LES INSURGES de Edward Zwick (USA-2008): Du brin de poésie...

Publié le par Mr Mort






[Photo: "Ca, c'est focale!" par Dr Devo.]



Ha ! Vous n'attendiez que ça, bande de petits vicelards ! C'est comme pour les accidents de la route, quand le destin est assez aimable pour vous mettre de l'autre côté de la zone à problème. Vous adorez ça, en fait, ralentir pour voir s'il y a du sang sur le bitume surchauffé par le soleil d'août, comme vous aimez voir le brave critique s'envoyer le pire du pire, c'est-à-dire les 97,45% de films bons à jeter dans la poubelle, juste pour voir comment le cascadeur s'en sort après avoir dévalé les escaliers de la Tour Eiffel en caddie. Moi, Mr Mort, je fais ça pour vous, et gratosse encore, c'est cadeau, parce que je vous aime bien, et que je suis votre Mère (des Larmes !) à tous. Bisous, bisous, kiss, lol...

 

 

LES INSURGES de Edward Zwick (USA-2008)

 

On m'a vu, non pas dans le Vercors, mais en Biélorussie, sauter sur des mines de rien du tout, mais alors de rien, comme d'autres prennent Kolwezi pour une tartine grillée suédoise. Zwick, ça tombe bien, est spécialiste du gisement épuisé (...hoooo, s'esbaudie le public, devant la métaphore dans le filé, et enchâssée en plus, s'il vous plaît !) et expert en commémorations diverses, un peu comme un Spielberg du pauvre, c'est dire. GLORY, l'affreux pensoume de mon enfance, traitait (sa mère devant Prisu, en leggings) du douloureux problème des premières troupes noires de l'armée américaine, n'est-ce pas ? Et puis, il y eut LA PROCHAINE FOIS JE LES METS TOUS CONTRE LE MUR ET JE TE LES EXECUTE EN PUBLIC, son film sur les manifs contre le CPE, à Seattle, en 1734. Je me rappelle, il était 15h30, et pour tout dire j'étais bien ballonné, la faute à  ce petit muscadet californien épatant en bouche, mais un peu retors du point de vue gastrique.  Zwick, c'est son kiff, vous l'aurez compris, le bon film à costumes évocatoire. Avant que le public ait eu le temps de couler, nous voici donc en Bièle, pendant la guerre mondiale 2, où un groupe de ploucs juifs résiste avec pertinence aux nazis venus tuer des gens bêtement. Ils se réfugient dans la forêt, et...

 



Pardon, je m'égare, Edouard Pouic Pouic me pardonnera. Hier, j'ai repris deux fois du camembert et pourtant je n'étais pas chez moi, et de son côté Edouaaaaaard n'a toujours pas appris à faire un film. Encore mieux: c'est sans doute le pire. Palme du meilleur tirage verdâtre de l'année. Palme du plan rapproché. Palme des repérages les plus hideux de la Terre. Oursonne d'or  du plus beau clafouti d'effet spéciaux, Lion d'Emeraude de la pire narration classique, et Kleenex de Platine de la Putasserie Historique (lapsus !) 2008 au Nestlé Film Awards de San Diego. C'est un sans-faute. T'as tué mon papa, je tue le tiens, des juifs gentils, des juifs méchants, je regrette d'avoir tué ton papa car la vengeance c'est mal, des vieux intellos, des jeunes intellos, des braves gars n'attendant que le sacrifice, des femmes qui pleurent, des nourrissons qui braillent, le juif musicien qui joue du violon, etc... Rien ne nous est épargné. On se croirait dans un sketch de Popeck, sauf que lui, il est drôle, je le dis et je le maintiens.  Bernard Vrique, lui, il s'en fout, il est là pour toucher des potatoes et son menu maxi best off (du festival, si j'ose, hihi !).Un jour, quand les ricains seront plus là et qu'on vivra tous en Gernazie, il fera la film inverse, avec de braves SS qui s'engagent jusqu'à la mort pour sauver leurs enfants, leurs batailles et leur jardin, et qui profiteront entre deux combats pour se remémorer, enfin au calme, les petits jeux qui sentaient bon l'enfance d'alors, quand, aux jeunesse hitlérienne, on leur apprenait le (mauvais) maniement des extincteurs avant de siffloter la chanson des sept nains, le tout en buvant des nabuchodonozores  de Bière d'Octobre (car ils ont de l'humour) servis par des prostituées en culottes de cuir. Là, au coin du feu, ils fredonneront alors du Falco et du Scorpion en se disant que le temps est assassin et emporte avec lui le rire des enfants.

 



En attendant, c'est l'Oural perdant pour Zwick qui arrive quand même à réaliser deux exploits. D'abord mettre en place le plus piteux champ/contrechamp du monde, domaine où règne pourtant une concurrence acharnée ! J'en ai ri jusqu'à ce que je m'arrête ! C'est superbe ! (La scène où Liv Schrieber se cogne contre un arbre !) Deuxième idée de génie: les dialogues que j'ai entendus, s'il vous plait, en V.O. Ca donne ça...

 

« -Bondjour madameuh la gaissière... Je foudrais une platz pour les hine-zourgués en dariffff degresive, jah whol !

-Mon Braff meuzieu, za veura Zwanziche yourosse hey dize huître Tzantimes, Herr Spectator ! »

 

Voilà, le casting est presque entièrement anglo-saxons, mais il nous cire (jeu de mot !) la punchline avec des accents bielorusses formidablement imités. Alors que tout le monde pourrait parler l'anglais de Shakespeare, les petits procinets se lancent dans le "parlé indigène", presque petit nègre (enfin là, petit nazi en l'occurrence). Même James Bond, alias Carl Graig, plutôt bûche, en fait des mégatonnes. C'est SenSaSS... Comme il y a du juif, du nazi et même du rouge communiste, on a donc le droit à un festival, que dis-je, à une farandole de cadeaux et d'accents bwanas. Un petit régal pour les pervers en culottes courtes que nous sommes.

 

 

Sinon, puisque Zwick a l'air si humaniste, je propose qu'il accepte de se crever les yeux pour arrêter de faire des films, en respect pour les autres spectateur, ceux qui paient pour aller au cinéma.

 

 

Zwick a la nostalgie du grand empire Heulyfoodien, et n'empêche, il m'a fait bien poiler. Dans 15 ans, on en rigolera, et on rangera le blue-ray aux côtés des films d'Antoine De Caunes. Mon dieu, j'ai hâte !

 



Mr Mort.




Publié dans Cinémort

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Dr Devo 03/03/2009 22:39

Ca, vous l'avez dit, cher Terence!Dr Devo

Térence AGNISSAN 03/03/2009 22:30

Quand on y repense, cet obsession du réalisme (ou cinema du réel) est vraiemnt en train de flinguer le cinéma