| Février 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
|
||||||||||
Florinda Bolkan fait des rêves récurrents, et assez étranges : elle se trouve dans un immense couloir blanc, rempli de gens s'adonnant à une grandiose orgie . Elle essaie de s'échapper, de s'en sortir, mais finit par tomber dans un trou sans fin, au fond duquel se trouve une jeune femme blonde et sculpturale, avec qui elle fait l'amour sur un grand lit de soie rouge. Déconcertée par ces rêves, Florinda voit un psy, à qui elle raconte ses aventures nocturnes, et les cache à son père, à son mari et à sa belle-fille. Une nuit, elle rêve qu'elle tue cette jeune femme blonde (qui s'avère être sa voisine, et qui organise, dans son appartement, de véritables soirées orgiaques), et raconte tout lors de sa séance de psychanalyse. Ce n'est que plus tard qu'elle découvrira que sa voisine est morte, et de la même façon que dans le rêve de Florinda ! Des inspecteurs s'emparent de l'affaire et si de nombreux indices désignent Florinda comme étant coupable, les inspecteurs et la famille de la jeune femme doutent et, les éléments contradictoires s'accumulant, tous cherchent le véritable meurtrier...
Profitons du fait de parler de ce film pour rendre un vibrant hommage aux traductions de titres, qui nous gratifient régulièrement de bien jolies
choses, comme ici, avec ce superbe LES SALOPES VONT EN ENFER, phrase bien provocatrice qui ne représente que peu ce qu'est le film (enfin, un peu, mais pas totalement en fait, en tout cas pas de
manière très élégante) ! D'autant que ce métrage, dont le titre original est UNA LUCERTOLA CON LA PELLE DI DONNA (à prononcer avec l'accent) a été traduit de plusieurs façons, notamment en France
où, en plus de l'appellation utilisée ici, il a aussi été appelé CAROLE (du nom de l'héroïne, ce qui est bien générique et finalement assez peu attractif sur la tranche des VHS – on comprend
qu'ils l'aient changé) ; dans les pays anglo-saxons, le titre a été traduit par SCHIZOID et par LIZARD IN A WOMAN'S SKIN (qui est la traduction littérale du titre original, qui est, quand on y
pense, plutôt beau et proche de ce qu'est le film au final). Tout ça pour dire que l'imagination des éditeurs de VHS et DVD est toujours source de rigolade et d'inventivité, et un casse-tête pas
possible pour trouver un sombre film de Lucio Fulci !
L'oeuvre maintenant. LES SALOPES VONT EN ENFER est un film particulièrement étrange. Dès le départ, Fulci balance du fantastique, mais à couvert ;
pendant les cinq premières minutes, on ne sait pas trop où on est ni ce qui se passe, et ce n'est qu'après ces quelques instants que l'on comprend que nous sommes finalement dans une séquence
fantasmagorique (mais exécutée de manière bizarre, j'y reviens). Le fait qu'il démarre en balançant plus ou moins tout ce qu'il a est très déroutant, et on se demande à quelle sauce on va être
mangé ; s'il commence par du fantastique exacerbé, jusqu'où peut-il aller ? Et bien pas très loin, ou plutôt pas du tout où on le croyait. On se rend rapidement compte, au fur et à mesure que le
film avance, que nous sommes dans un film complètement réaliste, où le grotesque n'a que peu sa place, tout est plutôt sage, posé. Le métrage est une banale enquête policière ! L'introduction
fantastique semble alors être un trompe-l'oeil, un écran de fumée derrière lequel Fulci se cache pour que le spectateur attende une autre séquence un peu baroque et soit dans un état de vigilance
pendant toute la durée du film. Et ça fonctionne, on attend assez désespérément quelque chose d'un peu plus onirique, qui finit par arriver, mais par petites touches, disons que ce sont de
petites choses qui retiennent l'attention (deux-trois plans de coupe, des cadres un peu mieux composés ou l'envolée bizarre de la musique d'Ennio Morricone, mais rien de véritablement
ostentatoire). Citons aussi une vraiment belle et plutôt longue séquence dans l'hôpital, où Fulci lâche les chiens un peu plus franchement (et ce n'est pas qu'une image !). Pour revenir à ce que
je disais plus haut, le film est plutôt laborieux et l'enquête, malgré ses nombreux rebondissements et son mystère pour une fois véritable (on doute vraiment de l'identité du meurtrier jusqu'à la
fin), ne passionne pas vraiment, et ce pour une raison très simple : ce n'est que du scénario. Les twists et les coups de théâtre ne viennent que de l'écriture pure et simple, et même si la mise
en scène est assez grossière (j'y reviens), rien n'accroche vraiment l'oeil, et c'est l'esprit un peu distrait que l'on suit la résolution de cette histoire. C'est un peu dommage, le film n'est
pas trop mal écrit, mais vu que c'est le scénario qui dicte tout le reste du dispositif technique, ce n'est finalement pas vraiment intéressant.
Vos Commentaires