ELEKTRA de Rob Bowman (USA, 2004) : les brésiliennes de Beverly Hills

Publié le par Dr Devo

(photo: "Sous la Serrure et la Poignée" de Dr Devo)

Chers Compatriotes,
 
Allez, c'est fini les chefs-d’œuvre à la pelle et on retourne fissa dans mon cinéma Pathugmont, où on va pouvoir faire chauffer la carte illimitée. On commence par le rattrapage. On snobe fièrement BOUDU et BABEL EL WOUEB (mon dieu!), et on se précipite vers la dernière américanerie en cours, espérant trouver, à défaut d'un bon film, au moins une réalisation qui ressemble un peu à du cinéma. Ce sera ELEKTRA de Rob Bowman, déjà exécutant de la série X-FILES, puis de X-FILES LE FILM, et dont j'apprends, en préparant cet article qu'il réalisa également moult épisodes pour la splendide série télévisée PARKER LEWIS NE PERD JAMAIS, diffusée au temps où la télé pouvait être encore un peu fofolle. Rien que ça, ça lui vaudra quelques années de purgatoire en moins, à Rob Bowman. Quelqu'un qui s'est frotté à PARKER LEWIS... a toute mon amitié, car dans cette série, en 20 minutes, il y a souvent plus d'idées que dans neuf films sur dix, au cinéma, 15 ans après. Choisis ton camp, camarade...
 
Parmi les mots stupides et nouveaux employés par les professionnels ou les amateurs du cinéma, il y en a quelques-uns qui me courent particulièrement sur le haricot, comme on dit sur les sites vulgaires. Parmi ceux-là, citons : pitch. Le sujet en deux mots, le principe. Non, ici, dans l'hexagone, "chez nous en Amérique" quoi (voir article sur PALINDROMES), on préfère pitch à principe. Et on préfère n'importe quoi aux principes, me souffle une voix à l'oreille! Allons, ne nous égarons pas. Pitch, c'est avant tout et d'abord une marque de brioche au chocolat. Les snobs trahissent toujours leur ridicule. C'est ça qu'on aime chez eux. La brioche d'ELEKTRA est simple. Elektra est une jeune tueuse, supra-douée, un peu clairvoyante et surtout instrument vital du camp du Bien (les blancs passant des vacances au Japon) dans sa lutte contre le camp du Mal (des jaunes de souche). Tout le monde s'affronte.... Où ça? Chez nous en Amérique bien sûr! On va quand même pas aller se battre au Japon. Si les Jaunes veulent la castagne, Zonca se déplacer! Elektra, la tueuse solitaire et triste, elle a subi, devinez quoi ? Non ? Allons, quelle est la base de neuf scénarios sur dix ? Allez... Ben oui, pan dans le mille, elle a subi un traumatisme quand elle était petite. Son père lui faisait faire trop de natation dans sa piscine privée (au prix où il a dû la payer, faut rentabiliser le machin : ma fille sera championne), et surtout le Diable a tué ses parents. Etc... Etc... Elle part au Japon, 52ème état des USA où elle rencontre Terence Stamp. Ben voyons. De plus en plus réaliste. Stamp est aveugle, mais c'est aussi le chef du Bien, et il entraîne ses troupes avec sagesse. Genre : "Là où tu crois finir, souvent tu débutes", avec une voix de vieux papy Brossard en vf. Il entraîne la fillette qui devient la tueuse "que l'on sait". Mais elle est triste. Au fond d'elle, il y a encore cette petite fille qui pleure. Un peu comme dans une chanson d'Elsa (avant son album réglé, comme diraient Le Marquis ou l'Ambassadeur du Néant, que je salue). Elektra vit seule et n'a qu'un seul contact : son agent! Ben ouais, elle a un agent qui lui trouve des crimes! Objection, votre Honneur! Rejeté, et c'est comme ça.
De temps à autres, Elektra s'habille en Britney Spears. Ne roule pas du fût, c'est la production qui paie l'essence, comme on disait au collège (Parker Lewis... College... Il commence à avoir de la gueule cet article...). Elle s'habille en Alizée (je fais ce que je veux et je change de comparaison si je veux, après tout, on est chez nous, en Amérique, twice!), mais plutôt dans des teintes rouges. Tout ce cuir, ce n’est pas facile pour se battre. Si les lumières n'étaient pas sombres, si le méchant (qu'on jurerait sorti de la fausse pub façon TIGRE ET DRAGON pour le déo Axe, le déo de Dr Devo, d'ailleurs) n'était pas asiatoc, pour sûr, on se croirait, pendant ces combats, à une joute amoureuse toute en langage corporel sur le dance-floor du Disco-Momo ou du Macumba, quelque part dans la Creuse et dans vos jeunes années (Un Z qui veut dire zeugma... T'avais vu ?). Habillée chez Camaïeu ou Promod, la belle se bat. Et ça balance de tous les bords. Après je passe. On lui file un bizarre contrat qui pue. Dans l'île norvégienne où séjourne Bergman. On lui loue une villa post-moderne. Ça tombe bien, Elektra elle adore le feng-shui (plat No11). Elle fait connaissance de ses deux voisins, un père seul (Maman morte dans accident...Stop...) et sa fille de 14 ans. Dîner, présentation, voilà. La petite, c'est une rebelle. Blah, blah... Elle écoute du DAS ICH au lieu d'aller en cours et elle se shoote aux films de Werner Schroeter. Alors évidemment, elle s'est fait virer de toutes les écoles. Trop dur. Et puis, tout à coup, excusez-moi c'est mon portable...Oui... C'est moi... Oui... C'est eux que je dois tuer ?... Mmmmm. Ok, mais c'est un peu des gens normaux, non ? Oui.... Même la petite fille.... Non... Je ne peux pas... Ça fait trop mal... Elle a un t-shirt Stockhausen en plus, je peux pas faire ça... Question de ... Oui, c'est exactement ça, question de Pitch. Pendant que vous y êtes, passez-moi la Police des Scénarios... Allô ? Merde, ça a coupé!
 
Non, non, Jean-François, je ne tue pas les gens comme cela. Voilà. C'est tout. Bien sûr, le papa et la fifille, ce sont des supers héros et tout et tout. La fille se bat avec une chaîne, un peu comme en GRS. C'est de son âge. Bon, ça vaut quoi ?
Ben, en fait... Bon. Côté réalisation, ce n’est pas ce qu'on a vu de plus laid. Il y a un super plan magnifique (une vision en miroir de la petite fille qui crie avant la première attaque). C'est mieux réalisé que MATRIX et autres biduleries. J'ai l'impression qu'on se calme un peu de ce point de vue, depuis quelques temps. Bon, ça reste un découpage de story-boarder, sans doute dessiné par un spécialiste en effets spéciaux. On a vu pire, même si ça reste assez laid. Il y a un petit effort pour la photo, et un minuscule effort pour les échelles de plans (mais noyés dans la masse, ça n'a aucune importance). On peut deviner que dans une vie antérieure (genre au college), Bowman n'était pas un manchot. Le scénario est risible de A à Z. Flash-back obligatoire toutes les sept minutes (j'ai vérifié). Et surtout, désastreux personnages. Elektra elle-même est bousillée par Jennifer Garner. Anti-sexy à mort, refaite de A à Z à l'évidence, elle n'est pas sortie de Beverly Hills depuis très longtemps. Dans la dernière scène de combat, elle ressemble énormément à  un transsexuel. Et là, je n'exagère pas. Elle joue comme un pied de toutes façons. Je suis désolé pour les fans de ALIAS, mais regardez une scène avec elle, puis une scène avec une actrice des FEUX DE L'AMOUR. Il n'y a pas de grande différence. Le petite fille, jouée par Kirsten Prout, ben dis donc ma chère, est parfaite : modestie, simplicité, intensité... Pareille que pour Jennifer Garner, le silicone en moins bien sûr. Mademoiselle Prout ma chère est une enfant de grands bourgeois qui n'a jamais préparé elle-même son propre petit-déjeuner. Ramenez-nous les frères Culkin. Ils ont autrement plus de gueule. Tout le casting est au diapason. Terence Stamp est complètement égaré et affligeant, ainsi que Goran Visnjic, rescapé de la série URGENCES (les entrées du site vont exploser avec tous ces mots-clés : urgences, Garner, x-files, transexuel...), qui a pourtant prouvé dans l'excellentissime et formidable BLEU PROFOND (DEEP END en V.O) de David Siegel & Scott Mac Ghee qu'il était un acteur remarquable. (DEEP END est disponible à pas cher en édition double avec en "bonus" le fabuleux premier films de ces deux inconnus merveilleux : SUTURE. En plus dans DEEP END, on retrouve Tilda Swinton, la plus grande de tous les temps. Courez acheter ces deux chef-d’œuvres!).
 
Ben voilà. J’ai fini ma journée moi. Je suis bien content d'être arrivé au bout. Je ne savais pas trop quoi dire. En même temps, comme série Z, c'est assez marrant. Allez-y, si vous avez une carte illimitée. Et puis il y a quand même ce très joli plan... Tiens au fait, vous pouvez allez voir l'article "Votez pour le vrai plus grand français de tous les temps" (rubrique "ethicus universalis"), c'est très drôle et très intéressant. Et ça dure jusqu'au 30 Mars. Et lisez les commentaires des lecteurs, c'est encore plus drôle. Vous êtes si spirituels. En fait, on n'a jamais pris le temps de se parler vous et moi. Vous allez bien ? Ça vous a fait rire, avouez, le truc de la Brigade des Scénarios. C'est un de mes grands trucs. Sinon moi, ça va. Cet après-midi, je ne sais pas ce que je vais aller voir encore... Un petit étron probablement... On verra bien. Tiens, j’ai pas continué le truc sur Pitch. En fait, je voulais introduire le mot spin-off (ridicule ce mot), et parler de DAREDEVIL, etc… Pour allonger la sauce. Et puis, j’ai oublié. À quoi ça tient, des fois… Bon je vais me rentrer moi…
 
Dr Devo.
 
Retrouvez d'autres articles sur d'autres films, en accédant à l'Index des Films Abordés: cliquez ici!

Publié dans Corpus Filmi

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Fabien D. Cyrano 21/03/2005 22:05

Salut Docteur,

Je passais juste, là...
L'article est très drôle, j'ai rarement le courage d'aller sur le blog parcequ'il est pléthorique et que ces grands pavés inspirés semblent longs à lire mais , en fait, comme c'est drôle et (parfois) méchant ce n'est que du plaisir.
Question, l'image est issue d'une tienne oeuvre que je ne connais pas (A priori, un côté Galaxina en encore plus porno chic, non?) Je la trouve assez intriguante, vaguement obscène, un peu comme une chanson de David Hasselhof
J'embrasse le monde entier.

Loui 20/03/2005 18:55

un James Bond sur mon blog si ça t'intéresse...après un western...

Fab 19/03/2005 00:01

Hooooo Weeeee !
Do it one more time for me !
Can't stop !
Stop Devo !
There he goes again !

Dommage pour Goran Visnjic. ça me donne envie de revoir Deep End tiens.

Dr Devo 17/03/2005 18:19

Bonne réponse de Bernard Rapp. Je le savais, mais c'est normal, c'est la même famille. Grâce à vous, on en sait un peu plus sur moi, Monsieur rapp.
Dr Devo

Bernard Rapp 17/03/2005 15:38

Le saviez-vous : La baraque mégalomane du film Suture appartenait à un dentiste de bonne famille et puis ce sont les gens du groupe DEVO qui y ont établi leur QG.