Chroniques de l’Abécédaire, épisode 2, deuxième partie : la zone rouge du sauvage petit nerf à vif dans la soupe n°39, vous aimez ?

Publié le par Le Marquis


Entre les deux, mon coeur balance (Robert de Niro dans LES NERFS A VIF).

Suite et fin du début, qui n’était que le commencement ! Vous trouverez en fin de page le lien vers la première partie de cet article si par malheur vous êtes passés à côté. On garde le sourire, et on enchaîne, vite ! vite ! vite !
 
N comme… LES NERFS À VIF, de Martin Scorsese (USA, 1991).
Autre révision après LAS VEGAS PARANO d’un film vu à l’époque de sa sortie, mais perdu de vue depuis. Et c’est très curieux de le redécouvrir aujourd’hui, ce qui ne le met pas forcément à son avantage, mais a également pour effet de le mettre en perspective et de mieux le comprendre (je ne l’avais que modérément apprécié à l’époque). S’il n’est pas toujours valorisé quinze ans après (fichtre ! Le temps passe ! Pourquoi personne ne m’a prévenu ?), c’est à la fois à cause de la parodie du film dans l’épisode « Lac Terreur » des SIMPSON (saison 5) qui m’est constamment revenue à l’esprit pendant la séance, et surtout parce que la mise en scène de Scorsese, novatrice à l’époque, a vu ses effets rentrer dans les mœurs depuis, et plutôt deux fois qu’une, même si les descendants de cette mise en scène quasiment construite et structurée par son goût pour l’effet ont rarement fourni un travail aussi maîtrisé, loin de là. Ce remake du vieux thriller (fort bien interprété mais assez mou) de Jack Lee Thompson était en effet à l’époque très expérimental, mettant le paquet sur les effets visuels, les angles de caméra mouvants et torturés, le montage vif et précis faisant cependant la différence avec d’autres mises en scène déjà pas mal tape-à-l’œil à l’époque (voir ce sommet de comique involontaire qu’est le film RICOCHET de Russell Mulcahy). Cet aspect expérimental paraît avec le recul un brin éventé, et le film est encombré de quelques lourds symboles christiques typiques de Scorsese, qui me laissent toujours aussi perplexe et peu convaincu (en particulier les stigmates dans les paumes de Nick Nolte dans la dernière séquence du film). Ceci dit, le film n’a rien de déplaisant et fait preuve encore une fois d’une virtuosité qui s’avère parfois particulièrement payante : Scorsese réussit tout de même à faire naître l’angoisse d’un plan sur un ours en peluche lors d’une scène astucieuse et très inventive. La mise en scène évoque d’ailleurs à plusieurs reprises l’univers de De Palma, peut-être, entre autres choses, à cause d’une scène montrant De Niro travesti en femme ? L’interprétation est du reste très à l’image du film : constamment sur le fil (Robert de Niro et Juliette Lewis frôlent souvent le ridicule sans jamais y sombrer), et Jessica Lange a rarement été aussi bonne, comme le souligne, probablement involontairement, l’une de ses répliques : « Acting ? I don’t remember acting… ».
 
O comme… OBJECTIF TERRIENNE, de Julien Temple (Angleterre / USA, 1988).
Lancé avec son ABSOLUTE BEGINNERS d’une virtuosité et d’une vulgarité tapageuses, Julien Temple n’a pas tardé à retomber lourdement au sol. Il persiste et signe avec cette comédie musicale, EARTH GIRLS ARE EASY en VO, hélas absente de cette édition DVD tout ce qu’il y a de plus sommaire. Je dis bien hélas, car la VF, d’assez piètre facture, n’aide en rien à repêcher ce film inutile et sans enjeux, qui raconte le bref séjour de trois extra-terrestres (Jeff Goldblum, Jim Carrey et Damon Wayans) venus sur Terre, attirés par les formes généreuses des représentantes femelles de la race humaine, qui sont recueillis par une manucure mal mariée (Geena Davis), enchantée par la rencontre, qui décide alors de les emmener en boîte. Qu’un projet aussi bancal et mal écrit puisse trouver des financements aussi confortables laisse le chaland bien perplexe. Le problème ne réside pas dans la direction artistique, volontairement axée kitsch et grosses ficèles, qui semble vouloir courir après la fantaisie de films de l’époque comme LES AVENTURES DE BUBKAROO BANZAÏ, ou comme le ROCKY HORROR PICTURE SHOW, sans jamais, car c’est bien là que le problème se niche, égaler ces références. Et pour cause : si la mise en scène est propre et (lourdement) sophistiquée, l’écriture est par contre déplorable, et le film s’enlise dans un rythme laborieux, un récit dénué du moindre intérêt qui ne se réveille que lors de séquences musicales qui font complètement l’effet de clips égarés là, lâchés comme des grenades au milieu d’un grand n’importe quoi à la fantaisie laborieuse et rarement drôle. Si quelques séquences surnagent (dont un rêve introduit par la vision du film LA BELLE ET LA BÊTE de Cocteau, ou une chanson anti-blondes un peu amusante), le reste piétine, et le délire est convenu et très poussif. Aucun intérêt.
 
P comme… LE PETIT CHAPERON ROUGE, d’Adam Brooks (USA / Israël, 1989).
La même chose en pire ! Et re-belote pour une comédie musicale cette fois centrée sur une relecture naïve, pour ne pas dire totalement niaise, du conte du Petit Chaperon Rouge, transposé ici par les soins des producteurs labellisés Ringard de la firme Cannon, Menahem Golan et Yoram Globus (auxquels on doit notamment SUPERMAN IV et l’adaptation cinéma des MAÎTRES DE L’UNIVERS, miam, slurp), à l’époque occupée par une série d’adaptations de contes, les « Cannon Movie Tales », également illustrée par des films comme LA BELLE AU BOIS DORMANT, dont je vous parlerai peut-être un jour prochain. Autant le dire tout de suite, cette transposition, dès les premières minutes, sonne comme une plaisanterie face à la magnificence d’un film comme LA COMPAGNIE DES LOUPS. Que dire… Le film est visuellement d’un cheap assez désarmant. Le bois enchanteur est une vulgaire exploitation forestière, avec des arbres sagement alignés en lignes parallèles avec nombreuses souches toutes fraîches, ce que le chef-opérateur tente piteusement de dissimuler en cadrant son décor de biais. Les décors font pitié, avec leurs grandes fenêtres ouvertes sur un fond uniformément bleu, une toile tendue fera l’affaire, on enchaîne, on enchaîne, on a encore quinze films à faire aujourd’hui ! Et en guise de loup, grand classique, nous avons juste droit à un berger allemand débonnaire qui folâtre joyeusement au milieu de figurants qui jouent les effrayés. Bien sûr, pour tenir la durée d’un long-métrage, le récit est copieusement « enrichi » (mouais) : le chaperon, prénommé Linette, vit paisiblement avec sa mère (Isabella Rossellini !) dans l’attente du retour incertain de son papa Perceval, parti faire quelque chose de sûrement très important depuis des années (la quête de grôles, probablement), et dans l’espoir de voir un jour une fée, ce pour quoi elle gambade comme une bête dans les bois environnants. La vie est dure dans ce moyen-âge de pacotille, d’autant plus que le roi félon, frère sans cœur du papa de Linette, règne dans la terreur et l’oppression, avec l’aide de son lieutenant lycanthrope (le berger allemand-garou, c’est lui !), interprété par un comédien d’un absurde proprement indescriptible (quelque part entre Aldo Maccione, Jean-Claude Brialy et Malcolm McDowell, peut-être ?), Rocco Sisto, aperçu dans le réactionnaire L’EFFACEUR et dans le superbe LORENZO de George Miller. Et tout ce petit monde chante, les salauds, des bluettes mielleuses pour les gentils et des comptines méchantes pour les méchants. Chacun a droit à sa chanson, sauf les personnages importants qui rempilent occasionnellement (à la 4e, on risque fort d’être saisi d’une envie compulsive d’auto-mutilation), et à l’exception également du roi félon, puisque l’acteur interprète également Perceval. Mais comme l’acteur en question, c’est l’improbable Craig T.Nelson (mais si, souvenez-vous : le papa de la série des POLTERGEIST, le méchant flic de TURNER ET HOOCH !), en duel au sommet face à Isabella Rossellini perdue dans cette Star Academy narrative – devinez qui gagne ? Craig T.Nelson² est mauvais comme un cochon sous sa perruque, et interprète sans doute la pire chanson du film – sons bontempi garantis un an – et donc la plus drôle. Une véritable purge, ce film. Les plus pervers d’entre vous y jetteront un œil à l’occasion, et ne manqueront pas d’alterner la VO avec la VF, atroce, la seule version proposant des chansons traduites interpétées (sans le R, c’est plus juste) par des doubleurs qui chantent horriblement faux. Et les pervers ne rateront pas non plus, dans la séquence finale, la récompense de Linette : ni des lunettes, ni une levrette, mais le droit de voir, enfin, une vraie fée – à l’image, juste une nana avec une robe à paillettes. Comme disait Bart Simpson, c’est merde-veilleux !
 
R comme… LA RIVIERE SAUVAGE, de Curtis Hanson (USA, 1994).
Retour aux affaires avec un film un peu plus intéressant, thriller hollywoodien pur jus interprété par une Meryl Streep en forme, par Kevin Bacon en assassin, qui ne nous montre pas cette fois (désolé les filles) le maillot de bain généreusement rempli aperçu dans VENDREDI 13, par David Strathairn (qui rempilera dans le genre thriller en terres sauvages dans le très beau LIMBO) et par John C.Reilly, complice menaçant de Kevin Bacon (c’est la deuxième fois, après LES NERFS À VIF, qu’on veut nous faire peur avec un nounours, vous avez remarqué ?). C’est un récit classique et, il faut bien le dire, extrêmement formaté, qui nous est proposé avec le récit de cette petite famille partie faire du rafting, kidnappée par deux braqueurs en fuite. Soyons justes : le film est réalisé avec une belle efficacité et se suit fort agréablement, la mise en scène étant loin d’être indigente. On regrettera juste ces conventions d’écriture qui renvoient aux pires moments du cinéma de Steven Spielberg, et qui consistent à construire un récit à suspense presque exclusivement autour de la problématique de la famille en danger, labrador courageux inclu – le danger du désamour et de la lassitude étant prestement remplacé par un danger nettement plus concret qui va, bien entendu, contribuer magiquement à resserrer les liens, comme dans mille autres films de studios, genre LA MAIN SUR LE BERCEAU (du même Curtis Hanson, mais en nettement moins réussi). On marche donc aux aspects les plus fonctionnels du récit et de la mise en scène, assez spectaculaire, tout en déplorant la banalité affligeante du sous-texte, qui contribue pour beaucoup à tirer le film vers le bas et à n’en faire qu’un bon programme pour le dimanche soir, vite vu, vite oublié. Préférez lui donc LIMBO de John Sayles, plus riche, plus intelligent… et très nettement plus audacieux.
 
S comme… SOUPE AU CANARD, de Leo McCarey (USA, 1933).
Ah ! Un petit film des Marx Brothers, ça faisait longtemps, et ça fait bien plaisir ! Il serait dommage, pour ceux qui n’ont jamais fréquenté cette petite troupe fraternelle, de passer à côté de leur univers à cause de ce que les « grands génies comiques du 7e Art premier tiers » peuvent sembler avoir de poussiéreux, icônes de ciné-clubs trop largement représentées par le surestimé Charlie Chaplin, qui n’est pourtant pas le meilleur du lot à mes yeux. Mais si j’apprécie parfois un Buster Keaton, un Harold Lloyd ou à la rigueur un Laurel & Hardy, j’avoue avoir bien plus d’affinités et d’intérêt pour l’humour des Marx Brothers, qui n’a pas pris une ride et pré-figure ouvertement le travail des Monty Python, de Woody Allen dans ses meilleurs moments (GUERRE ET AMOUR par exemple) ou des Zucker-Abrahams-Zucker. On retrouve donc ici Groucho, Harpo, Chico et un Zeppo toujours très en retrait (élément sage du groupe, qui n’a presque toujours rien à faire de particulier à part faire acte de présence, comme c’est le cas ici), dans le récit chaotique de l’accession au pouvoir d’un tyran (Groucho) propulsé à la tête de Fredionia, pays qu’il va prestement mener à la guerre et au chaos indescriptible. On lèvera la pédale, contrairement à certaines têtes blanches et radoteuses de notre bonne vieille critique, sur la supposée « charge politique » contenue par le film, car il y a juste de quoi faire chic lors d’une présentation du film à la cinémathèque. Les Marx Brothers ironisent bien évidemment sur le pouvoir, puisque cela fait partie du sujet abordé, mais ils ne changent pas leurs habitudes, consistant précisément à torpiller ce sujet, à le miner de l’intérieur, à le mener au bord de l’implosion en parasitant constamment le bon déroulement du récit pour l’envoyer dans le mur. Le propos n’a pas grand chose à voir avec les dérives de la dictature, et renvoie plus volontiers à un récit évoquant par la petite bande le conte « Le système du Docteur Goudron et du Professeur Plume » d’Edgar Allan Poe : c’est la folie au pouvoir, on se relaxe et on observe comment le cours des événements va dégénérer, emporté par des vagues de plus en plus furieuses d’humour absurde, totalement non-sensique, mélange ahurissant de jeux de mots, de comique de répétition (ici très largement relayé par la paire de ciseaux de Harpo), le slapstick le plus frénétique, les quiproquos, les gags les plus absurdes, dans un mouvement à suivre les yeux et les oreilles grands ouverts, car ici, tout est mis à contribution, les dialogues bien sûr, mais aussi le cadrage, le montage ou le son. La mise en scène suit discrètement – car l’énergie du quatuor moins un bouffe littéralement l’écran – mais assez efficacement, avec des séquences parfois surprenantes et quelques effets visuels très réussis – voir, lors d’une séquence assez poétique de dialogue par tatouage interposé, ce chien surgir d’une maison tatouée sur le torse de Harpo. Une excellente comédie.
 
T comme… TEENAGE CAVEMAN, de Larry Clark (USA, 2002).
On a beaucoup parlé sur Matière Focale de la série MASTERS OF HORROR ces dernières semaines. Ce TEENAGE CAVEMAN fait quant à lui partie d’une petite anthologie de longs-métrages, CREATURE FEATURES, produite par Stan Winston il y a quelques années : une série de téléfilms soignés, adaptés (de près ou de loin, le jeu consistant souvent à reprendre le titre et à broder autour) de petits classiques de série B des années 50 produites par la firme American International dirigée par Samuel Z.Arkoff et James H.Nicholson, producteurs notamment de la série de films adaptés avec talent de l’œuvre d’Edgar Allan Poe par Roger Corman dans les années 60. Après THE DAY THE WORLD ENDED, de Terence Gross, SHE CREATURE de Sebastian Gutierrez ou encore HOW TO MAKE A MONSTER de George Huang, voici donc le film réalisé par Larry Clark pour Stan Winston. Curieux de retrouver Larry Clark, cinéaste provocateur à l’univers très personnel (BULLY, KEN PARK), sur un projet a priori aussi conventionnel, nonobstant (merci à Jodie Foster de m’avoir soufflé ce terme) les qualités plastiques de cette série. Le plus étonnant est ceci dit de voir le résultat – je ne suis pas sûr que Stan Winston ait été comblé par la livraison de cette commande ! TEENAGE CAVEMAN dépeint une humanité dévastée après un probable cataclysme nucléaire, une humanité réduite à chasser pour vivre et à vivre dans des cavernes, une humanité réduite tout court d’ailleurs, dirigée par un adulte gourou qui profite largement de la situation pour s’offrir de fraîches adolescentes. Il provoque le dégoût et la colère de son fils, qui l’assassine et se voit contraint, avec ses camarades, de quitter la tribu. Ils trouvent alors refuge dans les vestiges d’une métropole, recueillis par un couple de jeunes vivant dans un ancien laboratoire, un loft tout confort équipé de l’électricité (merci, ô dieu Soleil) et de la technologie nécessaire à l’orgie de sexe et de drogue qui va s’ensuivre : sono, jacuzzi et tout le tintouin. Il s’avère bien vite que les deux hôtes sont un couple d’immortels monstrueux. Monstrueux mais solitaires : ils souhaitent contaminer le groupe d’adolescents qu’ils ont accueillis, en leur transmettant leur virus par le biais de pratiques sexuelles frénétiques, avec ce menu problème que la transmission du virus a une chance sur deux de faire exploser les corps comme des fruits trop mûrs. Fichtre ! Larry Clark remplit bien le cahier des charges, avec créature monstrueuse et allusions discrètes à l’original, mais bien qu’il n’ait pas écrit lui-même le scénario, le film s’inscrit totalement dans son univers érotique, dérangeant et provocateur, avec adolescents meurtriers, révolte contre les adultes hypocrites et violeurs, crudité des dialogues, nudité adolescente, atmosphère complaisamment orgiaque, etc., et les limites posées par le cadre de production n’empêchent pas son film d’être extrêmement insolent, sexué et enragé. La mise en scène est sèche, expéditive mais assez stylisée (avec ici ou là quelques raccords franchement bâclés dans une photographie sophistiquée en diable). Le film est donc très bizarre, et c’est de loin celui qui fait le plus preuve de personnalité. Ça se regarde avec un vrai plaisir, notamment grâce à la drôlerie décadente qui baigne le métrage : les adolescents apprennent à lire en cachette grâce au courrier des lecteurs de la revue Penthouse, les répliques trash fusent (« Dieu, c’est sûrement un autre nom pour ta queue ! »), ainsi que les notes d’humour pour le moins décalées – on renifle le caleçon d’une victime au guise de recueillement au pied de sa tombe ! « Creature Feature », oui, bien sûr ! Très agréable.
 
U comme… THE UNKNOWN, de Michael Hjorth (Suède, 2000).
Un film d’horreur produit par la patrie de Bergman et du groupe ABBA, ça vous tente ? On vérifie sur pièce, avec scepticisme, mais en ne demandant qu’à être agréablement surpris – comme on l’a été par MY LITTLE EYE, par exemple. Bernique. En vingt minutes, on comprend qu’on est face à une œuvre totalement opportuniste, qui pompe (était-ce bien nécessaire ?) LE PROJET BLAIR WITCH, en y apportant la fraîcheur et la nouveauté d’un script lui-même très largement inspiré par HIDDEN et autres BODY SNATCHERS. Nous voilà donc embarqués dans un récit qui fait l’affaire, sans le moindre soupçon d’inventivité, mené par un casting (honorable) interprétant des personnages portant leur propre prénom, tiens, tiens, comme c’est original et novateur : un petit groupe de biologistes partis enquêter dans la forêt lointaine où l’on n’entend plus le coucou, ravagée par un mystérieux incendie mystérieux, Sammmmy, j’ai p-p-peur !!! Le tout, bien entendu, filmé caméra à l’épaule, mais pas par les acteurs, on a sa petite fierté quand même, même si on s’applique consciencieusement (comme le précise, imbécile, le réalisateur, fier comme un pou d’avoir interdit à son directeur de la photographie de faire des cadrages soignés) à livrer un film aussi visuellement laid et indigent que possible. La laideur voulue, la laideur par envie de faire « vrai », de se rapprocher au plus près de l’intrigue (plagiaire) et des personnages (crétins et tous plus ou moins amoureux les uns des autres), en ce qui me concerne, c’est assez pénible et difficilement supportable – déjà que j’ai détesté LE PROJET BLAIR WITCH, devoir me taper un décalque arrogant et prévisible de A à Z a bien failli être au dessus de mes forces. Et utiliser une allusion à la ville de Brest comme point de basculement du récit n’y a pas changé grand chose !
 
V comme… VOUS AIMEZ HITCHCOCK ?, de Dario Argento (Italie / Espagne, 2005).
Décidément, nous éclusons les séries de longs-métrages télévisuels cette fois-ci ! Outre les articles consacrés à la série des MASTERS OF HORROR, ci-dessus à une croûte issue des CANNON MOVIE TALES et à la découverte de l’opus de Larry Clark pour celle des CREATURE FEATURES, voici maintenant le premier téléfilm d’une série de huit longs-métrages produits par la télévision italienne en hommage à Alfred, le seul de la série à être réalisé par un Dario Argento très productif ces derniers temps. Bien sûr, le cadre de production pousse doucement le film vers un récit légèrement plus calme et moins atypique que son récent CARD PLAYER pour n’en citer qu’un. Argento opte pour un démarcage, presque un remake mais pas tout à fait, de FENÊTRE SUR COUR, largement mâtiné de L’INCONNU DU NORD-EXPRESS, références principales d’un film intéressant qui multiplie en seconde main les allusions à bon nombre d’autres films de la carrière d’Hitchcock : LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT dans le dernier tiers, PSYCHOSE pour une histoire de vol sur lieu de travail (sans parler d’une tentative de meurtre dans une baignoire, puisque la scène est filmée en plan-douche !), SUEURS FROIDES pour l’une des scènes finales… Ce qui n’empêche pas Argento de dresser quelques ponts avec Brian de Palma ou même à l’occasion vers son propre cinéma. Nous suivons donc le parcours d’un jeune universitaire plongé dans une thèse sur le cinéma expressionniste, un homme que l’on sait sujet à des pulsions scopiques suite à un pré-générique en forme de flash-back, une expérience de l’enfance somme toute inoffensive, mais qui a jeté le trouble dans l’esprit du jeune garçon. Le voilà donc obsédé par la voisine d’en face, intimement persuadé qu’elle a fait assassiner sa mère en piochant l’inspiration dans le film L’INCONNU DU NORD-EXPRESS, qu’elle a loué peu de temps avant dans le vidéo-club que fréquente le jeune homme. Je ne dévoile pas plus de ce récit somme toute assez classique, mais rondement mené, mêlant voyeurisme et enquête policière avec une efficacité teintée d’ironie. L’aspect le plus frappant de VOUS AIMEZ HITCHCOCK ? est la mise en scène, qui ne cherche à aucun moment à suivre les traces du cinéma de Hitchcock, les multiples références étant scénaristiques bien plus que visuelles. Si un élément renvoie plus ouvertement à Hitchcock, c’est par le biais de la très belle musique composée par Pino Donaggio, qui retrouve les tonalités de pastiche des compositions de Bernard Herrmann, déjà entendues dans PULSIONS ou BODY DOUBLE. Le résultat est agréable et très réussi, même s’il ne s’agit pas là du travail le plus original ou le plus percutant du cinéaste. Argento préserve l’essentiel, à savoir sa personnalité (son obsession pour les mécanismes cachés – serrures, ascenseur, son goût pour le suspense nocturne d’une élégance raffinée, qui évoque ici beaucoup ses tout premiers films), et nous réserve un épilogue superbe et intelligent où, alors qu’on apprend que le jeune homme a décidé de changer le sujet de sa thèse au profit du cinéma russe sous Staline, celui-ci fait la connaissance (via ses jumelles, naturellement), d’une étrange nouvelle voisine qui semble pertinemment se savoir observée, et qui préfère aux vieux classiques de Hitchcock la lecture d’un bon vieux giallo de H.P.Linehart – ces romans de gare à la couverture jaune, polars violents et vulgaires qui ont donné leur nom au genre dont Dario Argento et avant lui Mario Bava ont été les plus prestigieux illustrateurs. Une ingénieuse façon de clore cette parenthèse hitchcockienne savoureuse, qui ne supplante en rien les œuvres récentes d’Argento mais témoigne une fois de plus de l’énergie et de l’inspiration de son réalisateur.
 
W comme… WENDIGO, de Larry Fessenden (USA, 2001).
Une belle découverte encore avec ce film s’inspirant de l’esprit dévastateur des légendes amérindiennes, rarement présent sur le grand écran : des allusions terrifiantes, mais presque totalement escamotées dans l’adaptation cinéma, dans le film SIMETIERRE de Mary Lambert, et surtout le remarquable VORACE d’Antonia Bird, western cannibale superbe et terrifiant. Ici, le récit ne s’oriente que très tardivement vers des éléments ouvertement (?) fantastiques. Le cinéaste Larry Fessenden préfère dérouler sa narration posément, avec une lenteur appliquée, s’attachant plus particulièrement au point de vue d’un petit garçon un peu secoué par l’accident de voiture dans lequel lui et ses parents ont été impliqués au début du récit en renversant un cerf sur la route des vacances les menant vers leur maison de campagne. Il ne se passe, objectivement, pas grand chose durant la majeure partie du film, rien en tout cas qui ne le rattache au film d’épouvante : des rapports de plus en plus tendus avec les chasseurs du coin vont contribuer à pousser les événements vers le drame et la peur, mais n’y contribuent peut-être pas plus que la perception même de l’enfant, le regard qu’il porte vers les incidents, et qui peu à peu leur donne une coloration cauchemardesque et fantastique qui va finir, peut-être, par contaminer la réalité… Mais sous quelle forme ? WENDIGO est un film bougrement intéressant et original. Dommage qu’il ne soit pas mieux réalisé : bien qu’il s’améliore nettement dans la seconde partie du film, on retrouve fréquemment des problèmes de cadrage et quelques maladresses d’écriture ou de montage, qui atténuent un peu l’impact du film. Pourtant, le bilan s’avère positif, à la fois parce que Fessenden, malgré un ponctuel manque de savoir-faire, nous propose une mise en scène et un rythme peu conventionnels, en totale rupture (que c’est une bonne idée) avec les poncifs techniques des productions contemporaines (on relève notamment des expérimentations audacieuses et parfois très payantes dans le montage, ainsi qu’un refus radical de recourir à l’image de synthèse, le film optant pour des effets spéciaux à l’ancienne d’une beauté parfois soufflante) ; mais aussi pour l’approche vivement originale de son sujet – croyance et conséquences, pour faire court – qui fait un bel écho à des films comme HALLOWEEN de Carpenter ou CANDYMAN de Bernard Rose. Pour des raisons bassement techniques, le film ne peut être qualifié de chef-d’œuvre, mais il n’en est pas moins brillant, atypique et passionnant. À l’image de son réalisateur, Larry Fessenden, que je suis allé visiter dans la section bonus, et je n’ai pas été déçu du voyage : c’est vraiment un bonhomme surprenant, intelligent, édenté, lucide, talentueux, inventif, édenté, qui préfère manifestement investir jusqu’au dernier centime dans des tournages pas faciles à monter plutôt que de s’acheter de nouvelles dents, et qui s’exprime humblement en chuintant les S comme Grosminet sous son impressionnant front dégarni surmonté d’une tignasse de troglodyte. Il se dégage une forte personnalité de cette interview, une véritable rencontre, ainsi que du making-of singulier qu’il a co-réalisé, qui laisse filtrer des notations assez délicieuses (comme, dans les cartons : « Ideal crew size : 3. » puis plus loin : « Actual crew size : 51. »). Voilà qui donne en tout cas de l’espoir, et une grosse envie d’en voir plus de ce cinéaste bizarre et attachant. Maintenant, passons à l’élément qui fâche, et qui me met dans une colère noire : si vous souhaitez découvrir ce film, vous prendrez bien soin d’éviter le dvd zone 2 comme la peste !!! Je ne suis pourtant pas forcément très tatillon sur le sujet, mais l’édition commercialisée par WE Productions / M6 (pour dénoncer les coupables, il n’y a pas de raisons), propose une des copies les plus dégueulasses qui me soit jamais passée entre les mains, avec une compression atrocement laide et pixelisée aux couleurs sur-saturées et plus baveuses qu’une omelette, le tout m’ayant obligé à voir le film dans un presque noir et blanc qui a fortement perturbé la vision du film. Et qu’ils ne viennent pas essayer de faire porter le chapeau à leurs sources : même avec une qualité médiocre, les extraits présents en section supplément sont au moins visibles, ce qui n’est largement pas le cas du film lui-même ! C’est tout bonnement honteux, et inutile de dire que la vision de ce très beau film en pâtit considérablement.
 
Y comme... YONGGARY, de Shim Hyung-Rae (Corée du Sud, 1999).
Va pour un film de monstre géant coréen, qui n’a rien à voir avec les crabes de Roger Corman, mais bien avec le Kaiju Eiga, genre typiquement japonais illustré entre autres par la série des GODZILLA. Et devant le succès (commercial, s’entend) de ce dernier, les coréens se sont dit que ce serait une bonne idée de tourner le remake de leur propre classique YONGGARY de 1967, en tirant le film, revu et corrigé, vers les rives du film pachydermique de Roland Emmerich – du moins, autant que les moyens techniques du cinéma coréen pourraient le leur permettre. Ce qui a pour effet malheureux de remplacer le classique acteur costumé à la Casimir mêlé de Killer Crocodile piétinant des maquettes par une créature en images de synthèse foireuses et laides à pleurer, horriblement mal intégrées aux décors, et tirant plus vers l’animation de jeu vidéo que vers le photo-réalisme dont je n’ai encore jamais vu la couleur. C’est un peu dommage, parce que le film, bien qu’il soit très kitsch, n’est pas toujours laid visuellement (la séquence d’introduction, le générique ou les plans sur les vaisseaux spatiaux sont parfois presque beaux), mais surtout parce que les choix techniques empêchent le film de véritablement se vautrer dans le Z gourmand en l’inscrivant plus sûrement dans le ratage de base, juste plus laid et plus maladroit que ses modèles américains. Et pourtant, rayon Z, le film fait de belles percées, notamment grâce aux extra-terrestres venus réveiller Yonggary le dinosaure géant après des millénaires d’attente prophétique : à l’écran, on découvre ces aliens comme des marionnettes animées derrière leur cockpit, s’ils avaient été roses, on aurait pu croire voir un épisode des « Cochons dans l’Espace » ! Pour le reste du métrage, pas grand chose à signaler : ça explose « en digital », comme dirait Jean-Luc Lahaye, de partout, Yonggary a à peine le temps de devenir gentil qu’il doit lutter férocement contre un nouveau monstre encore plus moche que lui, les acteurs, presque tous américains (pour faciliter une distribution internationale, ha-ha), sont tous d’une nullité réjouissante et le film prend bien garde à ne surtout fouler aucun territoire narratif qui n’ait pas été exploré mille fois auparavant. Nanar donc, souvent amusant, mais trop bouffé par le numérique pour atteindre les cimes ringardes d’un KILLER CROCODILE II autrement plus jouissif dans le même créneau. La séquelle annoncée lors du dénouement avec une insolente conviction semble d’ailleurs se faire attendre… Pourquoi pas, je suis presque à sec de films en Y !
 
Z comme… ZONE 39, de John Tatoulis (Australie, 1996).
Même si le film semble faire partie de cette multitude de films de science-fiction fauchés qui remplissent les bacs de DVD de 3e zone, genre le plus souvent assommant et simplet, le fait de savoir qu’il s’agit d’un film d’anticipation australien intrigue, pour la simple et bonne raison que le cinéma de genre australien, aujourd’hui bien rare, a accouché d’œuvres fortes et parfois passionnantes dans les années 70/80, dont certaines sont des films populaires (l’excellente série des MAD MAX de George Miller par exemple), d’autres des références (comme les films des débuts de carrière – fabuleux – de Peter Weir, dont on a évoqué ici LES VOITURES QUI ONT MANGÉ PARIS et LA DERNIERE VAGUE, et dont on se doit de citer également le superbe PIQUE-NIQUE À HANGING ROCK) ; d’autres enfin, bien qu’elles soient remarquables, ont hélas sombré dans l’oubli (LONG WEEK-END de Colin Eggleston, NEXT OF KIN). C’est dire à quel point le cinéma australien a pu être dynamique, et à quel point les qualités propres à ce cinéma (bénéfice des grands espaces, générant très fréquemment un singulier sentiment d’angoisse, un rythme souvent lent et hypnotique) ont fait merveille lorsque certains réalisateurs ont abordé le fantastique ou la science-fiction. Un temps révolu, malheureusement, et les films fantastiques australiens se sont fait rares et pas forcément du meilleur cru (voir l’exécrable SUBTERANO). Mais tout de même, par nostalgie et par désir de retrouver ces atmosphères si particulières, j’accueille toujours ces films avec plaisir. Et je n’ai pas tort, car cet anonyme ZONE 39, vendu pour le prix d’un timbre dans les solderies (hélas dans une copie en VF tartempion de très mauvaise facture), retrouve exactement les qualités évoquées ci-dessus. C’est donc un récit d’anticipation, même si le film, manifestement tourné à l’économie, ne s’encombre jamais d’artillerie lourde SF – pas de décors excentriques à chaque coin de rue, pas de prise en otage par les responsables de la direction artistique, ailleurs si empressés de « développer un univers novateur et réaliste » qu’ils empèsent péniblement le film qu’ils sont supposés illustrer. Sobriété donc, et complexité d’un scénario solide, crédible et assez noir : après 40 ans de guerre civile, le pays est enlisé dans un statu quo, les deux camps ayant accepté d’un commun accord d’établir une séparation, à la fois géographique (la zone 39, territoire neutre entre les deux parties, un no man’s land désertique sur lequel il est interdit de circuler) et politique (par la création d’une entité en théorie neutre, chargée de surveiller la zone 39). Et ne vous attendez pas à des manigances à dormir debout ou à une révolution par les armes : le film suit les pas du gardien d’un des deux camps, chargé de veiller sur sa partie de la zone 39, avec pour ordre d’abattre et d’incinérer sur place les intrus. Lequel, reprenant le poste de son prédécesseur après que celui-ci se soit suicidé, enfermé dans une solitude pesante et dans un climat de paranoïa galopante, va découvrir une vérité bien compromettante… Je ne vous en dit pas plus. Le film est intelligent, assez peu démonstratif, correctement mis en scène par un réalisateur qui tire le meilleur parti des décors naturels, mais aussi d’un récit qu’il sert avec un certain talent, discret bien sûr (ce n’est pas le nouveau George Miller non plus), mais avec une belle efficacité, soutenue par une musique synthétique et percussive assez obsédante. Un film oppressant, froid, inventif (avec un beau démarcage du thème de SOLARIS), qui vaut mieux que bien des films distribués en salles, et qui conclue positivement cet abécédaire – mais aussi ma réserve de films en Z (alors que ma cave regorge de séries Z !), et comme je n’ai pas envie de m’acheter ZAZIE DANS LE METRO, il faudra faire sans pour un temps !
 
La boucle est bouclée pour cette seconde sélection, dont voici, à titre indicatif et purement subjectif, le classement par ordre préférentiel. À partir de INVINCIBLE inclus, le détour peut s’éviter, sauf pour les amateurs de Z qui ne manqueront pour rien au monde d’aller visiter KILLER CROCODILE II. Un peu moins de bons films, cette fois-ci, peut-être à cause d’une programmation plus légère, ce qui n’entame en rien le plaisir de la découverte – rien, en tout cas, qui ne soit vraiment à la hauteur du magnifique EXOTICA d’Atom Egoyan, en tête de classement dans l’épisode 2.
 
LAS VEGAS PARANO
ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND
VOUS AIMEZ HITCHCOCK ?
MY LITTLE EYE
LES NERFS À VIF
WENDIGO
SOUPE AU CANARD
LE GARDE DU CORPS
TEENAGE CAVEMAN
ZONE 39
LA RIVIERE SAUVAGE
INVINCIBLE
HAUTE TENSION
DINNER WITH FRIENDS
JE T’AI TROP ATTENDUE
THE UNKNOWN
KILLER CROCODILE II
L’ATTAQUE DES CRABES GEANTS
YONGGARY
OBJECTIF TERRIENNE
BUFFY, TUEUSE DE VAMPIRES
COLD AND DARK
LE PETIT CHAPERON ROUGE
FOREST WARRIOR
 
Sur ce, je vous abandonne jusqu’à la prochaine fois, je dois aller me farcir les aventures de Christophe Lambert contre le clone maléfique.
 
Bande annonce pour l’épisode 3 : clones, fantômes d’amour, félins malfaisants, accidents, loups, effets spéciaux, transsexuels, Texas, meurtres, voyages dans le temps et dans l’espace, possession, mite, super héros, Internet, clown, tutu vert, urbanisme et yeux bridés ! Alléchant, non ?
 
Le Marquis
 
 
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Constellation n°39

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Le Marquis 12/03/2006 03:38

J'ai toujours trouvé les films de Jack Lee Thompson un peu plan-plan, le récit des NERFS A VIF est assez intriguant, mais l'original ne pas pas laissé de vrais souvenirs de mise en scène - même si c'était un assez bon film, c'est vrai - et Robert Mitchum y était effectivement excellent (probablement meilleur que Robert de Niro d'ailleurs). L'élément le plus intéressant pour moi reste, dans les deux cas, la musique de Bernard Herrmann.

Casaploum 11/03/2006 20:01

Ca m'a donné envie de voir le Larry Clark aussi (j'ai surtout aimé Ken Park mais Bully était pas mal non plus).Par contre, je ne suis pas d'accord avec le petit commentaire sur le film de Lee Thompson qui est non seulement magistralement interprété (Mitchum et Peck, excusez du peu !) mais remarquablement rythmé et mis en scène. Scorsese passe à côté de son remake, ça arrive aux plus grands.

Cyrano 06/03/2006 17:45

Des heures et des heures de courage et de détermination au service d'articles fort agréables à lire: Bravo.
 
 
 

Dr Devo 02/03/2006 21:17

La photo de De Niro est sublissime! Le tutu était vert? Je pensais à du bleu ou du rose, mais ma mémoire me joue des tours.Tu as un film de mites mutantes? Non? Siiii? Fichtre voilà qui est intriguant. Superbe article une fois de plus.Bravo, et vivement le prochain,Dr Devo.

Dr Orlof 02/03/2006 19:03

Même si je n'en ai pas vu énormément  dans cette liste (ta critique du film de Larry Clark m'a mis l'eau à la bouche : j'aime bien ce cinéaste), mon préféré est évidemment "Soupe au canard", chef d'oeuvre absolu des plus grands des comiques (qui, pour une fois, sont vraiment dirigés par Léo McCarey, très grand cinéaste qu'il faut redécouvrir).
Si le film n'est peut-être pas une "charge politique", il n'en demeure pas moins que les Marx, par cette manière qu'ils ont de ne rien respecter, de provoquer des catastrophes partout où ils passent (surtout dans des lieux "chics" !) ont une puissance anarchique indéniable qui me comble d'aise.
En tous cas, vivement le prochain abécédaire...