !

Dr Devo 09/11/2005 20:51

Bon, jean-philippe relis mon com et tu verras que tu te trompes en ce qui concerne la signature des coms...

Je signalais bien au contraire que ces coms desagreables sont anonymes, et non pas le contraire comme tu sembles l'avoir compris.
de plus, il ne semble pas que j'ai dit avoir supprimé le dit com' à cause de sa signature, mais à cause du propos. Tu as donc compris de travers. ce qui n'est pas grave.

amicalement,

Dr Devo.

PS: savoir d'où on parle n'est pas un argument , à mes yeux et cela n'engage que moi. Es-tu vraiment sûr qu'aucun des gens qui ont repondu n'aient d'enfants. Et intranséquement est-ce que ça change quelque chose? Et l'argument tel qu'il était annoncé dans l'article, quen penser?

jean-philippe 09/11/2005 20:38

docteur, quand vous faites allusion à une femme de 31 ans, vous parlez de vous ?

jean-philippe 09/11/2005 20:36

mouais...l'idée selon laquelle la vie d'un vieux vaut celle d'un jeune est vraie dans l'absolu, mais fausse en réalité - visiblement aucun de vous n'est parent, ni n'a vu la mort de près - enfin bref - on s'en fout de toutes façons - je signerai bien ce com mais je ne peux pas sous peine de proscription immédiate - salut et bonne continuation -