LA VERITE NUE, d'Atom Egoyan (Canada-USA - 2005) : Alice et le Sang des Innocents

Publié le par Dr Devo

(Photo : "L'Homme Singe" par Dr Devo)

Chers Focaliens,
 
Et bien non, il faudra attendre la dernière minute pour faire son palmarès des chouettes films de l'année 2005. C'est plus prudent, en quelque sorte, car voici que sortent in extremis, et dans un contexte fort peu favorable, et donc bien incompréhensible (ah, nos amis distributeurs !...), les derniers films d’Abel Ferrara (MARY... Noël... idée de distribution...) et d’Atom Egoyan. On ne sait jamais, si les deux camarades ne sont pas en si mauvaise forme que le prétendent nos amis journalistes, ça pourrait bouleverser le classement, parce que ces petits gars ne sont quand même pas manchots.
Je ferai à ce sujet un petit sort à l'article hilarant de Libération sur le Ferrara (un beau tissu de n'importe quoi, encore une fois) quand je m'occuperai de l'article sur MARY. Le gars a quand même dit que CHRISTMAS, dont j'avais parlé il y a peu ici, est un "documentaire" (et oui !) sur les dealers ! Mais bon, chaque chose en son temps.
 
Egoyan fait partie de ces chouchous de l'art et essai des années 90, que tout le monde a encensé, et que tout le monde snobe gentiment depuis, une fois la mode passée. On ne note cependant pas de faiblesse dans sa filmographie, et même loin de là. LE VOYAGE DE FELICIA était très beau, et son moyen métrage adapté de Beckett, KRAPP'S LAST TAPE, était tout à fait jouissif et inattendu (et avec John Hurt en plus, que demande le peuple ?). Mais malgré cela, il est de bon ton de dire qu’Egoyan, ce n'est plus ce que c'était. Présenté cette année à Cannes, le canadien est forcément reparti les mains vides. Egoyan n'a plus qu'à payer un verre à Lars Von Trier, histoire de rire un bon coup ! Le mieux dans ces cas-là, c'est d'aller vérifier la suffisance du palmarès en salles. C’est une expérience que je conseille à tous les cinéphiles : allez voir pendant un an les films de Cannes (enfin, ceux qui sortent du moins, n'est-ce pas Mr Greenaway ?), et après, faire votre palmarès... On n'est jamais déçu, et les résultats, année après année, sont sans appel. Passons.
 
À la fin des années 50 aux USA, Kevin Bacon et Colin Firth sont incroyablement célèbres et populaires. Ces deux artistes de music-hall font un tabac avec leur duo de choc, entre crooner et humoriste. Et s'ils sont si populaires, c'est que chaque année, ils animent un marathon télévisuel durant trois jours, afin de récolter des sous pour le Téléthon contre la Polio ! Voilà qui les a propulsé durablement dans le cœur des américains. Il faut dire que le duo joue sur une "charactérisation" antinomique (Firth est le mec classe, pince sans rire et bien élevé, là où Bacon joue la tête brûlée blagueuse, clownesque et toujours un peu osée, le personnage rock 'n roll par excellence). Et ça fait mouche.
Des années plus tard, au début des années 70, Bacon et Firth sont un peu rentrés dans le rang. Bacon est producteur d'un label musical, et Firth est acteur, mais ses films connaissent de moins en moins de succès. Leur temps est passé, tout simplement.
Alison Lohman est une jeune journaliste au style moderne, qui n'hésite pas dans ses articles à se mettre elle-même en scène. Du journalisme subjectif, si on peut dire. Elle cherche à marquer un grand coup pour devenir enfin quelqu'un de reconnu. Un éditeur lui propose d'écrire une biographie de Firth et Bacon, deux personnages auxquels elle voue depuis sa tendre enfance une admiration sans bornes. Mais Alison est très intelligente et complètement professionnelle. Très rusée (le film est une belle ode à l'Intellect), elle veut faire la lumière sur un événement trouble qui a brisé l'élan de nos deux showmen. La dernière année où ils ont présenté le Téléthon (en 1959), on a découvert dans la suite de leur hôtel le corps sans vie de Rachel Blanchard, jeune femme de chambre. L’enquête à l'époque conclut au suicide, et on n’a jamais très bien su ce qui s'était vraiment passé. Alison décide de faire la lumière sur cet événement. Si Firth accepte assez facilement l'interview (et pour cause, il sera grassement payé par l'éditeur d’Alison), Bacon, lui, refuse, car il prétend écrire un livre sur le sujet. Il n'accepte qu'une chose : envoyer deux chapitres de son livre à Alison.
La chose se complique lorsqu’Alison prend l'avion pour aller interviewer Firth. Son voisin de siège n'est autre que... Bacon lui-même ! Le hasard dépasse la fiction la plus romanesque. Alison panique, et refuse de dévoiler sa vraie identité ! Elle lui cache donc le fait qu'elle est journaliste et qu'elle écrit un livre sur lui. Bacon, quant à lui, cherche à la séduire... L'enquête commence...
 
Tiens, tiens, se dit-on, en débarquant dans le film, c'est marrant ça, que le gars Egoyan fasse un film ouvertement "à costumes", si j'ose dire. L'ouverture est magnifique et rythmée, et impose d'entrée de jeu une étrange narration. En effet, le film est narré par les voix-off d’Alison, bien sûr, réfléchissant a posteriori aux événements qui ont eu lieu pendant son enquête, et aussi par la voix-off de Bacon qui est en fait le texte du livre qu'il est en train d'écrire. Voix multiples donc, dont on comprend assez vite qu'elles vont tisser un réseau assez riche. Et à chaque nouveau témoignage, la narration partira sur de nouveaux rails, parallèles certes, mais réservant des différences de taille. Avec Firth, c'est une autre voix encore qui s'exprime. Tout cela est follement mélangé. Car en effet, c'est la réflexion d’Alison Lohman qui prédomine, d'une part, et d’autre part le film ne cesse de faire des allers-retours entre les années 50 et les années 70. Le rythme est fluide, certes, mais bien étrange, et loin d'être monotone malgré une nuance langoureuse qui est loin d'être rassurante d'ailleurs. On s'aperçoit que tous les personnages sont reliés de manière intime aux événements de 1959, Firth et Bacon, bien sûr, mais aussi Lohman. On est vraiment dans l'histoire légendaire de cette étrange mort, certes, mais aussi dans le ressenti et le subjectif les plus intimes des personnages. Ce jeu de points de vue mouvants est encore perturbé par un autre facteur. En s'adressant à Alison Lohman, les deux acteurs présentent une version très choisie des événements. Peut-on aboutir à un récit crédible à partir d'un fatras de mensonges et de demi-vérités ? Il y a sûrement des différences entre les événements décrits à la journaliste et ce qui s'est vraiment passé. Au fur et à mesure que Lohman avance dans son enquête, il est certain que le simple fait de préparer son livre fait des remous, et que derrière son dos, tout le monde tire les ficelles pour la manipuler plus ou moins, et pour protéger un passé que personne ne souhaite vraiment voir ressurgir. Bref, voilà un film un peu rashomonien, mais tout mélangé, où l’on cherche la vérité avec des témoignages subjectifs et tronqués, parasités en plus (ça fait beaucoup !) par la propre confusion de l'héroïne, très attachée à ces deux personnages de son enfance, et qui plus est, qui s'implique bien au-delà de ce que la rigueur professionnelle lui impose. Tout ça parce que, dans l'avion où elle rencontre Bacon, Alison Lohman ment sur son identité, détruisant ainsi la position de force que pouvait lui conférer son statut de journaliste, ce qui la plonge surtout dans une intimité forcée avec Bacon ! C’est pas joli-joli. Au-dessus du lac aux requins plane un ignoble sentiment de danger, fatal mais larvé. Après tout, personne n'a intérêt à dévoiler la chose, et surtout les sommes en jeu sont tellement énormes qu'on sent très bien que cette enquête n'est pas sans danger, ni pour l'intégrité physique de chacun, ni pour le cerveau... ni pour l'âme.
 
Le danger est omniprésent. Et il devient difficile de trouver le moindre indice concluant dans cette fourmilière. Rien ne tient debout. La mise en scène rajoute du trouble, comme si cela ne suffisait pas. Car n'imaginez pas qu’Egoyan fasse une mise en scène policière stricto sensu. Bien au contraire, il joue avec ses personnages et avec les spectateurs, en faisant constamment dévier sa narration. Ellipses, ruptures, direction artistique qui se dérègle (on ne sait plus par moment si on est en 59 ou en 72 !), les deux époques deviennent un no man's land où tous les personnages errent comme des fantômes. Il y a une voix supplémentaire à cette cacophonie des témoignages : celle d’Egoyan ! Et le gars, en plus, a l'intelligence de ne pas toujours faire coïncider son point de vue avec celui de l'héroïne. C’est donc formidablement beau. Tout est de guingois, rien ne colle, et c'est à ces sources de lumières contradictoires et confuses que se dégage, mais avec confusion et doute, un semblant de vérité, et encore, bien fugace. Tout le monde a menti, et tout le monde est impliqué.
 
L'enquête a son côté Agatha Christie, et c'est une des grosses surprises du film. Mais cet aspect est explosé par le dispositif global. Egoyan finit par nous perdre divinement, et très vite on ne sait plus où vont s'arrêter les chausse-trappes et les faux-semblants. Il y a indices, il y a énigme à résoudre, mais derrière ? Qu'est-ce qu'il y a au-delà ? Brrr... Ça fait drôlement peur, et c'est même terrifiant !
En nous perdant, mais aussi en nous montrant des évidences (certaines choses sont vraies dans tout ça, et on en devine un paquet : mais on n'est jamais sûr d'être roulé ou non dans la farine de manière définitive), Egoyan construit un film complètement cubiste, à la lisière du fantastique. Ça coud, ça découd, on se perd et l'abîme est de plus en plus profonde, signe peut-être qu'on s'approche de l'humain, au final. Egoyan s'amuse et fait preuve d'une grande malice et d'une grande générosité. Le suspense est immense et le sentiment nous éclate en pleine figure. On en ressort bouleversé, bien sûr.
 
Le film en fait n'est quasiment pas une enquête (...faudrait savoir !). On pense à MULHOLLAND DRIVE ou à SUEURS FROIDES, pour faire vite (c'est très exagéré), mais dans des versions où l'ouvertement fantastique aurait été rayé au profit de quelque chose de plus terre à terre. Il est bouleversant de voir que les points moebiusiens du film sont uniquement construits par la mise en scène, et sur les bases d'une narration "classique", même si elle est iconoclaste. Je disais cubiste tout à l'heure, mais peut-être aurait il fallut dire quantique... Les personnages sont doubles, c'est-à-dire pas forcément avec une face cachée et obscure, mais dans le sens où tous les personnages sont deux ! En tout cas, l'Innocence est définitivement sacrifiée, et la Mort plane. La rencontre a eu lieu puisqu'elle aura lieu, le film aplatit et retourne la temporalité, en confortant un sentiment que, bizarrement, on pourra trouver presque fraternel. Quel beau mystère. On s'arrêtera là, malheureusement, pour ne rien dévoiler...
 
La mise en scène est superbe, bien entendu. Complètement subjective et lyrique au delà du plausible, hollywoodienne même par endroit (le restaurant japonais et ses éclairs, le cri de la femme de ménage, etc.), elle est un délice de quasiment tous les instants. Je pense que rien que pour l'utilisation multiple de la séquence de la petite fille du Téléthon, le film méritait d'être encensé par tous : on la voit sous différents supports, sous différents angles (champ et contrechamp), et avec une réduction progressive de l'échelle de plans !). Voilà la définition parfaite, à travers cette scène disséminée, du relief au cinéma. Voilà une dis-narration (enfin !) superbe ! Le reste est parfait. Egoyan a un grand orgue devant lui, dont il utilise tous les jeux et toutes les manettes, il fait jouer toutes les combinaisons possibles. Ça n'arrête quasiment pas. Musique (écoutez la bien, elle raconte pas mal de choses !), décors, lumière (le premier plan où la copine d’Alison, Sonja Bennett, excellente actrice, lit le chapitre du livre sur la terrasse !), costumes, cadres et montage, c'est hallucinant. Enfin, c'est très beau, et ça utilise tout le matériel avec une gourmandise évidente.
Quant aux acteurs, je n'en parle même pas. Des premiers aux derniers rôles, c'est d'une précision renversante (la femme de chambre vietnamienne !).
 
J'omets volontairement une nuance très importante du film. Et également une scène dont il y aurait fort à dire. Mais vous me remercierez, vous verrez...
 
VO obligatoire, sinon rien.
 
Etonnement Vôtre,
 
Dr Devo.
 
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Publié dans Corpus Filmi

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Dr Devo 16/01/2006 14:31

Trés juste remarque! ca donne une idée du niveau, une fois de plus!"Comédie enlevée" fallait quand même me trouver! Pourquoi pas un délicuex et enlevé film de collége" pour TWIN PEAKS (le film)!ce qui est bien avec les journalistes, c'est qu'ils nont jamais fini de nous faire rire! Dr Devo.

Monsieur Cre 16/01/2006 14:16

J'arrive un peu après tout le monde. Ca donne drôlement envie tout ce que tu nous racontes, mais je n'ai pas eu l'occasion de voir le film. Il a du être programmé environ une semaine au Pathugmont du coin, et j'espèrais une programmation au Ciné Art et essai. Manque de bol, ce mois-ci, ils préfèrent programmer SAINT-JACQUES LA MECQUE de Coline Serreau (vrai de vrai).
Je rajouterai un truc, sur la distribution du film. Sur l'affiche, on pouvait lire deux accroches tirées de la presse écrite. Il y avait "Une comédie policière  enlevée" et "Un thriller au suspense incroyable", enfin quelque chose dans le genre, tirées des Inrocks et du Nouvel Obs, enfin je crois. Qui aurait envie d'aller voir un film que même les journalistes sont incapables de définir...

Tchoulkatourine 16/01/2006 03:34

Je devrai arrêter de manger mon clavier, ce mauvais pour la santé. Quand je parlais de retours/rotation téléthon, je voulais dire lors de la séquence du téléthon ...

Tchoulkatourine 15/01/2006 23:08

Docteur,Vous dites : "vous me remercierez, vous verrez". Je vous dis donc merci !A un moment, je pensais à Dostoievski (remarquez si je lisais en ce moment UiUi, le Chien du Rien  et son fol  Hétéronyme, j'aurais balancé une ref là dessus  ...) avec promiscuité des personnages, cette focalisation aiguë, singulière sur une grappe de personnages qui finit par fusionner pour ne faire qu'un tout ou, comme vous le dites, en « profiter » pour échanger leurs rôles. Dans cette dynamique, ce magma, comme vous le remarquez justement, ce qui frappe, c'est le mouvement en spirale,  les retours/rotations  Téléthon  sous un autre angle, un angle nouveau, toujours plus précis, sans que l'on atteigne, le centre, lui rejeté à l'infini. . Effectivement le casting est impeccable, sauf peut-être, à mon goût,  K Bacon, utilisé très classiquement, je veux dire paresseusemsent , à des fins phrénologiques ?  Et puis, un aveu comme dirait Costa :  j'ai pas fini la digestion de Sleepers ou de Mystic River (qui, au passage, se ressemblent étrangement d'une certaine manière).D'un certain côté, le choix de cet acteur, nous plonge dans le côté glitter-glue Woo-lî-Woo-dîen qui est un élément intriguant du film. Comme vous le dites, c'est très riche, c'est très luxueux, pimpant. Et pour moi, c'est une vraie interrogation. Il y a cette utilisations d'une grue  pour un plan ,très intelligemment filmé en montée/descente,  champ/contre champ  sur leur limo quitte l'aéroport de Newark,  où je me dis : il fait exprès, Atom Egoyan, veut que l'on sache qu'il utilise une grue ou quoi  ? Pareil pour des travellings dans un appartement, on se dit : quand va t-il nous montrer les rails ? Encore plus évident pour un dialogue avec le majordome qui a lieu dans un studio.   ... Et là, je me  dis mais zut monsieur Egoyan : vous posez des mines de partout mais rien  n'explose à la différence de Vertigo ou de Mulholland Drive que vous citez fort justement dans votre critique, Docteur. Egoyan pose le jeu  d'un univers dont la physique serait celle d'un espace temps en contraction mais qu'au fond, il veut en sortir aussi sec, ne pas se laisser "prendre".   C'est l'allusion à Gauguin, son choix de vie absolu,  dans cette cette scène dingue du repas dans l'avion qui me fait penser à cela. A l'explosion Egoyan préférait-il le non-finito, l'effondrement ?  Ce qui d'un point de vue artistique est parfaitement défendable et qui me permet de reconsidérer d'un oeil neuf De Beaux Lendemains... Cette forme de refus, prise naïvement pour de la tiédeur, est peut-être aussi ce qui explique que la valeur fiduciaire du titre/auteur  "Egoyan"  dans les transactions actuelles au sein de la  majorité des critiques institutionnels soit à la baisse ... Et moi, j'arrête là mes spéculations !

Isaac Allendo 04/01/2006 17:41

Jackpot !
(Encore une excellente critique doc)

Quel film !
Je crois bien que c'est ce que j'ai vu de plus beau en salle cette année (oui je le compte pour 2005 même si je ne l'ai vu qu'en 2006) avec Manderlay.
D'abord il y a cette ambiance que j'ai trouvé contrastée : d'un côté la narration, plus particulièrement ces voix-off et l'esthétique globale magnifique qui m'ont donné une impression de calme chaleureux (oui chaleureux !!) et en même temps cette noirceur complétement boulversante au poids concidérable !
Effrayant je ne crois pas mais... dramatique peut-être...
Je vois "Agatha Christie", justement j'y ai pensé durant le film, pas du point de vue révélation ou effet de surprise mais justement concernant l'atmosphère qui m'évoque clairement "Dix petits nègres" et "Le crime de l'Orient Express" par la capacité à allier calme (voir légerté chez Christie) à la noirceur totale. Sauf que le premier roman est beaucoup plus noir et le second beaucoup plus calme, un peu les 2 "extrêmes" dont userait le film. Savoureux mélange.

Ensuite et c'est superbement développé dans la critique : la capacité à se jouer du spectateur, le perdre dans les divers angles de vision produisant ainsi un trouble poétique et tendu. J'adore !

Il y a aussi tout l'aspect érotique... J'hésite a dire pervers pour le côté manipulateur (l'utilisation constante des drogues tend même au viol) mais en même temps l'idée de pervers sous-entend une certaine vulgarité et je n'en distingue pas du tout.

Par contre je ne pense pas avoir compris le film. Oui je ne l'ai pas compris mais vécu profondément, juste émotionnellement.
D'ailleurs si je pouvais avoir un éclairage (en privé) sur la fameuse nuance parceque je suis incapable de deviner de quoi il s'agit.