SISTERS, de Douglas Buck (USA-2006) : Clinique Ta Mère !

Publié le par Dr Devo

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[Photo :"Erotica Domestica" par Dr Devo, d'après une photo du groupe Country Sisters]

 

 

Chers Focaliens,

Les 'ricains, y'a pas à dire, pour le show bizness, ils sont très forts, ils débarquent avec la grosse artillerie, ils rasent tout, et puis ils reconstruisent en maousse, ça impressionne ! C'est leur truc, le ‘plus grand que nature’, le tractopelle et les sunlights. Faut que ça pète, faut que ça brille de mille feux ensuite, en technicolor et avec une musique dans le pur style Broadway qui hurle en 5.1 ! Et il faut reconnaître que pour le meilleur et pour le pire, ben ça, ils savent faire !
Alors, voilà des choses qui donnent du très beau et du très populaire, ou des produits de grande consommation dont certains sont bons, et la plupart bourratifs ou sans intérêt, et voilà qui donne aussi l'occasion à des petits malins de jouer avec le système, le contourner ou encore de se marginaliser face au système justement en produisant des choses plus atypiques. Car ça aussi, les américains savent le faire : développer la marge.
Alors, ils nous donnent de belles choses de temps en temps, des choses banales souvent et certaines fois, il faut bien le dire, on a quand même du mal à suivre. Alors que cette semaine débarque l'ignoble HAIRSPRAY d’Adam Shankman, chorégraphe et réalisateur de comédie de baby-sitting avec Vin Diesel, adaptation non pas du film original et splendide de John Waters mais de la comédie musicale de Broadway (ignoblissime) tirée du film de Waters, nuance de taille, voici que cette semaine je pus voir SISTERS, le remake du superbe film éponyme de Brian DePalma.
 
En voilà une étrange idée ! Si SŒURS DE SANG est assez différemment apprécié par le Depalmophile hardcore (je remarque que les moins de 30 ans n'accrochent pas vraiment et que les autres vénèrent, en général !), il faut bien dire que l'original du cinéaste américain iconoclaste est un de ses films les plus tordus, ou plutôt, pour être précis, des plus incongrus qui soient. Outre le fait que le film annonce avec force et une puissance étonnante les thèmes et les systèmes de mise en scène que DePalma développera par la suite dans ses films, ce qui caractérise SŒURS DE SANG, thriller foufou, angoissant et haletant, c'est ce sens de l'Incongru, avec un grand "i", ce sentiment que rien ne se déroule comme dans un film "normal" et que le réalisateur barbu peut nous emmener dans les contrées les plus inexplorées et surprenantes en deux coups de cuillère à pot, et avec une facilité déconcertante, au moins aussi déconcertante que les invraisemblables loufoqueries d'une mise en scène sublime mais fofolle. Mise en scène qui, si elle développe un étrange sens de l'humour, absolument constant ou presque, nous fait également sacrément peur, et nous ferait presque pleurer. Ceux qui ne l'ont pas vu peuvent se dire que SŒURS DE SANG est un film qui ne ressemble absolument à aucun autre, un film qui est un modèle unique et une expérience de cinéma très marquante, voire hallucinante ! Vous n'en reviendrez pas ! Ayons une pensée émue d'ailleurs pour les deux actrices principales Jennifer Salt et l'immense Margot Kidder qui propulsaient alors dans les contrées du sublimissime cosmique un film qui déjà sans elles serait une splendeur absolue. On me permettra de ne pas en dire plus pour ne rien gâcher pour vous, chère lectrice, qui n'a peut-être pas encore vu le film...
 
Les USA sont un peu perdus malgré tout et depuis quelques années, les franchises se vendent comme des petits pains, et également les remakes qu'on adapte à toutes les sauces, ou qu'on fait semblant d'adapter, pas toujours maladroitement d'ailleurs, comme la reprise du concept MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE récemment, films qui n'ont plus rien à voir avec les originaux bien sûr (et malheureusement) mais qui sont quand même des petits machins gentiment troussés. En ce moment, la grande tendance c'est d'aller fouiller dans le cinéma de genre des années 70 : L'ARMÉE DES MORTS comme faux-remake plutôt réussi mais très éloigné du ZOMBIE de Romero, LA COLLINE A DES YEUX, FOG (remake désastreux), ASSAUT (plutôt pas mal paraît-il), WICKER MAN (remake du très beau film assez méconnu en France de Robin Hardy)  et bientôt LE JOUR DES MORTS-VIVANTS, n'en jetez plus la cour est pleine. C'est donc assez logique que, dans cette perspective, les exécutives hollywoodiens se jette sur l'œuvre de DePalma. Mais quand j'appris qu'on réalisait un remake de SŒURS DE SANG, j'avoue que là, j'étais scotché... Quelle idée ! Pourquoi adapter un film aussi foufou et aussi bizarre ? Je comprendrais qu'on fasse un remake de PULSIONS ou de PHANTOM OF THE PARADISE, mais là, copier le film frappadingue de cette époque-là de DePalma, voilà un projet qui sent bizarre, et quand on a vu l'original, on voit mal comment ils vont s'y prendre, les petits gars ! SŒURS DE SANG est tellement éloigné des canons actuels (et même de l'époque) et si peu adapté pour créer les atmosphères horrifiques à la mode dans le genre des projets actuels de remake, qu'on se dit que le résultat sera sans aucun doute une catastrophe astrale du plus bel acabit !
 
Dylan (William B. Davis) est docteur, et c'est dans l'institution pour enfants psychologiquement perturbés du Docteur Lacan (si si, je vous assure, et joué par Stephen Rea !) qu'il rencontre l'étrange Angélique, une jeune femme ténébreuse qui n'est autre que l'ex-compagne du Dr Lacan, qui semble d'ailleurs d'une rare possessivité avec elle. Les deux ex-époux ont une altercation à laquelle assiste Dylan et celui-ci se voit proposer par Angélique de la ramener chez elle, en ville, loin de l'institution. Une fois devant son immeuble, Angélique propose un dernier verre à Dylan, qui accepte. Grace Collier (Chloé Sevigny), jeune journaliste tenace qui enquête sur les étranges et mystérieuses méthodes du Dr Lacan dont elle soupçonne qu'elles sont ignobles et contraires à la loi, suit le couple jusqu'à l'appartement d'Angélique et fait le guet toute la nuit. Car Dylan et Angélique vont coucher ensemble dans l'appartement de cette dernière, et ce malgré la présence d’Annabelle, la sœur jumelle d'Angélique, fort malade. La nuit se passe à peu près bien, mais le réveil est plus musclé. Dylan se fait surprendre par Annabelle qui l'assassine derechef, sous les yeux impuissants de Grace la journaliste, qu'un concours de circonstance a amenée dans un appartement de l'autre côté de la rue ! Elle assiste médusée au meurtre ! Une spirale malsaine et folle s'enclenche alors, et bien des certitudes vont être balayées...
 
Il faut bien le dire, on est assez surpris par l'entame du film de  Douglas Buck, réalisateur de FAMILY PORTRAIT, sorti dans l'indifférence générale il y a peu, et ancien scénariste pour la firme TROMA (boîte de production qui, pour ceux qui ne connaissent pas, est aussi une sorte d'école de cinéma in vivo et gratuite, où on ne fait quasiment que du cinéma fantastique très B et même souvent carrément Z, généralement très drôle). En effet, si le décorum de la fête des enfants malades nous place un peu facilement dans la symbolique enfantine (défaut qui émaillera le film ici et là), on est surpris, dis-je, par le découpage de la séquence qui se présente comme un ensemble assez ludique et assez précis, bien qu'avec de petites maladresses, de champs et contrechamps qui s'interpénètrent puis se déplacent, aidés en cela par un cadrage un peu recherché. C'est déjà pas mal. La séquence étant très sonorisée mais dans une ambiance calme voire mortifère. On est surpris de ce ton d'entrée de jeu, d'autant plus que la dite séquence, très éloignée de la loufoquerie "hénaurme" de l'ouverture depalmienne, essaie, non sans charme, d'instaurer un climat décalé morbide et un peu foufou. En bref, cette séquence d'ouverture est calme, avec un son pas courant pour un film qui se veut populaire, et un vrai découpage ! Bref, il y a de l'idée, et voilà qui dégage sa petite atmosphère.
En fait, cette séquence donne bien le ton du film. Et aussi bien dans ses gros défauts que dans ses qualités... C'est pas souvent le cas, mais j'ai vu le film dans une copie absolument superbe (la copie de présentation pour Gérardmer, m'a dit le projectionniste !) et il faut reconnaître un effort certain sur la photo aux tons sombres et changeants, ainsi que sur l'étalonnage. Si le cadre de cette première séquence est organisé, ce qui sera moins le cas par la suite, on note que Douglas Buck est, comme 98,56% de ses contemporains, un adepte du plan rapproché qu'il met à toutes les sauces ! C'est vraiment dommage et c'est le défaut principal du film qui rendra bien des plans complètement banals et sans saveur (cf. la première altercation en caméra subjective entre Stephen Rea et Lou Doillon) oui qui enlaidira beaucoup certaines bonnes idées de mise en scène. Je pense notamment à cette scène ou Chloé Sevigny entre de nuit en loucedé dans l'Institution, et où le contrechamp montre des enfants en train de se battre (belle idée, violente et douce). Les contrechamps sur les enfants sont serrés et très indigents, alors que le champ sur Sevigny est un des rares plans moyens du film, absolument superbe ! Car le chef-opérateur du film, John  Campbell (photographe doué mais méconnu des premiers Gus Van Sant et aussi d'un beau film inédit en France que je profite de citer ici : REACH THE ROCK de William Ryan) est très loin d'être un manchot. Et SŒURS DE SANG, malgré son budget modeste, lui doit beaucoup, car cette photo plus poussée que la moyenne donne une vraie impression de luxe à l'ensemble. Dommage donc que cette maudite échelle de plans soit si réduite ! D'autant plus que bien souvent, Douglas Buck essaie vraiment de faire des choses qui dépassent la moyenne du film fantastique de série ! Ainsi, on peut noter les arrivées des personnages dans les différentes pièces du film, en général superbement cadrées, ou encore ces petits jeux de micro-travelling lors des déplacements en appartement, très bien relayés par un montage soigné (au moins pendant ces travellings, et malheureusement plus banals ensuite) qui montrent que Buck veut soigner tous les postes et surtout qu'il fait de la mise en scène et pas seulement de l'illustration ! C’est un point assez remarquable pour un film populaire, et voilà qui tire la chose vers le haut. Je note également un son qui, s’il appuie souvent beaucoup les effets même s'il essaie de rester discret, est aussi, ô paradoxe, souvent réussi, voire franchement soigné. Écoutez bien les jeux d'ambiances et de grain dans le calme de la première nuit dans l'appartement d’Angélique : c'est vraiment très très beau, et ça met une belle ambiance très calme à l'ensemble du film. Résumons : des cadrages assez indigents ou banals parfois, mais un soin de la photo certain, un son trop ostentatoire mais plus réussi avec souvent un vrai travail de montage (les sonneries de téléphones dans la dernière partie) qui en fait un bel atout du film et développe une identité agréable, quelques idées de mise en scène, et une volonté générale de livrer un métrage dont le travail esthétique sera largement au-dessus de la moyenne. Ce soin réel et passionné, même s'il rate souvent sa cible, prouve la volonté artistique de Buck, son envie de faire vraiment du cinéma, et permet au film d'acquérir une ambiance qui fait son petit effet. On est effectivement surpris de voir que le remake du film de DePalma soit si calme et si pesant. Ça marche donc pas mal. Malheureusement, cette belle direction artistique frôle tout le temps une certaine convenance, c'est un vrai paradoxe, et trop de plans encore sont banals même si soignés.
Le film globalement, donc, ne décolle pas vraiment et fait un peu l'effet d'une douche mal réglée. L'eau est souvent trop tiède pour qu'on apprécie complètement la chaleur artistique du métrage par ailleurs. SISTERS est donc curieusement bancal. On pourra reprocher d'abord au montage global de ne rien faire saillir vraiment, et d'avoir du mal (c'est difficile aussi, il faut le reconnaître, dans l'ambiance feutrée du film, c'est un défi même !) à trouver un vrai rythme qui fasse oublier l'enchaînement purement scénaristique. C’est sur ce poste, après les cadrages que Buck devra soigner les choses à l'avenir.
L'autre gros problème, c'est simplement le projet, éminemment casse-gueule ! Buck veut adapter le film de DePalma, mais sans en faire un truc fun à la mode, ce que je craignais et qui aurait abouti à une horreur ! Pas de kitsch donc, mais une ambiance plus classieuse. On perd dans le même temps l'aspect vertigineux de l'original et sa loufoquerie intrinsèque pour ne garder que quelques morceaux incongrus, ce qui, vous me direz et vous n'aurez pas tort, n’est déjà pas si mal pour un film de série américain. Par contre, cette adaptation a aussi ses revers, presque structurels serais-je tenté de dire. En réadaptant le film original, Buck tente aussi de remettre l'histoire sur la piste d'un thriller fantastique plus balisé, plus conventionnel forcément que le film de DePalma qui, disons le encore une fois, était totalement incongru, et même carrément foldingue ! Et là, sur ce point précis je veux dire, c'est un peu le mariage de la carpe et du lapin, d'autant plus que DePalma, comme tous les très grands cinéastes, n'écrit pas seulement dans le scénario, et  sa narration se développe et s'enrichit dans la mise en scène brute ! Ici, nous sommes donc en présence d'un film qui cherche plus le conventionnel, mène le spectateur un peu par la main, en ce se sens qu'il ne cherche pas à le perdre totalement, ce qui est sans doute une erreur stratégique. Dans les séquences plus folles de la fin depalmesque dont Buck a beaucoup de mal à s'affranchir (notamment dans le jeu de poupées russes et de narrations enchâssées que sont les séquences oniriques finales qui sont ici reprises sur le plan scénaristique de manière fidèle, et qui broient en mille morceaux le travail de Buck qui se retrouve du coup esclave de DePalma), si Buck déploie un certain sens du grotesque propre au rêve, on est bien loin de la puissance qu'on pouvait attendre. Moitié fou, moitié classique dans son ambition narratrice, le film de Buck tourne donc à l'imbroglio artistique, et peine à trouver les chemins de l'originalité et de l'indépendance, ce qui se voit beaucoup dans la séquence finale bien entendu où DePalma avait lâché les chiens comme rarement dans sa carrière ! Là où la mise en scène faisait des efforts, même si curieusement elle est aussi remplie de choses conventionnelles (cf. l'échelle de plans dont je parlais tout à l'heure), sur le plan du scénario par contre, c'est aussi bancal mais beaucoup plus douloureux pour Buck qui accouche d'un film certes bizarre (un peu) mais surtout fabuleusement de guingois. L'échappatoire aurait pu être un montage global nerveux et personnel, mais on en est assez loin encore, comme si Buck n'osait pas vraiment pousser sa mise en scène complètement et préférait "assurer" le côté "thriller fantastique soigné" de son film. Ceci rend le choix de ce remake particulièrement délicat, car il y a un côté "je vais vaillamment au casse-pipe" un peu étonnant dans cette démarche artistique qui essaie de ménager la chèvre et le chou !
Côté casting, il faut faire quelques remarques également. Si globalement on pouvait craindre un grand numéro de Madame Foldingue de la part de Lou Doillon, on est plutôt agréablement surpris par la relative sobriété de son travail, et même une certaine froideur ce qui est loin d'être un mauvais calcul. En tout cas, on n'est pas du tout dans la tentative de reproduction de l'incroyable performance originale de Margot Kidder, ce qui était effectivement la chose à faire. [Une parenthèse ici : j'entendais Doillon parler de ses influences d'actrice l'autre jour, et ce n'est pas mal du tout : on est plus proche de Toni Collette ou de Tilda Swinton qu'autre chose, fait rare pour une jeune actrice, française de surcroît ; c'est tout à son honneur). William Davis, plus fadasse, me semble tirer le film vers son caractère neurasthénique ; c'est un drôle de choix que je ne comprends pas vraiment. Plus grave à mon sens est celui de Stephen Rea, pas mauvais acteur jadis d'ailleurs, mais qui retrouve ici un rôle qu'il a incarné trois mille fois, ce qui une vraie erreur stratégique. C’est beaucoup trop attendu et  trop largement  peu surprenant. L'acteur a bien du mal d'ailleurs à rendre vivant et sensuel son jeu (à l'exception peut-être d'un dialogue ou deux dans la scène onirique où il débite ses phrases sur un ton presque blanc, ce qui amène un décalage intéressant). Tout le contraire de Chloé Sevigny, absolument écrasante malgré un rôle bougrement balisé. Elle est d'un précision extrême et pousse même avec finesse les caractérisations assez loin, jouant avec les frontières du travail ostentatoire ce qui, pour le coup, amène un vent de décalage et de folie diffuse tout à fait ludique. Elle ballade dynamisme et tristesse avec une belle force et lance peu de missiles mais d'une manière chirurgicale. Elle entrouvre la porte sur ce qu'aurait pu être le film. Dommage qu'on la voit si peu au cinéma. Espérons qu'on lui redonne bientôt des premiers rôles. Lou Doillon doit sûrement la compter parmi ses modèles et c'est bien normal. Sevigny montre qu'elle est vraiment du niveau des actrices citées plus haut.
Douglas Buck n'est donc pas un tâcheron, et on sent chez lui, et on le voit même ici et là, une volonté de soigner la copie et de sortir du lot, notamment grâce à la photo et au son, atout majeur de ce SISTERS. Par contre, on comprend mal que quelqu'un qui veuille faire avec autant de sérieux de la mise  en scène se lance dans un projet aussi casse-gueule et qui justement essaie de trop baliser le sentier. Il y a là une contradiction assez énorme. Par contre, on ressent une certaine sincérité, même si elle ne suffit pas à en faire un film rigoureux et original, ou tout bêtement, réussi. Cette version est donc à mille lieues de celle de DePalma, sans aucun doute. Et Buck devrait, avec un projet plus personnel et plus décomplexé, montrer qu'il a quelque chose à faire de beau, comme semble le suggérer, bien timidement, certaines qualités de son film. L'ensemble est désarmant : on est à mille lieues de l'original, mais encore trop proche, on est bien au-dessus de la qualité des films américains du moment, on est en présence de quelqu'un qui se pose de bonnes questions souvent, on sent l'envie de faire décoller le medium et le respect de faire du travail luxueux et soigné en travaillant les bases, mais, en même temps, c'est encore mille fois trop timide, et beaucoup trop balisé pour que quelque chose de scotchant en sorte. Ce SISTERS est donc un objet à l'ambiance particulière, presque anti-hollywoodienne souvent, ce qui est assez rare pour être dit. Le ton silencieux et étrange du film (son générique de fin presque mutique par exemple) surprend, mais Buck se  prend les pieds dans le tapis un peu chargé du projet et rate souvent les fondamentaux qu'il utilise dans sa mise en scène, alors que dans le même film, il réussit grâce à ses mêmes fondamentaux à faire des choses assez belles ! Allez comprendre ! Il faut espérer que Buck, en fait, se mette à des projets plus personnels qui permettront d'exprimer et de faire mûrir les quelques qualités (vraiment bienvenues et je pense sincères) qu'il montre ici par instants souvent trop courts. SISTERS risque en tout cas de prendre à peu près tout le monde à contre-pied, pour le meilleur et pour le pire, en quelque sorte. A suivre.

Le film sort en France le 7 novembre prochain.
 
Fabuleusement Vôtre,

Dr Devo.
 
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Publié dans Corpus Filmi

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Dr Devo 27/09/2007 11:06

En fait, j'ai vu le film à la fin de l'été en avant-première dans ma ville! On était 12 pelés d'ailleurs, ce qui est assez dommage car la copie était sublimissime, chose rare...Je me suis rensigné et apparement, Viera, tu as raison, le film va être au mieux reporté à 2008, et il se dit même en coulisse que le film ne sortirait pas en France dans les salles... A suivre donc! Dr Devo

vierasouto 22/09/2007 02:18

En lisant cet article, je ne reconnais pas l'auteur du "Family portraits" que j'ai vu l'année dernière et qui, s'il annonçait un vrai cinéaste, était tout le contraire d'un film sage, à tous points de vue, et je passe sur l'insoutenable de la première demi-heure... Je ne sais comment vous avez vu cette copie mais justement hier (tout à fait par hasard) je demandais la date de sortie au distributeur qui a répondu vers la mi- 2008, enfin, on verra mais je suis quand même intéressée! @+ PS. Et puis, ça me donne envie de revoir l'original à la lueur de cette analyse!!!

Norman Bates 27/08/2007 15:09

Je vais vous contredire docteur, j'ai moins de 30 ans et Sisters est mon Depalma préféré !