SAN KU KAÏ, Episode 16: "Le Piège" : Résistance, dilatation de l'espace-temps, et synthétiseur !

Publié le par Dr Devo





Chers Focaliens,

 

C'est avec joie, et un peu de honte aussi que je reprends la suite d'articles sur la série SAN KU KAÏ dont vous n'aviez plus de nouvelles depuis le 17 Juillet 2006, soit il y a un an et une semaine ! Rappelons le principe. Devant l'importance de cette série - qui est la première et la seule à destination des enfants qui soit ouvertement expérimentale, et qui, en plus traite du délicat problème du totalitarisme, ce qui est remarquable car, c'est bien connu, tout se joue à cet âge-là chez un individu - nous nous devions de lui consacrer une rétrospective. Nous consacrons donc un article par épisode, long en général. Et nous procédons ainsi : le Marquis s'occupe des épisodes impairs, et moi des pairs. Et aujourd'hui c'est la joie, car j'ai le plaisir de chroniquer un épisode parmi les plus glorieux, à savoir le N°16, intitulé sobrement mais de manière bougrement anxiogène, LE PIEGE. [Ceux qui veulent approfondir le sujet pourront aller voir à la fin de cet article l'index de tous les épisodes déjà chroniqués !]

 


Et comme d'habitude, ça va mal, très mal même, dans le Quinzième Système Solaire, et pas qu'un peu, car sur le vaisseau-mère des Stressos, l'ambiance est particulièrement grave. Komenor, général en chef de l'armée stressos a réuni un cabinet de crise. Il a en effet convoqué la fine fleur de la garde ninjosse (pour une fois bien prononcé par la VF, c'est à dire "ninja", pas ninjaze, ni ninjoze, bravo!). Parce que c'est vrai, y en a marre ! Komenor est formel : la veille, une bonne tripatouillée de soldats stressos a été lâchement assassinée par la Résistance. Or les ninjosses sont les troupes d'élite qui font régner la terreur sur toutes les planètes de l'Univers. Ce curieux paradoxe amène Koménor à appeler un volontaire pour mettre fin aux conneries et aux actions de Guerillaze. Il s'agit d'éliminer, une bonne fois pour toutes, Staros et le Fantôme qui massacrent du Stressos à brûle-pourpoint. Je rappelle, car on a eu le temps d'oublier, que Staros et le Fantôme sont l'identité respective, secrète et super-puissante d'Ayato et Ryu, nos doux héros. Ce que relève Furya, douce furie, avec justessse : si on ne sait pas où sont Staros et Casper, on remarque qu'ils protègent Ryu et Ayato, ce qui veut dire qu'en poursuivant les seconds on trouvera les premiers. Intelligente, en plus!



Le ton est donné, et la mise en scène des plans suivants révèle que nous sommes en présence d'un épisode de tout premier ordre sur le plan cinématographique. Komenor demande un volontaire, et cut, contrechamp sur les ninjosses et Furya. Les ninjosses étant tous masqués, on se dit que c'est la furieusement sexy Furya qui va s'y coller! Et là coup de théâtre: un projecteur s'allume dans le hors champs bas, et au fond du plan s'il vous plait, et vient éclairer, en contre-plongée, c'est assez beau et un peu effrayant, une mystérieuse Invitée Mystère. Elle ne tarde pas à dévoiler son identité et à dévoiler sa fréquence. Pour ça, on acceuille Tarentula de la planète Araignée (où vont-ils chercher tout ça?), méchante de l'épisode donc, et qu'on peut décrire ainsi...

Brushing de cheveux secs assez joli, classique, mais sur le front une grosse araignée jaune en plastique. Maquillage ziggystardustien, vaguement quand même, sur le visage. Et surtout ce regard, ce regard braves gens, qui montre une détermination et des abîmes de ténèbres bien impressionnantes. Brrrr... En tout cas, après le plan-séquence fixe sur Komenor, cet effet de mise en scène, tragique et effrayant, est tout bonnement sublime. Mais ne nous égarons pas, la route est longue jusque Analysse (qui n'est pas, contrairement à la légende, la planète natale de Freud!).

 

 

[Un grand suspens règne, car Komenor annonce à ses soldats, afin de bien les encourager (?), que le volontaire pour la mission suicide, s'il en réchappe (paradoxe), sera executé par les mains de Koménor lui-même!]

 

 

Sur Analysse, c'est la routine. Une petite mijorée, assez croquignolette dans son vêtement syncrétiste mélangeant la chemise style Mao (référence!) au kimono japonais, avec moults fleurs (re-régénérescence) et avec le brushing-casque à l'avenant, a trouvé un mégaphone et fait une manif en pleine rue! En pleine rue! Alors que la planète est sous contrôle stressant! "Nous sommes peu aujourdh'ui mais nous devons résister, car [prenez des notes!] nous sommes les premières gouttes du fleuve qui emportera la dictature stressos!". Un comportement bien imprudent en temps de fascisme que ce petit impromptu manifestatoire. Et hop, contrechamp, on découvre que la petite Anna (lire les articles précédents), 13 ans, belle à mourir pour le Marquis, et complètement boudin et insupportable pour le reste de l'humanité, est dans la foule de 12 personnes, et justement c'est là qu'un quidam essaie de raisonner ses frères du peuple. Il signale, en effet, qu'il est très imprudent de se révolter! En général, la répression est terrible, et passible de mort! Sage parole! Mais la petite Anna, à qui on a rien demandé, intervient, l'effrontée, en donnant raison à l'agitatrice au mégaphone, et rappelant qu'elle a quand même vu sa famille se faire massacrer quasiment devant ses yeux. Chantage à l'émotion de la part des scènaristes ? Peut-être pas... En tout cas, à la faveur d'un petit zoom, Anna annonce qu'elle ira participer à la lutte armée et elle enjoint tout le monde à rejoindre la Résistance. "Ca ne peut pas continuer comme ça", satirise-t-elle. Assez logiquement, un peloton stressos débarque avec un char de combat anti-émeute et disperse la foule avant de les massacrer, comme il se doit, dans une impasse, joli symbole. Anna et Mijorée la révolutionnaire tentent de s'échapper dans les coins les plus reculés des studios Toei. Là, surprise, elles tombent sur un gang de voyous, reconnaissables à leur bandana jaune.

[Pour les plus jeunes, je rappelle que le bandana était dans les années 80 un signe de délinquance approfondie. Tout mafieux, tout membre de gang en porte un. On peut le vérifier dans le film passionnant du point de vue vestimentaire LES GUERRIERS DU BRONX 2, ou dans tout autres films italiens d'exploitation des années 70, ou encore dans les films du regretté Charles Bronson.]



Mijorée implore le coolisme de ses agresseurs. Vous devez nous laissez passer, on est poursuivi par les stressos, tu dois bien comprendre car tu es de notre planète, "tu es de notre race". Le gang n'est pas de cet avis. Faire preuve de laxisme dans leur travail, céder à des faveurs, c'est un peu tuer le bizness, sans doute, fut-il chaud. D'autant plus que le leader des sauvageons soulève le pan de sa veste de marque Baboo, pour dévoiler un superbe écusson stressos ! Ce sont des collaborateurs, des mercenaires n'hésitant pas à jouer le jeu de la dénonciation! A ce moment, on se dit que cette fois, c'en est fini de Anna, qu'enfin elle va se faire massacrer comme tout le monde, et que sa petite bouille d'ange ou de monstre cessera d'alimenter la controverse focalienne. Evidement, Ryu arrive sans prévenir et empêche Anna de se faire tuer. Le gang proteste : "T'as pas le droit de faire ça ! C'est notre gagne-pain, faut bien qu'on bosse". Ryu fait une déclaration d'usage, comme d'hab, avec moult irono-humour et phrasé ampoulé. Je l'aime bien Ryu, mais si près du but, il nous prive de la lente agonie de Anna, et ça m'énerve un peu. Alors ça y va dans le déclamatoire, il ne se prive pas, Ryu. Je n'aime pas les traîtres dans ton genre, tu oses travailler pour les stressos, c'est pas joli-joli ça, hahaha, etc... Il finit sur un follement gay : "Je vais te dresser", et là (effet de mise en scène par le dialogue c'est plutôt bien vu), un plan moyen me fait remarquer qu'effectivement le gang est habillé comme une bande de folles hippies, avec blouse de cuisine, et petit boléro de cow-boy à franges  notamment!  Pas de temps, ceci dit, pour causer chiffon, et en guise de dressage c'est une bonne bagarre à laquelle vont avoir droit les traîtres gays de la police secrète stressos, ces félons ! Ryu y va sobrement mais avec style. Clé de bras puis tourbillon, évitement et parade, sauts de cabris trampolinés hors-champ, mais avec modestie. Pendant ce temps-là, Mijorée l'agitatrice qui avait, dans la bataille, préféré se faire capturer et permettre ainsi de ralentir les membres du gang, et donc donner à Anna, par rebond, une chance d'en réchapper (ça c'est de la construction, c'est du style: ampoulage, précision, création de forme originale ; "trampolinés hors champs" aussi, c'est mon style "Ryu embuscade"), Mijorée donc a réussi son coup dans le sens où elle a été capturée et même ligotée (toujours ce sous-texte sexuel chez les personnages adultes de la série). Les carottes sont-elles cuites ? Non, car Ayato, dans un saut de cabris pas piqué du hanneton, et même impressionnant (remarquez la hauteur du saut ; moi je l'aurais pas fait, et là le plan n'est pas truqué !), débarque pour délivrer Sa Sédition, Impératrice des Fleurs de Rébellion. Beau dialogue à suivre entre Ayato et le chef du gang. Accrochez-vous...

"-A quatre contre une fille, c'est du joli.

-Tu ne crois pas que tu nous arrêteras tout seul.

-Je ne crois peut-être pas mais je vous conseille de la laisser ! "

La poésie, c'est beau comme ça. Gweenie, mon petit chou, appelez-moi le département traduction, voulez-vous ?

 


Bien entendu, à suivre, bataille de rue sur le même mode que la précédente avec Ryu, mais cette fois avec ces petits glaives-tournevis que le réalisateur de SKK affectionne tant. Beau geste fordien d'Ayato, une fois le dernier enemi mis en déroute: jeté du glaive dans un geste authentiquement furieux mais calme, avec une pointe de mépris pour les Tiédes. Puis, tout sourire, il se tourne vers Mijorée. Là, le réalisateur coupe judicieusement, change de plan, et renverse l'axe pour un plan rapproché pas trop serré où Mijorée est à gauche du champs, ligotée, et Ayato à droite, elle lui tournant le dos dans une attente de délivrance, et lui radieux de sourire. Un plan très doux, complice, tendre qui montre une complicité immédiate (loin de la théorie du discours de Mijorée à la foule auquel, donc, j'opposerais ce plan), celle du terrain, celle de la lutte terre à terre. C'est beau, et ce d'autant plus que les cordes qui bondagent Mijorée sont bien mises en valeur et donne une aura ouvertement sensuelle et même sexuelle (mais douce, pas agressive, sans l'excitation forcenée) à la rencontre de ces deux jeunes personnages qui ont visiblement le même âge et le même profil : idéalistes, un peu trop fonceurs et frondeurs, un peu jeunes. Complicité donc. Pour le marquer le coup, le réalisateur diffère de deux secondes le coupages des liens et la délivrance : c'est le désir qui s'exprime, sans en rajouter (juste deux petites secondes), désir tout court et désir de cinéma.

 

 

 

Anna, Mijorée, Ryu et Ayato décident de rentrer, mais ils croisent Kamégie que, curieusement, Ayato appellera Kamijy. Subtilité de doublage oblige, sans doute. Le fier bédouin résistant, personnage lié à celui de la petite Anna, n'a pas l'air dans son assiette et marche comme un zombie. Ignorant les trois autres, il s'adresse à Mijorée : "Ecoute Irisa..." Ainsi, elle s'appelle Irisa ! Mais laissons parler Gabégie : "Si tu refuses de travailler pour les stressos, nous tuerons ton père. Tu as bien entendu, nous avons enlevé ton père". Phrases lourdes de sens. La technique du chantage et de l'enlèvement est une méthode stressos très au point, qui revient tous les deux épisodes. Et remarquez que, sémantiquement, Kamégie le résistant s'inclut dans le camp stressos. Sa démarche de zombie télécommandé fait le reste : il n'est pas dans son état normal. Visiblement, il est drogué ou hypnotisé ! Ayato réveille Kamégie de sa transe et il ne souvient de rien, sinon d'une araignée qui tombait sur ses genoux ( ?), puis le black-out. Le père d'Irisa est quand même le général en chef du "système de défense" (encore une périphrase !), et Ayato et Irisa trouvent l'hypothèse du rapt possible. Ils décident d'aller voir si le paternel  de la jeune fille va bien (paradoxe) provoquant une séparation du groupe qui ne manquera pas de constituer un intrigue en montage alternée dans la deuxième partie qui est en train de s'enclencher.

 

 

 

Changement de décor (un magnifique jardin) et musique douce. Furya toute sourire, récompense les collaborateurs au service des stressos qui ont essayé de capturer Irisa. "Tenez, voici de pièces d'or de Golem XIII. Et voici une bouteille de ma réserve personnelle". Les félons sont troublés par tant de gentillesse. Le sourire de satisfaction presque sexuelle de Furya veut dire autre chose, nous disons nous in peto, surtout que le chef des félons dit humblement: "en plus nous avions échoué", ce à quoi la Furie Erotique de l'espace répond : "On ne pouvait pas savoir...". Voilà une dialectique foncièrement à l'opposé de Furya et, encore plus, de l'idéologie stressos, en général exemplaire et sans pitié avec l'échec. L'inquiétude, chez nous, spectateurs, monte en conséquence d'un cran. Ils ouvrent la bouteille et boivent. Quelques secondes plus tard,  Ayato et Irisa arrivent dans le jardin et découvrent les félons en train de se tordre de douleur sur le sol, visiblement empoissonnés par Furya la machiavélique.

 

 

 

 

Je sens qu'à ce point du récit, vous avez besoin de prendre une respiration...

 

 

 

 

  

 

 

 

[25 juin 2009... Je glisse avec émotion la galette dans le mange-dividi...]

 

 

Et j'entame la quatrième page... Hop !

 

Est-ce le temps qui a passé ? Est-ce cette ellipse d'un an entre la rédaction des deux parties de cet article ? Me serais-je trompé d'épisode ?

 

Mais non... C'est bien le vaisseau d'Eolia, la princesse ex-machina. Un superbe vaisseau spatial en forme de bateau à voiles et à trois mats, et hop un petit zeugma ! Le deuxième plan est tout aussi surréaliste : un doigt délicat et royal, celui de la Princesse. Car je vous le rappelle, ce vaisseau se pilote grâce à un mini-synthétiseur Casio. Le vaisseau avance majestueusement dans l'espace bleutée, musicopiloté par le jeu de clavier de Eolia, comme nous le prouve la musique qui traditionnellement l'accompagne. Pour un retour dans la série, je suis servi : on est plein délire kitscho-crypté. Et ce n'est pas fini ! Un bras mécanisé au bout duquel se trouve une espèce de boule de cristal descend devant le visage d'Eolia. Aussi tôt, le soleil vient se refléter dans la boule, et par un jeu subtil d'utilisation des propriétés de propagation de la lumière, l'image de la princesse apparaît au-dessus de la mer...

 

...et ça tombe très bien, car dans le contrechamp, on aperçoit Ryu, accompagné de Siman, le chimpanzé de l'espace, et de Sidéro, le petit robot sidérant ("de l'espace", lui aussi tant qu'à faire !). Le trio d'amis était justement en train de se détendre dans cette calanque abandonnée. Les voilà bien surpris par l'apparition d'Eolia qui, comme souvent n'est pas là pour rigoler, mais pour délivrer un message clair et précis de la plus haute importance, et je cite : «Ryu, une ombre plan au-dessus d'Ayato... »

Ryu est surpris, mais psa inquiet. Bah Ayato se bat bien, il peut se débrouiller tout seul. Ce à quoi Eolia répond : "Oui oui, c'est possible", et rajoute, accrochez-vous : "...mais Ayato est jeune et il peut commettre des fautes de jeunesse !" C'est beau. C'est simple, mais c'est beau. Ryu répond qu'il va s'occuper de tout ça, et le vaisseau stellaire d'Eolia effectue un demi-tour avant de repartir. Ca valait bien le coup de faire une scène pour ça ! Je pense qu'un petit "je suis inquiet à propos d'Ayato, allons voir ce qui lui arrive..." par de Ryu m'aurait permis de sauver cinq minutes précieuses de ma vie et un paragraphe de cet article, mais que voulez-vous, c'est ça aussi la Poésie...

 


Pendant ce temps-là, c'est la nuit brusquement. Ayato, accompagné de Anna et de Irisa vont faire un tour chez cette dernière à la recherche du père de celle-ci, et n'hésitez pas à relire cette phrase si ça ne vous semble pas clair. Et c'est très joli, chez eux ! Dans un coin une armure médiévale... Oui, une armure du XVéme terrienne, dans une série se déroulant 4000 ans plus tard dans une autre galaxie. Mais, plus étonnant encore, je remarque une reproduction géante du Lion d'Or (totalement véridique !), la fameuse récompense du festival de Venise. Le doute n'est plus permis : le réalisateur considère qu'il ne fait pas de la télé, mais du cinéma. CQFD. Cette quête fait droit...



Accessoirement, le trio ne trouve pas le père d'Irisa. Il a donc été enlevé par les stressos, comme prévu. Anna essaie de la consoler de manière lèche-botte et irritante, en ramenant tout à son propre cas, car elle est aussi orpheline de guerre... Je passe. Se faisant, et là on plonge dans le surréalisme belge le plus extrême, Anna, du haut de ses 13 ans dit : "Irisa, il faut continuer de turluter et de résister! Etpour ça, il faut te trouver une tenue qui impressionne." Joignant le geste à la parole, l'adolescente qui cachait son visage derrière la casquette de général du père d'Irisa, dévoile alors une moustache chaplino-hitlérienne (encore une fois, c'est totalement véridique!), histoire la faire sourire et de la détendre un peu, je suppose. L'effet sur le spectateur est absolument effrayant en tout cas ! Surtout que le réalisateur balance un contrechamp glaçant où sont de profils Irisa et Anna-Adolf, et en arrière plan Ayato, assis sur un superbe sofa 70's. Derrière ce dernier, sur le mur, est peint une espèce de frise, et c'est elle qui est mise en valeur dans la construction du plan, une frise en forme de V. V pour Victoire, pour Vendetta, pour Venise, pour Venus-in-fur... "On va finir par s'étrangler de rires", ajoute Ayato. Le spectateur est, lui, glacé d'effroi.

 


Là, c'est la confusion qui l'emporte. Que veux nous dire le réalisateur ?

  • 1- la série, comme on vous le dit depuis 16 articles et 82 pages, traite du totalitarisme.
  • 2- Le Festival de Venise, c'est un peu un regroupement de fachos en culottes courtes.
  • 3- On peut rire de Hitler, mais attention pas avec tout le monde.
  • 4- Freud avait raison. Les enfants, et donc les adolescents, sont des pervers polymorphes.
  • 5- Chaplin, c'est Hitler! (Fichtre...)
  • 6- Les hommes aiment regarder deux femmes bisexuelles qui s'habillent en militaire.

 

Irisa, dans un gros plan très laid, voit son propre rire se faner. Elle explique qu'elle aussi avait une petite sœur (?) et qui était très drôle, mais elle s'est tuée ! Fichtre, c'est une avalanche de paradoxe, cet épisode. Alors, ho, sans sourciller, on te balance un flashback.

Une petite fille cueille effectivement des fleurs en haut de la falaise... RIRES !

"-T'approche pas du bord !

-Non, je cueille une fleur ! Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

-PLONG !»

Punaise !

Retour au présent de narration. Anna, toujours perspicace : "Elle est tombée dans le ravin ?" Là, vous comprendrez que j'avais envie de pleurer. Décision est prise de se mettre à la recherche du Père. Irisa en profite pour aller aux cabinets, quand elle aperçoit, mazette, une araignée en plastique sur la vitre. Hypnotisée, elle ne peut rien faire !

 

 

Cut. Un autre endroit. Tarantula en sortant d'une trappe dans le sol (sic), vient rendre des comptes à Volcor. Et là, ce n'est plus le petit pathos larmoyant des résistants. Chez les stressos, on va droit au but.

« -Volcor, je te fais un résumé : ils ont marché !

-Je sais... Quand je fais un plan, il n'échoue jamais. »

C'est loin d'être vrai, et je vous assure qu'après avoir passé 30/35 heures de ma vie à rédiger des articles sur SAN KU KAI, j'en ai vu, des plans de Volcor, se casser la binette. Mais pas le temps de se plaindre, car on découvre en fait qu'on était pas dans un autre endroit, comme je le disais en tête de paragraphe, mais toujours chez Irisa. Volcor et Tanratula, perce un trou dans le sol. En contrebas, on aperçoit Ayato et Anna dans le salon en train de dormir. Tarantula n'a plus qu'à faire tomber sur la fillette, via le nouvel orifice, un araignée en plastique attachée à un fil que le réalisateur montre courageusement en gros plan. Dieu merci, la scripte avait retiré l'étiquette du prix de l'attrape. Quelques secondes plus tard, l'araignée est à la hauteur du visage nubile. Deux leds judicieusement placées à la place des yeux de l'animal plastique se mettent à clignoter, et là, grandiose moment erotico-psychanalatique : la fillette ouvre les yeux, hypnotisés, et Tarantula lui parle à travers l'araignée : "Je suis ta mère !!!! "

 

Bon, faisons une pause. Je vais prendre une cigarette, moi... Pffff ! Quel épisode, les amis !

 

 

Reprenons. Tarantula hypnotise Anna, se fait passer pour sa mère via un araignée plastique, jusque là, rien de très anormal. Mai,s plus surprenant, elle ordonne à l'énervante enfant de tuer Ayato. Quel plan machiavélique ! Ca roule tout seul, c'est du billard, c'est du Shakespeare à la sauce saké. Et ce n'est pas fini. Anna s'empare d'un sabre et s'apprête à tuer Ayato qui se réveille, in extremis. Il désarme fermement la fillette qui reprend ses esprits. Là, dans le contrechamps qui suit, l'ombre de l'araignée se reflétant dans le carreau d'une porte-fenêtre en forme de triangle, confirme l'incroyable métaphore sexuelle de la séquence. Ayato franchit courageusement la porte-pubis en criant : "C'est Alizéa !". [Oui, cher lecteur, la méchante a changé de prénom au cours de l'épisode : Elizéa, Tarantula, puis de nouveau Elizéa, à moins que le doubleur ne confonde avec Irisa qui, on l'a vu, vient de se faire hypnotiser en allant aux waters. On verra par la suite, que les scénaristes eux-même ne savent plus très bien ce qu'ils font. En tout cas, cette structure ternaire démontre que dans chaque femme, il y a un monstre poilu qui sommeille, enfermé dans cette identité double, qu'on retrouve dans le signe du « V » repéré plus haut : la convergence d'un double élément qui converge vers la singularité d'une troisième forme.

 



Ayato se lance à la poursuite de la sbire, mais tombe, dans le jardinet entourant la maison, sur un bon paquet de stressos. Le combat fait rage et les sabres s'entrechoquent.  Mais Ayato tombe dans un piège, car une toile d'araignée géante lui tombe (encore!) dessus. Il ne peut se défendre, les stressos l'embrochent. Il est mort.

 

Salut. Et à bientôt...

 

 



Mais non ! Alors même que le roi arrive à Varennes, les stressos défont la toile-filet et découvre bien un paquet de vêtements, mais d'Ayato nulle trace ! Et là, Ayato apparaît sous son alias de supra-héros : "Je suis celui qu'on appelle le Fantôme. Le messager de pets." Lunettes de ski sur le visage, foulard bedouin sur la nuque, le Fantôme-Ayato fait des moulinets lents mais majestueux avec ces sabres, pour impressionner l'ennemi par son élégance. Le combat est duraille. Il faut dire qu'avec cette nuit américaine, on voit pas grand-chose. Ayato est en fâcheuse posture, et Elizéa/Tarantula décide de prendre les choses en main et d'achever elle-même notre héros. Ne reculant devant rien, les petits scénaristes, philippins et tous mineurs, n'hésitent pas à faire intervenir Ryu qui lui aussi débarque en costume de super-héros ! Il crie : "Je suis Staros, et je viens du fond de l'Univers". Tu m'étonnes. Il balance dans la foulée un multitude de shurikens de l'espace, et non pas des surikates comme me le suggère mon correcteur orthographique ! Un des projectiles (ou des animaux) atteint Tarantula et fait tomber son masque. Staros/Ryu la reconnaît et crie : "Alizéaaaa". [Il la connait?] Celle-ci répond: "Hahahahhhha ! Hahahahahhha ! Je m'appelle Tarantula et je viens de la planète Araignée pour te tuer. Et puisqu'on en est aux confidences, je ne me souviens pas du tout de mon pére !"

Quoi ? A ce stade de l'épisode, je l'avoue, malgré des années à voir du Straub, à décortiquer du Duras, et me perdre dans les narrations à 12 couches simultanées de Greenaway, je ne comprends absolument plus rien, à cet épisode. Mais qu'importe, le combat reprend de plus bel.

 

Et ça va même se corser encore un peu. On s'aperçoit que Volcor et Alizéa/Tanrantula/MmeMichu ont capturé la petite Anna, dûment ligotée à leur pieds. Volcor s'explique : Alizéa va imiter la voix de Anna pour attirer Ryu et Ayato, et là, hop, on fait exploser la baraque, et on est enfin débarrassé, tout le monde est débarrassé. Les stressos conquerissent ou conquierent, je sais plus, l'univers, la résistance est décapitée, et c'est fini pour moi les articles de douze pages. Mais Alizéa, pour en être traitresse, vendue à la cause stressos, n'en éprouve pas moins des difficultés à tuer l'enfant. Moi, je trouve que c'est une bonne occasion de faire sortir Anna de la série, mais bon. La méchante s'exécute cependant et imite la voix de la petite Anna. Ayato/Ryu/Staros/Le Fantôme tombent dans le panneau et se précipitent. Alizéa revient ensuite dans la pièce où Anna est ligotée et s'apprête à l'égorger (Ouaiiiiiiis !) mais se reprend et la délivre de ces liens en disant : "Je ne peux pas te laisser mourir avec les autres ! Tu est bien trop jeune !" (Et merdre !)




Pendant ce temps-là, dans le contrechamp  en insert, la mèche reliée aux explosifs se consument à tout berzingue ! Vite ! Volcor apparaît dans la pièce par une trappe, s'aperçoit que Alizéa a trahi en désentravant la petite fille, et il blesse la félonne mortellement qui s'échappe par une trappe dans un mur. Puis, Volcor disparaît par un mur coulissant, tandis que Ayato et Ry débarquent par une trappe dans le sol ! Anna prévient nos deux héros : le bâtiment va exploser, vite, vite. Contrechamp sur la mèche enflammée qui est à deux centimètres des explosifs. Retour dans la pièce ! Les trappes et les murs coulissants et les echelles secrétes sont bloqués, on ne peut plus sortir ! Mon dieu, est-ce la fin de nos deux héros ???

 

 

Non ! Alizéa apparaît par un un mur pivotant! Elle perd du sang ! La mèche n'est maintenant plus qu'à un centimètre des explosifs. Mais, elle dit : "Hum, hum... (raclements de gorge). Euh... Anna ressemble tellement à ma sœur... que je l'ai, que je l'ai... Haaaaaaa". Elle s'effondre, agonisante. "Adieu Anna ! Adieu ! Adieu, ma jolie petite sœur !"  Bon, c'est bien joli tout ça, mais la maison va exploser dans cinq secondes. Ryu et Ayato décident alors qu'on est pas dans un film néoréaliste italiens des années 50, et reprennent les chose en mains, car il est temps de filer fissa !

 


A quelques kilomètres de là, Volcor admire la maison qui explose et brûle en fumant un bon cigare cubain bien mérité.  Mais Ryu et Ayato débarquent car ils en ont réchappé. Un combat bref mais intense s'ensuit, dans lequel, et pour le coup c'est une vraie surprise, Volcor est gravement touché ! C'est la fin pour lui , après 15 épisodes de bons et fielleux services ! MAIS NON ! Une boule de feu jaillit : c'est Komenor lui-même qui se téléporte sur la planète ! Il sauve Volcor et avant de retourner sur le vaisseau stressos, il lance à nos deux héros : "Bande d'innocents ! Je vous retrouverais !" Boule de feu. Téléportation.

 

 

CUT ! Générique !!!!!

 

 

Mesdames  et Messieurs, après 3 ans d'interruption, je suis très heureux de vous annoncer le retour de la saga SAN KU KAI sur Matière Focale !

 

A vous les studios !

Dr Devo.

 

 

 

Retrouver les autres articles de la série sur Matière Focale :

Episode 1 : Un vaisseau dans l'espace

Episode 2 : Les Ninjas

Episode 3 : L'envoyée de la Terre

Episode 4 : Le Camp

Episode 5 : L'école abandonnée

Episode 6 : Le Roi Golem

Episode 7 : Une lueur d'espoir

Episode 8 : Du sang froid

Episode 9 : Le palais du Diable

Episode 10 : Détruisez la planète Terre

Episode 11 : Princesse

Episode 12 : Le grand combat

Episode 13 : Le Miracle

Episode 14 : L'agent secret

Episode 15: La savegarde de l'univers 

 

 

 

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Publié dans Lucarnus Magica

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Commenter cet article

zaxxon 06/01/2012 19:40


MR Devo et Mr Marquis. J'aimerai bien avoir la suite avec les épisodes 17 à 27. Depuis la série est sortie en vost et personellement je me tape l'intégrale de SKK ts les 2, 3 ans. C'est une
petite musique que je connais par coeur comme le Père Noel est une ordure ou Les sous doués, une grosse madeleine étouffant mon coeur de vieil enfant. En plus j'ai vu Samurai Avenger : The blind
Wolf hier soir et çà m'a grâve fait penser à SKK. L'hiver va être long. Si vous vous y remettiez les gars ???

Terence 26/06/2009 21:32

A quand un article sur X-OR, le shériff de l'espace ? y aurait des choses à dire en mise en scène et en scénar !

Isaac Allendo 26/06/2009 15:21

On peut donc supposer que Le Marquis va sortir de sa grotte sous peu ?

Bertrand 26/06/2009 14:15

Un grand bravo, encore ! je crois sincèrement que cette série d'articles est l'une des meilleures oeuvres de Matière Focale. Félicitations.