SAN KU KAÏ, épisode 15 : "La sauvegarde de l’univers" : fumées rouges, robot combatif et pistolet turgescent

Publié le par Le Marquis

En rouge et noir (Le Marquis)

Ça va mal. Sur un laboratoire caché aux confins de la planète Sheita, les Stressos procèdent à une horrible expérience, visant à élaborer un virus mortel. Et attention, cette expérience semble bien valoir la présence des grands pontes, puisque Koménor, Volkor et Furia sont présents, assistés par un médecin et par une laborantine horrifiée. Et hop ! Un petit groupe de prisonniers sont gazés dans un violent éclair rouge, tandis que le montage place en insert un bref plan de Furia qui, curieusement, a rarement eu l’air aussi triste – bien qu’il s’agisse plus probablement d’un relâchement passager de la comédienne que d’un soudain élan de compassion. « L’expérience a réussi, s’exclame le médecin : quelques bouffées de ce gaz les ont tués ! » Quelques bouffées, quelques bouffées, il en a de bonnes, lui, on se serait cru dans un sauna turc… Bref, l’affaire est grave, les Stressos se lancent joyeusement dans la guerre bactériologique, qui est amorcée sur le champ, destination Belda. Cette mission délicate est confiée à Gorgon, surhomme monocorne équipé d’une jolie lame rétractile qui apparaît et disparaît avec un gracieux son de piccolo. En marge de ce fourbe complot, la laborantine, Leira, se rebelle en son fort intérieur, et décide en son fort extérieur de dérober le virus, son antidote et un lazérolabe pour « sauver l’univers », passe-temps louable, je trouve.
S’échappant donc du Cosmosaur en marche vers Belda (sauf qu’il vole), Leira est prise en chasse par une escadrille, et comme elle n’a jamais fait école de pilote interstellaire, son vaisseau est en flammes lorsqu’elle aborde les rivages de Belda (sauf que c’est une planète), et semble dangereusement proche de se détacher des ficelles qui le font évoluer, ficelles dont je souligne qu’elles ont rarement été à ce point visibles.
 
En contrebas, Ryu et Ayato ne chôment pas en l’absence de missions définies, et s’entraînent avec entrain au lancer de canif sur des assiettes lancées par leur sous-fifre velu, le brave Siman. Le jeu consiste, quand l’assiette prend son envol, à sauter en l’air et à trinquer à trois mètres au-dessus du sol avec les lames (tchin-tchin, ou devrais-je dire tjapon-tjapon ?). Dans la fougue de son excitation, Ayato a encore du mal à se contrôler, et l’admet courageusement lui-même : « J’ai lancé un peu trop tôt… » Mais son compagnon Ryu n’est pas dégoûté et l’encourage à réessayer en lui prodiguant ses conseils, car, le souligne-t-il avec son insupportable rire suffisant, « j’ai toujours raison ! » Ceci dit, il faut lui reconnaître que ça marche, ce qui satisfait autant l’élève que son maître, qui s’exclame : « Allez, j’ai une idée ! Je te paie un déjeuner à tout casser ! »
Ils devront hélas se contenter d’un sandwich acheté à la supérette du coin, car c’est à ce stade palpitant du récit que vient s’écraser non loin de là le vaisseau de Leira – et décidément, qu’ils ont de la chance, nos valeureux héros : tout événement déterminant se produit toujours à quelques centaines de mètres de l’endroit où ils s’exercent, mangent, dorment et font tout ce qu’un héros fait de son quotidien. Ayato va donc voir ce qui se passe pendant que Ryu fait les courses au Leader Price du coin, et découvre une Leira mal en point qui a juste le temps de lui confier la mallette contenant virus et antivirus avant que n’interviennent les malveillants Stressos menés par la toujours très cuissardée Furia, qui a retrouvé son sourire mauvais. Dans le bref combat qui s’ensuit, la montre à quartz-talkie-walkie toute neuve d’Ayato, avec laquelle il bidouillait depuis quelques épisodes, est cassée. Chose rare, Sidéro se lance bravement dans la mêlée en bombardant les soldats de ses deux seins jaunes amovibles et explosifs bonnet C, avant de se mesurer à Furia, qui l’abîme d’un cruel coup sur la tête. Entre le robot et la montre, j’espère que l’équipe du San Ku Kaï est solidement assurée.
De leur côté, étonnés de ne pas voir revenir Ayato, Ryu et Siman partent à sa recherche sur le lieu du crash, et secourent Sidéro, sans vraiment croire que leur attachant petit gadget ait réellement pu se battre. Mais d’Ayato, point de traces.
Le jeune homme s’est enfui avec Leira, et est secouru par Jil (j’aurais pu écrire « Gilles », mais ça ne fait pas aventures de l’espace, je trouve), un jeune bédouin comme il en pullule dans le 15e Système Solaire. Jil est très fier de son gros pistolet qu’il exhibe à un Ayato réservé mais curieux, et les conduit chez Lisa, une amie de Leira. C’est vraiment une très bonne idée, mais la maison est hélas vite cernée par Furia et sa troupe. Alors que Lisa voit son hospitalité payée par une contamination express, Leira supplie Ayato de s’enfuir par la porte de derrière, ce qu’il fait, car il est primordial qu’il apporte le virus et son vaccin au laboratoire de Belda – et là, elle n’a pas tort, car les lazérolabes ont déjà commencé leurs survols au-dessus des villages environnants, laissant derrière eux une traînée de fumée rouge mortelle. Abandonnée entre les mains des Stressos, Leira est en mauvaise posture. Furia profite de sa faiblesse pour lui recouvrir le visage de son slime protéiforme dépilatoire rose, qu’elle applique aussitôt sur le sien pour lui voler son identité. Et qu’advient-il de Leira, mystère ! On entend bien Furia dire « Je n’ai plus besoin de cette traîtresse, je ne veux plus la voir, j… », mais le montage coupe sa réplique avant la conclusion, et si Sidéro était présent dans la régie, il proférerait sans doute un cinglant « Malpoli ! Malpoli ! »
Lorsque Jil découvre Lisa malade à crever, il est un peu contrarié, et l’est encore davantage quand Leira/Furia lui fait croire qu’Ayato est un assassin, et qu’il est responsable de la propagation du virus. Regrettant amèrement de lui avoir montré son pistolet, Jil se lance à sa poursuite, et il va lui falloir courir vite, car de son côté, livré à lui-même avec une mission pour lui tout seul, Ayato trotte. Trotte, Ayato, trotte. Regarde Ayato trotter. Il tombe sur un village contaminé dont la population bédouine jonche le sol de ses ressortissants agonisants, et réalise qu’il est lui-même affecté par le virus. Un flash-back de sa première rencontre avec Leira l’amène soudain à réaliser que quand elle lui disait : « Tiens, prend cette mallette, elle contient le virus et son antidote », elle voulait en fait lui dire que la mallette contenait un antidote. Aaaaaah ! Un antidote !!! Bon sang mais c’est bien sûr ! Pas de temps à perdre : trotte, Ayato, trotte comme le vent ! Il court toujours, mais désormais, il sait pourquoi.
Plus au nord, à bord du Cosmosaur, Koménor fait son rapport, équipé de sa panoplie complète : cape sonore, sabre ornementé et chapelet, pourquoi pas. Le roi Golem XIII vient s’enquérir par micrâne interposé de la progression de ce projet de « Contamination de l’Univers par la Maladie » (CUM). On fait aller. « Et les flacons volés, ont-ils été retrouvés ? » « On y travaille d’arrache-pied », répond Volkor, à la place de son supérieur Koménor, ce qui semble exaspérer ce dernier (le personnage ou l’acteur, le mystère reste entier).
Sans transition, plan sur Jil, qui met enfin la main sur un Ayato hors-champ et le braque de son pistolet, sa fierté : « C’est toi qui les a tués ! » Ayato bondit d’un saut dans le plan pour s’écrier « Même pas vrai ! », ce qui évite astucieusement de tourner un contrechamps. Bang ! Bang !, rétorque Jil en tirant à bout portant sur Ayato. Il le manque ! (S’il ne lance pas trop tôt, Jil semblerait tirer un peu trop à gauche.) Ayato s’enfuit sur une distance de cinq mètres avant de tomber nez à nez avec Gorgon et Furia : il est cerné ! Mais la mascarade a assez duré, Furia tombe le masque exfoliant et jette aux pieds d’Ayato et d’un Jil consterné une capsule de fumigène rouge viral.
Ayato et Jil ont-ils péri dans les volutes empoisonnés du virus Stressos ? Non, car si c’est comme ça, Ayato aussi peut lancer des fumigènes, et toc. Et il ne s’en prive pas, profitant du petit pouf de fumée blanche pour s’enfuir avec Jil dans une carrière non loin de là. Mais Jil s’écroule, il ne peut aller plus loin. Ayato l’empoigne vigoureusement et lui crie : « Allez, sois un homme ! » Jil gémit, transpire, halète d’une voix rauque, mais Ayato réalise soudain que son jeune compagnon d’infortune n’est pas submergé par le désir : il est contaminé par le virus CUM ! Jil s’attache à convaincre Ayato de poursuivre une nouvelle fois son chemin en abandonnant derrière lui un comparse mal en point : Trotte, Ayato, trotte ! « Moi, je ne compte pas ! » « Il a raison », se dit en voix-off un Ayato bien volage, « et si je réussis, il sera sauvé ! » Avant son départ, Jil, dans un dernier souffle, lui offre son pistolet : « tu es le seul à qui je veux bien le donner ! » Long échange de regards – ils ont eu un moment, là, non ? Peut-être, mais il est terminé : trotte, Ayato, trotte !
Dans la série, il y a aussi Ryu et Siman, qui ont passé une majeure partie de l’épisode à chercher Ayato en marge du récit, et en vain. « Mais où il est ? » Soudain, un souffle féerique. Soudain, une douce mélodie jouée au piano synthétique. L’Azuris surgit majestueusement d’entre les cieux, et la si douce, si divinement blonde Eolia apparaît, implorant Ryu et Siman de sauver Ayato. « Merci pour lui ! », rétorque Siman, qui laisse à cet instant transparaître ce que lui, son glabre compagnon et nous-mêmes pensons tout bas : les villageois peuvent crever le CUM aux lèvres, il faut sauver Ayato. Parce que ça ne fait pas des heures qu’on le cherche partout, non non, on est là, assis sur notre derrière à éplucher des clémentines en chantant « Fernando ». Rien de nouveau sur Belda ou ailleurs, Ayato est le petit préféré de la déesse aux cheveux d’or. Allons, pas de mauvais esprit, continuons à chercher.
Et Ayato trotte, trotte, trotte encore, Marathon Man de l’an 70 du Calendrier Spatial se ruant sans le savoir vers une embuscade Stressos. Affaibli par le virus CUM, Ayato est sur le point de recevoir le coup fatal de la lame piccolo de Gorgon, quand la main de celui-ci est soudain stoppée par la réception douloureuse et impromptue d’une étoile ninja. « Qui a osé ??? », s’offusque-t-il. « C’est moi ! Et je vais même oser te battre ! », s’écrie fièrement Ryu grimé en Staros, qui a retrouvé la trace de son disciple après avoir rencontré un Jil faible mais bien disposé. Furieux, Gorgon regarde à ses pieds pour constater qu’Ayato a disparu ! « Mais où il est ? » Là-bas, tout en haut de la falaise, quelle vitesse fulgurante, Ayato en costume de Fantôme lui répond : « Ici ! Je descends ! ». Ce qui me plonge dans perplexité la plus complète : pourquoi alors est-il monté là haut ? Juste pour lui dire qu’il redescendait ? C’est un style…
S’ensuit une brève bagarre finale, occasion rêvée pour Ayato Fantôme et Ryu Staros d’inaugurer la technique du lancer de canif travaillée au début de l’épisode sur la personne de Gorgon, qui n’a que le temps de… Ah, non, il ne dit rien, il explose. Furia aussi, mais de rage, encore une journée foutue.
Notre épisode 15 s’achève dans le recueillement. Cette mystérieuse ellipse qui avait si grossièrement coupé la parole à Furia a donc été fatale à la pauvre Leira, qui a sacrifié sa vie pour le bien de tous, blablabla, etc., amen. Lisa est guérie, c’est super. Jil aussi, et Ayato lui rend son pistolet : merci mais non merci, je repars avec Ryu, Siman et Sidéro (lui-même sidéré de s’être fait appeler « Tonto », son nom dans la version originale, au détour d’un dialogue). Je ne sais pas pour vous, mais ce que j’en dis, c’est : vivement la suite.
 
Le Marquis
 
Il faut te battre pour mettre à jour les archives, Ayato.
 
Episode 2 : Les Ninjas
Episode 4 : Le Camp
Episode 6 : Le Roi Golem
Episode 8 : Du sang froid
Episode 11 : Princesse
Episode 12 : Le grand combat
Episode 13 : Le Miracle
Episode 14 : L’agent secret
 
Affaire classée (Le Marquis)

Publié dans Lucarnus Magica

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Commenter cet article

Dr Devo 04/08/2006 17:13

Oui ça serit possible, mais en même temps c'est une surprise... Un peu de patience mon ami!

Dr Devo

Landry 04/08/2006 15:11

Héé, bon, après revisionnage, j'ai remarqué quelques détails. Au moment où Ayato découvre Leira au pied du vaisseau écrasé, celle-ci est évanouie, lui donne sa mallette puis se rendort. Pourtant, quand Furia déboule avec ses sbires, Leira est mystérieusement éveillée et fraîche comme un gardon !

Deuxième chose, l'arrivée de Eolia n'est pas saluée par son thème au synthé !(ce que l'article semblait suggérer, je me trompe Msieur le Marquis ?) On a droit à une musique triste, celle du désespoir, celle là même qui achèvera l'épisode d'ailleurs !

PS : Puisqu'il y a de la place pour les hors-sujet, serait-il possible de savoir quel est le film de Jodorowsky auquel vous consacrerez un article ?

Le Marquis 31/07/2006 02:07

Absolument; je regrette que Jodorowski ne soit pas plus productif au cinéma, mais vu le sort que les distributeurs ont réservé à son VOLEUR D'ARCS-EN-CIEL...

Dr Devo 30/07/2006 19:31

C'est prévu Landry, c'est prévu!

Dr Devo.

Landry 30/07/2006 19:03

Et une dernière remarque, Sidéro/Tonto a une étrange ressemblance (ou plutôt l'inverse) avec le Tonto de la Caste des Méta-Barons de Jodorowsky.

Voilà, c'est juste pour glisser un mot : Jodo est un scénariste de BD génial mais aussi un cinéaste d'exception. J'espère qu'un jour prochain, on lui rendra hommage sur ce site.