MESRINE, L'ENEMI PUBLIC No1 de Jean-François Richet (France, 2008): Cassel à voix, Samuel fait le bilan...

Publié le par Norman Bates


[Photo: "Messe Lourde" par Dr Devo.]




Résumé de l’épisode précédent : nous avions laissé Le Critique en proie à d’intenses doutes quand à la suite du projet Mesrine. D’abord agréablement surpris par l'écriture du métrage, et ému devant le soin apporté à un film grand public qui semblait bien loin des vicissitudes de ses collègues, le premier opus consacré au bandit moustachu était un habile thriller avec du poil au torse. Malheureusement, la fin du film n’augurait rien de bon pour la suite des opérations.  Reprenez vos esprits, générique.



On retrouve Jacques mort pour la seconde fois (déjà mort dans le premier film dès le très réussi générique), puis flash back, le revoilà plus Cassel que jamais. Nous sommes en France et tout va bien, Edith Piaffe à Montmartre, le soleil de Paris et les beaux taxis. Jacques se fait pécho par les condés et va être jugé : coup de théâtre, il s’évade en plein procès devant toute la presse aidé par son complice porte avion Samuel Le Bihan. Il devient alors l’ennemi public numéro 1, et tout le monde parle de lui dans les mass medias et dans les PMUs. Libéré de prison et de toute contrainte, il devient comique-troupier, écrivain et militant politique. Il continue à braquer des banques et à s’évader de prison régulièrement pour ne pas perdre la main. Mais au fil du temps, et à force de jouer au chat et à la souris avec la police, il devient de plus en plus paranoïaque et pressent que la fin sera violente. Et il meurt pour la troisième fois, toujours la même scène depuis le premier épisode. Au moins il sera constant dans une chose.



Cécile De France est restée au Canada (décidément), mais est malheureusement remplacée par Ludivine Saigner au pied levé. Ce ne sera que le début d’une longue galerie de seconds rôles insupportables, joués par des acteurs furieusement à cotés de la plaque, et parfois même la notion de plaque semblant leur échapper totalement (l’interprétation de Lanvin relève de la farce, il a du confondre avec CAMPING 2). Et s’il n’y avait que les seconds rôles… Cassel est parti très loin, on ne sait pas très bien où, sans doute dans un pays à son nom où des foules conquises crient son nom sans relâche, où  des femmes lascives l’entrainent vers des promesses nocturnes inavouables, bref il fait son Cassel show, hors de tout contrôle, il patate comme si sa vie en dépendait, entraine le film dans la boue putride de la comédie franchouillarde et se roule allégrement dedans avec ses congénères venus lui servir la soupe. Il n’y en a plus que pour lui, même sa mort à des relents christiques, il ne manquerait plus qu’il ressuscite dans MESRINE A SAINT-TROPEZ.



Et oui, je ne tarderais pas plus, ce deuxième volet est une compilation de tout ce qu’avait réussi à éviter Richet dans le premier film. Du casting lamentable (il n’y a guère que Amalric qui arrive à camper un Besse énigmatique pendant 10 minutes) à la réalisation et aux dialogues franchouillards, tout se dissout dans un maelstrom ennuyeux aux tirades milles fois entendues, au rythme assommant et à la mise en scène mortifiante. Même Edith Piaf est de sortie, on nage en plein cliché, ca tourne dans tous les sens, tourbillon de la vie, coude coude, vous voyez le topo.




La mise en scène est bien loin du soin honnête du premier épisode, c'est du grand n'importe quoi, illisible et sans aucune originalité : les personnages sont montrés à l'écran quand ils parlent dans des champs/contrechamps sans la moindre envergure. Bref, un film à oublier illico, mieux vaut se tourner vers le premier volet bien plus regardable.




Norman Bates






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Publié dans Corpus Filmi

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MarCo 05/12/2008 15:46

Bijour a tous
 
j'adore ce site et apres avoir vu mesrine 2 je suis plutot d'accord
mais pour laisser un droit de reponse a Richet j'ai lu ca dans une interview de lui :
 
Les deux films, même dans leur genre, sont très différents. Pourquoi ce choix de ne pas aller vers un même film coupé en deux ?Le premier, Mesrine : L'Instinct de Mort, est un film de stratégie. Mesrine a un mentor joué par Depardieu et un ami-mentor joué par Roy Dupuis. La structure est classique, à la grecque : introduction, développement, conclusion. C'est ce qui m'intéresse pour expliquer le personnage qui se construit. Dans le second, il est « l'ennemi public numéro un », c'est un électron libre et donc, la structure du scénario doit être plus anarchisante, même s'il y a des passages obligés comme Deauville ou l'évasion de la Prison de la Santé. Ce qui est intéressant, c'est que ce n'est pas de l'action pour de l'action, mais que Mesrine se révèle dans l'action. En montrant une scène d'action, on raconte l'état psychologique du personnage. Dans le deuxième, avec 22 kilos de plus, il ne prend pas non plus la même place dans une pièce. Pour vous donner un exemple, dans le premier, je vais dire à Vincent de ne pas bouger de sa marque sur le sol alors que dans le second, il a aussi une marque, mais je lui dis qu'il peut bouger sur un mètre à gauche et un mètre à droite. C'est ensuite à la caméra de s'adapter car je cherche l'accident. Je cadre mes films mais parfois quand je ne cadrais pas, je tapais exprès sur la caméra pour chercher cet accident et le cadreur en avait marre (rires). C'est aussi moi qui fais la focale variable donc je zoome quand il ne s'y attend pas. 
(source: http://www.cinema.lycos.fr/article/actu-cine/mesrine-interview-jean-francois-richet-13564?a_page=2), Ok c pas de la tres bonne reference :)

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MarCo