REEKER, de Dave Payne (USA-2006) : La question douloureuse de l'origine du Mal (Moretti Vs Dave Payne)

Publié le par Dr Devo


(Photo : "La Lalala Lala Laa, la Nymphe du Cinéma" par Dr Devo)



Chers Focaliens,
 
Ça sent la polémique dans les commentaires sur LE CAÏMAN de Nanni Moretti, la belle, la franche polémique, et c'est très bien comme ça ! Malheureusement, ça fait déjà deux fois que j'essaie de poster un commentaire aux réponses qui me sont faites, et par deux fois Matière Focale a mangé ma réponse. Je n'avais qu'à la copier avant de l'envoyer, grand maladroit que je suis ! Bien fait pour moi !
 
Ceci dit, je vais apposer à cet article quelques réflexions sur l'Italien flamboyant. Oui, effectivement, Berlusconi est représenté plusieurs fois de différentes manières dans le film, mais ceci me semble être tout simplement imposé par la narration ! Trois fois, on imagine le personnage (dans trois contextes différents) et donc on a droit à trois représentations. Tout bêtement. Quelles conclusions en tire Moretti ? Quasiment rien. Certes, il y a des déclarations d'intention, dans les interviews de Moretti notamment, mais la question de la représentation reste vraiment sur le papier. En aucun cas elle ne s'exprime à travers un langage filmique.
 
Deuxièmement, oui oui oui, Pierrot a raison, ici, on loge à la même enseigne les films de Duras et les films de college américains ! Nanni Moretti semble faire la même chose. Bon, en admettant qu'on partage lui et moi la même idée, on me permettra ici de garder quand même mon avis sur le film. Ce n'est pas parce qu'on a une idée originale en commun que son film en est meilleur.
 
Enfin, sur la question de la représentation du réel, il faut absolument revoir, par exemple, les films de Ken Russell (LES DIABLES notamment, et les biographies du réalisateur anglais) ou encore le superbe WALKER d’Alex Cox. Là, oui, il y a pluralité de représentations, uniquement par la mise en scène d'ailleurs, et là, oui, il y a des perspectives qui se créent. Et des perspectives réelles, des mises en relief et des questions qui innervent le film dans sa mise en scène, et ne se contentent pas d’une continuité dialoguée. Je note également que dans ces films, qui abordent des sujets autrement plus compliqués que l'ascension de Berlusconi, on ne reste pas sur le plancher descriptif des vaches descriptives !
 
Encore une fois, je suis très étonné, je ne m'y habitue pas, quant aux réactions que suscite l'anecdote sur JOURNAL INTIME. C'est une question de forme, pas de fond ! Que Moretti n'aime pas Lynch et McNaughton n'a aucune espèce d'importance dans l'affaire. Ce qui est primordial et dégoûtant, c'est que Moretti mente à son spectateur, le manipule et ne lui donne pas la possibilité de réfléchir sur cette question ! C'est de la propagande pure et simple. Et c'est d'une malhonnêteté extraordinaire. Pierrot a tout à fait raison quand il dit que Moretti est comparable à Woody Allen dans le sens où il incarne des "alter ego" de lui-même (euh...). C’est juste. Mais dans le cas de cette affaire, c'est faux ! D’abord, la scène est nettement au premier degré. Deuxièmement, et c'est plus important encore, Ciment racontait dans le Casque et l'Enclume, à l'époque, que Moretti, dès sa sortie de la salle, s'était juré de rapporter l'anecdote dans son prochain film ! Stricto sensu ! Cette scène est donc clairement exprimée de manière véridique, c'est quasiment un témoignage documentaire !
Je pense que si Oliver Stone, par exemple, crachait de la même manière, c'est-à-dire en manipulant la vérité des films, sur Tavernier et Moretti, en disant qu'ils font des films fascistes ou révisionnistes, le tollé serait énorme. Ceci dit, nombre de personnes dans mon entourage, quand je leur rapporte l'anecdote de JOURNAL INTIME, ne sont pas non plus absolument scandalisés ! Ce qui me sidère...
 
Enfin, le cinéma n'est-il pas un art ? Certes, Moretti utilise un support audio et visuel pour faire son CAÏMAN, et c'est heureux, car c'est un bon moyen pour faire un film quand on y pense ! Ceci dit, est-ce encore du cinéma si aucun des outils du langage spécifique du médium n'est utilisé ? Pas de montage signifiant, pas de jeu sur le son (à aucun moment quand même, en près de deux heures !), pas de cadre, pas de photo, aucun jeu sur les axes... Qu'est-ce qui différencie un téléfilm pour ménagère comme en diffusait M6 il y a quelques années, l'après-midi (du genre "Ma fille de 17 ans est droguée et lesbienne : Mon Combat Pour Cherry") de ce CAÏMAN ? Les deux s'inspirent du réel, mais est-ce assez ?

Si un critique d'art nous faisait un article sur une expo en ne parlant que des sujets des tableaux ? Et si un critique de musique nous parlait d'un opéra en évoquant uniquement le livret ? C'est comme les fourmis de 4000 kilomètres, ça n'existe pas, ça n'existe pas. Sauf dans le milieu du cinéma, aussi bien d'ailleurs chez les spectateurs que chez les critiques. Réduire un film à sa continuité dialoguée ou à son scénario, voilà ce qui me semble "paresseux", pour reprendre le terme de notre ami Nemo (que je salue au passage !). L'adjectif accolé à mon article, qui ne cherche qu'à parler de cinéma, et qui n'a pourtant pas peur, on l'a prouvé largement sur ce site, de parler des histoires et des récits, me paraît pour le coup extrêmement discourtois ! [Je dis ça en toute cordialité et sans animosité... En gentleman quoi !] Est-ce un tel péché que de vouloir de la Poésie, et de l'Art tout simplement ? Est-ce si grave d'exiger qu'un film utilise la grammaire cinématographique, et ne se contente pas du mélange d'une vague captation et d’une transcription du récit uniquement héritée de la littérature ?
LE CAÏMAN est autant un film qu'un opéra ou une BD... Les amateurs de littérature me pardonneront de réciter cette phrase de Greenaway : "Si vous voulez raconter des histoires, écrivez un livre !" Drôle de phrase, d'autant plus drôle que Greenaway, en plus, raconte aussi des histoires !
À suivre...

Tiens, LA REVUE DU CINÉMA n°2 est sortie ! Chic ! Tirée à un billion d'exemplaires, on la trouve dans toute la galaxie, enfin, dans toute la France en tout cas, chez les meilleurs marchands de journaux. Rappelons qu'il s'agit d'un bimestriel dans lequel j'ai le bonheur d'écrire ! Deux nouveautés à signaler dans ce numéro. Contrairement aux précédents, les articles que j'ai écrits sont inédits et ne sont pas parus sur ce site. Et deuxièmement, je garde le meilleur pour la fin : Le Marquis y a écrit un sublimissime, complétissime et long article sur SILENT HILL, absolument soufflant. Pour ma part, je continue ma sélection des 52 meilleurs films de tous les temps, et je parle notamment de V POUR VENDETTA et KLIMT. Sans me vanter, ce dernier article est révolutionnaire ! J'espère qu'il est intéressant, d'une part. Mais surtout, il révolutionne la critique de Cinéma ! Je crée par cet article un nouveau courant critique, rien que ça, courant qui n'a aucun équivalent connu (enfin de moi, ni de mes proches !). Un article scandaleux et délicieux ! [Un dossier sur Jean-Luc Godard aussi...]
Ce n’est pas du teasing, ça ?
 
Bien, ça se passe chez nous en Amérique. Un groupe de cinq jeunes, trois garçons et deux filles, quitte le campus pour se rendre en voiture (et donc en co-voiturage) à une rave-partie quelque part dans la brousse américaine, sur une ancienne base militaire. Ils s'arrêtent à une station service/motel/restaurant. Puis repartent, mais doivent y revenir (vous verrez pourquoi). Quand ils repassent à la station, elle est déserte, et tout semble avoir été abandonné sur place. La route est vide et semble même coupée. Et comble du comble, la voiture refuse de redémarrer !
Voilà nos 5 loulous coincés dans le désert, dans un lieu aussi hospitalier que le motel Bates ! Ils s'installent pour la nuit. Quelques phénomènes étranges se produisent. On sait, nous spectateurs, que ça ne va pas être une partie de plaisir, car nous avons déjà compris que quelqu'un ou quelque chose rôde dans les parages et aime bien faire de la sculpture sur gens ! Même si on sait que cette explication ne suffit pas et qu'il y a encore plusieurs Langlois sous France Roche, la nuit s'annonce drôlement mouvementée... Ça va saigner !
 
Ah ben en voilà, un petit slasher des familles ! Chic ! Sans conteste, comme disait le poète, ce n’est pas du Ronsard, c'est de l'Amerloque ! [Ce qui est bien avec cette formule, c'est qu'elle peut servir à 95% des films américains !] Le petit groupe de jeunes que nous allons suivre, on les a déjà vus mille fois. La petite bimbo des familles en taille basse et bottines (mais sans string, Google, mange Google, comme on le verra, bien entendu), le petit con malin et branchouille super smart, son pote Kurt Cobain Jr. qui doit sûrement faire du skate (pas vraiment en fait, c'est l'autre qui fait du skate...), et, nouveauté, le puceau intelligent et sensible, mais ici aveugle (pour lui, le skate c'est foutu...). Enfin, la conductrice du groupe, la fille pas conne avec la tête sur les épaules, super sympa, et "réaliste". Bah... C'est du terrain connu quand même, et en moins de cinq minutes, on peut dire qui ne se fera pas charcuter et sera encore debout en fin de film, et dans quel ordre les autres vont se faire massacrer !
 
Ça débute très bien. Une petit saynète introductive, drôlement bien découpée et superbement écrite, avec le sort funeste d'une famille en panne sur la route 666 ! Bon sang, que c'est brusque et précis, me dis-je. Là, contrairement à certains cinéastes, suivez mon regard, on sait utiliser les axes, et pas qu'un peu. Le Papa qui sort des buissons est délicieusement interrompu par le point de montage, ce qui m'a fait hurler de terreur intérieurement. [Ça m'a rappelé ce plan superbe, horriblissime mais absolument sans effet spécial, que j'avais vu dans BLAIR WITCH II, où une des filles sortait au petit matin de sa tente pour aller faire un brin de toilette près du lac. Elle se lève, marche vers le lac, et sans que rien ne l'annonce, elle commence a rentrer carrément dans l'eau. C'est... tout ! Et c'est effrayant au possible. Rien que par cette petite action, on sait que le film a dérapé et que quelque chose de vraiment pas normal se passe. Comme si la projection déraillait... C'est toujours payant. Ici, le montage est assez rigoureux pour que ce soit encore pire !]
Fichtre ça commence bien. Photo bizarre, mise en scène sèche et précise.... Cette scène se termine en plus sur un effet sanglant ostensiblement numérique, dont l'artificialité est très dérangeante tellement elle joue franco !
Dès la scène suivante, ça se calme. La lumière redevient conventionnelle, le cadrage est gentiment banal, ni laid ni beau. Le scénario présente les personnages ultra-balisés, le montage est pépère. Ce sera comme ça quasiment tout le film, en apparence du moins.
Malgré tout, sous ses aspects battus et rebattus, REEKER a été pour moi une expérience de cinéma absolument délicieuse, et qui m'a même mis en immersion complète. Le film joue, en même temps qu'il se dessert lui-même (et vivre ce paradoxe de manière aussi forte, c'est quelque chose de peu commun), des poncifs qu'il utilise. Et au final, on sait qu'on a flirté avec l'Ennui tout proche, qu'on a senti son souffle tiédasse sur notre nuque tout le temps... mais sans qu'on y  sombre vraiment, et sans jamais qu’il nous quitte vraiment non plus ! Le film, au rythme lent pour finir, pourrait durer deux heures ou trois heures ou 45 minutes... Ou deux jours ! Cela aurait été délicieux également. La première impression en sortant fut celle d'un no man's land temporel complètement dépaysant.

Et puis il y a le reste. Et là, le film est passionnant de perplexité. Que s'est-il passé dans la tête du réalisateur Dave Payne ? À qui son film va plaire ? Trop balisé pour les iconoclastes et pour les fans hardcore de fantastique, trop lent, trop mou et largement trop expérimental et bizarre pour les lecteurs de Mad Movies (qui apparemment doit avoir aimé puisque le film fait la couverture du dernier numéro) ; trop mal fichu pour un producteur, etc.
REEKER est un drôle d'objet. Il va être ici très difficile de parler précisément sans vraiment vous gâcher l'éventuel plaisir. Payne joue la carte du faux plat, et non pas celle de la saillie rythmique et maîtrisée de JEEPERS CREEPERS, auquel certains ont pensé en voyant REEKER (Bernard RAPP, notamment). Le film est-il raté ? Probablement. Le film est-il réussi ? Sûrement. Mais dieu que c'est passionnant. On est en plein cinéma, et malgré l'aspect simplement soigné du film dans sa généralité (avec de chouettes exceptions), Payne finit par faire un film qui ne ressemble qu'à lui. On est en territoire usé jusqu'à la corde! Oui mais...

La gestion des personnages fantomatiques/victimes est complètement gratuite et illogique. [Illogisme qui sera partiellement expliqué, mais qui, même dans ce cadre, ne sera pas justifié complètement.] Leur ordre d'arrivée, les endroits où ils apparaissent, sont complètement absurdes. Pourquoi insister tant (et dieu sait si ça marche !) sur le personnage cul-de-jatte qui lui, au contraire de ses collègues fantômes, n'a aucune utilité dans le scénario ? Pourquoi remontrer l'enfant alors qu'on n'en fera rien ? Et pourquoi également la maman, qui non seulement ne servira à rien dans le scénario, mais ne sera même pas (et ça c'est très fort et très beau) vue par les personnages eux mêmes. [Un des héros ouvre la porte de la pièce où elle se trouve et ne la voit même pas ! Sublime !]
Que peut justifier le parti pris de l'odeur dans le film ? [Le tueur arrive dans le plan par l'odeur,  ce qui se matérialise par un effet un peu pourri de déformation sur toute la surface du plan ! Il faut oser ! Remarque, ça cache de manière cinématographique un effet spécial tout numérique qui aurait été sinon sûrement très laid !] Pourquoi Payne s'attache à tellement baliser le contexte, alors qu'il n'expliquera rien ? Comment peut-il passer aussi vite sur le twist final ? Pourquoi Michael Ironside (très bon et très singulier une fois de plus !) ? Et le dealer ?
 
Je ne peux rien dire de plus, malheureusement. Il y a deux choses qui me serviront d'exemple. La phrase clé du film (sur la crainte de la mort) qui arrive comme un cheveu sur la soupe lors du final, et à la vitesse de la lumière en plus. Le mouvement est juste poétique, et la réalité du film dérape. C'est beau.
Et puis, la fameuse scène des toilettes, qu'on sent venir des années-lumière à l'avance, et qui est scotchante. Rythme lent, très bon découpage. Effet de rembobinage (elle sort, mais elle retombe, mais elle ressort, mais elle retombe, ad lib). Utilisation gratuite du papier toilette qui ne deviendra même pas un élément gag ou de suspense, mais reste juste une chose injustifiée, un mouvement abstrait. Et en plus de ce rythme lent, Payne fout une grosse baffe à la musique qui est priée de bien se tenir et de mettre ses coudes sur la table, alors même que c'est la scène clé de son slasher.  Elle est priée d'aller voir ailleurs, ce qui rend la scène très anormale et très anxiogène. [La fille assez antipathique ou fadasse s'incarne immédiatement quand elle entre dans les toilettes, c'est très curieux...] Ce qui me fait dire avec Bernard RAPP que le film, pourtant américain à 100%, réfute complètement la sacro-sainte règle de la Justification de TOUS les éléments, qui prévaut pourtant, et à chaque fois, sans exception, dans ce type de production. En cela, REEKER est peut-être le premier film américain de genre et de série B (grand public) à large dominante européenne. Et ce n’est pas le moindre de ses charmes. [Il y a quelques exceptions, notamment chez David Schmoeller et son fabuleux TOURIST TRAP, mais c’est tellement rare…]
Ajoutez à cela un casting aux physiques de seconde main (Tina Payne, beauté prognathe et next-door, dans le rôle de Gretchen ! Zut alors !), et vous obtenez un film improbable et complètement ovniesque, mais qui paradoxalement, dans sa lutte avec la matière et dans sa persévérance à tracer son chemin bizarre, nous fait palper physiquement la matière Cinéma. C'est stupéfiant.
 
Bizarrement Vôtre,
 
Dr Devo.
 
PS : C'est bizarre, dit un policier, c'est le troisième accident de la journée ! Que dire aussi du dernier plan (carrément mal fagoté par contre) ? Ne rend-il pas étrangement réel le reste ? Tiens, je fais un vœu pour la fée clochette : si je peux choisir un seul réalisateur à interviewer pour ce site, ça pourrait être Dave Payne !
 
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Publié dans Corpus Filmi

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Guillaume Massart 11/06/2006 14:57

Tant qu'on cause du Moretti, j'aimerais tenter d'en toucher deux mots, même si, étrangement, j'ai du mal à m'exprimer clairement sur le sujet.

Film militant, film dans le film, mises en abymes répétées... J'avais un peu peur de ce Moretti annoncé par Les Cahiers comme mineur.

J'en suis sorti pourtant comblé, fasciné par les impressionnantes qualités d'écriture du film, jonglant entre ses différentes strates (comédie, satire, drame humain) avec une simplicité confondante.

Ceux qui craignaient la militance basique seront surpris par la grande subtilité du traitement et l'absence du syndrôme "film de gauche".

Ceux qui se disaient que Moretti n'est jamais aussi juste que lorsqu'il s'attache à l'humain, et craignaient qu'ici il n'en soit rien, ne pourront que se passionner pour le personnage de Bruno Bonomo, père simplement aimant d'une famille en train de se séparer, et amoureux sincère du cinéma...

J'ai l'impression d'en parler très mal, donc je ne vais pas m'étendre : disons que plus le film avance, plus il est fort. Les différentes thématiques se rejoignent, se nourrissent et s'amplifient les unes les autres. La fin, à ce titre, est franchement impressionnante, portée par une bande-originale soufflante, une mise en scène subtile et une interprétation de haute volée.

Un très beau film, donc, toujours sur la corde raide, comme un cousin transalpin au dernier Chabrol (qui, si j'ai bien compris, n'était pas votre tasse de thé), en moins roublard et moins immédiatement virtuose, sans doute, mais en beaucoup plus humain et certainement plus ambitieux.

Toute ma militance à vot'dame.

Guillaume Massart 11/06/2006 14:44

Me voilà curieux... :)

Cajolineries à vot'dame...

Dr Devo 11/06/2006 14:32

Pour KLIMT oui oui et oui que c'est beau! Pour BLED NUMBER ONE, oulalalalala, que j'ai du mal!J'ai rencontré et interviewé rabah Amuer-Zaïmeche et on en reparlera dans ces pages...

Guillaume Massart 11/06/2006 14:24

Effectivement, moi aussi, j'adule actuellement PANIC, dont la liberté de ton et la diversité des approches me fascine (dans le dernier numéro, un génial papier de Nicole Brenez sur le lumpenprolétariat dans le cinéma d'avant-garde -- si, si, j'insiste, génial et absolument lisible, même sans connaître les oeuvres -- cohabite avec une interview de Deodato ou encore une longue analyse des sources historiques et littéraires du Nouveau Monde). Je complète sa lecture avec ZEUXIS, même si la formule mensuelle lui a fait, je trouve, perdre de sa vigueur (articles raccourcis, prix prohibitif pour le faible nombre de pages, maquette hasardeuse).

Dommage, donc, que LA REVUE soit à ce point hors de prix. Si j'osais, je me revendiquerais de Serge Livrozet et je dévaliserais le rayonnage, mais je ne suis pas de cette trempe -- et mon buraliste est un type bien, enfin je crois.

Pour ce qui est de FILMDECULTE... Disons que pour un site bénévole couvert de pubs à cliquer et arborant de petites étoiles en ouverture d'articles, la liberté éditoriale dont nous disposons est une force. Une faiblesse aussi: qui dit liberté, dit parfois facilité. Pas de cohérence de ton, comme ici, et parfois des coups de coeur improbables, menés par des rédacteurs passionnés (exemplairement : l'affreux The Island de Michael Bay, suradulé sur FDC...).

Pour la thématique qui nous intéresse ici, mon tout petit papier sur Reeker est ici: http://www.filmdeculte.com/film/film.php?id=1536. On peut le compléter avec La Colline a des yeux (Zaï, zaï, zaï, zaï...) par là: http://www.filmdeculte.com/film/film.php?id=1541. Ou encore Silent Hill zis way : http://www.filmdeculte.com/film/film.php?id=1304.

Mais mes passions récentes vont plus à Klimt (http://www.filmdeculte.com/film/film.php?id=1496) ou encore, et je vous encourage à courir le voir en salles, au formidable Bled Number One de Rabah Ameur-Zaïmeche (http://www.filmdeculte.com/film/film.php?id=1535), électron libre auto-produit qu'il faut suivre de près.

Bises enfièvrées à vot' dame.

Isaac Allendo 11/06/2006 14:20

Surtout qu'à partir de 7 euros, les gens considérent un mag comme couteux mais alors là, quasiment 20 euros ça fait 4 bons DVD ou 5 bouquins de poche.