TRUMAN CAPOTE, de Bennett Miller (USA-2006) : le préservatrou hollywoodien...

Publié le par Dr Devo

(Photo : "Sa Bosse Dure" par Dr Devo)

Chers Focaliens,
 
On continue notre voyage en salles, après une période d'abstinence un peu obligatoire, emploi du temps oblige (et avant quelques pépites qui seront vues en salles la semaine prochaine, mais gardons le suspense et motus). Ah, les Césars ! Mon Dieu, les Oscars ! Vous l'aurez remarqué, on en fait peu de cas dans ces pages, même si, l'année dernière, Mr Mort avait fait quelques articles sur le sujet pas piqués du hanneton, tout à fait injurieux et délicieux à la fois, comme lui seul est capable de le faire ! Sans préméditer le coup, et donc sans vouloir aller vérifier si les votants aux Oscars ont eu raison ou tort (devinez...), je me suis glissé quand même à la première séance de CAPOTE, sans réelle impatience, car n'ayant lu aucune ligne sur le sujet avant de l'avoir vu (chose qu'on devrait faire systématiquement), on ne peut que facilement en déduire qu'il s'agit d'un "biopic", genre ignoble s'il en est, royaume de la boursouflure complète et indigeste. Souvenez-vous l'année dernière de mon dépit en allant voir l'affreux THE AVIATOR ou encore ALEXANDRE (les deux en deux jours !). Rien que d'y repenser, des frissons d'horreur me parcourent ! Mais ce mercredi matin là, le cerveau sans doute un peu dans la vase, je ne me suis pas rendu compte, consciemment du moins, que j'allais voir un film de ce genre, et j'entrais dans la salle en toute bonne foi. Vous avez remarqué comme le petit vélo du cerveau tourne pendant les pubs au cinéma ? Moi, c'est toujours à ce moment que je me dis : mon dieu, qu'est-ce que je fais là ? Bah, le ticket était pris, et de toute façon la période est plutôt calme, donc pourquoi pas... La peur n'évite pas le danger, la musique hollywoodissime et la longueur phénoménale de ces biopics non plus !
 
Truman Capote est Philip Seymour Hoffman, à moins que ce ne soit le contraire, ou réciproquement. C'est la fin des années 50. Presque par hasard, Capote découvre dans le journal un petit article relatant le quadruple meurtre d'une famille rurale absolument sans histoire, dans une petite ville de l'Arkansas (je crois). Immédiatement et sans réfléchir, Capote décide de demander au journal qui l'emploie occasionnellement (le New York Times, je crois) de lui financer son voyage afin qu'il puisse mener l'enquête et faire un bon article. L'affaire est dans le sac rapidement, et Capote part avec son amie fidèle Harper Lee (Catherine Keener !).
Une fois sur place, à la vue de sa dégaine de précieux, Truman Capote rencontre quelques difficultés à rentrer en contact avec la population locale, encore sous le choc de ces meurtres surprenants et ignobles. Néanmoins, grâce à son amie Harper qui lui permet d’arrondir les angles, et surtout grâce à une utilisation subtile de sa notoriété (à l’époque, PETIT-DEJEUNER CHEZ TIFFANY est interdit de bibliothèques dans l’Arkansas, ce qui fait un vif contraste quand on rencontre Capote, homme mondain mais courtois !), l’écrivain réussit à faire parler les gens et à entretenir un réseau de relations chez les locaux. Il découvre alors les photos des meurtres, dont certains détails le surprennent et confirment son pressentiment : il y a quelque chose de doucement étrange dans ce sordide fait divers.
Il finit par rencontrer le plus sensible des deux tueurs, vite retrouvés et arrêtés d'ailleurs. Ce jeune homme doux et brisé fascine Capote, qui sait que son projet d’article est en train de muter en quelque chose de plus gros : un roman ! Il passera désormais ses journées à parler au jeune homme. Ce dernier finit par voir en Capote une espèce d’ami. L’écrivain s’enferme alors dans une situation ambivalente, où il ne peut cesser de jouer avec le jeune condamné. Et pendant plusieurs années, le temps que la sentence de condamnation à mort soit prononcée (ou non), l’obsession de Capote se renforce, et au fur et à mesure, il s’éloigne du jeune tueur qui n’a pourtant rien d’autre à quoi se raccrocher.
 
Les inquiétudes principales qui sont les miennes quand je tombe sur un biopic se sont assez vite, peut-être pas effondrées, mais au moins amoindries. D’abord, nous comprenons rapidement qu’il ne s’agira pas à proprement parler d’un biopic ! Enfin, oui et non ! Nous n’assistons pas, me dis-je dans les deux premières bobines, à une vie de Capote, mais plutôt à l’enquête non-policière du romancier pour écrire ce qui deviendra son (très bon) roman DE SANG FROID. Le moment est donc relativement court.
Deuxièmement, et là aussi contrairement aux canons du biopic, le film se présente comme relativement sobre. Petite musique (insupportable d’ailleurs à la longue, par son écriture, et aussi par son désastreux montage) à la Arvo Pärt façon Hollywood indépendant, plan d’ensemble en rase campagne, son tranquille, et même une certaine froideur de narration et de ton. Le film semble ne pas vouloir tomber dans l’un des plus gros défaut des biopics et autres films historiques : le "définitisme", qui peut se définir comme le réflexe qui pousse le réalisateur à se dire : "Voici le film définitif sur… [la seconde guerre mondiale, l’esclavage, le féminisme, etc., rayez la mention inutile !]" C’est déjà ça de pris. Du coup, on entre plutôt facilement dans le métrage. Une chose dérange cependant, surtout pour un mécréant comme moi, bien surpris dans mon ignorance de Capote, l’homme dont je en savais rien. J’ignorais donc qui était le bonhomme. Et je ne savais pas qu’il était notoirement homosexuel. OK. Evidemment, le problème ne se situe pas là ! Ce qui frappe paradoxalement, et malgré tout ce que je viens d’énoncer, c’est Philip Seymour Hoffman ! Le réalisateur présente son personnage en trois coups de cuillère à pot en entrant vite dans le vif du sujet, à savoir à travers une scène mondaine où c’est Capote qui tient l’attention de tous. Capote y est décrit comme une sorte d’Oscar Wilde à la sauce Monty Python, teinté (chose que le réalisateur soulignera de manière pachydermique sans en avoir l’air ( !) dans quelques répliques plus tardives) de Jeanclaudebrialisme. Cf. l’anecdote sur Marilyn M., c’est tellement chic.
Mais ne nous égarons pas. Dès ces premiers mots de Hoffman, on se dit que non, décidément, ce n’est pas possible, on ne tiendra jamais, il faut sortir de la salle. Petit doigt en l’air façon actor’s studio, phrasé et déplacements éminemment super-follasses, et tics au kilomètre : pour le coup, lui, le Hoffman, est en plein biopic tout seul ! Comme disait le poète de la raquette, attention les soukouss ! Hoffman construit dans cet univers de dentelle triste un personnage qui a le charme des tractopelles sur le chantier du canal de Suez. Ça pédale très vite, même dans les descentes, et le gars y va à fond. Bon, d’accord, me dis-je, Capote est homo, oui bon, bon d’accord, ça sent le visionnage de milliers d’heures d’archives, etc. Hoffman offre d’entrée de jeu ce que le biopic a de pire : l’imitationisme ! On s’en fout que Capote se grattait l’oreille dès qu’il utilisait un adjectif, on s’en fout de savoir qu’il ajustait ses lunettes toutes les trois minutes. Et personnellement, si je mettais en scène la vie de De Gaulle (ça serait pas triste !), je ne confierais pas le rôle à un imitateur de Henri Tisot. On se croirait revenu en pleine période De Niro (oh no !) / Streep ! Une horreur ! Je pense que dans dix ans, le réalisateur ne pourra pas s’empêcher de rire en voyant ça ! Arrêtons-nous là un instant. Par ce biais de l’imitationnisme (signalons le cas de l’excellente Cate Blanchett dans THE AVIATOR, complètement et douloureusement ridicule et nullissime, obéissant très certainement aux directives de son metteur en scène), les cinéastes cherchent à faire entrer leur film dans le réel (ou le contraire), question souvent posée sur ce site, notamment à propos du PETIT LIEUTENANT, du VOLEUR DE BICYCLETTE, et très récemment à propos du dernier Chabrol, L’IVRESSE DU POUVOIR (ces débats ont eu lieu dans les commentaires des dits articles !). Voici mon conseil aux réalisateurs : plutôt que de chercher le "réalisme" documentaire dans la diction et l’apparence de votre personnage principal, cherchez la cohérence de votre propre film. Nous, on s’en fout, on n’ira pas vérifier si Capote avait vraiment l’air d’une folle ou pas !
Quand on a déjà vu Hoffman jouer, plutôt bien en général, le voir en Capote-Zaza est quelque chose de splendouillet jusqu’à l’infini. Ce sur-lignage au stabylo thermonucléaire finit en apothéose dans les scènes suivantes où Hoffman fait une chose que je n’avais encore jamais vue : le nose acting ! J’avais déjà vu du body-acting, c’est même une pratique très répandue : jaw-acting (Tom Cruise par exemple), lips-acting, le plus discret (quoique ?) hand-acting qui est sans doute le plus efficace, etc. Mais alors, le nose-acting, personne n’avait osé ! Hoffman joue fabuleusement avec ses narines dans ce film, et rien que pour ça, oui, oui, il mérite l’Oscar, car il s’est défoncé comme une bête ! Quand j’ai vu ça (sur grand écran, en scope et en digital, je vous jure, ça ne se loupe pas !), je me suis dit que c’était terminé au bout de dix minutes, ce film. Et pourtant, Hoffman finit par rapidement mettre de l’eau dans son vin, et arrête de nariniser. Ouf. Capote restera une grande folle pendant tout le film, mais on finira par s’y habituer un peu. Finalement, les dix premières minutes de sa performance font peur, mais ça ne dure pas, si on est de bonne humeur ! Il y a des jolies choses dans le travail de Hoffman, mais aussi pas mal de sources de contrariété. Quelquefois, quand le personnage ne parle pas ou quand il est immobile, on se dit qu’un Hoffman normal et tout simple aurait bien mieux fait l’affaire.
 
Résumons. Un film qui s’annonce sombre et triste, tragédie de silence glacé (Oohhhh, c’est beau !). Dans le même temps, un acteur en roue libre qui veut rentrer à tout prix dans l’article "les plus grands acteurs du monde" du dictionnaire du cinéma de Bernard Rapp, puis qui finit rapidement par mettre un tout petit peu d’eau dans son vin. Bien. Nous en étions là.
 
Oui, il y a une certaine sobriété, tout en calcul, dans ce TRUMAN CAPOTE. C’est une tragédie froide. Montage fait (d’abord) de petites scènes courtes, favorisant plutôt l’ellipse. Métaphore simple (simplissime ?) des montages presque parallèles (New York en plans rapprochés, pleine à craquer et pleine de bruit et de vide, vs. Arkansas en plan d’ensemble, vide de paysages mais empli d’un événement qui hurle de souffrance), des personnages secondaires très bien sentis et vraiment subtils, et une liste d’événements assez surprenants, dans le sens où tout ce qui est enquête, suspense, film de procès (beurk), enterrement, témoignage des proches et autres grands moment hollywoodiens sont soigneusement évités au profit, comme je le disais, de l’ellipse, et aussi d’un sentiment de tristesse et de solitude. Si la photo froido-blanchâtre (due à la copie peut-être) n’est pas trop à mon goût, elle contribue à établir une ambiance frigo. Ça cadre gentiment, sans plus. Bien.
 
Signalons quand même une très belle introduction, classique mais forte, et qui se termine fort joliment par une belle idée simpliste : le cadre sur le mur ! Bravo, ça c’est ignoble et magnifique, ça c’est de l’effroi. La scène de la montée des marches du Palais de Justice résume bien le film, sinon. C’est sobre dans le champ et c’est tant mieux, et complètement attendu dans le contrechamp (flashs des journalistes + ralentis quand on cadre Hoffman, c’est-à-dire le plan le plus banal de l’histoire, le cadrage le plus attendu). Mouais. Il y avait aussi une très bonne idée, celle de la scène de la dernière rencontre, où le plan sur Hoffman montre de manière assez sensuelle l’absurdité de la situation : quand on ne peut discuter que cinq minutes avec quelqu’un, on ne peut pas se retourner pour marcher vers la porte, on hésite même à marcher à reculons, ce qui serait plus logique, pour ne pas interrompre l’image. Malheureusement, c’est assez mal cadré. [Ce champ sur Hoffman marche d’ailleurs bien mieux que le montage en sauce des exécutions, qui est vraiment sans intérêt.]
 
Dans le sens, il y a aussi du surprenant. Le sujet du film, c’est la manipulation de Capote, prêt à tout pour faire son livre. Le but du réalisateur est de montrer un personnage complexe, qui ne s’explique pas, agit par instinct, y compris dans sa fascination pour le jeune tueur. Il est vraiment touché par ce dernier, mais l’utilise, le retourne et le manipule sans vergogne. Cette thématique est très intéressante, même si le réalisateur, trois fois hélas, préfère axer son film sur la notoriété de Capote et sur sa mondanité, plutôt que de se lancer dans le combat mille fois passionnant sur l’Art über Alles. Capote aurait dû être une bête d’art, un monstre de création, et mettre cet Art au-dessus de tout, quitte à contredire son amitié avec le jeune homme. Voilà où était l’enjeu. Le réalisateur, lui, préfère opposer cette relation chahutée entre les deux hommes à la mondanité de Capote. Or, cette dernière (la mondanité) est une problématique intéressante si elle est auxiliaire d’une thématique plus importante : la création. Bennett Miller se trompe entre thème principal et contre-chant, entre maladie et symptôme. Dommage.
 
Du coup, le film navigue entre plusieurs eaux, à la fois lourdingue et sobre, elliptique et linéaire, abstrait (le caractère inexplicable et superbe, au fond, de Capote) et hollywoodien (les scènes majeures sont en général beaucoup plus bêtasses que les petites scènes), etc. Si l’on évite le film à thèse, ce qui est déjà pas mal, rien ne décolle vraiment, et les ambiguïtés, les abstractions effleurées, les Mystères quoi, sont très lisibles dans les intentions, mais ne s’incarnent vraiment jamais. À mesure que le film avance, la mise en scène devient de plus en plus redondante, les gros plans finissent par envahir des tunnels sans fin de champs / contrechamps, etc. Curieusement, on a supporté sans s’en apercevoir le grimage d’Hoffman, mais rien ne plonge le film dans l’abîme et tout cela est bien trop sage. Les choses, au final, ne sont jamais qu’effleurées, ce qui est d’autant plus dommage que le ton, pour ce genre de film, et l’ambition du sujet, étaient pour une fois, un peu différents. TRUMAN CAPOTE ne reste qu’un film d’intention, un processus intellectuel de montage qui ignore finalement sa propre matière (la mise en scène) pour se contenter d’une finalisation sur papier, dite mais non-présente véritablement. Je serais par contre plus sévère sur l’utilisation de la scène DU flash-back, qu’on sent venir au moins une heure à l’avance, et qui déprécie le film très largement. Cette scène n’a aucun intérêt et se révèle fadasse, en plus d’être complètement hollywoodienne. C’est exactement dans ce genre de choses que le film se plante, dans ce refus ou cette incapacité à le faire sortir des sentiers battus et à jouer un double jeu, mi-arty mi-hollywoodien, mi-hollywoodien mi-abstrait, etc. La chèvre et le chou sont ménagés, certes, mais aucune des deux parties n’est achevée. TRUMAN CAPOTE est finalement un film qui ne choisit pas son camp.
 
Il faut quand même signaler les points forts du film. C’est une évidence, les personnages secondaires sont formidables. Chris Cooper est très bon en shérif. Sobre. Et Catherine Keener, formidable de A à Z, est tout simplement sublimissime. Jeu nuancé capable d’exprimer le tourment des sentiments, attention extrême à tout ce qui se passe, présence infernale, c’est, encore une fois, un sans-faute. Il faut la voir rire avec Capote et être en même temps complètement furax ! C’est superbe. Si vous ne connaissez pas cette grande actrice, allez voir le film ! Elle représente quand même, et de loin, son atout principal.
 
Enfin, avant de nous quitter, permettez-moi de vous conseiller l’incroyable article de Pierre Murat dans Télérama, qui arrive à faire un article sur le film, sans jamais en parler ! Il raconte la vie de Capote (telle que dans le film) et c’est tout. Même pas la traditionnelle note sur les acteurs, rien ! Un résumé ! Il faut le lire pour le croire ! Belle déontologie en tout cas, chapeau la France ! Je me demande combien on l’a payé pour cet article ?
 
Désappointement Vôtre,
 
Dr Devo.
 

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Publié dans Corpus Filmi

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Commenter cet article

philippe.u 01/04/2006 17:31

j'ai bien aimé ce truman show. Mais je regrette effectivement que le film ne sache jamais aller au fond d'un thème, ça reste un peu en surface, même si par moment on se dit : ah oué pas mal ça.

jean valjean 13/03/2006 22:12

Pour le coup non.L'interprétation de Hoffman est sobre, pour être honnête. Oui, sobre. Tu as mis la moitié de ta critique la-dessus, et tu t'es trompé.  Il est même sacrément bon. Il l'a soupoudré d'un peu de Warhol (pour les connaisseurs). Je ne pensais pas qu'il pouvait faire ça, Hoffman.Enfin bon.Les seconds rôles, Keener et Cooper, sont ce qu'ils sont : égals à eux même. Dire de Cooper qu'il est très bon, euh...ça me paraît exagéré. Etant donné qu'il est juste comme d'hab. C'est-à-dire, un peu inexpressif, un peu renfrogné, toujours l'air d'un bon vieux poch'.Quand à cette pauvre Keener...elle a surtout pris un sacré coup de vieux. C'est peut-être d'avoir raté sa carrière ?

dr Orlof 12/03/2006 16:25

Sans dire que c'est un grand film, je suis un peu plus indulgent que toi même si j'ai été aussi très géné par l'interprétation d'Hoffman.
Quand aux biopics, même s'il y en a d'ignobles (et de ce point de vue, le décevant Aviator n'est quand même pas le pire si l'on songe aux Gandhi ou Chaplin d'Attenborough ou à Henry et June de Philipp Kaufmann)  ; mais il y en a de merveilleux , notamment Man on the moon de Milos Forman sur un personnage absolument fantastique (Andy Kaufmann) , interprété génialement par Jim Carrey.

Le Marquis 10/03/2006 19:11

C'est vrai que Truman Capote était un type aux tics, à l'allure, à la voix, etc. étranges et parfois assez irritants. C'était aussi (et ça reste) une figure très médiatisée aux Etats-Unis, aspect qui n'a pas vraiment traversé l'Atlantique - en France, on connaît bien ses oeuvres, mais pas tellement sa personnalité. Du coup, interpréter une icône aussi "marquée" (comme ça l'est d'interpréter Marilyn Monroe par exemple) est extrêmement casse-gueule, et je me demande comment ça va être perçu en France. Je n'ai pas vu le film, juste un extrait avec Capote (je vois d'ailleurs qu'on a rajouté son prénom au titre français pour éviter les ricanements), et le travail de Seymour Hoffman est presque en-dessous de la réalité ! Je pense que la perception de ce rôle aux USA doit être moins malaisée qu'elle ne peut l'être en France, où encore une fois, Truman Capote est surtout un nom sur les étagères de librairies... A part ça, je suis peu attiré par le film, déçu de voir qu'il s'agit d'une énième relecture de l'affaire "De Sang Froid", excellent rman il est vrai, mais l'un des derniers livres de Truman Capote, semble-t-il (entre autres choses) profondément affecté par cette histoire, et qui s'est par la suite enlisé dans l'aigreur et dans une indéniable "méchanceté" sociale (qui transparaît d'ailleurs dans ce qu'il a écrit par la suite), je ne sais pas si le film fait état de cette dérive.
A part ça, c'est vraiment un écrivain à lire, et je recommande tout particulièrement son premier roman, "Les domaines hantés", un roman assez stupéfiant qui ferait, ma foi, entre de très bonnes mains, un de ces films dont on ne se relève pas.

Dr Devo 10/03/2006 16:02

Tout à fait. Il y a de ça, sinon que ça!