Partager l'article ! CLEANER de Renny Harlin (USA-1987): I'm the Doctor & here's the Bill !: [Photo: "Et c'est tant mieux parce que..." par Dr Devo.] ...
"Ben quoi, c'est marrant parfois, Renny Harling", me
défendais-je tant bien que mal à la terrasse d'un café huppé lorsqu'il fallut se justifier de mon départ soudain pour une salle de cinéma proche. De fait, la communauté me mit au défi de citer
des bons films de Renny. Je ne trouvais que le sympatoche AU REVOIR A JAMAIS... Et c'est tout. Quelques jours plus tard, j'omis de vérifier sur IMDB si un autre métrage avait eu aussi mes faveurs
dans le passé, peut-être par crainte d'être déçu par le fait que mes compagnons d'abreuvoir eussent raison. Je remis mon chapeau sur la tête et le vissai, comme disent les mauvais écrivains, pour
se diriger vers le Pathugmont a proxima. Le vent soufflait doucement sur mes cheveux blondis par le soleil furtif, et les parfums sucrès-vanillés des jeunes filles donnaient aux hommes des airs
de petits chiots en rut. Une place pour CLEANER, dis-je à la caissière qui me rendit le ticket, me regardant droit dans les yeux en se pinçant la lèvre inférieure. Ça démarre bien.
Photo construite mais rassie
de f(a)im de banquet, cadre anonyme, découpage à la petite semaine, scénario chiraquien donc, et pour finir des acteurs en veux-tu, non merci, en voilà quand même. Et encore dans l'absolue
nécessité du Monde, on aurait pu plus mal tomber. Samuel Jackson sans sa casquette Kangoorou, père de Kevina oblige, essaie, tant bien que mal, telle une Juliette Binoche black. Ma fille, sa
bataille, absolument absolumente, enfulte à elle-même, en quête des gamettes oubliées/perdues, patate gentiment et sans saveur. Les directeurs de casting, eux, bossent. Ils ont regardé
A HISTORY OF VIOLENCE ou le récent (et pas
si moche) GONE BABY GONE de Casey Affleck en dividi, et hop, ils te balancent Ed Harris comme un chien affamé dans la nurserie. Au moment où le forfait est commis, on se demande bien qui a fait
le coup, tiens ! Un bébé en couveuse ou le loup-garou Harris ? Rires. Miscasting comme dirait Alain Delon (ça serait comme un hommage). Bref, il ne se passait rien. Les kangoorous jump-jumpent,
la balaine crache de l'eau par tous les (h)orrifices, le koala mange des feuilles, le renard récupère le camembert. La routine, quoi.
Le temps passe. La caissière en regarde un autre et c'est
de bonne guerre. On allume une clope dans la sortie de secours en se disant que malheureusement CLEANER, spectacle familial finalement, ne parlait pas autant de ménage que ça. Le but ultime et
légitime aurait été de faire un film sur un type qui nettoie des canapés avec en sous-intrigue des histoires de manipulations. Ici, une fois l'intro passée, finis le nettoyage au profit du
thriller. Sous le thriller, pas de shampouineuse pour la moquette, hélas, mais le vague complexe de Je Castre d'une petite fille trop sage, sans doute pas trop porté sur le sexe, ni assez sur
l'Art pour se divertir, se condamnant par là-même a regretté une maman qui a eu le mauvais goût de mourir. Mouais. Le vent souffle sur le pan érotiquement dévoilé de ma chemise par un subtil
décrochage de bouton dans la partie haute de la dite pièce, sur mon torse à peine velu et doux comme de la soie pour qui ose. J'entends des lèvres qui m'appellent, mais moi je suis déjà loin.
Ici, le short de Renny Harling ne gonfle pas avec le vent. Difficile quand on marche en déambulateur. On se souviendra à peine et même furtivement ensuite, une fois dehors, des gros plans sur les pièces de l'échiquier qu'on trempe dans la javelle. Le sang qui se détache. Et on se gratte la fesse gauche en se disant qu'ils vont être bien contents, les gens, ce dimanche-là, dans trois ans, à regarder la télé. La nuit tombera sur Hollywood. Mais moi, je suis déjà loin...
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