Partager l'article ! Mon Docteur chez les Giallistes...: [Photo : "Le casque sans l'enclume" par Mek-Ouyes] Chers Foc ...
[Photo : "Le casque sans l'enclume" par Mek-Ouyes]
Chers Focaliens,
On a essayé, croyez-moi, et toute la focale team a débarqué (en force. Merci à Mek-Ouyes, IronMan, Denver et Karl Walden de leur disponibilité et leur patience), d'interviewer Dario Argento, un des invités d'honneur du passionnant Festival International du film de Arras (L'AUTRE CINEMA qui se poursuit jusqu'à dimanche avec des raretés notables, notamment dans la rétrospective Zulawski, en compagnie du Maître là aussi ! Argento et Zulawski : chapeau bas les gars !), où le maestro était invité dans le cadre de la ressortie éminente de SUSPIRIA en version restaurée et numérique (numérique en salles, j'entends). C'était d'ailleurs ma première projection numérique, et on en reparlera. Hélas, le maestro n'a assuré que peu d'interviews et nous sommes un peu passés à la trappe. Qu'importe, nous avons assisté à une petite causerie publique où Argento, interrogé par Jean-François Rauger, célèbre critique du Monde, a été amené à revenir sur sa carrière, et surtout sur ses modus operandi ! C'était très bien, d'autant plus que Rauger a fait quelque chose de plutôt pas mal. Bref, ça valait bien une petite photo que nous vous offrons et qui sort du four !
Merci à l'équipe du Festival pour sa disponibilité...
Sensiblement Vôtre
Dr Devo.
Entre ici, Bernard RAPP!
Ca faisait longtemps et c'est un plaisir de vous relire par ici!
C'est Rauger bien sûr! Merci de ta vigilance. j'ai modifié la chose en conséquence.
Au plaisir!
Dr Devo
Grosse polémique sur internet, un vrai bordel.
Concrètement en salle ça donnait quoi de ce point de vue ?
Pour ma part,j'ai globalement apprécié le film et je dois dire que l'accueil post-Gérardmer (à part quelques lignes favorables parues dans Positif et Les Inrockuptibles/Nocturno) m'attriste un peu...
Dr Devo.
Il est vrai que le lynchage à Gerardmer n'aide pas.
(Au passage j'étais à Gerardmer la veille et mon collègue Mégalomanu présent également le lendemain a pu voir le Argento dans la projo ouverte au public et n'a pas aimé le film qui d'après lui s'apparente à un cassage nanardeux plutôt volontaire.)
Je pense que ce sont les attentes déraisonnables qui ont "tué" le film à Gérardmer...le film s'éloignant des deux précédents opus (sacrilège!!!) tout en conservant paradoxalement une certaine unité avec SUSPIRIA et INFERNO.
Ca reste très intéressant pour plein de raisons, on n'a pas fini d'en parler ... J'ai hâte de le revoir en DVD pour me faire à nouveau une idée car finalement je ne sais pas trop ce que j'en pense... et de lire votre critique Docteur. J'espère qu'elle saura éclairer mon chemin !
Tout à fait Guillaume! C'est toujours le même problème avec les artistes qui font evoluer leur travail et ne se contente pas de refaire à l'infini la même recette, comme Greenaway par exemple, lui aussi adulé il y a 15/20 ans et maintenant détesté presque unanimement. Chez Argento, c'est pareil et on en a beaucoup parlé déjà sur ce site. Argen,to ne fait plus les mêmes films qu'il ya 20 ans, mais il continue d'approfondir certaines pistes et d'en découvrir d'autres. Il a notamment quitté le baroque flamboyant pour quelque chopse de plus froid peut-être et que le temps n'a pas transformé encore, et pour cause en films cultes! Car le fait que Argento soit culte est aussi une partie du problème. Il ya je pense une évolution depuis PHENOMENA puis une acentuation depuis les années 90 que les fans harcore ont beaucoup de mal à accepter. N'oublions pas que THE CARD PLAYER (dont nous avons parler ici) ou LE SANG DES INNOCENTS ont été traité de téléfilms à l'époque de leur sortie dvd ou ciné par les magazines spécialistes, généralistes et par les fans de la première période. On commence, au moins pour THE CARD PLAYER a rtourné sa veste timidement.
Le problème au fond est toujours le même: les gens critiques ou non ont beaucoup de mal avec les films qui tendent vers plus d'abstraction et/ou qui ont un rythme différent, et plus généralement un problème de lecture de la mise en scène. Ainsi, sans les couleurs flashy et les musiques "giallesques" de l'époque, le pauv' fan hardcore a beaucoup de mal à s'y retrouver. Pourtant la mis en scène est toujours aussi riche, même si elle a fait évolué son mode d'expression. Je remarque d'ailleurs que le fand argentesque lambda a beaucoup de mal, curieusement, à accepter les changements de ton, ou les tonalités ambivalentes dans une même scène ou séquence, beaucoup de mal à accpeter l'humour aussi ou la cocasserie de Argento, alors que ces mabivalences étaient déjà présentes dans les classiques du Monsieur! je crois que les débrayages rythmiques ou sémantiques qui sont plus brusques depuis PHENOMENA ne passent pas. Un film doit etre delirant ou serieux ou angoissant et pas question de faire passer plusieurs messages ou ambiances dans le même film. Voilà pourquoi les gens ont bcp de mal avec Argento. Parce qu'ils reflechissent en terme de sérieux (un film doit ressembler à "un film", un vrai, on peut pas faire n'importe quoi; c'est un mensonge et une erreur, toujours, en matière d'art car les artistes incontournables sont toujours ceux qui cassent le jouet), ou en termes de culte, ou en terme de délire culte. choisis ta case, camarade! Les films doivent être à leurs yeux "cohérents" c'est à dire obeir à des canons identifiables, repérables et pouvant s'organiser en espèce de "champs lexicaux" cinématographiques. La rupture et l'abstraction n'ont evidement pas de place ainsi que toute tentative d'établir des nouvelles règles du jeu.
Evidement si on observe un peu les echelles de plans, les cadrages, les jeux de sons concordant/discordant, et si on se laisse aller à se faire surprendre et prendre à conterpied, on ne perd pas ses repères dans les nouveaux argento: on découvre seulemetn de nouvelles sensations et de nouveaux moyens d'expression.
Tout cela est un problème de canon et soulève la question, très délicate suivante (que d'ailleurs tout critique devrait se poser): un bon film est il un film qui réponde à mes attentes? ET... un mauvais film est il seulement un film qui déçoit mes attentes?
Dr Devo.
C'est très vrai.
D'ailleurs je pense que depuis "le fantôme de l'opéra",pour le pire et le meilleur,les derniers Argento jouent de plus en plus de l'ironie...qu'on repense au final sur les rails dans "Il Cartaio",qu'on repense à "Pelts" ou la comptine animale de "Non ho sonno".
La visualisation des sorcières dans "Mother of Tears" n'a pas fait l'unanimité,mais là encore j'y vois pas mal d'humour de la part d'Argento.
Quant aux décors,contrairement à Megalomanu,je ne les ai pas trouvé "Z"...sans spoiler,le plan final est discutable,mais son aspect artificiel est très intéressant je trouve.
J'en suis presque a envisager un voyage en Italie pour aller le voir.
"SUSPIRIA est un film équivalent à un concert de rock,INFERNO un opéra et LA TERZA MADRE" un film punk"...je suis d'accord avec ça.
Il y a un côté anarchique,imparfait,impur et libre dans ce film et j'apprécie cela...
http://soundsofthefoehn.blogspot.com/2008/03/la-terza-madre-mother-of-tears-dario.html