DA HIP HOP WITCH de Dale Resteghini: son of her witch

Publié le par Dr Devo

(photo: Simone Simon)

 

 

Chères Sœurs, Chers Frères,
Recueillons-nous un instant sur le très touchant DA HIP HOP WITCH, film ô combien savoureux qui marque une escapade de quelques jours sur les terres natales des Territoires de l'Ouest. Escapade toujours synonyme de découvertes vidéo-assistées les plus surprenantes, et en compagnie du Marquis en personne, excusez du peu. Et donc, figurez-vous que Le Marquis a acquis, il y a peu, le DVD de DA HIP HOP WITCH! Il a beau être le Pape de Toutes les Cinéphilies, c'est surprenant. Ses goûts musicaux sont, il est vrai, très éclectiques, à l'image de sa cinéphilie. Ça va allègrement de Corinne Charby ou Demis Roussos, à Skinny Puppy ou Lydia Lunch. Pour le meilleur et pour le rire en quelque sorte. [Hahaha, vous êtes si impertinent, Oscar! Je m'étais juré, en commençant ce site, à placer deux ou trois expressions qui me tiennent à cœur, et celle-ci en fait partie. Je crois que c'est l'expression la plus sinistre et la moins drôle de la langue française. En tout cas, c'est fait!] Par contre, s'il y a bien un truc que le Marquis exècre, au premier ou au second degré, c'est bien le rap (en plus du reggae, bien sûr, comme tout homme de bon goût qui se respecte). Alors, voir le DVD de DA HIP HOP WITCH chez Le Marquis, c'est un peu comme voir la femme de ménage des toilettes de Auchan épouser un noble. Ça n'existe pas, ça n'existe pas. Et pourquoi pas, après tout ? Il y a deux choses, je crois, qui ont persuadé le Marquis. D'abord, le titre qui vaut quand même son pesant de cigarillos cubains. Ensuite, la volonté du projet qui se veut un PROJET BLAIR WITCH dans les milieux du rap côte est. Trop absurde pour être malhonnête! Troisième argument : le prix du DVD. Moins de 2€. Et enfin, la provocation, qui est souvent de mise dans les salons du Marquis. Ha bah, si j'ose dire, on n'a pas été déçus!
C'est toujours une bonne expérience pour le cinéphile de voir un film qui parle de choses qui nous sont inconnues, réalisé et joué par des gens invisibles. Nus devant le film, l'expérience est souvent enrichissante. On confronte nos codes à un système complètement différent. C'est enrichissant, comme dirait Jack Lang. Donc, ce film est le PROJET BLAIR WITCH du rap! Ben ouais, c'est comme ça! Réalisateur inconnu de nos services. Il a quand même réalisé 4 ou 5 trucs dont la cassette vidéo de la captation de la tournée de l'émission Fear Factor en Australie (en public). Ça ne s'invente pas. Je ne connaissais personne, à part Eminem. Bon, moi et le rap ça fait deux. J'ai horreur du rap. J'adoooore les Beastie Boys, mais, à chaque fois que j'en parle à un amateur de hip hop, il me dit que ce n'est pas du rap. J'aime assez également RZA, le célèbre membre du Wu Tan Clan, qui avait signé une fort jolie B.O pour le GHOST DOG de Jim Jarmush. Là d'accord, j’aime bien. [Je remarque que jamais personne ne m'avait fait remarquer que RZA ne faisait pas du rap, ce qui me rassure.] Sinon, moi et le rap, ça fait deux. Ha si, j'ai vu 8 MILES avec Eminem et Kim Basinger (le cinéma est plein de surprises). Un mélo mais plutôt sympathique, même si c'est assez mal mis en scène. Et j'avais un disque du Wu Tan Clan, mais je crois que je l'ai vendu. Je regrette bien d'ailleurs car il y avait une chanson qui me plaisait à peu près. Sinon je n'aime pas trop ça, le rap, et bien sûr je n'y connais rien, exceptés les Beastie Boys. Toi, lecteur occasionnel qui s'est perdu sur ce site en faisant une recherche sur Eminem sur Google, sois le bienvenu tout d'abord, et pardonne-moi d'avance les erreurs ou les horreurs que je vais dire plus bas. Mets ça sur le fait que je suis néophyte. Allez, on attaque.
Bon, je me plains souvent ici qu'il est difficile de parler précisément des films sans trop les dévoiler, et que, quelquefois, il est difficile de rendre compte de l'ambiance d'un film sur le papier. Et bien ici, c'est le pompon. Je vais faire de mon mieux.
Depuis quelques années, les artistes de rap de la côte est des USA (New York donc, mais sans Liza Minelli!) sont "décimés" par un étrange personnage qu'on appelle la HIP HOP WITCH. Voilà. [Je m'aperçois que même quelques heures après la vision du film, il est très dur de s'en souvenir avec précision! C'est possible mais ça demande des efforts.] Une jeune femme noire, Dee Dee, se rend à un entretien d'embauche pour travailler pour la firme ultra-célèbre Krump (en fait quelques malheureux bureaux). Une sister lui fait passer l'entretien et la met au parfum : elle fera du café et des photocopies. Bon. Une équipe de, et je cite, "jeunes rappeurs blancs" décident de partir de leur Baltimore natal pour aller de l'autre côté de l'Hudson pour enquêter sur la HIP HOP WITCH, avec pour seule arme une caméra vidéo. On s'aperçoit, plus loin, que ces cinq blancs-becs (2 filles, 3 mecs et je ne compte pas le chien) ne sont pas du tout rappeurs. Mais par contre, ils vont enquêter, et trouveront leur chemin dans la jungle new-yorkaise grâce aux cheveux rasta (beurk) de l'un d’eux. [Comment vous expliquer ça ? Il les a magnétisés, car le garçon est une sorte de rasta-man new-age, puis les cheveux lui ont montré la direction. Je ne peux pas en dire plus!] Bon. Une micro-télé new-yorkaise, qui travaille sans doute pour le câble, enquête aussi sur la HIP HOP WITCH. On comprend assez vite (20-25 minutes) que c'est une chaîne spécialisée. Elle s'appelle HIP HOP WITCH CHANNEL. Il fallait y penser. Bon. Un jeune producteur de rap indépendant (je me rappelle plus sans nom... Mister Z peut-être...), cherche une façon de faire un disque de rap qui se vende bien. On comprend rapidement (30-35 minutes plus loin) qu'il est très embêté car tous les artistes de son label ont été "décimés" par la HIP HOP WITCH. Il décide de s'allier avec un très célèbre et très riche producteur de rap pour arriver à ses fins. Ce dernier accepte de produire le disque si Mr Z lui cède 50% des droits et du label. [Ce genre de détail doit avoir de l'importance, je suppose, quand on connaît le milieu.] Bon. Dee Dee s'aperçoit que tous les médias (HIP HOP WITCH CHANNEL, en fait) ne font que de parler de  cette fameuse HIP HOP WITCH. Elle réfléchit et décide d'enquêter. Son patron, le fameux Krump (super acteur mais pas crédité! Tout en finesse...), lui met la main aux fesses et lui fait des avances, et sa sister de directrice refuse de lui donner des responsabilités et de lui confier une quelconque enquête sur... Sur qui? Sur la HIP HOP WITCH. Tiens, puisqu'on en parle, HIP HOP WITCH CHANNEL diffuse en boucle des images de tous les rappeurs victimes de la HIP HOP WITCH. On les voit chez eux, dans la rue, sur un parking... Un peu partout. Tous racontent comment ils ont croisé la HIP HOP WITCH, et comment ils ont fui. [Ah bon, moi je croyais qu'ils avaient été tués par la HIP HOP WITCH? Ben oui, je sais. C'est un film quantique, mon petit gars. Les faits changent selon le temps et l'endroit. Ils sont morts et puis, en même temps, ils sont vivants. Parce qu'ils existent sur la bande vidéo, ou parce qu'ils ont survécu ? Les deux, mon pote. Parce que c'est du cinéma aussi. Au moins, trois niveaux... Tu le sens le para-texte? Tu le sens l'extra-texte? Tu le sens le cinéma?] Toutes les victimes de la HIP HO WITCH vous disent la même chose (regards caméra): "Don't fuck with da HIP HOP WITCH" et "Thee mess shall no more with DA HIP HOP WITCH".
Voilà. Donc, c'est plein de rappeurs dans leur propre rôle. Il y a, de mémoire (en plus je n'y connais rien... Que ne ferais-je pour vous?): Razzah Blade... Non... Hell Razzah, peut-être. Da Outsidas. Enfin, je crois. Il parait qu'il y avait Redman, mais je l'ai pas repéré. Il y a Deniro (ohnon!) qui décidément est partout cette semaine (voir articles sur TROUBLE JEU et MON BEAU-PERE MES PARENTS ET MOI). Pras. Eminem, bien sûr, en running gag, très drôle, et un peu dur à expliquer... Il parle de beurre chaud (il est comme ça Eminem! Il boit du beurre chaud!), du pelotage un peu trop indiscret que lui a fait subir la HIP HOP WITCH, et l'ecstasy qu'elle a mis dans son beurre chaud qui lui donnait l'impression d'être allongé par terre et de tomber en même temps. [Eminem cite ici Laurie Anderson et son célèbre WALKING AND FALLING. Le sacripant!]Très drôle. Et puis, au beau milieu de tout ça, on voit aussi Vanilla Ice! Ben ouais! Même que c'est lui qui produit le film! Un peu comme si Douchka produisait un album de DAS ICH.
Vidéo. Film dans le film dans le film. Un chien splendouillet. Des 4x4 rutilants. Montage entre Jean-Marie Poiré et les compétitions de skate-board sur le câble histoire dans l'histoire dans l'histoire. Résolument et définitivement Dogme. Film quasiment danois.
Et, au fait, c'est bien? T'as qu'à demander à la HIP HOP WITCH.
Extatiquement Vôtre,
Dr Devo.
 
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Publié dans Corpus Analogia

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Docteur Devo 21/03/2005 22:11

Bardum, j'efface ton post, qui est honteusement de la pub pour ton propre site qui, en plus n'a rien a voir avec celui-ci et est completement commercial. Des critiques d'accord, de la discution d'accord, mais de la pub gratosse, pas d'accord. Si au moins cela vait été fait avec élégance...
Dr Devo.

Fab 26/02/2005 17:45

Alors Devo, tu passes à l'apéro ?

Dr Devo 26/02/2005 13:35

Lumitra, merci, ca fait plaisir. Non, je n'ai pas vu ray encore, mais jai un peu peur car les bios de gens celebres, en genral je trouve ça pompeux et mauvais. ceci dit, jai vu DOLORES CLAYBORNE cette annné, qui est aussi de Taylor Hackford, et c'était tres bien. Quand j'irais le voir, je ferais un article et je te previndrais. Merci. Dr Devo

lumitra 26/02/2005 13:30

salut doc de la matière focale ,
apparemment tes com. marchent et j'en profite pour te féliciter pour tes articles et te dire le bien que je pense du film Ray que j'ai vu hier et qui m'as bien plus .Qu'en penses tu (tout en étant indulgent)??? cordialement