SUPERGRAVE de Greg Mottola (USA-2007): Industrie Vs Industrie.

Publié le par L'Ultime Saut Quantique

[Photo: "Congestion à Choix Multiple" par Dr Devo et Mr Mort]



SUPERGRAVE (SUPERBAD en V.O) a vraiment tout pour Super plaire. Le maître Apatow est à la Super production, et cela se sent tout de même... C'est bien écrit, la mise en scène sans être exceptionnelle n'est pas infamante non plus et le casting est dans l'ensemble plutôt Super (encore une fois nos chères jeunes pousses française peuvent en prendre de la Super graine !). Et pourtant quelque-chose cloche dans ce Super film ! 


Lors de la première bobine tout se passait très bien. Les blagues potaches s'enchainaient à un rythme assez soutenu ne manquant pas de m'arracher de francs rire (avec une petite palme que je décernerai à une fabuleuse caricature de la célèbre photo de la place Tian'anmen, celle où un étudiant est posté devant trois chars d'assaut; ce genre de choses m'a toujours paru très sain, un bon moyen d'avoir un certain recul sur ces implacables images de l'Histoire, aussi tragiques que puissent être les évènements qu'elles relatent... Bref...) 



Mais après une bonne demi-heure de film, voilà que tout se gâte. Alors oui, les acteurs sont très bons, mais ils le sont presque trop, avec en tête le fameux Jonah Hill (le "gros" de la bande). Aussi à chaque fois que ce dernier apparait à l'écran, il le crève littéralement et nous sommes franchement tenté de lui dire: "Oh la calmos petit !" en attendant impuissamment et sans surprise sa prochaine "punchline" qui allait "envoyer du lourd". Alors qu'un Seth Rogen ou un Jason Segel savent lâcher les chiens quand il le faut, ils savent aussi les retenir, ils atteignent un équilibre, et c'est bien ça qui donne tout son intérêt à leurs personnages. Hill ne s'arrête pas (ou bien on ne l'arrête pas !) une seule seconde, et donc, c'est amusant au début mais ça peut vite devenir agaçant. Mais ce grief n'est qu'un des symptômes du malaise de SUPERBAD... 
 



ATTENTION

SEQUENCE

EMOTION 




C'est le carton qui aurait pu précéder les séquences supposées nous émouvoir, autour de la séparation annoncée entre Seth et son pote Evan - puisqu'ils devront rejoindre une école différente à la rentrée prochaine. Voilà qui est en effet une problématique tout à fait intéressante à traiter, c'est quand même pas rien ! Mais au même titre que le surjeu de Jonah Hill, on n'hésite pas, si vous me permettez l'analogie, à bien étaler toute la pâte à tartiner émotionnelle sur la tartine des sentiments, le but étant de nous offrir, vous vous y attendez, de beaux moments Nutella. Le problème est que ces séquences sont tellement tractopellisées et attendues qu'elles perdent toute la dimension recherchée, et de ce fait nous ne sommes pas ému pour un écu. Encore une fois tout est question de dosage, et n'est pas Judd Apatow ou John Hughes qui veut. 




Par ailleurs, j'ai pu lire un peu partout "ouais, c'est quand même moins con qu'un AMERICAN PIE", et c'est peut-être ça aussi le problème de SUPERGRAVE. Au moins AMERICAN PIE n'avait pas la prétention de péter plus haut que son séant, et avait le mérite de traiter de problématiques similaires sans chichiter. Je prends pour exemple la séquence de "coït raté" entre Evan et sa copine. Là aussi, c'était trèèès long et plutôt vain, afin de nous faire comprendre que la première fois peut être totalement foireuse, malgré les attentes démesurées... Dans AMERICAN PIE, il aura suffit d'une courte séquence pour exprimer tout ça. Le pire étant donc cette coolitude branchouille dans laquelle Motorola, peut-être malgré lui, englobe son film. Vous n'êtes pas sans avoir remarqué que la "geek attitude" est devenue particulièrement tendance de nos jours. Et c'est bien ce que représente ce SUPERGRAVE, une sorte d'exploitation cool de la franchise GeekTM. "Parce que les geeks, c'est cool tu vois !".  




Alors j'entendrai sûrement dire, "don't fight the wrong ennemy, c'est quand même un bon film, ça vaut mieux que toutes les bouzes qu'on peut voir...". Mouais, n'empêche qu'on ne me retirera pas de la tête cette impression qu'il manque une âme à ce film, et qu'on est plus dans le produit d'exploitation "hype" et "tendance" que dans l'émotion d'un épisode de la fabuleuse série FREAKS AND GEEKS ou d'un film de John Hughes. 
 


L'Ultime Saut Quantique.


PS: un autre avis sur le film SUPERGRAVE avec le poème de Invisible, premier poème/critique de l'Histoire de la Critique de Cinéma...

    
 
 
 

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