STAR WARS: THE CLONE WARS de Dave Filoni (USA-2008): Trop cool! Tu me la prêtes?

Publié le par Dr Devo

Chers Focaliens,

 

Après tout, il ne faut pas se démoraliser. Ce n'est pas parce que l'offre en salles est relativement pauvre qu'il faut pour autant se morfondre et renoncer. Allez, zou, carte Pathugmont aidant, on tente les expériences en se jouant un peu du hasard, en choisissant les films sur des critères débiles (meilleur rendement au "poids", numérologie, signe astrologique du réalisateur...), ce qui est, je vous le rappelle, une méthode tout à fait valable pour sortir de ses propres sentiers battus. Cela dit, il faut être patient et même zen parce que, quand même, l'exercice peut aussi être violent pour les âmes sensibles ou pour nos focaliens les plus dépressifs...

 

THE CLONE WARS, donc. Oui, je sais, ça ressemble à un choix, mais en fait ça ne l'est pas vraiment car là aussi c'est la méthode aléatoire qui a décidé du choix du film. Un des grands articles best-seller sur Matière Focale est sans doute celui que j'avais écrit sur LA REVANCHE DES SITHS qui nous valu un nombre hallucinant de commentaires (un jour si vous avez du temps à perdre, n'hésitez pas à explorer cette jungle, c'est assez amusant). Ici, avec THE CLONE WARS, on revient de pleins pieds dans la licence STAR WARS, mais dans le versant animation cette fois. A priori, et si vous avez lu la critique des ...SITHS, cela ne vous étonnera pas, on se dit que l'idée, sans dire qu'elle est bonne est plutôt logique tant la laideur de la nouvelle trilogie de Lucas était cosmique, sans nul doute à cause d'horribles choix de direction artistique et des problèmes à intégrer acteurs et images de synthèse dans un ensemble cohérent. Évidemment, il y avait aussi la mise en scène (rires).

 

Bon. Ça va mal. Obi-wan Kenobi et Annakin Skywalker, jedis et héros sont envoyés sur des tas de champs de bataille, partout où l'on a besoin d'eux. Maître Yoda, leur maître à tous, est bien embêté car Jabba The Hutt, crapaud crapule leur demande de l'aide. On a enlevé son fils ! Il propose aux jedis d'aller le récupérer en échange de quoi celui-ci s'engage à sortir de sa neutralité et à offrir aux forces du bien ou supposées telles, ses voies galactiques qui représentent pour tout le monde un grand intérêt stratégique en temps de guerre. Obi-wan trouve ça louche mais bon, les ordres sont les ordres. Annakin lui est très embêté car on lui colle une novice jedi dans les pattes qu'il va devoir former.

 

Une bataille, des combats. Une autre bataille, des combats. Une mission, un autre combat. Etc... THE CLONE WARS ne s'embête pas avec les fioritures et offre de l'action à qui mieux-mieux. On reste dans la tradition de la série. Mission, contretemps, nouvelle orientation de la mission, séparation des héros et grand final. Bon.

Esthétiquement, oui oui, si vous voulez, chère lectrice, je suis d'accord, ça serait presque plus cohérent que les films de Lucas, ce qui n'est pas vraiment un exploit, je le disais. Le character design et le design tout court sont assez "simplifiés" et carrés, sans doute dans un style BD. D'un strict point de vue d'animation, les personnages sont atrocement anonymes et bougent tous de la même manière, ce qui est devenu la norme depuis quinze ou vingt ans dans cette branche du cinéma. Voilà qui est un peu rigide, en tout cas. Les gamins vont être ravis : ça bastonne, et en grande quantité, avec des centaines de personnages. Le scénario fonctionne un peu comme un jeu vidéo (ce que la série permet) en établissant une série de tableaux à finir avec gros adversaire de fins de niveaux et intermèdes narratifs. Les personnages n'ont pas vraiment de dilemmes moraux ou d'enjeux personnels (vagues allusions un peu enfantines sur le passé d'Annakin). C'est du carré. On ne pense pas vraiment au photoréalisme, ce que la stylisation du projet nous permet et ce qui change des WALL-E et consort.

 

Ceci dit, que cela n'est pas beau! Les couleurs sont fadasso-pastels. Les décors sont souvent simples, assez attendus et donnent l'impression de visiter de grands hangars vides. La mise en scène est plan-plan : bordelo-jumpisante dans l'action, et généralement tranquille et pépère en champs-contrechamps stériles et sans aucune fantaisie pour le reste. Et en plans serrés bien sûr. Bref, ça ne révolutionne rien, comme d'habitude, et ça n'est jamais beau ni troublant.

 

Mais le vrai problème réside ailleurs. THE CLONE WARS est un film à cible, et toute l'écriture pousse dans ce sens. Le film est clairement orienté pour les fans les plus jeunes. On constate donc que le pêché mignon des films surtout orienté vers les adolescents ou les enfants est également ici présent, à savoir une dédramatisation complète. Tout cela est bien lisse, les personnages sont immuables et ne bougent pas d'un pouce tout au long du métrage. Rien de triste n'arrivera jamais. L'insupportable erreur est d'avoir collé aux basques de os héros la jeune novice, une espèce de poupée Bratz de l'espace (pour ceux qui connaissent), c'est-à-dire une petite bimbo qui n'a pas sa langue dans sa poche, un peu de celles qui doivent servir de modèle aux publicitaires. C'est la petite gonzesse r'n'b si vous voulez : indépendante, de l'humour, beaucoup de piques, chipie avec du style, mais finalement au grand cœur... Pfffff... Deuxième effet write-kool du projet : l'humour. Il est quasiment omniprésent, et séduira tous les 6-8 ans. La Bratz envoie des punch-lines à tire-larigot ("le premier arrivé en haut à gagner", "Surveille ta petite boule puante"), le bébé hutt (car le fils de Jabba est un bébé) est trop trognon quand il rote-pète dans l'espace, et les robots sont trèèèès gaffeurs (genre, il arrive dans une boulangerie et commande une tarte aux concombres...). Dans la dernière partie qui fait la part belle à la diplomatie (si, si !), là aussi, on n'a ni peur, ni faim, ni rien. Personne ne meurt, personne n'est triste et on joue à l'épée pour de faux. Bref, voilà un produit qui devrait ravir les chaînes spécialisées dans les programmes pour enfants. Après la séance, je vais dans starbuck pour mettre à jour mon skyblog avec une photo de mon super deedou que je kiffe trop, il est super mignon, là, vous trouvez pas. C'était ce WE chez ses parents. Il a fait super beau et on a fait un barbecue. (L'année prochaine, il va faire une école à Rennes). Après quoi je fais du léche-shopping avec Amélie et Kevina, entre deux sms d'amour. Lol lol ! Repas chez Ben (une glace amande-fraise-choco-cookie), et j'aime trop tes bottes tu les as eues où ? Tes mèches sont trop bien et j'irais bien au cinéma...

 

Tiens, je vais aller chez le coiffeur tiens, parce que là, ma critique, je crois que je suis arrivé au bout.

 

 

Orbitalement Vôtre,

 

 

Dr Devo.


Publié dans Corpus Filmi

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Commenter cet article

Dr Devo 09/09/2008 22:38

Ha oui, cher ami, là, effectivement, je m'incline!Dr Devo. 

Et puis quooi encore 09/09/2008 22:29

je suis sûr que je trouve un skyblog philosophique:http://l-new-divers-l.skyrock.com/1777263046-J-arrete-tout-Sorry-s.htmlay est

Guile21 08/09/2008 20:15

Oui cher Dr, je me souviens trés bien avoir participé à ce pugilat defoulant qu'étaient les commentaires du film de Georges Lucas, aux partages d'idées interessant. Comme quoi, il n'y a pas que les bons films qui ont le monopole d'ouvrir des brèches dans la reflexion.
Sinon j'ai vu recement "The dark knight" avec toutes les bonnes intentions du monde. Je ne l'ai pas aimé du tout. Voir ma critique sur mon blog si ça vous interesse. J'aurai aimé avoir votre avis sur la chose dans le cas où vous l'auriez vu.
Amitiées et encore merci pour ce retour tant attendu.
 
Guile21

Bernard RAPP 05/09/2008 15:20

Veuillez agréer cher Docteur, l'expression de mes kikous distingués