Chroniques de l’Abécédaire, épisode 3, deuxième partie : renaissance de la possession du terrifiant virus nécromancien chez un homme supérieur cannibale

Publié le par Le Marquis

Suite et fin d’un article qu’il a été très difficile de mettre en ligne : qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour vous divertir ! Et ça démarre très bien avec un O comme…
 
OUTLAND, de Peter Hyams (Angleterre, 1981).
Les films en O se raréfient dangereusement dans mon stock, ce qui m’a amené à revoir ce film de science-fiction vu dans les années 80, sans m’avoir fait forte impression : et c’est une très bonne chose, car OUTLAND est un film franchement réussi. Projet curieux, qui consiste à transposer dans un contexte de SF un récit directement issu du genre western (les familiers du genre complèteront mon manque de connaissance dans ce domaine particulier en citant les références ouvertes – peut-être LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS, mais je ne fréquente pas assez les terres du film de cow-boys pour être très affirmatif) : Sean Connery (qui est très bon, mais si, je vous assure) interprète ici le rôle d’un shérif de l’espace qui ne doit rien à X-Or, un type dont l’intégrité radicale lui vaut d’être relégué dans des postes placardisés. Il est envoyé sur Io, manne de l’exploitation minière et 3e lune de Jupiter, et dès son arrivée, la déprime le guette : sa femme le quitte, fatiguée d’être trimballée dans les contrées les plus paumées et les plus reculées, tandis que le maire de la cité l’invite à adopter un profil bas et à ne pas trop regarder sous le tapis. Pourtant, quand une vague de suicides spectaculaires et inexplicables se manifeste parmi les mineurs, Sean Connery va décider, contre vents et marées, de mener seul son enquête, malgré les menaces grandissantes pesant sur sa pauvre tête.
Récit classique, comme on le voit, qui s’insère harmonieusement dans le contexte SF, d’autant plus que la direction artistique et les effets spéciaux donnent dans la sobriété – on a plus souvent des éléments quasi anachroniques (fusil à l’ancienne du shérif) que des gadgets à rayon laser. Le contraste est omniprésent sans être souligné au marqueur, entre ce récit et le cadre de SF sociale encore inscrite dans la mouvance des années 70. Il n’est pas impossible que des spectateurs plus jeunes, biberonnés à grands coups de science-fiction dans-ta-face, trouvent le film copieusement ennuyeux, car encore une fois, Peter Hyams n’utilise les éléments de SF qu’avec mesure, sobriété et soucis de réalisme. Pourtant, le film est admirablement bien réalisé, monté et rythmé, parvient à développer une belle atmosphère de paranoïa et de suspense, et bénéficie de très beaux effets spéciaux optiques – je radote un peu, je sais, mais c’est tellement plus beau que tous ces effets digitaux qu’on nous sert à la louche aujourd’hui : ces effets sont élégants, discrets, et surtout (ce qui n’est pas le cas de la grande majorité des effets actuels), ils s’intègrent parfaitement bien au style de la mise en scène. Très belle photographie, montage élaboré, casting solide (avec Frances Sternhagen, excellente en médecin sardonique qui viendra prêter main forte à Connery), narration sèche et directe, une excellente dernière partie montrant l’attente de tueurs à gages venus exécuter Sean Connery, attente chronométrée sur plusieurs jours, avec un compte à rebours affiché dans chaque décor : OUTLAND vaut le détour.
 
P comme… LA POSSESSION DE JOEL DELANEY, de Waris Hussein (USA, 1972).
Une vraie curiosité. Deux mots s’imposent tout d’abord sur cette édition DVD proposée par les Editions du Film Retrouvé : c’est un éditeur très inégal, aux intentions louables (comme son nom l’indique) mais aux moyens manifestement très limités, et qui fait l’effort notable de proposer un catalogue de vraies raretés – dont une collection Troma dont la qualité technique, médiocre, n’est cependant pas moindre que celle d’un autre distributeur DVD plus « officiel » des films de la Firme spécialisée dans le cinéma Z, Sony Music Video (éditeur redoutablement nul) – avec des titres comme ATTENTION ENFANTS, ZOMBIE ISLAND MASSACRE, BLOOD HOOK ou DRAWING BLOOD. La conception des DVD est hélas souvent hasardeuse, de même que les copies.
Ce film méconnu de Waris Hussein sort donc discrètement dans une piètre copie en VF (probablement issue d’une diffusion TV ou d’une vieille VHS, vu les cartons francisés du générique, avec d’ailleurs un autre titre sur la copie, « Possession meurtrière »). Malgré son année de production, le film n’a pas grand chose en commun avec L’EXORCISTE. Nous découvrons donc, avec ce « thriller étourdissant au rythme des maracas » (nous précise la jaquette !) l’histoire de Norah (excellente Shirley McLaine), grande bourgeoise américaine, préoccupée par le comportement de plus en plus déviant de son frère Joey, avec lequel elle entretient des relations ambiguës. Lorsqu’il est accusé du meurtre de sa fiancée, retrouvée décapitée, Norah décide de rechercher un jeune criminel de l’entourage de Joey, persuadée qu’il exerce une mauvaise influence sur son frère et qu’il est peut-être coupable de cet assassinat. Elle découvre alors que le jeune homme en question est mort depuis plusieurs mois…
Le film s’ouvre sur un plan étrange : un bref travelling sur des visages concentrés, dont celui de Shirley McLaine ; on pense à un jury de tribunal, avant de réaliser que nous sommes dans un ascenseur, et que Shirley attend l’arrivée de son frère pour laisser les portes se refermer. S’ensuit un métrage assez télévisuel, à la mise en scène très datée et sans grande personnalité. Cependant, au fur et à mesure que progresse le récit, de petites touches sociales et psychologiques se font de plus en plus acerbes, sans indulgence pour le personnage de Norah. Et si le film, visuellement, stagne dans une aimable médiocrité (malgré quelques trouvailles troublantes comme cette scène de jeu « innocent » sous la douche entre Norah et son frère, qui se termine sur un plan figé assez glaçant), il parvient pourtant peu à peu à devenir vraiment dérangeant et transgressif, jusqu’à une séquence assez stupéfiante montrant Norah et ses deux enfants retenus en otage par Joey, où viennent se glisser quelques idées franchement décadentes (Joey oblige son petit neveu à danser nu devant lui pendant qu’il force sa nièce à manger à quatre pattes de la pâtée pour chien !), dont un développement prévisible mais assez terrifiant de l’inceste, avant qu’un final pessimiste vienne clore ce petit film bizarre et original, mémorable en somme, même si un cinéaste de talent aurait pu en faire un film bien plus fort. En l’état, c’est une curiosité qui se visite agréablement et propose quelques idées, une poignée de plans, brisant quelques tabous encore solidement installés aujourd’hui.  
 
R comme… REBIRTH OF MOTHRA II, de Kunio Miyoshi (Japon, 1997).
La mite est un animal rarement présent sur les écrans, c’est étrange, non ? Petit souvenir ému de la femme-mite du délicieusement ringard LE VAMPIRE A SOIF avec Peter Cushing. La mite star au cinéma reste donc Mothra, la créature géante qui s’est tatannée, d’abord sous son enveloppe de larve cracheuse de soie, puis sous son apparence de papillon multicolore, avec Godzilla dans le classique MOTHRA CONTRE GODZILLA. Une créature légendaire, vivant paisiblement sur une île cachée, et qui ne se mêle pas facilement des affaires des hommes. Mais quand elle le fait, c’est toujours pour faire le bien et sauver l’humanité, et encore, à la seule condition qu’elle en soit implorée par deux jumelles lilliputiennes, qui lui en font la demande en chantant une jolie chanson (« Mosssuraaaaa-ya ! Mosssuraaaaa ! »). Vu de loin, je sais, ça a l’air complètement débile. Mais il faut savoir que ce monstre est devenu très, très populaire au Japon (il a même des peluches à son effigie), et qu’après cette première apparition dans le film d’Inoshiro Honda, Mothra est fréquemment réapparue dans les films du genre kaiju eiga (voir YONGGARY, l’article, ou le film si vous en avez le courage), avant que celui-ci ne tombe en désuétude.
Mais, tel le Phénix ou le groupe Abba, Mothra a fait son grand come-back au cinéma dans les années 90 – même si cette trilogie des REBIRTH OF MOTHRA, vaguement distribuée en vidéo dans les pays anglo-saxons, est restée inédite sur notre beau territoire. Il faut dire que ce genre de film est si japonais dans l’âme qu’il ne s’exporte que difficilement. Je ne vous avais pas parlé du premier REBIRTH OF MOTHRA d’Okihiro Yoneda, et j’aurais sans doute dû : je me fais pardonner aujourd’hui en vous rendant compte de sa suite, du même tonneau. Bon, premier bon point : contrairement au YONGGARY de synthèse, assez décevant, on revient ici aux bons vieux acteurs en costume piétinant des maquettes, et aux sympathiques créatures géantes suspendues à des filins parfaitement visibles. Autre point (je ne sais pas s’il est bon, enfin, moi je trouve que si) : le film est spectaculairement bariolé et rococo, et comporte ici encore, via la chanson des jumelles miniatures, un joli clip d’un kitsch insondable et hilarant. Dans REBIRTH OF MOTHRA, on nageait déjà dans un océan de croquignolet, avec cette histoire de déforestation sauvage (c’est très méchant de faire du mal à nos amis les arbres) qui réveillait malencontreusement le vilain monstre Desghidora ; la méchante fée Belvera, sœur des deux jumelles, cherchait à s’emparer d’un médaillon magique afin de prendre le contrôle du monstre et ainsi d’asservir l’humanité entière. Heureusement, les deux jumelles poussaient alors la chansonnette, et réveillaient ainsi la redoutable Mothra, qui vint ainsi remettre de l’ordre à tout ce chaos avant de rendre son dernier souffle : mais rassurez-vous, la relève était assurée avec l’éclosion de son œuf ! Après la déforestation, nous passons ici à la pollution (jeter des déchets dans la mer, c’est mal), qui réveille un nouveau monstre cocasse, Daghara, dont on apprend qu’il a été créé par la civilisation de Nilaï Kanaï (hi-hi). Un fort joli monstre, ma foi, il faut bien le reconnaître, d’autant plus qu’il crache régulièrement de grosses étoiles de mer rouges très agressives, cracheuses de mousse à raser mortelle. La suite, vous la connaissez sans l’avoir vue.
On trouve de tout dans cette pochette surprise d’un mauvais goût anthologique et très jouissif (quoique beaucoup trop longue !). Un festival de la couleur chatoyante, avec pluie de pétales sur champ de fleurs. Un humour foncièrement japonais qui risque fort d’en laisser plus d’un perplexe par sa naïveté et ses effets (ne ratez pas le lancer de chenille au ralenti dans la salle de classe, ou les mésaventures autour d’un chat angora hystérique). Il y a des enfants, of course, mais aussi Belvera qui fait son grand retour ricanant, toujours habillée comme pour une soirée Noël chez Starmania, solidement accrochée à sa monture, un dragon miniature qui crache des rayons laser et a une vision subjective à la TERMINATOR. Allez, la petite nouveauté qui tue : Gogho, un petit monstre gentil et poilu, une sorte de Popple de Cicciolina jaune, avec sur la tête un phalus à la forme vaguement antennique, qui a un don très particulier : il urine sur les blessures et les plaies pour les guérir (pourvu que personne ne se morde la langue !). Un bordel indescriptible agite tout ce petit monde, jusqu’à ce que les singer twins décident que ça commence à bien faire : et hop ! Une chanson, et voilà Mothra qui arrive dans un sillon de paillettes pour régler son compte à Daghara. Pour ce faire, elle joue son va-tout et se transforme en AquaMothra pour mieux se battre sous la mer. Et devinez quoi ? Elle triomphe !!! Au prix, tout de même, du valeureux sacrifice de Gogho, lequel, avant d’avancer vers son destin, aura déféqué une perle dans la main de la petite fille qui l’avait recueilli, c’est très émouvant. C’est bourratif, d’une idiotie cosmique, avec plein de jolis effets spéciaux à l’ancienne, qui préservent le charme des vieux classiques, avec une touche moderne mariant (de force !) les influences de SAN KU KAÏ et des TÉLÉTUBBIES. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais le film pour enfants japonais, ça décoiffe, et il est recommandé d’en faire provision, car ces petites merveilles, d’ici dix-quinze ans, seront faisandées à point et à servir chaud ! Mmmmm… Vivement le troisième film de la trilogie, où Mothra va affronter le terrible King Ghidora, et peut-être même Hélène Ségara, qui sait ?
 
S comme… SUPERMAN, de Richard Donner (USA, 1978).
Là, il m’a quand même fallu prendre ma respiration avant de me plonger dans ce film que je n’avais pas revu depuis mon enfance : 146 min ! Hou la la… C’est un peu long, ça, monsieur. Bon, je précise tout de suite et avant de me faire lyncher que je ne suis pas très client des films de super-héros (et que Superman est peut-être celui qui m’ennuie le plus), et que, du coup, je ne suis absolument pas un spécialiste-nerd-fan, donc, ne comptez pas sur moi pour relever les détails hérétiques par rapport à l’album n°124 de l’année 1966 ou que sais-je : je n’y connais rien, ça ne m’intéresse pas des masses et je considère de toute façon qu’un film doit se suffire à lui-même. Le remake approchant, il me paraissait vaguement intéressant par contre d’aller se rafraîchir la mémoire en revisitant l’adaptation de Richard Donner – et puis je suis comme ça, j’aime beaucoup revoir des films, même lorsque je ne les ai pas forcément très appréciés : on est parfois très agréablement surpris (j’étais vraiment passé à côté de L’ESPRIT DE CAÏN, par exemple), et surtout on en apprend énormément sur sa propre perception et sur le développement d’un esprit critique. Ceci dit, je n’avais pas détesté ce SUPERMAN à l’époque, il ne m’a juste pas transporté très loin. Alors…
On se retrouve donc sur la planète Krypton (qui a l’air d’être mortellement ennuyeuse) pour une longue séquence d’introduction construite autour de la performance de Marlon Brando, pas mauvais, mais pas fracassant non plus, je ne suis pas sûr qu’il valait le cachet Kolossal qu’il a englouti pour ce rôle très bref. Après ce récit des origines du personnage, le film enchaîne sur sa genèse, progressive, soigneusement détaillée et d’une longueur un rien complaisante (plus de 50 min !) qui annonce assez la structure très proche du SPIDERMAN de Sam Raimi (la meilleure partie de ce film, par la suite soporifique et dénué d’enjeux). Personnellement, je préfère les introductions plus radicales à ce genre de récit (comme dans DARKMAN ou BATMAN RETURNS par exemple), le temps pris à instaurer l’identité d’un personnage aussi populaire me semble vaguement inutile (quelle incidence concrète sur le récit ?) et tire le film vers une forme d’académisme un peu assommante, et pas spécialement en phase avec le ton plus humoristique du reste du métrage.
Ceci dit, une fois passé ce cap un brin laborieux, le cocktail ne s’avère pas déplaisant, mêlant un soupçon de kitsch involontaire et de vrais moments de fantaisie, et Richard Donner parvient à rendre divertissantes les aventures d’un super-héros qui ne m’a jamais vraiment convaincu (avec ces quiproquos téléphonés – c’est le cas de le dire ! – entre Superman et Clark Kent). Margot Kidder est assez étonnante dans le rôle de Loïs Lane, et ce choix de casting est bizarre mais s’avère plutôt payant, d’autant plus qu’elle est au centre d’une des plus belles séquences du film, celle où Superman l’emmène voler avec lui dans le ciel : j’avais totalement oublié que cette séquence était chantée ! Une chanson parlée, fort bien interprétée par Margot Kidder en voix-off, presque un clip avant l’heure, mais d’une assez belle délicatesse, qui confère à la scène une très belle atmosphère. Très joli passage. La suite m’a par contre paru s’essouffler peu à peu, pour un film à mes yeux beaucoup trop long. Et le problème qui se pose est sensiblement celui de SPIDERMAN : après une mise en place aussi longue, les enjeux paraissent franchement téléphonés. Lex Luthor, correctement interprété par Gene Hackman [message personnel à un fan : Luthor est bien chauve, Cyrano, on découvre qu’il porte une perruque], est malfaisant et jaloux de la notoriété de Superman, il monte un plan machiavélique pour le mettre à terre, point barre. Le film est correctement mis en boîte, sans talent particulier, bercé par la musique pompière et parfois soûlante de John Williams, et use et abuse de la licence poétique, pour le meilleur et pour le pire, avec cette idée charmante mais saugrenue d’un Superman inversant le sens de rotation de la Terre pour remonter le temps. Bref, un film d’aventure convenable et naïf, rien de bien enthousiasmant.
 
T comme… TERREUR.COM, de William Malone (USA / Angleterre / Allemagne / Luxembourg, 2002).
Déjà, à la lecture de la jaquette du DVD, ça commence bien : « réalisé par William Malone, grand spécialiste du genre horreur (HALLOWEEN, LA NUIT DES MASQUES) » ! Ah bon ??? Ben voyons ! Autant essayer de me vendre MATRIX RELOADED en me disant que c’est un film du réalisateur de PSYCHOSE ! En réalité, William Malone, bien qu’il ait effectivement consacré sa carrière au fantastique, n’a jamais livré d’œuvre de la trempe du film de John Carpenter, et n’a d’ailleurs même pas servi le café sur le tournage du film en question. De William Malone, on connaissait une poignée de petites séries B médiocres dans les années 80, dont la plus célèbre reste le film CREATURE, avec Klaus Kinski (un film d’ailleurs très bizarre par certains aspects), ainsi qu’un retour aux affaires plutôt honorable avec son meilleur film, LA MAISON DE L’HORREUR, remake inventif et très agréable d’un classique de William Castle, l’un des premiers (et meilleurs) films produits par Dark Castle (boîte de production de Joel Silver et Robert Zemeckis, alternant le correct – GOTHIKA, LA MAISON DE L’HORREUR – et le déplorable – 13 FANTÔMES, LE VAISSEAU DE L’ANGOISSE).
J’étais d’ailleurs persuadé que ce TERREUR.COM était issu de Dark Castle, ce qui n’est pas le cas mais n’empêche pas le film d’être lui-même déplorable. L’histoire ? Disons que, comme un HORRORVISION plus fauché mais aussi plus sympathique, ce film tente de transposer le sujet de RING ou de KAÏRO dans un contexte américain très branchouille, et surtout très imbécile. Un tueur en série (pauvre Stephen Rea) tue en série, on soupçonne un réseau clandestin de films snuff, tandis qu’un fantôme vient d’ouvrir son propre site, et si tu te connectes dessus, 48 heures plus tard, tu meurs. Pourquoi n’aborder qu’un seul sujet quand on peut tous les malaxer dans une vaste mixture fumiste ? Stephen Dorff (ici aux abonnés absents) et Natascha « fille de Meryl Streep » McElhone (actrice toujours aussi consternante) mènent l’enquête.
Et moi aussi par la même occasion : le petit jeu étant de relever le nombre de séquences et d’idées plagiaires. Comme par exemple cette inquiétante petite fille avec un ballon, qui hante les visions de ceux pour qui le décompte des 48 heures a commencé : merci Mario Bava (OPÉRATION PEUR) ! Ou comme, plouf ! Natascha qui plonge dans une cave inondée au fond de laquelle elle va tomber sur un cadavre putréfié : merci Dario Argento (INFERNO) ! Que voulez-vous que je vous dise ? Le film, longue enfilade de poncifs et d’emprunts, se déroule dans un rythme plus assommant que lancinant, et agace souvent à vouloir multiplier les pistes sans jamais parvenir à les faire se croiser de façon plausible, à commencer par ce fantôme assoiffé de vengeance, qui hante un site web d’une conception ridicule (vous êtes mort, vous errez dans les limbes, vous décidez de tuer les gens pour les obliger à vous venger – si ! si ! – et si la mort vous programme sur son grand ordinateur, autant en profiter pour concevoir un site SM d’une banalité à pleurer). Qui plus est, Malone semble si fier de la visite de ce site, immuable, qu’il nous ressert la séquence jusqu’à plus soif ; mais au bout de trois scènes de personnages l’œil torve fixé sur leur PC avec un air compassé, l’effet tape sur les nerfs.
Scénario exécrable, filandreux, qui débouche sur une révélation finale totalement idiote, qui plus est fondée sur une contre-vérité qu’aurait pu éviter un collégien (message personnel à William Malone, qui va pleurer en lisant cela : les femmes transmettent l’hémophilie, mais n’en sont jamais atteintes, c’est comme ça, c’est une maladie de garçons : désolé pour ton twist !). La mise en scène du cinéaste ne parvient évidemment pas à sauver un script aussi indigent (co-écrit par le producteur Moshe Diamant, il ne fallait donc pas s’attendre à une perle, ha-ha), et s’il soigne au mieux ses cadrages, en se livrant même parfois à quelques tentatives esthétiques expérimentales, ses efforts sont ruinés par la laideur de la photographie et des effets visuels, de l’image de synthèse moche, re-belote. Au final, on partage un peu la consternation de Jeffrey Combs et Udo Kier, égarés ici dans des rôles de remplissage d’un intérêt proche du néant. FEARDOTCOM ? Fear not come, oui !
 
U comme… UN WEEK-END EN ENFER, de Bob Willems (USA, 2003).
Ce sont de beaux instants dans la vie d’un cinéphile. On est parti pour acheter du whiskas afin de combler les appétits raffinés de sa majesté féline au supermarché du coin, et on tombe en passant sur un de ces bacs de DVD à trois francs six sous, pleins de nouveautés, d’inédits et de curiosités : le temps de déloger le chaland à la recherche des CHORISTES et de faire son tri, on repart heureux, les bras chargés de cinéma, des points d’interrogation plein la tête. Et on oublie d’acheter le whiskas, ce qui va nous valoir l’ire du maître de maison (le vrai).
UN WEEK-END EN ENFER a fait partie d’une de ces fournées, et renseignements pris, j’apprends donc que l’affiche est la bonne, et que le film porte au choix le titre de GRIM WEEK-END ou de S.I.C.K. (pour SERIAL INSANE KLOWN KILLER). Mais encore ? Et bien, c’est un slasher au fond des bois, et ce ne sera que ça. Tueur : clown masqué. Victimes : une demi-douzaine de jeunes gens intellectuellement démunis. Et comme chaque slasher se doit d’avoir sa petite particularité, celui-ci sort du lot, si j’ose dire, plus que par son retournement de situation final (vu mille fois en mieux), par son tournage en DV qui fleure l’amateurisme à plein nez, un peu comme LA MAISON HANTÉE, pitoyable (mais drôle) petit AMITYVILLE de cuisine des frères Polonia : que des œuvrettes aussi indigentes puissent être éditées en DVD reste bien mystérieux, tout en faisant plaisir, car après tout, ces films emballés en caméra numérique par une équipe de bras cassés sont ce qui se rapproche le plus de l’authentique série Z des années 70/80 – à défaut de s’apparenter véritablement au cinéma bis, vu l’extrême laideur esthétique de la chose.
En ce qui concerne le scénario, à défaut d’originalité ou d’efficacité, on relèvera son extrême vulgarité. Celle-ci se manifeste par une accumulation absurde de blagues gay pendant la première demi-heure : le héros prépare activement un week-end dans sa maison familiale perdue dans les bois, et contacte ses invités par téléphone : « Ramène tes revues porno gay, si je prends encore un râteau, je te jure que je passe aux mecs ! ». Le patron du héros essaie bien de le retenir pour le week-end (un insert nous apprend que son supérieur avait en effet prévu de se travestir et de se barbouiller les babines de rouge à lèvre), mais cette fois, Héros ne cède pas : il va le faire, son week-end ! En plus, il invite une collègue après laquelle il court depuis un an, et si elle a accepté, c’est surtout parce que son petit ami l’a larguée (un insert nous apprend qu’il l’a trompée avec un homme). Bob Willems chercherait-il à nous dire quelque chose ? Bien évidemment : qu’il adore les inserts ! Alors il en colle dans son montage au rythme d’un toutes les deux minutes, avec quelques pointes à quatre / cinq inserts la minute, supposés représenter divers flash-back, images mentales, fantasmes ou pures illustrations de dialogues. Mais pour revenir à la grande vulgarité de ce film impossible, les choses ne s’arrangent pas quand le récit s’installe autour des relations inter-couples durant le week-end en question. Et les répliques fusent, ami poète, bonsoir : « Je suis peut-être un gros porc, mais je n’ai jamais sucé le gros orteil de personne ! », « Et si on rentrait et que tu me dises des trucs pour voir mon érection ? », « T’es trop tendue poupée, j’vais t’faire un massage ! », « Et Suzan, elle est où ? – Quelque part, en train de se remettre de ton énorme bite ? Moi, il me faudrait au moins une semaine. » Alors quand la situation se dégrade, soyez-en sûrs, ces personnages demeurés restent tout autant abrutis : « Oh, mon dieu ! Ça ressemble à une mise en scène rituelle ! », s’exclame un personnage en découvrant un squelette coiffé d’un chapeau en carton sur lequel est inscrit « Joyeux anniversaire ! ». Ou ma réplique préférée : « Il m’est arrivé un truc de dingue ! », s’exclame un pauvre garçon, qui s’écroule, une hache plantée dans le dos ; « Oh, mon dieu, il est mort ? », s’interroge une des filles. Bravo. C’est formidable.
La mise en scène, pour sa part, évoque plus un film d’entreprise qu’un ersatz de VENDREDI 13 : quand le héros fait sa valise, la caméra filme en gros plan le couteau qu’il glisse parmi ses vêtements, et que la main de l’acteur présente ostensiblement à la caméra (en insert dans le montage, of course) avant de le ranger : cacher une arme dans ses bagages, c’est facile ! Méthode n°1… Faut-il le préciser, tout le reste (cadrage, montage, photographie, mixage sonore) est d’une maladresse perpétuelle et risible, avec ces flash-back de séquences vues deux minutes plus tôt, ou ces séquences filmées à travers un filtre mauve et baveux d’aspect franchement vomitif, le tout sur une musique qui fait presque regretter celle de NECROMANCER. Bref, un film épouvantable, à moins de le prendre au 36e degré – auquel cas c’est alors un bel incontournable. À vous de voir : invitez des amis !
 
V comme… VIRUS CANNIBALE, de Bruno Mattei (Italie / Espagne, 1981).
Tout va bien dans l’usine Hope, espèce de laboratoire-centrale nucléaire lancé dans une top secrète « opération mort douce » : les boutons clignotent, des scientifiques regardent les boutons clignoter d’un air concerné, des laborantins s’affairent dans des combinaisons anti-radiation qui ressemblent sans doute plus à des costumes d’apiculteurs. Quand soudain, c’est le drame ! Une fuite de fumée verte, un rat crevé s’anime et attaque un des laborantins, lequel ne bouge pas, meurt et ressuscite avant de tuer son collègue, lequel ne bouge pas, meurt et ressuscite, ad lib, l’invasion a déjà commencé quand il était trop tard, et l’un des classiques du bisseux Bruno Mattei (l’homme de prestige derrière LES RATS DE MANHATTAN, PORNO HOLOCAUST, TERMINATOR II (si, si, il a fait le sien !) ou ROBOWAR) peut dérouler son tapis de gore complaisant (pour la mort douce, on repassera) et d’idées farfelues brutalement soutenus par des zooms convulsifs avant-arrière ou vice versa, c’est joli aussi.
VIRUS CANNIBALE s’inscrit au gros feutre sur le registre des films de morts-vivants post-ZOMBIE, un film qui a durablement marqué les esprits des producteurs de cinéma bis, qui n’hésiteront pas d’ailleurs à démultiplier les titres mensongers, ce VIRUS CANNIBALE s’étant à l’occasion intitulé ZOMBI 4 ou ZOMBI 5, selon l’inspiration – d’ailleurs, dès qu’un film de ce genre était produit en Italie, c’était le plus souvent un ZOMBI n° quelque chose, à commencer par l’initiateur de cette vague (et son plus intéressant représentant) Lucio Fulci, et son ENFER DES ZOMBIES aka ZOMBI 2. Ici, le producteur Claudio Fragasso (qui est également un réalisateur et un scénariste épouvantable, qui nous a infligé entre autres les nuls TROLL 2 et L’ATTAQUE DES MORTS-VIVANTS – ZOMBI n°je ne sais plus combien) enfonce le clou, et rachète les droits de la bande originale du film de George Romero, composée par les Goblin, que Mattei accole sur des séquences singeant le film de Romero : pompages accompagnés sans vergogne par la musique originale donc, pour un effet assez cocasse quand on connaît le classique pillé, à commencer dès le début du film par un immeuble assiégé par une brigade masquée (qui compte dans ses rangs un exotique croisement de Klaus Kinski et de Dave !), venue là pour mettre un terme musclé à une prise d’otages. Et je peux vous dire qu’ils ne font pas dans la dentelle : après avoir désarmé un des terroristes écolos venus protester contre les expériences menées dans l’usine de la scène d’ouverture, ils l’égorgent purement et simplement, avant de fusiller ses comparses. Il y a plutôt intérêt à filer droit dans ce pays !
Bien sûr, le problème avec ce film, c’est que l’intrigue semble s’improviser au fur et à mesure, et après ce coup d’éclat de notre troupe anti-terroristes, Bruno Mattei ne sait déjà plus quoi en faire, et les largue dans la jungle, où des zombies commencent à faire leurs petits ravages, notamment au détriment d’une petite famille, papa étant dévoré par son petit garçon, lequel a l’air de bien s’amuser à mâcher sa viande rouge face caméra. S’ensuit une petite ballade bien longuette au pays des sauvages, un interminable bout à bout d’anthropologie fantaisiste et de stock-shots atrocement mal intégrés à l’action – avec divers inserts comiques sur des animaux qui ne vivent pas forcément sur le même continent. Je relève d’ailleurs le fait que ces inserts peuvent concerner indifféremment gerboises, singes divers ou braves sauvageons ! Et ça dure ! On se demande un peu ce que tout ce petit monde fout au milieu de cette aimable tribu, à boire du lait de coco en regardant les noirs danser, mais heureusement, cette tribu refuse d’enterrer ses morts (c’est tabou, sans doute), et ceux-ci sont secs (nul) et se décident enfin à dévorer de la chair fraîche, le vague récit peut reprendre sa route, avec une escale dans une maison abandonnée, puis un retour à la case départ et donc à l’usine Hope.
Du bon gros Z, élevé au rang de classique du naveton grâce à ce qui caractérise si bien le cinéma de Bruno Mattei : ses idées stupides et particulièrement saugrenues. Ici une mamie zombie avec un débonnaire chat de gouttière dans l’estomac (Minou-Minou se fraye courageusement un chemin à travers la bidoche en latex et s’enfuit sans demander son reste), ou cette fameuse scène montrant un soldat qui enfile un très seyant tutu vert et entame « Singing in the Rain » avant de périr sous les morsures des cadavres ambulants. Mais le pompon, c’est encore ce projet « opération mort douce », qui consiste tout de même à régler une bonne fois pour toutes les problèmes de famine et de surpopulation en amenant les peuples du tiers-monde à s’entre-dévorer, rien que ça !!! Moi, je trouve que c’est bien fait pour ces scientifiques si les choses sont à ce point parties en sucette. Un métrage improbable comme on les aime, en somme.
 
W comme… WOLFEN, de Michael Wadleigh (USA, 1981).
Bon, trois navets de suite, ça commence un peu à bien faire – même si les deux derniers sont assez plaisants, à leur façon. On enchaîne donc avec la revoyure de ce petit classique des années 80, qui propose une approche cette fois très sérieuse. Il est d’ailleurs assez surprenant de constater que ce film a, à l’époque, été un échec commercial : pas de chance pour Michael Wadleigh, qui n’a guère fait parler de lui par la suite (c’est son seul long-métrage de fiction, malheureusement), pas de chance non plus pour son interprète principal, Albert Finney, également tête d’affiche d’un autre bon film qui a dans la foulée fait un autre four à sa sortie (LOOKER).
Et pourtant, la qualité est vraiment au rendez-vous de ce récit étrange : alors qu’un ambitieux projet immobilier implique la destruction progressive de quartiers en ruine dans la banlieue new-yorkaise, une série de meurtres mystérieux intrigue la police – les victimes, dont plusieurs sont impliquées dans le projet immobilier, auraient été tuées par des loups. Bien que le film démarre par l’hypothèse de la lycanthropie, celle-ci s’avère rapidement être invalide – ce qui fait que ce film n’est pas un film de loups-garous, contrairement à sa réputation. Les loups sont ici des entités légendaires, sortes de dieux du passé, connus et craints par les indiens installés dans la métropole, survivant dans une relative harmonie en dévorant la lie de la société (clochards, SDF), mais qui doivent au début du récit s’attaquer à des cibles moins « discrètes » afin de défendre leur territoire menacé.
Un propos mêlant habilement peinture sociale assez acerbe et poésie fantastique, dans un film qui évoque irrésistiblement le superbe LA DERNIÈRE VAGUE de Peter Weir, à la fois par son approche onirique, par son propos et bien sûr par la présence dans le récit d’indiens intégrés dans la « civilisation », mais qui restent en retrait, en marge de cette société, un peu comme les aborigènes du film de Peter Weir. L’un des aspects les plus mémorables du film est la vision subjective des loups, un effet visuel très marquant (image solarisée), qui parvient à éviter le mauvais goût grâce à un admirable travail sur la photographie. Ce n’est pourtant pas ce qui impressionne le plus dans la mise en scène de Wadleigh. Outre une remarquable utilisation de la steadicam et de la louma dans des plans-séquences parfaitement orchestrés et énergiques, c’est le travail sur le cadre et sur le montage qui génèrent les passages les plus forts : notamment une scène discrète et d’une beauté à couper le souffle, montrant Albert Finney à son bureau, jouant avec une perle trouvée sur les lieux du premier meurtre, obsédé par l’image d’une cage d’escalier dans un immeuble désaffecté visité plus tôt dans le récit ; par un effet de montage subtil et presque imperceptible, la chute de la perle vient révéler dans cette image mentale la présence des yeux lumineux d’un loup à travers les barreaux de l’escalier. Une scène magnifique, qui est très représentative de la finesse du propos et du talent du cinéaste. Rien ici, malgré quelques séquences très spectaculaires, ne vient souligner les informations au marqueur, pas d’effet sonore « attention information », pas de dialogue explicatif et redondant énonçant pour les mal-comprenants des informations délivrées par la seule mise en scène (un élément précieux à une époque où TOTAL RECALL ou MATRIX font figure d’œuvres matures et complexes, malgré leur réalisation atrocement simpliste), il n’y a pas non plus de personnage de gros salaud entrepreneur à tuer pour conclure l’intrigue sur une note moralisatrice. C’est donc un film d’une grande intelligence, qui parvient à faire naître la tension et parfois l’émerveillement, et qui fait honneur au genre qu’il illustre brillamment. Hautement et chaleureusement recommandé.
 
Y comme... YI-YI, d’Edward Yang (Taïwan / Japon, 2000).
Pour conclure un Abécédaire encore une fois privé de Z (mais il y en a un dans le prochain !), on termine cette sélection avec 170 longues minutes d’un métrage que l’on espère consistant, chronique familiale complexe où chaque membre de la famille, du petit garçon à la grand-mère plongée dans le coma, va connaître un parcours individuel, une évolution au cours du récit : histoires d’amour contrariées, crise de la quarantaine ou de l’adolescence…
Je vous passe les détails de ce film long (trop) et lent (ce qui ici est à la fois une qualité et un défaut). Edward Yang propose une mise en scène soignée et très composée (dans ses cadrages principalement), et parvient à créer une belle cohésion dans un récit qui mêle en les superposant les différents âges de la vie, chaque protagoniste étant à tour de rôle au centre du récit. La crise de rage d’une adolescente, dans le mixage sonore, laisse place au hurlement d’un bébé, la déception d’une jeune fille fait écho des désillusions de son père après sa rencontre avec un amour de jeunesse. Tout cela est très agréable, pensif, contemplatif, parfois intriguant, mais en ce qui me concerne, je trouve que la palme de la mise en scène est bien généreuse pour un film appliqué et relativement tenu, mais qui ne fait que très, très rarement preuve d’originalité ou de personnalité. Je reconnais au réalisateur son talent de directeur d’acteurs (le petit garçon est notamment très bien dirigé – et bat à plates coutures les mioches cabots qui en font des caisses dans une majeure partie de la production occidentale), ainsi que quelques idées, quelques séquences qui parviennent à sortir du lot : un curieux parallèle entre une séquence de meurtre et un jeu vidéo, mais surtout ce qui m’a paru être la plus belle scène du film, ce coup de foudre (littéral) du petit garçon pour une gamine pendant la projection d’un film éducatif sur les phénomènes météorologiques : scène très bien construite, avec un plan magnifique (la jeune fille debout devant l’écran qui projette des images d’orages).
Pour le reste, j’admire modérément les sous-intrigues, d’une jolie justesse psychologique (la mère bouleversée par le coma de mamie : il faut absolument lui parler pour maintenir le contact, mais elle panique alors quand elle réalise qu’elle n’a rien à lui dire), tout en me disant que ça n’enlève rien à la platitude de la mise en scène, qui ne décolle que trop rarement de ses poses impressionnistes, esthétiquement plaisantes, mais encore une fois trop systématiques (le cadreur est doué, mais encore ?), et surtout figées et lassantes sur près de trois heures. Je ne crache pas dans la soupe (ce serait malhonnête de la part de quelqu’un qui s’est farci l’insupportable L’ÎLE de Kim Ki-Duk !), il y a quelques beaux morceaux, mais j’ai un peu le sentiment qu’il faudrait être fan hardcore de Laurent Voulzy pour tomber pleinement amoureux de cette estampe charmante mais bien trop tiède et lénifiante pour mon goût.
 
On visionnera par ordre de préférence la liste suivante, dont je remarque qu’elle comporte pour une fois assez peu de films vraiment à éviter – parce que les trois derniers du classement valent quand même largement le détour, tout dépend de ce qu’on va y chercher…
 
WOLFEN
LAND OF THE DEAD
OUTLAND
KING OF THE ANTS
INSIDE JOB
L’ENFER DES LOUPS
LE CHAT NOIR
YI-YI
SUPERMAN
LA POSSESSION DE JOEL DELANEY
LA MACHINE À EXPLORER LE TEMPS
F/X
DESTINATION FINALE II
HAPPY TEXAS
REBIRTH OF MOTHRA II
BELIEVE
TERREUR.COM
À TON IMAGE
GOUTTES D’EAU SUR PIERRES BRÛLANTES
UN WEEK-END EN ENFER
NECROMANCER
VIRUS CANNIBALE
 
Bande-annonce du prochain épisode : campus mortel, voisins trop curieux, fluide sexuel, vaches mangeuses d’hommes, nain taxidermiste, vers perforants, ourson bionique, body-buildings new-yorkais, témoin muet, lycanthropes gay, psychanalyse, rêve à la française, fantôme de la haute, cuisses combatives, combustion spontanée, enfer locatif, robes de mariées, boîte à musique meurtrière, vœux exaucés, reine en péril.
 
Bien, je vais tout de suite enchaîner avec un Christopher Walken comme vous auriez aimé ne jamais le voir : à très bientôt, donc.
 
Cliquez ici pour accéder à la première partie de cet article.
 

Retrouvez d'autres articles sur d'autres films, en accédant à l'Index des Films Abordés : cliquez ici !

Commenter cet article

Le Marquis 02/04/2006 21:34

Pour que Luthor soit inquiétant, il aurait déjà fallu que le film soit sérieux; à partir du moment où le film de Richard Donner est une comédie d'aventures, l'interprétation de Gene Hackman et la conception du personnage me semblent parfaitement s'intégrer dans cet univers - surtout qu'en ce qui me concerne, Lex Luthor aurait pu être noir et obèse que ça ne m'aurait pas plus retourné que ça !
Sinon, ce n'est pas très gentil, ce commentaire sur Margot Kidder. Je la trouve très belle, et ça change de voir une femme dans ce genre de productions aujourd'hui plus empressées de caser des adolescentes, de préférence issues de séries TV à la mode (et surtout par comparaison à Kirsten Dunst en midinette insipide dans SPIDERMAN). Et si elle a l'air d'être la mère de Christopher Reeves, c'est sûrement parce qu'il a l'air d'être un môme en pyjama :)

Cyrano... 02/04/2006 18:50

Réponse au clin d'oeil sur le petit point sur Superman:
Ouais, ouais...Je n'ai jamais dit que Luthor n'était pas chauve dans le film de Donner...Le coup de la perruque achève d'en faire un clown ce qui ne rend pas à mon sens hommage au chauve le plus inquiétant de la galaxie comics, c'est tout...J'aime bien le film d'ailleurs hormis ces aspects grotesques superflus même si Margot Kidder (ce nom suppose -t-il une tendance vaguement pédophile d'ailleurs) a plutôt l'air d'être la mère de Christopher Reeves que la nana de ses rêves...Il faudrait que je revois en VO le passage chanté que vous décrivez, dans mon souvenir il est grotesque.
Bravo quand même pour ce nouvel opus qui dénonce  enfin de vrais navets comme Le Time Machine de Simon Welles que j'ai subi avec effroi au cinéma , appâté que j'étais par l'histoire, le classique de Georges Pal (passablement pillé au passage ce qui n'évite en rien la médiocrité: La filiation, le Pédigrée Pal ne garantie guère de l'échec de la bête le jour du concours si elle n'a au final rien dans le ventre), et la présence d'un Guy Pearce plus inspiré dans Memento ou Vorace!
Bonjour au Château, bien bas au Docteur.
Cyrano.
 

Le Marquis 25/03/2006 22:47

PS: VIRUS CANNIBALE est disponible dans une bonne édition (Neo Publishing), avec VOST anglaise et VF savoureuse (mais pas de VO italienne, ce n'est pas très grave vu que cette version est tout aussi post-synchronisée que les autres !). Si l'éditeur passe par là, qu'il sache que j'attends de pied ferme une édition des RATS DE MANHATTAN, qu'il me tarde de découvrir un jour. Et sans vouloir me couper l'herbe sous le pied, je peux d'ores et déjà annoncer qu'il sera bientôt à nouveau question de Bruno Mattei, dont un film et demi a déjà sa place dans les Abécédaires à suivre !

Le Marquis 25/03/2006 22:42

Merci !!! C'est vrai que YI-YI est parfois superbement cadré, et que c'est un film très fin et très subtil - respect ! Mais en ce qui me concerne, je l'ai trouvé trop "monochrome" dans son montage et dans sa mise en scène, c'est très beau mais je m'y suis ennuyé - alors que je ne suis pas spécialement réfractaire aux films longs et/ou lents (suis-je le seul à défendre encore LE REGARD D'ULYSSE ?).

Dr Orlof 25/03/2006 19:10

Je me souviens d'une scène magnifique de "Yi-Yi" où l'on voit une femme derrière une vitre et le reflet d'un feu de signalisation vient placer une lumière rouge à la place du coeur.
J'avais adoré ce film à l'époque : quelque chose de très fin , de très subtil. Pour moi, c'est un pur chef-d'oeuvre.
NB/ Ceci dit, le Bruno Mattei à l'air tout à fait délectable et cet abécédaire donne toujours autant une énorme appétit de films. Bravo Mr le Marquis.