Chroniques de l’Abécédaire, épisode 7, première partie : demain, l'holocauste frontal des monstres éventrés par des mâchoires brisées

Publié le par Le Marquis

Les Soeurs Jacob célèbrent le retour du Marquis.

Je sais, je sais, ça faisait longtemps, la dernière ligne droite fut éreintante et mes articles se sont fait attendre, c’est très mal – je tiens à préciser que cette attente ne doit absolument rien à la croupe du monde de football, je n’ai pas vu le moindre ballon évoluer sur mon écran, et l’affaire du coup de boule franco-italien me laisse froid comme le cadavre d’une pute morte. Mais n’allez pas croire que, dans un haussement d’épaule, j’ai abandonné lâchement le principe et le système même de l’Abécédaire, qui a été maintenu dans mon salon avec la dernière des sévérités, et j’ai fait depuis l’épisode 6 de belles découvertes, quelques chaleureuses retrouvailles, sans parler d’heures de grande solitude appliquée devant quelques œuvrettes piteuses, riches ou moins riches. J’ai simplement quelques wagons de retard, et je profite des vacances estivales pour cravacher sauvagement et rattraper ainsi le retard qui s’est accumulé ces dernières semaines, ce à quoi je me suis attelé avec énergie et enthousiasme, car, je l’avoue, la rédaction de ces articles me manquait.
De l’eau a coulé sous les ponts, depuis, et je ne déroge pas à mes habitudes en vous faisant part en introduction des quelques visionnages et perspectives hors Abécédaire. Je suis allé au cinéma, messieurs dames, sonnez tambours et trompettes, d’abord pour aller voir le BUBBA HO-TEP de Coscarelli, arrivé très tardivement dans mes contrées, mais arrivé quand même, c’est le principal : son sujet a beau être totalement excentrique, le ton du film n’est jamais dominé par la parodie, c’est une ambiance profondément mélancolique qui imprègne le film, d’une belle personnalité, et son humour triste m’a fait forte impression. Forte impression également à la vision de TIDELAND, le dernier film de Terry Gilliam, qui risque fort de déplaire au plus grand nombre, mais que je compte parmi ses plus belles réussites. C’est sans doute l’une de ses œuvres les plus personnelles, et le film échappe aux grilles de lecture auxquelles nous sommes habitués pour nous livrer un projet chaotique, épuisant et profondément original. Dans un tout autre registre, les caprices des visiteurs m’ont permis de découvrir un double-programme Z assez sensationnel paru en DVD, formé par un SAKURA KILLERS confondant d’absurdité et par un BLACK NINJA plus désopilant encore – les amateurs de saloperies filmiques ne doivent surtout pas laisser passer ce double impact qui devrait susciter quelques bonnes crises d’hilarité, si je ne me trompe.
Signalons enfin la venue prochaine dans ma boîte aux lettres d’un coffret de 50 films (10 fois 5, cinquante, fifty, etc.), un programme extrêmement alléchant où l’on trouve presque exclusivement de vraies raretés, ce qui fait le prix d’une édition par ailleurs de piètre qualité (VO anglaise non sous-titrée, y compris pour les films italiens, mexicains ou autres, une grande majorité de films recadrés et un emballage en carton). TRACK OF THE MOON BEAST, THE MILPITAS MONSTER, UNE SI GENTILLE PETITE FILLE, LADY FRANKENSTEIN, CAPTURE OF BIGFOOT, SCREAM BLOODY MURDER (et je vous laisse des surprises), entre autres confiseries pelliculaires, composent un programme mystérieux qui va nourrir mon Abécédaire dans les temps prochains – et sur le nombre, je vais forcément faire des découvertes, oui, mes lesquelles ??? Quel suspense… J’en profite au passage pour faire de la publicité non rémunérée et non sollicitée pour un petit site de VPC découvert récemment, et dont j’apprécie autant le catalogue que le sérieux et la cordialité : si vous ne connaissez pas déjà, ça s’appelle La Petite Boutique Du Cinéma, et on y accède par exemple en cliquant ici. Mais revenons à nos moutons, et aux affaires, avec un film en A comme…
 
AMERICAN WAY, de Maurice Phillips (Angleterre/USA, 1986)
Très remarqué lors de son passage au défunt festival d’Avoriaz, bien qu’il ne relève pas véritablement du genre fantastique, AMERICAN WAY bénéficie depuis d’une petite réputation culte. La sortie fort discrète du DVD m’a fait plaisir, car j’étais un peu passé à côté à sa sortie et souhaitais vivement le revoir. Le film nous présente une bande de vétérans du Vietnam, vivant à bord de l’Uncle Slam, avion de guerre planant au-dessus des Etats-Unis. Le groupe de désaxés, soudé dans une veine contestataire, semi-anarchiste et totalement chaotique, s’adonne à une forme réjouissante de terrorisme intellectuel en piratant les chaînes de télévision américaines pour diffuser ses propres programmes (SM TV). Bête noire des autorités contraintes à la négociation, les baroudeurs sont en effet extrêmement populaires. Mais lorsque le film débute, le groupe est essoufflé, à bout de nerfs, au bord de la mutinerie, et le commandant de bord (Dennis Hopper, excellent) est sur le point d’accepter à contre-cœur et sous la pression de ses compagnons un contrat de diffusion officiel, qui risque fort de les amener à sagement rentrer dans le rang. Mais à la vision des prémisses de la campagne présidentielle d’une femme siégeant au Sénat, rigoriste et belligérante, Dennis Hopper décide d’assumer une dernière mission terroriste afin de ruiner la carrière de cette Dame de Fer.
Bien que le film ne soit pas toujours très bien réalisé, il reste étonnamment audacieux, iconoclaste et vivement original dans sa synthèse savoureuse entre Dr FOLAMOUR de Kubrick, le cinéma de Joe Dante et celui d’Alex Cox (REPO MAN, WALKER) auquel on pense fréquemment. Le registre dominant, très porté sur l’absurde, est bien celui de la comédie satirique, et la place laissée à des éléments plus noirs lui permet de dépasser la simple farce corrosive : très beau personnage muet du vietnamien recueilli à bord à la fin de la guerre (qui a peut-être été une désertion), qui médite en silence, installé sur la bombe que transporte toujours l’avion, tandis que des images sont projetées sur les parois autour de lui, images d’archives célèbres du conflit, et pas les plus anodines loin de là. Dommage que le film n’aille d’ailleurs pas plus loin, il souffre parfois un peu de tassements et de piétinements dans le rythme, notamment dans sa seconde partie. Mais l’enthousiasme ambiant et l’inventivité finissent par emporter notre adhésion, soutenus par une bande originale dynamique et insolente (excellent parasitage du journal télévisé par un clip d’Alice Cooper) dans laquelle manque curieusement à l’appel le groupe Devo, qui y aurait parfaitement trouvé sa place.
 
B comme… BLUE HOLOCAUST, de Joe D’Amato (Italie, 1979)
Comme je vous le dis régulièrement, revoir un film que l’on n’a pas aimé n’est jamais vraiment une perte de temps, pour peu qu’on fasse preuve d’un peu de bonne volonté. Il est souvent intéressant de mieux comprendre les raisons précises (pas exclusivement inscrites dans le scénario donc) pour lesquelles le film a déplu (SUPERMAN, E.T.), avec surtout l’éventualité d’un jugement à la hausse parfois spectaculaire (L’EMPRISE, L’ESPRIT DE CAÏN). Parce qu’il m’arrive parfois de passer totalement à côté d’un bon film : le regard critique s’affûte davantage à chaque film, et des écailles tombent parfois.
Je n’avais pas du tout aimé ce BLUE HOLOCAUST réalisé par Joe D’Amato, réalisateur bis italien surtout célèbre pour son ANTHROPOPHAGEOUS – qui m’a également paru exécrable, mais m’avait assez amusé par ses excès. Mal joué, mal réalisé, mal écrit, etc., la vision du film sur VHS recadrée et en VF m’avait vraiment fait une piètre impression. Je vais donc faire ici mon mea culpa, après avoir redonné sa chance au film de D’Amato à l’occasion de la sortie du film dans une belle copie chez l’excellent éditeur Néo Publishing.
Non pas que le film me paraisse soudain esthétiquement renversant : la mise en scène reste sommaire, la photographie inégale et frôlant parfois l’indigence pure et simple, les cadrages parfois douteux, le rythme général peu maîtrisé, l’acteur Kieran Canter toujours aussi nul et les scènes gore complaisantes et gratuites (bien que ces scènes soient bien moins nombreuses que dans mon souvenir). Mais ce qui m’a échappé lors de la première vision, c’est l’excellence d’un scénario original, audacieux et très évocateur, singulier au point de faire du film une expérience assez unique et personnelle. BLUE HOLOCAUST est une sorte de poème nécrophile, constamment guidé par des références au conte merveilleux. Frank (Kieran Canter, un film, une expression) est un jeune taxidermiste désespéré après le décès de sa fiancée Anna, morte après qu’Iris, la gouvernante de Frank (impressionnante Franca Stoppi), possessive et mortellement jalouse, soit allée voir une sorcière pour lui jeter un sort. Frank bascule dans la folie, et décide de déterrer puis d’embaumer Anna afin de la garder à ses côtés. Mais ce qui satisfait le cœur romantique ne soulage pas le désir charnel compulsif, et Frank, protégé par Iris, se met à assassiner des jeunes filles. Tout se fige dans la noirceur putride d’une lente descente aux enfers, jusqu’à l’irruption de Theodora, sœur d’Anna venue réconforter Frank.
Si les références au conte sont limpides (la méchante marâtre, la belle au bois dormant…), leur développement et leur incarnation à l’écran s’avèrent véritablement troublantes, mêlant les tonalités naïves et manichéennes à des séquences nettement plus démonstratives. Iris possède Frank, et écarte par magie les concurrentes, pesant de tout son poids pour préserver son statut de mère (incestueuse, qui donne le sein à un Frank âgé d’une trentaine d’années, et n’est sans doute pas étrangère au décès de sa mère naturelle, dont elle jalouse encore le portrait), de maîtresse (qui masturbe machinalement Frank devant le cadavre de sa fiancée), d’ogresse (répugnante scène du repas) se refusant à détourner Frank de sa psychose meurtrière aux manifestations infantiles (il arrache les ongles qui l’ont griffé, mord après avoir été mordu), la culpabilité de Frank étant peut-être le meilleur moyen de la détourner de la sienne.
Le film a beau être truffé de défauts de conception (combien de jours pour le tournage ?), il est pourtant admirablement bien construit, infiniment plus riche que le simplet ANTHROPOPHAGEOUS. Ses maladresses finissent même souvent par jouer en sa faveur, donnant à l’image une crudité, une sécheresse nourrissant un malaise tangible, renforcé par la musique monocorde, synthétique et hyper répétitive des Goblin, un aspect rugueux, bancal et spontané que l’intelligence du propos équilibre admirablement. Est-ce alors cette maladresse de la réalisation de D’Amato qui explique que le dénouement du film ne semble jamais avoir été compris par aucun des critiques l’ayant chroniqué ? Car ils font tous erreur « sur la personne », la même erreur que les personnages du film, lorsqu’ils évoquent un plan final qu’ils estiment « un peu forcé », « cédant à un fantastique plus convenu », « inutile, gratuit », etc. Je suis bien placé pour le savoir : peut-être influencé par mes lectures, j’avais moi-même fait la même erreur d’interprétation lors de la première vision ! La conclusion de BLUE HOLOCAUST m’est donc tombée sur le coin de la figure sans que je l’aie vue venir, et ça change tout ! Je préfère ne pas trop en dire, et simplement souligner que BLUE HOLOCAUST vaut très largement le détour.
 
C comme… CAPITAINE SKY ET LE MONDE DE DEMAIN, de Kerry Conran (USA/Angleterre/Italie, 2004)
Une fois n’est pas coutume, ayant remarqué la présence du court-métrage à l’origine du film dans la section des suppléments du DVD, j’y suis allé faire un tour avant de visionner le long-métrage : assez joli travail, qui pastiche les vieilles bandes annonces des années 30 et pourrait visuellement évoquer ce que ça donnerait si Guy Maddin se piquait de faire un blockbuster de science-fiction à la Roland Emmerich.
Le court-métrage est pratiquement refait à l’identique en guise d’introduction, même si Kerry Conran n’ose pas le noir et blanc pour cette version cinéma, ce qui est assez dommage, je trouve. Mais j’ai été nettement plus gêné par le déséquilibre créé entre la mise en scène issue d’un court-métrage travaillé sur une longue période (réalisation riche et assez audacieuse mêlant transparences faussement naïves, superpositions d’images et insertion dans le cadre de cartons à la EUROPA de Lars von Trier), et la suite du programme qui marque très nettement le pas d’un certain tassement visuel. Passées les très belles premières minutes (remake du court-métrage), la mise en scène s’assagit au point parfois de sombrer dans une certaine banalité – la disparition des belles superpositions d’images laissant la place à des techniques d’animation plus classiques et surtout à un découpage très sage et à vrai dire plutôt quelconque, certes un peu plus séduisant qu’IMMORTEL (AD VITAM) d’Enki Bilal (qui se prenait les pieds dans ses personnages en images de synthèse, hideux), mais l’ensemble souffre de la comparaison à des tentatives semblables plus convaincantes (AVALON, SIN CITY). La faute, en partie, à une mise en scène très inégale, qui n’est jamais meilleure que quand elle joue sur l’artificialité de l’univers développé, mais peut dans la foulée devenir plate et impersonnelle dans des séquences d’action proches de storyboards animés.
Voilà toujours de quoi réfléchir une fois de plus à la question de la texture, ici volontairement ripolinée et artificielle, en forme d’album d’images rétro, de roman-photo animé et d’ailleurs assez charmant. Hélas, l’intégration des acteurs à cet univers entièrement artificiel laisse vite pointer des limites : l’effet est parfois maladroit (première attaque des robots), moins pour des questions de transparences visibles (c’est le cas et ça ne m’a pas gêné) que pour des problèmes de mise en scène : le réalisateur alterne presque exclusivement les plans d’ensemble et les gros plans ou plans moyens, et de ce point de vue, les cadrages deviennent vite monotones et laissent par instants deviner l’étroitesse du plateau de tournage. Un trop plein d’images de synthèse, pas toujours à la hauteur et parfois vraiment envahissantes (séquence de poursuite en avion entre les buildings, spectaculaire, ça oui, mais tout aussi laide), aux textures lisses et peu incarnées (notez l’absence de figurants dans les plans d’ensemble), fait beaucoup regretter le jeu sur le grain et le flou, la texture plus brut, moins policée, du court-métrage, visuellement supérieur, même si une photographie soignée compense ici en partie les défauts.
Ceci dit, il ne faut pas non plus bouder son plaisir. Le récit, qui nous promène de la métropole au Tibet ou à une jungle de serial, est agréablement enlevé et spectaculaire, correctement interprété, attachant et très divertissant, curieusement truffé de références plus ou moins explicites au MAGICIEN D’OZ de 1939.
 
D comme… DES MONSTRES ET DES HOMMES, d’Aleksei Balabanov (Russie, 1998)
On reste, esthétiquement – mais sur un autre mode, dans des tonalités rétro avec ce film pour lequel j’ai joué les arbitres : alors que le Dr Devo aime assez DES MONSTRES ET DES HOMMES, Bernard RAPP le déteste. Et moi dans l’histoire ? Je crois que je vais faire pencher la balance plutôt du côté positif. Même si je ne trouve pas le film extraordinaire, il m’a semblé visuellement tenu, parfois très beau, drôle et intrigant.
DES MONSTRES ET DES HOMMES se déroule dans la Russie du début du XXe siècle, aux premiers balbutiements du cinématographe, ici utilisé pour tourner de petites saynètes érotiques au cours desquelles divers personnages sont fessés par une vieille gouvernante un peu folle, soigneusement « rangée » entre deux séances dans un placard dont elle surgit régulièrement pour faire son office, toujours en grommelant sur un ton de reproche : « Pourquoi tu as tout sali ? ». Les films tournés sont l’objet d’un trafic commercial au sein duquel s’embourbe une galerie de personnages singuliers, tous intéressés ou affectés à des degrés divers par la photographie et par l’émergence du cinéma. Et tous les moyens sont bons (chantage, séquestration, meurtre) pour parvenir à des fins perverses visant à exploiter une jeune fille innocente après le décès (provoqué) de son père, une veuve aveugle ou plus encore les « monstres » du titre, deux très jeunes jumeaux conjoints. Le tout, filmé dans des tonalités ocres et monochromes, accompagné par la musique de Prokofiev, finit par tisser un catalogue des petites et des grandes perversions au sein duquel les valeurs (familiales, sociales) se renversent (la domestique prenant l’ascendant sur la maison après le décès du maître) et les liens inaltérables se dissolvent dans un élan aussi comique que sordide (l’alcoolisme naissant d’un des frères siamois).
Malgré quelques lenteurs dues à un penchant un peu poseur pour les plans de transition contemplatifs parfois redondants (balades en barque dans le canal), DES MONSTRES ET DES HOMMES parvient peu à peu à nourrir une atmosphère atypique très forte, mélange d’humour absurde, caustique, de cruauté et de malaise. Une farce dramatique au dénouement assez dérangeant – par contre, les critiques qui y ont trouvé de l’onirisme ne doivent pas rêver souvent.
 
E comme… L’ÉVENTREUR DE NEW YORK, de Lucio Fulci (Italie, 1982)
Changement de style et d’horizons avec la découverte de ce film très étrange de Lucio Fulci, souvent considéré comme sa dernière œuvre importante, ce que je trouve discutable – j’aime énormément le très décrié MANHATTAN BABY, tourné la même année mais distribué tardivement et discrètement.
Film étrange, donc, qui semble vouloir faire le trait d’union un peu indécis entre le giallo italien alors en perte d’inspiration et le psychokiller urbain et réaliste à la MANIAC – avec des allusions assez ouvertes au PULSIONS de De Palma dans son traitement de l’érotisme. Film très inégal aussi, qui alterne réussites et maladresses, peinant parfois à assumer des choix narratifs et esthétiques pour le moins surprenants. Les séquences de meurtre sont d’une complaisance gore très appuyée, guère différente des excès de FRAYEURS ou de L’AU-DELÀ, mais elles se déroulent ici dans un contexte différent : alors que le gore trouvait sa place dans la grande période fantastique de Fulci dans des séquences ouvertement irréalistes et assez poétiques, il se manifeste ici dans des scènes d’une crudité copieusement vulgaire, la poésie, qui n’a pas été éradiquée, allant se percher dans des séquences plus atmosphériques et surréalistes qui sont ce que le film a de meilleur.
L’idée la plus absurde du film, et de loin, reste la voix de l’assassin. Il est fréquent dans le giallo que la voix du tueur soit légèrement trafiquée et déformée (murmures dans la pénombre, appels téléphoniques), et l’on retrouve cette idée exploitée ici sur un versant ahurissant d’absurdité : la voix du tueur est celle de Donald Duck (!?!), et le tueur agresse ses victimes ou nargue les inspecteurs de police à grands coups de « Coin ! Coin ! Coin ! Je vais la tuer ce soir, coin ! coin ! ». Inutile de préciser que l’effet provoquera immanquablement l’hilarité du spectateur égaré (j’avoue que, moi-même…), et sa justification par le scénario dans la séquence finale paraît bien faible et tirée par les cheveux si l’on considère le ridicule auquel le film s’expose pour pouvoir placer cette petite révélation saugrenue en fin de métrage.
On reconnaît là, et même si pour le coup le film risque fort de paraître stupide à un spectateur non averti, la personnalité de Fulci, le sens de la provocation d’un cinéaste qui se définissait souvent comme « le terroriste des genres », formule non usurpée dans la mesure où Fulci a souvent œuvré dans des genres qu’il poussait à leurs dernières extrémités, n’hésitant pas à les désosser et à livrer de leurs caractéristiques propres une relecture excessive, jusqu’au-boutiste – les titres cités plus haut, avec LA MAISON PRÈS DU CIMETIÈRE, étant ainsi des versions dégénérées du fantastique gothique italien, dont les codes sont l’ossature de cette part de sa filmographie. Un goût très prononcé pour les genres populaires associé à un réel talent de cinéaste, très différent d’un Argento ou d’un Bava, ce qui l’a considérablement singularisé, voire marginalisé, comme le rappelle cette anecdote – Visconti abordant Fulci dans un restaurant pour lui glisser : « Monsieur Fulci, vous n’imaginez pas à quel point vous m’avez déçu. » La grande classe.
Le talent de Fulci soutient admirablement bien ce film bancal et pas toujours très abouti, bien plus sophistiqué que ne le laisse entendre sa réputation, et qui vaut le détour, ne serait-ce que pour quelques séquences magnifiques – le peep show (superbe montage), ou cette agression dans le métro qui devient de plus en plus onirique lorsque la victime se réfugie dans une salle de cinéma avant de s’achever dans une chambre d’hôpital par un retour progressif, lent et oppressant à la réalité. De très beaux morceaux de cinéma
 
F comme… FULL FRONTAL, de Steven Soderbergh (USA, 2002)
La carrière de cinéaste de Soderbergh est pour le moins surprenante. Un peu à la manière de Terry Gilliam, qu’il n’égale pas, il semble vouloir enchaîner les films les plus populaires, pas toujours du meilleur cru (si HORS D’ATTEINTE vaut le coup d’œil, OCEAN’S 12 paraît bien frelaté), et les œuvres plus expérimentales et plus personnelles (SCHIZOPOLIS, BUBBLE), avec une réussite inégale. FULL FRONTAL, malgré son casting trois étoiles, se rattache à cette dernière catégorie, et s’avère plutôt intéressant.
Le projet est fondé sur une relecture très personnelle, plaquée sur le système hollywoodien (puisqu’elle est presque exclusivement axée sur le travail avec les comédiens, dont les caprices – chauffeur, cantine, loge personnelle et surtout travail d’acteur – sont tournés en dérision), du Dogme de Lars Von Trier. Soderbergh intègre ainsi à son récit, déjà très déconstruit, des séquences d’interview des acteurs, appelés à s’exprimer sur le personnage qu’ils interprètent, mais aussi à répondre à des questions surprises farfelues et parfois déconcertantes. Le récit lui-même propose une peinture acerbe du microcosme hollywoodien, alternant les séquences cocasses (où excelle Catherine Keener) et les passages plus sombres et plus âpres (rôle étonnant pour David Duchovny), le tout étant tourné en DV pour, semble-t-il, ménager un espace pour le film dans le film, tourné en pellicule (avec David Fincher, visage masqué, à la réalisation) – même si Soderbergh oriente peu à peu son propos pour suggérer que l’aspect pseudo-réaliste du tournage en DV est tout aussi illusoire et manipulateur. Le propos ici n’est peut-être pas d’une grande originalité, mais il faut bien reconnaître qu’il est admirablement bien mis en scène, et quand Soderbergh nous tire brutalement le tapis sous les pieds, il est souvent difficile de ne pas être véritablement saisi par le tour de passe-passe lentement amorcé par la variation constante des supports, des textures et du montage.
FULL FRONTAL parvient cependant à surpasser la simple mise en boîte d’un milieu confit d’absurdité et de suffisance, et, après le temps nécessaire au spectateur pour entrer dans ce projet mouvant et étrange, les saynètes se succèdent avec une belle vivacité – place des acteurs noirs dans le système, chien défoncé au space-cake, comment trouver son nom d’acteur porno, entretien d’embauche proche de la séance d’humiliation, coulisses d’une représentation théâtrale de la vie d’Adolf Hitler. Sans être franchement renversant, le film me semble très bon et nous rappelle que Soberbergh est très capable quand il s’en donne les moyens.
 
G comme… GOLDDIGGER, de Mike Richardson & Jack Shaoul (USA, 1994)
En sortant ce GOLDDIGGER (« Mon ami robot »), Prism Leisure se concentre très fort : c’est le bon titre, la bonne affiche, le résumé correspond grosso modo au récit effectif et il est rédigé presque sans fautes – l’attention se relâche hélas avec la dernière phrase (« Souhaitons que ses cicruits ne lâchent pas cette fois ! »). Bon, les crédits au dos de la jaquette sont totalement hors sujet (pas de Peter Weller au générique, non, ce n’est pas ROBOCOP), mais une jaquette Prism Leisure sans quelques aberrations ne serait pas une jaquette Prism Leisure.
Alors voilà. Un casque ancien, vénéré et précieux est dérobé dans une Grande Mosquée quelque part en Afrique. De son côté, Jack, antiquaire fauché et inventeur fantasque interprété par Joe Pantoliano (et qu’on croirait doublé en VF par Edouardo) déteste son voisin Eli (John Rhys-Davies), antiquaire aussi, mais malhonnête, dont on se dit qu’il serait mêlé au vol du Saint Casque que ça ne serait pas plus surprenant qu’autre chose, et d’ailleurs, c’est le cas. Ils se détestent tellement qu’ils s’insultent certainement dans une langue précise en VO, ce que révèlent les sous-titres anglais incrustés à l’image - puisqu'en VF, la dispute est, et bien, en VF, quoi ! Au bord de la ruine, Jack vient pourtant d’inventer Golddigger, un robot, donc, et notre ami, il faut croire (il a tout l’air de sortir d’un film de SF des années 50, cet acteur en train de transpirer dans un costume ridicule plein de bidules qui clignotent à qui mieux mieux). Et devinez quoi, Golddigger va l’aider à récupérer le Casque volé, à envoyer le méchant Eli en prison et à remettre les affaires à flot.
Si vous adorez les ambiances de film familial neuneu et profondément débile, ce film est pour vous, mais je suis davantage prêt à croire en l’existence d’extra-terrestres qu’en la vôtre. Le réalisateur Jack Shaoul, lui-même immigré, tente de truffer son film de personnages déracinés et de représentations « impertinentes » du Moyen Orient, mais l’humour vole à ce point au ras des pâquerettes que ces éléments sombrent vite dans les clichés racistes les plus désolants (salon de massage ching-chong, guerre au Moyen Orient filmée comme un passe-temps routinier de peuplades bébêtes – on se bat parce que le Casque Trucmuche a été volé sans chercher à savoir sur qui on tire, tandis qu’à New York, un pugilat éclate entre un bouddhiste, un rabbin et un aveugle). Vous pouvez vous taper sur les cuisses à trois. Un, deux, trois. Merci. Et dans la mesure où la mise en boîte foireuse du melting pot est à peu près tout ce qu’il y a à signaler dans cette comédie poussive aux effets spéciaux désolants, inutile de préciser que c’est là le genre de film interminable et vide qui vous laisse tout le loisir de plonger pendant 90 minutes dans une insondable introspection.
 
H comme… HEDWIG AND THE ANGRY INCH, de John Cameron Mitchell (USA, 2001)
À vue de nez, sur le point de visionner ce film acquis par curiosité, je me disais qu’il risquait très probablement de souffrir de la comparaison à une autre comédie musicale autour du glam-rock vue peu de temps auparavant, le sensationnel VELVET GOLDMINE de Todd Haynes. Et effectivement, il n’y a pas photo : le film de John Cameron Mitchell, adapté de sa comédie musicale, est infiniment moins riche et intéressant, tant sur un plan visuel que musical – d’autant plus que les apparats punk/rock du métrage cèdent très souvent la place à un registre nettement plus sage et conventionnel de pop/folk, les passages musicaux étant parfois à mes yeux d’une redoutable platitude.
Mais la comparaison à un film aussi abouti que VELVET GOLDMINE est peut-être injuste. La mise en scène de John Cameron Mitchell est d’ailleurs loin d’être indigente, et décolle même parfois, du moins dans ses meilleures séquences (la rencontre en Allemagne avec le soldat américain), pour venir frôler des expérimentations pas si éloignées des comédies musicales de Ken Russell – je suis nettement moins convaincu par les passages en animation. Il y a là une apparente envie de livrer un film énergique et visuellement attrayant et original, et ces velléités s’avèrent payantes de temps à autres, dans un ensemble tape-à-l’œil qui se met hélas vite à tourner en rond.
La faute sans doute à un récit pas très palpitant, qui démarre d’assez belle façon avec le parcours d’Hedwig, transsexuel à la carrière mouvementée mais un peu sur le retour, mais s’enlise trop rapidement dans le récit détaillé de sa relation passionnelle avec Tommy, un adolescent qui finira par lui voler ses chansons (ce qui s’appelle pomper), devenant la star qu’Hedwig rêvait d’être un jour. Les enjeux d’abord si amples et imprévisibles se recentrent alors de façon assez mesquine sur Tommy, personnage bien terne piètrement interprété par un Michael Pitt (CALCULS MEURTRIERS) absolument pas crédible en rock-star, et à vrai dire souvent ridicule. Profondément déséquilibré, le film finit par piétiner et se regarde avec un certain ennui. Manifestement, ce n’est pas demain la veille que le ROCKY HORROR PICTURE SHOW se verra surpassé…
 
I comme… IN THE CUT, de Jane Campion (Australie/USA/Angleterre, 2003)
Jane Campion signe ici un film étrange et assez atypique, surtout remarqué à l’époque de sa sortie pour la performance de Meg Ryan – performance consistant surtout en réalité à se montrer bonne actrice, ce qui ne lui était pas arrivé depuis belle lurette, puisqu’elle ne fait qu’égaler ici le talent d’Holly Hunter, à laquelle elle ressemble assez pour le coup, et qui du reste aurait elle-même parfaitement fait l’affaire.
L’intérêt – relatif, le film étant tout de même très loin de la réussite d’UN ANGE À MA TABLE – de IN THE CUT est de voir Jane Campion se fondre avec un certain talent dans le moule d’un genre a priori très éloigné de ses préoccupations, le thriller érotique, l’originalité de son approche consistant à se tenir finalement assez éloignée des éléments relevant du genre policier. Le film évite en effet la plupart des poncifs inhérents à ce genre de métrages, se focalisant sur un personnage (Meg Ryan) en marge de l’intrigue, et sur sa relation avec l’enquêteur (Mark Ruffallo), les meurtres et l’enquête elle-même étant relégués hors du récit filmé. Beau personnage d’ailleurs, autour duquel Jane Campion construit une mise en scène assez riche et atmosphérique, notamment par le biais d’une superbe photographie jouant habilement sur les zones floues, sur le regard, sur la perception – voyeurisme, bien sûr, puisque c’est la qualité qui fait de Meg Ryan un témoin, mais aussi fantasme, rêverie (très belles séquences oniriques) d’une femme obsédée par les mots, par les détails, incapable de faire les quelques pas en arrière qui lui permettraient de mettre ces éléments singuliers en perspective dans un ensemble cohérent et révélateur.
Le jeu sur les symboles est de ce point de vue assez ludique et discrètement ironique (image récurrente et vulgairement turgescente du phare rouge, qui transite de personnage en personnage), de même que l’approche de l’érotisme, révélé très tôt de façon totalement crue par la scène de fellation que surprend Meg Ryan dans les toilettes d’un bar : l’érotisme ne sera jamais aussi frontal que dans cette séquence placée dans les premières minutes du métrage, mais génère une attente et une véritable obsession chez le personnage principal, épaulé du reste par de remarquables seconds rôles (Jennifer Jason Leigh superbe, comme souvent, et Kevin Bacon étonnant en ex paumé). Sur un mode un peu ténu, en sourdine, IN THE CUT n’est en rien renversant, mais sa vision n’en est pas moins hypnotique et très séduisante.
 
J comme… JAWBREAKER, de Darren Stein (USA, 1999)
Basculons vers un autre genre typiquement américain avec le film de college, version noire, avec ce JAWBREAKER qu’on pourrait ranger à côté du FATAL GAMES (HEATHERS) de Michael Lehmann – même si le film de Darren Stein ne fait jamais preuve des mêmes audaces. Le propos tourne autour des affres de la popularité sur le campus, et de la jalousie d’un trio de bimbos pour la fille la plus apprécié du bahut, qui l’est curieusement pour son extraordinaire gentillesse. Elle est donc la victime d’une mauvaise blague de la part du trio, qui tourne mal et les laisse avec le cadavre sur les bras.
JAWBREAKER s’installe d’emblée sur un sentiment mitigé qui ne le quittera plus : la méchanceté gratuite du scénario et l’accumulation de détails et de scènes corrosives (dont une hilarante montrant Rose McGowan forçant un aspirant boyfriend à fellationner une glace avec la dernière des cruautés) est indéniablement drôle et parfois réjouissante, mais le cinéaste force le trait jusqu’à la caricature – effets sonores cartoonesques – sans assumer jusqu’au bout le versant irréaliste de son film, s’orientant au contraire dans sa dernière demi-heure vers un ton nettement plus conventionnel, marqué par un rassurant retour à l’ordre au cours duquel la méchante Rose McGowan sera punie et humiliée en public… lors de son couronnement au bal de fin d’année, naturellement. Et en parlant de bal de fin d’année, il serait dommage de ne pas signaler un détail cocasse : la jeune fille assassinée et sa famille sont exclusivement campées par des acteurs vus dans CARRIE ou sa suite – dont P.J.Soles et William Katt.
Dommage donc que le film se cantonne vite à un trash sucré et au bout du compte aussi inoffensif que quelconque, car le sujet et l’univers développé (où les « castes » distinctes du lycée sont les aveugles, les sourds-muets et les anorexiques !) avaient un potentiel autrement plus provocateur et iconoclaste. En l’état, le film se regarde gentiment et distrait agréablement, sans plus.
 
K comme… KOLOBOS, de Daniel Liatowitsch & David Todd Ocvrik (USA, 1999)
Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de ce film a la discrète petite réputation culte. En ce qui me concerne, c’est pour l’avoir (re)vu que cette réputation, appuyée sur la jaquette de l’éditeur par une citation enthousiaste de Dionnet, me semble totalement usurpée, au regard de la franche nullité de ce petit métrage plagiaire et atrocement mal réalisé.
Le principe en est simple, pour ne pas dire simpliste : dans le cadre d’un projet de télé-réalité bien mystérieux, une bande de jeunes accepte de se faire enfermer dans une maison qui va vite s’avérer abriter dans son sein un tueur masqué et une flopée de pièges mortels. Tina, seule rescapée mutilée, est-elle coupable ? Folle ? Manipulée ? A-t-elle tout rêvé ? Au terme de cette purge filandreuse, j’avoue très honnêtement que je m’en fous comme de ma première couche.
Ce qui m’a sans doute le plus énervé dans ce KOLOBOS fort pénible, ce sont les constants emprunts à Dario Argento, et ce dès le générique (avec en cours de métrage une scène volée à L’AU-DELÀ de Fulci). L’accumulation de larcins esthétiques et scénaristiques est incessante au point que le piètre BROCÉLIANDE en est presque battu à plates coutures, la différence se faisant sans conteste sur la stupéfiante médiocrité technique du film, et sur l’extrême bêtise de son script, qui place grassement un film dans le film pour ironiser sur les poncifs du genre, ce qui ne l’empêche pas d’y sombrer à la première occasion – le film dans le film en question s’intitule « L’antre de l’horreur sans fin » et est l’objet entre les personnages d’un échange remarquable de pertinence (« Bah, c’est comme VENDREDI 13 ! » « Rien à voir ! Là, c’est une femme qui tue ! » Ouaih. Comme dans VENDREDI 13, quoi.)
Pour le reste, le film présente une photographie hideuse et une inaptitude navrante dans le recours au montage, atrocement mauvais, notamment dans la longue séquence d’introduction en caméra subjective. Bref, voilà un projet bien antipathique, qui oscille entre gore (bonne idée des scies circulaires) et parodie (avec une écriture de sitcom d’une platitude assommante), tout en se prenant affreusement au sérieux dans sa conclusion. Inepte assemblage de CUBE et du cinéma d’Argento, film de suiveurs sans la moindre inspiration, KOLOBOS prépare déjà soigneusement le terrain, sur un registre plus Z, au pénible SAW.
 
La suite ? Pas dans un mois, tenez-vous-le pour dit !
 
Le Marquis
Mansuétude (Le Marquis)
 

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Le Marquis 22/07/2006 15:04

Un petit mot en passant pour signaler que je suis consciencieusement les conseils qui me sont donnés : je me suis procuré un Godfrey Ho, pas le titre évoqué, mais un prometteur LES 5 FOUDROYANTS DE SHAOLIN. A servir chaud.

Le Marquis 15/07/2006 13:35

C'est bien noté, merci du conseil !!

Ludo 15/07/2006 10:00

En tous cas, Marquis, si vous avez la chance de tomber un jour sur l'autre "Black Ninja" celui de Godfrey Ho avec Richard Harrison et Alphonse Beni, n'hésitez pas, il vaut son pesant de cacahuétes aussi.

LUDO

Le Marquis 15/07/2006 02:24

Le BLACK NINJA évoqué est bien le film de Clayton Prince réalisé en 2003, même s'il a tout l'air, techniquement parlant, de sortir des années 80 (redoutable "travail" sur le son). Clayton Prince, qui est également l'interprète du Ninja Noir, semble si fier de lui qu'au générique d'ouverture, on découvre stupéfait la mention "Directed by me". Dis donc, je vois que j'ai affaire à un spécialiste !
Il faut sans doute préciser, concernant le coffret "50 Chilling Classics", qu'il y a semble-t-il une bourde de l'éditeur, et que le DVD de THE BLOODY BROOD (avec Peter Falk) contiendrait en réalité le GOD TOLD ME TO de Larry Cohen (ce qui est plutôt une bonne nouvelle) : je confirmerai à la réception.

Ludo 14/07/2006 23:15

En effet, Dr Devo ! J'aimerais d'ailleurs bien voir un film avec Weng Weng un jour.

Ludo