Dernier jour de festival. Le monde entier attend avec impatience la remise des prix, la cérémonie finale et le grande fête qui va s'ensuivre. Il n'y a guère que votre serviteur et quelques marginaux bien loin des préoccupations festivalières et qui n'assisteront pas à toutes ces cérémonies, quand bien même nous pourrions rater un discours de Brice Hortefeux sur les vertus du court métrage ou la projection en avant première du biopic sur Giscard D'Estaing « Les années Maunes ». Et oui, c'est aussi ça, la rébellion. D'autant plus qu'aujourd'hui c'est fête nous avons assisté à la projection d'un film complètement focalien, réalisé par Michel Moisan himself. Tout commence alors que nous sommes serrés dans une petite salle Clermontoise, ancien cabaret dans lequel toute personne de plus d'1m80 est contraint d'assister à la projection avec les genoux dans les oreilles. Mais trêve de présentation, la lumière s'atténue...

 




LE GRAND MANTEAU de Michel Moisan (France / 2008)

 



Difficile de parler du scénario. LE GRAND MANTEAU est une histoire d'amour tragique entre un homme et une femme de 30 ans de moins, mais c'est également une comédie, un requiem textile, un hommage à Colombo, une fille sympa, une étude stylistique sur le Nord-Pas de Calais sans accent et sans régionalisme exacerbé, le fétichisme et pleins d'autres thèmes abordés en 11 minutes. C'est l'obsession d'un homme imaginatif qui n'hésite pas à améliorer son quotidien avec un imperméable démesuré, mais c'est aussi l'histoire d'un enfermement, d'une dérive causée par une histoire amoureuse fusionnelle qui mène droit à la prison.  Et puis, c'est l'imperméable le plus classe que j'aie jamais vu !

 

La forme est originale, image au format 4/3, images fixes la plupart du temps. Je ne porterais pas d'avis sur la photo, les conditions de projection n'étant pas formidables. En tout cas, la mise en scène est très forte et a un impact extrêmement important sur la narration et le propos. Parler d'un manteau aux manches hyperlarges en 4/3, il fallait oser ! Si on passe l'analyse métaphorique du manteau un poil convenue, le film est bien plus beau au premier degré, avec ses images arrêtées qui figent systématiquement la vie de couple, comme une suite de photos "du temps où on était heureux avec nos grandes poches". La seule chose en mouvement : le paysage qui défile, propice aux souvenirs nostalgiques. On pourrait croire le film triste et déprimant mais absolument pas. La voix-off se fait enjouée, drôle, comme si le plus important n'était pas dans cette déchéance sociale navrante, mais plutôt dans ce personnage sublime qui arpente les souvenirs avec un GRAND MANTEAU. Je suis jaloux, j'aimerais écrire moi aussi une ode à ce vêtement qui lie le futile à la survie, le beau et le Bien.

 






ADA de Elsa Diringer (France / 2008)

 

Ivan passe ses vacances d'été dans une caravane avec sa mère. Assez pauvre, il rêve de grands manteaux et de voyages, coincé dans ce camping de l'Aveyron. Un jour il se promène vers la rivière et aperçoit une jeune fille nue qui se lave en plein après midi, au lieu de ramasser des prunes dans le verger d'à coté. Il faut dire à sa décharge que son patron exploite le fait qu'elle ne parle pas la langue et qu'elle est sans doute en situation irrégulière pour lui faire des choses bien plus horribles que ramasser des prunes. Ivan est témoin d'une scène qui va le choquer, et pour essayer de comprendre il va à son tour ramasser des prunes. Au final les autres employés roumains ne l'apprécient pas et lui jettent des cailloux. Fin.

 

Ça dure 24 minutes, c'est pas totalement moche mais c'est absolument sans intérêt et verse dans le pathétique de manière affligeante. C'est dans la grande tradition du cinéma français d'auteur pénible à l'apparence quelconque et à la forme inexpressive qu'on a toujours eu en France.

 






PARTITION OUBLIEE de Teona Grenade (Géorgie, France /2008)

 

Le court se déroule à Tbilissi, en 1993. Datuna est un jeune pianiste de 11 ans qui est né dans une famille pauvre d'un quartier populaire. Bref ils ne se ruinent pas dans l'impôt sur la fortune. Il vit avec son grand frère, un petit caïd qui essaye de percer dans le grand banditisme. Datuna est triste, ce n'est pas le mode de vie qu'il voudrait épouser: lui, son truc, c'est le piano. Il aimerait bien que son frère vienne le voir et s'intéresse un peu à sa passion.

 

Là encore, la forme n'a vraiment rien d'intéressant. La photo est honnête, mais le film ne sort pas vraiment du lot, c'est bien trop anonyme, le réalisateur filme son scénario (au demeurant bien écrit), les acteurs sont plutôt bons, mais au bout de la demi heure on baille un peu.

 






SEANCE FAMILIALE de Cheng-Chui Kuo (Taiwan, France / 2008)

 

Une émission française de télé réalité débarque dans une famille Taiwanaise pour les filmer pendant tout un week end, dans le moindre de leurs mouvements. Ils ne font pas grand chose, la seule sortie étant la dialyse hebdomadaire du père de famille....

 

Plutôt astucieux et affichant un casting efficace, le court pêche par le maux du siècle : le twist final. Et oui en fait ce n'était pas vraiment une dialyse, c'est bien pire que cela, vous l'avez cru, on vous a bien eu. C'est plutôt dommage, le film était agréable et amusant, toute la salle riait, jusqu'à ce qu'une vieille fin tire-larme viennent tout gâcher.

 




SKHIZEIN de Jérémy Clapin (France / 2008)

 

Et on finit ce festival 2009 avec un petit film d'animation en images de synthèse qui propose de s'intéresser au cas de Henri, forcé de vivre à 90 cm de lui même depuis qu'il est entré en collision avec une météorite.

 

Je suis vraiment pas clients des films d'animation en images de synthèse. Je voue une haine sans borne pour Pixar et autres montreurs de pixels "next-gen" qui sont réduits, la plupart du temps, à animer des peluches stupides mais ayant nécessité une centaine d'infographistes à temps plein pour masquer, par des prouesses graphiques, une mise en scène et un propos vide de tout sens. Bref, j'aime pas, et cette histoire de météorite non plus. On sent venir le truc dès les premières secondes, et puis, ce n'est pas vraiment drôle. C'est mignon, c'est gentillet, mais quel intérêt ?

 





Voilà, mon périple auvergnat finit ici. A2u final j'aurais pu voir quelques rares instants de cinéma, mais en guise de bilan je peux vous dire que ce n'est pas l'originalité qui domine, surtout dans les sélections Françaises et Internationales. Je recommande plus volontiers les sélections expérimentales, plus propices aux explorations artistiques en tout genres.

 




C'était Norman Bates, à vous les studios.






 

 

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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /Fév /2009 10:50

Publié dans : Corpus Filmi
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