DEMONS de Lamberto Bava (Italie-1985): Nostradamus? Je croyais que c'était le nom d'un groupe de rock?

Publié le par Le Marquis

(photo:"Faites vos Jeux" par Dr Devo)

 

 

Un nouveau cinéma ouvre ses portes dans la ville, et propose en avant-première un film surprise. Les curieux remplissent la salle, le film démarre : c’est un film d’horreur traitant d’une invasion de démons - joie pour les uns, dépit pour les autres. Mais peu à peu, l’invasion déborde du cadre de la fiction et va envahir la salle. Horreur ! (comme dirait Tintin) : le cinéma est bouclé, impossible d’en sortir.

A mes yeux, DEMONS est un véritable film culte, une des perles de la série B italienne. Produit par Dario Argento, le film est réalisé par Lamberto « fils de Mario » Bava, qui n’a jamais vraiment réussi à percer (malgré un très intéressant premier film, MACABRO). DEMONS est un de ses rares vrais succès populaires - et sera d’ailleurs l’objet d’une suite bien moins réussie Alors oui, bien sûr, le film peut paraître mauvais, débile, mal joué, etc. Certes. Pourtant, on peut le rejeter, ne plus le croiser en 10 ans, c’est un film qui ne s’oublie pas, et j’en ai fais l’expérience : j’avais à l’époque acheté la VHS, que j’avais revendue peu de temps après. Et qui a commencé, peu à peu, à me manquer, jusqu’à ce stade où il m’était devenu impératif de m’en procurer une nouvelle copie : ça tombe bien, le film a formidablement bien vieilli. Et puis, c’est loin d’être aussi con que ça en a l’air. Lamberto Bava n’est pas entièrement dupe de ce qu’il tourne, et, l’action se déroulant dans un cinéma, il ne se prive pas de projeter sur l’écran une hilarante parodie de la série Z italienne (y compris de ses propres films).

Par ailleurs, dans ce chaos visuel et narratif entrecoupé de tubes new wave ou hard-rock et de scènes gores à vomir ses frosties par terre, se détachent de très belles idées de mise en scène (le couple progressant dans les conduits d’aération, avec ce bruit de griffes crissant contre le métal derrière eux… puis devant), et des séquences véritablement superbes : le début de la contamination, avec cette femme en pleine métamorphose hurlant derrière l’écran (ses cris étant couverts par ceux de la victime du film projeté - SCREAM II, quelqu’un ?) avant de traverser l’écran dans une scène fascinante et fort bien réalisée. Les nombreux personnages du film sont impayables : j’avoue un faible pour le groupe de punks qui vient fréquemment parasiter le métrage. On les voit dans des séquences qui n’ont rien à voir avec les poireaux, circuler en voiture dans la ville sur fond de Billy Idol en sniffant de la coke dans une canette de coca-cola (j’adore), jusqu’à ce que leur périple les amène à pénétrer dans le cinéma pour se faire dévorer en deux bouchées - tout ça pour ça, c’est vraiment fabuleux. Mais j’aime également beaucoup l’homme aveugle qui se rend au cinéma avec son épouse. Dès que le film démarre, celle-ci s’éclipse discrètement pour aller s’envoyer en l’air avec son amant entre deux portes. Malgré ses aspects légèrement ringards et son ancrage viscéral dans l’esthétique des années 80 (ou à cause… ?), DEMONS finit par devenir addictif, profondément réjouissant grâce à son rythme frénétique, son esthétique tapageuse, ses effets décalés, sa gratuité et ses idées absurdes et presque surréalistes - le plafond finit par céder sous le poids d’un hélicoptère qui s’effondre au beau milieu de la salle de cinéma. Quelques uns des souvenirs impérissables que laisse cet excellent film populaire, très gore, très coloré, très bruyant, très drôle et merveilleusement délectable. Un film que ses éclats rendent indispensable, un film que ses nombreuses maladresses rendent attachant.

Le Marquis.

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Publié dans Corpus Analogia

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leon 07/05/2005 10:45

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Le Marquis 07/05/2005 03:02

Pas vraiment un acteur qui m'enthousiasme. On l'a vu aussi dans MORT A L'ARRIVEE.

leon 06/05/2005 21:03

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leon 06/05/2005 20:44

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Le Marquis 06/05/2005 15:08

Comme je le disais dans l'article, Lamberto Bava n'a pas fait que des merveilles, loin de là. Mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir de l'attachement pour ses films, même les plus nuls (aaaahh! APOCALYPSE DANS L'OCEAN ROUGE!). Ceci dit, DEMONS est nettement dans le dessus de panier du cinéaste. J'oubliais une petite précision : l'ouvreuse du cinéma dans le film, une rousse incendiaire comme on dit, est interprétée par Nicoletta Elmi; les fans s'en souviennent peut-être, c'était la petite fille rouquine qui avait visité quelques films d'épouvante du cinéma italien des années 70, dont EMILIE, L'ENFANT DES TENEBRES ou son rôle mémorable dans LES FRISSONS DE L'ANGOISSE de Dario Argento.