RESULTATS DU PALMARES TANAKA DU FESTIVAL DE CANNES 2006 : Yes, you can leave your lipstick all over my designer jeans...

Publié le par Dr Devo


(Photo : Les délibérations du Prix Tanaka 2006)


Chers Focaliens, Chères Focaliennes,
 
These are the results of the Tanakian-Focalian Jury.
 
Pas un mot sur le Festival de Cannes sur Matière Focale. Comment cela est-il possible ? La raison en est très simple. Pendant qu’au dehors, la furie gronde, dans les coulisses de Matière Focale, ça bossait, ça dépouillait, ça analysait à tout va. Et je suis très heureux de rendre aujourd’hui public le Palmarès Tanaka du Festival de Cannes 2006 !
J’ai regardé comme vous ce dégoûtant moment qu’est la remise du Palmarès du Festival de Cannes. Il est bon de temps en temps de se plonger dans le bac à porcinets et de se maculer de boue, tel un candidat stratège de son corps à Koh-Lanta (voir photo ici), ne serait-ce que pour mesurer la distance qui Nous sépare d’Eux, et également pour jauger l’état de putréfaction du monde cinématographique, une fois que l’on sort, en toute modestie, du havre focalien.

Première remarque, je constate que Wong Kar-Wai, le président de ce jury 2006 (bien pâle d’ailleurs, c’est assez rare) a longuement introduit son palmarès par un discours de presque une minute. Dès lors, au vu du propos, on savait bien évidemment que les carottes étaient cuites et recuites, et on savait déjà, avant toute chose décernée, que cette année encore, la seule et unique tradition cannoise allait être respectée : on allait peu parler de cinéma ! Alors que le gars Wong était au milieu de sa phrase, je me retournais vers Madame en prenant un Curly et déclarait : "La messe est dite". Alea jacta est, et pourtant ça n’a pas encore commencé ! Bref, pendant que Kar-Wai donnait dans le "palmarès solidaire, les films généreux et humanistes", les vrais cinéphiles préparaient déjà la corde et l’envoyaient tournoyer autour de la grosse poutre apparente de leur chaumière, se préparant au geste fatal. Le palmarès officiel de Cannes 2006 serait encore une fois politique. Je l’ai dit à 19h35, ce dimanche-là. Et la demi-heure qui a suivi a largement confirmé mon petit don de Nostradamus.

La semaine qui suivit fut consacrée, pour le petit monde du cinéma, à commencer à lyncher à boulets rouges ses anciennes idoles, mouvement déjà amorcé pendant le Festival vis-à-vis de Sofia Coppola, dont j’entendais sans cesse, dans la rue, au travail et sur Internet qu’elle n’était qu’une conne voleuse de poules. Même en ayant publié un article défavorable à sa MARIE-ANTOINETTE, je ne comprenais qu’à moitié. Pourquoi vouloir mettre au pilori Sofia Coppola, même si elle pue un peu, qu'elle est malpolie avec ses petits tics et qu’elle sent la bière et la cigarette (tel le fameux ours), cette "petite conne", comme aurait dit avec amour Gainsbourg, pourquoi s’acharner à lui mettre la tête sous l’eau en criant vengeance, alors que, par exemple, personne ne trouvait rien à redire au film LE CAÏMAN, dernier film scandaleux de Moretti (sur lequel je reviens tout bientôt) ? Pourquoi le goudron et les plumes ? La raison en est simple : on adore brûler ce qu’on a encensé à vitesse grand V. Et Coppola, la pauvre, paye sa popularité rapide et culte ! Notons cependant, avec les possesseurs de cartes Pathugmont, que la dame a quand même essayé de faire du cinéma, qu’elle en a fait, alors que l’autre… On verra ça plus tard.
Mon ami Bernard RAPP a une très belle expression, qui est à la fois la plus vulgosse et la plus superbe de la langue française pour décrire ce mouvement de foule : "les mal-baisés du lendemain". Et les MBDL étaient nombreux au lendemain du palmarès de Wong Kar-Wai, réalisateur dont tous nous font le portrait hagiographique de Saint-Sauveur de Notre-Dame-Du-Cinéma, le nec plus chicosse du plus beau cinéma (ceci dit, même si je suis pas fan, Kar-Wai est un artiste, je pense, respectable et qui, au moins, fait du cinéma lui aussi), ils étaient nombreux, dis-je, les MBDL ! Notre ami Zohillof l’a superbement démontré dans cet article sublissime (mais le gars est très forme et attaque au scalpel en ce moment), il a mis le doigt dessus, l’animal : Wong Kar-Wai s’est fait traiter de juif ! Maréchal, ton esprit n’est pas mort ! (Je plaisante complètement et pas du tout !).
Dans un grand esprit réconciliateur, votre Serviteur règlera les comptes et poursuivra la geste zohilloffienne, et les coupables seront châtiés avec sévérité et tendresse, les bisous vont piquer, et le goudron est en train de chauffer, mais aujourd’hui, jour où l’on publie le présent article, c’est jour de fête, et donc, on verra ça demain…
Fin de l’introduction.
 
Alors, certains d’entre vous se demandent ce qu’est ce Palmarès Tanaka ? J’avais présenté la chose dans un superbe article il y a quelques jours, et vous me permettrez de citer ce pertinent auteur qu’est moi-même, car je disais en substance : "Qu'est-ce que le Palmarès Tanaka ? C'est assez simple. Il se base d'abord sur un constat. Chaque année, au Festival de Cannes, un nombre impressionnant de films est sélectionné en compétition officielle, et un certain nombre de films hors-compétition. Nous avions constaté, Bernard RAPP, le Marquis et moi-même, chaque année, à l'annonce des résultats officiels, quand les prix et la Palme d'Or sont décernés, l'incroyable conservatisme, et souvent l'absolue médiocrité du palmarès. Des auteurs cotés mais faisant des films médiocres sont bien souvent récompensés, des films qui ne marqueront rien ni personne (et pour cause !), et encore plus, des films qui ne doivent leur prix qu'à des circonstances d'ordre politique (du style, "donnons à cette irakienne un prix pour protester contre les USA !"), c'est-à-dire des films primés pour des raisons tout sauf artistiques.
Voici les règles du Palmarès Tanaka. Il s'agit d'établir un palmarès alternatif. Notre palmarès Tanaka doit prouver que si les jurés faisaient bien leur boulot, et si leurs goûts n'étaient pas aussi conservateurs ou mus par des intérêts qui n'ont rien à voir avec l'art, nous verrions de bien meilleurs films en salles.
Le palmarès Tanaka de l'année dernière a prouvé une fois de plus que nous avions fait les meilleurs choix ! Car oui, une fois les prix cannois officiels établis, et une fois décernés nos Prix Tanaka, nous allons en salles. Et nous allons voir tous les films de la sélection pendant l'année qui suit (enfin, ceux qui sortent en salles, car un grand nombre d’entre eux, comme THE MOAB STORY de Greenaway, absolu chef-d'œuvre, ou TAURUS de Sokourov, n'ont même pas droit à une sortie française, ne serait-ce qu’à trois copies pour toute la France ! Là aussi, c'est un scandale qui confère au Prix Tanaka toute sa légitimité). Nous allons donc voir tous les films, et on est bien obligé de le dire : chaque année, notre palmarès est carrément meilleur que le palmarès officiel ! Ce qui est aussi scandaleux, car nous votons sans avoir vu les films, et d'une, et avant que le Festival ne commence !"
C’est simple, c’est clair, c’est beau. Et j’ai donc demandé à une sélection de connaissances et d’amis triés sur le volet de voter, de faire leur palmarès de Cannes. Ils ont eu une période assez longue pour voter : à partir du moment de l’annonce des films sélectionnés jusqu’au début du festival. Oui, oui, ils ont voté sans avoir vu les films, et surtout avant que les critiques pros ne viennent polluer le débat, ce qui améliore grandement la pertinence de nos palmarès chaque année !
 
Voici les règles, telles que j’en décrivais le principe du bel article :
« Voici comment je fais jouer mes amis (car on est invité à participer). Il y a deux façons de gagner, et donc deux gagnants chaque année. La première tactique est de faire le palmarès de son cœur (Prix Tanaka). On vote pour les projets et les gens qui nous semblent intéressants. La deuxième façon de jouer est des plus vicieuses, puisqu'il s'agit de prévoir le Palmarès Officiel du festival de Cannes, c'est-à-dire de deviner qui va recevoir des prix (Prix Toscan) ! Ludique, non ?
En général, les heureux participants à mon jeu utilisent une troisième technique. Non seulement ils font un palmarès du cœur, mais ils glissent ça et là quelques prévisions du Palmarès Officiel de Cannes !
À l'issue des votes, je fais un décompte pour chacun des prix. Pour chaque prix, je vois le film ou les acteurs qui ont reçu le plus de suffrages. Et le résultat, c'est le Palmarès Tanaka. Un palmarès complètement focalien et en général très beau.
Les Tanakiens (les gens qui ont participé au jeu) peuvent gagner un prix ! Je m'explique. Celui qui a donné le palmarès le plus proche du Palmarès Tanaka gagne un DVD. Il est alors lauréat du Prix Tanaka. Celui qui a donné le palmarès le plus proche de celui du Festival de Cannes (donc le plus proche du palmarès du jury présidé cette année par Wong Kar-Waï) gagne aussi un DVD, choisi par mes soins. Ce dernier prix s'appelle le Prix Toscan !
Un élément important : mes joueurs doivent voter à partir d'aujourd'hui, jour de publication des films en compétition, jusqu'au premier jour du festival (le jour d'ouverture, où en général est présenté un film hors-compétition, DA VINCI CODE cette année). De ce fait, les Tanakiens votent sans avoir été influencés par la presse et la rumeur, en totale indépendance et mauvaise / bonne foi !
Un jeu très dévolutionniste, qui permet de démontrer l'incroyable manque de jugeote des professionnels de la profession, puisque nous, amateurs éclairés, avons chaque année un meilleur Palmarès qu’eux, et de très loin. »
 
 
Et voici les résultats de ce fabuleux concours.
 
Cette année, 20 personnes (et moi) ont répondu à mon invitation et ont voté. Ces gens viennent d’horizons très différents. Il y a là des gens qui aiment bien le cinéma, d’autres qui sont des cinéphiles maniaques, des gentils, des hargneux, etc. Ils viennent de milieux professionnels très divers : ingénieur, prof, enseignant spécialisé, romancier, chômeur, étudiant, réalisateurs, techniciens d’effets spéciaux, ufologue (véridique), cadres, employés du tertiaire, lycéen, etc. Certains sont des proches dans la vraie vie, d’autres sont appréciés par correspondance. Certains ont des avis radicalement opposés aux miens, d’autres pas… Ils ont tous de l’esprit. Et s’ils ont été sélectionnés, c’est qu’ils ont de l’humour  et de la jugeote !  Je les remercie vraiment de leur participation, notamment à tous ceux qui ont commenté leur palmarès, parfois par des textes très longs qui ont dû leur demander des heures (voir plus bas).
Je remercie ici publiquement les participants qui ont rendu ce magnifique palmarès possible (dans l’ordre des réponses reçues, du plus rapides au moins rapide), à savoir : JCS47 (musicien, compositeur écrivain et réalisateur de choses sublimissimes, le Van Gogh des années 80 et du XXIème siècle), Bernard RAPP (éminence grise de ce site, bien connu des Focaliens), Béa (notre agent dans le monde de la distribution culturelle !), sa sérénissime altesse le Sultan Rahi (concepteur du blog le plus original et le plus passionnant de l’Univers, et je pèse mes mots, allez voir ici), Tchoulkarine (ambassadeur focalien, souvent dans les parages, grande plume et élite de la France), ViH (réalisateur sublimissime en exil), Dr Orloff (encore un habitué et concepteur du site qui porte son nom), Maydrick (homme charmant et blogmeistre d’un site tout à fait fréquentable, que je remercie pour l’incroyable longueur de son texte accompagnant le palmarès, texte drôle et d’une bonne mauvaise fois sublime et tanakienne au possible), Isaac Allendo (focalien de tous les âges, lecteur et commentateur d’une pertinence non égalée, ne loupez aucun de ses commentaires), Mr Plonévez (focalien de longue date et agent focalien dans le Movie-business), Le Marquis (le second patron de ce site, la plume comme un scalpel, l’esprit comme un rayon laser, et dont vous adorez les articles), Uso Dorsavi (écrivain, réalisateur et polémiste), Isa Pingouin (spécialiste des Pingouins), Poison Radieux (spécialiste des poissons), l’ineffable Rub (focalien précis et oulipien rigoureux, la crème focalienne) Mr Cre (célébrité blogosphérique dont on peut apprécier le beau site ici), Tournevis (l’Homme de l’Intérieur, et collaborateur de ce site dont on attend avec impatience le prochain article), Mr Mort (qui écrit aussi ici, et blogmeistre superbe du défunt site Cinémort), Madame Devo (esprit brillant des Hautes Sphères, troisième œil de ce site).

Ils ont tous voté. Chacun à leur façon. Ils n’avaient le droit qu’à un bulletin de vote. Et ils pouvaient gagner de deux façons. Soit en essayant de deviner le palmarès officiel de Wong Kar-Wai, soit en votant selon leur cœur. Mesdames et messieurs, voici le palmarès Tanaka du Festival de Cannes 2006 ! Je vous préviens, ça ne rigole pas, ça n’est pas triste, c’est du bisou mais du barbu…
 
Prix du Jury : LE LABYRINTHE DE PAN de Guillermo Del Toro.
Prix d’Interprétation Féminine (tout à fait surprenant, mais complètement respectable) : Sarah Michelle Gellar pour le film SOUTHLAND TALES de Richard Kelly.
Prix d’interprétation Masculine : Jason Schwartzman pour MARIE-ANTOINETTE.
Prix de la Mise en Scène : FLANDRES de Bruno Dumont.
Prix du Scénario : SOUTHLAND TALES de Richard Kelly.
Prix de la Commission Supérieure Technique (ce prix a disparu depuis quelques années du palmarès officiel de Cannes, mais les techniciens (monteurs, ingénieurs du son, photographes) n’étant pas récompensés à Cannes, ce qui est un scandale complet, nous avons gardé ce prix de la CST) : MARIE-ANTOINETTE de Sofia Coppola.
Grand Prix : SOUTHLAND TALES de Richard Kelly.
Palme d’Or : FLANDRES de Bruno Dumont.
 
Le gagnant du Prix Tanaka est ViH, largement en tête et laminant ses concurrents. Le gagnant du Prix Toscan est Mr Cre, talonné de près par notre ami Tournevis. Mr Cre et Vih recevront sous peu un superbe film en DVD dans leur boîte aux lettres.
Au vu des pedigrees pratiques des uns et des autres, c’est un palmarès aussi intégriste que sublime ! Dumont est un mec immense. Kelly brille de mille feux ! Une fois encore, nous n’avons pas à rougir. Ce palmarès est résolument placé sous le prisme de la mise en scène, c'est-à-dire du CINEMA, "du cinéma, bordel !" serais-je tenté de dire, et non pas sous le signe du symbolisme politique honteux et complètement démodé. Parce qu’un festival et un palmarès, ça devrait être toujours ça : une histoire d’Art, et pas une histoire de sentiments humanisto-consensuels pour grands bourgeois voulant se donner bonne conscience. Sans petits fours, sans coco, nous avons remis, nous, jury Tanakien, l’Art à sa place ! Poésie über Alles !
 
Le reste de l’année sera consacré, bien sûr, à voir les films de la sélection cannoise. Pour juger sur pièces. Et c’est vraiment bizarre, car chaque année, invariablement, notre Palmarès Tanakien est d’une splendeur et d’une pertinence phénoménale. Vous pariez que cette année, c’est encore le cas ? Allez, allons voir LE CAÏMAN et VOLVER, et on verra bien…

Le cinéma, c’est ici que ça se passe.
 
Vive la Poésie ! Vive la France Focalienne !
 
Dr Devo.
 
[PS : On peut, et on doit, commenter dans les commentaires ! J’enverrai un courrier spécial à tous ceux qui ont participé cette année, où je détaillerai les fabuleux commentaires qui ont accompagné les votes ! Bisous !]

Publié dans Mon Général

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Dr Devo 09/06/2006 09:47

Ha le palmares Cronenberg me parait le seul valable. Il a lache la palme mais le reste. Souvenez vous des gens outrés le soir même, c'est un scandale pattatti patata... Quel stratège.

Invisible, vous avez mille fois raison! "Il faut protéger les forts des faibles", décidément.
Pour l'année prochaine je suggère l'ultra stratège LRS VON TRIER comme president du jury afin de voir un tsunami malpoli innonder Cannes, et pour que , pour le 60éme festival, ce soit le palmarés le plus terroriste...

Excusez-moi... Oui... Oui... OK.. Vous êtes sûr?..

On m'informe dans mon reillette que finalement l'année prochaine c'est Moretti le president du Jury

Dr Devo

Bernard RAPP 09/06/2006 02:38

M. Invisible, ce que vous dites est lumineux, je crois que c'est d'ailleurs hélas généralisable à tous les niveaux et dans tous les domaines de la société : les "médiocres" se débarassent des "forts" comme ils se sentent (à tort ou à raison) menacés, au lieu de profiter de la lumière du génie.

Je souscris presque complètement à vostre analyse : à ceci près qu'à mon sens, Cronenberg visait la palme à Dumont - quoi qu'éloigné de son propre style, un film radical et puissant. Je pense que les geigneuses du jury faisaient si fort lobby contre, et si fort lobby pour la movidaaaa gnangnan que Rosetta s'est imposé comme le compromis. Au regard des 3 prix merveilleusement "inadmissibles" accordés à Dumont, je ne pense pas que l'on puisse mettre Cronenberg dans le même sac...

invisible 09/06/2006 02:21

Bonjour,
J'ai peut-être un début d'explication quant à la systématique tartine de plâtre qui fait office de palmarès chaque année, et en particulier quand un réalisateur, disons de renom, occupe la présidence du jury.

Un jour, Matisse rendait visite à Picasso en son atelier. Pablo proposa à son ami de choisir une toile afin d'effectuer un échange. Matisse, enjoué, choisît un tableau sublime.
Puis, Picasso se rend dans l'atelier de l'autre et choisit, au grand dam de Matisse, une croûte éprouvantable (je néologise à dessein).
Ensuite, quand Picasso recevait des invités en son salon - le Matisse trônait au-dessus du buffet - ceux-ci, heurtés, s'offusquaient de voir un tel étron, ce à quoi Picpic rétorquait placide : "Mouaif, c'est ce que fait Matisse en ce moment..."

Autrement dit, les palmarès consensuels ne le sont pas du tout, ils sont le moyen par lequel ceux qui ont un immense ego, traçent une séparation entre ce qui se fait ordinairement et leur supposé propre génie créateur.
La maniaquerie esthète de WKH est mieux mise en valeur quand la banalité d'un Loach prend la lumière.
D'où Cronenberg applaudissant Rosetta, Lynch célébrant Polanski pour Le Pianiste...

La vraie consensualité serait que le génie refuse sa solitude propre, pour se dissoudre dans la célébration de n'importe quelle expression du génie !

On vient de se taper Moore, les Dardenne et Loach à la file, franchement, pour redonner du peps à la palme, la seule solution serait que l'un de ces quatre médiocres se retrouve président en 2007 (euh, du jury, s'entend).
Vu qu'ils n'ont aucun génie, ils sont capables de récompenser le meilleur film par pur altruisme !

Et hop !

MAYDRICK 05/06/2006 17:24

Ah ! Content de voir enfin ces résultats publiés. Je me suis effectivement bien amusé à commenter mes choix et je suis ravi que tout cela vous ai fort amusé.
Bon, évidemment Dumont number one c'est d'une aberration consternante (je ne l'aime pas, vous l'aurez compris). Mais je ne suis pas si surpris que cela, vu que je le considère comme le Lars Von Trier français.
Je suis apparemment le seul ici à trouver ses films immondes, et c'est pour ces univers aussi variés que j'aime votre site.
J'espère encore m'amuser autant l'année prochaine.
A très bientôt.

Henriette Vogel 03/06/2006 20:27

Docteur,Je pensais à une phrase du traducteur francais du Penthésilée de mon cher Heinrich, Julien Gracq qui dans la Littérature à l'Estomac, dont je vous conseille la lecture, dit  : "La France qui  s'est  si longtemps méfiée du billet de banque est en littérature le pays d'élection des valeurs fiduciaires" C'est assez étrange, pour la perception de Marie Antoinnette et sa réalisatrice, on se croirait un peu à  la bourse  : on spécule pour maximiser les gains. On joue à la hausse, à la baisse. Il y a les petits porteurs lésées, les requins, et les yuppies, comme on dit chez vous.Il y a aussi un marché obligataire, plus sûr  pour la rente : les Auteurs. C'est triste.Votre dévouée,Henriette Vogel