Résumé de l’épisode précédent : nous avions laissé Le Critique en proie à d’intenses doutes quand à la suite du projet Mesrine. D’abord agréablement surpris par l'écriture du métrage, et ému devant le soin apporté à un film grand public qui semblait bien loin des vicissitudes de ses collègues, le premier opus consacré au bandit moustachu était un habile thriller avec du poil au torse. Malheureusement, la fin du film n’augurait rien de bon pour la suite des opérations. Reprenez vos esprits, générique.
On retrouve Jacques mort pour la seconde fois (déjà mort dans le premier film dès le très réussi générique), puis flash back, le revoilà plus Cassel que jamais. Nous sommes en France et tout va
bien, Edith Piaffe à Montmartre, le soleil de Paris et les beaux taxis. Jacques se fait pécho par les condés et va être jugé : coup de théâtre, il s’évade en plein procès devant toute la
presse aidé par son complice porte avion Samuel Le Bihan. Il devient alors l’ennemi public numéro 1, et tout le monde parle de lui dans les mass medias et dans les PMUs. Libéré de prison et de
toute contrainte, il devient comique-troupier, écrivain et militant politique. Il continue à braquer des banques et à s’évader de prison régulièrement pour ne pas perdre la main. Mais au fil du
temps, et à force de jouer au chat et à la souris avec la police, il devient de plus en plus paranoïaque et pressent que la fin sera violente. Et il meurt pour la troisième fois, toujours la même
scène depuis le premier épisode. Au moins il sera constant dans une chose.
Cécile De France est restée au Canada (décidément), mais est malheureusement remplacée par Ludivine Saigner au pied levé. Ce ne sera que le début d’une longue galerie de seconds rôles
insupportables, joués par des acteurs furieusement à cotés de la plaque, et parfois même la notion de plaque semblant leur échapper totalement (l’interprétation de Lanvin relève de la farce, il a
du confondre avec CAMPING 2). Et s’il n’y avait que les seconds rôles… Cassel est parti très loin, on ne sait pas très bien où, sans doute dans un pays à son nom où des foules conquises crient
son nom sans relâche, où des femmes lascives l’entrainent vers des promesses nocturnes inavouables, bref il fait son Cassel show, hors de tout contrôle, il patate comme si sa vie en
dépendait, entraine le film dans la boue putride de la comédie franchouillarde et se roule allégrement dedans avec ses congénères venus lui servir la soupe. Il n’y en a plus que pour lui, même sa
mort à des relents christiques, il ne manquerait plus qu’il ressuscite dans MESRINE A SAINT-TROPEZ.
Et oui, je ne tarderais pas plus, ce deuxième volet est une compilation de tout ce qu’avait réussi à éviter Richet dans le premier film. Du casting lamentable (il n’y a guère que Amalric qui
arrive à camper un Besse énigmatique pendant 10 minutes) à la réalisation et aux dialogues franchouillards, tout se dissout dans un maelstrom ennuyeux aux tirades milles fois entendues, au rythme
assommant et à la mise en scène mortifiante. Même Edith Piaf est de sortie, on nage en plein cliché, ca tourne dans tous les sens, tourbillon de la vie, coude coude, vous voyez le topo.
La mise en scène est bien loin du soin honnête du premier épisode, c'est du grand n'importe quoi, illisible et sans aucune originalité : les personnages sont montrés à l'écran quand ils parlent
dans des champs/contrechamps sans la moindre envergure. Bref, un film à oublier illico, mieux vaut se tourner vers le premier volet bien plus regardable.
Norman Bates
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