L'ARBRE, LE MAIRE ET LA MEDIATHEQUE d'Eric Rohmer (France-1993) : La Galaxie du Schwing

Publié le par Dr Devo


(Photo : "Shirt Laid et Dino" par Dr Devo)

Chers Focaliens,

 
Non, je ne vous ai pas oubliés, comment le pourrais-je, mais un emploi du temps de Ministre de la Culture m'a tenu éloigné de Matière Focale, différant ainsi la parution du 400ème article de ce site ! 400 articles, les amis ! C'est plutôt pas mal, même si, ces derniers temps, la cadence de parution n'est pas aussi importante que je le voudrais. Il y a des périodes comme ça, que voulez-vous...
 
Tiens, Mr Mort me signale que dans le Libé de ce matin, on trouve une expression focalienne dans le "cahier cinéma". À propos de HORRIBILIS, qui sort aujourd'hui (magnifique affiche, d'ailleurs), le journaliste utilise la fameuse expression "Ploucville USA" ! Bientôt, ils récupéreront mon "chez nous en Amérique" ! Soyons bons joueurs, car l'expression "Ploucville" n'est quand même pas d'une incroyable originalité, et quelqu'un d'autre a pu la trouver, bien sûr... Mais imaginez Matière Focale comme une espèce de Mecque secrète dans la vie cinématographique française, voilà un joli fantasme ! [Pourvu qu'ils aillent voir les commentaires surréalistes sur l'article sur REVOLVER de Guy Ritchie ! Allez y jeter un œil ! C'est n'importe quoi (et en même temps, pas du tout) et absolument délicieux !]
 
Alors Carpenter attendra, car le Destin fait que, pour ce 400ème article, nous allons parler d'Eric Rohmer, qui avait jusque-là largement échappé à nos services. Malgré son indéniable popularité chez les cinéphiles art et essai français, on peut le dire sans vexer personne : Rohmer, ce n'est pas ma tasse de thé. Pas particulièrement en tout cas. Je me souviens, dans ma jeunesse pas si lointaine, d'avoir un jour profité du fait que je faisais mon service militaire dans une grande ville bretonne, et de la Fête du Cinéma, pour aller voir BREAKING THE WAVES de Lars Von Trier. J'arrivais juste pile à l'heure dans la salle. La publicité s'achevait et je me suis retrouvé ensuite devant le générique de CONTE D'ÉTÉ ! Oui, euh... Que faire dans ces cas-là ? Changer de salle en sachant que le Von Trier a sans doute commencé ? Non, je suis resté. [Je devais voir le Von Trier le lendemain, sans beaucoup l'apprécier d'ailleurs ! C'était mon premier film du bonhomme ! Je vis ensuite, dans le même cinéma, LES IDIOTS, et là j'ai compris le truc. J'ai revu, en tendance haussière, BREAKING THE WAVES un ou deux ans plus tard !]
De ce CONTE D'ÉTÉ, je ne garde qu'un très vague souvenir, ni ennuyé, ni passionné, entre les boucles de Gwenaelle Simon (On t'a reconnue....) et les cordes de la guitare de Melvil Poupaud ! Rien de marquant. Depuis, j'ai vu TRIPLE AGENT, chose (un peu) fade, malgré un plutôt beau jeu de la part des acteurs.
 
Poussé par Tchoulkarine, régulier commentateur de ce site, qui confesse un véritable penchant honteux et fautif pour Rohmer, je me suis donc procuré L'ARBRE, LE MAIRE ET LA MÉDIATHÈQUE, au hasard d'une farfouillade désespérée dans les rayons blockbusters américains d'une trocante locale. Tu vas t'amuser, me dit Tchoulkarine. Ce dernier a beau être fan de Rohmer, il avoue aussi que le meilleur film du monsieur est son vidéo-clip pour la chanson BOIS TON CAFÉ, IL VA ÊTRE FROID ! Tout cela est bien étrange, Watson...
 
France. Vendée. 1992. Nous sommes à Saint-Juire (ouf, ce n'est pas passé loin !), petit bled paumé de la Vendée du Sud. Pascal Greggory, maire de la ville et confortable gentleman bourgeois, est en pleine campagne législative. Qu'il va perdre d'ailleurs. Ça ne fait rien. Il décide, avec sa compagne et complice Arielle Dombasle (dont le personnage s'appelle ici Bérénice Beauregard, c'est splendouillet !) écrivaine de son état, de lancer un gros projet pour la commune : construire une médiathèque de taille moyenne, mais assez ambitieuse au regard de la relative modestie du village. Une médiathèque en plein champ, voilà un beau projet pour ce maire socialiste. Ses appuis au ministère de la Culture et à Paris lui permettent d'avoir la subvention. La médiathèque ne coûtera quasiment rien au village ! Greggory engage alors un prestigieux architecte parisien pour dessiner le projet.
Clémentine Amouroux travaille pour le journal de réflexion politique APRÈS-DEMAIN. Son rédacteur en chef lui propose d'écrire un dossier sur les nouveaux loups de la politique. Par hasard, elle rencontre Greggory (qui est en fait le cousin du rédacteur en chef) et décide de lui consacrer l'article. Elle descend donc à Saint-Juire et commence à interviewer tout le monde, c'est-à-dire Greggory, mais aussi les habitants du village. Elle rencontre alors l’un des rares opposants au projet de médiathèque, Fabrice Luchini, ex-citadin mais amoureux fou de la campagne. Ce dernier trouve le projet "im-monde" dans ce qu'il va défigurer le paysage, bouffer de la verdure pour faire les 200 places de parking réglementaires, et surtout détruire la perspective, car un vieil arbre centenaire est toujours vivant sur la parcelle où la médiathèque doit être construite. Même si l'arbre a toute sa place dans l'architecture du projet, Luchini a peur que celui-ci soit un jour abattu pour des motifs divers. Si jamais on a besoin de faire passer des canalisations pour la médiathèque, on n'hésitera pas à couper le vénérable végétal, pense-t-il...
Et après tout, qu'est-ce qu'ils veulent, nos amis campagnards ? Clémentine la journaliste tente au fil des interviews de répondre à la question...
 
Et bien, chers focaliens, ça commence fort. Pascal Greggory est un acteur absolument formidable pour plusieurs raisons. Jetez-vous tout de suite sur LA FIDÉLITÉ, film extraordinaire de Zulawski, et oubliez le reste. Avec son phrasé improbable mais permettant toutes les nuances, et sa soumission bien comprise aux projets des metteurs en scène avec qui il travaille (pour le meilleur et pour le pire), Greggory arrive, loin, et c'est un paradoxe, du dévoiement théâtral de ses collègues (pas dans ce film, mais dans le paysage cinématographique français en général) à se glisser dans à peu près n'importe quoi, malgré son jeu particulier, et il impose une forme de naturel complètement à côté de la plaque (c'est un énorme compliment) qui fait ici merveille et permet au film de s'incarner sur de bonnes bases, l'empêchant (le film) de devenir une simple fable illustrative. Et ça aussi, c'est un paradoxe. Car le film commence par un tour du propriétaire hallucinant, où l'on visite la campagne entourant le village, en compagnie de Greggory donc, et de la fabuleuse Arielle Dombasle, ici au meilleur de sa forme. [Voilà aussi une actrice qui a compris la soumission au metteur en scène, et qui, dans certains films, chez Ruiz notamment, est capable de chorégraphier avec précision et oulipienisme le moindre de ses déplacements, ce qui en fait, en France, et c'est encore un paradoxe, une actrice tout à fait précieuse, pour le meilleur et pour le pire là aussi.]
Nous avons donc une tournée des champs avec Greggory et ses airs de gros bourgeois, pas hautain, mais décalé dans cet univers, et Dombasle la supra-bourgeoise parisienne et mondaine (elle ne m'en voudra pas, le personnage le dit lui-même !). Cette séquence dure très longtemps et se déroule dans le surréalisme le plus total. Dombasle s'extasie devant les fleurs, le cresson, la salade ["C'est la première fois que j'en vois des plantées, d'habitude elles sont sous cellophane quand je les achète à prisu" ! Dombasle à Prisu ! Très crédible ! Que c'est drôle (et tout à fait calculé) !]. Elle caresse les vaches qu'elle trouve si belles, et s'extasie de marcher dans la boue. "Oh un poirier !' s'exclame-t-elle. "Ah non, ça, ma chérie, c'est un pommier !" rétorque Greggory qui, de la même manière construite et antinaturelle, débitera pendant toute la séquence les noms savants de toutes les plantes du canton !
Première séquence, et le film est déjà sur les rails d'une réflexion drôle et fertile. Rohmer, qu'on imagine plutôt urbain, va mettre les pieds dans la gadoue, sans que ça le gêne, et surtout sans se démarquer de son style ultra-fabriqué. Tout ici est construction et improbable. Le sujet est vite lancé à travers ces deux personnages. Dombasle la parisienne mondaine, qui avoue que la campagne, ça suffit trois ou quatre jours, après on ne sait plus quoi faire. Et Greggory d'origine campagnarde certes, connaissant sa circonscription par cœur, mais auquel Dombasle envoie à la figure, avec raison, que son manoir à Saint-Juire est quand même une résidence secondaire. D’ailleurs, sa carrière politique PS existe par ses appuis à Paris. Un paradoxe pour cet élu qui ne jure que par la politique locale ! Quand Luchini débarque dans le film, c'est un autre paradoxe qui entre en jeu : cet instituteur urbain qui a demandé sa mutation en campagne et qui en est fou n'a aucune origine rurale, et peut-être rêve-t-il une campagne ancestrale et fantasmatique...
 
L'ARBRE LE MAIRE ET LA MÉDIATHÈQUE est donc un film bourré de nuances ambiguës mais riches. En toile de fond, c'est la "rurbanité", gros mot, qui menace ou qui est déjà là. Personne n'est un pur campagnard, et la campagne c'est quoi ? Le parcours de la journaliste Clémentine va nous montrer que cette campagne parfaite, ce n'est déjà plus la même qu'il y a vingt ans. Sous-jacente à cette réflexion, on en trouve également une autre, bien sûr, sur l'engagement politique en général, sur l'étiquetage des personnes dont on doit savoir d'où ils parlent afin qu'on puisse les ranger dans la boîte "interlocuteur sérieux" ou "pauvre pantin prétentieux". [Belles scènes autour du mépris divin du rédacteur en chef envers son cousin Greggory, futur minable à ses yeux.] Rien n'est pur, tout est paradoxal. Dans ce bal ambigu, Rohmer s'inclut sans doute en faisant défiler les pires clichés et les plus avérées vérités, tout en essayant de démontrer que, derrière toutes ces contradictions, c'est dans ce no man's land chaotique que se cache le vrai pays ! Mazette !
Ajoutez à cela la Rohmer's touch, avec ses dialogues semi-fabriqués qui finissent toujours par devenir étrangement naturels (Rohmer, de ce point de vue, fait des films qui ne ressemblent à rien, compliment superbes !), et vous comprendrez que nous sommes en plein film extra-terrestre, improbable et inédit !
 
Question mise en scène, surtout pendant la ballade en forme de tour du propriétaire que je viens d'évoquer, je me dis : "À quoi il joue, le garçon ?". Les scènes essaient, sans toujours y arriver d'ailleurs, de tenir dans un seul plan (ce qui n'empêche pas Rohmer de couper une conversation en son milieu, de manière très malpolie !), le cadrage est frontal, voire dégoûtant comme dans la scène des vaches où Dombasle s'accroupit pour caresser le museau de la noireaude. La caméra panote vers le bas. Quand Greggory reprend la parole, Rohmer s'aperçoit que celui-ci à la tête coupée par le cadre, et hop, je re-panote vers le haut pour recadrer ! Que c'est laid ! À quoi joue-t-il ?
La réponse est plus loin, quand la mise en scène se stabilise, et quand le découpage reprend petit à petit ses droits. Rohmer est totalement en accord avec ma vision du documentaire : il doit être mis en scène, et d'une, et le documentariste se doit d'engager des acteurs et de refaire des prises. Le documentaire-vérité est un mensonge, je l'ai toujours dit, et la fiction comme le documentaire doivent, dans leur mise en scène, comporter les éléments les plus hybrides. Rohmer l'a parfaitement compris en singeant la laideur, presque télévisuelle, des documentaires dans cette première séquence. Au fur et à mesure, le film va commencer à se nuancer et à se découper, dans le même mouvement qui fait que les propos tenus dans le film se complexifient. On aboutira à la plus splendouillette façon de découper un film, lors de sa conclusion que je ne vous dévoilerai pas (mais qui est d'une malpolitesse absolument jouissive). Alors, oui, envoyons balader la caméra-vérité au diable, et construisons, fabriquons, réinterprétons. Rohmer aura même l'audace d'introduire, enfin, une certaine composition du cadre dans la séquence la plus "naturelle" du film, celle où les paysans, jouant fabuleusement leur propre rôle, témoignent de l'évolution de la campagne au fils des ans. Voilà quelque chose de fabriqué et documentaire à la fois. Pour que le film puisse être du cinéma, Rohmer cloisonne cette séquence dans le reste d'une fiction artificielle, mais complètement véridique, et ça, les amis, c'est la grande classe.
 
[Ceci dit, si le cadre est relativement composé, ce n'est pas non plus la grande beauté du format 1.37 des premiers Greenaway non plus ! Je dis juste que c'est composé, et que nos peurs devant l'indigence (fabriquée là aussi) de la première séquence s'estompent, et l’on s'aperçoit que tout cela n'est que calcul. Le travail se fait en progressant. Ce film est hybride.]
 
Rohmer s’amuse donc comme un petit fou, et semble, du coin de la salle obscure (ou de votre salon !) guetter nos réactions d'un air chafouin et malicieux ! Le film, finalement, ne dénigre aucun cliché, mais n'en favorise aucun non plus, et montre que la campagne est un espace fabriqué et en interaction avec la ville. L’opposition n'est plus aussi nette, certes. Mais Rohmer met le doigt sur plusieurs pistes intéressantes, notamment à travers sa métaphore du télétravail (utopie assez ridicule sans doute que le metteur en scène regarde sans fard) et de la "société des loisirs", un autre gros fantasme, mais urbain cette fois. En filigrane, la question de la responsabilité et de l'engagement. Et celle des étiquettes, comme je le disais, qui finit toujours par paralyser la conversation.
 
L'ARBRE LE MAIRE ET LA MÉDIATHÈQUE est un film malin comme un singe et extrêmement pensé. Bien dirigé également. Je pense à ces deux fabuleuses petites filles (10 ans environ), absolument hallucinantes et complètement rohmeriennes, loin des petits singes savants genre Dakota Fanning ou ces petits gamins qui squattent les rôles de gosses dans les grosses productions françaises.
Citons ces deux actrices qui portent, en plus, des noms sensationnels : Jessica Schwing (ah, je vous avais dit que c'était du sérieux !) et, tenez vous bien, et même tenez-vous mieux, Galaxie Barbouth ! Elles sont parfaites, surtout la deuxième.
Le reste du casting est absolument au diapason. Rohmer accouche d'un film qui ne ressemble, encore une fois, à rien, qui prouve qu'on peut faire un film de société ou un film politique qui soit ouvert et incarné, bien loin des pensums allégoriques (souvent en forme de films de chambre) qui polluent le cinéma français et même européen ; au fur et à mesure du métrage, le Rohmer impose son montage et sa mise en scène improbable mais précise, et arrive à déployer une artillerie bruyante mais aussi légère qui fait que son film est complètement orignal et drôle. On a l'impression que c'est le troisième âge (sans méchanceté) qui nous donne une leçon de mise en scène et de construction. Il est évident, enfin, que le bonhomme met les mains dans le cambouis et dans le montage, bien loin des fantasmes de films qui inondent les écrans art et essai et commerciaux, qui finalement essaient d'avoir un "look cinéma", un "ton cinéma" comme on dit, un "ton Barton Fink", et qui n'aboutissent jamais à rien, sinon à une enfantine adaptation sur celluloïd d'idées qui n'ont de valeur que sur le papier !
 
[On rit énormément en plus !]
 
Avoir cité Ruiz dans cet article consacré à L'ARBRE LE MAIRE ET LA MÉDIATHÈQUE n'était sans doute pas la chose la plus grossière à faire ! Sans me vanter !
 
Malicieusement Vôtre,
 
Dr Devo.
 
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Publié dans Corpus Analogia

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Commenter cet article

Dr Devo 04/01/2008 10:55

Elitiste? Tiens tiens... je ne vois pas du tout de quoi vous parlez, cher Berteo...Amicalement,Dr Devo.

Berteo 03/01/2008 08:47

D'accord, jolie analyse pleine d'enthousiasme. Reste que le film est très, très bavard et du coup noie ses notes de finesse sous un pâté de dialogues, que l'ambiance est franchement austère, que tous les acteurs ne s'en sortent pas si bien (mention spéciale à Clémentine Amouroux dont la première scène, muette, tord le reste de sa prestation tant elle est loupée). C'est un film élitiste acharné. Pourquoi pas, ça peut plaire, oui.

Tchoulkatourine 20/04/2006 17:28

Maxime, vous savez "l'Arbre, le Maire et la Médiathèque" a pour autre titre, "Les Sept Hasards". Hasards et Coïncidences qui jouent bien souvent un rôle clé dans la construction narrative chez Eric Rohmer. Vous pourriez prendre, si cela vous tente, cette sorte de programmatique pour votre propre compte et piocher dans le tas d'une main innocente. D'ailleurs  d'après la séquence introductive de l'article du Docteur, c'est  par pur  hasard qu'il a connu ce réalisateur !!!Docteur, d'ailleurs, vous faites bien de citer "Bois ton Café, il va être froid"  . Roseline, la chanteuse, vue/entendue dans Pauline à la Plage est merveilleuse. Dans les années 80, elle a semble t-il réalisé des films : Rosette vend des roses, Rosette prend sa douche, Rosette sort le soir, ... Comme Maxime, je vais lancer un avis à la population : quelqu'un aurait-il eu la chance de les voir ?

Max 20/04/2006 15:59

Film que je n'ai pas vu, d'un réalisateur dont... je n'ai absolument rien vu ! Je sais maintenant par où commencer (même si on m'a aussi dit beaucoup de bien de "la collectionneuse").Par contre, aucun mot sur Luchini... est-il transparant ? trop nul ? trop bon ? Sa présence en tout cas ne fait qu'atiser mon envie de voir le film.

Dr Orlof 19/04/2006 18:38

Excellente note! je partage ton opinion sur ce film de Rohmer qui est d'une grande drôlerie (ceci dit, je suis un fan du cinéaste).
J'aime beaucoup ce que tu dis également de sa mise en scène : il est évident que celui qui a écrit une thèse sur "l'organisation de l'espace dans le "Faust" de Murnau" ne peut qu'être sensible à cette question. Ses films sont toujours extrêmement composés malgré leur apparente "transparence" documentaire.
Très bien vu!