KOMODO VS COBRA de Jay Andrews (USA-2005) Où sont les wheels ?

Publié le par Dr Devo




(Photo: "Les Haïtiens se préparent à un plan de rigueur" par Dr Devo)






Et dis donc toi, le petit sauvageon, je suis sur mon site, là, je fais ce que je veux. Allez, file manger tes chocapics à la cinémathèque ! Et, je dis... TOP !



KOMODO Vs COBRA de Jay Andrews (2005-USA)


On avait déjà parlé ici de Jim Wynorski, producteur-scénariste-réalisateur prolifique d'à peu prés 70 films, et petit pape de l'exploitation vidéo et bisseuse à l'image d'un Charles Band ou d'un David DeCoteau, et ce à l'occasion de RAPTOR, son sous-JURASSIC PARC à lui. Alors vous vous dîtes que c'est très bien tout ça mais KOMODO VS COBRA, c'est réalisé par Jay Andrews. Et, je vous réponds oui, mais c'est un pseudo et sous l'alias, il y a Wynorski. Le public, vraiment au poil, applaudit, mais pas pour longtemps.



Nous voici dans le Pacifique, prés de Bora Bora ou je ne sais où. Nous suivons les traces d'un groupe de jeunes écologistes (oui, je sais, c'est mal !) qui engagent un vieux loulou de mer (Michael Paré, vétéran de la série bis) pour accoster sur une île bien mystérieuse (voire photo) puisqu'on qu'on soupçonne que l'armée yankee y pratiquerait des sacrifices vaudous et des orgies sexuelles, à moins que ce ne soit des expériences sur des animaux innocents. La troupe de jeunes activistes débarque, accompagnée d'une journaliste télé et de son caméraman. Très vite, ils trouvent la maison qui abrite le labo des scientifiques, mais aussi une absence de scientifiques pour le coup très étrange. Quand ils croisent un champs de maïs dont les épis font 40 mètres de haut, ils ne prennent pas peur, nos petits verts, ce qui est très courageux ou même carrément inconscient car derrière la jongle épaisse de ses cheveux, se cache un bien grand danger que, sans dévoiler quoi que ce soit (si jamais vous n'avez pas lu le titre), je désignerais comme multiple... Ce n'est pas gagné du tout, d'autant plus que le Général en charge de cette île très expérimentale commence à en avoir gros sur le carafon. Et ça, c'est jamais bon non plus.



Tripoter le dvd velu qui vous attend dans le bac à solde est une expérience d'explorateur : c'est risqué et souvent drôle, et très régulièrement, on tombe sur de beaux films que personne ne connaît. Par contre, il faut fouiller. Certains préféreront renoncer à l'achat de 4 dvds d'occasion et investir la somme dans un film de mariage franco-tunisien ! Bien mal leur en prend, les jeunes sots! L'expérience nous apprend que le film art et essai sur un apprenti dans un lycée agricole du Vercors n'apporte jamais rien de bon, alors que mettre les huit même euros dans quatre films de genre inconnus, c'est à peu prés 38,34% de chances de tomber sur des films superbes comme BRAINDEAD ou POPCORN qui, s'ils étaient sortis cette année en salle, auraient figuré les doigts dans le nasal dans le top 17 des meilleurs films 2008 ! Bah...


Par contre, de temps en temps, il faut se farcir aussi de bons gros nanards , souvent drôles, mais épouvantables. C'était le cas de RAPTOR, comme nous l'avait raconté notre ami Le Marquis. Relisez son court article, c'est du bon. Ici, c'est différent. Disons qu'en fumant un bon havane et en descendant, en charmante compagnie, une bonne bouteille de pif, le KOMODO VS TA MERE EN SKAI DEVANT GREENPEACE, bah ça passe super bien. Ou disons plus prosaïquement : ça passe.


Ha bah, c'est que ce KVC n'est même pas un film direct-to-video, mais plutôt un direktosse-vers-la-Téloche, et en voie de conséquence, encore plus fauché que la moyenne. Jay Andrews et Jim Wynorski, ils s'en contre-balancent, et ils nous foutent, dès les premières secondes de film, leurs gros monstres mutants dans la chetron (jeu de mot en forme d'inversion... Sauras-tu le retrouver ?). Et je vous assure que la réaction en salon est immédiate et frappante : que c'est cheap ! Evidement que le focalien curieux pardonne tout, et surtout le manque de moyen, avec un sourire affectueux et sincère. Mais là, je dois dire que nous fûmes impressionnés. Nos deux monstrosaures génétiquement modifiés sont sublimissimes, et ont été designés sans aucun doute par le logiciel Paint, qui est livré avec tout bon Windows qui se respecte. Que c'est moche ! Wynorski n'a pas trop le choix du coup. Les Monstres attaqueront de face ou de profil, et les acteurs feront, tant mal que bien, semblant de faire des HOs et des HAs en levant la tête et en prenant bien garde à ne pas trop frôler la créature virtuelle de synthèse. Notre ami Jim, pour le reste de sa mise en scène, n'en fiche pas des tonnes. Il balance des plans d'hélicoptère de l'île à la moindre occasion, voire quelques stocks-shots splendouillets (des avions de chasse quand même, avec des voix au nez pincé qui font « Roger, roger, cible en vue, je vais larguer la bombe dans trente secondes »). L'intrigue, quant à elle, est formidable : des scientifiques gentils trompés par des généraux infects, le papa de la jolie scientifique qui se fait boulotter devant ses yeux, et de pitoyables flash-backs bien laborieux pour nous expliquer l'évidence et qui permettent de rajouter des monstres mutants de synthèse, cru 1994, en veux tu, en voilà, à tire l'arigot en somme. La journaliste est sceptique  (ce qui ne fausse rien !), puis affolée. Michael Paré est efficace et bourru, et il boit du rhum. La scientifique, que personnellement, j'ai trouvé très brune, fronce des sourcils et est assez mimi dans son t-shirt. La starlette de se®vice est très cambrée dans son jean de chez Koolcat et, elle est visiblement remplie d'espoir (...soupirs !). Une petite blonde, plus loufoque se fera dévorée en premier malgré, elle-aussi, un taux de remplissage du wunder-bra tout à fait remarquable. On aura même des soldats-commandos des forces spéciales avec leur casque-micro de PC sur la tête. Le grand jeu, quoi !



En gros, il n'y  quasiment pas de mise en scène, et la chose est si globalement prévisible (échappatoire raté, seconde chance, sacrifice, blah blah blah...), que votre vin a intérêt à être bon, et votre cigare vraiment cubain et roulé à la main. Par contre, la petite note positive viendra des scènes entre le général et son aide de camp (lui, l'aide de camp, je l'adore, vraiment très bien), toutes très drôles, avec un petit accessit pour la scène où ils visualisent les images de l'île, prises par les drones de l'armée, sur leur combo tv-vhs ! Sinon, on reprochera globalement à cette oeuvrette de basse série de ne même pas tenter d'être un peu sexy ou gaillarde (télévision oblige), et de se noyer dans un sérieux indémordable, si jamais ce mot existe. A l'heure où France Télévision arrête la pub, on ne saurait leur conseiller de programmer ce bout de pellicule, histoire de voir si la France révoltée se mettrait à se poiler, à arrêter de voir des films roumains sur l'avortement ou encore brûlerait plus de voiture dans la rue...







Techniquement Vôtre,



Dr Devo.

 





Publié dans Corpus Analogia

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Carxla Brunegeld 23/01/2009 19:31

Cette petite légende de photo, c'est beau comme du France Info matinal. C'est la poésie du quotidien. Bravo.

sigismund 06/01/2009 15:04

y paraît que ceux qui brûlent des voitures c'est à cause de ce plaisir qu'on dit charnel....