TERMINATOR RENAISSANCE de Mc G (USA-2009): Où aller manger une pizza après le film ?

Publié le par Dr Devo







[Photo: "Les Choses En Ordre" par Bertrand.]





Oui, oui... Alors en fait, pour le Merlot je prendrai plutôt l'année suivante, il vieillira mieux. Et par là-dessus, un petit bœuf à la grecque, façon bourguignon, et hop l'affaire est dans le sac. Bon, je te laisse, les lecteurs sont là...


Chers Focaliens,

Puisqu'il me fut impossible de voir le Raoul Ruiz dont L'Ultime Saut Quantique nous a parlé hier, je devais me résoudre, non sans déplaisir d'ailleurs, à aller voir TERMINATOR RENAISSANCE, plus accessible au niveau des horaires, puisque la MAISON NUCINGEN de l'ami Raoul qui passait la semaine dernière (je vis dans une grande ville et c'était une sortie nationale !) à 14h et 19h, était projeté pour cette deuxième semaine d'exploitation à 11h15 seulement...
...le samedi et le dimanche !

 

Après avoir planté quelques aiguilles dans des poupées vaudous de distributeurs et aussi de spectateurs (c'est sûr, pour aller voir le dernier Almodovar,  la communauté cinéphile est plus réactive !), je mettais ma chemise préférée, une chemisette blanc-beige, mélange coton et polyamide texturé, un peu près du corps, et merveilleusement taillée dans le dos, une vrai affaire car je l'avais payée à l'époque 15,99 euros, ce qui, vu la qualité de la confection, est une affaire incontestable. Avec ce jean un peu slim, mais pas moulant, et en déboutonnant les deux premiers boutons de mon haut chic, le tout relevé par la tenue impeccable de mes deux Doc Marten's, indiscutablement, j'étais paré, j'étais au top quand je m'avançais vers la borne automatique de distribution de tickets.


Malgré la configuration relativement modeste du Pathugmont (14 salles), ledit cinéma diffusait le film dans deux salles. Je dus choisir entre la séance de 16h et celle de 16h30, et c'est sur la deuxième que je jetais mon dévolu, faisant ainsi le pari d'une séance plus calme, moins peuplée, moins popcornée. Ce fut le cas, et quand je rentrais dans la salle No1, nous étions une douzaine dans l'immense espace du lieu.


Je m'assieds sur le fauteuil "club", taille L, revêtement anti-feu de classe 2, de couleur bleu nuit, et immédiatement, je sens le confort monter en moi, tandis que je feuillette le magazine Pathugmont où Pierre Arditi donne sa recette de la potée albanaise, et commente la défaite du Parti Socialiste au dernier scrutin. Je décide de ne pas entrer dans la polémique, et je refuse le whisky-coca que me propose l'hôtesse. D'un geste élégant, je passe la main dans mes cheveux, vers l'arrière de mon crâne, et je pose ma tête sur la partie supérieure du fauteuil, pour mieux visualiser mentalement le conducteur orchestre du Deuxième Mouvement de la Cinquième de Malher, ce qui m'apaise immédiatement.


Je suis prêt.

 

Enfin, le futur. Les machines, comme prévu, ont détruit l'humanité en envoyant des bombes un peu partout, transformant la terre en un très convénient désert apocalyptique de circonstance. Les machines sont maîtresses de l'Univers connu. Mais, ce n'est pas tout. Les humains survivants, très organisés, sont entrés en résistance, menés par John Connor/Christian Bale. Bon.

Sam Worthington a été exécuté par injections létales avant l'Apocalypse et a légué son corps à la Science. Il se réveille alors que les machines ont pris le contrôle et ne comprend rien à ce qui lui arrive.

Pendant ce temps, Christian Bale sait qu'il est sur la liste noire des Machines qui doivent l'exécuter d'ici quatre jours, lui ainsi qu'un civil inconnu qui pourrait être son père...
...son père qui est encore un adolescent (sic) et qui n'est au courant de rien. Dans l'immensité du champs de ruines qu'est devenue la Terre, le teenager fait la connaissance de Sam Worthington, ce qui avouons-le, tombe très bien pour une foultitude de raisons intra et extra-diégétiques. Les carottes sont-elles cuites ?



Bon, si vous n'avez pas suivi la saga TERMINATOR, ou tout du moins, pas vu le très sympathique premier opus, tout cela ne vous dit rien. Si vous n'avez pas vu TERMINATOR 2, ce n'est pas grave, c'est très mauvais et pompier. Passez directement au N°3, plus sec, bien écrit, bien joué et plutôt malin, et tellement plus dans l'esprit de la série B d'origine.


A Desertines, près de Montluçon, les fans sont contents : enfin on va voir ce qu'on va voir, c'est-à-dire le fameux Règne des Machines, qui les faisait fantasmer jadis quand il s'agissait de s'endormir sous le lit une place de la chambrette de notre enfance, au-dessous du poster de Robocop. McG, réalisateur qu'on apprécie à Matière Focale pour l'unique raison qu'il a le nom le plus court de l'histoire du cinéma, ce qui est parfaitement adéquat quand on boucle son article à la limite de la deadline, réalisa déjà les deux CHARLIE ET SES DRÔLES DE DAMES, pas fantastiques mais un peu rigolos, surtout le deuxième où Crispin Glover, sans doute le meilleur acteur du Monde, jouait, curieusement son propre rôle. Bon, l'informatif, c'est fait.


Vu en VF, TERMINATOR VS MARIE-ANTOINETTE déçoit nettement et sans traîner. Accrochez vos ceintures, car rien ne va. Parlons tout d'abord de la direction artistique, vraiment médiocre, à base de photo brûlée et de faux gros grains, propres à l'intégration des omniprésents effets spéciaux. Non seulement ce n'est pas très beau, et d'une, mais en plus, au final, le design du film étant ce qu'il est (les personnages, les objets et les décors du film, quasiment tous en synthèse, étant kitschissimes), bah photo brûlée ou pas, ça sent l'artifice à cinquante lieues à la ronde et ça fait tout pourri. Loin de l'atmosphère parano et d'intimité désespérée du N°1 et du N°3 (pourtant déjà gorgé de fric, pour ce dernier), la production cherche ici à lancer du grand spectacle pour les teenagers habitués aux récents blockbusters. On assiste ainsi à un déferlement technoloïde (mot-valise !) avec avions de chasse ultra-modernes, vaisseaux de plusieurs kilomètres de long, et surtout, détail significatif, des robots multifonctions géants. Adieu le bis, bonjour TRANSFORMATOR ! Le montage étant relativement suiviste et foutraque, le découpage n'offrant aucun effet de style ou de construction (si on excepte un champ/contrechamp mais si maladroitement amené, et surtout dont il ne ressort rien), il ne reste pas grand'chose à se mettre sous la dent. Le cadrage est complètement quelconque, et voilà qui conclut la mise en bière. Bref, la mise en scène, c'est poussif et sans aucune fantaisie. Tout est raté ou emprunté à gauche et à droite (MAD MAX 2 et 3, TERMINATOR 2, LA GRANDE EVASION, TRANSFORMERS 58, LA GUERRE DES MONDES, etc...). La palme étant attribuée à ce superbe plan sur la cité des machines directement pompé à, tenez-vous bien, BLADE RUNNER (film déjà pompé cent vingt mille fois), comme de bien entendu ! La classe.


Heureusement il y  le scénario, encore pire, longuissime, et là aussi en contradiction complète avec la logique du premier opus. La concentration des événements sent l'huile de coude, et elle est tellement utilitariste qu'elle coupe tout souffle épique. Sam Machin et Christian Bale mettent 28 ans à se rencontrer. Les bifurcations du scénario grincent comme les potes d'un manoir hanté, à l'image de cette scène stupidissime et soporifiquement classique où la petite zessgon aviatrice (toute droit sortie de Berverly Hills) doit se rapprocher du héros. Bah alors, bah tiens, si on faisait un bivouac. Oh oui, je vais aller chercher du bois. Mon dieu des sauvages ! Ils vont me violer, et hop je te sauve la vie, comment te remercier, viens dans mes bras. Voilà, ça c'est fait, cinq minutes perdues là où un changement d'échelle de plan dans un champ/contrechamp aurait suffit. Mais bon, comme ça, on sait que ces liens d'amour vont être bien utiles dans l'acte suivant. Et hop, c'est le cas, bingo, gagné, la voiture ou le rideau, c'est mon dernier mot Jean-Pierre. Tout est comme ça. Le déroulé narratif se lit bien en amont de l'action.

Les maladresses scénaristiques continuent. Les personnages secondaires sont affreux : le grand black second couteau et lieutenant (qu'il est mauvais en plus, et servi par des dialogues totalement avant-gardes : « Ca, c'est pour mon frère » dit-il en tirant une bastosse sur le méchant robot !), la petite fille de sept ans (mon dieu !), black (bien sûr) et muette (euh... séropositive aussi, non ?), ou encore l'Ordinateur Super-Puissant qui, en plus de contrôler le Monde, fournit des résumés de scénarios sublimes pour les personnages qui ont hiberné à un certain moment et aussi à ceux qui ont été chercher des pop-corns, ou qui sont allés couler un T800 aux toilettes. Le jeu de métaphores pourrissimes données en pâture au spectateur au bout de deux secondes (le baiser, le cœur qui bat, le manteau...) viendra faire le reste.

On s'adresse clairement aux 9/12 ans, certes, encore eux (de la même manière que le cinéma art et essai a été accaparé par les retraités), mais attention, pas à la manière d'un Joe Dante. Grosso modo, on est content d'apprendre que le héros de notre enfance, John Connor a un I-Phone, ou encore d'entendre cette phrase que tout le monde a relevé : « Oh mon Dieu ! Des Motos-Terminator ! » et autres splendouilletteries.

En un mot, c'est très mauvais. McG nous doit neuf euros !


Si vous n'avez pas d'autres questions, vous me permettrez de me retirer dans mes appartements pour me faire un jus de goyave, ou encore aller m'occuper de la pelouse avec ma Terminator-Tondeuse...

Dr Devo.

 

 

 

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Publié dans Corpus Filmi

Commenter cet article

Dr Devo 23/06/2009 20:05

Bon, les garçons, on se calme et on boit un peu de chocapic! On se fait des bisoux!Pour ceux qui veulent du staïle, je conseille cet article.Dr Devo.

Bertrand 23/06/2009 15:39

et je vous retourne la remarque sur le recul d'ailleurs

Bertrand 23/06/2009 15:38

T'as l'air désopilant en effet, et bravo pour l'insulte.

Epikt 23/06/2009 13:49

Fichrte Bertrand, tu essayes de parraitre plus con que tu ne l'es ou quoi ?Un peu de recul sur ce que tu lis, un peu de sens de l'humour aussi (même si le mien est foireux), je t'assure ça fait pas de mal. Pète un coup, comme on dit dans mon patelin.

Bertrand 23/06/2009 11:16

"car en plus qu'il" ne me semble pas être d'une "exceptionnelle qualité de rédaction" (re-sic).