THE ROOM de Tommy Wiseau (USA-2003): Etrangeté au Sahara...

Publié le par Dr Devo





[Photo: "And As Things Fell Apart..." par Dr Devo, d'après une photo de Tommy Wiseau et Juliette Danielle tirée du film THE ROOM.]




Chers Focaliens,

La vie est très étrange, et elle est comme un frigo rempli de paradoxes. Aux périodes d'exaltation prolongée et miraculeuse, succèdent des moments plus difficiles où on s'englue. Prenez l'année cinéma 2009 ! Vous m'avez entendu me plaindre bien des fois, ces derniers mois. Bah, que voulez-vous, voir quinze films d'affilée en salle, tous genres confondus, et n'en trouver au final qu'un seul de divertissant, c'est épuisant. Mais, c'est le jeu. Et c'est là que vous allez trouver un beau paradoxe, bien au frais, dans le bac à légumes. De telles périodes de disette artistique, sont aussi, souvent, celles qui donnent l'occasion de belles explorations. Dans les sous-bois, ou encore mieux pour ceux qui aiment le trek et le hors-piste, dans la nature la plus sauvage, nous sommes des explorateurs, appareils photo à la main pour immortaliser la bête sauvage, mâchette dans l'autre pour se défendre contre la population autochtone, et une Winchester si les Indiens débarquent. Depuis une quinzaine de jours, vous l'aurez remarqué, c'est un vent westernien qui souffle sur ce site. On revoit du Medem, cinéma préservé sauvage et non bétonné, on se perd dans le bush de NEXT OF KIN. Je sais que c'est toujours un peu bizarre de lire de longues critiques sur des films qu'on n'a pas eu l'occasion de voir, mais j'espère également qu'il y a là un Appel du Sauvage, comme disait le poète, qui vous fait frissonner de temps en temps...

 

En tout cas, en backstage, dans l'immeuble qui sert de rédaction à Matière Focale, un vent de passion souffle. Dans nos tee-shirts trempés par la chaleur moite d'un été corsé, entre deux allers-retours  vers le frigo pour attraper un Coca Zéro, c'est le sentiment d'excitation qui prédomine. Les galettes s'enchaînent dans les mange-dividis, des sons beaux et étranges s'échappent des pièces de visionnage, et il n'est pas rare de voir dans la salle de rédaction un collègue tapant fiévreusement un futur article. Que c'est exaltant !

 

Et puis, il y a une semaine, Norman Bates sort d'une salle de visionnage, s'assoit lourdement dans un des fauteuils du coin détente (celui situé dans la partie la plus fraîche du loft), et reste là quelques minutes béatement, à fumer une cigarette dont je devine immédiatement qu'elle a le goût de la perfection. Il se releve, s'approche de l'open-space, où nous sommes déjà deux en train de travailler, et il dit : "Les gars, il faut que vous voyiez THE ROOM de Tommy Wiseau, c'est hallucinant !". Ce que je fis, il y a quelques heures...

 

 

A l'évocation de Tommy Wiseau, je pense que certains ont déjà levé un sourcil fébrile, et oui, et se disent : "Tiens, il parle de ça, lui !". Pour les 98,56% restants, vous êtes dans la même position que moi lorsque que je commençais à regarder le film : vous n'aviez jamais entendu parler de ce mec, ni de ce film. Alors voilà, je vais vous parler de THE ROOM, ce qui est déjà difficile, mais plus encore, je vais essayer de vous expliquer comme j'ai perçu le film ne sachant rien de celui-ci, ni de son auteur. Et après, s'il reste du papier dans les rotatives, on parlera un peu social....

 


San francisco. De nos jours. Tommy Wiseau (ici producteur, scénariste, réalisateur et comédien principal) est Johnny, un homme dans la petite quarantaine pour qui tout va bien. Il vit avec Lisa (Juliette Danielle), femme plus jeune que lui. Si elle ne travaille pas, Johnny, lui, a un bon poste (dans une banque semble-t-il). Il attend une promotion, et plus important encore, le couple, passionné, va se marier dans un mois... La vie s'écoule donc tranquille, entre les visites fréquentes de Mark (Greg Sestero qui vient  de faire un David DeCoteau apparemment !), meilleur ami de Johnny, et celles de Denny (Philip Haldiman), un jeune homme gentil mais un peu envahissant, à peine entré dans la vingtaine et dont Johnny s'occupe comme d'un fils. Et puis, il y a aussi Claudette (Carolyn Minott), la maman de Lisa. C'est au cours d'une conversation avec sa fille que Claudette va apprendre que les choses ne sont pas ce qu'elles paraissent être, mais alors pas du tout. Elle découvre, en effet, le terrible secret de Lisa, qui la plongera, elle, Johnny, les amis du couple, et nous, spectateurs, dans le désarroi le plus complet. Un long voyage dans le mensonge, la duperie et les sentiments les plus tourmentés va commencer. Et croyez-moi, le "tourbillon de la vie" n'est pas un long fleuve tranquille...

 

 

 

THE ROOM commence assez timidement et de manière tout à fait classique même. Un long générique déroule des images de San Francisco, dans un simple effet de contextualisation. La musique nous donne une première piste, ainsi que les premières séquences. Le film de Tommy Wiseau dispose d'un budget sans doute modeste, et il est quasiment autoproduit. Les acteurs, Wiseau mis à part et j'y reviendrai, sont gentiment bruts de décoffrage et jouent en appuyant. Pour vous donner une idée, il y a là un petit parfum de fantastique fauché, ce que le film n'est pas du tout, ou un peu de la franchise d'un certain cinéma de genre des années 80, disons. Les deux premières séquences sont très étranges. Il s'agit de la présentation du couple Johnny/Lisa. Johnny rentre avec des roses rouges à la maison, et offre une robe superbe et sexy à Lisa. Le couple est vite interrompu par l'arrivée de Denny, le jeune protégé. Le couple monte à l'étage pour "essayer la nouvelle robe". Ils se jettent avec tendresse sur le lit, et commencent une bataille de polochons bon enfant. Denny débarque dans le lit, ils lui font des chatouilles ! Rires. Denny est prié de quitter les lieux (il voulait regarder!). Johnny et Lisa commence à faire l'amour. On sent tout de suite le décalage. L'arrivée de Denny, la bataille de polochons, tout ça démarre de manière bien trop étrange. La scène d'amour suivante enfonce le clou, puisqu'elle est tournée dans le pure style Hollywood Night, dans un mouvement érotique très chaste et complètement suranné, fait de draps blancs, de pétales de roses virevoltants, de baldaquins, de soupirs, de sourires, de seins pudiquement dévoilés, de fesses masculines pudiquement cachées, et un peu de R'n'B pour saupoudrer le tout. Bien sûr, les blancs scintillent de mille feux, et il y a  des chandelles partout.

 


Scène suivante, Johnny se réveille et part au boulot. Scène suivante, il revient du boulot, et là rebelotte, trois minutes après la première, re-scène de sexe toujours aussi kitschouille. Bon, tout cela est bizarre. Bah, après tout, on en a vu d'autres. Là où les choses se gâtent, c'est lorsque la troisième séquence s'enclenche. C'est sans doute,premier point, à cause de Carolyn Minott (qui joue la maman) au jeu ultra-marqué, presque de façon pointilliste (et qui articule avec méthode, ce qui est délicieux), mais aussi à cause de l'incroyable vérité : Lisa trouve Johnny chiant, et elle ne veut plus de lui ! Dit comme ça, ça n'a l'air de rien. Mais si vous repensez à ce que je vous ai dit, c'est vraiment étonnant. Wiseau nous bassine avec huit minutes de scènes érotiques passionnées, et puis la seconde d'après, c'est le contraire qui se dévoile.

 

 

 

Le départ de la course est donné. A partir de ce moment, le film va lentement mais très certainement dériver vers quelque chose de très hautement improbable. Beaucoup de scènes se répètent (notamment les visites de la mère, yummy yummy !) et en général, les informations apportées par le dialogue sont plus qu'insistantes puisqu'elles tournent autour d'une douzaine de faits martelées sans cesse. Premier point notable, l'écriture de ces dialogues est très simple, presque dépouillée, comme par un étranger à la langue anglaise, ou plutôt par quelqu'un dont ce n'est pas la langue maternelle. Ce dernier point, en plus de la répétition incessante des mêmes éléments, est déjà un facteur certain d'étrangeté. Le jeu des acteurs fait souvent le reste. Ca patate énormément, ou plutôt non. Certains patatent et pédalent dans les descentes. Pour d'autres, on sent la volonté de jouer à l'américaine, très décontracté, très appuyé sur ses bases, en même temps qu'une bonne louchée d'effets plus ostentaroires ! Là aussi, le mélange improbable marche à pleins tubes !

 

Le film dispose de peu de décors et il faut un bon moment pour sortir de l'appartement. Ca aussi, ce sentiment de claustrophobie, joue dans l'étrange étrangeté du film. Quand on en sort enfin, on se retrouve alors souvent sur les toits de l'immeuble, et là c'est merveilleux, puisqu'il s'agit d'un décor sur fond bleu, ni tout à fait naturel, ni totalement artificiel ! Au bout de trente minutes de ce régime inattendu, on est tout à fait à Zarbiland ! Les situations les plus grotesques s'enchaînent ! [Comme par exemple, lors d'une des incessantes visites de la mère. Celle-ci annonce à sa fille qu'elle est probablement malade. Ha bon, qu'est que tu as ? Baaaah, un cancer du sein. Ne t'en fais pas, ça va bien se passer, mais là je vais te demander me laisser seule, car j'ai encore énormément de choses à faire, bisous maman ! Le tout dit sur le ton de la plus grande décontraction.]

 

Nous voilà donc chez les foufous, on se pince tous les cinq minutes pour s'assurer qu'on voit bien ce qu'on voit et qu'on entend bien ce qu'on entend. A mi-film, il faut se rendre à l'évidence : THE ROOM ne ressemble à absolument rien de connu sur cette terre !

Mon sentiment était le suivant, et s'est confirmé à mesure de l'avancée du film. Il y a un mouvement - sans doute involontaire - de dépouillement, toujours lié à une espèce de surenchère du dispositif, des acteurs et des situations très improbables. C'est totalement contradictoire, mais ce sont les faits. Cette histoire de triangle amoureux est kitsch, improbable, et fait nettement pencher le métrage dans la catégorie des séries Z, sans nul doute. Dans le même mouvement, et dans l'inconscience, très certainement, des participants, tout le modousse opérandaille du film finit par "épurer" de manière "idiote" (au sens dostoïveskien du terme) le scénario pour n'en garder que la moelle épinière. Je me suis mis à penser à deux choses pendant le film. Primo, les thèmes et les développements, enrichis, trop gras, trop kitsch, trop bizarrement agencés avec toute la maladresse que cela implique, une fois "lightisés" (si j'ose) par la structure globale du film, font penser à une sorte de mélange sous acide et inconscient des thématiques shakespariennes : trahisons, mensonges multiples et variables (dont beaucoup ne sont pas justifiés), décalage entre les mensonges privés et publics (qui bien souvent ne sont pas les mêmes), et aussi cette contamination bizarre : petit à petit, tous les personnages sont au courant du secret de Lisa. Il y a donc un jeu de dupes et surtout de masques, et une espèce de vertige de l'identité vraiment étrange, identité qui en se désagrégeant sans cesse mute en quelque chose d'entièrement construit et nouveau qui va donner quelque chose d'encore autre. Premier point. Deuxièmement, je pense à Rohmer et à certains de ses marivaudages. Alors que les choses soient claires, on est à douze mille kilomètres de Rohmer et ma remarque vaut plus par analogie que par comparaison. Et il n'y a absolument pas photo, qualitativement, sur n'importe lequel des points constituant THE ROOM, entre Rohmer et Tommy Wiseau. Même si les acteurs sont des purs bœufs américains élevés en ranch, avec les méthodes et les tonalités qui vont avec, on trouve ici aussi un amateurisme ou plutôt une maladresse intrinsèque, un débit de jeu bancal, et peut-être des débuts d'embryons de thématiques similaires. Le rythme improbable des films du Français et de l'autre permettent aussi l'analogie, quoique sur ce point, chez Rohmer, je me sois déjà prononcé sur ce site moultes fois : le rythme chez Rohmer, c'est quand même autre chose.

 

Je note une chose tout à fait marquante également. Malgré le fait que le film soit verrouillé par un scénario terriblement écrit, une chose est notable. Les péripéties sont nombreuses, la psycholoie prend une place trop importante. Dans le même temps, ce n'est pas la logique hollywoodienne ultra-utilitariste qui est ici en jeu. Plus cette tactique classique hollywoodienne se développe, plus les actions du film sont quasiment sans conséquences, jusqu'au point où le film et sa narration éclatent pour ne former qu'un montage d'éléments disparates mis en relation de manière arbitraire, presque poétique. La plupart des points et des rebondissements compliqués du film ne font qu'effleurer la surface, au prix d'énormes efforts d'ailleurs, pour n'être jamais suivis de faits. C'est un point des plus marquants du film. C'est précisément là que le film ne ressemble quasiment à rien de ce que j'ai vu.

 

Et puis, il y a Wiseau lui-même. Et là, je dois dire que j'étais sur les fesses ! Beaucoup d'acteurs de THE ROOM sont drôlissimes et vous feront pleurer de rire, de la manière la plus involontaire qui soit. Mais, Wiseau est complètement hors-catégorie, et je dois avouer qu'il m'a fasciné. Bizarrement, c'est peut-être celui qui a le plus de "bouteille". Mais c'est d'abord un drôle de physique : cheveux longs, visage étrange un peu marqué, corps d'ancien sportif, garde-robe hallucinante et un jeu finalement assez sûr. Au bout de trois minutes, je me suis dit : "Cest Christopher Kitschen !", et franchement c'est tout à fait ça. Wiseau fait partie de ces corps étranges, troublants qui envahissent l'espace de façon inattendue. Très franchement, on pourrait le regarder des heures, c'est fascinant. C'est peut-être aussi grâce à lui que THE ROOM est aussi étonnant. C'est une série Z complètement à l'Ouest, bien sûr. Dans le même temps, c'est un film qui dévoile toute l'étrangeté de Hollywood, et s'il y a une espèce d'épure scénaristique palpable qui se dégage, comme je le disais, dans le scénario, il y a aussi quelque chose de plus curieux. Une espèce d'épure hollywoodienne. Comme si THE ROOM était le film hollywoodien le plus extrême, le plus abouti. Il y a ici un dévoilement sensuel et hallucinatoire, presque délicieusement saoulant, de la mécanique narrative américaine. Une fois que vous avez débarrassé la Hollywood Moderne des scories et des effets de manche, une fois que vous avez réduit (au sens culinaire du terme) la chose au strictement "inutile/utile", vous avez THE ROOM. Contrairement à sa réputation, le film  a coûté de l'argent, soit six millions de dollars. Wiseau est sans doute venu au cinéma comme un étranger et sur le tard, et dans un sens, ce n'est pas surprenant que l'outsider, comme on dit dans les westerns, se soit réapproprié cette forme classique qui dévoile comment le modèle a dégénéré, comment il a été digéré par les réalisateurs et les scénaristes modernes. On trouve ça dans THE ROOM : un hollywoodisme classique épuré, et un autre complètement dégénéré, mais finalement respectant le credo en vigueur. Malgré la réputation actuelle du film, je comprends, au-delà du phénomène de foire qu'il est devenu, que quelque chose trouble de notre histoire de cinéphile se joue à la vision du film.

 

Avant de passer à la suite, je rajouterai que le film, hormis un faux-raccord drôlissime et ces fonds bleus sur le toit que personnellement je défends, n'est pas le plus mauvais film du monde. C'est surtout banalissime. Le film est sans doute devenu culte à cause de son décor quasi-unique un peu kitsch. Mais voilà qui me ne dérange pas.

 

Bah oui, ce film est "culte". THE ROOM est en effet projeté dans toutes les grandes villes des USA en séances de minuit. Et les gens adorent. Tommy Wiseau, à la faveur de ces projections et des buzzes internet, est devenu une espèce d'idole. Les gens rient énormément de son film. Certains l'ont vu plus de cinq fois et y retournent avec des copains. Dans la salle, on commente le film, on anticipe les répliques, on joue au football américain (car dans le film, il y a une quantité phénoménale de scènes de football). Wiseau, aux yeux de cette population de spectateurs souvent jeunes et branchés est devenu "le nouvel Ed Wood". [Bon, j'ai toujours détesté ce genre de commentaires, comme "Ed Wood, le plus mauvais metteur en scène de l'histoire du cinéma". Ca pose un problème cinéphilique certain. Regardez GLEN OR GLENDA, c'est simplement sublime. Et au premier degré. Au contraire PLAN NINE FROM OUTER SPACE ne me parait pas drôle du tout et très ennuyeux. Sur un plan plus intellectuel ou philosophique, ce genre de notion me paraît être en contradiction totale avec ma réflexion sur l'Art et sur sa réception. Je réprouve donc ce genre de commentaires.].  Finalement, grâce à ces séances de délire organisé, le film fait son chemin et il est devenu populaire. Il y a sûrement là une grosse part de syndrôme "dîners de cons". Et il y a aussi sûrement une part sincère, des gens qui trouvent le film simplement raté et drôlissime. En tout cas, il est vrai qu'on rit beaucoup devant THE ROOM, et qu'il peut faire partie de votre liste de plaisirs coupables. Mais, il y a aussi là-dedans pour moi, quelque chose de tout à fait étrange qui s'opère. Wiseau l'acteur paraît fascinant et j'adorerais le voir tourner ailleurs. Mais le charme d'être seul devant ce film, comme dans une espèce de territoire étranger est assez troublant. Un part abstraite s'insinue. Un trouble. THE ROOM n'est pas un chef-d'œuvre, n'a aucun moment la beauté d'un A NIGHT TO DISMEMBER, le chef-d'œuvre de Doris Wishman qui compte, pour le coup, vraiment parmi mes films préférés. C'est juste une chose étrange qu'il faut se réapproprier de manière intime et inédite. C'est assez rare, finalement.

 

 

Dr Devo.

 

 

PS : je glisse ci-dessous la bande-annonce, trouvée sur YouTube. Vous trouverez aussi sur ce site des extraits des projections où bien souvent, Wiseau assiste en personne depuis maintenant quelques années ! Lui, croit totalement en son film, même s'il a accepté de retoquer l'étiquette "drame" pour celle de "comédie noire", ce qui est assez faux... ou pas ! En tout cas, dans ces séances de questions/réponses, je trouve que Wiseau fait preuve de pas mal d'humour. 





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Publié dans Pellicula Invisablae

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