(photo: "Now, it can be told!" par Dr Devo)


Chers Confrères,

Tout est dans tout, et le pire côtoie le meilleur. Et certains jours, c'est encore plus vrai. Cet article commencera par un message personnel qui n'atteindra sans doute jamais son destinataire que, pour des raisons évidentes, je ne pourrai pas nommer ici, de peur de lui créer des ennuis. Maudit soit le service de métro d'abord ! Je décidais hier d'aller voir J'ADORE HUCKABEES, mais curieusement, 1er mai oblige, les stations étaient fermées. J'y vais donc le lendemain. Peu de monde dans la salle, comme prévu, mais une quasi-totalité de jeunes dans la vingtaine ! Le film commence paradoxalement par un plan flou, enfin, volontairement flou. Pendant le long générique, je suis en train de me dire que le point n'est pas très bien fait, mais les sous-titres restant nets, je mets ça sur le dos de la copie.
 
[Je m'arrête un instant. Il faut savoir que la qualité des copies en France est absolument déplorable. L'autre jour, dans mon article très sévère, et je le regrette, sur AKOIBON de Edouard Baer, qui n'avait pas que des défauts, contrairement à ce que je laissais supposer, dans cette critique, dis-je, je fustigeais la photo absolument pas travaillée ! Une vraie honte ! Mon ami Bernard RAPP a vu le film à Paris, et me disait qu'elle lui semblait tout à fait correcte. Il me décrit ces impressions, complètement à l'opposé des miennes. Il avait vu une photo douce et travaillée, là où moi j'avais vu une photo froidasse et blanchâtre ! Comme on peut le voir dans cet exemple, nous ne sommes pas tous égaux devant les copies. J'ai pour ma part projeté deux copies de THE BARBER de Joel et Ethan Coen, et la qualité variait énormément. Noir et blanc léger dans une, et des teintes vertes (qu'on retrouve aussi sur les films couleurs, toujours un signe de mauvais tirage) sur l'autre. Bernard RAPP, lui, l'a vu à Paris dans un noir et blanc sublime et très charbonneux ! 3 copies et trois photographies différentes ! Ajoutez à cela que, presque systématiquement, les films tirés à plus de 150 copies sont toujours foirés, au moins dans les petites et moyennes villes. En principe, le distributeur ou le chef-op’ vérifient les copies pour les grandes villes universitaires. Enfin, un de mes anciens patrons (spéciale dédicace à toi, Moumoute !) me racontait sa stupéfiante visite d'un grand labo parisien. Les volumes de copies à fournir sont tellement énormes, et les délais imposés par les distributeurs sont si courts, que pour certains films, les bobines sont passées, par exemple, dans certains bains révélateurs trois fois au lieu de six !!! ]

Revenons à moi, si j'ose dire. Donc, le film commence et après le générique, il faut se rendre à l'évidence. Le point est non seulement mal fait, mais il est en train de changer. Et on se retrouve avec un immense flou sur toute la moitié droite de l'écran. Pendant de ce temps-là, le film démarre sur les chapeaux de roue, très dense, avec une surdose d'informations, et des gourmandises assez splendides. Du coup, je me dis, au bout de dix minutes de semi-brouillard : "Soit tu vas avertir la caissière et tu risque de perdre le fil du film ou pire, de perdre un plan sublime, ou soit tu fermes ta gueule et tu pries pour que le projectionniste s'aperçoive du problème". On était dix dans la salle et personne ne bouge. Je me lève. J’avais parfaitement (excusez la modestie) identifié le problème et je me demandais en descendant les escaliers pour aller voir la caissière (une vraie porte de prison d'ailleurs) s'il fallait lui dire comment faire pour réparer le problème (voir plus bas) mais non, je me contentais d'un "c'est flou dans la 3". Je reviens en salle, le projectionniste refait le point, qui se dérègle bien sûr à nouveau trois minutes plus tard !
 
Voici mon message personnel. Tu es projectionniste dans une grande ville universitaire du Nord de la France, et hier tu t'occupais de la projection emmerdante pour toi et, pour nous spectateurs, de J'ADORE HUCKABEES à 15h45 ! Gentil projectionniste, et ex-confrère, comme tu l'as remarqué, les symptômes étaient les suivants : 1) une point changeant, et 2) un flou sur la moitié de l'image, un coup à droite et un coup à gauche ! Je vais t'expliquer. Le problème, c'était un amalgame sérieux de poussières dans le couloir de projection, près de la fenêtre. Du coup, la pellicule n'était pas plate dans ce couloir, mais bombée. Par conséquent, tous les points du photogramme ne sont pas équidistants de l'objectif. [Pour le lecteur néophyte, je précise que l'objectif et la pellicule sont distants de quelques centimètres seulement, et donc un millimètre de différence suffit à dérégler le point.] En essayant de régler l'image sur le côté flou, tu dérègles donc le point sur le côté qui était juste ! Et réciproquement. Tu aurais du faire la chose suivante. Arrêter la projection deux minutes, nettoyer le couloir, et c'était reparti tranquille pour toute la durée du film, ce qui nous aurait évité de voir la moitié du film floue sur 50% de l'écran ! Un petit arrêt de projection vaut mieux qu'un énorme désagrément constant. Quant à la cause de l'amalgame de poussières, c'est sans doute dû à un mauvais nettoyage du couloir pendant l'inter-séance ou alors, ça arrive, un film annonce qui fait énormément de dépôt. Je sais que ce blog est lu de temps en temps par des gens qui connaissent ce cinéma, j'espère qu'ils transmettront le message.
 
Je ne suis pas sorti une deuxième fois de la salle. Aux trois-quarts du film, un autre spectateur est parti se plaindre. Mais pendant toute la première bobine, cela n'a semblé gêner personne !
 
Donc, on l'aura compris, la projection fut aussi surréaliste que le film lui-même ! Et si on en parlait, du film, maintenant ? Ben oui, on va pouvoir en parler malgré le semi-brouillard qui nous a été imposé et qui a rendu bien compliqué le visionnage. David O. Russel, réalisateur du plutôt réussi LES ROIS DU DESERT, nous a pondu quelque chose de...

Bon commençons par le début. Premier plan flou donc, mais là c'est fait exprès. Jason Schwartzman s'avance dans une sorte de parc, en prononçant en voix-off une multitude de fuckfuckfuckholyshityfuck. Il se demande si son boulot vaut le coup et s’il n'est pas en train de pisser dans un violon. Il arrive finalement près d'un petit rocher et lui récite un poème, sans doute sincère mais complètement splendouillet ! C'est ça, son métier, à Jason. Il est poète dans une association de protection de l'Environnement, association qu'il a créée lui-même et à laquelle il donne tout son temps, et en ce moment, ils essaient de protéger une zone de marais écologiquement vierge qui est menacée par l'extension de l'hypermarché voisin Huckabees. Malgré un accord qu'il a passé avec Jude Law, le directeur des relations publiques de Huckabees qui lui a garanti que le site serait préservé, Schwartzman reste sur ses gardes et essaie de mobiliser en vain les médias. Parallèlement, Schwartzman, espèce de grand dadais passionné, idéaliste, sincère mais complètement décalé, se rend dans une agence très spéciale de "Détective Existentialiste". Il ne sait pas trop ce que c'est, mais il y va quand même, car il a une énigme existentialiste à résoudre : qui est ce grand africain qu'il n'arrête jamais de croiser, et quelle est la signification de cette série de coïncidences ? Le couple qui gère l'Agence de détectives existentialiste (Lily Tomlin et Dustin Hoffman) annonce leur méthode : il va falloir qu'ils espionnent sans cesse Schwartzman, jour et nuit, chez lui et au boulot, il va falloir placer des micros partout, et il va falloir qu'il accepte de faire une grande introspection sur lui-même, à travers l'espace et le temps. Car tout est lié selon eux en ce bas monde, et chaque chose a une signification qui la relie avec le Cosmos ! Et même, chaque chose est le Cosmos ! Ça promet. De son côté, Jude Law est en effet en train d'arnaquer Schwartzman, en devenant le directeur de son association écologique à sa place ! Le loup est dans la bergerie.
 
Bon, vous l'aurez compris, c'est une plongée dans le Grand Tout que nous propose ce film ! Et la chose est tellement délirante qu'il sera bien difficile de vous en dire plus, même si j'en avais envie. Et je vais me plaindre de mon magnifique sort de créateur de ce site, comme je l'avais fait pour INNOCENCE, en vous disant, cher lecteur que je chéris, qui que tu sois (comme dirait le poète avec sa jolie putasserie : "finalement, entre vous et moi, c'est une histoire d'amour !", fallait oser !), en te disant, dis-je (ouais !), que cet article, fût-il réussi, ne pourra pas te donner une idée, ne fut-ce qu'un millionième de l'ambiance du film ! Là encore, il va falloir me croire sur parole.
 
Le sujet du film, ou plutôt un de ses sujets principaux, est l'idéalisme. Les personnages ont d'énormes convictions, presque toutes contradictoires, et se heurtent, chacun à son échelle, à l'impossibilité de faire comprendre cet idéalisme au reste de la société, et à l'impossibilité d'avoir un dialogue véritable dans un monde où on peut dire tout et surtout son contraire, et où tout le monde est persuadé d'avoir intimement raison sans se poser la question d'un début d'éventualité que quelque chose puisse être différent de ce qu'ils avaient conçu ! Tout est dans tout, tout vaut tout, et réciproquement comme disait justement Pierre Dac, et en conséquence, plus rien ne vaut. Le monde n'est donc, sous ses apparences humanistes (ou plutôt humanitaires, fléau largement dénoncé, avec finesse, dans ce film), que chaos et babélisme s'articulant sur deux prérogatives qui pourrissent tout : 1) d'où tu me parles ? et 2) dis-moi qui tu es, que je voie si je peux discuter avec toi (ce qui bien sûr est exactement la même chose). Le monde, par conséquent, ne se décide plus sur la pertinence des idées, mais sur la séduction des individus et sur le "coolisme" apparent des projets. Le film est donc tiraillé entre deux tendances dichotomiques à souhait : les idéalistes avec leur Foi du Charbonnier (Jason Schwarztman et Mark Wahlberg), et les rhéteurs de tous poils pour qui le monde est à conquérir et à améliorer (mais à conquérir d'abord). La foi contre la persuasion. Evidemment, le monde favorise les partisans de la deuxième solution, qui savent bien s'appuyer et tirer parti de la masse de gens "entre-deux", les Tièdes comme dirait Dieu, qui n'ont pas d’autres convictions que celles du plus grand nombre ! Et pour les personnages de charbonniers, ce monde est désespérément cruel et injuste, à tous les niveaux, collectifs ou individuels. A moins que nos deux détectives existentialistes n'arrivent à nous éclairer, ce qui est loin d'être gagné ! En ce sens, ce film est complètement DEVO (Di-HI-Vi-Ho), c'est-à-dire s'appuyant sur le concept selon lequel plus le monde progresse, plus il régresse (concept de dévolution) et qu'une des solutions (celle soutenue par le metteur en scène, qui s'incarne ainsi dans le film) est de contempler ce monde en pleine dévolution, en essayant de saisir chaque nuance de rire et de beauté. Poésie über alles, une nouvelle fois.

Evidemment (quoique...), la mise en scène est à l'unisson, et encore une fois, permettez-moi de vous rejouer l'air du pauvre critique solitaire, la nuit, dans le calme du Grand Canyon. Oui, une nouvelle fois, comment vous dire ce qui se passe dans la mise en scène sans dévoiler des détails qu’il serait beaucoup plus jubilatoire de découvrir en salle, et sans rester dans le flou de la dithyrambe infondée où là encore, vous devriez, de fait, me croire sur parole ? Comme disait la poète belge (encore !), "c'est pas facile d'avoir du style..."
 
Les amis, c'est un festival sublime ! C'est très simple, ça n'arrête pas, et ce malgré les problèmes de (dé-)concentration énormes évoqués dans les premiers paragraphes. C’est absolument jouissif et bougrement malin. La première partie est basée sur des détournements constants de l'attention et sur une noyade très agréable du spectateur dans le chaos de l'information, avec la générosité d'un fil rouge : les méthodes d'espionnage de Dustin Hoffman et Lily Tomlin, complètement grossières et efficaces, avec incruste dans les conseils d’administration, mouchardage et enregistrement des conversations téléphoniques, et placement aux pires endroits de micros espions ostensiblement posés. Le montage est assez syncopé et protéiforme, n'hésitant pas à faire du plan séquence ou du sur-découpage avec quelquefois un soin quasi-maniaque soutenu avec grande force par un cadrage malin, comme dans cette scène d'ascenseur entre Isabelle Huppert et Schwartzman, bizarrement séparés par deux plans différents, absolument bizarres mais très signifiants et d'une force indéniable, le scénario s'inscrivant et s'écrivant ici dans le découpage, ce qui devrait soit dit en passant toujours être le cas. Quelques plans sont purement hallucinants, à l'image quelques instants plus tôt de l'apparition de Huppert, encore elle, derrière la mère de Schwartzman (à la vie comme à l'écran car le jeune acteur est bien le fils de Talia Shire, actrice mondialement inconnue pour avoir joué le rôle pourtant mythique de la fiancée de ROCKY ! Elle est aussi la sœur (ou belle-sœur) de Coppola ! Je vous laisse faire l'arbre généalogique). Russel use et abuse avec une formidable dextérité des effets spéciaux numériques. Nous évoquions hier dans les commentaires de l'article sur LA LOUVE SANGUINAIRE tout le mal qu'ont fait au cinéma dit "moderne" ces images de synthèse, et leur rôle de cache-sexe, je me cite, de mises en scène médiocres. On pourrait ajouter qu'en plus de cela, ces images, de films en films, se ressemblent absolument toutes. A l'instar de Greenaway et de son TULSE LUPPER SUITCASES No2 (en salle à l'automne), Russel se fout des diktats esthétiques liés à ces images, et décide de les utiliser enfin autrement, de les intégrer à son film et de les soumettre à son projet et non pas le contraire. Répétées avec un sens sublime de l'absurde, ces images sont même commentées par les personnages eux-mêmes pendant que ces effets spéciaux sont en train de se faire, à l'écran ! [Sublime scène du "commentaire des cubes" (je parle codé pour ne rien gâcher) entre Hoffman et Whalberg ! Dieu que j'ai ri ! Dieu que c'est intelligent !] Ce mauvais goût est absolument sublime, parfaitement intégré au projet global, et fait souffler un énorme vent de liberté. C'est sublimissime. Le film ne cesse de nous surprendre, sans jamais chercher l'esbroufe. Le jardin de David O. Russel et petit, mais c'est le sien ! Courageuse attitude sur laquelle je reviendrai plus bas, et raison pour laquelle la presse, qui mouille sa culotte devant Spike Jonze (ce qui est loin d'être injuste), a descendu pour les mêmes raisons (bonjour la pertinence!) ce film. Triste France. Et triste presse spécialisée qui ne comprend rien à rien et se contente de lever ou de baisser le pouce, comme des chroniqueurs de mode. Ces gens-là sont prêts à toutes les compromissions (voire ce sublime article). Ajoutons enfin que le son n'est pas en reste, très beau, très modelé, et bonne terre de contraste, mais là aussi, shhhhhh, surprise !
 
Par contre, je peux vous parler sans vergogne des acteurs. La presse d'ailleurs, oui excusez-moi d'insister mais une telle attitude me révolte et il serait criminel de ne pas au moins réagir... [A ce sujet, je constate que Le Monde a adoré le film (c'est rare !) en disant la plus grande connerie de l'histoire de la critique : I LOVE HUCKABEES ressemble à du Woody Allen !!!!!! Pauvre Andouille !] La presse, dis-je, a d'ailleurs aristocratiquement craché sur le casting, arguant du fait qu'il n'était composé que de stars ! BANDE D'ABRUTIS ! Le film n'est pas composé que de stars, il n'est composé que de bons acteurs ! La malhonnêteté est double, car chez Woody Allen c'est effectivement le cas, et personne, bien sûr, n'oserait lui faire un seul reproche là-dessus. Ça, c'était Primo. Secondo, est-ce qu'il est vraiment honnête de trouver formidable un casting superbe dans un film jugé bon, et de dire pour le film suivant que c'est d'un épouvantable snobisme, quand on méprise le film ? En tout cas, bandes de scribouillards maléfiques et meurtriers, je vous les laisse, les "formidables" Charles Berling, Testud, Julie Depardieu et consorts ! Je vous les laisse, les prix d'interprétation cannois invariablement donnés à des acteurs nullosses dans des films irakiens ou du tiers-monde, et je ris de me souvenir que vous aviez crié pourtant de la même manière, que vous aviez craché, devrais-je dire, sur l'actrice de L'HUMANITE de Bruno Dumont, pourtant géniale ! [Trois jours après, bien sûr, vous retourniez unanimement votre veste !]

Si certains se demandent pourquoi, en France et même en Europe, on n'arrive absolument jamais à produire un film aussi original que celui-ci, allez faire un tour sur ce vieil article (ici), où je me proposais d'imposer dix commandements pour l'amélioration du Cinéma Mondial !

J'en étais où ? Oui, les acteurs sont phénoménaux. Jason Schwarztman (après son éblouissant travail dans RUSHMORE de Wes Anderson) confirme qu'il est bien, et de très loin, le meilleur acteur du monde, sans conteste ! Ce type est, osons le mot, génial ! Dustin Hoffman est à ma grande surprise (et je dois dire, je suis sur le cul, ce n’est pas un de mes acteurs fétiches très loin de là ! Voir MON BEAU-PERE, MES PARENTS ET MOI), une nouvelle fois très en forme. Il est d'une attention de tous les instants, d'une gourmandise fabuleuse et d'une précision qu'on ne lui connaissait pas, ou du moins pas avec cette force. Et sa perruque dans le film ne gâche rien, ne tractopellise rien ! Encore une fois, c'est bien là un argument de critique ! [Tournevis, ne t'arrête pas à ce détail...] Lily Tomlin, sa femme dans le film, est, comme les cinéphiles attentifs le savent déjà, très bonne, et trouve ici un rôle long, ce qui est trop rare. Jude Law, comme d'habitude, est sensationnel. C'est lui aussi le meilleur acteur du monde, mais un micron au-dessous de Schwartzman. Malgré un rôle caricatural, on ne peut être qu'affolé par le nombre de nuances qu'il fait passer. Isabelle Huppert, enfin je te retrouve, tu es très bien, généreusement soumise à une mise en scène diabolique, et tu détruis ton image en cinq secondes (quelle séquence!). Sans en avoir l'air, le film te doit beaucoup. Naomi Watts, la Moyenne Giguasse, actrice bête sans doute, disais-je dans mon article sur LE CERCLE II, je te présente mes plus plates excuses (prenez-en de la graine, amis journalistes). Tu es ici excellente les trois quarts du temps, et déchirante dans le dernier quart. Tu retrouves la puissance de MULHOLLAND DRIVE. Ça fait du bien. Tu es sublime ! Tippi Hedren, ta volonté, ton énergie à te plonger dans ce petit rôle, à plus de 75 ans, est belle à voir. Ça nous change de Philippe Noiret ! Et Mark Wahlberg, le discret, celui qu'on voit très peu, tu confirmes la générosité de ton jeu, et la pertinence (souvent) de tes choix (chose que Watts doit prendre en exemple d'ailleurs). Tu es formidable, vous êtes tous formidables, et non de non, on ne va pas se plaindre, MERDRE DE MERDRE, qu'un casting soit aussi réussi, non ? Ce n’est pas du snobisme, c'est de la pertinence. Pauvre France !
 
Voilà, cet article s'achève, forcément incomplet, avec plein de choses que j'ai encore à vous dire sur ce film beau et drôle, mais je ne peux pas. Même si on pense ici à Spike Jonze et à Michel Gondry (il me semble pourtant que nous soyons assez au-dessus), les vrais parents éloignés sont à chercher ailleurs. Je pense à Wes Anderson, à cause de Schwartzman bien sûr, et du "vignettage" des scènes. Mais il faudra une deuxième vision pour confirmer. J’ai pensé en cours de film (malheureusement je ne sais plus très bien pourquoi !) au TRUE STORIES de David Byrne, chef d'œuvre inconnu, mais je peux vous assurer qu'il y a une citation directe des Talking Heads en tout cas (hilarante pub déjantée de Naomi Watts, et son timecode drahomirien). Le vrai parent de ce film est bien sûr BREAKFAST OF CHAMPIONS, d’Alan Rudolph. Film sublime, lui même assassiné en son temps, dont on retrouve ici toutes les obsessions esthétiques et intellectuelles. Et la même drôlerie, la même poésie. Les deux films étant assez proches du travail de Devo (pas moi, le groupe), au moins sémantiquement sinon plus. Et finalement, le grand-père de tout ça est bien sûr l'écrivain Kurt Vonnegut. Of course. Une belle lignée en tout cas, pour ce film beau et généreux qui a le courage de jouer la carte de l'iconoclasme, de la poésie brute et de la générosité. C'est drôle, émouvant, et c'est immanquable. Le film de l'année, ou juste en dessous, sans nul doute.

Passionnément Vôtre,

Dr Devo
 
PS: comment se fait-il que les fans de LA VIE AQUATIQUE ne se soient pas précipité là-dessus ? Et dépêchez-vous de voir le film, car ça m'étonnerait qu'il reste deux semaines à l'affiche !
 
 Retrouvez d'autres articles sur d'autres films, en accédant à l'Index des Films Abordés: cliquez ici!
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires
Mardi 3 mai 2005 2 03 /05 /Mai /2005 00:00

Publié dans : Corpus Filmi
Retour à l'accueil

Ô Superfocale

BUREAU DES QUESTIONS

clique sur l'image

et pose!

 

Recherche

United + Stats


Fl banniere small





 
 





 

Il y a  12  personne(s) sur ce blog
 
visiteurs depuis le
26Août 2005



eXTReMe Tracker



Notez Matière Focale sur
Blogarama - The Blogs Directory

 


statistique

Matiere Focale TV



W3C

  • Flux RSS des articles

Recommander

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés