THE VERY BLACK SHOW, de Spike Lee (USA-2000) : la vérité sort de la bouche des designers

Publié le par Dr Devo

(Photo : "Ministrelle Amer" par Dr Devo)

Chers Focaliens,
 
C'est le hasard qui a voulu la chose, mais ces derniers mois, on a beaucoup parlé dans ces pages des questions liées aux communautés ethniques, et notamment à la communauté noire américaine. D'abord avec le très sympathique et fort bien vu BLACK / WHITE, puis de biais avec nos deux articles sur MANDERLAY. En fait, non, MANDERLAY parlait de la démocratie, et aussi de la communauté, mais pas seulement de la communauté noire. Le sujet était assez universel et iconoclaste pour atteindre une portée plus vaste.
 
Toujours est-il qu’il fut bougrement intéressant de voir dans ce contexte THE VERY BLACK SHOW de Spike Lee. Drôle de gars, quand même. Je redécouvre, depuis un an, ses œuvres. J'avais arrêté d'aller voir ses films avec le beau CLOCKERS, sans doute influencé par des rumeurs désastreuses concernant les films suivants, puis me fiant, grave erreur, ô grave erreur, à l'inclination de la critique. Et puis, les sujets de certains de ses films, comme GET ON THE BUS, décrié par tous (mais il paraît que ce n'est pas si mal que ça, j'aimerais beaucoup vérifier) me semblaient clairement politiques dans le sens bébête du terme. Grave erreur en tout cas, que je rattrape joyeusement. Je vis 24 HEURES AVANT LA NUIT, très joli film qui me poussa ensuite à organiser des séances DVD pour refaire mon retard. Notamment à travers HE GOT GAME (sympathique sans plus), et surtout SUMMER OF SAM, superbe film. [On évitera par contre son dernier film, SHE HATE ME, pas vraiment intéressant.] Et donc, voilà THE VERY BLACK SHOW qui déboule comme un chien dans un jeu de quilles.
 
Damon Wayans travaille pour une chaîne câblée en tant que développeur et scénariste, ce qui est très rare pour un noir. Les audiences baissent, et le responsable des programmes, Michael Rapaport, un blanc comme le reste de l'équipe de développeurs, met sur ses collaborateurs une certaine pression, car il est urgent de remonter la pente. Rapaport, père de deux enfants métis, et se considérant comme membre de la communauté noire (!?), prend Wayans à part. Il lui explique que si un seul dans l'équipe est capable de faire preuve d'originalité, c'est bien lui. Cette "preuve de confiance", Wayans sait qu'elle résonne comme un quitte ou double. Ce qui n'est pas forcément pour le déranger. Ecœuré d'être un des seuls scénaristes noirs de la télé, sentant bien que sa chaîne ne produit que des horreurs, il ne peut néanmoins quitter son travail. Une clause de son contrat l'empêche de démissionner. Il peut, par contre, se faire virer...
Wayans et son assistante (Jada Pinkett Smith, curieusement très bonne dans ce film), ont une idée : engager Savion Glover, danseur de rue et génie des claquettes, ainsi que son compagnon de galère Tommy Davidson. Les deux ont du talent, c'est certain. Mais Wayans va pousser le bouchon plus loin. Il veut mettre en scène un sitcom enregistré en public, uniquement joué par des noirs comme dans les années 30 et suivantes : grimés au cirage, lèvres énormes surlignées au rouge à lèvre le plus pompier, etc. Revenir en arrière en quelque sorte. Wayans veut provoquer tout le monde et faire un show qui se base sur les pires clichés et sur les pires idées concernant l'histoire des noirs à l'écran !
Glover et Davidson seront donc ManTan ("Homme Bronzé") et Sleep N' Eat ("Dors et Mange"), des portraits de nègres plus que marqués. Le sitcom narre en effet leurs aventures stupides. Les deux personnages sont noirs, pauvres, descendants d'esclaves, appellent leur boss "Maître". Ils sont bêtes, sans éducation, sales et puants, parlent un argot black d'opérette, volent, ont des dizaines d'enfants et travaillent dans une plantation de pastèques ! Mais ManTan a "toute son éducation dans ses pieds". C'est un fabuleux danseur de claquettes ! Les deux personnages enchaînent gaffe sur gaffe dans un humour slapstick, entre show musical, fausses pubs, comédie stand-up, et ahurissants numéros de claquettes !
Malgré son concept en forme de foutage de gueule, mais réalisé avec le plus grand des professionnalismes, le show, véritable Revue Nègre revisitée, à peine parodique, est un succès immense. Le show séduit, fait rire certains autant qu'il choque et révulse les autres. Le scandale, comme prévu, est complet, et la communauté noire complètement divisée...
 
Voilà un film étonnant à plus d’un titre. D’abord sur le strict plan du filmage. C’est tourné en vidéo, mais sans aucun effort de texture. On se retrouve donc en face d’une image très claire, très bien éclairée mais incroyablement lisse. Il faudra attendre de voir le show télévisé lui-même pour avoir une vidéo plus texturée, avec plus de nuances  (très belles d'ailleurs). Où sommes-nous tombés, me dis-je ? Lors de la mise en place (première grosse demi-heure), les acteurs sont très bons mais quelquefois, au beau milieu d’une scène, on voit leur jeu légèrement, presque imperceptiblement, dévier de sa trajectoire, jusqu’à avoir presque un ton hyper-caricatural, presque de soap-opéra. Bizarre, bizarre. On se dit que c’est peut-être dû à un système de direction où il y a de gros blocs de dialogues écrits et d’autres moins longs où les acteurs ont la possibilité d’improviser. Mais très vite, on se rend compte que les dialogues sont sacrément écrits dans leur ensemble. Ce n’est donc pas de l’impro, mais une volonté délibérée de la part de Lee de placer le jeu de ses acteurs sur des plans différents, parfois à l’intérieur d’une même scène, et encore mieux et complètement fou, parfois même au milieu d’une même phrase ! On voit même Pinkett Smith non pas rire, mais sourire franchement sur certains plans, visiblement amusée par la prise ! Voilà qui plonge votre bon Dr et le Marquis dans une position délicieusement inconfortable et formidablement ludique. On se regarde par moments en demandant à l’autre s’il a perçu le changement de ton subtil. Oui, oui, on se répond. Le ton est donné : dispositif atomique de désintégration cosmique dans le propos, belle mise en scène mais vidéo, et en plus un jeu schizo et subtil. My god !
[En plus, dès le premier plan, Lee place son fameux travelling dont je vous rabats les oreilles à longueur d’articles : le travelling avec l’acteur sur le chariot ! Il faudra appeler ça le travelling Lee ! Je n’ai pas eu le temps de dire au Marquis : "Chic, il va encore nous faire le plan avec le travelling". Dès le premier plan, Lee balance d'entrée de jeu et astucieusement son travelling mythique ! Comme ça, c’est fait ! J’en ai ri aux larmes. Il était d’ailleurs très beau, ce plan, car le travelling, pour la première fois, ne se faisait pas sur une ligne droite en reculant, mais sillonnait toute la pièce, avec moult changements de direction ! Malicieux et superbe !]
 
Il ne faut pas imaginer THE VERY BLACK SHOW comme étant un pensum, un peu à la MALCOM X, film très didactique, même s’il s’agit d’un des seuls biopics regardables, mais comme quelque chose, au contraire, de complètement iconoclaste. Et d’excessivement malpoli, avec toute la malice que cela implique. On fait souvent le portrait hagiographique de Lee comme symbole de la culture de la communauté noire et porte-parole de la cause. Si un film comme JUNGLE FEVER, très naïf et pas vraiment pertinent malgré le beau sujet, pouvait donner cette image, il faut absolument la rectifier. Dans le cadre de ses films, Spike Lee est avant tout un homme qui réfléchit avec ses propres armes et ses propres doutes, ce en quoi il est en totale contradiction avec son image, justement. Lee n’est le porte-voix de personne. Et ce qu’il y a  de très beau, notamment ici, c’est que plus il s’enfonce dans des fictions abracadabrantesques, plus il brosse des portraits précis de son pays. Plus la fiction est construite, et plus il s’approche du réel, et d’un réel à voix multiples, et parfois contradictoires, un réel à narrations fragmentées et parfois antagonistes. Une belle leçon qu’il faudra que nous appliquions nous-même avant de faire, ici en Europe, du cinéma social. Car comme vous allez le voir, ce n’est pas demain la veille que quelqu’un en Europe brossera un portrait aussi acide.
 
Spike Lee fait donc son malpoli, et pas qu’un peu. Puisqu’il va falloir montrer dans THE VERY BLACK SHOW de larges extraits du show de ManTan, Lee sait qu’il va suivre peu ou prou le même chemin que son héros. On sent d’ailleurs une certaine complicité avec le personnage de Wayans, même s’il (Lee) est très dur avec lui, et ce n’est rien de le dire. Beau personnage d’ailleurs, qui fait partie des rares, avec Pinkett Smith, qui aient un tant soit peu de recul (et encore, pour combien de temps ?), et une vraie réflexion sur la situation de la communauté. Ces deux-là ont des analyses remarquables, malgré, en ce qui concerne Wayans, certains moments de ridicule. Son personnage est en effet très drôle. Noir issu de Harvard, ayant quand même réussi très largement (malgré la stagnation professionnelle qui est la sienne, et on imagine bien pourquoi, en début de film) c’est un grand bourgeois, et encore plus un "lettré" pour ainsi dire. Il a les outils et le bagage culturel pour analyser la situation. Dans le même temps (à l’image du frère rappeur qui refuse son nom de baptême, Julius, pour choisir celui de Big Black Africa (rien que ça !), prenant ainsi exemple sur le refus de Mohamed Ali de garder son, et je cite, « nom d’esclave »), le personnage de Wayans a aussi changé de nom pour adopter le très français Pierre Delacroix. Et il a perdu son accent afro-américain. De l’autre côté, son patron (Rapaport) revendique, bien qu'étant blanc, sa totale négritude, et parle quasiment avec l'accent des afro-américains, chose que le personnage de Wayans remarque et trouve lamentable. Les choses ne sont pas simples.

Il y a énormément d’idées dans le film, une montagne de réflexions pertinentes, et Lee montre d’entrée de jeu, même s’il semble prendre sévèrement parti (souvent à l’insu de ses personnages), contre ou pour certaines idées, il montre, dis-je, que les choses ne sont pas simples à démêler, et que cette situation de la communauté noire et de son bagage historique contient moult paradoxes, ou même, encore plus souvent, bien des idées dont il est difficile de faire la synthèse, ou qu’il est bien difficile de relier. Qu’ils soient bêtes ou réfléchis, tous les personnages pataugent dans cette grande pelote, mettent les mains dans le cambouis et ont bien du mal à en sortir un discours ou un comportement cohérent, ce en quoi on ne saurait leur jeter la pierre. Un héritage historique lourd, des lectures antinomiques au sein même de la communauté, et ajoutez aussi là-dessus des sentiments, encore et toujours, des sentiments, bons ou mauvais, souvent de rancœur vis à vis de ce parcours de la communauté noire. Ce que montre d’abord Lee, c’est que ces choses sont difficilement clarifiables, et qu’en plus, ensuite, il manque à la plupart des gens ce fameux recul réflexif, ou toute autre voie permettant de sortir de la réaction, c’est-à-dire du réflexe émotionnel le plus bête et le plus meurtrier.
Lee charge la mule (sans ses quarante acres, dirait-il), certes, mais il dresse un portrait précis, et d’autant plus courageux qu’il est sans concession, de sa communauté. Noirs faisant le Nègre, noirs ne pouvant s’entendre  ni se parler, noirs qui revendiquent leur propre caricature passée et droitière comme ciment de leur identité (séquence hallucinante de l’audition du groupe de rap, « révolté » mais contre quoi (dixit Lee), à la fin de laquelle le personnage de Wayans lui-même conclue : "Qu’on ne me parle plus de noirs pendant au moins une semaine !"), noirs qui se reprochent entre eux le moindre rapport social, et qui lisent sur cette échelle (sociale donc) le moindre désaccord d’idée, de sentiment ou de personne. Il est toujours plus facile de balancer à sa sœur, comme le fait Big Black Africa le rappeur (un bel abruti d’ailleurs, très bien joué par le rappeur Mos Def), qu’elle est devenue l’esclave nègre de son patron (noir !), que de lui dire qu’elle se trompe ou qu’elle le déçoit.

Lee note que la société américaine est très dure, et que la place des noirs, même si cette communauté n’est plus une minorité, est représentée souvent de manière stupide, basée sur des clichés hallucinants... Représentations et idées stupides auxquelles les noirs eux-même ont contribué. Certes, la société wasp verrouille encore les postes clés, mais la communauté afro-américaine a quand même des reproches à se faire. Lee nous montre dans des images d’archives (formidablement montées, comme à son habitude, et avec un sens délicat de l’insert à brûle-pourpoint ou au contraire à bon escient. La classe !) ce qu’était la représentation noire dans les médias de divertissement jusqu’au années 60. Des clowns proches du singe, grimés au cirage, portrait violent, ô combien. Mais Lee ne s’arrête pas là, et montre aussi que sa communauté s’est bien enfermée, en créant des shows où ils se plaçaient eux-même dans des images d’Epinal stupides, dans des positions d’idiots. Le cirage en moins, mais tout juste. Et quand Lee égrène les séries télés des années 70 et 80, ça fait très mal.  Voilà aussi ce que le personnage de Wayans veut dénoncer. [C’est finement joué d’ailleurs, puisque le show de ManTan ne peut plaire à personne, noirs ou blancs, ou plutôt divisera forcément la communauté. D’autre part, le show renvoie presque tout le monde dos à dos, puis, en devenant populaire, sera récupéré par la machine médiatique et par le public qui aimera ça jusqu’à se grimer lui aussi et crier : "Je suis un nègre de [là vous mettez le mot que vous voulez : je suis un nègre de Harlem, du Sénégal, d’Austin au Texas, de Paris, de Porto-Rico, etc.] et je suis fier de l’être !"]
 
Au fur et à mesure on comprend que Lee déteste sans doute cette idée de communauté, même s’il a conscience d’en faire partie. Et il sait aussi qu'il a les armes pour y réfléchir, mais qu’il n’y arrivera sans doute pas. Au fur et à mesure, on comprend que Lee fait des portraits d’individus, prisonniers des groupes, très souvent (mais pas toujours) choisis. On sent que Lee voudrait dépasser l’appartenance au groupe, et retrouver l’Individu. Et il fait deux choses très importantes dans le film. Dans deux scènes qui sont toutes petites. Il suggère que le problème n’est pas uniquement racial ou communautaire, mais que si, par hypothèse, on arrivait à en voir le bout, il serait remplacé par d’autres conflits de communauté (qui ont déjà lieu mais qui prendrait alors le devant de la scène) : la division par le sexe (homme contre femme, domaine où il y a aussi un lourd passif qui promet des déchirures nombreuses), et la division par le social et l’argent !

Puis, plus loin, dans la dernière partie, le ton change. Le film devient complètement non-réaliste, semble imploser pour devenir quelque chose de grotesque, presque irréel ou fantastique (dans le sens où ce changement de ton semble incompatible avec les premiers trois-quarts du film). Cette impression d’incrédulité face à cette deuxième partie au ton improbable et peu "crédible" (aux yeux de la première partie du moins, je le répète, qu’on soit bien clair), s’articule sur quelque chose d’assez étonnant. Ce ton arrive en effet au moment où les choses deviennent incroyablement violentes et dramatiques. C’est une sorte d’oxymoron de narration. Ça ne tient pas debout et pourtant c’est ce qui se passe. Le drame est grotesque, les blagues sont violentes, et les réalités du film ET de la société deviennent absurdes... et d’une tristesse à fendre le cœur. Le chaos mou est en marche. Plus rien n’est lisible. La situation commence à déraper quand certains individus s’aveuglent encore plus dans leurs petits sentiments émotifs médiocres, et cessent de suivre la voix de la raison, ou au contraire la retrouvent. La Faiblesse des personnages, avec un grand F, donne naissance à un monstre sentimental où chacun décide de jouer sa partition en solo, sans rendre compte de leurs actes. Si la notion ou le concept de Conséquence disparaît, l’Individu finit par se tuer symboliquement. C’est l’horreur, la douleur et la peur. Garmonbozia.
Cette dernière partie est structurellement intéressante. Mais c’est là aussi que Lee finit par pécher, ou plutôt par montrer son propre chaos. Il a voulu bien sûr nous retirer le tapis sous les pieds, ce qui, artistiquement, est toujours une bonne tactique. Mais en même temps, il nous perd, au moins nous européens. Lee revient alors sur une longue séquence de montage d’archives, reprenant la désastreuse "image nègre" dans l’industrie du divertissement : visages cirés dans les dessins animés, les spectacles de music-hall, racisme social évident des films, etc. Cette partie semble bien bizarre à nos yeux d’européens. Elle est didactique. Il s’agit de montrer aux américains, et aux noirs, que l’exploitation "nègre" de l’image a été violente, longue, et ne s’est arrêtée que récemment. Il choisit dans cette séquence de nouvelles images d’archives encore plus violentes que les précédentes. Lee a été clair, il veut montrer par là que l’héritage américain (et non plus communautaire seulement) est très lourd, et pire : bien plus lourd que ce qu’on imagine, maintenant que le passé a arrondi les angles. On sait qu’il y a eu des visages au cirage, certes, mais on oublie jusqu’où, et avec quelle violence et bêtise insurmontable, cela a été. Je vous laisse découvrir ça et ne vous donne pas d’exemple.
Malheureusement, le film devient alors didactique. Ce n’est pas vraiment une bonne idée. [Je serais très sévère avec la séquence de générique par contre, qui est complètement redondante, en plus pauvre et en moins bon.] C’est un peu lourdaud (même si le Lee a fait pire dans ce domaine). Enfin, cette dernière partie, où il y a quand même des choses très bonnes, souffre également d’un rythme plus lâche et sans doute moins rigoureux en ce qui concerne narration et montage.
 
En tout cas, Lee a réussi son coup : il y a énormément d’intelligence dans son film, il a su mettre en exergue ce qu’il n’aimait pas et ce  qui le dégoûtait, sur un mode complètement réflexif. Bravo. Son film est un réservoir, même dans cette toute fin bien pâlote. Si le film se demi-plantouille sur la ligne d’arrivée, il y a par ailleurs tellement à manger que ça n’est vraiment pas grave. Et les contradictions internes au film ont le mérite d’incarner avec une certaine générosité le projet global, et la réflexion  de Spike Lee. Cette générosité est rugueuse, un bisou barbu, mais c’est aussi du franc et de l’honnête. Le défaut de ses qualités. Il y aurait sur ce point matière à 12,000 commentaires dans la rubrique prévue à cet effet !
Mais, comme diraient nos amis américains, ne loupons pas le point (l’essentiel). J’ai gardé le meilleur pour la fin. Le film dans tout le reste (80 ou 90%) est une splendeur galactique totale ! On rit énormément. Il y a des séquences qui sont des bombes atomiques, comme celles concernant le rap et celles des fausses pubs (notamment la pub pour les jeans Hillnigger ! Je crois que j’ai rarement autant ri; et balancer ça à la « face » de la communauté rap/hip-hop/banlieue, fallait quand même oser !). La mise en scène globale du film est brillante ; beau cadre, belle lumière, montage superbe (musique notamment, comme d’hab !), ça n’arrête pas et ça fourmille.
Quant à l’émission de télé elle-même, je fais exprès de n’en parler qu’à la fin de l’article et en loucedé. C’est sublime et brillant ! Et je pèse mes mots. Lee fait preuve d’une malice et d’un talent d’écriture phénoménal. Je vous laisse découvrir ça, de la même manière que je vous ai préservés de MANDERLAY en essayant d’en dévoiler le moins possible. Le show de ManTan est brillant de A à Z, c’est un puit sans fond  d’intelligence, et d’efficacité. Ce show est sublime !
Imaginez donc ce que ça doit donner, en considérant ce que j’en disais en début d’article. C’est à pleurer de rire, ça scintille d’intelligence cosmique, et artistiquement parlant, c’est d’une efficacité absolue. Une vraie bombe. En débitant dans ces pages la description du show, je vous fais un superbe cadeau. Vous et votre noble descendance me remercierez  pendant sept générations ! En toute modestie, bien sûr.
Spike Lee le prolifique (car il tourne sans cesse, notamment pléthore de courts-métrages et des documentaires qu’on ne voit pas ici) est en forme, et on l’a quand même enterré bien trop vite.
 
Fraternellement Vôtre,
 
Dr Devo.
 
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Publié dans Corpus Analogia

Commenter cet article

Bernard RAPP 17/05/2006 17:04

Dans la famille occulté, sport, éthique et filmage du basket, je prônerais plutôt "Blue Chips" de Friedkin.

Dr Devo 17/05/2006 02:29

Cher John,j'ai pratiqué le basket pendant longtemps! Dans ma jeunesse cetes, mais pendant plusieurs années. Le film ne m'en semble pas moins sympathique mais par exemple bien en dessous de DO THE RIGHT THING ou THE VERY BLACK SHOW. Ce qui m'a touché das HE GOT GAME c'est que c'est un film sur un gars qui a le monde a ses pieds et qui essaie de ne pas succomber aux tentations. il essaie de pratiquer son art, le basket, sans se perdre, chose d'autant plus facile que tout le monde autour de lui n'est mu que par les intérêts, y compris sa famille proche. c'est pour moi un film sur la morale ou l'éthique! JUNGLE FEVER me semble plus faible. DO THE RIGHT THING est magnifique. CLOCKERS est tres bon et les autres je ne les ai pas vu! Ca te fait de bonnes heures de bon cinéma devant toi! Petit Chanceux!Dr Devo.

John 17/05/2006 00:02

Salut à toi, A mon tours je viens de craquer. Je suis fan des films de Spike Lee depuis quelques temps, paradoxalement sans avoir vu ses films. Je viens d'acheter Crooklyn, « Do The right thing », « Mo better blues », « clokers » et « jungle fever ». J'ai découvert Spike Lee avec HE GOT GAME, film que tu qualifies de sympathique mais sans plus. Pour comprendre ce film, il faut être basketteur ! Je ne sais pas si tu pratiques ce fabuleux sport, mais je peux t'assurer que PERSONNE n'a su filmer ce jeu comme Spike Lee. Il y a qui ? D. Washington (comme d'habitude, énorme) M. Jovovich et Ray Allen (joueur NBA). Mais le héros principale est bien le Basket lui même. Voila, en tout cas merci pour ton article sur ce film mystérieusement occulté de la biographie de Spike Lee sur des sites tels qu'allociné...

Dr Devo 21/12/2005 18:47

Cher Cre,

Je nai pas vu TOUT EST ILLUMINE, mais je sors du Atom Egoyan (LA VERITE NUE) qui passe dans les Pathugmont, et vous pourrez allez jeter un oeil ému en toute securité, c'est magnifique.

j'en parle aujourd'hui ou demain ou apres demain...

Saluations courbées,

Dr Devo.

Monsieur Cre 21/12/2005 14:38

Mon bon Docteur,
Ca fait une éternité que je ne suis pas venu sur Matière Focale, mais je viens juste d'arriver au bout de cet article. THE VERY BLACK SHOW passait récemment sur le cable, mais je n'ai pas eu la curiosité de l'enregistrer (crois bien que je le regrette à présent). Mais je me méfiais de Spike Lee, dont je n'ai vu que LA 25ème HEURE. Malheureusement. Parce que je n'ai pas du tout aimé, malgré une réalisation assez classieuse et travaillée. J'ai trouvé le scénario assez horripilant, et le montage sacrément grotesque. Un vrai repoussoir.
MANDERLAY, promis juré craché, je voulais le voir, mais pas au Pathugmont du coin, où il n'est resté qu'une semaine à l'affiche, de toutes facons. Mais le ciné art et essai ne le programmera pas. Pas plus qu'ils ne programmeront TOUT EST ILLUMINE, que j'aurais bien été voir. Mais vu le nombre tres limité de copies, je peux faire une croix dessus. As-tu eu l'occasion de le voir ?
Courage, plus que 11999 commentaires pour cet article.