SPANGLISH de James L. Brooks (USA - 2004) : Miss Hysteria

Publié le par Dr Devo

(Photo: "Is there any escape..." par Dr Devo)

Chers Gens,
Comme l'a souligné l'un d'entre-vous dans le commentaire d'un récent article, y-a-t-il contradiction entre mon article "Si J'étais Président de la République" (rubrique "Ethicus Universalis") et mes pratiques cinéphiliques ? Cet article, en effet, était une sorte de fort intéressant manifeste, en toute modestie, sur quelques règles à appliquer dans les milieux du cinéma pour améliorer, en France et dans le Monde, la qualité des films de manière significative. Rien que ça ! Parmi ces règles, une préconisait l'interdiction complète de la diffusion de films en VF au profit de la VO sous-titrée. L'idée me paraît toujours bonne. Vous trouverez dans l'article les raisons qui motivent ce choix. Fort judicieusement, Tournevis, l'auteur du commentaire, faisait remarquer qu'en ce moment je voyais les films en VF. Contradiction? Oui et non. Il se trouve qu'en ce moment, je suis loin de chez moi, quelque part à l'ouest, dans une petite ville où, malgré la présence d'un cinéma art et essai qui ne passe, donc, que des films en VO, il est impossible de voir un film autrement qu'en VF. C'est très malheureux mais c'est vrai, la seule solution pour voir des films en VO ici, serait de ne voir que des films art et essai. Dans l'article sus-cité, je parlais de la proportion de mauvais films, et dans le circuit des salles art et essai, et dans les salles "commerciales". J'arrivais à cette conclusion sans appel : il y a autant de mauvais films, en proportion, dans les deux circuits! Vous avez tous remarqué, si vous êtes déjà venus sur le site, qu'on se plaît, dans ces pages, à traiter le cinéma dans son entier, et qu'on parle aussi bien des films dits "art et essai" et des films dit "commerciaux" avec le même enthousiasme et la même exigence. Et même, quelquefois, on essaie de parler de films que personne n'a envie de voir (LA MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE, par exemple, quoique les spectateurs potentiels du film aient de bonnes raisons d'hésiter à le voir! Hé ! hé!) ou des films qui ne passent qu'une fois tous les dix ans, en salles ou à la télé, et qui sont par conséquent difficiles à voir, même si on le voulait (OÙ GIT VOTRE SOURIRE ENFOUI de Pedro Costa, par exemple). C'est vrai, en conclusion, qu'il est bien difficile, dans certaines villes (en fait dans toutes les villes, grandes, petites ou moyennes) de voir les films en VO. Alors je décide, malgré tout, et tout en étant farouchement pour une interdiction de la VF (héhé!), à voir les films doublés en français, sans quoi je ne verrais plus certains types de film. Il y a actuellement, et même parmi les cinéphiles purs et durs, beaucoup trop de gens qui ne voient que des films d'un certain type ou d'un certain genre. C'est dommage. Je pense qu'on comprend mieux le cinéma et qu'on s'enrichit dix fois plus en ayant une attitude pluraliste vis-à-vis du cinéma (et vis-à-vis de l'art en général). [Si vous avez l'habitude de ne voir que des films art et essai ou des films commerciaux, je vous conseille cette expérience très très drôle : changez de catégorie pendant quatre mois, et cessez d'aller voir des films que vous avez l'habitude de voir. C'est dépaysant, c'est moins cher que d'aller en voyage en Australie ou au Mexique, et c'est très drôle. Et puis, avec un petit peu de chance, ce sera même enrichissant.]
Alors quel est le rapport avec SPANGLISH ? Et bien, les amis, ce film de James L. Brooks (l'épouvantable réalisateur de POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE, film médiocre avec Jack Nicholson qui paie ses impôts, et l'insupportable Helen Hunt dont je m'excuse auprès de ses supporters de ne pouvoir la supporter, justement. Rejet complet. Il y a des gens qu'on ne peut pas voir en peinture, étrangement. Mes excuses.) parle justement de la barrière de la langue, et de plus, je l'ai vu en VF! Peut-être ne serais-je pas allé le voir si j'avais su, en regardant l'affiche, qui en était le réalisateur, mais bon, de toute façon, il n'y a pas grand chose à l'affiche, d'une part, et puis, il y a Adam Sandler, d'autre part. Bah...
[Interlude. Si vous passez devant un ciné, regardez quelques secondes l'affiche de CONSTANTINE. Il y a une superbe faute d'orthographe. C'est pas grand chose, mais les plus fidèles d'entre vous peuvent imaginer combien ça m'a fait plaisir, pour les raisons que l'on devine...]
 
Bah oui, Adam Sandler, après tout pourquoi pas ? Il était fort impressionnant dans le très beau et très touchant PUNCH-DRUNK LOVE (dont la dernière partie est quand même un peu feignasse). Et même s'il a  tourné un paquet de films horribles dans le passé (essayez de regarder BIG DADDY en entier!), il ne me déplaît pas de revoir le bonhomme. SPANGLISH, donc. Il s'agit d'une jeune femme mexicaine, Paz Vega (j'appelle les personnages par le nom des acteurs, car je retiens très difficilement les noms des personnages!), qui décide d'émigrer aux Etats-Unis, sans doute à la recherche d'une vie meilleure pour sa fille, Shelbie Bruce, âgée d'environ 13 ans. Elles s'installent à Los Angeles, dans le quartier latino, bien évidemment. (Le personnage de Shelbie Bruce, qui narre le film en voix-off, rappelle judicieusement qu'un habitant sur trois est latino-américain au Texas, ce qui est déjà énorme, contre un habitant sur deux à Los Angeles. Et David Byrne, chanteur et réalisateur (TRUE STORIES en 1984) plus que fréquentable, prédit à juste titre que bientôt le président des USA parlera espagnol, et que cette langue devrait devenir la deuxième langue officielle du pays,  là où bientôt les hispanophones seront majoritaires démographiquement aux USA. Il ajoute que dans quelques années, l'Américain "de souche" blanc sera largement en minorité. Logique, non?) Donc, dis-je, Paz Vega s'installe chez une cousine, avec sa fille, à Los Angeles, trouve deux jobs dans la communauté hispanique et tout va bien. Elle doit pourtant trouver, un beau jour, un nouveau job, et en journée, car elle est un peu inquiète pour sa fille, avec qui elle s'entend à merveille, qui grandit drôlement vite et va sûrement devoir être un peu surveillée, si vous voyez ce que je veux dire. Paz est une maman chaleureuse et proche, intelligente et respectueuse, mais elle a aussi des principes d'éducation assez rigoureux. Elle finit par trouver un job de femme de ménage dans une famille grande bourgeoise blanche que David Byrne qualifierait "de souche" [David Byrne, grand "sud-américanophile", est aussi ce qu'on pourrait appeler un blanc "de souche". Un WASP, quoi!] La famille est composée d'une grand-mère ancienne chanteuse de Jazz (Cloris Leachman, la formidable grand-mère mutique de BAD SANTA, film très recommandable), de sa fille Tea Leoni (Aïe! On l'a vue dans DEEP IMPACT ou JURASSIC PARK 12, et autres machins), du mari Adam Sandler, d'une petite fille de 13 ans et d'un petit garçon très jeune (et quasiment inexistant dans le film, curieusement!). Le couple Leoni-Sandler prend un peu l'eau, ce qui est décidément la grande mode dans les films américains en ce moment. Madame ne travaille pas. C'est une grande bourgeoise, hyper-sportive, qui se sent inutile et essaie de tout contrôler d'une manière épuisante pour elle et pour les autres. Sandler, lui, est un grand-chef, gentil mais complètement dépassé par les événements, dont la grande peur est que son restaurant obtienne une quatrième étoile au guide Michelin, ce qui ne manquerait pas de transformer son établissement en restaurant de luxe inaccessible et pédant. Le couple, on s'en doute, n'a plus de vie véritablement sentimentale, même si on essaye de croire que c'est toujours le cas, et ne tient que pour les enfants et sans doute pour la situation sociale. Paz, notre mexicaine femme de ménage, débarque là-dedans, toute en gentillesse et en douceur, mais sans parler un mot d'anglais. Choc du langage donc, et déboussolage complet face à cette étrange famille, un peu hystérique (et pas seulement la maman finalement) déjà dure à comprendre quand on parle la langue. Et évidemment, personne ne parle un traître mot d'espagnol dans la maisonnée. Voilà! Peu à peu, la vie se met à se dérégler, quand Sandler obtient sa quatrième étoile (son restaurant devient effectivement un cauchemar mondain et son second en cuisine lui fait du chantage professionnel afin d'obtenir 20% des parts!), et quand Paz doit lutter fermement avec Tea Leoni qui gâte, à grands coups de bourgeoisisme condescendant, la fille de Paz. Barrière de la langue et barrière des mœurs, dans une famille où personne ne trouve sa place en tant qu'individu, et où tout le monde semble avoir perdu ou renoncé à ses aspirations profondes.
C'est très dur de donner une impression de ce film qui essaie de jouer sur plusieurs tableaux, dont celui de la chronique de mœurs, de la comédie tout court, et de la comédie sentimentale. On sent souvent que James L. Brooks cherche à ne favoriser aucun des genres, quitte quelquefois à laisser hors-champ des éléments bigrement importants pour l'évolution de ses personnages. Du coup, quand ils sont confrontés à ces éléments, on a l'impression assez nette qu'ils arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe, c'est-à-dire uniquement par le dialogue, et non pas par l'action. Un peu gênant. Il y a aussi, on peut le reconnaître, une volonté de faire quelque chose de légèrement différent des autres comédies américaines. Quelque chose qui soit un peu le chaînon manquant entre le cinéma d'auteur US (THE GOOD GIRL ou PUNCH-DRUNK LOVE, justement) et la comédie classique et grand-public. Il faut être honnête, le film ne résout aucune de ces ambitions de manière satisfaisante. C'est un métrage assez long (deux heures, à vue de nez), chaotique (certains thèmes ou personnages disparaissent pendant des bobines entières et reviennent à des moments impromptus) et au final assez confus. La mise en scène est assez médiocre, au sens  propre, et n'offre aucune fantaisie ni originalité. La lumière est gentiment anonyme, le montage utilitaire, et comme dans la quasi-totalité des gros films américains (et européens!), le son n'est aucunement exploité. Ajoutez là-dessus une VF calamiteuse, où l'espagnol est doublé, visiblement, par des gens qu n'en ont pas fait depuis le lycée (sans accent! Un comble pour un film qui parle, entre autres, de la barrière du langage), et le doublage des parties anglaises est très caricatural, avec une mention pour le type qui double Adam Sandler de manière absolument catastrophique. Ça rajoute d'ailleurs curieusement un côté surréaliste à certains dialogues de Sandler, qui joue quand même sur les demi-teintes, et la contradiction entre l'acteur et son doubleur est assez impressionnante... et énervante.
Malgré tout, on se retrouve en face d'un gros machin intermédiaire! Le film ne repose que sur le scénario et les acteurs. La durée du film et la multiplicité des thèmes abordés rendent l'expérience assez surréaliste, pour le meilleur et pour le pire, si vous me permettez le jeu de mot. D'abord, le montage me donne une drôle d'impression, un peu comme si on voyait un montage encore en cours de travail. Le film semble mal élagué, en quelque sorte. On sent que Brooks cherche à créer des situations banales, en termes de confrontation,  tout en essayant de mettre le doigt sur des sentiments difficilement « cernables » et fragiles, sentiments qui concernent l'individualité des personnages, qui est ou devrait être le sujet principal et sous-marin du film. Brooks y arrive par moments très courts, qui donnent l'image de ce que le film aurait pu être si le projet avait été un peu plus abouti. Par instants, pour nous spectateurs, les personnages deviennent bien étranges, et il semble qu'on soit un peu dépassé par leur raisonnement, ce qui est assez agréable, notamment dans la dernière partie où l'intrigue sentimentale vient faire exploser la situation et atomise, de fait, la famille élargie. Dans cette dernière partie, l'enjeu se révèle. Chacun des personnages essaye de vivre en harmonie avec les siens, mais se retrouve malheureux comme un pou à l'intérieur. Les individualités sont brimées, là-même où la situation de cette famille est très banale. Ce paradoxe qui n'en est pas un (une situation familiale houleuse mais normale qui bride le cœur et les aspirations de chacun de ses membres) est une belle idée (qu'on retrouve aussi dans PUNCH-DRUNK LOVE) qui aurait du déboucher sur quelque chose de simple et de très douloureux. Car c'est bien de déchirure intérieure et sentimentale dont parle le film. Ces personnages sont tous, sans exception, des étrangers dans leur propre famille. Cette thématique est passionnante, mais le film est trop bancal, et sans doute pas assez courageux (ou trop timide) pour aller jusqu'au bout de sa démarche. Le grand fatras du montage n'arrange rien. Et encore une fois, du moins en VF, beaucoup de choses semblent arriver sans  que le film ne les montre véritablement. Notamment le rapprochement sentimental entre Paz Vega et Adam Sandler. Heureusement, sinon on s'endormirait très vite au lieu de gentiment somnoler, il y a les acteurs. Adam Sandler est injugeable. Il est trop mal doublé et donc je passe. Paz Vega, chouette actrice, choisie à coup sûr parce que Penelope Cruz était trop chère, est plutôt pas mal. On l'avait déjà vue dans le rôle-titre du formidable LUCIA Y EL SEXO de l'immense réalisateur Julio Medem (Tu nous manques, Julio!). Et surtout, il y a Tea Leoni. Il faut être franc, je n'aurais jamais, mais alors jamais misé un kopeck sur cette actrice à la filmographie si calamiteuse (même dans l'art et essai avec le piètre HOLLYWOOD ENDING de Woody Allen). Mais, miracle des miracles, elle est ici formidable. Comment décrire son travail? Avec quelqu'un d'autre, son personnage de bourgeoise sur-hystérique aurait été vraiment caricatural et antipathique. Sur le papier, c'est le cas. Elle est le nœud de tous les problèmes de tous les personnages. Dur à porter. Et pourtant Tea Leoni y va  à fond, se tord et se déchire dans tous les sens pour incarner, d'une manière un peu Zulawskienne il faut bien le dire, cette femme banale et paumée. Elle arrive, en se lançant à fond et sans retenue, à rendre crédible une personne caricaturale et caractérielle, avec un plaisir évident et une souffrance visible qui masque à peine la fille, voire l'adolescente, qui se cache derrière la femme confuse, et d'une certaine manière, omnipotente. Ce portrait de femme en pleine tempête, voulant à tout prix faire le bien autour d'elle, sans se rendre compte de la vacuité et de la "violence" de ses actes, qui se nourrissent, sans doute, à la source d'une condescendance politiquement correcte mais de toute bonne foi (elle est à bien des égards victime de la société qui l'a faite), ce portrait de femme, dis-je, est vraiment surprenant, de par la sensibilité et l'implication physique extraordinaire de l'actrice. Le film lui doit beaucoup, et sans elle, serait sans doute insupportable.
Car c'est cette violence sociale et cet écrasement des individus qui aurait du être le film conducteur et l'aboutissement de cette histoire. Ces deux nuances arrivent à l'écran ça et là, mais brouillées par une mise en scène anonyme, et surtout par de multiples cafouillages dans lesquels on ressent bien la confusion du réalisateur. Peut-être est-elle due à un remaniement du scénario ou un remontage par les producteurs, ou alors, c'est James L. Brooks qui s'emmêle tout seul les pinceaux, n'arrivant pas ou n'osant pas tirer les conclusions qui doivent être tirées des symptômes qu'il effleure, par intuition ou par chance. La dernière partie de ce film bancal à bien des égards montre clairement, même si c'est raté, que l'écrasement de tous ces individus auraient pu être, sous des abords banals, un grand déchirement. Dommage. On est assez surpris enfin, d'entendre la fille de Paz Vega, narratrice du film, déclarer en voix-off en guise de conclusion que suite à cette expérience dans une famille américaine de souche et très aisée, elle a compris que ce qui fondait son identité, c'était sa mère! Une conclusion stupide et théorique qui, en plus d'être d'une grande bêtise intellectuelle et formelle, détruit ce que le film avait réussi laborieusement à montrer. Car oser dire une chose pareille, c'est contredire exactement l'atomisation de ce groupe d'américains tous très différents (qui arrive de fait) et c'est piétiner avec mépris ce qu'ont vécu tous les personnages, au nom, non pas du happy-ending (quoique cette phrase puisse rassurer honteusement le public le moins attentif), mais au nom de la sacro-sainte cellule mère-fille toute puissante qui, pour le coup, est le comble du plus abject politiquement correct.
Il reste, c'est vrai, Tea Leoni qui défend bec et ongle, et avec quel panache, son personnage, de loin pourtant le plus antipathique. On suivra cette actrice, en espérant voir ce que donne son abnégation dans un bon film.
 
Directement Vôtre,
Dr Devo.  
 
PS: je m'aperçois que j'ai oublié quelque chose. Par deux fois, le film dérape et sort de ses rails. Dans ces deux scènes, quelque chose d'extraordinaire arrive. Il s'agit de la scène où Tea Leoni et Adam Sandler font l'amour. Et celle où Tea Leoni est aveuglée par ses propres cheveux, pendant un voyage en voiture décapotable. Ces deux courts passages sont extraordinairement bizarres, drôles et... violents, sans qu'on puisse dire pourquoi. Deux scènes sublimes qu'il fallait noter.   
 
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Publié dans Corpus Filmi

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Commenter cet article

findus 10/10/2005 09:12

tu es un peu injuste avec ce film...il est assez complexe et quand bien fichu, et le casting est vraiment réussi

Dr Devo 05/03/2005 04:05

Monsieur Cre, vous me prenez la main dans le sa d'erreurs. Peut-etre je voulais que Adam soit encore plus melancolique et c'est pourquoi je l'ai appelé sad-ler inconsciement. Quant à Téa Leoni, là encore, vous avez mille fois raison, ce qui lui fait un mauvais film de plus à sa carrière. je me donnerai 100 coups de fouet en penitence, et je corrige derechef ces erreurs. merci pour vote bienveillance. DR Devo

Monsieur Cre 04/03/2005 16:53

Cher docteur,
je suis impressionné par votre site (enfin, le peu que j'ai survolé). Et j'adhère complètement à votre conception de la cinéphilie.
Deux petites remarques sur cette articles : il s'agit de Adam Sandler (avec un N). Et Tea Leoni n'a, à ma connaissance, pas joué dans Harry dans tous ses états, mais dans un autre film de Woody Allen que je n'ai pas vu (Hollywood ending, il me semble)

Très cordialement,
Monsieur Cre

Narc 04/03/2005 14:29

Tes articles sont vraiment terribles... yep yep... j'adore !
Bonne continuation !