(Photo: "Label Qualité" par Dr Devo)

 

Battle Royale : c'est le nom donné à une loi martiale votée au Japon dans un futur proche, permettant à l'état de choisir au hasard et pour l'exemple une classe de lycéens enlevée et lâchée sur une île. Les jeunes, équipés de colliers explosifs, n'ont d'autre choix de de s'entretuer jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant.
Drôle de film. BATTLE ROYALE s’adonne à un sujet passionnant, une anticipation ouvrant la porte à un propos très social, cédant peu à peu le pas à un traitement proche du film de genre. Le résultat, malgré quelques maladresses et un dénouement déconcertant, est extrêmement impressionnant et fascinant. La violence insensée à laquelle le spectateur et les personnages sont confrontés explose à travers une suite de sketches empreints d’humour noir et de désespoir, et le film s’avère électrisant, cauchemardesque, totalement jouissif et infiniment dérangeant – notamment dans sa première heure, magistrale. Fort bien interprété (notamment par Takeshi Kitano en Guy Lux psychopathe et par Chiaki Kuriyama, aperçue dans KILL BILL), traversé de très beaux morceaux de cinéma (particulièrement dans certains flashes-back comme la séquence du jogging dans la forêt), pétri de talent et de roublardise, BATTLE ROYALE est en tout cas une expérience unique, une œuvre qui a l’étoffe d’un futur classique. Une très belle fin de carrière pour le vétéran Kinji Fukasaku (VIRUS).
Devant le succès international du film, Kinji Fukasaku entame le tournage de sa suite, REQUIEM, mais il meurt au début du tournage. C’est son fils Kenta qui prend la relève derrière la caméra pour cette suite bizarre et totalement ratée. En tout cas, on ne pourra pas accuser le fils Fukasaku d’avoir fait le même film. Ce second opus prend d’autres directions – pas les meilleures, malheureusement, et en perdant au passage tout ce qui faisait le sel et la spécificité de BATTLE ROYALE. Exit donc la construction narrative en forme de saynettes, qui dynamitait le rythme du premier opus. Exit aussi les échappées abstraites et les idées poétiques qui émaillaient le premier film et lui conféraient sa forte personnalité. Ne bénéficiant plus de l’effet de surprise lié au sujet, Fukasaku Junior décide donc de mettre le paquet sur les gunfights (les participants au « jeu » étant ici équipés et vêtus en soldats, donc plus d’armes blanches ou de gadgets surprises). Autre nouveauté, les participants fonctionnent en binômes : si l’un est tué, le collier de son partenaire explose. D’où la formation d’une troupe soudée et solidaire, lancée à la chasse aux
survivants des premières sessions, devenus terroristes : l'enjeu n'est plus de survivre, mais d'abattre les jeunes opposants au régime des adultes. Plus de parcours individuels, donc, et en réalité, après un débarquement mal filmé et plutôt confus, il ne leur faudra pas 15mn de métrage pour décider de s’allier aux terroristes dans leur lutte contre l’oppression. Un vent d’héroïsme souffle sur l’île. Super. Dès lors, le concept « Battle Royale » est relégué au placard (on ne mentionne plus les colliers explosifs au bout d’une demi-heure), au profit (discutable) d’une guerilla au final assez quelconque et, il faut bien l’avouer, passablement ennuyeuse. Le décor de l’île est inexistant (une plage, trois rochers puis 1h30 de huis clôs ! ), et le film glisse peu à peu vers la monotonie du décor unique, pauvrement éclairé, et du traitement du son, alternant explosions et adieux déchirants - migraine garantie.  La seule véritable audace du film, dont les héros sont des terroristes (qui font sauter des tours jumelles en guise de pré-générique !), est largement tempérée par un rythme pesant, une mise en scène terne, des idées profondément idiotes ici ou là (voir la scène du ballon de rugby dans la dernière partie), un scénario à trous (impardonnable sur un film durant plus de deux heures). La comparaison au premier opus, à l’image de Riki Takeuchi (qui succède lamentablement à Takeshi Kitano), est donc constamment au désavantage de cette suite décevante et pénible, qui affiche des véléités de provocation pour nous délivrer au final un message simpliste et con comme la lune.

Le Marquis.

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Lundi 18 avril 2005 1 18 /04 /Avr /2005 00:00

Publié dans : Corpus Analogia
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