REC de Jaume Balaguero et Paco Plaza (Espagne-2008): La Ballade des Gens Malheureux

Publié le par Dr Devo

[Photo: "In the garden, 'til the cake is cut" par Dr Devo]









Chers Focaliens,

Ca y est, je suis de retour de Mollywood où j'ai officié quelques temps, "pour le bien du cinéma mondial" comme disait Mr Mort qui a, entre-deux, assuré l'intérim. Qu'il en soit remercié! Moins de temps passé pour le cinéma, c'est plus de temps pour voir des films et faire des articles, paradoxalement. Dés le premier jour de sortie, on retourne donc goulûment en salle!


Balaguero, réalisateur espagnol de films fantastiques, est un petit gars très sympathique qui a bien profité du plan de son gouvernement, et par conséquent il a été un des réalisateurs intéressants qui ont permis ces dernières années de relancer la production de films fantastiques espagnols, et de qualité en plus. Accompagné par le réalisateur-producteur américain en exil volontaire Brian Yuzna (réalisateur du très beau SOCIETY, rappelons-le), Balaguero et ses collègues ont signé des films assez ambitieux et surtout d'un grand soin technique. Un souci de mise en scène rigoureuse qui fait plutôt plaisir à voir. Si LA SECTE SANS NOM m'avait paru bien mou à l'époque, je fus étonné dans le très bon sens du terme par le tenu DARKNESS, film assez abstrait et de très belle ambition et qui pourtant démarré sur une base très conventionnelle. Un très beau film. Vint ensuite FRAGILE plus balisé, moins surprenant mais pas infamant, même si on était assez loin de la personnalité étrange de DARKNESS justement. Malheureusement, FRAGILE dut se contenter en France d'une sortie directe en dvd, très bizarrement.


Ici, avec son nouveau film REC qui est coréalisé avec le jeune metteur en scène Paco Plaza que je ne connais pas, Balaguero revient sur le devant de la scène et dans les salles avec un joli principe qui était déjà celui de la grosse production récente CLOVERFIELD que j'ai loupé en salles et dont vous, chère jeunesse focalienne, m'avez dit par mails interposés et divers témoignages que c'était pas mal du tout. Alors, c'est quoi cette histoire d'enregistrement? Bah justement, j'y viens... Changement de paragraphe et résumé, hop hop.

 




Nous sommes en Espagne de nous jours. Une jeune présentatrice télé tourne cette nuit-là un reportage sur la vie des pompiers de la ville, avec son collègue caméraman. Malheureusement pour elle, il ne se passe pas grand chose. Pas d'appel d'urgence, pas d'incendie spectaculaire, rien. Notre héroïne filme donc la vie dans la caserne, gentiment ennuyeuse, lorsque tout d'un coup, enfin, une équipe est envoyée en intervention. Il s'agit de délivrer une vieille dame qui s'est enfermée par erreur dans son appartement et qui panique, dérangeant au passage les voisins. Bon, ce n'est pas la panacée quand on veut faire du ENVOYE SPECIAL mais c'et déjà ça, et notre équipe télé embarque en même temps que les pompiers dans le gros camion rouge. Arrivés sur place, c'est assez rock'n'roll! Les pompiers ouvrent l'appartement de la vieille et la découvre en nuisette et en petite culotte, complètement hagarde et couverte de sang. Alors qu'il s'apprête à l'amener vers l'ambulance qui attend dehors, un policier présent se fait attaqué par la vieille (méfiez-vous des vieux, on vous le répétera jamais assez) qui lui boulotte le visage en cinq set! Le policier est très amoché, perd beaucoup de sang dans la violence de l'attaque, et c'est parti pour une deuxième ambulance. Quelques minutes plus tard, c'est un des deux pompiers qui fait une chute de plusieurs mètres dans le vide de la cage d'escalier. Là aussi, le pauvre petit gars perd énormément de sang. Lorsque tout ce petit monde tente de sortir de l'immeuble, la situation vire au surréaliste: le bâtiment est encerclé par les forces de l'ordre, et personne n'a le droit de sortir! Voilà donc notre équipe télé, un policier un pompier et les autres habitants de l'immeuble, assignés à résidence alors que deux d'entre eux sont ostensiblement en train de mourir! Pourquoi les autorités ont bloqué le bâtiment? Pourquoi cette visite de routine tourne au carnage? Qu'est-il arrivé à la petite vieille? Autant de questions que nos pauvres hères devront se poser à mesure que les événements étranges et violents s'accumulent. Ce n'est pas gagné...

 

Un petit immeuble, des voisins, une équipe télé et hop, c'est parti pour ce film fantastique et confiné qui, disais-je plus haut, reprend le principe de CLOVERFIELD: faire du fantastique non pas dans le cadre d'une narration conventionnelle, mais à travers le témoignage de la vidéo. En effet, REC le film est en fait non pas le reportage tourné par l'équipe de télévision, mais les rushes de la soirée, consciencieusement filmé par le caméraman. On assiste donc au défilement en caméra reportage des événements sanglants de la soirée. La narration est en quelque sorte à la première personne. Un monstre attaque la ville, je le filme sur mon caméscope disait CLOVERFIELD. Une vieille dame se met à boulotter ses contemporains, je fais pareil, dit REC. Un joli principe, très séduisant en effet, le cinéma d'horreur et fantastique étant celui de l'artificiel par excellence (enfin sur le papier, hihi! regardez un Guediguian pour voir!) et donc de la mise en scène la moins naturaliste possible, et ne regardez pas de Guediguian, c'est une blague!


Un bien beau principe super chouettosse, mes petits loulous, me disais-je alors que le film démarre. Pendant 20 minutes, et le film est assez court (80 minutes générique compris), REC prend ses aises et se paye le luxe plutôt agréable qu'il ne se passe rien. Les pompiers jouent aux cartes, au basket et dorment, attendant que la sirène retentisse. La jeune présentatrice, elle, multiplie les points de vue gentiment stupides des reportages télés. Oki. Par contre dés qu'on rentre dans l'immeuble, la chose devient plus palpitante. Alors, évidement, le principe même de la chose implique un filmage un peu à l'arrache et brut de décoffrage. C'est le premier écueil, à peu près évité par Balaguero et Plaza que de ne pas faire que des plans tremblés à tout bout de champ, même s'il y en aura beaucoup. REC est quand même bien composé. Pas mal de plan sont regardable ou même assez jolis. Les plans qui s'approchent des fenêtres (le bâtiment est baché), nous donne quelques jolies choses dans l'éclairage trash et composé, définition vidéo oblige, et surtout ils mettent bien en avant l'élément qui est bizarrement le plus loufoque du film (dans sa logique): le bâtiment est encerclé de militaires et autres force de l'ordre qui apparaissent très menaçant dés que nos personnages tentent de sortir. Bon point.


Evidemment, vous l'aurez compris, tout ça tourne autour d'une histoire de zombies. Faire un film de zombies dans un univers confiné et surtout banal, c'est une bonne idée. L'impossibilité de sortir sonne comme une double menace et non pas un artifice scénaristique. Bon point là aussi. Les premiers événements sont en plus pas mal amenés (le premier pompier qui a un accident, un des trucs les plus immersifs du film) et les sorties dans les appartements, faites à tâtons sont assez anxiogènes. Bon, dans un article qui ne veut pas tout vous dévoiler ça ne fait que quelques phrases, mais à l'écran ça nous fait pas mal de moments bien troussés, même si le tout, hormis les plans prés des fenêtres comme je le disais, n'est pas d'une beauté transcendantale, ce qui aurait été d'ailleurs un beau défi si on considère le principe "à l'arrache" qui est le ferment du projet.

 



Car REC est un beau projet, essayant de marcher sur les plate-bande du PROJET BLAIR WITCH et en faisant quelque chose qui n'a rien à voir: montrer certes, mais aussi se placer entre deux chaises, à savoir le film d'horreur à la narration classique, plongé dans un univers fantastique de bon aloi, et la banalité de la violence des faits, ici envisagé au premier degré. Très bon parti, très bon projet. Le bât, ceci dit, blesse quand même pas mal, car, et ça en est presque fascinant, REC se plantouille gentiment ou gravement selon les moments, à peu prés autant qu'il est séduisant. Le film est très bancal. Et je vais, mes amis, vous dire pourquoi, en toute condescendance mais aussi en toute générosité! Fin du paragraphe de transition. Je saute deux lignes.



Ce ne sont pas de petites choses qui trahissent la fragilité de l'ensemble. Certaines scènes horrifiques marchent très bien, on l'a dit, et je vous laisse les découvrir. Par contre beaucoup de défauts s'accumulent aussi dans un mouvement paradoxal. Et ouvrez le bureau des pleurs...
Enfin de compte et malgré le principe beau et loufoque du film, on est assez peu dépaysé. La faute principalement est à incomber à notre vieil ennemi de toujours, le Vieux Satan des cinémas de tout genre: Scénario! Là encore tout n'est pas raté mais quand même certains parti pris font froid dans le dos. Tout d'abord, la populace de l'immeuble est très très "charactérisés". Les personnages sont très écrits et extrêmement typés: la mère de famille du type "c'est ma fille, ma bataille", la petite fille donc (devinez, devinez, devinez qui je suis, comme disaient les poètes), le vieux gay très folle et précieux, l'infirmier sérieux et avec la tête sur les épaules, la famille asiatique (dont seule la mère existe d'ailleurs, ça sentirait presque les scènes coupées tant le reste de sa famille est complètement ignoré par le film; on ne sait même pas ce qui leur arrive; ma théorie est qu'ils ont réussi à s'échapper!) et un couple de retraité qui ne savent plus où ils ont mis leurs lunettes et leurs dentiers, n'en jetez plus. Alors là par contre, on est pas dépaysé du tout. Si les pompiers et les policiers fonctionnent bien et sobrement (le pompier est bien joué d'ailleurs), pour le reste c'est vraiment too much. Les asiatiques font du textile. Le vieux gay dragouille le caméraman, etc... Le film distille un vrai sentiment de panique, et ça marche, mais malgré tout, cet échantillonnage Ifop d'un immeuble représentatif est un peu balourd et surtout, plus grave, nuit au sentiment de gratuité et donc d'angoisse insupportable et banale du film. Là, j'avais la puce à l'oreille. Les parties plus "sociales" comme dans tout film de zombies post-romerien, avec ses enjeux classiques (chercher le papy alité là haut, les personnages mordus qui s'isolent pour pas être un danger pour les autres, etc...) s'enclenchent dans des bruits de grincements, du coup, et passent assez artificiellement, sans qu'on soit dans l'urgence et le désespoir absolue des bons films du genre. Le scénario très construit finalement est énormément sur rails. Du coup, Balaguero et Plaza commettent des erreurs stratégiques qui n'ont l'air de rien, mais vont tranquillement éroder la puissance potentielle du film. Comme cette séquence où, pendant une pause (très destructrice pour le film du coup), l'héroïne interviewe les gens de l'immeuble! Que c'est artificiel! Tous les personnages ou presque (sauf l'infirmier qui a, à ce moment là, une fonction scénaristique d'information bien amenée d'ailleurs) sont mis en avant dans toute leur artificialité et là, pour le coup, il ne se passe rien, sauf de l'enfilade hollywoodienne classique: interview neuneu de la petite fille, interruption de la maman, comportement très balisé de la journaliste, pause détente avec le vieux gay, etc... Pour le rythme du film, une pause aurait pu être une idée déroutante et de bon aloi. Ici, bourrée de messages à caractères informatifs, pas passionnants en plus, la séquence parait simplement balourde et plombe malgré sa relative brièveté. Le film semble s'arrêter sans que ce soit justifié (enfin si c'est complètement ça, et c'est ça le problème en fait) ou sans que ce soit fulgurant. Premier indice: cette pause est bougrement contre-productive et coupe complètement le beau sentiment d'immersion jusque là présent. Quand le film redémarre sur les chapeaux de roue, nous ne sommes plus coincés avec eux, nous regardons un film, et ce malgré certaines bonnes idées dans la partie suivante. Cette séquence est donc un déséquilibre narratif et surtout rythmique qui va minimiser les efforts de mise en scène à suivre. [Une petite note: que le film s'arrête et qu'il ne se passe rien était une très bonne idée par contre. Se payer le luxe du vide aurait été très gonflé et surtout anxiogène. Ici, Scénario m'a tuer, donc.]


Deuxième défaut que cette séquence révèle sans en avoir l'air, c'est le problème de l'héroïne. Non seulement, le show must go on pour elle, ce qui est quand même un peu étonnant au vu de l'extraordinaire violence et l'angoisse extrême ambiante, mais en plus la donzelle ne surprend pas du tout. Je m'explique. Pourquoi le film doit encore à ce stade ressembler à un reportage? Les événements sont assez énormes pour que ça devienne autre chose, mais en fait non, journaliste un jour, journaliste toujours! Déjà le personnage de l'héroïne devient un personnage classique hollywoodien. En fait, le filmage va muter, et là pour une fois on peut dire "grâce" au scénario lorsque la caméra deviendra un élément de survie et un outil, très belle idée d'ailleurs. Et puis surtout... La journaliste, c'est l'élément de référence dans le film. On la suit, on est proche d'elle. Même si le personnage est maladroitement écrit, si on plonge, c'est avec elle. Or, elle se comporte comme... un personnage de film d'horreur! C'est très étonnant, mais si vous allez voir le film, observez bien, les cris, les attitudes, les réactions... Ce personnage est terriblement classique. Il ne fait jamais corps, et c'est un énorme paradoxe, le plus grand du métrage, avec le film lui-même. C'est un élément importé des autres films d'horreur. Cris, engueulade, panique, écroulement, c'est un personnage féminin d'un grand classicisme. Elle se comporte comme dans un film d'horreur normal. Bon, je crois que sans être infamante, l'actrice n'est pas excellente, mais il n'empêche pour des raisons d'écriture, elle rompt complètement le pacte romantique du film, si j'ose dire. Elle aussi, et même principalement, fait chavirer le bel exercice d'immersion en film classique. Le film, entre deux chaises pour le coup en pâtit énormément. Là aussi, gros défaut d'écriture qui prend une importance stratégique létale.


Et c'est peut-être ça qui rend REC bien en deçà de sa puissance de feu supposé ou possible. Il veut être dépaysant, sombre et inattendu, et se révèle être terriblement écrit, dans un style classique. Ce défaut est patent et dramatique dans la partie la plus désastreuse du film, le final, ou même là, il y a de bonnes choses! Bon sang de bois, mais que leur est-il passé par la tête? Le pêché majeur de REC c'est cette scène finale où toute la gratuité et donc la puissance du film s'écroule. Pourquoi Plaza et Balaguero, co-scénaristes d'ailleurs, ont voulu justifier leur film? Mais quel est donc cette piteuse et très attendue justification? Le film était bon parce qu'il nous plongeait un peu hors du cadre fantastique ou hollywoodien, et voilà que débarque une longue explication, très rébarbative et d'une banalité absolue, renforcée de manière destructrice par une direction artistique épouvantable à ce moment précis: l'appartement où a lieu la séquence, avec ses coupures de journaux et son ambiance à la SEVEN (on y est presque, même si je force le trait) font plonger le film dans un "gothique" (abus de langage) de mauvais aloi, complètement en contradiction avec l'ensemble. C'est le plus mauvais choix du film même si, je le répète, il y a une ou deux bonnes choses à cet endroit.

 


Et oui, REC est un film classique curieusement, et un peu maladroit. Grosse déception. Je finirais en disant qu'il y aussi des élégances belles (on ne verra jamais le caméraman, très belle idée), une sublime licence poétique absurde mais très mal placée (la journaliste demande à revoir une scène: on voit la cassette se rembobiner ce qui détruit le principe narratif mais était assez gouleyant sur le papier: malheureusement... 1. Ca arrive trop tôt, il aurait fallu garder cet épisode à la place de celui des boites aux lettres; imaginez la panique en plein couloir de prendre le temps de faire ça, ce qui s'articulerait bien avec mon... 2.une bonne idée aurait été que le caméraman remontre trop loin ou pas assez sur la bande, obligeant le spectateur à la répétition, et 3. la scène remontrée n'est pas assez longue: il aurait été gonflé et angoissant, car cela n'arrive jamais dans un film normal, de revoir tout de suite après la même scène deux fois! Très malpoli, ça aurait été! Deux fois quatre minutes! Mmmmmmm, je m'en léche les babines rien qu'à l'idée...), une grosse maladresse de son pourtant parent pauvre du film (quand le scientifique débarque, le zoom fait partir de la musique alors que le film est dépourvu: ce sont des nappes de bruit mais quand même; l'idée est bonne, mais le zoom est presque en trop et d'ailleurs, quand ça dézoome, il n'y a plus de musique), etc... Bref des petits machins très bons (le plan en plongée sur la cage d'escalier, très artificiel, mais qui fonctionne bien par rupture de ton), et pleins de petits machins plombant, sans doute du à une volonté de trop charactérisé le scénario. Malgré l'attachement au film, difficile de ne pas être déçu. Le sentiment de panique et d'immersion iconoclaste étant largement balayé par le sentiment de voir un film classique. Il manque à REC sans doute de la rigueur, mais il déçoit encore plus dans sa volonté de rentrer dans le rang, de faire un film qui ressemble à un film, et de minimiser les accidents. Il manque aussi le risque de vouloir pousser le film vers quelque chose de plus expérimental. En voulant éviter à tout pris le risque d'être austère ou REChe (hahahaha), dommage, REC prend encore le spectateur par la main et l'emmène dans des territoires pas si inconnus. En voulant assurer leurs arrières et garder un film séduisant, Balaguero et Plaza ont signé un film de plus. On a vu pire, certes, mais on est passé à côté de quelque chose de bien plus grand. REC est un film de plus, c'est décevant!

 

 

Calmement Vôtre,


Dr Devo.

 

 

 

 

Publié dans Corpus Filmi

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Guile21 17/05/2008 16:25

Non, Norman Bates ! Vous n'êtes pas seul.Allez faire un tour sur mon blog (je crois que dans l'entête on y voit mon "site") un de ces 4 pour voir ce que je pense de Cloverfield que j'ai trouvé vraiment trés interessant. Bien plus interessant que le "background" du film ne le laissait supposer.

Norman Bates 12/05/2008 17:22

Apparemment je suis le seul a avoir trouvé Cloverfield plutot bon, avec de très belles idéees d'accidents cinématographiques, notamment dans le montage.

Martin r 07/05/2008 16:49

Moi j'étais à côté de Lucile pour le Romero (et aussi à côté d'un grand type qui hurlait "à poil à poil" lorsque l'américain barbu est entrée en salle ; je soupçonne Bernard mais bon...) et effectivement il y a de très très belles choses.Ce qui me surprend c'ets que Rec, Cloverfield, Diary of the Dead et (dans une moindre mesure) Redacted partent d'un même principe qui est la construction d'un récit à partir d'images qui aurait existé en dehors de toute intention narrative et pourtant chacun de ces films a une visée propre (quoique celle de Cloverfield est un peu sale) :- frénésie et horreur primale pour REC, je n'avais jamais eu aussi peur au cinéma de ma vie et je n'ai plus 13 ans.. Il faut tout de même reconnaître le savoir faire viscéral de ce film, surtout lorsque vous attribuez des qualité du même accabit chez d'autres (Noé au hasard ?). D'ailleur le seul film de ce corpus à plus ou moins respecter le principe de : "à image crade, micro et donc son pourrave"- Comment l'hoolywoodien prend le pas sur la forme pauvre chez Cloverfield (je ne sais toujours aps comment il fait pour avoir autant de basses, un spectre large et optimisé 5.1 avec sa caméra second prix de chez Darty le mec...).- Comment une image véhicule ou non un idéologie, quelle est le circuit et le mouvement de celles-ci (net, réseau de surveillance, reportage bien pensant européen très drôle...) chez De Palma- quelque chose de beaucoup plus à tiroirs et opétique chez Romero (il y a certains plans ou les attractions métaphysiques entre les personnages m'ont rappelé "le fils" des Darden'Bros).Voilà en tout cas je trouve tout ça surprenant, ce qui est déjà pas mal ; et en ce qui concerne REC j'abonde plus dans le sens de Lucile Da que dans le votre bien que votre verve soit toujours aussi bonne...m

lucileda 05/05/2008 12:21

Salut Doc,Merci j'ai eu peur que vous fussiez censurés après tant de silence!J'ai vu le Romero (A paris, j'étais cachée derrière Bernard) et je vous en promets des belles choses en effet mais selon moi les comparaisons avec REC feraient mieux de rester limitées. Un procédé narratif ne suffit pas à former ni un genre ni un style et ça on le voit déjà en ragardant Cloverfield. Pour REC je ne suis pas tellement OK avec vous cher docteur en ce qui concerne la fin. (et je dis pas ça parce que je suis une fille et que par conséquent peut-être j'ai eu encore plus peur que vous).Selon moi le retour au "gothique" à la tradition "excorcienne" en tout cas de l'horreur cinématographique" n'est pas une faiblesse. Laissez-moi m'expliquer.En effet, cet ingrédient ne fait qu'épicer un mélange, (il n'est pas la clé ultime du film qui serait plutôt la contagion de la "rage") dont, les éléments traditionnellement contradictoires sont ici réconciliés.(science, magie, hystérie violence humaine et maladie). En plus cette dernière diversion est tellement dérisoire qu'on se rend vite compte qu'elle n'est qu'un autre masque de l'horreur. L'indiscible apparaît ainsi derriere ces apparances et c'est toujours ça qui fait le plus peur. Sinon c'est vrai que Angela est peu caricaturale... Mais chapeau quand même aux plans séquences et la gestion très bizarre de l'espace.

Dr Devo 03/05/2008 10:16

Alors pour le Romero, la rumeur focalienne est bonne. Notre ami Beranard RAPP l'a vu en présence du maître, et son verdict précis donne l'eau à la bouche. Même chose pour nos amis de la faocle Karl Walden et Denver qui ont vu la chose au festival du film fantastique de Bruxelles: du fon, beaucoup de forme, un pincée de rires, et beaucoup de noirceur. Pour nous simples mortels, ce sera en juin.Dr Devo