LE MIROIR de Andrei Tarkovski (Russie-1975): la leçon

Publié le par Dr Devo

(photo: "Label Devo" par Dr Devo)

Chers Gens,
 
L'étrange intérêt d'un site comme Matière Focale n'est-il pas de passer sans transition de TOUT POUR PLAIRE, le film de Cécile Machin-Truc, au MIROIR de Andrei Tarkovski ? C'est-à-dire de couvrir le vaste champ entre l'alpha et l'oméga, dans un même regard généreux ? LE MIROIR, donc. Dans cette salle où je suis déjà allé maintes fois cette année, salle neuve et assez superbe d'un grand centre d'Art Contemporain de province où, en général, on ne croise pas plus de 15 personnes par séance pour aller voir des films aussi beaux qu’ALPHAVILLE, DU JOUR AU LENDEMAIN (des époux Straub), LES YEUX SANS VISAGE, LAST OF ENGLAND, EDWARD II, etc. Pour la modique somme de rien du tout, c'est-à-dire gratosse, qui plus est. Un peu plus de monde, ceci dit, pour Tarkovski. Une bonne quarantaine, ce qui est un exploit. Même si la programmation n'offre que très peu de séances, et encore, toutes uniques, et offre une fois sur deux des films dispensables (l'ignoble Nanni Moretti, Aki Kaurismaki période médiocre, ou une soirée Lynch où l’on devra se contenter d’UNE HISTOIRE VRAIE), malgré cela, donc, on ne crachera pas dans la soupe, loin de là. Même si on ne rechignerait pas à payer un ou deux euros, somme qui permettrait de faire un peu plus de pub pour ces séances, où avant chaque film, on a droit à la diffusion d'un épisode de CINEASTES DE NOTRE TEMPS, ce qui permit à votre bon Docteur de voir OU GIT VOTRE SOURIRE ENFOUI ?, le beau documentaire sur les époux Straub, justement. Nous eûmes le droit, à ce titre, à un documentaire de Chris Marker avant le Tarkovski, à savoir UNE JOURNEE D'ANDREI ARSENEVITCH, très visible, où nous vîmes notamment un Tarkovski en plein tournage du dernier plan du SACRIFICE. Gâté-pourri, nous sommes.
 
Quelle belle année quand même. Si les nouveaux films sont pâles et rachitiques (il faut quand même en voir 15 pour trouver un film visible qui fait honnêtement son boulot, et encore une fois, l'année 2005 sera sans doute pauvre en très bons films), les reprises m'ont offert des choses sublimes : des Bergman, Fassbinder, L'ANNEE DERNIERE À MARIENBAD (vu la première fois sur grand écran, quelle richesse), Peckinpah, etc. Et le FIRE WALK WITH ME de Lynch la semaine prochaine. Que demande le peuple ? Ajoutez à cette liste les joyaux du premier paragraphe. Ça tue, évidemment. L'avantage de vivre dans une grande ville : récupérer au ramasse-miettes, le peu de culture qui reste. Quant aux villes moyennes et aux petites villes, on sait de toute façon qu'elles sont, depuis longtemps, considérées comme des bourgs crasseux sans eau courante. La honte.
 
Pas de résumé du début de l'histoire pour LE MIROIR, car justement, le film ne s'y prête pas. Ou alors ceci : un homme (ou plusieurs ?) naufragé de ses propres souvenirs, et de ceux des autres personnages qui s'influencent les uns les autres, dans une logique abstraite et indéchiffrable, dans un montage de cinéma, c'est-à-dire un ordre où l'image précédente corrige et dévie la suivante qui, à son tour, fera subir le même outrage à la suivante. C'est tout. Il est bon, remarquera le bon Docteur, de se perdre dans un film plutôt que de le suivre. Ici, toute linéarité étant explosée de manière quasiment nucléaire, le métrage ne tient que sur une seule chose, ou plutôt deux : le montage et la mise en scène. Point final. La perte des informations, puisque montées de manière elliptique et imprécise, est ici la règle du jeu, sans jeu de mot. Ouf, respire-t-on, enfin un film non-linéaire. La narration classique étant évidemment le cancer du Cinéma, ce qui l'empêche de devenir un art adulte, ou tout au moins, de reprendre la piste des autres arts (musique, peinture, etc.) qui, eux, ont vécu le XXe comme une période abstraite. Le cinéma a feint que non. Et y a sans doute perdu sa gloire populaire, car il en serait sorti plus libre. Dis-narration, donc, dans le film de Tarkovski. Ouf ! Plus tu te perds, plus tu comprends, ce qui devrait être la devise de n'importe quelle œuvre, cinématographe ou autre.
 
Et le Tarkovski n'y va pas par le dos de la cuillère. A sa manière, ça bulldozerise quand même pas mal. Le film se déploie dans un format 1.37 à vous foutre des complexes pour vous et les sept générations qui vous suivront. Sans parler de mise en scène et de montage, rien que le cadre est quasiment magique, ultra-composé, que ce soit de manière picturale (classique on dirait), ou de manière décalée, voire à l'arrache, le Tarko tente tout. Suit le montage, qui utilise à la pipette tous ces sortes de plans avec une gourmandise cosmogonique. Et il y a de quoi faire. Des plans fixes, des travellings très nombreux, à des vitesses variables (jamais stables si on les compare les uns aux autres), des ralentissements légers ou plus forts qui nous feront douter de la vitesse de plans tout à fait normaux, etc. Autre levier de ce jeu d'orgue immense : le changement des supports – couleurs, noir et blanc, sépia, désaturations, etc. Même l'étalonnage est source de perdition, et donc de richesse, de nuances à la table de montage. Étalonnage sublimissime, épaulé par des idées de photographie quasi-incessantes. Exemple : sans changer de plan, faire varier l'éclairage de la scène à l'image d’un tableau, comme ça, gratosse, si on peut dire. Au résultat, une avalanche de sensations phénoménales, appuyées sans doute par un des meilleurs montages de cinéma, et le film n'est que saillies, pics et décompressions douloureuses, brutales et toujours sentimentales.
 
Et c'est là que le film envoie balader nombre de réalisateurs, notamment ceux "du réel" (le cinéma comme "fenêtre sur le monde", comme disait le Bazin). LE MIROIR est sans doute le film le plus sensuel et le plus sentimental au monde. Le plus proche du réel, bien qu'étant aussi réaliste que SOLARIS, c'est-à-dire bien peu, tout en artificialité. Les masturbateurs européens réalisateurs devraient se couvrir de honte, se cacher de ne pas reprendre une à une les expérimentations de Tarkovski, ne serait-ce que pour explorer une piste. Là, on prouve une de mes grandes théories (présente aussi dans les paragraphes précédents) : dans 98% des cas, les films sont au cinéma ce que Harlequin est à la littérature, sa forme la plus bête et sans doute la plus crasseuse. Trente ans après, les réalisateurs n'ont pas renoncé à ces schémas, et n'ont retenu que ce qui les arrange. En vérité, je vous le dis, le cinéma c'est l'abstraction. Donc, tous les Kings du cinéma d'auteurs, vous êtes des imposteurs. A quelques exceptions près, voir plus bas pour quelques exemples. Il n'y a pas de débat possible. Tout le monde tresse des lauriers à Tarkovski et personne n'intègre ses leçons. Imposture. Cqfd.
 
Nager dans l'abstraction la plus complète, oublier le fait même qu'on regarde un film, car l'objet est ici beaucoup trop nouveau, et rester collé au cœur le plus sombre des sentiments, ici très douloureux, voilà ce qu'est LE MIROIR. Point à la ligne. Et il va falloir se contenter de ça, et me croire sur parole. Comme L'ANNEE DERNIERE À MARIENBAD, la critique ne sert absolument à rien ici. Mais à rien du tout. Pourquoi ? Parce que tout est dans le film, et à moins de se lancer dans une description précise de ce qui se passe à l'écran (ce serait rigolo, remarque...), écrire sur ce film est impossible, car 1) tout est dedans, en touches presque imperceptibles (on a constamment l'impression que Tarkovski, comme Robbe-Grillet d'ailleurs, met sans cesse le doigt dessus, sur les sentiments les plus abstraits ou les plus enfouis), et 2) la mise en scène ne tient que par le film. En cela, c'est un film fragile paradoxalement. Le processus est tellement énorme qu'on est souvent face à un éléphant dans un magasin de porcelaine : la moindre maladresse et tout devrait s'effondrer ! Un peu comme s'il fallait parler ici d'une chanson de Gérard Manset. Quoi dire ? Montrer un peu les paroles ? Mais sans la musique, elles sont affaiblies et ne veulent presque rien dire. Faire écouter le morceau ? Oui, mais on revient à la case départ... Pas besoin de critique, donc. On peut parler, par exemple, de point précis, comme le sous-mixage de la musique contemporaine utilisée dans le film, opposé aux grandes saillies tarantinesque (argentiennes en fait) de Purcell ou Bach.... Mais à quoi bon ? Le critique ne jette pas l'éponge, il s'incline, nuance !
 
Qu'a laissé Tarkovski ? Sinon une horde d'admirateurs contrits qui l'écoutent d'une oreille et le dénigrent par la bouche.  [Anecdote de Bernard RAPP, sur Syberberg en rétrospective à Beaubourg. On les voit, les Jean N., gagner leur fauteuil le plus lentement possible, saluant un maximum de mains aux passages... et disparaître de la salle au bout de 3 heures de projection (les films de Syberberg sont très longs). Ce n’est pas leur truc, et c'est tout.]
 
 
Lars von Trier d'abord. Tarkovski, c'est son père. Point. Pareil, pour Derek Jarman. Syberberg sûrement. Herzog aussi, dont j'ai le WOYZECK encore en tête, et dont les ruptures de rythme sont assez similaires. Je serais curieux de savoir ce qu'en pense Argento (et si les deux se sont rencontrés pendant l'exil italien de Tarkovski). On serait tenté également de penser à Fassbinder, parce que pour les deux hommes, le rythme tient sur pas grand chose ; ou plutôt les deux font du rythme aussi bien avec pléthore de matériaux qu'avec quasiment rien. Les deux font du montage, quoi !
 
Voilà, cher lecteur, quand tu auras vu LE MIROIR, tu penseras à moi, on ira boire un café et on discutera. Tu seras heureux comme Crésus (euh...). Mais pour l'instant abdiquons. Pour parler de ce film, si tant est que ce soit utile, un site ou article n'est pas le support.
 
Eblouissement Vôtre,
 
Dr Devo
 
 
PS: l'interprétation est à tomber sur le fût ! Notamment Margarita Terekhova. Jamais vu ça de près ou de loin. Et puisque qu'on parle d'Espagne, où es-tu Emma Suarez? 
 
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Publié dans Corpus Filmi

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Le repassant 23/02/2006 11:31

Ah, heureux de remonter ce sujet là, de quitter Madame Denis, pour dire juste que je suis assez touché d'avoir vu hier "Elégie de la traversée" de Alexandre Sokurov, qui n'a pu que me rappeler Le miroir.

le repassant 21/12/2005 19:27

Oui, Marquis, quelqu'un m'a parlé, pour "VENDREDI SOIR", de la fin, donc je savais que c'était pas aussi simple.
Pour aller dans le sens de Bernard Rapp, oui, cela d'ailleurs pourrait figurer en bonne place dans un livres d'analyse de film, cela serait honnête (on séparerait enfin entre la complexité et l'intérêt de la construction, et le plaisir spectatoriel, et plein de gens avoueraient enfin s'être fait chier à des films qu'ils ont pourtant admiré), beaucoup de Bresson sont chiants, mais sublimissimes.
Sur la question de la prise en compte de données extérieures à l'oeuvre pour l'analyser (biographiques ou réelles, comportement du cinéaste en public, etc), les deux approches doivent se compléter, on marche là sur des oeufs, je dirai que dans la mesure où on est un peu dans un procès, on peut retenir le principe du supposé innocent. Il faut que les éléments extérieurs à charge n'interviennent que s'il confirment un trait problématique de l'oeuvre du cinéaste. Cela rejoint d'ailleurs un aspect pragmatique de l'art : j'en ai rien n'a foutre que intel soit un gros salaud ou un naze s'il écrit bien, réalise bien, peint bien (les exemples sont pléthores dans la littérature) par contre si cela l'amène à une oeuvre indigente, je vois pas pourquoi je me gênerai pour le signaler (moralement l'argument est très discutable, comme beaucoup d'arguments, je sais).
 
Mais tout cela nous a bien éloigné du Miroir, que j'ai eu la chance de voir quatre fois en salle (Au Saint andré des arts), il m'a fallu quatre vision pour que petit à petit la complexité du montage s'évapore, pour que le film soit visible comme un autre film, et en fait il n'est pas plus complexe que les autres films, c'est juste que nous sommes, comment, nous ne sommes pas habitué à cette richesse d'image, on est vraiment dressé à manger de la merde, oui, y a quelque chose de triste, je rejoins le docteur Devo là dessus, que l'art n'est pas su le suivre.

Le Marquis 20/12/2005 19:51

Soit, mais je te répondais juste sur ce que tu évoquais du travail fait en amont.

Bernard RAPP 20/12/2005 19:39

Marquis, je me base sur les films seuls pour exprimer ce que je pense de son travail de mère Denis, je me base sur tous les à côtés possibles donc imaginables pour tenter de l'expliquer, ma frustration de trop souvent ne pas sentir décoller le truc, c'est tout.

Le Marquis 20/12/2005 19:01

Concernant le complexe de supériorité de Claire D. : encore une fois, je ne connais d'elle que ses films, qui, à mes yeux, ne retombent pas comme un soufflé - les meilleurs d'entre eux du moins. Et je pense que les films sont le seul rapport réellement valable que l'on puisse avoir avec un metteur en scène. Les coulisses, la personnalité, les façons de faire et, allons-y, la biographie ne m'apportent pas grand-chose quand je me retrouve face au produit fini, qui me plaît ou pas strictement pour ce qu'il est. Les quelques films qui surnagent vraiment dans la filmographie de Claire Denis ne me frappent donc pas pour des idées abandonnées dans la cuisine mais pour celles qui constituent le film achevé. De ce point de vue, et sur certains des films de la cinéaste, je n'ai pas été confronté à des choix étriqués et merdiques, mais à des films atypiques et aboutis. Je ressens bien davantage le besoin de comprendre pourquoi un film est comme il est plutôt que de savoir comment et sur quel registre il a été pensé. Mon ignorance me sauve peut-être, mais c'est ainsi : j'ai le positionnement et l'approche de spectateur. Et d'ailleurs, mon discours serait sensiblement le même concernant l'accueil critique qui est réservé à ces films : je ne lis jamais les critiques professionnelles, justement à cause de ces approches formatées par le rapport aux favoris, aux intouchables, aux bannis et aux disgrâciés. Par adhésion ou par rejet sommaire, ces positionnements ont toujours le risque de fausser le regard. Je préfère, par exemple, aborder le dernier Blier en faisant complètement abstraction de la peinture de sa supposée déchéance que peuvent en faire certains journalistes.
Si la conversation amène à revoir VENDREDI SOIR dans son intégralité, je souhaite au Repassant de mettre le doigt sur cette respiration qui lui a paru faire défaut au film, effectivement étouffant (enfermement, silences...), et qui survient dans les dernières minutes du film, qui personnellement m'ont vraiment transporté.
Mosquito, sans rancune, mais on peut souligner les limites d'une argumentation sans taxer son interlocuteur de débile. Si on peut comparer ce qu'on veut avec ce qu'on veut, tu ne verras donc pas de problème à ce que je compare l'oeuvre de Kurosawa aux oeillets dans le jardin de ma grand-mère. J'ai relu trois fois ta phrase sur Claire Denis / Jim Jarmusch, mais je ne vois pas ce que tu veux dire. Sinon, en évoquant le divertissement, tu en remets une couche sur une conversation qui revient de façon chronique dans les pages de commentaires. Ne voir dans le cinéma qu'un divertissement ? Réveillons-nous, c'est déjà le cas, d'où le nivellement par le bas, qui ne date pas d'hier. Je devance ta réaction tout de suite (avec l'expérience des échanges sur ce sujet, on finit par développer des réflexes), il ne s'agit absolument pas de dénigrer le cinéma de genre ou de le placer plus bas dans une échelle de jugement élitiste et prétentieuse, d'autant plus que c'est un cinéma (séries A, B, Z et au-delà) que je fréquente quotidiennement et à hautes doses. Mais il faudra quand même me pointer le divertissement, pêle-mêle, chez des cinéastes comme Greenaway, Mizogushi, Bergman, Jarmusch, Bresson, Haneke, etc. Le divertissement c'est une chose, mais, à moins que tu ne redéfinisses le terme, il n'invalide en rien chez certains auteurs (aussi bien au cinéma et en littérature qu'en BD ou en télévision) une démarche artistique, ce qui n'est d'ailleurs pas incompatible. Et au risque de te contrarier, j'abonde dans ton sens quand tu me dis qu'aucune donnée historique ne doit venir troubler ce système. Les données historiques n'apportent rien, sauf chez ceux qui veulent se convaincre qu'il y a du talent et de l'inspiration chez les frères Lumière. Tout à fait d'accord avec toi sur le fait que l'on peut apprécier ou non, et que l'on ne peut porter de jugement péremptoire. Mais dans ce cas, nous sommes tous dans le même sac, toi aussi, ce qui n'a pas l'air de te questionner quand tu dis que "Trouble every day" est un titre idiot et que personne sauf toi ne s'en est rendu compte; ou que Jarmusch et Denis ne valent rien. Je ne remets pas en question le fait que tu puisses t'ennuyer devant un de leurs films, c'est ton droit, mais ton opinion ne vaut pas pour du sens commun ou de l'objectivité qui nous feraient défaut. A moins que tu ne détiennes la Vérité Sacrée, ce dont je doute.
Excellente intervention du Repassant (com 39). Même si je persiste à relever Claire Denis, et même si je pense qu'il y a quelques talents qui traînent en France, Gaspar Noé par exemple (même si ce ne sont jamais ceux qui occupent 75% des salles), pour le reste, je ne peux qu'être totalement d'accord avec toi, d'autant plus que le défaut majeur des "nouveaux" cinéastes est qu'ils semblent vouloir TOUT mettre dans leur premier film, leur maîtrise technique, leurs références, et parfois (ça fait très mal) leur point de vue sur la société, sans rien maîtriser et en accouchant de boursoufflures totalement indigestes. Mais il faut dire qu'avec le système de production et de distribution que l'on connaît aujourd'hui, il devient difficile de percer, de se laisser le temps, la plus grosse part du gâteau étant partagée entre des cinéastes installés et parfois, effectivement, feignants, et de nouvelles têtes "arrivées" qui sont passées entre les mailles du filet, rarement pour des raisons valables (Cédric Klapish au secours).