PIRE EXPRESS N°6: La Malédiction des Zombies-Critiques Venus de l'Espace...

Publié le par Norman Bates







[Photo: "Le Fruit de ta Critique est Béni" par Dr Devo.]





Breaking news ! Pour suivre l'actualité j'ai décidé en réunion de crise extraordinaire de rajouter un mot en forme d'hommage sur un des films les moins connus de Michael Jackson : c'est ça le web 2.0 à Matière Focale !

 

CAPTAIN EO de Francis Ford Coppola (USA 1986)

Ce Captain EO est relativement peu connu chez nous car projeté uniquement dans les parcs d'attraction Disney à l'époque. Il aura eu le temps pendant ses six années de diffusion en relief de marquer à jamais l'enfance de nombre de jeunes Français et c'est avec les larmes aux yeux que je me remémore mon voyage scolaire et mes premiers émois sur la chanson "We Are Here To Change The World" et sa chorégraphie peut-être un peu trop suggestive pour des gosses de six ans. Pour l'anecdote, encore aujourd'hui le film est le plus cher de l'histoire, la minute de film coûtant aux alentours d'un million de dollars ! Pour une durée totale de dix-sept minutes, je vous laisse calculer. Le scénario à été écrit par Georges Lucas et le film a en outre bénéficié des décors de STAR WARS et de la musique de James Horner. Lumières je vous prie.



Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, le captain EO (Jackson donc) sillonnait l'espace dans son vaisseau emblématique. Lors d'une banale mission de routine, son équipage se retrouve attaqué par un mystérieux vaisseau. Le commandant de bord, une sorte d'orang-outang/poule à deux têtes arrive tant bien que mal à rétablir la situation à l'aide de son équipage composé d'un éléphant vert aérophagique, d'une sorte de mélange entre un papillon et une gerboise, et de deux robots. Le capitaine décide malgré tout de poursuivre la mission, en plein territoire ennemi et ceci alors que Hooter l'éléphant à avalé la carte indiquant le lieu où ils doivent se rendre. En plus de cela, le commandant en chef Borg, qui considère cet équipage comme le plus mauvais sous ses ordres, leur intime l'ordre de renoncer. Contre toute attente, Michael Jackson qui en a marre d'être considéré comme le looser de service, décide d'aller se poser sur l'Etoile Noire, poursuivi par des vaisseaux ennemis et sans carte ! Unanimement soutenu par son équipage grâce à un discours superbe sur l'engagement personnel ("Nous ne sommes pas des loosers !"), il prend les commandes et réussit tant bien que mal à se poser dans la décharge de l'Etoile Noire. Son équipage sain et sauf, il part à la recherche de la cible, la redoutable Supreme Leader, reine de la déchetterie. En chemin, l'éléphant Hooter ne manque pas de faire le guignol en contenant tant bien que mal ses flatulences et en se déguisant en homme poubelle, ce qui lui vaudra un regard amusé mais inquiet de Mickael. Cette lueur d'inquiétude que le jeu de Jackson fait ressortir à merveille n'est pas infondée puisque effectivement l'escouade des hommes détritus leur tombe dessus et les conduit tout droit à leur chef, la diabolique Supreme Leader. Ce qui fait dire, non sans humour, à Hooter l'éléphant qu'ils sont sur la bonne route. La tension est à son paroxysme lors de la confrontation entre l'équipage de Jackson et la Supreme Reine, qui est bien décidée à transformer le charmant équipage en poubelle, et à condamner le Capitaine EO à cent ans de tortures infinies. Prenant de cours son équipage, Michael accepte immédiatement et sans discussion la sentence, mais propose à la Reine de lui donner un cadeau, une clé magique qui fera éclore la beauté en elle ! L'équipage est sous le charme des talents diplomatiques de leur capitaine, mais la Supreme Reine, qui est une sorte d'alien version casse automobile, ne l'entend pas de cette oreille et ordonne à ses séides de s'emparer de nos héros. On atteint là le climax du film, car Jackson a en main une arme secrète : ses robots se transforment en instruments de musique et Hooter l'éléphant est en fait un pianiste, et la gerboise-papillon un harpiste ! Grâce au pouvoir de la musique produite par ses comparses, Jackson peut maintenant libérer ses pouvoirs magiques, transforme les séides poubelles en danseurs et entame un récital endiablé de "We Are Here To Change The World" aux sous-entendus révolutionnaires certains. La puissance évocatrice de la chanson submerge totalement la Reine de la récup' et elle est bientôt obligée de sortir elle aussi son arme secrète : de nouveaux gardes équipés de boucliers qui peuvent arrêter et détourner les rayons musicaux de Jackson. Impuissant, ce dernier est presque capturé ! Heureusement la gerbille volante, qui est loin d'être idiote, a l'idée géniale de nouer les fouets des gardes entre eux. Mickael, profitant de leur soudaine paralysie, leur envoie un rayon musical qui les transforme en danseurs à leur tour. Dans un final lyrique sublimissime, Michael Jackson entame un ultime "Another Part Of Me" qui transforme l'Etoile Noire en désert, le temple des ordures en sanctuaire grec, et la diabolique Reine de la Ferraille en sublime princesse. Tout le monde danse, l'espace est sauvé, "Vous Etes Tous des Parties de Moi" chante le Capitaine EO en transe. L'élément dans lequel le tout s'implique, le quantum élémentaire de l'Univers, le Divin en l'Homme c'est le don de soi à travers l'Art.

 

RIP Michael Jackson.

 

Et maintenant quelque chose de complètement différent...







CHOKE de Clark Gregg (USA 2008)

Deux masturbateurs compulsifs essaient tant bien que mal de joindre les deux bouts en enchaînant les boulots entre des réunions de sex-addicts anonymes. Victor, l'un d'eux, apprend par hasard par sa mère malade que son père n'est peut être pas Mr Cohen. Aidé par le docteur de sa mère il va rechercher son père...

Ce film réalise un exploit : rendre chiant un livre de Palhaniuk, l'auteur, entre autres, de FIGHT CLUB. David Fincher est bien loin, on se croirait devant un épisode de Mimi Mathy ou d'un téléfilm de cet acabit. Aucune audace, aucune recherche esthétique, rien que la photo est d'un ennui abyssal. Clarke Gregg arrive même à placer un peu de film à costume au milieu, histoire de bien nous faire regretter de jeter un œil sur son film. Pourtant, Dieu sait que cette histoire de masturbateurs compulsifs et d'obsédés sexuels en tous genres aurait pu donner un grand film, par exemple avec une mise en scène très subjective faisant ressentir le désir de manière sensuelle : au lieu de ça, Gregg balance des plans nichons le plus vulgairement du monde, et les scènes de sexe rappellent les téléfilms érotiques du dimanche soir. Premier bâillement aux alentours d'un quart d'heure, puis flagellation pour ne pas s'endormir. Ce qui est quand même le comble pour un film d'1h30 avec des scènes de sexe tout les quarts d'heure !







CRANK 2 de Neveldine et Taylor (USA 2008)


J'avais plutôt bien aimé le premier Crank, film d'action bourrin avec Jason Statham qui faisait preuve d'une audace visuelle un peu vulgaire mais réjouissante et originale, dans un genre inondé de navets style LE TRANSPORTEUR ou Bruce Willis contre les ennemis de l'Amérique. Ce deuxième volet met les bouchées doubles : deux fois plus vite, deux fois plus de sexe, deux fois plus d'action pour la même durée, à savoir 1h30. C'est horrible. Au bout d'une heure je commençais à convulser, le générique final fut une libération. J'ai eu l'impression d'avoir vu deux films en même temps, aspirine fortement recommandée. Aucun plan de plus de vingt secondes, mouvements de caméras ininterrompus et surtout l'effet de surprise ne joue plus comme dans le premier volet : l'histoire est exactement la même, tout est prévisible de bout en bout. Il y a quelques répliques amusantes mais l'ensemble ne tient pas la route, c'est un constant surenchérissement dans la violence et la vulgarité. A la limite on pourrait sauver le plan final, assez beau, mais c'est peut-être parce qu'il annonçait la fin d'une heure et demie dans la peau d'un épileptique.




GIRL NEXT DOOR de Gregory Wilson (USA 2007)


Attention ! Ce n'est pas la comédie romantique avec Elisha Cutbert dont il est question. Certains l'ont cru et ont vivement condamné ce film à la réputation sulfureuse : en effet, les spectateurs venus voir une bluette gentillette se sont retrouvés face à cette histoire de maltraitance sadique suivie de viol en réunion avec des enfants (!). Sacrée douche froide donc, surtout vu la finesse et la subtilité déployée par le réalisateur. Aucun sous-entendu, aucun non-dit, on fonce dans le glauque les pieds en avant. Personnellement, vu l'envergure de la réalisation cela ne m'a fait ni chaud ni froid, la pauvre gamine inspirant plus la pitié pour l'actrice qui interprète le rôle qu'un quelconque sentiment dérangeant. Là encore, on est dans une mise en scène très téléfilmique, quasiment aucun jeu sur la mise en scène, aucune subtilité dans le message à faire passer. C'est un peu le syndrôme du film de maladie : ayez pitié d'une jolie jeune fille qui s'en prend plein la gueule, la vie c'est triste. Cerise sur le gâteau, le casting est presque entièrement composé d'enfants-acteurs très difficilement supportables. La tante Ruth (la méchante !) est très caricaturale et ne suscite pas le rejet viscéral qu'on est en droit de ressentir pour un bourreau d'enfant. S'ils n'ont pas envie de se défenestrer, la vision d'un tel film fera au mieux l'effet d'un porno SM sur les plus déviants de nos lecteurs.





PREDICTIONS d'Alex Proyas (USA 2009)


1959. Une gamine gothique remplit sa feuille de dessin d'une série de nombres énigmatiques à destination du Futur. En 2009, le fils autiste de Nicolas Cage reçoit la lettre et la montre à son mathématicien de père, qui au cours d'une soirée bien arrosée va découvrir un sens à tous ces chiffres : il s'agit de coordonnées GPS et de dates d'attentats que la gamine de 1959 avait bien évidemment prévues avec exactitude. Tout ça n'est rien en comparaison de la dernière date qui annonce la fin des soldes à Monoprix et la Fin du Monde. Nicolas Cage fait sa tête de chien battu et décide d'empêcher tout cela de se produire, c'est vraiment trop moche de faire ça à des honnêtes gens.

J'ai plutôt été agréablement surpris, n'étant pas un grand fan de Proyas (son DARK CITY est pas mal, mais le reste...), par la grande qualité de la photographie et du cadrage. Il s'est visiblement calmé et prend le temps dans ce PREDICTIONS de découper et cadrer de manière fort jolie. En plus de cela, il évite soigneusement les tunnels de gros plans et ne donne pas dans le champ/ contre-champ à chaque dialogue. Certaines scènes fonctionnent même très bien et sont assez flippantes. Malheureusement, sur deux heures, c'est trop peu, le reste du film étant bien plombé par des effets spéciaux désastreux, des scènes d'actions ratées (le faux plan séquence de l'avion sans doute réalisé sur fond vert, mon Dieu), une intrigue ridicule se finissant comme le plus mauvais des Spielberg (et encore je suis sympa !), un casting assez mauvais (encore des enfants-stars horribles) mais surtout un rythme vraiment ennuyeux qui ne tient pas en haleine pendant les deux longues heures de ce blockbuster rempli de pognon. Ah oui : la musique est insupportable de classicisme et il n'y a aucune scène qui utilise le son. Emballé, c'est pesé.





TIMECRIMES de Nacho Vigalondo (Espagne 2007)


Hubert est un quadra grassouillet qui ne demande qu'une chose : s'installer dans sa nouvelle maison à la campagne avec sa femme, et qu'on lui foute la paix ! Malheureusement, solidement allongé dans sa chaise longue à observer les bois à la jumelle, il tombe nez-à-nez avec une paire de seins. Plutôt intrigué, il part à la recherche de la poitrine mystérieuse, et tombe sur une jeune femme dénudée et un tueur dont le visage est entouré de bandages. Forcément, la confrontation va mal se passer, et voilà que notre Hubert se retrouve coincé dans un laboratoire étrange où un chercheur non syndiqué fait des essais de voyage dans le temps.

D'une réputation plutôt prestigieuse établie dans de nombreux festivals, ce film fantastique ibérique sort chez nous en direct-to-DVD, et pour une fois, je ne vais pas m'en plaindre. Déjà, à la base, les voyages dans le temps dans les films, ça me gave, mais là en plus les scénaristes trouvent le moyen d'ajouter trois twists dans l'histoire ! C'est typiquement un scénario de petit malin où chaque détail sert l'intrigue, genre le coup de téléphone du début du film c'est la clé de l'histoire, Coco ! J'ai horreur de ça, et dès les premières minutes, je me doutais de ce qui allait se passer, c'est-à-dire que fort logiquement, quand on voyage dans le passé, on retombe au début du film à la fin de celui-ci. Bingo ! C'est le principe du film, en gros, tout ce qui se passe pendant 1h30 ne se passe pas, en fait.

Une fois qu'on a dit ça, tout est dit : le scénario est le prétexte du film, le travail de réalisation consiste à montrer comment les scénaristes sont super malins d'avoir trouvé une idée aussi géniale et des twists aussi surprenants. La direction artistique dans son ensemble est très laide, les quatre acteurs du film sont corrects mais sans se fouler, il n'y a aucun parti-pris visuel audacieux ou subjectif qui pourrait faire passer la pilule. Le montage n'est que l'articulation narrative du scénario (je ne suis pas sûr du sens de cette phrase). Niveau musique et son c'est encéphalogramme plat. Il n'y a guère que la jeune actrice plutôt jolie qui vaille qu'on s'intéresse au film.


Norman Bates.





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Publié dans Corpus Analogia

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