(Photo : "Ideal Rapport" par Dr Devo, d'après le thème astral de Herbert Léonard !)

Chers Focaliens,
Il n'y a pas que le sexe dans la vie, il y a aussi le désir ! Et avec un titre d'article comme ça, si Télérama ne m'engage pas, je ne comprends plus rien !
Il y a quelques temps, presque un mois et demi en fait, le blogmeistre Pierrot lançait une vaste enquête sur le cinéma et l'érotisme. Il s'agissait de convoquer d'autres blogs amis et de leur demander de faire une liste des dix films les plus érotiques au monde ! Rien que ça. Evidemment, Pierrot, qui n'est pas né de la dernière pluie, a précisé que la notion d'érotisme posait problème, et donc, dans une sagesse extrême, il nous a incités à prendre le terme dans son acception la plus large, afin de délivrer des palmarès plus riches et surtout plus subjectifs que ce qu'auraient pu être des classements ne prenant en compte que des films érotiques ou pornographiques stricto sensu.
L'équipe de Matière Focale, toujours dévouée, s'est donc penchée sur ce gros problème. [Pour des raisons techniques, Tournevis n'a pas pu me faire parvenir son palmarès, mais je le publierai ultérieurement et je vous tiendrai au courant !]
Voici donc mon palmarès, ainsi que celui du Marquis, de Bernard RAPP et de Mr Mort (attention, ça décape !). Il est évident qu'en matière d'érotisme cinématographique, les opinions et les goûts divergent, et pas qu'un peu. Cependant, je constate un point commun entre nous tous. Le cinéma pornographique ne nous plaît pas, ni de près ni de loin. Et tous, nous avons une conception plus qu'étendue de la notion. Après en avoir discuté entre nous par téléphone, nous nous sommes également rendus compte qu'il suffisait de peu pour qu'un film entre dans le classement et que, certaines fois, nous avions choisi tel ou tel film, effectivement réputé érotique, pour des raisons autres que leur réputation, comme l'explique très bien par exemple le Marquis à propos de HELLRAISER. Enfin, nous avons tous trouvé qu'une telle liste était bien difficile à établir !
Sans plus attendre, voici les résultats par ordre alphabétique. [Nous avions la possibilité de commenter notre liste, mais tout le monde ne l'a pas fait. Les commentaires au sein de chaque liste ne sont pas de moi mais du collaborateur en question, sauf si indiqué.]
Dr Devo.
 
 
LA LISTE DE BERNARD RAPP
[Note du Dr : notre ami Bernard avoue n'avoir pas à rougir de sa liste, mais il la propose, je cite, "sans conviction" !]
Voici sa liste :
MATADOR, de Pedro Almodovar (Espagne-1985)
BOUND, d’Andy et Larry Wachowski (USA-1996)
LES JOURS ET LES NUITS DE CHINA BLUE, de Ken Russell (UK/USA-1984)
TIERRA, de Julio Medem (Espagne-1996)
AN ARIA ON GAZE (THE BEDROOM), film inédit de Hisayasu Sato (Japon-1992)
LES VIES DE LOULOU, de Bigas Lunas (Espagne-1990)
BODY DOUBLE, de Brian De Palma (USA-1984)
POSSESSION, d’Andrezj Zulawski (Pologne-1981)
SOCIETY, de Brian Yuzna (USA-1989)
 
LA LISTE DU DR DEVO (liste par ordre d'importance décroissante)
 
LES JOURS ET LES NUITS DE CHINA BLUE, de Ken Russell (UK/USA-1984) :
Très grand film d'un énorme réalisateur, sans doute celui dont je me sens le plus proche. Une réflexion iconoclaste sur les fantasmes, un portrait dur et triste, ce qui n'exclue pas une certaine tendresse. Film très vaste sur le sujet, et qui n'est pas érotique de la manière dont on pense forcément. Beaucoup d'abstraction également, ce qui compte pour ces choses-là.
CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR (La série, et surtout pas le film !) : Ben oui. Parce que cette série, même si elle passe à la télé, c'est du cinéma. Et puis parce qu'elle repose sur le fait qu'on ne peut pas être sûr que Steed soit (ou ne soit pas !) l'amant d’Emma Peel ou de Tara King. La séduction à son top, la classe à son zénith, CHAPEAU MELON… est forcément érotique. L'homme parfait a existé, Mesdames, et il s'appelait John Steed. Ces gens sont parfaits. Note : il m'a toujours semblé imbécile de dire qu’Emma Peel était la meilleure compagne de Steed, et qu'elle incarne le meilleur de la série. Tara King et Purdey sont différentes bien sûr, mais sont complètement irrésistibles. Sur ce plan là, ou sur le plan cinématographique en général, la série, contrairement à la légende (qui est extrêmement répandue même chez les fans !) de cet âge d'or peelien, me paraît d'un niveau aussi constant. Si, Mesdames, vous n'avez jamais vu un épisode en VO, vous ne savez pas ce qu'est la séduction, la classe et la sensualité !
L'ECUREUIL ROUGE, de Julio Medem (Espagne-1993) : Le Marquis a raison (voir ci-dessous), l’œuvre de Medem est extrêmement sensuelle, mais là en plus, comme dans TIERRA d'ailleurs, on retrouve Emma Suarez, immense actrice, peut-être une des deux ou trois meilleurs actrices vivantes, et femme sublimissime. Beau film d'amour qui plus est.
SOCIETY, de Brian Yuzna (USA-1989) : Un brûlot ! Joué entièrement avec des acteurs de soap-opéras auquel Yuzna a caché la véritable teneur du film (en tronquant les scènes finales de parties fines monstrueuses, conçues par le génial maquilleur Screaming Mad George, un japonais travesti (!) qui s'est beaucoup inspiré de Dali notamment). Un film drôle, anxiogène, d'une cruauté invraisemblable, et qui joue sur nos peurs les plus enfouies. Socialement, c'est une bombe ! On trouve ça pour deux ou trois euros en DVD, précipitez-vous. Grand film.
 
THE WASHING MACHINE, de Ruggero Deodato (Italie-Hongrie - 1993) : Se reporter à l'article en cliquant sur le titre.
GLISSEMENTS PROGRESSIFS DU PLAISIR, d'Alain Robbe-Grillet (France-1974) : Parce que ces choses-là marchent aussi avec le cerveau.
UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS, de Jess Franco (Espagne-1973) : Ah, voilà un réalisateur qui a fait aussi du porno. Dans ce film, l'héroïne n'est non seulement pas vierge, mais en plus, il n'y a aucun zombie ! Reste que j'ai choisi ce film bizarre (où tous les plans commencent et se terminent par un zoom ! Vous êtes prévenus), car j'aime cet érotisme 1er degré et presque prude, un peu à la mode M6 (dont les porno-softs italiens seront toujours plus beaux que n'importe lequel des films pornos), un sentiment désuet d'érotisme dont on s'aperçoit avec surprise qu'il est bel et bien efficace, et qu'il est toujours lié à une dose, même infime, d'onirisme.
HOLY SMOKE, de Jane Campion (Nouvelle-Zélande - 1998) : Beau sujet, beau film d'amour, superbe film sur la Société contre l'Individu (comme SOCIETY, tiens !), et film très charnel, notamment grâce à Kate Winslet, qu'il aurait été difficile d'oublier dans cette liste. Harvey Keitel arrive en contre-point et fait bizarrement remonter la sensualité du film encore plus haut. Un érotisme du quotidien en quelque sorte.
RUSHMORE, de Wes Anderson (USA-1998) : Voilà un film absolument pas érotique. Mais Wes Anderson réussit l'exploit de rendre son actrice Olivia Williams (très belle femme, mais ça n'explique pas tout), absolument irrésistible. Son cerveau semble directement connecté à son corps, et on a envie de pleurer tout le temps en la voyant. Elle semble idéale. Je retiens le film pour un plan (quand Jason Schwartzman l'observe dans sa salle de classe), et aussi pour la petite scène des "carottes", où Bill Murray vient sonner chez elle pour lui proposer de se balader. Ils ne s'embrassent pas, ils ne se touchent pas, et on sent le désir d'une façon incroyable : ces deux-là ont envie de se prendre dans les bras l'un de l'autre, ils ont envie de faire l'amour comme jamais. Très grande scène (et deux acteurs sublimes, ça aide !). Le meilleur moment de l'amour n'est pas, contrairement à la légende, quand on monte l'escalier, mais encore avant, quand on mange des petites carottes ! Qu'on se le dise !
LA SECRETAIRE, de Steven Shainberg (USA-2002) : Film avec un sujet érotique effectivement, mais qui l'est moins qu'on pourrait le penser. Par contre, il y a un champ / contrechamp d'anthologie, et ce grâce aux acteurs. Maggie Gyllenhaal, dehors sous la pluie, regarde James Spader (incroyablement sensuel dans ce film) qui est dans son salon, où il vient de faire du vélo d'appartement. Il dégouline de sueur, et elle de pluie. Ils viennent de courir et se regardent. Dans ce champ / contrechamp, j'ai rarement eu une impression que deux acteurs pouvaient être si "évidemment" physiques. On croit ressentir la chaleur de la sueur et la fraîcheur de la pluie directement sur notre peau, et tous deux expriment parfaitement leur état physique. C'est bouleversant. Film très tendre sinon, en général.
 
LA LISTE DU MARQUIS
 
Hem. Les 10 films les plus érotiques du cinéma : en quantité ? En nombre de pénétrations ? De partenaires ? Comme j'ai toujours oublié de compter, ça ne va pas être de la tarte.
L'ANGE DE LA VENGEANCE, d'Abel Ferrara (USA-1981), qui formerait un beau duo avec L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL de Dario Argento – l'érotisation de l'arme. Mémorable séquence montrant l'actrice Zoe Tamerlis déguisée en nonne devant son miroir, embrassant chacune des balles qu'elle glisse dans son revolver.
BELLE DE JOUR, de Luis Buñuel (Espagne/France-1966) – qu'y a-t-il dans la boîte du chinois...
BLUE VELVET, de David Lynch (USA-1986).
 
LA FELINE, de Jacques Tourneur (USA-1942), même si son remake est plus explicite. C'est souvent dans le cinéma fantastique le moins démonstratif que me reviennent des séquences puissamment érotiques - je pourrais également citer LE CAUCHEMAR DE DRACULA (UK-1958) de Terence Fisher pour la scène montrant Lucy seule dans sa chambre, attendant fiévreusement la visite du comte D.
 
FRISSONS, de David Cronenberg (Canada-1974).
GLISSEMENTS PROGRESSIFS DU PLAISIR, d'Alain Robbe-Grillet (France-1974).
HELLRAISER, de Clive Barker (UK-1988), pas forcément pour ses thèmes sadomasochistes (auxquels on a trop tendance à vouloir le réduire), mais surtout pour le personnage de Julia – jusqu'où peut-on aller trop loin ?
LES JOURS ET LES NUITS DE CHINA BLUE, de Ken Russell (UK-1984).
 
LUCIA Y EL SEXO, de Julio Medem (Espagne-2001), pour ne citer qu'un des très beaux films du cinéaste, tous très sensuels.
SOCIETY, de Brian Yuzna (USA-1989) : l'érotisme, ce n'est pas que dans la tête, c'est aussi dans le corps, et on le voit encore mieux quand on retourne ce corps comme un gant.
Zut ! Plus de place pour parler du LAGON BLEU ! Dix, c'est trop court (pourvu qu'elles soient douze !).
 
LA LISTE DE Mr MORT
BABY OF MACON, de Peter Greenaway (UK-1993) : sans commentaire. Allez voir le film et revenez mettre un commentaire ! Héhé !
LUCIE AUBRAC, de Claude Berri (France-1996) : rien que d'y repenser, j’en ai des frissons dans le dos !
PERE, FILS, d’Alexandre Sokourov (Russie-2003) : érotisme diffus et ambigu, mais rien à faire, c'est là !
PERE ET FILS, de Michel Boujenah (France-2002) : même raison ! Et puis Berling et Noiret, c'est le top de l'érotisme, non ?
LES CHORISTES, de Christophe Barratier (France-2003) : pour les lettres d'insultes, écrire à Dr Devo qui transmettra.
LE JOUR ET LA NUIT, de Bernard-Henry Lévy (France-1996) : grand film majeur, et surtout sublime cambrure indépassable d’Arielle Dombasle !
UN PETIT CAS DE CONSCIENCE, de Marie-Claude Treihlou (France-2002) : le cervelet en connexion directe avec tout le corps, et avec la société ! Indispensable ! Superbe voix qui plus est. Oubliez Ava Gardner.
MONEY FOR NOTHING (clip de Dire Straits) : c'est l'évidence.
STAR TREK : FIRST CONTACT, de Jonathan Frakes (USA-1996), ex aequo avec LES YEUX NE VEULENT PAS DE TOUT TEMPS SE FERMER OU PEUT-ÊTRE QU'UN JOUR ROME SE PERMETTRA DE CHOISIR  À SON TOUR (OTHON) de Jean-Marie Straub et Danielle Huillet (France-1969) : durs à départager. Une question d'exigence, probablement. Superbe titre (3 en 1 quand même !) en ce qui concerne le Straub !
LES NUITS FAUVES, de Cyril Collard (France-1992), ex aequo avec T'AIME de Patrick Sébastien (France-1999) : parce que j'en ai marre qu'on critique ce film de Sébastien, qui est aussi beau, exactement, que l'autre. Et puis la Romane, c'est quand même autre chose que Diana Rigg ! Tiens, j'ai même pas mis un film récent avec Jeanne Moreau !
 
 
Et bien, voilà. It was the results of the jury of Focal Matter.
 
Dr Devo.
 
PS : Réactions bienvenues dans les commentaires. Je vous en prie !
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 00:00

Publié dans : Ethicus Universalis
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