ZOMBIE STRIPPERS de Jay Lee (USA-2008): Philosophic Zombies Must Die !

Publié le par Norman Bates

 

[Photo: "Nur Ein Mensch" par Dr Devo, d'après une photo du comédien Horst Tappert.]





Les salles n'ont vraiment rien de très attirant ces derniers temps, et puis les magasins sont ouverts en permanence, allons donc dépenser l'argent que ne nous n'avons pas dans des productions indépendantes subversives à base de strip-teaseuses et de Zombies... du parti socialiste... ah non je ne vois pas vraiment ce que cette phrase fait la... En fait Eros et Thanatos se sont levés avec un gout étrange ce matin là, sans pouvoir se rappeler ce pourquoi ils se sont réveillés dans le même lit... Décidément cette machine bug encore, je ne vois pas d'où viennent toutes ces phrases. Du reste il n'est pas exclu que toute ces pannes proviennent d'un système de pensée autonome qui aurait pris son indépendance vis-à-vis de l'humanité et commencé tout seul à digresser après avoir abandonné tout espoir de s'acheter une voiture neuve. C'est peut être aussi le fruit d'un cerveau malade obligé à regarder en boucle une comédie musicale sur le racisme sous-marin réalisé par un dauphin.

 



George Bush à été réélu 10 fois, Churchill s'est fait écrasé par un bus en 1924 et les Etats-Unis envahissent le monde. Dans son canapé, George se demande où il pourrait bien trouver assez de soldats pour accomplir ses rêves mégalomanes, puis mange une chips. Dans un laboratoire top secret, Robert met au point des suppositoires au pastis, et dans un autre laboratoire top secret l'armée américaine tente de ressusciter les soldats morts et de leur revendre aussitôt des écrans plasma pour endiguer une énième crise économique. Malheureusement tout va mal se passer et les zombies s'échappent, obligeant un commando à intervenir. Bernard, chef du commando apprend peu avant l'opération que sa femme pense à Spielberg quand ils font l'amour. Son collègue Germain, gravement mordu par un zombie se réfugie dans un club de strip-tease pour vérifier les propos de Freud sur l'amour et la mort. Kat, strip-teaseuse de vocation, 10 ans d'ancienneté, payée sur pourboire et en ticket resto, danse au même moment. Ce que Sartre n'avait pas prévu se déroula : l'odieux directeur du club est en fait Freddy Krueger, lassé de toucher le RMI, et Germain mord Kat qu'il prenait pour un kit-kat.  Les strip-teaseuses se font contaminer, et découvrent que danser morte est bien plus épanouissant professionnellement, Freddy sort de la nuit et est bien d'accord avec elles, d'autant plus qu'il gagnera plus d'argent à embaucher des mortes qu'en embaumant des shorts. Mais le consensus ne règne pas parmi les strippers, et nombreuses sont celles qui ont du mal à se laisser convaincre par le syndicat majoritaire. Mais Kat à une arme secrète pour convertir ses copines : elle lit Nietzsche...

 



Superbe idée sur le papier que de transformer des gogos danseuses en prédatrices redoutables zombies, alors que, dans la vraie vie, tout le monde sait bien qu'elles sont plutôt considérées comme de la viande par les cannibales et les bouchers peu scrupuleux. Ce qui est vraiment dommage c'est qu'ils en ont fait un film avec des actrices de films pornos maquillées comme des voitures volées et refaites au bistouri par le frère trisomique de Edward aux mains d'argent sale. C'est bien dommage, ce choix de casting, car elles ne sont absolument pas crédibles avec un ouvrage de Schopenhauer dans les mains, ce qui est pourtant monnaie courante tout au long du film. Sauf l'héroïne principale qui préfère Nietzche et qui pense que Spinoza est largement surévalué sur eBay. La deuxième chose un peu dommage c'est la satire bien soulignée et appuyée, et tiens j'en remets une couche du système Bush, à faire passer Michael Moore pour un documentariste politique spécialiste de géopolitique mondiale. Le fond engagé du film est aussi finaud que les scènes où Jenna Jameson joue au billard avec ce qui devrait normalement servir chez une femme à héberger des fœtus pour un bail non reconductible de neuf mois. Heureusement que tout le film n'est pas de cet acabit, et que la réflexion sur le sexe et la mort est bien plus poussée, rappelant les grandes heures d'un Bergman, après quelques verres et avant de toucher le caniveau.

 



La mise en scène est pleine de bon gout et démontre avec talent qu'on peut filmer en scope et donner l'impression que l'on regarde un téléviseur 4/3. Cet exploit n'est pas le seul, car la photo n'est pas en reste : jamais vous n'avez vu ces teintes verdissante tendant vers le violet alors qu'une bimbo quitte le bar, ou ces magnifiques dégradés de marrons qui illustrent avec merveille les joies de la vie militaire. Le montage se permet des effets des plus ébouriffants, comme lorsqu'une scène de strip-tease d'une durée approximative de 4 min est capable de mettre en jeu quelques 5000 plans les uns à la suite des autres sans aucune pitié pour le spectateur ébahis qui aura l'impression d'avoir effectué un vol Terre - Walhalla  a bord d'un projectile lancé par un équipement militaire soviétique qui aurait, mine de rien, beaucoup vieilli.

 



Au final, après une heure vingt de film dont une heure de strip-teases sur fond de heavy métal, la vertu fini par triompher sur le vice. Le seul personnage encore vierge a bien compris Platon, le commando sauve les Etats-Unis, Barack Obama est élu, Betty Page est morte, la culture arrive sur France 2 : le monde peut il être plus beau ?




Norman Bates.




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Publié dans Corpus Analogia

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Ludo Z-Man 16/12/2008 18:32

Tiens il stagnait sur mes étagéres celui-là... mais j'étais pas motivé...

sigismund 16/12/2008 16:39

'Zombies must die...' car tel est notre bon plaisir ?