AUSTRALIA de Baz Lurhmann (Australie, 2008): Une petite rillette et un gros cornichon...

Publié le par Dr Devo


(Photo: "Pendant ce temps-là, à l'appartement..." par Dr Devo)




Ce sera-t'y pire, ce sera-t'y meilleur ? Je reprends mon sac U.S, j'y glisse une mandarine, et zou, je file voir...



AUSTRALIA de Baz Luhrman (AUSTRALIE-2008)

 

Nicole Kidman, riche aristocrate anglaise n'a jamais eu peur des slips, qu'on se le dise. Alors quand les finances sont au plus mal, elle décide de retrouver son mari qui, croit-elle, mange des œufs à la coque avec toutes les femmes qui ont du beurre, tout là-bas en Australie. Pas de chance au grattage, car la têtue longiligne arrive 5 minutes après le décès de feu son époux qui, contrairement à ce qu'elle pensait, la sotte, ne courrait pas la gourgandine et les retrousseuses, mais essayait de s'occuper de son immense ranch et de ses nombreuses boules, ou plutôt, soyons précis, de ses nombreux "bulls". Voilà donc, la Kidman, et c'est bien paradoxal, sans homme ni enfant (jeu de mot !) au milieu de la brousse aborigène. Elle doit alors laisser tomber son ladyshave et se retrousser les manches, et se faisant elle découvre  Hugh Jackman, cow-boy bourru mais pro, et un petit garçon aborigène, très mowglie-boogie qui ne narre pas à tort, mais voit les choses de travers, culture aborigène oblige... Il faut conduire le troupeau, dévaster le monopole vilain, mais vite-vite, sinon on sera en retard pour la guerre. En chemin, Jackman prend une douche, et David Gulpilil remet son walkman pour écouter du Midnight Oil. Là, c'est le drame : on lui a volé sa musicassette pour la remplacer par un alboume d'Elton John...



Ha, les délices du film à costumes, deuxième plus mauvais genre du monde (après et/ou à égalité avec le film de maladie, bien sûr) ! AUSTRALIA, j'ai été grassement payé pour aller le voir, comme cela arrive une fois par mois. Sinon, et malgré la sympathie que je porte au premier film de Luhrmann, BALLROOM DANCING, je ne crois pas que je serais aller voir la chose, bien éprouvé que je fus, déjà, par la vision de MOULIN ROUGE, film quasiment insupportable pour votre serviteur pour des raisons musicales. Ceci dit, bah, je sais pas si c'est l'esprit de Noël ou la grippe intestinale du Nouvel An qui dégoulinait sur (sous) moi, mais en tout cas, bah, la première partie du grand machin de Luhrman, sans me passionner un seul instant, fut quand même moins insupportable que je le craignais. Bon, le Luhrman, fan de kitch malheureusement,n'est pas prince du bon goût, on le savait, et depuis qu'il a, hélas serais-je tenté de dire, du succès, il n'a plus de limite dans ce kitsch. Ici, il y avait quelques touchettes second degré (la douche de Jackman qui, d'ailleurs, est passé du stade de baraqué à celui d'ultra-musculeux über alles), ça et là, assez rigolotes, et dont la plus simple et la plus efficace est la scène des kangourous. Bon, non pas que ce second degré innerve toute cette première partie et joue au tennis avec les choses plus "sérieuses"... Ca reste illustratif, mais voilà un mélange de ton, c'est déjà ça de pris. Même si la réalisation ne trouait jamais rien chez nous, en terme de beauté, le bonhomme faisait tous les trois ou quatre plans des jeux de surcadrage, ou s'abandonnait dans des plans artificiels. Ça, le Luhrmann, il cherche l'expressif, et pas le fadasse. Tous ces éléments, sans recueillir mes suffrages, firent passer le temps. L'angliche et l'aborigène se métaphorisent l'un l'autre sous la forme du conte que storytelle en voix-off le petit garçon, quelquefois avec des redondances agréables. Rien de bien passionnant ni de renversant, certes, mais au moins c'est un peu plus relevé que la masse des gros engins que dégainent les studios. Si Jackman est toujours parfait dans le rôle de la bûche aphasique, la Kidman se trouvait relativement à l'aise dans un rôle engoncé mais rendu ainsi un peu dynamique. Là.


Et puis, l'amour propre ne l'étant jamais très longtemps, ce furent les adieux à Cythère, et le démarrage de la seconde partie, fabuleusement longue en ressenti, et ignoblement classique et mal fichue. Adieu second degré, et bonjour les métaphores lourdasses. Quand la première partie s'achève bien (avec) les chevaux, si j'ose, on se disait que le film était super-court et c'est très bien comme ça. Mais la guerre, c'est bien connu, bousille tout ce qu'elle touche et emporte avec elle le rire des enfants.  Adieu le petit machin laid mais un peu différent à 3000 milliards de dollars, et bonjour le remake de AUTANT EN EMPORTE LES PROUTS. Mawame Scarlette, sur son fauteuil de spectatrice pathugmont, trèèèèès fâchée. De là, plus rien ne tient, malgré une première scène très acceptable et plutôt bien écrite, celle du bal, où l'ambivalence et les changements de sujet étaient de rigueur. Après cela, les oies sottes se contentent de cracher pour mourir, et le ralphdebricassardisme est tout proche. Méchant stupide et mal écrit, horribles effets spéciaux kitschissimes (déjà présent en première partie) jouant le rôle du capo du camps, et fin de quoi que ce soit dans la mise en scène, au profit d'un PROUT-PROUT OF AFRICA, la belle affaire, qu'il s'agira de subir sans que rien ne soit épargné. Les petits nenfants norphelins en râteau de sauvetage, tu es morte, o dieu merci, tu es vivante, en fait, je t'aime, et, bien sûr, justice aborigène ridiculissime tout droit importée des Studios Seznec, acteurs nazes, même Nicoletta. Bonjour, le  Kaki Blues. C'est l'arnaque totale. On regarde le chrono, et on se demande où ont pu se mettre, ces trois heures de deuxième partie. En fait, ce n'était pas si long, mais c'était si stupide et insupportablement mièvre (et sans lyrisme) que la facture semblait plus lourde.


On jura qu'on ne nous y reprendrait plus, et l'on souhaitait que le Luhrmann fût condamné à réaliser un film d'horreur avec un budget de 27,99 euros. Beurk, beurk, beurk. David Gulpilil, là, derrière, vague, se fait sexploité et boomerangisé la nue, dans un rôle mille fois vu et qui n'a rien à envier à la gwosse mama blackosse de AUTANT EN EMPORTE MON RANG. Voir notre ami en captain' Igloo australien, mais sans les bâtonnets, est une bien triste expérience, et contredit avec un humour noir la tolérance affichée du sujet. Bah, ce n'est pas fait exprès, mais c'est marrant quand même. On imagine que le sous-titre des paroles aborigènes coûte cher. Les grands-mères apprécieront et peut-être aussi les lectrices d'ELLE. À noter que souvent, AUSTRALIA passe dans des salles chauffées, et permet d'économiser le douloureux achat d'une gaine Damart. 






Certainement Vôtre,




Dr Devo.





 

Publié dans Corpus Filmi

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sigismund 12/01/2009 10:52

j'irais roupiller sur leurs décomb'