En direct du Festival de Clermont-Ferrand: Norman Bates et les Court-Métrages, épisode 2...

Publié le par Norman Bates





[Photo: "Au Fond de ton Coeur, un Trésor !" par Dr Devo.]


Chers Focaliens,

Voici la suite des aventures de notre envoyé Norman Bates au festival du court métrage de Clermont Ferrand. Pour lire le premier épisode:
cliquez ici.

Dr Devo.


Entre Koh Lanta et le Superbowl, le temps est cher pour courir après de ridiculement courtes œuvres qui défilent sans interruption depuis maintenant trois jours sur les festivaliers. A Clermont Ferrand, la neige rejoint la fête et le soleil a maintenant complètement disparu. Entre les couloirs du palais des festivals (la Maison de la Culture) des noms sont déjà sur toutes les lèvres, sans plus tarder mêlons nous à la foule...






EXPERIENCE 135 de Bertrand Mandico (France / 2007)

Première projection, premiers morts. Le sublime est souvent la ou on ne l'attend pas. En l'occurrence, cette expérience scientifiquement intitulée ouvre des portes qu'il va être difficile d'ignorer. En l'espace de quatre minutes, la raison est balayée. Nous sommes en territoire hostile de la conscience, là où l'humanité sinistrée tente de faire parler les fougères. Le principe est scandaleux, le résultat ahurissant. Nous avons été, peut être sans le savoir, une part de la révélation. Le public se retrouve soudain en pleine lumière, hébété et hagard. Certains critiques oublient même de prendre des notes.

On me signale que vous pouvez voir le film: cliquez ici.




LE DERNIER VOYAGE DE MARYSE LUCAS de Artus de Lavilléon et David Ledoux (France / 2008)

Deux jeunes artistes, deux vélos. Un road movie comico-tragique sur la mort et la marginalité. Le dernier voyage d'une mère "qui montrait ses seins". Les gens ne comprennent pas.

Quasiment la demi-heure pour finir en tire larme éhonté. Si encore il y avait eu de la mise en scène, mais filmer une promenade en VTT avec son caméscope... Je n'ai pas besoin de faire la queue vingt minute pour çà, sincèrement désolé. C'est du cinéma réalité, ça plait aux gens, ils rigolent et ils pleurent, alors que la forme est aussi pauvre que le propos est original. Nous ne sommes plus au siècle des idées, j'ai entendu quelqu'un me le dire.





ALTER EGO de Cedric Prevost (France / 2008)

Aïe, j'avais vite pressenti le truc : un jeune de banlieue en survet' monstrueux, une histoire de fracture sociale à la française, tu m'aimes pas parce que j'habite dans le 9-3. Entre deux clichés, on remarque quand même que la forme est loin d'être ignoble (belle photographie). Dommage que le film ne présente que cinq plans plus larges que la distance d'une oreille à une autre. Sur presque 30 minutes de gros plans et de blabla, la France est belle pour sa diversité mais c'est dur quand même pour les banlieusards... On trouve le temps long.





REGARDER OANA de Sébastien Laudenbach (France-Belgique / 2008)

Ignoble. Expérience de solitude infinie, de dégout, se transformant petit à petit en haine. Sur une espèce d'animation à base de nourriture on nous balance un monologue interminable, "de la poésie" prononcée par un dépressif neurasthénique nous lisant le texte écrit avec des aliments écrasées sur une table de cuisine, défilant devant nous. Et ce pendant 15 minutes. Regards horrifiés de mes collègues.  J'espère ne jamais subir une expérience pareille à nouveau.





ROCHES ROUGES de Rodolphe Bonnet (France / 2008)

Et on finit en beauté avec ce fameux ROCHES ROUGES à la réputation élogieuse dans le monde du cinéma bis. Un survival gore en plein festival de Clermont Ferrand, messieurs dames ! Des jeunes ahuris envahissent la salle pour ne voir que ce film. Une femme se lève avec un bébé dans les bras, des gens lui demandent de sortir.  C'est le dernier film de la série, mais il y en a pour 35 minutes...

...de torture. Le film est un véritable navet. Parler d'interprétation à propos des acteurs serait déjà un mensonge plus lourd à porter que le Watergate. La photographie est inexistante: j'ai l'impression qu'on nous projette une VHS après un programme intensif de chez Electrolux. Les cameramen ayant officié sur ce film ne sont pas des gens responsables, je peux vous l'affirmer de façon sûre. Je ne sais pas quoi penser du scénario qui laisserait perplexe le "fan club de Jess Franco Et des Fins Laborieuses".  Heureusement que parfois le film offre un coté nanard amusant,  sinon je serais sorti de la salle avant la fin.






Dehors c'est la tempête, comme si le ciel essayait de nous purifier des atrocités qui nous ont été infligés cet après midi. Peut-on vivre dans un monde qui a exclu Moundir de l'aventure Koh Lanta ? Certains se posent déjà la question, et les autres y songent. Le futur s'annonce difficile. A suivre...
Je rends l'antenne, à vous les studios.


Norman Bates.




Publié dans Corpus Filmi

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Epikt 29/03/2009 21:39

Dr Devo, vous faites des films ? Où peut-on les voir ?(ça me titille d'y jeter un oeil)

Norman Bates 29/03/2009 12:00

Bonjour Emmanuel !La crititique objective ? A part décrire plan par plan un film je vois mal comment. Sinon vous avez tout à fait le droit d'aimer les deux films que vous citez, d'ailleurs je reconnait volontiers à Alter Ego une photographie très belle. Malheuresement le scènario, et la mise en scène à base de gros plans n'est pas tout à fait ma tasse de thé.En ce qui concerne Roches Rouges, au vu des réactions dans la salle lors de la projection, je ne doit pas être le seul à penser ce que j'ai écrit. A moins que le film soit fait pour faire rire...En tout cas merci de votre commentaire !

Boustaflex 28/03/2009 17:36

Matière Focale ? Matière Fécale .. il n'y a qu'un pas ... vos critiques sont tellement objectives et bien écrites, que j'adore les imprimer pour me torcher avec ... ""Woah qu'elle est originale celle-là ! bravo ! donne pas envie de côtoyer le joli monde merveilleux des courts-métrages.

Dr Devo 28/03/2009 00:40

Salut Emmanuel !Ce n'est pas moi qui écrit cet article, mais j'en ai ecrit beaucoup pour ce site, et c'est pourquoi je fais ce petit commentaire...On fait des films, et vous faites des films pour les montrer. je pense qu'on peut accepter le fait que d'autres personnes ne les aime pas. tout simplement. Non?(sinon, je note que vous êtes une des rares personnes sinon la seule depuis très longtemps à signer votre commentaire pourtant négatif. c'est un geste rare et je le salue!)Dr Devo.

Emmanuel 28/03/2009 00:04

Matière Focale ? Matière Fécale .. il n'y a qu'un pas ... vos critiques sont tellement objectives et bien écrites, que j'adore les imprimer pour me torcher avec ... J'ai aimé "Alter Ego"J'ai été agréablement surpris par "Le dernier Voyage de Maryse Lucas"Et j'ai coproduit : "Roches Rouges"